J'ai déjà lu et adoré Le Culte de Mars de la même auteure, je me suis donc pris son précédent ouvrage, qui sentait bon le conte mystique. Et parce que ça parle d'ours, un animal que j'adore. L'ensemble est vraiment vite lu, et je dois bien dire que j'ai été charmé par son ton tout autant que par son déroulé.
Le récit est un mélange de croyances animistes amérindiennes, avec ces animaux totems qui sont également pourvoyeurs de malédiction, de réflexion sur l'écologie et la place des femmes, et un récit de vengeance. Et je dois dire que j'ai trouvé les différentes parties franchement bien organisées. Chaque petite touche est apportée successivement, sans que chacune ne semble forcée ou sans lien avec le reste. Je dirais juste que l'histoire est parfois un poil trop rapide, avec de belles pages qui laissent une véritable place au paysage et au temps du déroulé. Les pages s'enchainent un poil trop vite, j'aurais aimé rester un peu plus longtemps dedans, mais c'est un détail que je passe rapidement.
Pour le reste, j'ai aimé le déroulé, même s'il est assez évident une fois lancé. L'histoire entre le Roi ours et Xipil m'a touchée, alors même qu'elle n'est qu'esquissé rapidement. Mais l'auteure à sut me la faire ressentir et j'y crois. D'autant que la suite continue à développer le personnage de Xipil d'une certaine façon et je l'ai trouvée totalement cohérente, avec un message plus subtil et moins binaire qu'il y paraitrait. D'autant pour un conte ! On est loin de Disney et de ses personnages manichéen.
Je suis très content de cette lecture et je vais me procurer l'album pour l'ajouter à ma bibliothèque. C'est une très belle histoire, bien menée et aux idées qui me plaisent, avec une conclusion qui m'a paru parfaitement adapté à ce qu'elle raconte. Recommandé !
Il y a des BD qui me plaisent parce qu'elles sont biens, que j'aime leur style, leur dessin, leur scénario. Il y a des BD que j'aime parce qu'elles me touchent, qu'elles m'émeuvent. Et puis il y a des BD qui me plaisent parce qu'à peine fini la lecture, j'ai envie de l'offrir à tout le monde. "Il fallait que je vous le dise" fait partie de cette dernière catégorie, très fermée.
J'ai lu la BD dans le train, entrainé sans m'en rendre compte et finissant ému aux larmes par ce qui ressort de ce genre d'ouvrage. Je ne suis pas une femme, je n'ai jamais connu ni l'enfantement ni l'avortement, et je ne peux que compatir sans jamais ressentir ce genre de choses. Ces dilemmes, ces choix, ces attentes et ces conséquences. Avorter n'est jamais anodin, quoi qu'en disent ceux qui sont contre, et personne ne le fait comme on va faire une visite de routine chez le médecin. C'est un choix difficile, un moment dur et parfois violent. Cette BD nous le rappelle.
Divisée en deux témoignages, d'abord une femme parlant de son avortement, puis un médecin qui parle de comment il en est arrivé à le faire, la BD nous présente deux facettes tout aussi intéressantes du choix d'enfanter ou non. Et je suis toujours ému et sidéré par ce genre de BD. Comment peut-on encore avoir aujourd'hui des débats autour de la façon dont les femmes veulent gérer leurs corps ? Comment a-t-on pu laisser si longtemps l'avortement clandestin, les infections, les morts, les violences obstétricales, les naissances nombreuses non-voulues ... C'est ignoble et je me sens toujours mal pour toutes ces femmes qui n'ont pas eu le choix, qui ont du faire sans.
Ce genre de BD est salutaire, à l'heure où le pays le plus riche du monde annule la protection juridique de l'avortement. Il faut rappeler ce que ce fut, historiquement, et ce que c'est, humainement. Je suis convaincu qu'il faut diffuser ce message le plus possible, montrer l'humain derrière les mots. Et rien que pour ça, c'est une BD que je recommande.
Une pépite.
