Les derniers avis (32292 avis)

Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Le Serpent et la Lance
Le Serpent et la Lance

Ah ben voila, je savais bien que j'avais pas de souci avec Hub ! Même si je n'ai pas aimé son Okko, principalement pour les scénarios trop courts qui s'enchainaient et les personnages que je n'ai pas aimés, je trouvais que son dessin tenait très bien la route et qu'il savait tout de même se débrouiller question histoire. Parce qu'ici, cette fois-ci, je suis intéressé par le récit ! L'idée de faire une enquête chez les Aztèques marche très bien, entre le dépaysement de la civilisation qui change bien de nos standards, l'exploration des coutumes, us et religions de cette civilisation d'un autre monde, mais aussi l'exploration du thriller à proprement parler, qui se dessine dans une enquête en résonance avec le passé. J'ai beaucoup aimé la façon dont progressivement nous relions le passé et le présent, dans une enquête qui aboutira évidemment lorsque tout le passé aura été retrouvé. Pour l'instant, je n'ai pas vu de temps mort sur les deux volumes sortis. Il y a seulement l'impression que certaines dynamiques de personnages reviennent depuis Okko, entre le personnage sombre et solitaire qui a un garde du corps plutôt baraque et muet, un peu différent (ici une autre ethnie plutôt qu'une autre race). Heureusement le récit met plus l'accent sur l'enquête et leur duo me rappelle plus un clin d'œil. Le dernier tome n'étant pas sorti, je ne peux pas conclure que la série entière est bien menée, mais je pressens quelque peu le ton du final, au vu de ce que Hub a déjà produit. Il est certain que la fin heureuse n'arrivera pas et que certaines résignations seront nécessaires. Je ne sais pas trop comment l'ensemble se terminera, mais je pense que je serais satisfait du déroulé de tout ceci. Pour l'instant, les deux premiers tomes me conviennent parfaitement !

31/08/2023 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Colossale
Colossale

Oh mais quel gros coup de coeur ! "Colossale" nous parle donc d'une jeune femme noble qui a une passion secrète pour la musculation, et qui essaie de trouver sa place tout en vivant cette passion. Mais dans son milieu, il est bien vu de trouver un mari tôt, ce qui n'intéresse pas du tout Jade... Sur ce canevas relativement classique, les deux co-autrices enchaînent les quiproquos, les fausses pistes et les dialogues drolatiques. Je trouve que la galerie des personnages proposée est vraiment intéressante : autour de la jeune femme se trouvent deux fils de famille, dont un a un projet secret dans lequel Jade a son utilité, tandis que l'autre est une sorte de caricature du fils à papa. A côté de ça se trouve une rivale, une mère consciente des sentiments de sa fille mais soucieuse de sauver les apparences... Et puis il y a ce fameux palefrenier. Dans certains romans, certaines BD, certains mangas, ce genre de personnage serait vite objectivé. Mais pas dans le webtoon de Rutile et Diane Truc. L'intérêt de Jade est d'améliorer sa pratique de la musculation. Et rien d'autre, du moins dans ce premier recueil des 11 premiers épisodes. Ce contre-pied, mais surtout un humour très frais, sans exagération, sont présents dans tout le volume, et j'avoue avoir interrompu ma lecture à plusieurs reprises pour mieux apprécier la suite. Le dernier chapitre en dit d'ailleurs un peu plus sur les origines de la passion de Jade. Le tome 2, qui est arrivé deux mois après le premier, nous propose de plonger dans le passé de personnages jusque-là secondaires, histoire d'approfondir le background, et de mieux comprendre le comportement de ceux-ci. Alexandre, par exemple, est beaucoup plus présent, comme le suggère la couverture. Le tome 3 propose un beau coup de théâtre, mais aussi les premières bourrasques qui viennent perturber l'histoire de Jade et son nouveau petit ami. Dans le tome 4, les personnages secondaires se font de plus en plus présents, et révèlent de nouveaux visages. Je pense en particulier à Héloïse et Nathanaël, qui ajoutent des couches de complexité dans cette valse des couples, des amitiés et des connivences. Les intrigues se font et se défont, et cela reste à la fois frais, spirituel et divertissant, belle performance. Le tome 5, conclusif, amène l'histoire dans un cadre tout à fait inattendu, et je dois dire que j'ai été agréablement surpris par le traitement, rien moins qu'original. Et je me dis que les autrices en ont gardé sous le pied, j'espère revoir certains de ces personnages dans d'autres séries. C'est une ode formidable à l'auto-détermination, à la puissance (sans mauvais jeu de mots) des femmes, et à un mélange des genres. Dans cette ambiance un rien queer, je ne serais pas surpris que l'on ait une révélation concernant la sexualité d'Alexandre. Le dessin de Diane Truc est lui-même assez puissant, maîtrisé, mais également très expressif, y compris lors des scènes humoristiques. J'aime beaucoup. Les albums sont complétés par une sorte de petit guide de la musculation, qui pourrait être utile pour celles et ceux qui auraient envie de s'y mettre après la lecture, ainsi que par une petite interview des deux autrices au sujet de leur méthode de travail et de leur choix de faire (au départ) du webtoon). Dans le tome 3 Rutile nous propose un petit exposé bien malin sur la société aristocratique, et dans le tome 5 un autre, sur les gourous de sectes. Je recommande et j'attends la suite.

