Les derniers avis (32293 avis)

Par Benjie
Note: 4/5
Couverture de la série Minnie et le secret de Tante Miranda
Minnie et le secret de Tante Miranda

Cet album est une parenthèse de douceur et de bienveillance…Avec toujours le même talent, Cosey nous plonge au cœur de l’hiver en compagnie de Minnie et de Clarabelle. Tout est fluide dans cet album et on se laisse porter. Minnie, femme accomplie, sans l’ombre d’un défaut (ou presque) part à la recherche d’un mystérieux carnet qu’il ne faudrait pas laisser traîner dans n’importe quelles mains. Mais voilà, accéder au chalet de tante Miranda relève de l’exploit tant la neige est profonde et le froid intense. Dessiner des paysages de montagnes enneigées est un art chez Cosey qui restitue à merveille l’ambiance de l’hiver en bleu, jaune et blanc. Au cœur de cette jolie histoire : d’énormes snowcakes, une bonne dose d’amitié et pas mal d’humour.

27/08/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série J'ai vu les soucoupes
J'ai vu les soucoupes

L'autrice nous raconte son adolescence lorsqu'elle était mal dans sa peau et s'est réfugiée dans le paranormal et surtout dans le monde des OVNIS. Elle raconte cette période dont elle a honte parce qu'elle a totalement embarqué dans le côté obscur de l'ufologie. Je me reconnais un peu dans ce qu'a vécu l'autrice parce que moi aussi jeune j'aimais lire sur le paranormal et je voulais croire que tout était vrai. Heureusement pour moi, j'avais tout de même une certaine partie critique, ma philosophie étant 'je vais y croire à 100% lorsque je vais voir un alien/un fantôme/un big foot/insérer n'importe quelle créature paranormale' et j'imagine que je devrais être content de ne pas avoir eu l'impression d'avoir aperçu une soucoupe volante comme c'est arrivé à l'autrice. Aujourd'hui, j'aime toujours lire sur le paranormal et le mystérieux, mais je suis plus critique et d'ailleurs maintenant je préfère lire le travail de gens qui sont sérieux. Je conseille d'ailleurs la lecture du livre de Christian Page, un enquêteur du paranormal québécois, 'Ovnis au Québec' où l'auteur raconte les coulisses du milieu ufologue et du peu de rigueur de la plupart des chercheurs d'extraterrestres. Mais bon assez parlé de moi (quoiqu'une des qualités de l'album est que plusieurs gens qui ont été jeunes dans les années 1990-2000 vont se retrouver dans ce qu'a vécu l'autrice) et parlons plus de la BD en elle-même. C'est très bien fait, l'autrice mélange bien sa vie personnelle et tout ce qui touche au monde des OVNIS et je partage son point de vues sur plusieurs aspects, notamment le fait que c'est dommage que la plupart des ufologues sceptiques sont partis et les complotistes ont pris toute la place. Il y a un très bon résumé sur l'histoire de l'ufologie qui est passionnant même si je connaissais déjà la plupart des faits cités dans l'album. Le dessin est dynamique et agréable à l'œil.

27/08/2023 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série L'Arabe du futur
L'Arabe du futur

