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Couverture de la série L'heure H
L'heure H

Je serais moins sévère que mes deux prédécesseurs car j'ai bien aimé cette série. Je ne connais pas l'oeuvre de Erri de Luca mais j'ai trouvé intéressant ce plaidoyer sous forme de souvenirs de jeunesse d'un engagement militant non exempt de contradictions et d'interrogations à postériori. Bien sûr cette série intéressera surtout les amateurs de politique et d'engagement militant. J'étais trop jeune à l'époque pour suivre ou combattre les idées de De Lucca mais la situation italienne (et allemande) a tellement marqué l'Europe des années 70 que cette série a fortement résonné en moi. Le scénario travaille sur trois époques de luttes syndicales au sein du groupe sidérurgique Italsider, géant industriel implanté à Tarente dans une logique d'implantation industrielle au fil de l'eau assez logique (Fos en France suit la même logique). Comme le soulignent Noirdésir et Gaston, à part quelques banderoles et manifs on ne voit pas grand-chose de l'action syndicale. C'est de la narration empruntée au journal Lotta continua sans beaucoup d'analyses ni d'approfondissements du sujet. Je trouve cela assez logique car De Lucca ne faisait pas partie des négociateurs. L'intérêt de l'ouvrage est autre. Il nous montre comment une jeunesse intello enfermée dans une idéologie bâtie sur une phraséologie souvent prédigérée a pu faire le choix de l'action violente (Brigades Rouges) ou non (De Luca). Cela mènera aux terribles années de plomb qui culmineront par l'enlèvement et l'assassinat en 1978 d'Aldo Moro (DC), deux fois premier ministre à l'époque. J'ai beaucoup aimé la conclusion de l'oeuvre qui nous maintient dans un vrai suspens sur les intentions du couple. La réponse de Sara et Sebastiano me convient parfaitement dans le choix de leur heure H. Je suppose que les auteurs ont amplifiés quelques thèmes assez contemporains comme l'écologie ou les sans domiciles qui existaient mais qui avait moins de retentissement à l'époque. Le graphisme est sobre presque crayonné comme si l'image révolutionnaire du rejet d'un esthétisme bourgeois voulait supporter le récit. Cela crée une ambiance assez intello dans les scènes intimistes du couple. Les scènes d'extérieurs sont plutôt arides et rudes comme le paysage de la région. Une lecture pour les passionnés d'histoire politique qui renvoie à une époque charnière des rapports sociaux en Europe.

18/05/2023 (modifier)
Par Charly
Note: 4/5
Couverture de la série Le Chant des Stryges
Le Chant des Stryges

"Le Chant des Stryges" est une bande dessinée qui saura captiver les amateurs d'histoires à suspense. Plongeant les lecteurs dans un univers où des créatures surnaturelles, les Stryges, se cachent parmi les humains, cette série offre une intrigue bien construite qui maintient un intérêt constant. L'intrigue est intelligemment développée, avec des rebondissements et des révélations qui gardent les lecteurs sur le qui-vive. Les personnages, humains et Stryges, sont bien développés et apportent une profondeur à l'histoire. On se laisse emporter par leurs péripéties et on s'attache à leurs destins. Les dessins de la série sont soignés, avec une attention particulière portée aux détails. Ils créent une atmosphère sombre et mystérieuse qui contribue à l'immersion du lecteur dans cet univers. Les expressions des personnages sont bien rendues, transmettant leurs émotions de manière efficace. Si je devais émettre une réserve, c'est que le rythme peut parfois être un peu lent, ce qui peut donner une impression de lenteur dans la progression de l'histoire. Cependant, cela permet également de créer une tension palpable qui accentue l'impact des moments clés. Dans l'ensemble, "Le Chant des Stryges" est une bande dessinée qui vaut la peine d'être découverte. Son mélange de frissons et d'intrigue en fait une lecture immersive.

17/05/2023 (modifier)
Par Charly
Note: 4/5
Couverture de la série Sillage
Sillage