Avant l'arrivée de Frank Miller, je n'avais apprécié que le travail de Gene Colan sur Daredevil, je dois aussi mentionner que juste avant la reprise de Miller au dessin, le passage de Bob Brown avait été catastrophique, la série était en perte de vitesse.
Frank Miller va dépoussiérer et donner un coup de jeune à Daredevil visuellement.
Ne pas oublier qu'à l'époque, il est un jeune artiste inconnu, nous sommes en 1979.
Les cadences pour sortir un numéro par mois ne permettent pas à Miller d'encrer ses crayonnés, c'est Klaus Janson qui va s'y coller et cette collaboration va atteindre des sommets. Elle ne sera jamais égalée (sauf peut-être par David Mack).
J'aime la façon dont Miller rend la lecture dynamique avec sa mise en page tout en horizontalité et verticalité accompagnée de superbes prises de vue, elle restera sa marque de fabrique. Il va aussi marquer la série de son empreinte avec l'omniprésence du noir, un noir contrasté qui va magnifier les séquences nocturnes.
Magnifique.
Au scénario Roger McKenzie s'en tire plutôt bien, rien de révolutionnaire, ç'est agréable à lire. Des histoires qui permettent de croiser la Veuve Noire, Hulk, Docteur Octopus, le Galatiateur et un certain ... Bullseye.
Il faut aussi créditer Miller au scénario pour les numéros 165 et 166. Une mise en bouche avant qu'il ne prenne seul les commandes de la série (#168) et d'en faire un incontournable dans le monde des super-héros.
Le dernier chapitre de ce comics (#167) est scénarisé par David Michelinie, un récit qui met en scène le Mauler, mon histoire préférée sur cet album.
Un indispensable pour qui aime Daredevil.
L'auteur dresse un bilan très noir de la situation de l'Afghanistan peu de temps après le début de l'intervention américaine (consécutive aux attentats du 11 Septembre 2001). Sa brève incursion dans ce pays en guerre lui donne l'occasion de préciser la chienlit dans laquelle il a sombré.
Le récit est court mais très intéressant. Factuellement bien sûr, mais aussi grâce au ton adopté. En effet, Ted Rall n'a pas sa langue dans sa poche, et, dans un univers où le cynisme prospère, sa vision lucide de la situation est assez rafraichissante.
Mettant presque dos à dos l'Alliance du Nord (de l'ex-commandant Massoud) et les Talibans, Rall va à contre-courant de la vision manichéenne: il n'y a pas ici de super gentils (Alliance du nord) et de super méchants (Talibans) sous prétexte que certains seraient nos "alliés" ou au moins les ennemis de nos ennemis. Surtout, on voit bien le désordre, pour ne pas dire l'anarchie complète où le banditisme ordinaire fait son beurre sur le dos de tous les occidentaux qui viennent en Afghanistan (les négociations pour obtenir des traducteurs, des objets du quotidien ou pour être véhiculé sont instructives à ce propos).
La narration est fluide, agréable, simple. A compléter avec les témoignages de Guibert ou Wild, mais la lecture de cet album est intéressante.
Le dessin est simple, pas vraiment le point fort, mais il est lisible (un peu de Delisle dans ce trait, en moins abouti).
La partie proprement BD occupe la moitié de la pagination. L'autre moitié, se tenant tête-bêche par rapport à la BD, est constituée de texte (quelques photos et dessins l'accompagnent), est un très bon documentaire.
Note réelle 3,5/5.
Je découvre cette série avec la parution du tome 2, et je suis plutôt de l’avis de Noirdésir, dans le sens où je considère que ces albums s’adressent plutôt à un public jeunesse. En les lisant en tant que tel, on pardonne ou ignore les facilités scénaristiques et le ton naïf des événements (notables surtout dans le tome 1), et on découvre des jolis contes sociaux aux thématiques intéressantes : le rôle de la technologie dans nos vie, l’amour et l’amitié, et dans le tome 2, le problème épineux de la création par IA. Les intrigues sont prenantes et rondement menées et les révélations bien amenées.