Attirée par vos avis et par ce titre étrange, j'ai acheté cet album avec curiosité. Je n'ai pas été déçue: on a vraiment besoin de témoignage comme ça. La Syrie, la Libye, ce sont des sortes d'épouvantails pour nous occidentaux casaniers: on les range dans la catégorie commune des dictatures barbares sans vraiment se pencher plus sur la question. Ici, on a le témoignage d'un enfant blond métisse qui se trouve trimballé dans ces pays dans les années 60 et on en voit les aspects communs (le culte de la personnalité, les travaux commencés qui ne finissent jamais de constructions merdiques en béton partout et une sorte de sentiment d'abandon général, la place assez ambivalente de la religion) mais aussi des différences qu'on a du mal à justifier (sont-elles simplement anecdotiques, ou le signe de quelque chose de plus profond, on ne sait pas) En Libye, l'idée des maisons sans clef, qui obligent les femmes à rester à la maison pour les surveiller, les arabophones qu'on cherche à faire venir du monde entier pour enseigner leur langue, en Syrie, les enfants qui embrochent des chiens, ou coulent des bronzes au milieu des rues, en règle générale un statut de l'enfant assez étrange. Le dessin de Riad Sattouf, toujours réduit au plus simple où chacun porte son ridicule vaillamment, contribue à faire sourire mais aussi à inquiéter sur ces mondes étrangers, il y a quelque chose de Marjane Satrapi, (vue depuis l'enfance) mais parfois de Willem, voire de Reiser (une violence qui nous remet à notre place, inquiet)... Après avoir lu tous les tomes, et suivi l'invraisemblable parcours de Riad Sattouf, je confirme mon premier enthousiasme. Le dernier volume qui arrive à la mort du père, celui qui rêvait que sont fils devienne l'arabe du futur, est particulièrement poignant... Il y a plusieurs passages où le fils trouve de l'aide dans la psychanalyse jungienne pour se débarrasser de l'emprise de ce père bizarre, et ces pages m'ont paru très utiles, en particulier lorsque la psychanalyste explique que nous ne sommes pas là pour sauver nos parents.

23/11/2014 (MAJ le 26/08/2023) (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Une place
Une place

Quelle place pour les femmes dans l'art ? Voila une question qui me tarabuste autant que les autrices de cet essai. (la catégorie documentaire ne semble pas ici tout-à-fait correspondre au projet, comme pour Economix ou "Capital et idéologie", ou encore Le Monde sans fin, d'ailleurs, mais bizarrement cela m'apparait plus avec celui-ci, comme si parler des femmes c'est construire un point de vue, alors que parler d'économie, cela semblerait plus "objectif". Pourtant, dans tous ces cas, il s'agit de thèses de fond, et non pas d'un documentaire sur un endroit, un personnage, une expérience...) Je suis une femme et j'ai fait des études artistiques (terminées il y a presque 25 ans), et donc je me suis posé à peu près toutes les questions abordées dans cet album et c'est bien de voir les générations suivantes mettre tout ça sur la table, déterrer des archives et rendre public ce qui restait apparemment des problèmes existentiels individuels chez chacune d'entre nous. La première page est parlante et le fait de passer d'objet essentiel de l'art à autrice est une marche qui parait presque infranchissable. Eva Kirilof et Mathilde Lemiesle regroupent donc ici tous les freins successifs que l'histoire écrite par les hommes a