Début du 20e siècle, dans une riche propriété rurale, le maître des lieux tente d'abuser de sa servante et la tue quand elle se rebelle, masquant sans vergogne son forfait sous la forme d'un suicide. La fille de cette dernière se retrouve alors bannie et forcée de vivre en pleine nature. Huit ans plus tard, elle a grandi et en veut toujours au meurtrier de sa mère mais elle s'est bien adaptée à la vie sauvage, notamment grâce à l'aide du jeune mécano de la propriété qui vient lui apporter des cadeaux régulièrement. Mais entre le vil propriétaire terrien, son fils tout aussi jaloux, et ces loups de plus en plus menaçants, la situation ne va pas en rester là.
Un loup pour l'homme est un récit fantastique assez classique sur le fond. Une histoire de vengeance, de malédiction et... le spoiler ne tiendra pas très longtemps, de lycanthropie. L'aspect fantastique de l'intrigue est assez rapidement dévoilé dans l'album mais c'est pour mieux prendre le lecteur par surprise quand il découvre qui est qui.
Le dessin de Valérie Verney est tout à fait agréable. Elle avait déjà réalisé La Mémoire de l'eau avec Mathieu Reynés et on se retrouve ici dans une ambiance assez proche de secrets enfouis et de surnaturel. Les décors forestiers, les couleurs et les personnages sont tous bien réussis ici. Seuls les bâtiments sont un peu simples sur la forme, mais ils sont rares et ça n'a rien de dérangeant. C'est un joli album, avec une belle couverture aussi d'ailleurs.
L'histoire est prenante, légèrement convenue mais elle réussit toutefois à surprendre une ou deux fois. Je suis heureux que le scénario ne suive pas quelques chemins trop attendus. Il évite notamment la jalousie basique de la fille du propriétaire amoureuse du héros qui voudrait se venger sur celle qu'il aime vraiment. Et la fin n'est pas non plus celle que j'imaginais, ce qui aurait été trop prévisible.
Je n'ai pas été totalement emporté par l'histoire, notamment car dans l'ensemble, elle a bien des aspects déjà-vus, mais je l'ai parcourue avec plaisir, admettant sans hésitation que c'est une BD de belle qualité tant pour son dessin que pour la bonne tenue de son intrigue.
Note : 3,5/5
A l’heure où sévit la prohibition américaine, Nevada travaille pour Hollywood pour lequel il est chargé de ramener vers les studios des acteurs et des actrices qui oublieraient un peu vite qu’ils ont signé un contrat qui les engage. J’ai trouvé le premier tome vraiment très bon. Le héros (ou plutôt anti-héros) est bien planté, le scénario bien maitrisé et le dessin de qualité. Les deux tomes suivants continuent d’aiguiser notre curiosité autour de l’histoire des deux héros principaux et d’un troisième personnage bien mystérieux. Dans le tome 4, on commence à comprendre les dessous de l’affaire. Les personnages secondaires ont de vrais caractères, un parcours dramatique bien écrit et ils donnent de l’épaisseur au scénario. Du côté du dessin, on est dans l’ambiance. Chaleur et poussière sont au rendez-vous pour un résultat réussi.
Crise de la quarantaine ? Burn-out ? Dépression ? Edouard Cortès est dans une impasse. Désespéré, il est plus proche du suicide que d’un nouveau départ. Il décide alors de trouver refuge dans un arbre, au cœur de la nature. Le temps d’un printemps, le temps d’une renaissance, le temps de prendre le temps, de revenir à l’essentiel, à la nature qui nous entoure… Le temps surtout de délier ces nœuds qui lui tordent l’estomac.
Ce récit autobiographique a été agréable à lire. Edouard Cortès est un être sensible et cultivé. Son écriture est travaillée, riche. Son besoin de se recentrer sur lui-même l’ouvre à l’infiniment proche et lui permet de nous montrer ce qui, pour lui, est essentiel à cet instant de sa vie, alors que tout lui paraît vain, même sa propre existence.
Dominique Mermoux nous propose des planches agréables à lire. Elles illustrent parfaitement le long monologue d’Edouard Cortès. Elles délivrent surtout de très beaux dessins naturalistes. Oiseaux, insectes et autres habitants de la forêt sont joliment croqués.