La mise en image est superbe et transcende l’univers steampunk qui propose une version uchronique et robotisée de l’Amérique ségrégationniste. Le dessin de Munuera est précis et dynamique, et les couleurs de Sedyas complètent parfaitement le tableau.
Mon appréciation personnelle en tant qu’adulte serait 3/5, mais je note pour un public plus jeune.
Un petit régal.
L’histoire de cet écrivain avec l’angoisse de la page blanche, dans l’Angleterre de la toute fin du XIXeme siècle est une vraie réussite.
Je n’ai jamais rien lu du scénariste comme du dessinateur et j’ai apprécié le travail des deux.
Cette rencontre avec le fantôme, et toute l’histoire qui va en découler m’a retenu et fait lire les 2 albums sans interruption alors qu’il était déjà bien tard. J’y ai vu clairement les codes de la tragédie. Et j’ai aimé ça, car cela m’a semblé vraiment réussi.
Dans le premier tome, l’ambiance dans le vieux manoir isolé, dans le second tome l’ambiance des salons londoniens, tout y est parfaitement retranscrit (enfin dans l’image que je m’en fais bien sûr), et je m’y suis attardé avec plaisir, contemplant les planches et doubles planches de toute beauté si l’on tombe sous le charme du trait de Richerand.
Je n’ai ressenti aucun temps mort, j’ai trouvé le tout très bien construit.
Je conseille vraiment cette lecture.
Haaa, Lincoln…
Il y a 15 ans un ami, amateur éclairé de BDs m’a conseillé de la lire. J’avais un petit budget et était obligé de faire l’impasse sur cette série, à ce moment là les graphismes ne m’emballaient pas plus que ça, je voyais la série comme un petit western humoristique, et je préférais consacrer mes achats à des séries plus attirantes pour moi sur le moment.
Et bien 15 ans plus tard, c’est chose réparée, j’ai profité de la sortie des 3 intégrales pour lire la série.
Et grand bien m’en a pris.
On suit les aventures de Lincoln, alcoolique, et accompagné contre son gré par Dieu et le Diable, Dieu lui ayant donné la chance, ou la malchance, d’être immortel, et donnant des scènes parfois bien amusantes et cocasses (attention ne vous attendez pas à rire aux éclats non plus).
Au tout début du 20eme siècle donc, on le voit à travers les grands moments de l’histoire, western, police de New York, rébellion mexicaine, première guerre mondiale, prohibition, mouvements anarchistes… une histoire par album reprenant un moment clé et/ou caricatural, cliché des évènements du début du XXeme.
Les scénarios sont très bien écrits, on y rit, sourit tout du moins, on y réfléchit, on se prend d’affection pour son nihilisme teinté d’alcoolisme.
Les dessins collent parfaitement avec les scénarios, simples, mais efficaces et très expressifs. C’est sûr ne vous attendez pas à rester en admiration devant les planches, mais il fait son travail.
Et grande qualité, elle se finit au tome 9, ce qui est appréciable ; plus, je pense que la série aurait tourné en rond et aurait perdu en saveur. Les auteurs ont su mettre fin au bon moment. On n’est pas frustré de ne pas en avoir plus, et on n’est pas déçu d’en avoir eu plus.
J’ai juste passé un très bon moment de lecture, exactement comme je l’espérais.
Deux auteurs que je ne connaissais pas, et quelle belle découverte. Je vais me pencher sur ce qu’ils ont fait d’autre.
Les aventures de ces jeunes bergères guerrières, et de ces femmes vivant dans un monde légèrement fantastique, mystérieux, où les hommes sont partis à la guerre, et où les bergères partent en voyage, à l’aventure, m’a vraiment happé.
Une série pour enfant qui ravira les plus grands sans difficulté.
Je ne vais pas refaire un pavé d’éloges ici, les critiques précédentes et en particulier celle de Bamiléké montrent parfaitement tout le bien que je pense de cette série.
Scénario, dessins, la BD parfaite pour les enfants comme pour les adultes si ils le veulent, vous ne serez pas déçus.
