Les derniers avis (32297 avis)

Par Titanick
Note: 4/5
Couverture de la série L'Histoire d'un Sorcier (Bafflerog le Sorcier)
L'Histoire d'un Sorcier (Bafflerog le Sorcier)

Mais c’est vraiment sympathique, cette petite série. Parfaitement destinée aux jeunes en véhiculant des valeurs positives et sans aucune mièvrerie. Du coup, bien agréable à lire à tout âge, ce qui ne gâte rien. Même si je suis loin de connaître l’essentiel des univers de fantasy, il me semble que celui-ci est assez original, même s’il s’agit d’une quête. Les plus méchants ne sont pas forcément ceux qu’on croit et finalement, il faut tout tenter pour vivre comme on l’entend. J’ai beaucoup aimé le dessin, très illustration de livres jeunesse. Les ambiances sont bien rendues avec ces couleurs un peu fondues. J’ai eu en mains la version originale en deux volumes et on a là une belle qualité éditoriale dans un grand format et de belles couvertures. Une belle bd à offrir à des grands enfants ou des pré-ados par exemple.

16/05/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Mademoiselle Sophie ou la fable du lion et de l'hippopotame
Mademoiselle Sophie ou la fable du lion et de l'hippopotame

Cette BD ne donne pas envie d'écrire un long et dense avis, mais simplement de dire au maximum de gens d'aller la lire. Elle allie toute la force de son dessin, mignon et coloré, avec une histoire réaliste traitant de sujets bien en phase avec son époque, mais d'une manière qui ne peut que plaire au plus grand nombre. C'est ce genre d'histoires avec un fond plutôt sombre, mine de rien, mais qui s'articule autour du regard de cet enfant. Et c'est franchement une super idée. Sans être mignon, enfin, pas au stade du rose bonbon, l'histoire apporte une certaine fraicheur et innocence qui permets de parler du sujet du rejet sociétal de manière efficace. Les personnages sont incroyablement attachants, ce petit gamin qui découvre progressivement le monde des adultes et ce qu'il peut contenir de sombre est adorable. Mais les relations avec sa famille et bien sur l'institutrice sont également bien développés. En vérité, je n'ai pas envie d'ajouter grand chose à la BD. Déjà parce qu'elle n'est pas suffisamment longue pour développer trop de choses, parce qu'elle est suffisamment claire pour que chacun comprenne tout ce qui est dit et sous-entendu, mais aussi parce que je suis certain qu'il vaut mieux lire cette BD plutôt qu'en lire une interminable critique. Recommandée !

16/05/2023 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5
Couverture de la série Latah
Latah

Certes, on ne peut pas dire que Latah soit d'une originalité folle. Toutefois, la bande dessinée de Thomas Legrain a une immense qualité : elle va droit au but. D'une efficacité redoutable, elle sait instaurer une atmosphère paranoïaque, bien aidée en cela par le dessin réaliste, qui nous immerge instantanément dans son univers graphique. Ne reculant pas devant le gore sans en jouer trop, Legrain trouve un bon équilibre pour raconter cette histoire sous tension permanente, où chaque feuille d'arbre peut recéler un danger mortel. Si la simplicité de l'intrigue pourra en décevoir certains, j'ai beaucoup apprécié le fait qu'elle suit sa ligne sans jamais dévier, et aboutit à une conclusion logique et satisfaisante. La vision de la guerre du Vietnam est traditionnelle, mais ça fonctionne toujours bien, surtout que Legrain s'appuie ici sur une galerie de personnages attachants, qu'on arrive à identifier suffisamment pour que leurs disparitions progressives nous affecte. Pour ceux qui aiment les ambiances oppressantes, Latah est donc un huis-clos à ciel ouvert qui accomplit toutes ses promesses. Et même s'il le fait sans grande originalité, il le fait avec un art du suspense consommé, et en ce qui me concerne, ça me suffit largement !