Durant ma lecture, je n’ai pas pu m’empêcher de penser que, moi aussi, j’aimerais faire ça : prendre le temps quelques mois de pouvoir regarder la vie passer, de réfléchir au sens que je donne à la mienne, dans un grand dénuement mais sans contraintes financières ou matérielles. Vivre l’instant présent, ne pas penser aux problèmes accumulés, ne pas angoisser sur un avenir insaisissable… C’est vraiment une belle expérience que nous fait partager Edouard Cortès, qui parlera très certainement à beaucoup de monde. En tous les cas, elle m’a parlé, à moi.
J'ai trouvé beaucoup de qualités à cette série ado bien réussie. Pourtant je suis assez sévère avec la littérature BD ado qui nous abreuve de situations souvent peu crédibles et coupées du monde adulte.
Comme souvent quand le scénario adapte un roman, ici celui éponyme de Davide Morosinotto, j'ai perçu un cadre narratif solide et travaillé. Le décor de ce petit village alpin italien nous invite à une sorte de monde en huis clos où les secrets restent entre soi. Une situation initiale bien stable avec des ados et des adultes aux personnalités bien établies dans leur routine quotidienne. Cette routine va être bouleversée par l'arrivée d'étrangers humains et extraterrestres. Cela permet d'installer une ambiance intimiste ado (langage, séduction, transgression ou rapport avec l'autorité parentale) et une ambiance fantastique dans laquelle nos jeunes héros se coulent parfaitement.
Contrairement à Ro j'ai bien aimé le rôle du méchant solitaire et alcoolique que je trouve assez convaincant. Le scénario est construit pour rendre crédible une montée dramatique qui autorise plusieurs finals possible. Il faut évidemment accepter le parti pris fantastique à la E.T pour rentrer dans l'histoire, mais j'ai trouvé la narration suffisamment aboutie et fluide pour me laisser porter par le récit.
J'ai découvert le très beau graphisme de Nicolas Pitz dans Sombres citrouilles. L'auteur a un vrai talent pour dessiner des ados qui soient des ados et pas des pseudo enfants d'une dizaine d'années trop précoces. Tout dans le trait des expressions, des gestuelles et des attitudes corporelles tombe juste pour cette tranche de 14-16 ans. Pitz est pile dans l'esprit du récit de Morosinotto ce qui renforce la cohérence de la série.
Il est a noté que Pitz excelle dans les scènes nocturnes et les transparences d'êtres "invisibles". De plus le choix de ce petit village italien permet une mise en couleur vraiment agréable et en harmonie avec l'histoire.
En conclusion une bonne lecture pour ado qui allie aventure, suspens, ouverture et valeurs positives.
Ouh qu'il est bien celui-là. Mon 7 préféré avec le truculent "7 missionnaires".
Un histoire de vengeance, des flashbacks sur une ascencion dans les échelons du crime, de l'action brute (cohérent avec le milieu décrit) et une pointe de décalé, les amoureux de yakuza-eiga seront aux anges. Avec un expert comme Morvan, pas de risque de se faire avoir sur la marchandise, on se sent à l'aise comme si Scorcese bossait avec Fukasaku.
J'ai lu des remarques sur le dessin, je me range du côté de ceux qui aime, ce mélange délicat des traits manga et BD: une seule case peut contenir les caratéristiques des 2 styles.
Pas facile de noter une série aussi longue dans son intégralité. Certains albums sont des incontournables (comme évidemment "La prison de Robertsonville") et d'autres plus passables (en gros ceux parus il y a moins de 20 ans (soit 2003 pour ceux ne voulant pas lire la date de l'avis :)).
C'est en quelque sorte un buddy movie, un duo que tout sépare mais pourtant inséparables, embourbés dans toutes les situations imaginables, prenant place dans un décor peu traité en BD : la guerre de Sécession.
Le Far West on connaît, ça un peu moins. Les auteurs l'ont compris et ont fait le pari de nous rendre moins bêtes à ce sujet tout en nous faisant marrer. Marrer et pourtant ce ne devrait pas toujours être le cas car les travers de la guerre y sont montrés sous tous les angles, avec le sang bien rouge : victimes collatérales, massacre, racisme, ordres stupides... tout y passe.
Et beaucoup plus intéressant, chaque album se concentre sur un thème bien particulier de cette période assez peu connue car non enseignée par chez nous : la guerre navale, l'aérienne, la sous-marine, la conscription et le volontariat forcé, la politique, l'entraînement, la logistique... Si on veut faire un petit exposé sur un sujet, on peut limite inclure un album des Tuniques Bleues pour l'illustrer.