Allez, un petit OVNI chez 6 pieds sous terre à l'approche de la rentrée. "Les Boules" parle bien de ce qu'on pense, un film de boules. Un nanar absolu, basé sur un scénario foutraque, tourné par des amateurs, une équipe réduite et des moyens techniques proches du néant.
On se marre en voyant cette bande de bras cassés essayer de tourner des scènes sans queue ni tête... enfin, si, pardon, il y a des queues, qui se retrouvent d'ailleurs sur la tête de personnages totalement inattendus. Ce qui vaut d'ailleurs un passage totalement foutraque, l'un des plus drôles que j'aie pu lire. Il y a un peu de Fabcaro chez Antoine Bréda, un peu seulement. En effet plutôt que de jouer constamment sur la corde de l'absurde, il remet un peu le projet de tournage d'Adrix sur le droit chemin (ou pas) avec le personnage d'Elise, la compagne de Fred. Elle est un peu la seule personne à peu près saine d'esprit au milieu de ce joyeux bordel. Elle est l'élément qui permet donc un contrepoint bienvenu, même si l'histoire qui a mené à ce tournage est plutôt émouvante, racontée de façon très simple.
Antoine Bréda n'a pas le niveau de dessin de Moebius, loin de là, mais cela n'a aucune importance. Il parvient à faire passer de nombreuses émotions sur les attitudes, les silences dans les cases, et c'est un véritable talent. C'est donc un one-shot fort sympathique, à la fois savoureux et émouvant qu'il nous propose. Une belle réussite !
Bah alors ça !! Je ne m’attendais pas à autant accrocher, dans le genre ras des pâquerettes j’ai pris mon pied, un petit plaisir coupable.
Witches’ war s’avère un mélange d’Highlander, de Valkyries Apocalypse et de tableau final de coupe du monde. Je vous renvoie à la présentation pour un pitch plus détaillé, mais en gros 32 sorcières vont s’affronter dans des duels à mort. Bref du bourrin pour des bastons parfois hautement improbables.
Un intérêt très limité donc, mais pour qui aime le genre, j’ai trouvé ce manga très réussi. En tout cas le côté addiction fonctionne à merveille, après avoir enquillé les 3 tomes parus, je n’ai pu m’empêcher de découvrir la suite sur le net.
Et alors que je m’attendais à une certaine redondance dans les situations, la suite s’est avérée meilleure que prévue, des combats différents et plus intéressants mais surtout un début de fil rouge pour l’intrigue : motivations pour l’organisatrice du tournoi et un groupe de sorcières dissidentes … pas fou mais suffisamment de mystères apparaissent pour titiller.
Un background basique mais, à mes yeux, relevé par de nombreux points positifs. Le dessin tout d’abord, formaté comics (euh manga pardon) mais bien à mon goût, détaillé et lisible (par contre j’ai trouvé les quelques pages couleurs hideuses). Ensuite le choix de nos combattantes assez originales et charismatiques, ça va de Marie Curie à Elisabeth Bartholdy, en passant par Mona Lisa, Mata Hari … et de nombreuses autres figures de la culture asiatique. Petite cerise sur le gâteau et sans chauvinisme, notre Jeanne d’Arc national s’avère être l’héroïne du récit (enfin disons qu’on sent qu’elle ira loin). Chaque personnage développera une magie en lien avec une cupidité qui lui sera propre (amour, puissance, mensonge …), les combats montent gentiment en puissance et sont bien menés, leur issue se révèle généralement bien incertaine. Enfin le traitement de certaine protagoniste m’a vraiment bien plu : Marie-Antoinette et Himiko en tête.
Du coup je m’emballe un peu, mais alors que je m’attendais à une belle daube, la surprise ne fut que plus agréable.
Inutile de s’attarder dessus si vous êtes allergique au combat, pour les autres je ne déconseille pas.
À voir ce que ça va donner sur la longueur, je n’ai découvert que les 5ers combats du 1er tour alors qu’il devrait en comporter 16 (attention la série à rallonge !!) mais en l’état un 3,5 pour ce divertissement vide cerveau.
