Les derniers avis (32321 avis)

Par Benjie
Note: 4/5
Couverture de la série Sykes
Sykes

Un très bon western crépusculaire, classique et sans surprise, mais avec des personnages forts et charismatiques. L’ambiance est pesante. Le mystère plane sur le héros principal, l’impitoyable Marshall Sykes dont on finira par découvrir le secret. A ses côtés, le jeune Jim qui ne trouvera le repos que quand il aura vengé l’assassinat de sa mère, O’Malley, le râleur plein d’humanité, et le vieux pisteur indien. Ces vétérans de la grande époque se lancent dans une traque impitoyable, poursuivant une bande de tueurs violents qu’on ne connaîtra pas vraiment. L’histoire est prenante, les dessins superbes, l’ambiance garantie. Passons à ce que j’ai moins aimé : d’abord, le décrochage dans le scénario aux trois-quarts de l’histoire quand on passe, trop brutalement à mon goût, aux années qui suivent pour montrer nos héros, vieillissants et fatigués, galopant vers leur funèbre destin. Tout s’accélère dans un rythme un peu précipité mais à la fin, le scénario retombe sur ses pieds. Un très bon album, à lire sans hésiter.

23/08/2022 (modifier)
Couverture de la série Les 7 Merveilles
Les 7 Merveilles

Cette série concept a l'air très tentante, et j'ai hâte de voir les autres récits concoctés autour de ces 7 Merveilles, surtout les jardins de Babylone, le phare d'Alexandrie et le colosse de Rhodes. Mes impressions sont livrées dans l'ordre de lecture des albums. TOME 1 On sent nettement que le scénariste s'est un peu forcé pour conter une histoire qui tienne la route autour de la statue de Zeus, non pas que l'histoire soit médiocre mais parce qu'en fait, cette oeuvre monumentale de Phidias ne joue ici qu'un rôle relativement secondaire, tout repose sur les personnages et les relations qu'ils tissent ensemble ; Phidias n'est pas tout à fait au centre de l'intrigue, les lutteurs athéniens Kionis et Pantarké l'Olympien sont plus prépondérants, mais le vrai héros c'est Aurélios dont sa quête sincère pour retrouver son jeune fils occupe la partie la plus importante de l'album. Chacun de ces personnages plus quelques autres interviennent dans le récit et il n'y a pas de vrai héros. Ceci dit, l'histoire sans être captivante, est quand même attractive. Le dessin est beau et racé, il donne du caractère à ce type de tragédie grecque. Je ne suis pas déçu pour autant, mais je m'attendais à quelque chose de plus mystérieux et plus insidieux en rapport direct avec la statue, alors que là, j'ai plutôt l'impression qu'elle sert juste de décor de fond, c'est un peu dommage. Note : 3/5. TOME 2 Ce tome me plait mieux : le contexte babylonien me convient, étant attiré par les civilisations mésopotamiennes. Contrairement au tome 1, j'ai l'impression que la merveille est mieux utilisée, servant bien l'intrigue, et non comme un décor de fond comme c'était le cas précédemment. Un autre élément intéressant, c'est le contexte historique plus étoffé : la captivité des Juifs à Babylone, épisode figurant dans la Bible, et l'implication directe d'un souverain qui reste mystérieux et fascinant, Nabuchodonosor dont le règne marqua l'apogée de l'empire babylonien. Ces jardins légendaires ont-ils vraiment existé ? J'ai lu des trucs sur eux, et je savais que c'était un cadeau de Nabuchodonosor à son épouse nostalgique de sa contrée verdoyante, mais cette fabuleuse construction attribuée parfois à la reine Semiramis, a fait l'admiration des témoins qui les ont contemplé ; les jardins sont bien représentés dans cet album avec leurs terrassements conformes à ce que j'avais vu sur des gravures. Le dessin m'a un peu dérangé au départ, et puis je l'ai accepté, mais certains visages ne sont pas toujours très jolis ; le dessinateur réussit mieux ses décors avec les jardins, la ziggourat et la colossale porte d'Ishtar, elle aussi bien restituée d'après les descriptions des Anciens. Ce tome 2 remonte le niveau, mais j'attends encore pour hausser ma note ou pas. Note : 3,5/5. TOME 3 Cet album se révèle le meilleur pour l'instant, d'emblée l'ensemble me plaît beaucoup ; l'idée d'une intrigue policière dans