16/05/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Journal inquiet d'Istanbul
Journal inquiet d'Istanbul

J'aime beaucoup ce genre de BD, qui mêle la "simple" autobiographie avec une expérience d'un pays et de son évolution politique. Une fois dis ça, on a à peu près fait le tour de ce qui se trouve dans la BD : le début de la carrière d'Ersin Karabulut, l'évolution de la Turquie et l'arrivée au pouvoir d'Erdogan. L'intérêt ici est surtout la vision que Karabulut donne de la Turquie pré-Erdogan et surtout l'arrivée au pouvoir de celui qui est considéré aujourd'hui comme un dictateur en puissance. L'histoire est assez saisissante, car en plus de la découverte du métier de dessinateur dans laquelle l'auteur ne se présente pas toujours sous son meilleur jour, c'est surtout l'inquiétude d'une Turquie en proie aux troubles sociaux qui se verront violemment pacifier par Erdogan. Je comprends mieux la façon dont ce dictateur à pu s'imposer dans un tel pays, mais vu de l'intérieur c'est effrayant. La période où l'extrême droite tue dans les rues à de quoi faire accepter n'importe quel dirigeant légèrement autocratique. J'aime beaucoup le déroulé de l'histoire, où Ersin comprend petit à petit la réalité de son pays tandis qu'il présente la bande-dessinée comme un art subversif qui lui permets à la fois de parler de ses névroses et ses peurs (ce qui se sent très bien dans Les Contes ordinaires d'Ersin Karabulut) mais aussi de se moquer d'un pouvoir et de s'affirmer, en tant qu'auteur et en tant que personne. La scène de la maman d'un petit garçon qui veut faire auteur est vraiment émouvante et montre bien que l'auteur parle ici de ce qui le touche dans son métier. Le dessin est plus précis que ce que j'avais vu de l'auteur, notamment parce que le style semble avoir été désormais fixé. J'aime beaucoup la façon dont il représente les personnages, laissant une belle place aux expressions et au ressenti. Le déploiement des cadrages renforce les impressions, entre la peur constante, le poids des mouchards, les moments de gloire personnel. Ersin fixe son trait et l'exploite à bon escient. Je suis intéressé de voir la suite, le premier tome étant déjà bien fourni en lui-même et presque lisible comme un tome indépendant. Je suis en attente de la suite, sans être d'un enthousiasme débordant mais très vivement intéressé. C'est le genre de BD qui n'apporte pas grand chose sur la questions des auteurs de BD, mais qui surtout est intéressante sur la question de la Turquie contemporaine. Un pays qui mérite bien ce genre de BD !

16/05/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Moto Hagio - Anthologie
Moto Hagio - Anthologie