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Roi Ours
J'ai déjà lu et adoré Le Culte de Mars de la même auteure, je me suis donc pris son précédent ouvrage, qui sentait bon le conte mystique. Et parce que ça parle d'ours, un animal que j'adore. L'ensemble est vraiment vite lu, et je dois bien dire que j'ai été charmé par son ton tout autant que par son déroulé. Le récit est un mélange de croyances animistes amérindiennes, avec ces animaux totems qui sont également pourvoyeurs de malédiction, de réflexion sur l'écologie et la place des femmes, et un récit de vengeance. Et je dois dire que j'ai trouvé les différentes parties franchement bien organisées. Chaque petite touche est apportée successivement, sans que chacune ne semble forcée ou sans lien avec le reste. Je dirais juste que l'histoire est parfois un poil trop rapide, avec de belles pages qui laissent une véritable place au paysage et au temps du déroulé. Les pages s'enchainent un poil trop vite, j'aurais aimé rester un peu plus longtemps dedans, mais c'est un détail que je passe rapidement. Pour le reste, j'ai aimé le déroulé, même s'il est assez évident une fois lancé. L'histoire entre le Roi ours et Xipil m'a touchée, alors même qu'elle n'est qu'esquissé rapidement. Mais l'auteure à sut me la faire ressentir et j'y crois. D'autant que la suite continue à développer le personnage de Xipil d'une certaine façon et je l'ai trouvée totalement cohérente, avec un message plus subtil et moins binaire qu'il y paraitrait. D'autant pour un conte ! On est loin de Disney et de ses personnages manichéen. Je suis très content de cette lecture et je vais me procurer l'album pour l'ajouter à ma bibliothèque. C'est une très belle histoire, bien menée et aux idées qui me plaisent, avec une conclusion qui m'a paru parfaitement adapté à ce qu'elle raconte. Recommandé !
Il fallait que je vous le dise
Il y a des BD qui me plaisent parce qu'elles sont biens, que j'aime leur style, leur dessin, leur scénario. Il y a des BD que j'aime parce qu'elles me touchent, qu'elles m'émeuvent. Et puis il y a des BD qui me plaisent parce qu'à peine fini la lecture, j'ai envie de l'offrir à tout le monde. "Il fallait que je vous le dise" fait partie de cette dernière catégorie, très fermée. J'ai lu la BD dans le train, entrainé sans m'en rendre compte et finissant ému aux larmes par ce qui ressort de ce genre d'ouvrage. Je ne suis pas une femme, je n'ai jamais connu ni l'enfantement ni l'avortement, et je ne peux que compatir sans jamais ressentir ce genre de choses. Ces dilemmes, ces choix, ces attentes et ces conséquences. Avorter n'est jamais anodin, quoi qu'en disent ceux qui sont contre, et personne ne le fait comme on va faire une visite de routine chez le médecin. C'est un choix difficile, un moment dur et parfois violent. Cette BD nous le rappelle. Divisée en deux témoignages, d'abord une femme parlant de son avortement, puis un médecin qui parle de comment il en est arrivé à le faire, la BD nous présente deux facettes tout aussi intéressantes du choix d'enfanter ou non. Et je suis toujours ému et sidéré par ce genre de BD. Comment peut-on encore avoir aujourd'hui des débats autour de la façon dont les femmes veulent gérer leurs corps ? Comment a-t-on pu laisser si longtemps l'avortement clandestin, les infections, les morts, les violences obstétricales, les naissances nombreuses non-voulues ... C'est ignoble et je me sens toujours mal pour toutes ces femmes qui n'ont pas eu le choix, qui ont du faire sans. Ce genre de BD est salutaire, à l'heure où le pays le plus riche du monde annule la protection juridique de l'avortement. Il faut rappeler ce que ce fut, historiquement, et ce que c'est, humainement. Je suis convaincu qu'il faut diffuser ce message le plus possible, montrer l'humain derrière les mots. Et rien que pour ça, c'est une BD que je recommande.