cette Antiquité est toujours un concept fascinant, et ça démarre fort dès la première page. Cette intrigue tourne autour du célèbre phare et utilise bien le monument, en se servant d'une invention authentique d'Archimède ; l'époque est sensiblement la même que dans Hotep, l'Egypte est sous domination grecque, c'est une période intéressante et moins évoquée que l'Egypte pharaonique, la Bd m'a paru donc bien documentée, avec des références historiques solides. Au niveau graphique, c'est très plaisant, l'auteur s'inspire un peu du graphisme d'Alex Alice qu'il remercie d'ailleurs comme source d'inspiration ; il réussit de belles pages, avec des cases très remplies, un effort est fait sur les décors, et notamment avec une belle pleine page du phare en début d'album. Un bon opus qui permet de remonter ma note. Note : 4,5/5. TOME 5 Boaf, ce tome n'est pas véritablement concluant pour emporter l'adhésion, je m'attendais à quelque chose d'un peu plus mystérieux et surtout de plus fascinant avec le potentiel de cette grande pyramide, il y avait sûrement des trucs à trouver sur le côté sépulture, tombeau, momie... je sais pas , mais quelque chose de lié aux rites funéraires, plutôt qu'à des meurtres rituels déjà vus ailleurs dans ce type de bande, notamment Sur les Terres d'Horus.. et même dans cette série, avec l'épisode consacré au phare d'Alexandrie, il était déjà question de meurtres étranges. Malgré cette déception au niveau du scénario, le monument est utilisé mais il aurait pu l'être encore plus ; quant au dessin, c'est du beau travail, avec toutefois de nombreuses scènes se déroulant dans une certaine obscurité, et traitées en fond violet ou vert, ce n'est pas toujours très adroit, mais il y a pire. Un tome qui me laisse sur une impression mitigée. Note : 2,5/5. TOME 4 Blengino et Sarchione se retrouvent, le dessin de ce dernier a l'air un peu moins appliqué sur les personnages mais reste vigoureux et bon sur les décors, avec des double-pages saisissantes, dont celle de l'Artemision. Le scénario imagine une version plausible du temple en feu (on pense en effet qu'il a été détruit de la sorte), il y a un peu de sexe, mais l'ensemble est astucieux, bien tourné et utilise bien le monument. Bref un très bon album, voire probablement le meilleur de la série. Note : 4,5/5. TOME 7 Je pensais que pour ce dernier tome, les auteurs mettraient le paquet, et j'attendais beaucoup de ce Colosse de Rhodes, statue énorme qui m'a toujours fasciné par sa réalisation. Hélas, 3 fois hélas, c'est une grosse déception, pratiquement tout l'album ne s'occupe pas du monument, l'intrigue est sans grand intérêt, autour d'un jeune médecin hanté par un spectre dont on se fout comme de sa première cuite, prouvant ainsi que Blengino n'est pas un auteur régulier. Il y avait tant à faire pour mettre en valeur ce colosse, comme par exemple dans le film de Sergio Leone, mais c'est seulement dans les dernières pages que les auteurs se souviennent qu'ils sont dans les 7 Merveilles... de plus le dessin n'est pas spécialement vilain, mais il est assez bizarre par endroits. Note : 2,5/5. TOME 6 Enfin j'ai pu lire ce tome qui me manquait, j'aurai mis le temps mais voila qui est conclu. Ce fut une lecture sans enthousiasme tellement c'est terne et sans attrait, je pensais que ce monument fabuleux du mausolée d'Halicarnasse qui d'après les gravures, semblait majestueux et grandiose, aurait pu bénéficier d'une intrigue plus savante, mais il n'en est rien, je ne me suis pas ennuyé mais c'est tout juste, le récit n'est pas du tout captivant, et je n'aime pas trop le dessin de Marty ; selon moi, c'est le tome le moins intéressant de la série. Note : 2/5. Au final, après lecture de ces 2 derniers tomes puis du tome 6, je me retrouve avec des tomes moyens ou qui auraient pu être mieux, et seulement 2 tomes vraiment bons, sur le phare d'Alexandrie et le temple d'Artemis, cette série-concept est une belle idée mais elle n'a pas été exploitée à fond par les différents auteurs, il y a trop d'albums inégaux ; je conserve quand même ma note d'origine au vu d'un concept hardi et intéressant.