Le dessin est très bon : en dépit des bouilles rondes et des gros nez, les paysages sont magnifiques, les décors bien fournis, les poses des personnages parfaites. Certaines scènes de combat en pleine page pourraient être encadrées. Un grand classique qui mérite de l'être.
Ce diptyque ne m'a peut-être pas autant passionné que je l'aurais voulu, car j'avais comme une impression étrange de déja vu ; mais attention, ceci est très relatif, c'est quand même une Bd plaisante, avec un dessin que j'aime, et la lecture ne m'a pas ennuyé.
On est dans un univers médiéval, entre fantasy et Moyen Age classique, mais c'est clairement un récit de médiéval fantastique qui s'appuie sur une structure de conte traditionnel et en reprend les codes, avec une reine maléfique (très inspirée de la fée Mélusine), une princesse marquée par le destin, un chevalier déchu, une épée magique et des créatures monstrueuses. Ce sont là des composants traditionnels de ce genre de récit.
Ce qui surprend, c'est qu'après avoir délivré la belle princesse, Arzhur découvre autre chose que ce qu'il croyait ; le scénario prend une tournure inattendue et plus complexe, il fallait ça sinon ça aurait été vraiment trop conventionnel. Le ton adopté est celui d'un conte romantique, mais loin d'une love story classique, bien propre et très cucul, il se mélange habilement avec des forces obscures très puissantes et des scènes de combats violentes aux cases bien chargées, ce que le dessin de Mallié rend parfaitement. Son dessin est soigné, j'aime bien, il est toujours aussi proche du style graphique de Loisel, en mieux, il accentue non seulement le côté mystérieux et légendaire des contes de fées dans les décors et les architectures, mais aussi il livre des cases de combats fouillées qui alternent savamment avec des cadrages plus lisibles et de larges panoramiques qui ont pour fonction de reposer la vue du lecteur, je trouve cette mise en page remarquable et parfaitement dosée. Un bon diptyque, à l'imaginaire à la fois merveilleux et sombre.
4.5
Les avis sont presqu'unanimes: cette série pour touts petits est un succès.
Une BD muette qui réussit l'exploit de faire envie aux petits de se faire lire les histoires et de les lire soi-même en imaginant à voix haute les dialogues.
La structure est toujours la même: notre petit poilu se lève et part pour l'école après le déj et un bisou de sa maman. Sur le chemin quelque chose se délite et il se trouve transporté dans un univers inconnu peu rassurant en milieur d'album. Il dégaine alors une photo rassurante de sa maman et se décide à remettre en place les choses et apaiser la situation. Ensuite retour à la casa et au lit avec un petit cadeau que lui ont offert ses nouveaux amis.
Rien que d'écrire ces lignes, je trouve cela trop mignon. Tout comme le dessin, très simple, aux détails simplifiés, stylisés même, me rappelle ces vieux dessins animés comme "la petite taupe". C'est simple, il y a de l'empathie et c'est très pédagogique avec le dossier en fin d'album expliquant les notions qui ont été abordées le temps de chaque aventure.
Une leçon magistrale d'écriture, achat évidemment recommandé car les albums sont rafflés continuellement dans les bibliothèques, bon signe.
Rahan = "Doc Justice" + "Conan". Et blond en plus.
Endurant, courageux, astucieux, aventureux, juste... les adjectifs ne manquent pas pour ce héros ultra positif.
Et contrairement à beaucoup d'autres séries éditées dans Pif Gadget, les scénarii n'étaient pas si redondants. Et puis même si la préhistoire était enjolivée on apprenait pas mal de chose. Et puis les animaux de tous gabarits étaient très bien reproduits. Et puis, enfant, c'était un modèle même si maman n'aurait pas apprécié qu'on fugue en slip un couteau à la main. Et puis il y a de beaux messages de tolérance et d'appel à l'entraide.
Une belle série positive et exotique sans clins d'oeil dont on ne trouve de nos jours plus beaucoup d'équivalents. Un beau boulot d'équipe Lécureux-Chéret, merci!
Je serais moins sévère que mes deux prédécesseurs car j'ai bien aimé cette série. Je ne connais pas l'oeuvre de Erri de Luca mais j'ai trouvé intéressant ce plaidoyer sous forme de souvenirs de jeunesse d'un engagement militant non exempt de contradictions et d'interrogations à postériori.
