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Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Wonder Woman Historia
Wonder Woman Historia

Toi qui va lire cet avis, tu te dis : "encore un comics de super-héros", et bien tu te mets le doigt dans l'œil car le titre est trompeur, de Wonder Woman il n'est pas question, enfin très très légèrement. Et là, tu vas me demander de quoi ça parle alors, je vais te répondre : de mythologie avec la naissance des Amazones, de la guerre qu'elles vont mener contre la colère les Dieux, mais plus que cela, c'est avant tout une œuvre féministe. Tu y découvriras la condition des femmes à cette époque et leurs combats contre la dégradation, l'esclavage, l'exclusion, l'impudence, l'isolement, l'effacement, l'humiliation, la soumission, l'agression et le meurtre, des sujets toujours d'actualité hélas. Tu pourras te laisser transporter par une narration onirique, y découvrir des déesses rebelles et des femmes toutes puissantes mais pas toutes-puissantes, comprends-tu la différence ? Tu pourras me rétorquer que cela manque de nuances par moments, que tous les hommes ne sont pas des salauds. C'est vrai, mais cela n'a pas gêné mon plaisir de lecture. Une histoire bien charpentée où complots, aventure et moments plus intimes se succèdent naturellement. Comme je te l'ai dit plus haut, c'est un récit féministe qui parle aussi de la vie et donc de sa finalité, la mort. Entre les deux, il faut vivre, apprendre, souffrir et grandir pour pouvoir aimer, mais la vie est aussi faite de choix, et ceux-ci peuvent être douloureux. Question dessin ? Tu auras droit à trois dessinateurs, un par chapitre, Phil Jimenez pour le premier (superbe), Gene Ha pour le second (j'aime moins) et Nicola Scott pour le troisième (très beau), le tout en gardant une harmonie graphique et une atmosphère épique, ce qui permet une immersion dans cette Grèce antique. Tu pourras aussi apprécier le guide des tribus Amazones de Phil Jimenez en fin d'album. Bref, comme tu l'auras compris, j'ai beaucoup aimé. Coup de cœur. Will Eisner Award 2022 pour le meilleur one shot (chapitre 1).

22/08/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Les Esclaves oubliés de Tromelin
Les Esclaves oubliés de Tromelin

J'avais envie de lire cette BD depuis un moment, mais j'ai entendu récemment une chronique sur France Inter qui en parlait et refaisait l'ensemble de l'historique (peut-être liée à ce qui a conduit à faire cette BD). En tombant dessus à la bibliothèque, je me suis empressé de l'emprunter et de le lire. Ce genre de documentaire me plait beaucoup et je suis convaincu que le format bande-dessinée est parfait pour transmettre ce genre de choses. Déjà parce qu'elle permet de lier, comme ici, la fiction et la réalité. En représentant ce qu'a pu être (de ce qu'on en sait) le quotidien de ces naufragés pendant quinze ans, nous plongeons plus efficacement dans le récit, pouvant alors imaginer et ressentir ce que fut cet exil sur un bout de plage en plein océan. D'autre part, le reportage sur l'île à l'heure actuelle, entre station météo et opération d'archéologie destinée à retrouver les traces de l'occupation au XVIIIè siècle nous permet de comprendre le processus de recherche en Histoire et en Archéologie. Il apporte un plus, en présentant comment les informations de la partie fiction sont retrouvées, mais aussi les impressions que l'on peut ressentir sur place et imaginer le ressenti de personnes coincées aussi sur cette île, trois cent ans auparavant. Le récit alterne de façon très efficace les deux trames narratives, le dessin laisse la place autant aux paysages (pas variés mais exotiques, pour le moins) et les personnages de l'expédition, rappelant que le centre de cette histoire c'est l'humain. L'humain qui fait le pire à ses pairs, mais aussi capable de résister avec une grande obstination à tout ce qui peut lui arriver dessus. Le destin de ces esclaves est révoltant, bien sûr, et de voir qu'il servit plus tard aux abolitionnistes n'est pas étonnant. Pour ma part, je recommande à toute personne qui s'intéresse à l'histoire de l'esclavage, évidemment, au récit de naufragés, bien sûr, et à tous ceux qui s'intéressent à l'humanisme et l'abolition. Car il faut comprendre ce qui a été pour comprendre ce qui est.