Daredevil par McKenzie et Miller
Une pépite. Avant l'arrivée de Frank Miller, je n'avais apprécié que le travail de Gene Colan sur Daredevil, je dois aussi mentionner que juste avant la reprise de Miller au dessin, le passage de Bob Brown avait été catastrophique, la série était en perte de vitesse. Frank Miller va dépoussiérer et donner un coup de jeune à Daredevil visuellement. Ne pas oublier qu'à l'époque, il est un jeune artiste inconnu, nous sommes en 1979. Les cadences pour sortir un numéro par mois ne permettent pas à Miller d'encrer ses crayonnés, c'est Klaus Janson qui va s'y coller et cette collaboration va atteindre des sommets. Elle ne sera jamais égalée (sauf peut-être par David Mack). J'aime la façon dont Miller rend la lecture dynamique avec sa mise en page tout en horizontalité et verticalité accompagnée de superbes prises de vue, elle restera sa marque de fabrique. Il va aussi marquer la série de son empreinte avec l'omniprésence du noir, un noir contrasté qui va magnifier les séquences nocturnes. Magnifique. Au scénario Roger McKenzie s'en tire plutôt bien, rien de révolutionnaire, ç'est agréable à lire. Des histoires qui permettent de croiser la Veuve Noire, Hulk, Docteur Octopus, le Galatiateur et un certain ... Bullseye. Il faut aussi créditer Miller au scénario pour les numéros 165 et 166. Une mise en bouche avant qu'il ne prenne seul les commandes de la série (#168) et d'en faire un incontournable dans le monde des super-héros. Le dernier chapitre de ce comics (#167) est scénarisé par David Michelinie, un récit qui met en scène le Mauler, mon histoire préférée sur cet album. Un indispensable pour qui aime Daredevil.
Passage Afghan
L'auteur dresse un bilan très noir de la situation de l'Afghanistan peu de temps après le début de l'intervention américaine (consécutive aux attentats du 11 Septembre 2001). Sa brève incursion dans ce pays en guerre lui donne l'occasion de préciser la chienlit dans laquelle il a sombré. Le récit est court mais très intéressant. Factuellement bien sûr, mais aussi grâce au ton adopté. En effet, Ted Rall n'a pas sa langue dans sa poche, et, dans un univers où le cynisme prospère, sa vision lucide de la situation est assez rafraichissante. Mettant presque dos à dos l'Alliance du Nord (de l'ex-commandant Massoud) et les Talibans, Rall va à contre-courant de la vision manichéenne: il n'y a pas ici de super gentils (Alliance du nord) et de super méchants (Talibans) sous prétexte que certains seraient nos "alliés" ou au moins les ennemis de nos ennemis. Surtout, on voit bien le désordre, pour ne pas dire l'anarchie complète où le banditisme ordinaire fait son beurre sur le dos de tous les occidentaux qui viennent en Afghanistan (les négociations pour obtenir des traducteurs, des objets du quotidien ou pour être véhiculé sont instructives à ce propos). La narration est fluide, agréable, simple. A compléter avec les témoignages de Guibert ou Wild, mais la lecture de cet album est intéressante. Le dessin est simple, pas vraiment le point fort, mais il est lisible (un peu de Delisle dans ce trait, en moins abouti). La partie proprement BD occupe la moitié de la pagination. L'autre moitié, se tenant tête-bêche par rapport à la BD, est constituée de texte (quelques photos et dessins l'accompagnent), est un très bon documentaire. Note réelle 3,5/5.
Les Cœurs de ferraille
Je découvre cette série avec la parution du tome 2, et je suis plutôt de l’avis de Noirdésir, dans le sens où je considère que ces albums s’adressent plutôt à un public jeunesse. En les lisant en tant que tel, on pardonne ou ignore les facilités scénaristiques et le ton naïf des événements (notables surtout dans le tome 1), et on découvre des jolis contes sociaux aux thématiques intéressantes : le rôle de la technologie dans nos vie, l’amour et l’amitié, et dans le tome 2, le problème épineux de la création par IA. Les intrigues sont prenantes et rondement menées et les révélations bien amenées. La mise en image est superbe et transcende l’univers steampunk qui propose une version uchronique et robotisée de l’Amérique ségrégationniste. Le dessin de Munuera est précis et dynamique, et les couleurs de Sedyas complètent parfaitement le tableau. Mon appréciation personnelle en tant qu’adulte serait 3/5, mais je note pour un public plus jeune.