attaché aux pieds des femmes pour qu'elles restent en dehors des sphères artistiques. Mais aussi politiques, militaires, historiques, scientifiques, littéraires et même sportives. L'album a aussi le mérite de regrouper les parcours de femmes artistes qui ont pu l'inspirer, celles qui malgré tous ces freins organisés, ont sauté le pas et franchi la porte de la création artistique, et plus précisément qui sont devenues peintresses. Certaines m'étaient connues (Artémisia Gentileschi (1593-1652), Elisabeth Vigée-Lebrun au XVIIème siècle, Suzanne Valadon ou Tamara de Lempicka au XIXème et XXème siècle et d'autres totalement inconnues : Sofonisba Anguissola (1532-1625), Adélaïde Labille-Guiard (1749-1803), Marie-Guillemine Benoist (1758-1826) ou Paola Régo au XXème siècle. J'en cite beaucoup mais j'en oublie aussi, pour montrer que l'arbre de l'histoire de la peinture est très grand et que beaucoup de branches nous ont été cachées. Les œuvres sont représentées par des photographies en noir et blanc et on comprend assez mal pourquoi nous ne les avions jamais vues compte tenu de leur qualité de composition et de l'intelligence des partis-pris, au regard des œuvres de la même époque qui sont restés dans les livres d'histoire de l'art. Le contraste entre les œuvres en noir et blanc et un dessin au trait en trois couleurs (noir, rouge et bleu) est efficace mais pas particulièrement séduisant ni impressionnant. Bref c'est un travail étayé, sérieux, avec des citations des grandes penseuses de notre époque (historiennes, philosophes ou écrivaines) et une bibliographie étoffée. Évidement, je tique sur certains points, parce que j'ai moi-même abandonné le projet artistique, parce que son sens social ne m'apparait pas clairement, il reste réservé à une élite que je n'ai pas vraiment envie de côtoyer. La peinture est finalement au service d'une classe sociale et cet aspect reste un peu dans l'ombre... Et si les femmes avaient finalement raison de rester à l'écart d'un domaine condamné à représenter un ordre social établi et illégitime ? Par ailleurs la recherche de l'égalité dans la reconnaissance, voire dans la rémunération, n'est pas forcément ce qui me parait juste, la mesure de la légitimité est-elle condamnée à se mesurer en monnaie ? Une monnaie qui para ailleurs depuis l'abandon de l'étalon or après la crise de 1973, se démultiplie d'année en année... Raison pour laquelle les femmes peuvent finalement entrer dans cette chaîne de valeur nouvelle. (lire Ivan Illitch qui fait le lien entre capitalisme, concurrence et égalitarisme) Si les faits recueillis dans cet opus sont vrais et éclairants, le point de vue risque de paraître très daté assez rapidement, comme la voix d'une époque... Cela a quelque chose de gênant, comment parler d'art en portant si peu une voix singulière, individuelle ? L'intérêt de faire entrer ces femmes peintres dans l'histoire de l'art, serait de parler plus de leur apport, des expériences picturales qu'elles ont faites, des voies qu'elles ont ouvertes et qui n'ont pas pu être empruntées faute d'apparaître dans les livres. Aujourd'hui, l'art pictural est peut-être à chercher ailleurs : dans le tatouage, la peinture de rue, le dessin animé ...et la bande dessinée ! (Dans ce dernier domaine, j'ai l'impression qu'elles prennent une bonne PLACE, en particulier dans les documentaires, les essais et les romans graphiques, je me trompe ?)