Bien sûr cette série intéressera surtout les amateurs de politique et d'engagement militant. J'étais trop jeune à l'époque pour suivre ou combattre les idées de De Lucca mais la situation italienne (et allemande) a tellement marqué l'Europe des années 70 que cette série a fortement résonné en moi.
Le scénario travaille sur trois époques de luttes syndicales au sein du groupe sidérurgique Italsider, géant industriel implanté à Tarente dans une logique d'implantation industrielle au fil de l'eau assez logique (Fos en France suit la même logique). Comme le soulignent Noirdésir et Gaston, à part quelques banderoles et manifs on ne voit pas grand-chose de l'action syndicale. C'est de la narration empruntée au journal Lotta continua sans beaucoup d'analyses ni d'approfondissements du sujet.
Je trouve cela assez logique car De Lucca ne faisait pas partie des négociateurs. L'intérêt de l'ouvrage est autre. Il nous montre comment une jeunesse intello enfermée dans une idéologie bâtie sur une phraséologie souvent prédigérée a pu faire le choix de l'action violente (Brigades Rouges) ou non (De Luca). Cela mènera aux terribles années de plomb qui culmineront par l'enlèvement et l'assassinat en 1978 d'Aldo Moro (DC), deux fois premier ministre à l'époque.
J'ai beaucoup aimé la conclusion de l'oeuvre qui nous maintient dans un vrai suspens sur les intentions du couple. La réponse de Sara et Sebastiano me convient parfaitement dans le choix de leur heure H.
Je suppose que les auteurs ont amplifiés quelques thèmes assez contemporains comme l'écologie ou les sans domiciles qui existaient mais qui avait moins de retentissement à l'époque.
Le graphisme est sobre presque crayonné comme si l'image révolutionnaire du rejet d'un esthétisme bourgeois voulait supporter le récit. Cela crée une ambiance assez intello dans les scènes intimistes du couple. Les scènes d'extérieurs sont plutôt arides et rudes comme le paysage de la région.
Une lecture pour les passionnés d'histoire politique qui renvoie à une époque charnière des rapports sociaux en Europe.
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Un loup pour l'homme
Début du 20e siècle, dans une riche propriété rurale, le maître des lieux tente d'abuser de sa servante et la tue quand elle se rebelle, masquant sans vergogne son forfait sous la forme d'un suicide. La fille de cette dernière se retrouve alors bannie et forcée de vivre en pleine nature. Huit ans plus tard, elle a grandi et en veut toujours au meurtrier de sa mère mais elle s'est bien adaptée à la vie sauvage, notamment grâce à l'aide du jeune mécano de la propriété qui vient lui apporter des cadeaux régulièrement. Mais entre le vil propriétaire terrien, son fils tout aussi jaloux, et ces loups de plus en plus menaçants, la situation ne va pas en rester là. Un loup pour l'homme est un récit fantastique assez classique sur le fond. Une histoire de vengeance, de malédiction et... le spoiler ne tiendra pas très longtemps, de lycanthropie. L'aspect fantastique de l'intrigue est assez rapidement dévoilé dans l'album mais c'est pour mieux prendre le lecteur par surprise quand il découvre qui est qui. Le dessin de Valérie Verney est tout à fait agréable. Elle avait déjà réalisé La Mémoire de l'eau avec Mathieu Reynés et on se retrouve ici dans une ambiance assez proche de secrets enfouis et de surnaturel. Les décors forestiers, les couleurs et les personnages sont tous bien réussis ici. Seuls les bâtiments sont un peu simples sur la forme, mais ils sont rares et ça n'a rien de dérangeant. C'est un joli album, avec une belle couverture aussi d'ailleurs. L'histoire est prenante, légèrement convenue mais elle réussit toutefois à surprendre une ou deux fois. Je suis heureux que le scénario ne suive pas quelques chemins trop attendus. Il évite notamment la jalousie basique de la fille du propriétaire amoureuse du héros qui voudrait se venger sur celle qu'il aime vraiment. Et la fin n'est pas non plus celle que j'imaginais, ce qui aurait été trop prévisible. Je n'ai pas été totalement emporté par l'histoire, notamment car dans l'ensemble, elle a bien des aspects déjà-vus, mais je l'ai parcourue avec plaisir, admettant sans hésitation que c'est une BD de belle qualité tant pour son dessin que pour la bonne tenue de son intrigue. Note : 3,5/5
Nevada (Delcourt)
A l’heure où sévit la prohibition américaine, Nevada travaille pour Hollywood pour lequel il est chargé de ramener vers les studios des acteurs et des actrices qui oublieraient un peu vite qu’ils ont signé un contrat qui les engage. J’ai trouvé le premier tome vraiment très bon. Le héros (ou plutôt anti-héros) est bien planté, le scénario bien maitrisé et le dessin de qualité. Les deux tomes suivants continuent d’aiguiser notre curiosité autour de l’histoire des deux héros principaux et d’un troisième personnage bien mystérieux. Dans le tome 4, on commence à comprendre les dessous de l’affaire. Les personnages secondaires ont de vrais caractères, un parcours dramatique bien écrit et ils donnent de l’épaisseur au scénario. Du côté du dessin, on est dans l’ambiance. Chaleur et poussière sont au rendez-vous pour un résultat réussi.