22/08/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Jamais je n'aurai 20 ans
Jamais je n'aurai 20 ans

Je connais peu l'histoire de la guerre d'Espagne, et je sais juste à quel point ce fut une guerre sanglante et rapidement éclipsée par la Seconde Guerre Mondiale. Le conflit entre républicains et fascistes, le coup d'état qui amène Franco au pouvoir, Malraux, Camus ou Hemingway qui en parlèrent si bien, par exemple. Ce récit est donc un bon moyen d'intégrer ce que fut ce conflit du point de vue des espagnols eux-mêmes, à la fois avant, durant et après la guerre. Je ne connaissais que des témoignages extérieurs mais je m'étais souvent demandé comment les espagnols avaient vécus cette période, eux qui oscillaient entre Franco chez eux et Salazar de l'autre côté de la frontière avec le Portugal. J'ai d'ailleurs dans l'idée de lire les BD de Carlos Giménez pour m'informer dessus. La lecture est plaisante, l'auteur détaillant la vie de sa grand-mère dans une Espagne qui voit arriver le front populaire (ce que je ne savais pas) puis le coup d'état et la guerre. Le récit n'est pas une exposition longue des violences fascistes, heureusement, mais se concentre sur la vie durant la guerre et la suite de l'histoire de ces deux protagonistes. L'intérêt est donc de présenter l'ensemble de la période franquiste et de toute la paranoïa qui gravite autour de ceux qui eurent le malheur d'être dans le mauvais camp. Associé à un dessin qui retrace très bien les espaces et les tensions, on se sent à la fois dans l'Espagne de cette époque mais aussi dans les combats ou dans les nuits passées à angoisser en attendant la milice. J'ai bien aimé la façon dont leur vie se déploie jusqu'à cette fin qui dévoile quelque chose que je n'avais pas pensé ni envisagé. D'avoir un twist final met un point d'orgue à cette histoire, et je suis ravi de finir là-dessus. C'est une histoire réelle qui permets de se rendre compte de ce que fut réellement cette période où mourir pouvait être si simple. Je recommande la lecture de la BD, elle est instructive et plaisante à lire. Il n'y a pas grand chose d'autre à dire, c'est une BD documentaire et biographique qui vaut le coup.

22/08/2023 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ils brûlent
Ils brûlent

Alors je fais exactement le même constat que mes trois collègues précédents : c'est une très très bonne BD. Le dessin qui, survolé, laisse une impression de gribouillis indéchiffrables, est en réalité très fin, plein de détails, et les gestes, attitudes, expressions ne laissent aucune place à l'équivoque. Les traits sont vivants, ça vibre et ça suinte. C'est en outre narrativement très clair. Bref ! C'est remarquable en tous points. Et d'abord parce que Aniss El Hamouri casse bien les codes en matière de narration. C'est osé, sans concession. Bravo ! Ce qui me retient un brin, c'est la longueur du démarrage. Il faut en effet parvenir à la moitié du récit, ou en tous cas au premier tiers, pour voir l'histoire décoller. Jusque là, c'est assez verbeux et démonstratif, et un peu apitoyé. Mais une fois l'élan pris dans la pente, on ne lâche plus jusqu'à la fin. Il y a une réelle densité spirituelle et philosophique, et quand on sait qu'il reste encore au moins deux tomes à paraître, ça laisse présager bien des aventures, des circonvolutions et des rebondissements. C'est une belle perspective. Mais surtout, une grande BD.

22/08/2023 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Longue Marche des Dindes
La Longue Marche des Dindes

Le jury d’Angoulême ne s’y est pas trompé, voici une très bonne BD jeunesse ! Adaptée du roman éponyme de Kathleen Karr, Léonie Bischoff nous propose un album qui allie à merveille aventure, fraîcheur sans tomber dans la mièvrerie. Simon Green, un jeune garçon de 15 ans vit dans le Missouri en 1860. Après avoir quadruplé son CE1, son institutrice lui donne son diplôme d’office afin qu’il prenne son envol. Un peu dépité, il lui vient l’idée pour gagner sa vie de conduire 1000 dindes jusqu’à Denver, là où ces dernières vingt fois leur prix ! Commence alors une aventure trépidante marquée par des rencontres pas toujours très heureuses, mais qui forgera aussi de solides amitiés au fil de ce voyage. Voilà un album qui revisite le far west de façon originale en nous trainant dans le sillon d’un jeune garçon attachant et plein de ressources. Le graphisme de Léonie Bischoff tout en rondeur et en douceur dans sa colorisation donnent à l’ensemble une tenue remarquable ; on se laisse très rapidement embarquer sans retenue dans ce périple haut en rebondissements !