L'Esprit de Lewis
Un petit régal. L’histoire de cet écrivain avec l’angoisse de la page blanche, dans l’Angleterre de la toute fin du XIXeme siècle est une vraie réussite. Je n’ai jamais rien lu du scénariste comme du dessinateur et j’ai apprécié le travail des deux. Cette rencontre avec le fantôme, et toute l’histoire qui va en découler m’a retenu et fait lire les 2 albums sans interruption alors qu’il était déjà bien tard. J’y ai vu clairement les codes de la tragédie. Et j’ai aimé ça, car cela m’a semblé vraiment réussi. Dans le premier tome, l’ambiance dans le vieux manoir isolé, dans le second tome l’ambiance des salons londoniens, tout y est parfaitement retranscrit (enfin dans l’image que je m’en fais bien sûr), et je m’y suis attardé avec plaisir, contemplant les planches et doubles planches de toute beauté si l’on tombe sous le charme du trait de Richerand. Je n’ai ressenti aucun temps mort, j’ai trouvé le tout très bien construit. Je conseille vraiment cette lecture.
Lincoln
Haaa, Lincoln… Il y a 15 ans un ami, amateur éclairé de BDs m’a conseillé de la lire. J’avais un petit budget et était obligé de faire l’impasse sur cette série, à ce moment là les graphismes ne m’emballaient pas plus que ça, je voyais la série comme un petit western humoristique, et je préférais consacrer mes achats à des séries plus attirantes pour moi sur le moment. Et bien 15 ans plus tard, c’est chose réparée, j’ai profité de la sortie des 3 intégrales pour lire la série. Et grand bien m’en a pris. On suit les aventures de Lincoln, alcoolique, et accompagné contre son gré par Dieu et le Diable, Dieu lui ayant donné la chance, ou la malchance, d’être immortel, et donnant des scènes parfois bien amusantes et cocasses (attention ne vous attendez pas à rire aux éclats non plus). Au tout début du 20eme siècle donc, on le voit à travers les grands moments de l’histoire, western, police de New York, rébellion mexicaine, première guerre mondiale, prohibition, mouvements anarchistes… une histoire par album reprenant un moment clé et/ou caricatural, cliché des évènements du début du XXeme. Les scénarios sont très bien écrits, on y rit, sourit tout du moins, on y réfléchit, on se prend d’affection pour son nihilisme teinté d’alcoolisme. Les dessins collent parfaitement avec les scénarios, simples, mais efficaces et très expressifs. C’est sûr ne vous attendez pas à rester en admiration devant les planches, mais il fait son travail. Et grande qualité, elle se finit au tome 9, ce qui est appréciable ; plus, je pense que la série aurait tourné en rond et aurait perdu en saveur. Les auteurs ont su mettre fin au bon moment. On n’est pas frustré de ne pas en avoir plus, et on n’est pas déçu d’en avoir eu plus. J’ai juste passé un très bon moment de lecture, exactement comme je l’espérais.
Bergères Guerrières
Deux auteurs que je ne connaissais pas, et quelle belle découverte. Je vais me pencher sur ce qu’ils ont fait d’autre. Les aventures de ces jeunes bergères guerrières, et de ces femmes vivant dans un monde légèrement fantastique, mystérieux, où les hommes sont partis à la guerre, et où les bergères partent en voyage, à l’aventure, m’a vraiment happé. Une série pour enfant qui ravira les plus grands sans difficulté. Je ne vais pas refaire un pavé d’éloges ici, les critiques précédentes et en particulier celle de Bamiléké montrent parfaitement tout le bien que je pense de cette série. Scénario, dessins, la BD parfaite pour les enfants comme pour les adultes si ils le veulent, vous ne serez pas déçus.
