Poulet aux Prunes

Note: 3.6/5
(3.6/5 pour 20 avis)

Angoulême 2005 : Prix du meilleur album. Nasser Ali Khan a décidé de mourir. Cette BD raconte ses 8 derniers jours et les souvenirs de sa vie.


Angoulême : récapitulatif des séries primées BDs adaptées en film L'Association La BD au féminin Proche et Moyen-Orient

Nasser Ali Khan aime le poulet aux prunes, les seins de Sophia Loren et sa fille Farzaneh. Mais il aime surtout son Tar dont il est le plus grand des virtuoses. Aussi, le jour où on lui casse son instrument, il sombre dans la plus grande apathie et, désormais indifférent aux petits et grands plaisirs de la vie, il décide de se laisser mourir. Qui est Irâne, cette mystérieuse femme que Nasser Ali Khan croit reconnaître dans la rue ? Qu'est-ce donc qu'un Tar ? Peut-on trouver la recette du poulet aux prunes dans une bande dessinée ? Vous le saurez en lisant "Poulet aux Prunes".

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Octobre 2004
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Poulet aux Prunes
Les notes (20)
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15/01/2005 | Ro
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L'avatar du posteur Noirdésir

Après nous avoir conté sa jeunesse au moment de la Révolution islamique en Iran dans Persepolis, Marjane Satrapi nous raconte ici l’histoire d’un parent plus ou moins éloigné, grand musicien inconsolable après la destruction par sa femme de son instrument fétiche. Ne pouvant le remplacer, il décide de se laisser mourir. C’est encore un dessin en Noir et Blanc un peu stylisé, original et agréable à lire. L’histoire en elle-même se laisse aussi lire facilement, avec des flash-back parfois savoureux lorsqu’ils s’opposent aux discours des protagonistes. Mais je n’ai pas retrouvé dans ce one shot la fraîcheur qui m’avait séduit à la lecture de Persepolis (fraîcheur apportée par le regard souvent décalé de la plus ou moins jeune Marjane). Cela reste quand même un album à découvrir, et l'œuvre d'une auteure originale et attachante.

10/12/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Lu dans la foulée de Persepolis (et par hasard, puisque cet album avait usurpé dans ma commande la place d’un des tomes de la série susmentionnée (on se demande ce que les bibliothécaires ont en tête)), cet album m’a déconcerté, de prime abord. En effet, l’auteure abandonne ici le roman graphique pour nous offrir un récit proche du conte. Et comme le début du livre m’a laissé croire à un nouveau récit véridique, tant pour le fond que pour la forme, j’avoue avoir eu du mal à rentrer dans l’histoire. Ajoutons à cela que le trait de Marjane Satrapi n’est vraiment pas de ceux que j’affectionne. Trop épuré et trop naïf, il me laisse la plupart du temps totalement indifférent. Je soulignerais toutefois dans le cas présent quelques tentatives esthétiques, empreintes d’influences orientales comme il se doit (l’auteure étant d’origine iranienne) qui, si elles ne sont pas toujours à mon goût, ont le mérite de diversifier et donc de dynamiser la mise en page. Il me faudra cependant les deux tiers de l’album pour enfin vraiment m’installer dans ce récit. Jusque là, ça se laisse lire mais je ne suis pas loin de m’ennuyer, ne voyant pas où l’auteure veut en venir. Et puis, il y a ce dernier tiers… et la magie opère. Mon appréciation passe du bof poli au franchement bien enthousiaste. Ce conte, dans lequel l’humour n’est pas absent malgré la noirceur du thème, ce conte donc, qui m’offre une belle fenêtre sur la culture perse, ce conte, disais-je avant d’être interrompu par moi-même, ce conte est ma fois bien plaisant à lire. Derrière cette histoire, il y a une morale, une sagesse. Derrière ce conte, il y a une culture riche et raffinée. Pas facile d’accès, déroutant si on le compare à Persepolis, ce récit est toutefois digne d’intérêt. A lire en évitant de penser à Persepolis (et le fait que je ne cesse de vous en parler n’est pas de nature à vous y aider). 3/5 car j’ai tout de même eu du mal à rentrer dans l’histoire, mais il s’agit là d’un emprunt accidentel que je ne regrette pas.