Par la force des arbres
Crise de la quarantaine ? Burn-out ? Dépression ? Edouard Cortès est dans une impasse. Désespéré, il est plus proche du suicide que d’un nouveau départ. Il décide alors de trouver refuge dans un arbre, au cœur de la nature. Le temps d’un printemps, le temps d’une renaissance, le temps de prendre le temps, de revenir à l’essentiel, à la nature qui nous entoure… Le temps surtout de délier ces nœuds qui lui tordent l’estomac. Ce récit autobiographique a été agréable à lire. Edouard Cortès est un être sensible et cultivé. Son écriture est travaillée, riche. Son besoin de se recentrer sur lui-même l’ouvre à l’infiniment proche et lui permet de nous montrer ce qui, pour lui, est essentiel à cet instant de sa vie, alors que tout lui paraît vain, même sa propre existence. Dominique Mermoux nous propose des planches agréables à lire. Elles illustrent parfaitement le long monologue d’Edouard Cortès. Elles délivrent surtout de très beaux dessins naturalistes. Oiseaux, insectes et autres habitants de la forêt sont joliment croqués. Durant ma lecture, je n’ai pas pu m’empêcher de penser que, moi aussi, j’aimerais faire ça : prendre le temps quelques mois de pouvoir regarder la vie passer, de réfléchir au sens que je donne à la mienne, dans un grand dénuement mais sans contraintes financières ou matérielles. Vivre l’instant présent, ne pas penser aux problèmes accumulés, ne pas angoisser sur un avenir insaisissable… C’est vraiment une belle expérience que nous fait partager Edouard Cortès, qui parlera très certainement à beaucoup de monde. En tous les cas, elle m’a parlé, à moi.
Les Vous
J'ai trouvé beaucoup de qualités à cette série ado bien réussie. Pourtant je suis assez sévère avec la littérature BD ado qui nous abreuve de situations souvent peu crédibles et coupées du monde adulte. Comme souvent quand le scénario adapte un roman, ici celui éponyme de Davide Morosinotto, j'ai perçu un cadre narratif solide et travaillé. Le décor de ce petit village alpin italien nous invite à une sorte de monde en huis clos où les secrets restent entre soi. Une situation initiale bien stable avec des ados et des adultes aux personnalités bien établies dans leur routine quotidienne. Cette routine va être bouleversée par l'arrivée d'étrangers humains et extraterrestres. Cela permet d'installer une ambiance intimiste ado (langage, séduction, transgression ou rapport avec l'autorité parentale) et une ambiance fantastique dans laquelle nos jeunes héros se coulent parfaitement. Contrairement à Ro j'ai bien aimé le rôle du méchant solitaire et alcoolique que je trouve assez convaincant. Le scénario est construit pour rendre crédible une montée dramatique qui autorise plusieurs finals possible. Il faut évidemment accepter le parti pris fantastique à la E.T pour rentrer dans l'histoire, mais j'ai trouvé la narration suffisamment aboutie et fluide pour me laisser porter par le récit. J'ai découvert le très beau graphisme de Nicolas Pitz dans Sombres citrouilles. L'auteur a un vrai talent pour dessiner des ados qui soient des ados et pas des pseudo enfants d'une dizaine d'années trop précoces. Tout dans le trait des expressions, des gestuelles et des attitudes corporelles tombe juste pour cette tranche de 14-16 ans. Pitz est pile dans l'esprit du récit de Morosinotto ce qui renforce la cohérence de la série. Il est a noté que Pitz excelle dans les scènes nocturnes et les transparences d'êtres "invisibles". De plus le choix de ce petit village italien permet une mise en couleur vraiment agréable et en harmonie avec l'histoire. En conclusion une bonne lecture pour ado qui allie aventure, suspens, ouverture et valeurs positives.