Dès les premières planches, vous serez transportés dans un univers futuriste où les aliens, les robots et les humains se côtoient dans un joyeux chaos interstellaire. Notre héroïne, la magnifique et charismatique Nävis, une jeune humaine élevée par des extraterrestres, vous entraîne dans ses aventures délirantes à travers la galaxie. Et attention, ça décoiffe ! L'humour est la force motrice de cette série culte. Les dialogues sont pétillants, les jeux de mots fusent dans tous les sens et les situations burlesques s'enchaînent à un rythme effréné. Les personnages excentriques et attachants apportent leur lot de comédie, du sarcastique Snivel au maladroit Bobo, en passant par l'intellectuel professeur Maxime. Les dessins de Philippe Buchet sont tout simplement époustouflants ! Les décors cosmiques sont richement détaillés, les vaisseaux spatiaux sont d'une élégance sidérante et les créatures extraterrestres sont aussi farfelues que mémorables. Chaque planche est un véritable festin visuel qui vous plonge au coeur de cet univers unique en son genre. Mais attention, Sillage ne se résume pas qu'à des blagues et des sourires. L'histoire aborde également des thèmes plus profonds, tels que la tolérance, l'identité et la quête de soi. Ces moments plus sérieux ajoutent une dimension supplémentaire à la série et permettent de s'attacher davantage aux personnages.

17/05/2023 (modifier)
Couverture de la série Lozère apocalypse
Lozère apocalypse

Je connais l’auteur que depuis récemment après avoir acheté le tome 1 de La Vie de Norman que j’ai beaucoup apprécié (j’attend d’avoir lu les 5 tomes pour l’aviser.) Un groupe d’enfants orphelins âgés de 12 ans, partent en colonie, mais hélas leur avion se crash dans un endroit étrange nommé Lozère. Rapidement après leur accident, les enfants se font attaqués par des ados mutés en poulet. Ils découvriront très vite, que il y’a encore pleins d’étrangeté dans cette endroit si mystérieux. La narration est bonne mais pas parfaite non plus, ca bouge souvent, et on ne s’ennuie pas malgré le nombre conséquent de pages. Je n’ai pas forcément apprécié également tous les moments, c’est comme dans les films, y’a toujours des passages qu’on apprécie moins. La fin est bonne mais assez rapide par moment, on s’y perd. Les personnages sont attachants, bien que certains soit aussi détestables (c’est fait exprès pour le récit), beaucoup ont leurs mystères. Ils sont très nombreux donc on peut se perdre. !SPOILER ALERT! J’avoue avoir été perdue vers la fin par apport au sort de certains personnages qu’on ne voyait plus. !FIN DU PETIT SPOIL! J’adore le style graphique de cette auteur, c’est mignon mais pourtant très gore et trash, je suis toujours étonnée de voir cette bd dans le rayon « jeunesse » de la Fnac. L’auteur n’y va pas de main morte, et la mort est présente dans ce récit (je n’en dirais pas plus). Pour conclure, c’est sympathique, bien dessiné, on ne s’ennuie pas, mais par moment c’est fouillis et certains moments sont un peu en deçà par apport à la majorité du récit.

17/05/2023 (modifier)
Couverture de la série L'Homme qui tua Chris Kyle
L'Homme qui tua Chris Kyle

J'ai beaucoup apprécié la lecture de ce BD documentaire de Nury et Brüno. Mes premières lectures de Nury m'ont mis en présence de personnalités complexes et l'auteur aime à cultiver ce côté ambigu de ses personnages. C'est encore le cas pour les trois intervenants principaux de la série. J'avais vu Americain Sniper au cinéma et je trouve que Nury ne trahit pas l'esprit si particulier du film et des conditions de la création du film. Je trouve qu'il arrive avec justesse à traduire les modes de pensées et les convictions profondes de cette Amérique patriotique et traditionnelle qui étonnent tellement en Europe. J'ai trouvé la mise en scène de Nury vraiment excellente car il analyse une somme importante d'informations dans différents domaines pour en proposer une synthèse intelligente à ses lecteurs. Le dosage et le découpage entre les interviews, les comptes rendus des enquêteurs et les éclaircissements sur le droit américain sont d'une grande précision pour que le récit reste fluide et compréhensible pour quelqu'un d'extérieur à cet univers américain. Je trouve que c'est la prouesse de l'auteur de nous rendre audible ce qui est si éloigné de nos schémas intellectuels habituel. Perso j'ai été captivé par les différentes parties du récit et j'ai admiré l'art des auteurs de manier les hommages (Clint Eastwood), les empathies ou les antipathies envers tel ou tel personnage. Dans ce domaine j'ai trouvé la description de Taya Kyle vraiment extraordinaire. Entre veuve et mère qui subit la violence de plein fouet puis vedette publicitaire pour vendre des armes de haute précision, c'est un monde quasi incompréhensible pour un Européen que les auteurs nous décrivent sans y mettre un jugement de valeur perso. Au lecteur de s'y retrouver en fonction de sa lecture individuelle. Le graphisme de Brüno soutient parfaitement la dureté du récit. Les personnages à l'exception de Taya sont dépourvus de regard ce qui les rend presque inhumains mais aussi presque irresponsables. Les différents plans entretiennent la dramaturgie du récit pour aller au delà du simple fait divers. Brüno multiplie les rendus avec des visuels de caméras de surveillances, de films publicitaires ou de scènes intimistes. Le côté documentaire qui explore plusieurs sources n'en est que mieux traduit. J'ai trouvé cette lecture très riche et vraiment très aboutie techniquement. Une oeuvre forte pour comprendre une partie importante de l'Amérique qui semble si différente de notre vision simpliste.