3.5 Je dois avouer que je suis un peu confus sur la note à mettre parce que ce coffret de deux recueils contient des histoires vraiment inégales. Je vais commencer par raconter un peu ma vie. J'ai lu il y a plusieurs années Le Coeur de Thomas sans trop connaitre l'autrice, Moto Hagio, une mangaka qui a fait partie des femmes qui ont renouvelé le shojo dans les années 70, un genre qui était alors dominé par des auteurs masculins. Ce n'est que récemment que j'ai appris l'importance de l'autrice dont on a peu publié en français jusqu'à présent. Cela risque de changer avec la parution récente d'une de ces œuvres phares, 'Le Clan de Poe' (dont le premier volume est censé sortir cette semaine au Québec). En faisant des recherches, j'ai vu que non seulement Glénat avait publié cette anthologie il y a dix ans, mais qu'en plus c'était encore disponible à la vente (pour la petite histoire, j'ai acheté le dernier exemplaire encore disponible chez le fournisseur québécois qui a dû être bien content de se débarrasser enfin d'un vieux titre). Voulant vraiment mieux découvrir l'œuvre de Hagio, je l'ai acheté malgré le prix un peu élevé. Je ne regrette pas mon achat même si tout n'est pas bon. Le premier tome contient quatre histoires. La première n'est pas terrible et m'a fait craindre d'avoir jeté mon argent par la fenêtre. La deuxième, Nous sommes onze, est vraiment excellente ! Je la connaissais déjà parce qu'il y a longtemps j'avais vu le film adaptant cette histoire (je savais même pas que c'était du shojo) et j'avais adoré et c'est encore le cas ici. C'est un récit de science-fiction prenant avec une ambiance claustrophobe vu que la majorité de l'action se passe dans un vaisseau qui a beaucoup de problèmes. Les personnages sont très bons (Flore est un des meilleurs personnages de shojo que j'ai jamais vu) et on voit pourquoi l'autrice a gagné un prix tellement ce récit est très bien mené. La seule ombre au tableau est que la raison pourquoi il y a 11 élèves dans le vaisseau pour le test et non 10 comme l'a dit l'université me semble évidente et je suis étonné qu'aucun personnage ne pense à cette solution. Malheureusement, le troisième récit est mauvais... et c'est la suite de Nous sommes onze ! Cela commence pourtant bien, mais mon intérêt a baissé au fil des pages de ce trop long récit au point que j'ai fini par m'ennuyer un peu. Il faut dire qu'on ne retrouve pas l'ambiance du premier récit que j'avais adoré. Le récit est aussi moins original, on parle de la guerre entre deux pays et la morale c'est que la guerre c'est pas bien. On dirait du sous-Tezuka. Franchement, s'il n'y avait pas trois-quatre personnages de Nous sommes onze je n'aurais jamais su que c'était censé être une suite. J'ai vraiment l'impression que l'autrice avait prévu de faire un récit indépendant et a ensuite mis des personnages d'une de ses œuvres les plus connues pour capitaliser sur son succès. Ce premier recueil se termine par une histoire pas mauvaise, mais prévisible et banale. Ce qui s'explique par le fait que ce récit a été fait très tôt dans la carrière d'Hagio. Le deuxième recueil contient 5 histoires et m'a paru meilleur (même si Nous somme onze reste mon récit préféré du lot). Les deux premières histoires sont du fantastique et j'ai bien aimé. On met bien en avant la psychologie des personnages et cela ne tombe pas dans le grand-guignolesque comme d'autres récits fantastiques japonais. La troisième récit est celui qui m'a le moins intéressé. Ce récit est un genre de brouillon de Le Coeur de Thomas et on tombe dans le mélodramatique qui me gonfle dans le genre shojo. Les sentiments dramatiques des personnages sont tellement mis en avant que cela finit par m'exaspérer plus qu'autre chose. La quatrième histoire est bien faite même si le gamin me semble un peu trop intelligent pour son âge. La dernière qui se passe durant le Paris occupé par les nazis est très bonne même si c'est décousu par moment. Comme les histoires vont du début des années 70 aux années 90, le dessin de Moto Hagio évolue au fil du temps et je dois dire que je ne pense pas avoir un style préféré, son dessin est bon peu importe l'époque. On voit dans cette anthologie qu'elle a touché à plusieurs genres au fil de sa carrière (fantastique, science-fiction, drame, romance) et que ces récits sont plus intelligents et profonds que les histoires d'écolières amoureuses qu'on sort à la pelle de nos jours. C'est une lecture que je recommande si on veut découvrir des vieux mangas. Bon cela reste inégal et les notes que je mettrais aux récits vont du 2 étoiles au 4.5/5... Allez je mets une très bonne note et un coup de cœur parce que les histoires que j'ai trouvées excellentes sont vraiment excellentes.

16/05/2023 (modifier)
Couverture de la série Les Enquêtes Auto de Margot
Les Enquêtes Auto de Margot

J'ai beaucoup aimé la lecture des cinq premiers épisodes de la belle Margot Foilleret née Palissandre. Pourtant on pourrait reprocher à la série d'Olivier Marin des clichés sexistes dans son graphisme un peu coquin. De plus sa ligne claire et ses scénarii un peu girl scout renvoient à une BD de papy. J'assume la deuxième remarque tout en trouvant la plastique de Margot et de ses copines bien agréable à regarder. Enfin les apôtres de la sécurité routière (dont je suis) peuvent s'arracher les cheveux devant l'insouciance de Margot au volant. En fait j'ai lu cette série avec un esprit au second degré et je trouve que l'auteur s'en tire très bien. Car à travers l'hommage rendu à ces voitures populaires et mythiques c'est tout une ambiance des années 60 qu'il nous propose. Bien sûr c'est le côté lisse, comme son trait, de cette période que nous voyons loin des guerres chaudes ou froides. Une ambiance de lignes arrondies et pulpeuses aussi bien sur les voitures que pour les personnages féminins, toutes à croquer. C'est un parfum d'élégance et de créativité dans la mode, les arts, le design. Mais Marin nous rappelle que les millions de Coccinelles, Deuches, Fiat 500 produites ont été un facteur important du mouvement de liberté qui a balayé les jeunesses de cette époque. Début de la liberté pour Margot et toutes les femmes occidentales derrière elle. Car malgré ses poses de mannequin sexy c'est à une entrée fracassante dans les mondes macho de l'automobile et du journalisme qu'elle prétend. J'ai trouvé les scénarii assez légers mais diversifiés et l'équilibre entre la Margot jeune épouse et jeune professionnelle finement exploité. Le graphisme renvoie à un hommage de Tintin. On rencontre çà et là plusieurs personnages emblématiques de la BD franco-belge (la Castafiore, Fantasio) ou quelques personnages réels de la mode et des arts. C'est un peu figé et quelques profils de Margot sont moins réussis mais j'ai trouvé le découpage et la mise en scène bien moderne pour contrebalancer le côté vintage du récit. Une lecture détente bien agréable qui ne se prend pas la tête et qui rend hommage à une création artistique ou industrielle pas encore standardisée par l'ordinateur. 3.5