23/01/2023 (MAJ le 30/08/2023) (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Nettoyage à sec
Nettoyage à sec

Que c'est beau une ville la nuit... sous la pluie ! Joris Mertens excelle à représenter des paysages urbains. J'ai adoré parcourir avec lui les rues encombrées de sa ville, fusion fantasmée de Paris et de Bruxelles. J'ai littéralement été transporté dans l'ambiance des années 70 ou débuts 80 qu'il met en place. Ce n'est pas que la beauté des planches, c'est aussi la justesse des dialogues, la vie qu'ils dégagent, presque les bruits et les odeurs aussi. C'est superbe, j'adore ! Presque une bouffée de nostalgie d'une époque dont j'étais pourtant trop jeune pour me souvenir. Et une fois encore, la splendeur et l'esthétisme de ces paysages urbains et tellement humains me fascinent. J'ai vraiment adoré la première moitié de cet album où pourtant il ne se passait rien d'autre que du quotidien et le boulot pépère du héros, chauffeur-livreur de vêtements pour un pressing, et ses mornes habitudes entre le bistro et la maison de presse où travaille la femme qu'il courtise sans grand espoir. C'est toute l'atmosphère et la vie qui se dégagent de cette narration et de ces planches qui m'ont charmé. Et un peu d'humour aussi lors des scènes avec cet idiot de neveu de la patronne. Puis, quand intervient le tournant plus thriller de l'histoire, le charme s'est un peu rompu. Là où je ressentais la chaleur humaine de la ville dans les planches précédentes, l'humidité et le froid se sont faits plus prégnants tandis que le héros devenait plus angoissé et torturé. J'ai alors pris un peu moins de plaisir mais je restais curieux. Jusqu'à la conclusion de son histoire qui là, par contre, m'a honnêtement déçu. Je l'ai trouvée à contre-courant du réalisme envoutant du reste de l'album... Je ne peux pas en dire plus sans dévoiler cette fin, mais disons simplement qu'elle rompt avec cette belle ambiance que j'avais tant aimé au départ de ma lecture et m'empêche de savourer pleinement cet ouvrage pourtant si beau graphiquement. Quoiqu'il en soit, je lirai sans hésiter d'autres ouvrages de cet auteur car j'adore son style. Note : 3,5/5

30/08/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Qui est ce schtroumpf ?
Qui est ce schtroumpf ?