22/08/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série New York cannibals
New York cannibals

Je suis toujours surpris par Boucq, qui parvient à me donner envie de lire ses BD alors que je suis assez peu satisfait de leurs déroulés et surtout leurs conclusions. Ce fut le cas avec Little Tulip, Bouche du diable ou ses séries humoristiques qui m'ont souvent laissés assez mitigé. L'incursion du fantastique me semble souvent mal dosé, tandis que les récits se concluent trop vite à mon goût, avec des facilités que je n'aime pas. Et dans "New York cannibals", je retrouve un peu tout ça … mais en mieux. Je ne sais pas trop pourquoi, mais je trouve que pour une fois, là, ça marche. Le récit prend plus le temps et se permets toujours des facilités scénaristiques qui font grossières quand on y repense, mais ça marche. Je me suis laissé porter par le récit, par les personnages assez touchants. C'est classique dans le déroulé, sans grande surprises lorsqu'on connait les récits que Boucq a fait dans le New-York des années 80/90, mais le fantastique arrive par petites touches qui ne m'ont jamais paru forcées. Les protagonistes sont attachants par leur façon d'être, Azami est une montagne de muscle au grand cœur, Paul est le vieux tatouer qui sait toujours s'y faire question bagarre, l'albatros qui joue son rôle de second efficace et un peu Deus Ex Machina … C'est convenu dans les personnages, mais allez savoir pourquoi, je trouve que ça fonctionne. Que le récit est cohérent, alors même que je vois les grosses ficelles du scénario. Peut-être est-ce par une utilisation plus parcimonieuse de ces ficelles, ou par des gueules qui marquent et en même temps font un peu "trop". Je ne sais pas trop pourquoi, mais je suis plus satisfait de cette lecture que les autres du duo d'auteurs. Maintenant, je ne dirais pas que c'est la BD du siècle, mais elle est plaisante à lire et m'a entrainé dans son univers. Il y a des facilités, des personnages convenus, mais ça fonctionne. C'est comme un bon block-buster, on se pose et on apprécie, sans trop se poser de questions. En tout cas, je me suis laissé porter allègrement et j'en ressors satisfait. Oui, parfois ça marche sans que je ne comprenne pourquoi. Tant mieux !

21/08/2023 (modifier)
Par kanibal
Note: 4/5
Couverture de la série Welcome to Springville
Welcome to Springville

Voilà un album où j'ai longuement hésité à franchir le pas, le côté histoires courtes ne m'emballe pas trop (sauf Le Go Est Young Man et Indians ! Même si ce dernier m'a moins emballé) bref... Ici la lecture fut une très bonne surprise avec son lot de personnages plus ou mois attachants. Certains protagonistes refont leur apparition d'une histoire à l'autre et d'autres sont évoqués, bien sûr toutes les histoires n'ont pas la même intensité, mais ces 7 récits sont de qualité. Un plan de la ville et ses environs aurait été assez judicieux pour se faire une idée où tel ou tel événement s'est produit là ou ailleurs ,,, Concernant la partie graphique j'ai bien aimé le trait du dessinateur, surtout en fin d'album il y a une bonne vingtaine d'illustrations parfois avec des doubles planches. Welcome To Springville est un bel ouvrage que je prendrai plaisir à relire.

21/08/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Catwoman - Lonely City
Catwoman - Lonely City

Et ben cela faisait bien un moment que je n'avais pas pris autant de plaisir en lisant un comics issu de l'univers de Batman. On est ici dans un univers alternatif où Catwoman sort de prison 10 ans après les tragiques événements qui ont amené à la mort de Batman, du Joker, de Nightwing et du commissaire Gordon et en plus Double Face est maintenant le maire de Gotham ! C'est donc une Catwoman plus vieille et dans un univers qu'elle ne reconnait plus que le récit met en vedette et bien sûr elle voudra faire un dernier grand coup, surtout que Batman lui a dit un mot mystérieux avant de mourir... Le récit est vraiment captivant du début jusqu'à la fin. J'ai bien aimé comment l'auteur utilisait les personnages de Batman. Comme ce n'est pas canon, il peut se permettre de faire ce qu'il veut avec les personnages et j'ai trouvé que les rôles qu'ils jouaient étaient bien vus, sauf pour Double Face que je trouve trop méchant, même si dans le dernier quart le côté tragique du personnage resurvit un peu. Le scénario est un bon mélange d'aventure, de drame et d'humour. C'est le genre de chose que je recherche dans un Batman et de ce côté là j'ai été gâté. Le récit est imprévisible et intelligent. Un bon hommage au personnage de Catwoman. Le dessin a de la classe.