17/05/2023 (modifier)
Par Charly
Note: 4/5
Couverture de la série Quartier lointain
Quartier lointain

"Quartier lointain", c'est comme un voyage dans le temps, un saut dans le passé qui nous touche en plein cœur. Cette bande dessinée de Jirô Taniguchi mérite sans aucun doute une bonne note pour sa capacité à captiver et à émouvoir avec des mots simples. L'histoire nous entraîne aux côtés de Hiroshi, un homme d'âge mûr qui se retrouve mystérieusement ramené dans le passé, à l'époque de sa jeunesse. C'est comme une deuxième chance pour lui, une opportunité de revoir sa famille, ses amis et de revivre les moments qui ont marqué sa vie. Ce qui frappe dans "Quartier lointain", c'est la sincérité des émotions qui se dégagent de chaque page. Les mots simples utilisés par l'auteur touchent droit au coeur. On ressent la nostalgie, le regret et l'amour qui émane de chaque situation vécue par Hiroshi. C'est comme si l'histoire se déroulait devant nos yeux, avec toute la force des souvenirs qui nous accompagnent. Le dessin de Jirô Taniguchi est d'une grande beauté et d'une simplicité saisissante. Les visages des personnages sont expressifs, les décors sont détaillés et les petits gestes du quotidien prennent une importance particulière. Les silences et les moments contemplatifs sont habilement représentés, renforçant l'atmosphère douce et poétique de l'histoire. Ce qui rend "Quartier lointain" si accessible, c'est sa façon universelle de parler de la condition humaine. Les thèmes de la famille, de l'amour, des choix de vie et du temps qui passe résonnent en chacun de nous. On se reconnaît dans les doutes et les interrogations de Hiroshi, et cela crée une connexion émotionnelle forte avec l'histoire. Certes, certains pourraient trouver l'histoire un peu lente ou prévisible. Mais personnellement, j'ai trouvé que cela ajoutait à la contemplation et à l'introspection de l'oeuvre. "Quartier lointain" nous invite à réfléchir sur nos propres choix et sur la manière dont nos souvenirs façonnent notre identité.

17/05/2023 (modifier)
Par Charly
Note: 4/5
Couverture de la série Le Tueur
Le Tueur

"Le Tueur" est une bande dessinée qui plonge les lecteurs dans un univers sombre et captivant. Avec son récit haletant et ses illustrations expressives, cette oeuvre mérite amplement une note de 4/5. L'intrigue se concentre sur un protagoniste éponyme, un tueur à gages professionnel qui mène une vie solitaire et se perd dans les méandres de sa profession. L'histoire explore les aspects psychologiques de ce personnage complexe, offrant ainsi une perspective unique sur le monde impitoyable du crime. L'auteur parvient à créer une tension palpable à travers les dilemmes moraux auxquels le protagoniste est confronté. L'une des grandes forces de cette bande dessinée réside dans son approche visuelle. Les illustrations sont saisissantes et immersives, utilisant des jeux d'ombres et des contrastes prononcés pour créer une atmosphère sombre et oppressante. Le scénario est bien construit, avec des rebondissements inattendus qui maintiennent l'intérêt du lecteur tout au long de l'histoire. Les dialogues sont percutants et réalistes, apportant une profondeur supplémentaire aux personnages et contribuant à l'atmosphère sombre de l'oeuvre. De plus, "Le Tueur" aborde des thèmes complexes tels que la moralité, l'aliénation et la quête de rédemption. Il pousse le lecteur à réfléchir sur la nature humaine et sur les conséquences de nos choix. Cette profondeur thématique confère à la bande dessinée une dimension supplémentaire, en faisant résonner son impact bien au-delà de la simple action. Malgré ses qualités indéniables, "Le Tueur" n'atteint pas tout à fait la perfection. Certaines parties de l'intrigue peuvent sembler prévisibles et l'absence d'exploration approfondie de certains personnages secondaires peut laisser un léger sentiment d'inachevé. Cependant, ces légères lacunes n'entravent pas l'expérience globale et ne font que souligner le potentiel encore plus grand de cette bande dessinée. En conclusion, "Le Tueur" est une bande dessinée remarquable qui plaira aux amateurs de thrillers sombres et intelligents. Son récit captivant, ses illustrations expressives et son exploration des thèmes complexes en font une lecture incontournable pour les fans du genre.