Je n'avais jamais été totalement convaincu par les productions de Tébo que j'avais lues jusqu'à présent et je trouvais cela juste sympathique sans plus. J'ai tout de même fini par acheter cet album parce que j'en avais entendu le plus grand bien et je ne suis pas du tout déçu ! Tébo rend un excellent hommage à l'univers de Peyo. Certes, le scénario est léger et s'adresse aux jeunes, mais cela fonctionne très bien malgré tout. Le dessin est vraiment dynamique et le fait que ça soit éloigné du style de Peyo ne m'a pas dérangé. Le rythme est dynamique et l'humour marche. J'ai rigolé plusieurs fois durant ma lecture. On voit que Tébo s'amuse avec un univers qu'il aime bien et il a réussi à me communiquer son enthousiasme parce que je me suis bien amusé en lisant cet album comme si j'avais 10 ans. J'aimerais bien que tous les "vu par..." soient de ce même niveau ! Il faut dire que Tébo a écrit une histoire de Schtroumpfs alors que dans d’autres albums du même genre on dirait que les auteurs ont écrit un scénario et qu’ensuite ils ont ajouté un héros connu (genre Spirou) pour attirer le plus de lecteurs possible. Je pense que pour accrocher totalement, il faut comme moi adorer l'univers des Schtroumpfs vu que c'est pas un hommage qui peut s'adresser à la fois aux jeunes et aux adultes. Je l'avoue même adulte je relis de temps en temps mes albums préférés même les vieux que j'ai du lire des centaines de fois depuis que je suis tout petit et j'emprunte la nouveauté qui sort chaque année et dans les quelques fois que j'aime, je vais l'acheter ensuite. Un album pour tous les fans de la série.

30/08/2023 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bernard Prince
Bernard Prince

Mais quelle merveille ! A chaque fois que je découvre une nouvelle série de Greg, j'en suis toujours aussi enchanté. Certes, Bernard Prince n'a pas le génie de Comanche et la même profondeur des personnages, peut-être lorgne-t-on davantage du côté d'un Luc Orient sans la science-fiction. Mais voilà une vraie bande dessinée d'Aventure ! Greg a parfaitement compris ce qui faisait le génie des grands récits d'aventures, et il en reprend les codes à merveille. Le rythme est toujours soutenu, les relations entre les personnages bien menées, mais surtout, c'est la qualité extrême des scènes d'action qui éblouit. Chacun des tomes que j'ai lu se caractérise facilement par une scène d'action mémorable qui permet de l'identifier tout de suite. En outre, Greg en profite pour mêler la plupart du temps une catastrophe naturelle au récit, le pompon se situant sans aucun doute dans le tome 10, Le Souffle du Moloch où l'auteur met en place une intrigue humaine déjà captivante sur le vol d'un bateau et la libération du virus de la peste dans des îles du Pacifique, qu'il fait rejoindre une intrigue centrée sur une éruption volcanique. C'est dire à quel point le final est dantesque, et de fait, on n'est pas déçu ! On se demande presque comment il est possible que personne n'ait encore fait un film avec les différentes histoires de cette saga ! Il est vrai qu'une des grandes forces de la série est aussi graphique et on imagine mal ce que serait Bernard Prince sans le fabuleux dessin d'Hermann. Son trait toujours expressif et ultra-réaliste joue pour beaucoup dans le côté spectaculaire des récits. Sa mise en scène est ample et rend au texte de Greg tous les honneurs qu'il mérite. L'alliance entre les deux est décidément un des plus puissants combos que j'ai vus en BD ! Bref, si la saga n'échappe pas au déjà-vu par moments (difficile de ne pas voir une dynamique Tintin/Capitaine Haddock dans le duo Bernard Prince/Barney Jordan), Greg prouve une nouvelle fois tout son génie en s'alliant avec le non moins génial Hermann et redonner à l'Aventure ses lettres de noblesse. A consommer sans modération !

29/08/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série The Department of Truth
The Department of Truth