26/08/2023 (MAJ le 26/08/2023) (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Fausses pistes
Fausses pistes

Incontestablement, Duhamel fait partie de ces auteurs qui réinventent le genre franco-belge avec brio. Et ce one-shot en est un parfait exemple. Avec ce faux western, l’auteur n’aura de cesse de brouiller les pistes, comme le sous-entend le titre. Ce qu’il décrit ici, c’est la collision entre le monde moderne et le passé, un passé idéalisé où la réalité historique est bien souvent galvaudée, à commencer par le mythe du Far West et ses légendes. Et de façon plus générale, la frontière entre le bien et le mal est loin d’être étanche, une zone grise où les « gentils » ne sont pas irréprochables, où les « méchants » méritent aussi d’être entendus. L’auteur s’en prend aussi d’une certaine façon à ce tourisme de masse qui fait de la Terre un immense parc d’attraction. Duhamel a ainsi trouvé l’angle d’attaque parfait pour élaborer son histoire, en confrontant un groupe de touristes à un ancien marine (que notre « marshal » Franck va voir comme une sorte d’allié), qui lui-même semble contenir une haine profonde vis-à-vis de ces hordes de « curieux », armés de leurs smartphones et leurs « selfie sticks » pour prendre la pose devant les sites les plus « instagrammables ». Cette histoire qui commence comme une visite pépère de Monument Valley va partir en vrille, et personne n’en sortira gagnant. Chacun des personnages, très variés et pour la plupart très bien campés, finira par révéler ses côtés les moins glorieux, ses petites lâchetés et autres mesquineries. Quant à Franck, lui aussi va devoir remettre en cause ses certitudes, lors d’une expérience chamanique involontaire, lui qui pensait avoir une connaissance approfondie de l’histoire du Far West et du personnage légendaire qu’il incarnait dans un spectacle pour touristes avant de se faire congédier comme un malpropre. Dans une sorte de mise en abyme ironique, cette aventure va lui permettre d’expérimenter pour de vrai l’héroïsme dont il se réclamait… En résumé, Duhamel nous enjoint à ne pas se fier aux apparences, à se méfier des idées toutes faites, des beaux discours, des « vérités » historiques et des « fake news » actuelles. Il y a nécessité à renforcer notre esprit critique et accorder plus de place au doute, car ce sont souvent nos certitudes qui créent notre enfer. En second plan, l’auteur évoque aussi d’autres sujets plus « américains » tels que le port d’armes, la fracture civile entre pro-républicains et pro-démocrates (rallumée par qui l’on sait), ou l’artificialité bling-bling du miroir aux alouettes qu’est Las Vegas. Si le scénario est très bien ficelé, avec pas mal d’humour et des dialogues qui font mouche, il comporte aussi une vraie profondeur philosophique et bénéficie d’un graphisme impeccable. Qu’il s’agisse des personnages, très expressifs, ou des paysages grandioses de l’Ouest américain, le talent de Duhamel laisse admiratif. De même, la mise en couleur est léchée et contribue à créer des ambiances splendides, où les ciels, de nuit comme de jour, constituent une invitation au voyage. Le moins qu’on puisse dire, c’est que « Fausses pistes » coche toutes les cases, révélant une grande maîtrise de la part de son auteur.

26/08/2023 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Contrition
Contrition