Sept yakuzas
Ouh qu'il est bien celui-là. Mon 7 préféré avec le truculent "7 missionnaires". Un histoire de vengeance, des flashbacks sur une ascencion dans les échelons du crime, de l'action brute (cohérent avec le milieu décrit) et une pointe de décalé, les amoureux de yakuza-eiga seront aux anges. Avec un expert comme Morvan, pas de risque de se faire avoir sur la marchandise, on se sent à l'aise comme si Scorcese bossait avec Fukasaku. J'ai lu des remarques sur le dessin, je me range du côté de ceux qui aime, ce mélange délicat des traits manga et BD: une seule case peut contenir les caratéristiques des 2 styles.
Les Tuniques Bleues
Pas facile de noter une série aussi longue dans son intégralité. Certains albums sont des incontournables (comme évidemment "La prison de Robertsonville") et d'autres plus passables (en gros ceux parus il y a moins de 20 ans (soit 2003 pour ceux ne voulant pas lire la date de l'avis :)). C'est en quelque sorte un buddy movie, un duo que tout sépare mais pourtant inséparables, embourbés dans toutes les situations imaginables, prenant place dans un décor peu traité en BD : la guerre de Sécession. Le Far West on connaît, ça un peu moins. Les auteurs l'ont compris et ont fait le pari de nous rendre moins bêtes à ce sujet tout en nous faisant marrer. Marrer et pourtant ce ne devrait pas toujours être le cas car les travers de la guerre y sont montrés sous tous les angles, avec le sang bien rouge : victimes collatérales, massacre, racisme, ordres stupides... tout y passe. Et beaucoup plus intéressant, chaque album se concentre sur un thème bien particulier de cette période assez peu connue car non enseignée par chez nous : la guerre navale, l'aérienne, la sous-marine, la conscription et le volontariat forcé, la politique, l'entraînement, la logistique... Si on veut faire un petit exposé sur un sujet, on peut limite inclure un album des Tuniques Bleues pour l'illustrer. Le dessin est très bon : en dépit des bouilles rondes et des gros nez, les paysages sont magnifiques, les décors bien fournis, les poses des personnages parfaites. Certaines scènes de combat en pleine page pourraient être encadrées. Un grand classique qui mérite de l'être.
Ténébreuse
Ce diptyque ne m'a peut-être pas autant passionné que je l'aurais voulu, car j'avais comme une impression étrange de déja vu ; mais attention, ceci est très relatif, c'est quand même une Bd plaisante, avec un dessin que j'aime, et la lecture ne m'a pas ennuyé. On est dans un univers médiéval, entre fantasy et Moyen Age classique, mais c'est clairement un récit de médiéval fantastique qui s'appuie sur une structure de conte traditionnel et en reprend les codes, avec une reine maléfique (très inspirée de la fée Mélusine), une princesse marquée par le destin, un chevalier déchu, une épée magique et des créatures monstrueuses. Ce sont là des composants traditionnels de ce genre de récit. Ce qui surprend, c'est qu'après avoir délivré la belle princesse, Arzhur découvre autre chose que ce qu'il croyait ; le scénario prend une tournure inattendue et plus complexe, il fallait ça sinon ça aurait été vraiment trop conventionnel. Le ton adopté est celui d'un conte romantique, mais loin d'une love story classique, bien propre et très cucul, il se mélange habilement avec des forces obscures très puissantes et des scènes de combats violentes aux cases bien chargées, ce que le dessin de Mallié rend parfaitement. Son dessin est soigné, j'aime bien, il est toujours aussi proche du style graphique de Loisel, en mieux, il accentue non seulement le côté mystérieux et légendaire des contes de fées dans les décors et les architectures, mais aussi il livre des cases de combats fouillées qui alternent savamment avec des cadrages plus lisibles et de larges panoramiques qui ont pour fonction de reposer la vue du lecteur, je trouve cette mise en page remarquable et parfaitement dosée. Un bon diptyque, à l'imaginaire à la fois merveilleux et sombre.