Les Boules
Allez, un petit OVNI chez 6 pieds sous terre à l'approche de la rentrée. "Les Boules" parle bien de ce qu'on pense, un film de boules. Un nanar absolu, basé sur un scénario foutraque, tourné par des amateurs, une équipe réduite et des moyens techniques proches du néant. On se marre en voyant cette bande de bras cassés essayer de tourner des scènes sans queue ni tête... enfin, si, pardon, il y a des queues, qui se retrouvent d'ailleurs sur la tête de personnages totalement inattendus. Ce qui vaut d'ailleurs un passage totalement foutraque, l'un des plus drôles que j'aie pu lire. Il y a un peu de Fabcaro chez Antoine Bréda, un peu seulement. En effet plutôt que de jouer constamment sur la corde de l'absurde, il remet un peu le projet de tournage d'Adrix sur le droit chemin (ou pas) avec le personnage d'Elise, la compagne de Fred. Elle est un peu la seule personne à peu près saine d'esprit au milieu de ce joyeux bordel. Elle est l'élément qui permet donc un contrepoint bienvenu, même si l'histoire qui a mené à ce tournage est plutôt émouvante, racontée de façon très simple. Antoine Bréda n'a pas le niveau de dessin de Moebius, loin de là, mais cela n'a aucune importance. Il parvient à faire passer de nombreuses émotions sur les attitudes, les silences dans les cases, et c'est un véritable talent. C'est donc un one-shot fort sympathique, à la fois savoureux et émouvant qu'il nous propose. Une belle réussite !
Witches’ war
Bah alors ça !! Je ne m’attendais pas à autant accrocher, dans le genre ras des pâquerettes j’ai pris mon pied, un petit plaisir coupable. Witches’ war s’avère un mélange d’Highlander, de Valkyries Apocalypse et de tableau final de coupe du monde. Je vous renvoie à la présentation pour un pitch plus détaillé, mais en gros 32 sorcières vont s’affronter dans des duels à mort. Bref du bourrin pour des bastons parfois hautement improbables. Un intérêt très limité donc, mais pour qui aime le genre, j’ai trouvé ce manga très réussi. En tout cas le côté addiction fonctionne à merveille, après avoir enquillé les 3 tomes parus, je n’ai pu m’empêcher de découvrir la suite sur le net. Et alors que je m’attendais à une certaine redondance dans les situations, la suite s’est avérée meilleure que prévue, des combats différents et plus intéressants mais surtout un début de fil rouge pour l’intrigue : motivations pour l’organisatrice du tournoi et un groupe de sorcières dissidentes … pas fou mais suffisamment de mystères apparaissent pour titiller. Un background basique mais, à mes yeux, relevé par de nombreux points positifs. Le dessin tout d’abord, formaté comics (euh manga pardon) mais bien à mon goût, détaillé et lisible (par contre j’ai trouvé les quelques pages couleurs hideuses). Ensuite le choix de nos combattantes assez originales et charismatiques, ça va de Marie Curie à Elisabeth Bartholdy, en passant par Mona Lisa, Mata Hari … et de nombreuses autres figures de la culture asiatique. Petite cerise sur le gâteau et sans chauvinisme, notre Jeanne d’Arc national s’avère être l’héroïne du récit (enfin disons qu’on sent qu’elle ira loin). Chaque personnage développera une magie en lien avec une cupidité qui lui sera propre (amour, puissance, mensonge …), les combats montent gentiment en puissance et sont bien menés, leur issue se révèle généralement bien incertaine. Enfin le traitement de certaine protagoniste m’a vraiment bien plu : Marie-Antoinette et Himiko en tête. Du coup je m’emballe un peu, mais alors que je m’attendais à une belle daube, la surprise ne fut que plus agréable. Inutile de s’attarder dessus si vous êtes allergique au combat, pour les autres je ne déconseille pas. À voir ce que ça va donner sur la longueur, je n’ai découvert que les 5ers combats du 1er tour alors qu’il devrait en comporter 16 (attention la série à rallonge !!) mais en l’état un 3,5 pour ce divertissement vide cerveau.