15/05/2023 (modifier)
Couverture de la série Graines de cheffes
Graines de cheffes

J'ai bien apprécié l'oeuvre de Lily LaMotte et Ann XU destinée à un jeune public (7/11 ans) plutôt féminin. Pourtant je ne suis ni coeur de cible ni très friand des ouvrages ou émissions sur la cuisine. Mais ici j'ai été séduit par la fraicheur et le dynamisme du récit. Il n'y a pas vraiment d'intrigue ni de suspens, aucun coup bas ou tricherie mais l'ambiance est très plaisante au milieu de ces jeunes filles qui développent des qualités d'amitié, d'ouverture et de courage. Car derrière le récit du concours de cuisine dont l'issue ne fait pas doute c'est une histoire de regard sur l'autre à travers son intimité culinaire que nous proposent les auteures. Cici, la petite Taïwanaise rencontre Miranda la petite Italienne dans une aventure où elles sont équipières puis adversaires pour finir complices et amies. La thématique de l'éducation est aussi très présente et les auteures valorisent les chemins de traverses qui ne mènent pas toujours où les parents voudraient. Le graphisme de Xu est assez minimaliste mais vraiment agréable avec un lettrage très accessible et un bon niveau de dialogue. Les expressions de personnages sont bien rendues dans les sentiments contradictoires qui assaillent ces préados partagées entre respect du père et désir de suivre sa voie. La mise en couleur est vraiment agréable et diversifiée qui sert de fond paisible à un grand nombre de cases. Une lecture pour pré-ados très agréable qui propose des valeurs que je partage. 3.5

15/05/2023 (modifier)
Couverture de la série Contrecoups
Contrecoups

En 1986 j’avais 18 ans, et je me rappelle très bien cette époque d’éveil politique. Surtout, je me rappelle avoir participé à mes premières manifestations de masse contre cette réforme Devaquet. C’est dire que cette affaire m’a touché immédiatement. Je me rappelais de l’éditorial à gerber de Pauwels dans le Figaro (cité ici), mais aussi d’une phrase du Pandraud (ministre adjoint de Pasqua à L’intérieur), qui a déclaré dans les heures suivant la mort de Malik Oussekine que « s’il avait un fils sous dialyse, il ne l’aurait pas laissé sortir comme ça la nuit ». C’était le temps où le pouvoir croyait encore pouvoir étouffer l’affaire. A vomir. Sur un dessin classique de Puchol (un Noir et Blanc tranché très clair et agréable), Bollée a reconstitué le drame, en y incluant des personnages « probables », crédibles, pour rendre « vivantes » les scènes. C’est en tout cas très lisible, facile à suivre, même si certains personnages sont peut-être inutiles et « artificiels » (comme ce jeune homme qui vivote de petits larcins et qui développe sa conscience politique et se rallie aux étudiants très brutalement). L’album se lit donc très bien, et permet peut-être aux plus jeunes de découvrir ce « fait divers » qui a marqué cette époque et qui a sali la réputation de la police et, accessoirement, suite à d’immenses manifestations – j’y étais – a poussé le gouvernement à retirer la loi Devaquet. Ce qui est ironique, puisque Malik Oussekine n’était pas étudiant et ne participait pas à ces manifestations. Cette suite immédiate de la mort de Malik Oussekine aurait pu être rappelée par un épilogue en fin d’album je pense. Le drame rappelé dans cet album résonne d’autant plus qu’aujourd’hui on a sérieusement l’impression qu’il pourrait tout à fait se reproduire – qu’il s’est peut-être déjà reproduit. En effet, les méthodes de répression, l’utilisation de la violence pour réprimer les manifestations des Gilets jaunes, et plus récemment contre la réforme des retraites (mais aussi contre les ZAD, les méga-bassines, etc.) montrent que nos dirigeants n’hésitent pas à user de méthodes d’habitude. Méthodes généralement attribuées aux dictatures pour faire taire les opposants, lorsque le pouvoir est en position de faiblesse. Et aujourd’hui encore la propension du pouvoir (voir les déclarations de Darmanin) à systématiquement couvrir et nier les violences policières est la même, hélas. J’aurais sans doute spontanément mis trois étoiles, mais j’arrondis aux quatre pour le sujet et la résonance actuelle (et les souvenirs que cela ravive en moi). Note réelle 3,5/5.