17/05/2023 (modifier)
Couverture de la série Tombée d'une autre planète - D'après les aventures indécentes de Patricia Highsmith
Tombée d'une autre planète - D'après les aventures indécentes de Patricia Highsmith

Ce récit nous propose de découvrir Patricia Highsmith à l’aube de sa carrière. A l’époque, elle écrit des scénarios de comics et en retire une grande frustration, elle qui se veut écrivaine. Le personnage est complexe. Hautaine, extrêmement cassante avec ses collègues, elle vit dans sa chair une véritable torture. Homosexuelle, elle se considère comme anormale. Succombant à ses pulsions, elle culpabilise ensuite. Derrière l’histoire de Patricia Highsmith se cache une critique de la société américaine de l’époque. L’homosexualité considérée comme une maladie dont il faut guérir les victimes est une règle tellement ancrée dans la société que même les personnes homosexuelles se considèrent comme anormales et cherchent à reproduire un schéma familial plus conforme à celui décidé par la majorité. C’est de ce déchirement que va jaillir la personnalité complexe de Patricia Highsmith. C’est de ce tourment que va naitre son roman le plus personnel et sans doute fondateur de son œuvre, Carol. Un roman qu’elle aura beaucoup de mal à faire publier, dont elle devra changer le titre et qu’elle signera d’un pseudonyme. J’ai beaucoup aimé ce portrait, découvrant l’écrivaine sous un aspect que je ne lui connaissais pas. Elle est détestable par bien des côtés et pourtant, je l’ai trouvée touchante, fragile derrière ce masque, cette armure qu’elle dresse entre la société et elle. J’ai aimé ses contradictions ; conséquences de l’opposition entre son éducation et ses envies. La mise en page est très aérée et cet album se lit assez vite. Les grandes illustrations sont fréquentes et beaucoup d’émotions passent par les regards. C’est agréable à lire car malgré la dureté du propos, cela reste une lecture légère. Pour moi, franchement, c’est une belle découverte, une très agréable surprise.

17/05/2023 (modifier)
Par cac
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Rien ne fera venir le jour
Rien ne fera venir le jour

J'étais passé à côté de ces grosses anthologies chez Cornélius. Je pensai qu'il s'agissait de simples rééditions d'histoires précédemment parues chez Vertige Graphic. On retrouve ici le soin habituel apporté à l'édition de la maison avec une bonne qualité de papier. On n'a pas une histoire complète mais plusieurs histoires sans lien, avec comme fil conducteur toujours ce personnage central fétiche de Tatsumi. Un homme au physique passe-partout, mutique bien souvent. On peut dire qu'il est de la classe moyenne, enfin de la classe qui galère. Tatsumi met en scène la vie d'un japonais standard du milieu du XXe siècle. Un dessin superbe, bien plus abouti que son contemporain Osamu Tezuka. Les histoires sont souvent sombres, d'ailleurs le titre le reflète. On dirait que jamais l'optimisme d'un monde meilleur ne perce les ténèbres. On a du sexe, des meurtres, un enfant assassin... Pour moi c'est une lecture exceptionnelle mais je comprends que la dureté des sujets ne soit pas la tasse de thé de tout le monde. Je n'ai plus qu'à me pencher sur Cette ville te tuera...

16/05/2023 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série L'Affaire Tartuffe - Molière interdit
L'Affaire Tartuffe - Molière interdit

Le duo Mory / Bercovici qui a déjà officié sur plusieurs "incroyables histoires" mêlant histoire réelle et humour nous conte ici un épisode majeur dans la carrière de Molière. Cela permet de contextualiser la sortie de la pièce du Tartuffe qui, comme d'autres de ses oeuvres, était une critique en règle de la société de l'époque. Ici le comédien s'attaque aux dévots, ses hommes qui soufflent dans l'oreille des pieux la manière de se comporter. Ces derniers ont du pouvoir et parviennent à faire interdire la pièce auprès du roi Louis XIV, qui riait pourtant aux éclats bien que très religieux lui-même. Raconté en plusieurs chapitres sous forme de match de boxe entre Molière et les dévots, cet album d'une centaine de pages se lit bien et n'est pas barbant avec un bon équilibre entre histoire et humour.

16/05/2023 (modifier)