Petit Poilu
4.5 Les avis sont presqu'unanimes: cette série pour touts petits est un succès. Une BD muette qui réussit l'exploit de faire envie aux petits de se faire lire les histoires et de les lire soi-même en imaginant à voix haute les dialogues. La structure est toujours la même: notre petit poilu se lève et part pour l'école après le déj et un bisou de sa maman. Sur le chemin quelque chose se délite et il se trouve transporté dans un univers inconnu peu rassurant en milieur d'album. Il dégaine alors une photo rassurante de sa maman et se décide à remettre en place les choses et apaiser la situation. Ensuite retour à la casa et au lit avec un petit cadeau que lui ont offert ses nouveaux amis. Rien que d'écrire ces lignes, je trouve cela trop mignon. Tout comme le dessin, très simple, aux détails simplifiés, stylisés même, me rappelle ces vieux dessins animés comme "la petite taupe". C'est simple, il y a de l'empathie et c'est très pédagogique avec le dossier en fin d'album expliquant les notions qui ont été abordées le temps de chaque aventure. Une leçon magistrale d'écriture, achat évidemment recommandé car les albums sont rafflés continuellement dans les bibliothèques, bon signe.
Rahan
Rahan = "Doc Justice" + "Conan". Et blond en plus. Endurant, courageux, astucieux, aventureux, juste... les adjectifs ne manquent pas pour ce héros ultra positif. Et contrairement à beaucoup d'autres séries éditées dans Pif Gadget, les scénarii n'étaient pas si redondants. Et puis même si la préhistoire était enjolivée on apprenait pas mal de chose. Et puis les animaux de tous gabarits étaient très bien reproduits. Et puis, enfant, c'était un modèle même si maman n'aurait pas apprécié qu'on fugue en slip un couteau à la main. Et puis il y a de beaux messages de tolérance et d'appel à l'entraide. Une belle série positive et exotique sans clins d'oeil dont on ne trouve de nos jours plus beaucoup d'équivalents. Un beau boulot d'équipe Lécureux-Chéret, merci!
L'heure H
Je serais moins sévère que mes deux prédécesseurs car j'ai bien aimé cette série. Je ne connais pas l'oeuvre de Erri de Luca mais j'ai trouvé intéressant ce plaidoyer sous forme de souvenirs de jeunesse d'un engagement militant non exempt de contradictions et d'interrogations à postériori. Bien sûr cette série intéressera surtout les amateurs de politique et d'engagement militant. J'étais trop jeune à l'époque pour suivre ou combattre les idées de De Lucca mais la situation italienne (et allemande) a tellement marqué l'Europe des années 70 que cette série a fortement résonné en moi. Le scénario travaille sur trois époques de luttes syndicales au sein du groupe sidérurgique Italsider, géant industriel implanté à Tarente dans une logique d'implantation industrielle au fil de l'eau assez logique (Fos en France suit la même logique). Comme le soulignent Noirdésir et Gaston, à part quelques banderoles et manifs on ne voit pas grand-chose de l'action syndicale. C'est de la narration empruntée au journal Lotta continua sans beaucoup d'analyses ni d'approfondissements du sujet. Je trouve cela assez logique car De Lucca ne faisait pas partie des négociateurs. L'intérêt de l'ouvrage est autre. Il nous montre comment une jeunesse intello enfermée dans une idéologie bâtie sur une phraséologie souvent prédigérée a pu faire le choix de l'action violente (Brigades Rouges) ou non (De Luca). Cela mènera aux terribles années de plomb qui culmineront par l'enlèvement et l'assassinat en 1978 d'Aldo Moro (DC), deux fois premier ministre à l'époque. J'ai beaucoup aimé la conclusion de l'oeuvre qui nous maintient dans un vrai suspens sur les intentions du couple. La réponse de Sara et Sebastiano me convient parfaitement dans le choix de leur heure H. Je suppose que les auteurs ont amplifiés quelques thèmes assez contemporains comme l'écologie ou les sans domiciles qui existaient mais qui avait moins de retentissement à l'époque. Le graphisme est sobre presque crayonné comme si l'image révolutionnaire du rejet d'un esthétisme bourgeois voulait supporter le récit. Cela crée une ambiance assez intello dans les scènes intimistes du couple. Les scènes d'extérieurs sont plutôt arides et rudes comme le paysage de la région. Une lecture pour les passionnés d'histoire politique qui renvoie à une époque charnière des rapports sociaux en Europe.