14/05/2023 (modifier)
Couverture de la série De l'autre côté
De l'autre côté

La guerre du Vietnam, sur tous les supports, les Américains l’ont beaucoup traitée. Cet album emprunte donc des sentiers passablement rebattus. Mais je trouve qu’il le fait bien, et de façon relativement originale. J’ai lu la première édition française, mais je pense que la couverture de la réédition montre mieux le contenu. D’abord parce tout l’album se focalise sur deux hommes, un Vietnamien et un Américain, et le fait de façon à ce que leurs visions alternent, se répondent. On nous montre cette guerre des deux côtés. Et le fait est que, quel que soit le côté choisi, c’est bien l’horreur, l’absurdité, la monstrueuse folie qui prédominent. La guerre n’est pas montrée, elle est dénoncée. Jason Aaron montre d’abord l’endoctrinement des deux hommes, chacun dans son camp, ce pourquoi ils se battent (l’Américain se demandant ce qu’il fout là, le Vietnamien pensant combattre pour les siens). Toute la partie « entrainement/bourrage de crâne » du soldat américain fait immanquablement penser à la première partie du film de Kubrick « Full metal jacket ». Les parties se déroulant dans la jungle vietnamienne – que ce soit du côté de l’Américain ou du Vietnamien – montrent une folie envahissante, qui engourdit les esprits. Il y a un peu de Terrence Malick ici je trouve. Aaron ajoute des touches fantastiques (avec l’apparition de sortes de zombies, de soldats à l’aspect hallucinant) qui font sortir cette histoire du récit de guerre classique. Cela a aussi pour effet d’atténuer l’aspect horrifique, en donnant presque un côté faussement comique car exagéré à l’ensemble. Le fait de montrer en parallèle les actions, les pensées de ces deux hommes, et certaines scènes finales montrent que ces deux hommes – et par extrapolation la plupart des soldats qui s’entretuent – sont en fait dans le même camp, celui de ceux qui combattent comme des zombies, sans savoir ni réellement comprendre pourquoi (en tout cas en étant leurré sur les objectifs – ils sont embarqués dans un combat qui les dépasse). Ennemis de fait, ces deux hommes ont en fait beaucoup de points communs, ce qui accentue la dénonciation de ces massacres absurdes. Un album intéressant en tout cas. Note réelle 3,5/5.

14/05/2023 (modifier)
Couverture de la série La Bande à Ed
La Bande à Ed

Je suis Autiste, donc le handicap ça me touche plutôt pas mal. Je n’ai jamais lu de séries portant que sur le thème du handicap avant celle-ci, bien que certaines telles que Titeuf l’abordaient de diverses manières. Ed est en fauteuil roulant car il est paralysé des jambes, il a un ami mal-voyant, un obèse, un atteint de nanisme et enfin un atteint d’autisme (ceci est expliqué sur des sites et non dit dans la BD explicitement). Ed a aussi une petite amie et y’a des moments plutôt mignons entre ces deux là. Le premier tome est surtout des histoires à une page, tandis ce que les prochains prendront la forme d’histoires sur un tome. J’ai apprécié le tome 1 qui n’hésite pas à faire de l’humour sans jamais se moquer ou bien également des critiques sur certains comportements comme regarder mal une personne différente. Les prochains tomes sont aussi très excellents et abordent encore plein de sujets comme les voyages ou les paralympiques. Le dessin est simple mais très correct. J’ai beaucoup apprécié. Je recommande!

13/05/2023 (modifier)