20/08/2023 (modifier)
Couverture de la série Glenn Gould - Une vie à contretemps
Glenn Gould - Une vie à contretemps

C'est avec grand intérêt que j'ai découvert cette biographie de Glenn Gould. J'avais offert le coffret des oeuvres de Glenn Gould à mon premier fils mais je ne connaissais pas particulièrement sa vie. La biographie de Sandrine Revel m'a permis de comprendre pourquoi les profs de mon fils considéraient Gould comme un génie. Sandrine Revel utilise un procédé scénaristique efficace en travaillant par flash-backs à partir de l'hospitalisation de Gould. Elle réussit à bien doser les deux époques présent/passé pour ne pas rendre la lecture pesante et embrouillée. Cela rend le récit très émotionnel sur un personnage à la fois fascinant et poil à gratter. Revel n'élude pas le côté "difficile" de Gould mais c'est aussi pour mettre en avant sa créativité et sa profonde réflexion pour tirer le meilleur de son génie. Revel revient sur plusieurs éléments qui ont modelé Gould : sa relation avec sa mère, les progrès techniques dans le son radiophonique et du disque, la liberté d'expression artistique qu'il a pu exprimer pleinement et la capacité de ses auditeurs à percevoir son génie. C'est très bien mis en place dans le déroulé de l'autrice ce qui donne du sens à sa biographie. Le graphisme se focalise sur les expressions comportementales de Gould à différents âges. Il y a un côté documentaire appuyé et la part importante du Gould enfant tout mignon, le rend très empathique même si Revel semble vouloir garder une distance par son approche petit écran. La mise en couleur assez grise renvoie à l'atmosphère télévisuelle de ces années 60 seules quelques teintes de rouges annoncent à la fois l'apparition d'un univers médiatique plus coloré mais aussi les difficultés de santé de l'artiste. Une très bonne lecture pour qui s'intéresse au monde des grands musiciens.

20/08/2023 (modifier)
Couverture de la série Picsou - Le Dragon de Glasgow
Picsou - Le Dragon de Glasgow

Cet opus de la collection fait un détour chez oncle Picsou. Je suis même surpris que cela ne fut pas fait plus tôt. C'est l'excellent Joris Chamblain qui nous propose un scénario assez classique de jeunesse que j'ai trouvé très bien travaillé et émouvant. L'aventure que vit Picsou junior est psychologiquement en adéquation avec la personnalité que l'on connait d'oncle Picsou sur le plan sentimental et sur le plan de l'avarice. On sent que Chamblain n'a pas proposé ce déroulé au hasard mais a bien étudié le profil psychologique de Picsou pour lui fournir un passé très cohérent et crédible. De plus cette histoire de dragons, car il y en a deux dans l'histoire, apporte une belle profondeur universelle au récit. Dans notre culture le dragon est plutôt vu comme malfaisant mais en Chine c'est un être protecteur et bienfaisant. Chamblain propose cette double réflexion pour son jeune lectorat sur la vision que l'on peut porter sur le même personnage. Le scénario est très fluide, ouvert aux lecteurs/rices d'un large éventail d'âges avec un conclusion très émouvante. C'est vraiment dans l'esprit des très bonnes réalisations de cet artiste pour un public assez jeune. J'ai beaucoup aimé le graphisme de Petrossi qui respecte à la lettre les codes du classicisme de Picsou et de ses neveux. Grand lecteur de Picsou dans ma jeunesse, la lecture de cet album m'a renvoyé avec bonheur plusieurs décennies en arrière. L'atmosphère industrielle de Glasgow est rendue sans misérabilisme excessif mais avec un côté optimiste qui sied à l'esprit du récit. Les détails des extérieurs et des arrières plans sont très finement travaillés et variés. Cette variation des décors nous fait voyager dans différents univers au sein même de la ville de Glasgow. J'ai un faible pour ce type de mise en couleur qui m'a rendu la lecture franchement agréable. Une lecture divertissante, agréable et bien en accord avec le personnage de Picsou.

20/08/2023 (modifier)