09/05/2014 (MAJ le 22/08/2022) (modifier)
Couverture de la série Le Règne
Le Règne

A première vue, on peut voir cette Bd comme un conte brutal mi-fantasy, mi-SF où des animaux anthropomorphes s'affrontent dans un décor post-apo. Mais c'est plus subtil que ça, il y a tout un univers foisonnant à décrypter. On est entre Mad Max et Les Eaux de Mortelune où l'humanité semble avoir été détrônée par des espèces animales comme dans la Planète des singes, les auteurs offrant une vision autant effrayante que logique de la fin du règne humain. Ici, les animaux sont doués de raison et ont donc succédé aux humains ; de leur passé sur Terre, il ne reste que quelques vestiges décrépits comme cette Tour Eiffel au milieu d'un environnement végétal. On est transporté dans un autre temps, un contexte où la survie est la principale préoccupation. C'est un monde où les pillards sont légions et qui est menacé par des phénomènes étranges et destructeurs, mais la Bd se focalise surtout sur 3 mercenaires qui se mettent au service d'une riche famille de loups en route vers un lieu sacré. C'est là qu'intervient l'une des originalités de la série, car ces animaux inversent un peu leur nature animale, le bestiaire qui nous est offert est expressif mais évite le stéréotype du zoomorphisme : les loups ne sont ni braves ni agressifs, ils se protègent par nos 3 mercenaires, alors que les batraciens et les phacochères sont belliqueux. On constate aussi qu'au sein d'une même race animale, il existe des personnalités différentes. Tout ceci participe à l'environnement imposé par les auteurs, j'ai beaucoup apprécié cet univers et ce fonctionnement social où l'on retrouve évidemment des travers qui existent chez les hommes ayant peuplé la Terre, comme quoi, les animaux ont pris le relais mais ont aussi repris les mêmes défauts que les hommes, ils se font la guerre, s'entretuent, s'amusent à détruire les plus faibles et cherchent à s'enrichir. Malgré ce futur chaotique, il y a peu d'évolution, les équipements sont rudimentaires et archaïques, sur ce plan là, on est très proche de la Planète des singes. Le traitement des personnages est bien pensé, chaque protagoniste a une personnalité bien marquée, les 3 mercenaires sont attachants et n'ont pas forcément le profil stéréotypé du mercenaire assoiffé d'or, ils ont un code de l'honneur et sont très courageux. L'autre force de la Bd est évidemment le dessin prodigieux de Boiscommun où il peut faire la démo de son talent graphique ; il atteint un haut degré de précision dans le trait et dans ses arrière-plans au lavis, sans les rehausser d'un trait de noir, ça donne un aspect vaporeux et inquiétant à ses décors. La richesse des expressions des personnages est extraordinaire, de même que la couleur, la fluidité du découpage participent à cette excellence, et les dialogues grossis à la calligraphie bien visible font plaisir à voir et tranchent avec certaines Bd où il faut s'arracher la vue pour déchiffrer les dialogues. Tout ceci rend la lecture aussi agréable qu'immersive. Ce premier diptyque est une réussite totale, le premier tome met en place l'univers et plante les personnages, tandis que le second tome va droit dans l'action très rythmée, avec rebondissements et combats épiques. En matière de Bd post-apocalyptique, "le Règne" est en bonne place, l'univers dépeint est très prenant et mérite d'être encore exploré et fouillé par les auteurs ; vont-ils en rester là ? ce serait dommage car depuis 2017, il n'y a pas eu d'autre album, espérons que Runberg aura de bonnes idées pour continuer cette formidable saga.

22/08/2022 (modifier)
Couverture de la série Bienvenue sur Terre
Bienvenue sur Terre

Je suis a priori le cœur de cible de ce genre de publication, qui use – abuse parfois ! – d’un humour légèrement con, mais surtout très noir et souvent trash. Le dessin est très minimaliste, avec des bonhomme bâton, comme peut le faire Marc Dubuisson (ou, pour rester dans un domaine plus noir Cyanide & Happiness). Il ne faut donc pas y être réfractaire. Mais ça fonctionne très bien sur ce genre d’humour. C’est en tout cas moins abscons et plus réussi je trouve que ce que fait Dagsson, évoqué par Alix dans son avis. En effet je dois dire qu’ici, globalement, c’est assez réussi – en tout cas j’y ai trouvé mon compte. Certes, c’est inégal, et certains gags récurrents, qui se répondent, peuvent donner un aspect lassant. Mais cela se renouvelle quand même suffisamment, autour de quelques thématiques traitées de façon provocante (le sexe par exemple). Les amateurs d’humour noir à tendance trash y trouveront sans doute de quoi s’amuser. Je suis juste surpris de voir ça publié chez Marabout ! Note réelle 3,5/5.