05/09/2011 (modifier)
Par Superjé
Note: 3/5

Note approximative : 3.5/5 J’apprécie énormément les BD de Marjanne Satrapi, donc j’ai entamé la lecture de ce livre avec l'envie de me faire bercer par ses histoires remplies de poésie. Finalement même si cela reste une bonne BD, cela ne vaut pas Persepolis ou même Broderies. L’histoire est bien écrite, bien ficelée, mais ne m'a pas vraiment emporté ni même touché, et les personnages ne sont pas attachants. Finalement, cette BD est vite lue, et assez vite oubliée. Je conseille donc plus d’emprunter cette BD plutôt que de l’acheter.

08/11/2009 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
L'avatar du posteur Alix

J’ai adoré Persepolis, c’est donc avec un intérêt certain que j’ai emprunté « poulet aux prunes » à la bibliothèque. L’histoire est belle et prenante, et après une courte mise en place, on revient sur le passé de Nasser Ali Khan, on essaye de comprendre ce qui peut bien pousser ce pauvre homme à se laisser mourir à cause d’un simple instrument de musique cassé. En refermant la dernière page, je le comprenais presque et éprouvais de la compassion pour cet homme qui semble avoir raté sa vie, et pour qui la perte de son Tar constituait sans doute la goute qui a fait déborder le vase. Le dessin est très expressif et rempli de trouvailles amusantes. En tout cas les aficionados de Marjane Satrapi ne seront pas trop dépaysés ! Voilà, pas la BD du siècle, mais je pense que les amateurs de Persepolis (sans doute nombreux !) devraient adorer ce chouette one-shot.

31/05/2009 (modifier)
Par Ems
Note: 4/5

C'est la première BD de Satrapi que je lis. L'entame est dépaysante puis la suite se lit d'une traite. Malgré l'histoire dramatique, j'ai pris du plaisir à la lecture. L'histoire est universelle, elle aurait pu se dérouler dans n'importe quel pays. Dans le cas présent, elle se déroule en Iran dans les années 50. L'auteur nous resitue le contexte et fait en sorte que le lecteur ait tous les éléments pour la compréhension du récit. La narration est excellente et le rythme est soutenu. Le dessin N&B est simple et personnel. Il se révèle agréable. L'histoire ne se résume pas à une dispute entre un homme et sa femme, puis la destruction de son instrument de musique qui semble être toute sa vie et pour finir son envie de mourir. Son talent pour le tar explose à cause d'une histoire d'amour abrégée par le père de la fille. Une autre femme en tire partie mais cette relation démarrera sur du vide. De fil en aiguille, l'on comprend les tenants et les aboutissants. Le puzzle se résout tranquillement dans une logique implacable. L'ensemble est bluffant de cohésion et décortique des relations humaines souvent complexes. Quelques petites histoires à morale parsèment le récit et sont toujours là pour imager le propos.

16/04/2009 (modifier)

Je suis assez déçue par cet album. J’avais adoré et lu d’une traite les 4 volumes de Persepolis mais je pense que c’est parce que son sujet (l’expérience d’une jeune Iranienne et son regard d’expatriée sur l’occident) était plus fort, et l’héroïne, plus attachante. Ici, j’ai peiné à me sentir concernée par les déboires de cet homme, qui perd le goût de vivre et se laisse littéralement mourir, suite à la destruction de son –c’est vrai, si précieux- instrument de musique par sa pétasse de femme. On a envie de le secouer, cet homme ! Heureusement, le talent de conteuse de Satrapi nous sauve de l’ennui et de l’exaspération, en replaçant dans l’histoire familiale le drame personnel de Nasser Ali, et ce, avec la petite touche d’humour dont elle ne se dépare jamais. C’est pour cela que je mets 3/5.