« Cet endroit est le bout du chemin. Le seul endroit où on peut rester. Quant à vivre… vivre c’est autre chose. » Ces mots du protagoniste principal, condamné pour pédophilie, symbolisent bien ce qu’est Contrition, un village fictif des Etats-Unis où sont confinés les harceleurs sexuels qui, une fois sortis de prison, ont pour interdiction « de vivre à moins de 1000 pieds d’une école, d’une crèche, parc ou cour de récréation ». Selon ceux qui y vivent, Contrition ne serait rien de moins qu’une « prison à ciel ouvert », un lieu très particulier déserté par les habitants et où les ruines abondent, investies par les sans-domiciles fixes. Cette petite bourgade fictive, comme il doit en exister d’autres aux Etats-Unis, porte un nom paradoxal puisque le site est décrit par un des résidents non pas comme le purgatoire, mais les « limbes », ce qui est sans doute bien pire… sauf si l’on préfère dormir sous les ponts. Comble de l’ironie, ces endroits ont même leur pasteur… Pour aborder un thème aussi sensible, voire casse-gueule, que celui de la pédophilie, les auteurs ont opté pour le genre du thriller. Un thriller lent, et surtout psychologique, qui parvient plutôt bien à tenir le lecteur en haleine jusqu’au final pour le moins inattendu. Mais le vrai point fort de ce récit, c’est qu’il pose beaucoup de questions et tente de se mettre dans la tête d’un prédateur sexuel, sans chercher à l’absoudre mais en tentant de comprendre les mécanismes qui peuvent conduire un être humain à se livrer au harcèlement envers un enfant jusqu’à le pousser au suicide. Afin de ne point trop déflorer l’intrigue, très bien construite, on se limitera au fond. Le scénariste, Carlos Portela, est un touche-à-tout officiant dans la bande dessinée et la télévision, bénéficiant d’une certaine notoriété en Espagne. C’est avec beaucoup de subtilité qu’il nous propose ce récit, en laissant le lecteur libre de se faire sa propre opinion. De façon factuelle, il fournit quelques clés pour nous aider à comprendre, mais comme on peut s’en douter, il n’y aura pas de réponses prémâchées. Ainsi se succèdent plusieurs thèmes, notamment le harcèlement ordinaire (celui qui commence à l’école !), et pas seulement celui des prédateurs sur internet, ou encore la triste affaire d’Abou-Ghraib en Irak (et ces clichés de soldats US posant avec leurs prisonniers torturés et violés). Et en filigrane, quelques questions lancinantes voire dérangeantes qui affleurent tout au long du livre : Comment des gens ordinaires peuvent-ils sombrer dans ce type de criminalité ? Le repentir prémunit-il contre la récidive ? Après avoir payé sa dette à la société, le « monstre » doit-il subir une double peine, celle de la ségrégation géographique à vie ? N’a-t-il pas droit à la rédemption au même titre que n’importe quel criminel ? Une personne qui fait des choses mauvaises est-elle forcément une mauvaise personne ? Parce qu’en effet, le personnage de Nowak en est l’illustration même, loin d’avoir le look d’un criminel mais plutôt d’un voisin tranquille… Mais le plus déstabilisant est sans doute le dénouement, qui nous laisse peut-être avec encore plus de questions à l’esprit… Quant au dessin, signé de Keko, maître espagnol du N&B, il accompagne parfaitement la narration. Son réalisme et son cadrage très précis donne à « Contrition » des airs de série TV, avec une ambiance noire à souhait. On retiendra particulièrement la trouvaille pour le moins déroutante où le « cyber harceleur » et sa jeune victime sont représentés par leur avatar, le premier endossant les traits d’une jeune collégienne blonde et en apparence innocente, tout droit sorti d’un manga. Gros malaise… Les personnages sont très bien campés également, renforçant la crédibilité du récit, notamment celui de Marcia travaillant pour un journal local et bien décidée à faire la lumière sur cette mort suspecte. C’est probablement à cette jeune femme empathique mais peu soutenue par son entourage, qui au-delà de cette affaire cherche à comprendre l’incompréhensible, que le lecteur s’identifiera le plus, si tant est que ce dernier aborde l’ouvrage sans préjugés. Rien ne semble avoir été laissé au hasard dans ce récit riche, dense et puissant, qui vous habite longtemps après lecture. « Contrition » restera à coup sûr un ouvrage marquant de cette année 2023, un ouvrage dont une des principales qualités est de ne pas tomber, comme le dit très bien Antonio Altarriba en préface, dans un « sensationnalisme malsain ». Et pour vous donner un peu plus envie de vous le procurer, je ne peux que vous encourager à la découvrir, cette préface…

26/08/2023 (modifier)
Par Phrou
Note: 4/5
Couverture de la série Vieille Bruyère et Bas de Soie
Vieille Bruyère et Bas de Soie

Des protagonistes attachants, un contexte entre deux guerres et un dessin mettant le tout en valeur. Excellente découverte. Dommage que la série se soit arrêtée, avec juste un tome indépendant ("Indira") et d'ambiance très différente, basculant hors réalisme ! Bonne lecture à vous

25/08/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Le Voyageur
Le Voyageur