Mise à jour suite à lecture du tome 4. Certains avis coulent de source, d'autres beaucoup moins et celui-ci fait partie de la seconde catégorie de par la singularité de ce comics. Un scénario qui sort des sentiers battus. Cole Turner est un agent spécial, il enseigne à l'académie du FBI de Quantico et il va être débauché, suite à sa présence à une conférence platiste, par Le Département des Vérités, une organisation gouvernementale dont le but est de lutter contre les théories conspirationnistes et plus particulièrement contre Black Hat. Un black hat est un hacker mal attentionné, mais ici c'est une agence complotiste. Avant cela Cole avait une vie normale auprès de son mari, sauf peut-être ses cauchemars récurrents où un monstre à tête d'étoile le terrorise. Son univers bascule et il va découvrir l'envers du décor, celui qui régit le monde. Je découvre James Tynion IV. Les deux premiers chapitres nous présentent les différents protagonistes et la manière de le faire est remarquable. Elle se fait, dans une salle d'interrogatoire du Département des Vérités, à travers de nombreux flash-back. Et le nom du futur patron de Cole m'a laissé sans voix. Vous le connaissez tous. Une narration captivante qui nous apprend comment fonctionnent les mouvances conspirationnistes et plus particulièrement depuis l'avènement des réseaux sociaux. Une narration qui au fil des chapitres nous dévoile les rouages utilisés avec cette malice de nous faire douter. Il développe aussi une histoire principale qui sert de fil rouge avec cette étrange femme à la robe écarlate et aux yeux scotchés de noir. Quelle maîtrise, je suis sous le charme de ces histoires hors normes. Une autre découverte, Martin Simmonds et là j'en ai pris plein les mirettes. Un style graphique qui se rapproche de Bill Sienkiewicz, David Mack et Dave McKean, excusez du peu. J'adore. J'entends déjà certains dire : "ça manque de lisibilité, trop fouillis, trop sombre ...." Que nenni ! Justement c'est ce qui permet de naviguer à tâtons, de ressentir l'anxiété. Vous voyez "Alien" tourné sous le soleil de Corse ? Vivement la suite. J'en conseille la lecture, en sachant que ça passe ou ça casse. Note : 4 et coup de cœur Tome 2 Mazette, une intrigue qui prend de la densité (c'était déjà coton dans le premier tome). James Tynion IV continue avec un scénario complexe et déroutant qu'il m'a été impossible de lâcher avant la fin. Bon, j'avoue quelques pauses pour assimiler l'ensemble. Un récit qui prend une nouvelle tournure et qui mélange cryptides, tulpas, monstres et magie, une sacrée tambouille. Une recette digne d'un trois étoiles, c'est délicieux. Surprises et rebondissements seront au rendez-vous. Je trouve le dessin de Martin Simmonds encore plus aboutit et ça mise en page est phénoménale, immersive. Vivement le tome 3. Je réitère, un comics qui ne plaira pas à tout le monde mais laissez-vous tenter par une putain de chiadé de lecture. Note : 4 et toujours coup de cœur. Tome 3 Tynion IV maîtrise toujours autant son sujet, il va pousser votre cerveau dans ses derniers retranchements. Quid de la vérité et du mensonge ? Un album centré sur le patron de Cole (je ne peux toujours pas donner son nom), sur ses origines, ses motivations et sur la naissance du département de la vérité. Un récit où fiction (?), faits historiques et croyances s'entrechoquent. Un récit qui ne cesse d'évoluer où l'on en apprendra un peu plus sur cette femme écarlate, Babalon, la mère des abominations. Pour la partie graphique, je suis orphelin de Martin Simmonds, ce tome 3 sera dessiné par un(e) dessinateur(rice) différent(e) pour chaque chapitre.  J'ai pris plaisir à retrouver Elsa Charretier (November) dans un style moyenâgeux et enchanteur. Tyler Boss est dans le pur style comics, tandis que John J. Pearson plagie Martin Simmonds. J'ai adoré le dessin psychédélique de Alison Sampson aux couleurs hallucinogènes. Un assemblage cohérent qui retranscrit les ambiances bien différentes des chapitres. Note : 4. Tome 4 Un album qui va se concentrer sur la relation entre Cole et son mari, mais aussi sur le passé pendant la guerre froide, avec le Ministère du Mensonge, l'équivalent soviétique du Department of Truth et l'énigmatique Grigori Petrov. Avec le retour en force de Black Hat, ce quatrième tome est captivant et promet quelques belles surprises. Une narration toujours aussi verbeuse et paradoxalement, je ne la trouve pas rébarbative, au contraire elle me séduit de plus en plus. Cet opus marque aussi le retour de Martin Simmonds pour mon plus grand plaisir. Toujours aussi somptueux. Note : 4 et nouveau coup de cœur.