22/08/2022 (modifier)
Couverture de la série Helldorado
Helldorado

L’intrigue est située quelque part dans un archipel d’Amérique centrale, lors des premières rencontres entre conquistadors et populations amérindiennes. Si l’univers est totalement artificiel, et ne respecte pas forcément toute la réalité, les villes et l’aspect des Amérindiens les rapprochent de populations mayas. L’entrée en matière est des plus brutales – on a l’impression de voir des Einsatzgruppen éliminant des Juifs, tant les méthodes employées par les conquistadors sont similaires et horribles. La violence est d’ailleurs omniprésente, hormis dans les dernières cases. Elle est accentuée par la présence d’une épidémie contagieuse et mortelle, comme celles qui ont accompagné de leur fléau l’arrivée des Européens dans les populations autochtones non immunisées. La violence existe ici dans les deux camps, seulement mise en retrait parfois par deux Indiens, un peu voyous (quelques petits traits d’humours) et par quelques retournements d’alliance en fin d’histoire (pas forcément très crédibles étant donnés les types d’hommes composant les premières vagues de conquistadors, pas forcément ouverts aux autres et capables de hautes réflexions). Mais l’histoire en elle-même se laisse lire facilement, très agréablement, tout est fluide. C’est de la très bonne aventure « historique ». C’est d’autant plus fluide que le dessin de Noé – comme la plupart du temps – est vraiment chouette (peut-être peut-on regretter une colorisation manquant de nuance). Avec un trait gras, tout en rondeur parfois, il donne un cachet très agréable à ses planches. Et il réussit très bien les visages, certaines trognes sont vraiment très réussies. Mention spéciale bien entendu au chef des conquistadors, Abatirso, illuminé complet, ange exterminateur emporté par une folie meurtrière, et qui finit par faire l’unanimité contre lui. Bref, une lecture agréable et recommandée.

22/08/2022 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5
Couverture de la série Lorna
Lorna

C’est mon premier Brüno ! N’étant pas trop fan de son coup de crayon anguleux, j’ai repoussé à maintes reprises la prise en main de ses albums. Et puis le hasard m’a mis dans les mains Lorna, une pulpeuse blonde nue … de 40 mètres de haut ! Je ne peux pas dire que je suis tombé raide dingue de la BD, mais j’ai apprécié l’extravagance du scénario qui jongle entre les séries Z cinématographiques, les films pornographiques, et les manipulations monstrueuses des big pharma. Alors oui ça pulse ! Pas de répit pour le lecteur durant les 150 pages de cet album. Brüno ne fait pas dans la dentelle – il s’est vraiment lâché le garçon - pourtant jamais il ne tombe dans la vulgarité. C’est ironique avec beaucoup de sarcasmes. C’est plaisant et on ne s’ennuie pas une seule seconde. Le triptyque chromique, noir, blanc et orange est plutôt original et cela cadre bien avec l’histoire. Au final ce n’importe quoi qui oscille entre le road-movie, le thriller, le porno et la science-fiction, est ensorcelant et perso m’a complétement séduit. Comme quoi, de temps en temps il faut aller à l’encontre de ses préjugés.

21/08/2022 (modifier)
Couverture de la série Sutures
Sutures

C’est une histoire douloureuse (à de nombreux points de vue d’ailleurs), mais qui est racontée avec une certaine légèreté, sans abuser d’un pathos qui aurait sans doute gâché la fragilité de l’équilibre sur lequel est bâti ce récit autobiographique, dans lequel l’auteur met en lumière certains moments cruciaux de sa vie. On peut donner plusieurs sens au titre. Les cicatrices réelles, conséquences des opérations réalisées pour le sauver d’un cancer durant l’adolescence, mais aussi l’aspect cathartique de cet album, peut-être réalisé pour fermer d’autres plaies, plus intérieures. Un père absent, une mère dépressive et montrant peu d’empathie (c’est un euphémisme), l’enfance et l’adolescence de l’auteur n’ont pas été placées sous le signe de l’amour. Et l’utilisation massive des rayons X pour le guérir de maux plus ou moins réels, qui entraine un cancer, sans que jamais cela ne soit verbalisé par les parents, qui au contraire font « trainer les choses », ajoute un autre drame au mal être général. L’attitude de la mère (lorsqu’elle visite son fils à l’hôpital, le croyant « perdu »), ou l’aveu très tardif de son père (c’est lui en tant que médecin qui lui a administré les séances de radiothérapie) sont d’une grande brutalité. L’album traite de l’enfance, mais surtout de quelques années de l’adolescence – pour finir par une conclusion plus optimiste et postérieure, mais cette tranche de vie est très bien amenée par Small. Son dessin, simple, sans fioriture, est fluide, agréable, et contribue à faire passer un récit assez dur. De fait, l’album se lit très vite, malgré l’importante pagination (beaucoup de cases muettes, peu de texte).