Voila une BD étrange et surprenante, qui m'a fait penser dans son déroulé à une autre BD sortie récemment, Carbone & Silicium. On y retrouve l'idée de traverser les époques, de voir la fin de l'humanité par un spectateur qui est immortel. Et très honnêtement, cette BD est franchement réussie ! Je ne m'attendais pas trop au déroulé, mais au fur et à mesure je me suis laissé prendre par cet immortel qui assiste à la déliquescence de l'humanité, la fin progressive d'un monde qui ne semble pas mériter d'être sauvé. Entre le représentant en Bible ou les jeunes riches qui vont s'éclater dans des festivals immoraux, le visage présenté de l'humanité est franchement le pire. Mais tout cela joue avec le reste, la destruction de l'environnement et du climat qui est présenté, les comportements de chacun tout au long des siècles qui passent. L'ensemble fait presque mérité, et je ne peux pas vraiment dire que cela me révolte. Le moment avec les poulets est franchement glauque, mais bien trouvé. Le fait que le voyageur assiste d'abord à l'ensemble puis, progressivement se dévoile, entre son passé et ses motivations, l'ensemble se dévoilant par petites touches. Le final est du coup très réussi, rassemblant le tout dans une logique que j'ai bien apprécié, avec une fin ouverte que je n'ai pu qu'apprécier. C'est réellement une très belle mise en situation. Le dessin va à merveille à l'ensemble, retraçant les paysages désertiques et désolés qui s'étendent à perte de vue. Les petites notes importantes, notamment les yeux vairons, ressortent à chaque fois parfaitement de l'ensemble, tout est simple et clair. A l'image du personnage principal qui traverse tout en étant très distancié, j'ai eu une impression très apaisée et zen en la lisant, alors même que tout est décrit comme de pire en pire. Il n'y a aucun sentiment d'urgence ou de danger, tout est lent, calme, plat. Une réussite, pour ma part. Je recommande !

25/08/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Les Pieds-Noirs à la mer
Les Pieds-Noirs à la mer

3.5 Un one-shot qui mélange ce qu'a vécu l'auteur et la fiction si j'ai bien compris. L'action se situe au milieu des années 80 qui ont vu la création de SOS Racisme et la montée du FN. L'auteur brosse le portait d'une famille de pieds-noirs, en particulier le petit-fils et ses grands-parents qui ont été forcés d'évacuer l'Algérie il y a plus de 20 ans. Le ton est politique incorrect sans tomber dans l'excès. L'auteur démontre comment des mauvaises expériences peuvent transformer les gens, que la rancœur entre des groupes de gens qui ont vécu ensemble pendant des décennies voire des siècles ne va pas s'éteindre facilement, que les pieds-noirs ont vécu un vrai traumatisme lorsqu'ils ont été obligés de s'exiler en France (surtout que certains d'entre eux n'avaient même pas d'ancêtres français et étaient là avant les arabes !).... Bref, l'album brasse plusieurs thèmes et le fait bien. On traite le sujet du racisme de manière complexe sans tomber dans le discours moralisateur facile. Le personnage principal du petit-fils est bien décrit parce que je me suis facilement identifié à lui. Moi aussi je trouve que le racisme c'est mal, mais en même temps je trouve ses grands-parents un peu attachants et comme lui je voudrais bien comprendre d'où vient leur haine. Sa pauvre tentative pour réconcilier son cousin qui veut marier une arabe et le reste de la famille donne des scènes d'anthologie. Le dessin est vraiment très bon et j'ai bien aimé qu'on donne des têtes d'animaux aux personnages.

24/08/2023 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5
Couverture de la série Voro
Voro

Je souscris totalement à l'avis de Paco : Voro est une remarquable série jeunesse qui tient la distance. Elle est servie par un chouette dessin, dans un style enfantin mais pas mièvre qui, s'il n'a rien de réellement original, est parfaitement maitrisé et adapté. Le scénar n'est pas non plus d'une originalité folle, mais il est solide est mène son lecteur par le bout du nez : la petite Lilya fait partie de la guilde des voleurs où elle s'acquitte de tâches subalternes. Soucieuse de prouver sa valeur, elle va être amenée à transgresser les règles de la guilde pour se voir entrainée malgré elle dans une aventure épique où se joue le destin du monde, ni plus ni moins. Les personnages sont attachants, notamment la petite Lilya. Attention toutefois car rien n'est édulcoré malgré le dessin doux. Les personnages s'embrochent allègrement, le sang coule à flot, et le langage est parfois fleuri. On pourra trouver que notre jeune héroïne se tire des situations avec une facilité déconcertante, mais ça ne gatte en rien la lecture et permet au scénar d'avancer pour se concentrer sur le cœur de "ce qui est réveillé" !!! Tin tin tin !

24/08/2023 (modifier)