09/04/2022 (MAJ le 29/08/2023) (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série La Bibliomule de Cordoue
La Bibliomule de Cordoue

Cette BD a fait beaucoup parler d'elle à la sortie, et après lecture je comprends pourquoi. Et je suis étonné que ce récit soit aussi bon sur tous les plans ! Mon amour du livre parle bien sûr énormément dans la notation, mais qu'est-ce que la BD est bien faite quand même ! Notamment dans le cadre historique précis qui fait incroyablement plaisir pour un amateur d'histoire. Le récit est assez long pour être prenant, développer les personnages et le contexte, mais aussi expliquer les motivations et entrainer dans un déroulé assez inattendu. Le résultat est franchement plaisant, chaque personnage ayant sa propre existence interne au récit et j'ai été surpris de découvrir que plusieurs d'entre eux ont eu une existence réelle. L'impression positive n'en est que renforcée par les pages finales, expliquant en détail les conflits de l'Espagne de cette époque, déchirée entre plusieurs royaumes, confessions et dynasties. L'ensemble est donc baigné dans l'Histoire mais aussi dans un propos sur le livre, le savoir et la transmission. Je pense que rien n'est parfaitement original dans cette idée, mais elle est bien présentée puisqu'on cerne aussi ses limites (comme par exemple la pertinence de transmettre un livre qui contient des informations inexactes). Là où Lupano fait fort, c'est que l'histoire des protagonistes est intéressante dans ces bouleversements, on les suit dans une fuite avec une mule et un tas de livres, dans des rencontres diverses et des dialogues savoureux. J'aime beaucoup les personnalités de chacun et leurs rapports non seulement aux livres mais aussi au reste du monde. Il y a des belles trouvailles dans les propos sur la politique par exemple. C'est le genre de BD que je recommande les yeux fermés. Il y a là de quoi se divertir, s'instruire et réfléchir dans un emballage bien dessiné et prenant. C'est typiquement le genre de BD que j'adore, parce que je n'ai franchement rien à lui reprocher. Foncez tête baissée, cette BD là c'est de la bonne !

29/08/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Les Montagnes hallucinées (Tanabe)
Les Montagnes hallucinées (Tanabe)

J'aime beaucoup les récits de Lovecraft, malgré le ton qui fait bien souvent daté et les petits détails qui accrochent l'œil du lecteur d'aujourd'hui (notamment sur le racisme ou le sexisme). Son adaptation en bande dessinée est probablement une des meilleures choses qui soit, avec la possibilité de réarranger les textes d'une façon qui soit accessible à une nouvelle vague de lecteurs sans pour autant s'éloigner de son œuvre. Bref, dans le genre Gou Tanabé semble s'être mis en tête de faire tout les récits emblématiques du maitre de l'horreur cosmique. Et grand bien lui en prend, avec tout ce qu'on peut trouver dans les récits de Lovecraft, il y a à boire et à manger. Cependant, les récits les plus connus conservent leur force à travers le temps, et c'est tout le sujet du récit Les Montagnes Hallucinées, sans doute l'un des plus connus. Le récit a l'avantage d'être long, posant une ambiance réussie entre l'expédition scientifique, la découverte sensationnelle, le récit d'horreur et le cosmique insondable. Tout prend son temps pour se poser, on découvre petit à petit les scientifiques, la météo joue le rôle de temporisateur, et progressivement ce qu'on devine se dessine. Lorsque le fantastique arrive, le lecteur habitué comprend vite ce qu'il en est, tandis que les protagonistes hésitent, formulent des hypothèses et progressivement dessinent l'effroyable vérité. Ce qui est génial, c'est la tension entre ce qu'on comprend (parce que le fantastique parait évident en lisant) et ce que les protagonistes en comprennent, puisque le fantastique sera la dernière explication qu'ils privilégierons. Bref, ce récit coche toutes les cases du fantastique lovecraftien et se fait plaisir en laissant le temps aux choses de se poser, à s'attacher à ce qui se joue progressivement, jusqu'à une exploration de la cité mystérieuse dans un long périple pratiquement muet, contemplant la grandeur de ce qui fut et comprenant l'importance de tout ceci. Comme souvent chez Lovecraft, il n'y a pas d'explications ou de compréhension, juste l'imagination qui joue à fond pour tenter de capter tout ce qu'on ne pourra jamais comprendre. Et ce cri final … Que voit-il pour crier ainsi si fort ? Qu'est-ce qui peut provoquer un tel bouleversement de l'esprit ? Seule notre imagination peut palier à ça, et je trouve que c'est une fin qui correspond parfaitement à ce qu'on est en droit d'attendre d'un tel récit. Je m'étends beaucoup sur ce diptyque, mais je trouve que Tanabé a réussi magnifiquement à retranscrire l'ambiance d'une base en Antarctique, la découverte étrange et ce fantastique qui s'installe progressivement, l'idée que tant de choses soient encore inaccessibles à l'esprit humain. J'aime beaucoup ces récits, j'aime la façon de mettre en image et je trouve que l'ensemble marche parfaitement bien. Je recommande la lecture, peut-être une des plus réussies de l'ensemble du catalogue. Pour les amateurs du genre et pour découvrir Lovecraft ?