21/08/2022 (modifier)
Couverture de la série Olympus Mons
Olympus Mons

Une belle série aux thèmes certes bateaux, mais les dessins sont très sympas. Pas forcement mind blowing, mais somme toute agréable à lire.

21/08/2022 (modifier)
Couverture de la série LaoWai
LaoWai

Je connaissais surtout de la Chine au XIXème siècle, la fameuse expédition du Tonkin qui fut une suite d'opérations militaires sous la IIIème République afin de poursuivre l'expansion coloniale en Asie du Sud-Est, et constituant un élément capital du conflit avec la Chine. En suivant, au début du 20ème siècle, je connaissais aussi l'épisode de la guerre des Boxers, via le film les 55 jours de Pékin ; tous ces faits sont évoqués dans des Bd comme Tombelaine et Le Lys noir. Ce qui est évoqué dans cette trilogie prépare le terrain en quelque sorte, car dans la seconde moitié du XIXème, la Chine fut l'objet des convoitises des puissances européennes, en particulier la France de Napoléon III et l'Angleterre de la reine Victoria. C'est de la grande aventure avec un grand A, ça faisait longtemps que je n'avais pas lu une Bd de cette qualité dans ce genre. C'est une superbe évocation de cette époque semi-coloniale où les auteurs ont su trouver un parfait équilibre entre fiction et faits réels, et sans plomber le sujet par une flopée de détails superflus ou de sous-intrigues souvent inutiles qui finissent par encombrer les récits à fond historique. A travers un héros attachant, le soldat François Montagne tiraillé entre plusieurs enjeux, le lecteur voit cette guerre de l'opium de l'intérieur ; les auteurs tissent autour de lui et de quelques autres personnages secondaires un récit riche et foisonnant, à caractère épique, où l'opium est carrément le nerf de la guerre. C'est une aventure à grand spectacle avec des scènes de combats remplies de détails et qui débute par une séquence d'une grande barbarie comme pour nous mettre directement dans l'immersion de cette Chine aux coutumes cruelles. L'aventure est bien illustrée par Besse avec un dessin maîtrisé, une mise en page grandiose et des cadrages larges, des décors chinois soignés et bien documentés, j'ai beaucoup apprécié ce dessin. La série est un dépaysement garanti malgré un fond de guerre économique qui montre aussi bien la violence des Chinois que les manoeuvres peu reluisantes des Français et des Anglais, un beau voyage dans un passé assez méconnu et qu'on apprend peu à l'école, traité cependant dans un ton romanesque et épique.

20/08/2022 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Kobane Calling
Kobane Calling

3.5 Second album de Zerocalcare que je lis et il semble que ça soit son plus connu (ou du moins le plus noté ici). Le sujet est assez intéressant pour que j'aie envie de lire sans problème un album de plus de 200 pages sauf qu'ici il m'a fallu un peu de temps pour trouver l'album passionnant à lire. La faute à une narration que je trouvais peu fluide et des gags pas toujours marrants. Ça s'est amélioré lorsque l'auteur effectue son second voyage au Kurdistan (ou alors je me suis juste habitué à son style, je sais pas trop) et j'ai fini par trouver que l'album était très bien fait. C'est un excellent documentaire qu'offre l'auteur et on est loin des clichés qu'on voit à la télé. J'ai aimé ce voyage chez les kurdes et j'ai été révolté par ce que fait subir la Turquie à ce peuple (surtout que depuis la parution de l'album c'est pire). J'ai bien aimé la modestie de l'auteur qui rappelle souvent qu'il ne dessine que ce qu’il voit et que son travail n'est pas sociologique. Ainsi, ce n'est pas parce qu'à un endroit l'harmonie entre les ethnies existe ou qu'il y a une grande égalité homme-femme que c'est le cas dans tout le Kurdistan. Ou encore ce n'est pas parce qu'il rencontre un connard d'une ethnie spécifique que tous les gens de ce groupe pensent comme lui. Il y a des belles rencontres humaines et de belles réflexions sur la société humaine. À lire pour les fans de carnets de voyages se passant en orient.

20/08/2022 (modifier)