09/10/2008 (modifier)
Par maikeul39
Note: 4/5

Je connais Marjane Satrapi après avoir lu Persepolis et après être allé le voir au cinéma. J'avais bien sûr adoré (C'était mon premier post sur bdthèque : "Culte!") Puis j'ai vu "Poulet aux prunes" à la bibliothèque, alors j'ai voulu essayer. En ayant peur d'être déçu. Et bien, pas du tout. J'ai vraiment trouvé ça bien, l'histoire de cet homme qui a décidé de se laisser mourir. Je me rappelle avoir eu des frissons à la fin de l'album et avoir été ému plusieurs fois par le récit de cet homme à qui on a cassé son tar (sa guitare, quoi). On apprend petit à petit son histoire, ses relations avec ses enfants (il a sa préférée et celui qu'il aime le moins, voir pas du tout), son enfance entourée de sa famille (son frère, sa soeur, sa mère), tout cela sur fond d'histoire iranienne. C'est d'ailleurs un pays et un peuple qui m'intéressent de plus en plus, grâce à Marjane; je déplore beaucoup leur gouvernement actuel tout en le comprenant parfois un peu. Bref, je conseille vivement la lecture, et je pense que de mon coté, je lirai tout les Satrapi que je trouverai. Bonne lecture. Maikeul

20/06/2008 (modifier)
Par hevydevy
Note: 4/5

Poulet aux Prunes est la première BD de Majane Satrapi que je lis. Ayant néanmoins vu l’excellent Persepolis au cinéma, l’univers de la dessinatrice m’était un peu familier, et je me rends compte au fur et à mesure de mes explorations que je suis particulièrement sensible à son art et à son propos. Avec cette histoire j’ai pu donc retrouver tout ce qui m’avait plu dans le film d’animation : l’ambiance (n&b oblige), la qualité de la narration (style et rythme), et l’humour très bien distillé et qui fait toujours mouche. Je me suis donc régalé. D’autant qu’en bande dessinée, on peut mieux apprécier les coupures de rythme du à la mise en page (ces quelques dessins pleine page qui viennent agréablement ponctuer le récit). De transformer en flash back dont on connait l'issue, les huit derniers jours de Nasser Ali Khan est aussi une excellente idée de construction de récit. Enfin, le style « naïf » qui m’aurait rebuté il y a quelques années, contribue finalement beaucoup à l’immersion dans l’univers doux amer de l’auteur. Si Marjane Satrapi sait faire rire ou sourire, elle sait aussi me donner une certaine colère intérieure. Je n’ai jamais étudié l’histoire de l’Iran, mais tout ce que j’apprends par ses œuvres de l’histoire de ce pays m’attriste particulièrement au regard de l’image que l’on en a à l’heure actuelle. Et pourtant on entend presque tous les jours dans les médias des soit disant spécialistes nous narrer par le menu le pourquoi du comment des sources de tension entre l’Iran et le reste du monde, mais sans que jamais ne soit évoqué le passé hautement progressiste de ce pays, et les grandes puissances clairement responsables de son déclin. Les récits de l’auteur deviennent alors pour moi d’authentiques témoignages vivants de ce qu’aurait pu être l’Iran, un pays qui s’est peut être lui aussi laissé mourir et que l’on a laissé mourir.

02/06/2008 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

Comment a t'elle fait? ... Je ne le sais pas. Toujours est 'il que ce poulet aux prunes est délicieux. Franchement, je ne croyais pas qu'après un chef d'oeuvre comme Persepolis, cet auteur pouvait faire aussi bien sinon mieux. J'ai adoré et j'en redemande! Cependant, c'est un plat qu'on ne savoure qu'une seule fois. Je suis trop gourmand! Je me suis habitué au trait si particulier de Satrapi. Je reconnais beaucoup de talent dans la narration. Cette histoire est beaucoup plus intimiste, beaucoup plus profonde. C'est un véritable message d'amour. Un homme se meurt et on ne sera que vers la fin des dernières pages ce qui se cache derrière ce grand désespoir. On ressent beaucoup de tristesse. Encore un chef d'oeuvre dans l'ombre de Persepolis !

01/06/2008 (modifier)
Par sky doll
Note: 4/5

L'histoire est basée sur la vie malheureuse d'un musicien qui voit sa vie brisée lorsque son instrument fétiche est cassé. On découvre alors chez lui un profond malaise dont la réelle cause nous est dévoilée à la fin. Un bel ouvrage qui nous fait découvrir le destin raté de cet homme qui décide de mettre fin à ses jours ! La fin est inattendue et parfaitement réussie selon moi car on découvre que le fait que son Tar se soit brisé n'est pas en réalité le facteur déclenchant de son profond malaise. Une histoire émouvante à découvrir : du vrai Satrapi !

04/05/2008 (modifier)