28/08/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série P.T.S.D.
P.T.S.D.

J'aime beaucoup le travail de Singelin sur divers ouvrages, même si c'est vraiment dans Doggybags que j'ai découvert son trait, et j'apprécie ce qu'il faut au sein du label 619. "P.T.S.D." m'intéressait parce que j'étais curieux de la façon dont il traiterait ce genre de problématique assez spécifique et peu courante dans la littérature (peut-être un peu plus en film, cela dit). Et je suis franchement assez convaincu par son travail. Si j'apprécie toujours autant son dessin, on sent qu'il s'est fait plaisir et s'est carrément lâché sur les décors, dans un urbain asiatique indéfinissable, mais aussi lorsqu'il raconte la guerre et les paysages qui lui sont associés. Il y a comme une opposition entre la nature et la ville présentée ici : la nature calme et paisible, mais dans la guerre, la ville plus pacifiste, mais déchirée par les conflits. Le récit se concentre sur Jun, jeune femme marquée par la guerre et délaissée lors de son retour à la vie civile, comme tant d'autres. J'aime bien le fait que son passé soit dévoilé par petites touches, pour comprendre à la fois ce qu'elle a vécu et ce qui l'a traumatisé, entre syndrome du survivant et difficulté à échapper à ce stress, à ces images. L'ensemble se concentre autour d'une guerre des gangs pour la drogue, échappatoire ultime à tout ce qui pèse sur les consciences. Et enfin, nous voyons aussi comment les liens sociaux, notamment avec les animaux, permettent de s'ancrer à nouveau dans un présent qui échappe souvent à ces vétérans. Le récit comporte quelques points qu'on peut qualifier de trop optimistes, notamment la restauratrice qui semble bien trop angélique et bienveillante. Mais je comprends l'idée de montrer comment s'en sortir, la façon dont on peut y échapper. Et j'aime à croire que certaines personnes concernées par ces syndromes peuvent s'en sortir avec l'aide de personnes comme ça, qui mettent des efforts à aider ceux qui souffrent. Je suis bien conscient que ça peut sembler utopique, mais la BD semble aussi présenter ces liens sociaux comme nécessaire à l'échappatoire. D'autre part, j'aime bien l'idée de lui faire trouver une nouvelle occupation dans la vie civile, occupation qui comporte à la fois un lien avec son passé mais est également une sorte de négation de celui-ci. Soigner plutôt que tuer … Le récit fait quelques petits choix intelligents dans ce genre là. Un pays sans précision, une guerre fictive, le tout pour simplement parler de l'essentiel. Même si il y a un petit message sur le délaissement par l'état, la violence du retour à la vie civile et les difficultés entre drogue et gangs, le propos n'est pas politique. Et moi qui aime pourtant bien ce genre de sujet, ça me fait plaisir de lire une BD qui n'insiste pas trop dessus pour surtout parler d'un personnage. En somme, le récit est une réussite à mes yeux. Il permet de faire passer tout ce qu'il faut sur la question, la développe bien tout du long mais fait également un récit intéressant. C'est une BD vraiment sympa et qui m'a plu. Je la recommande !

28/08/2023 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5
Couverture de la série Minnie et le secret de Tante Miranda
Minnie et le secret de Tante Miranda

Cet album est une parenthèse de douceur et de bienveillance…Avec toujours le même talent, Cosey nous plonge au cœur de l’hiver en compagnie de Minnie et de Clarabelle. Tout est fluide dans cet album et on se laisse porter. Minnie, femme accomplie, sans l’ombre d’un défaut (ou presque) part à la recherche d’un mystérieux carnet qu’il ne faudrait pas laisser traîner dans n’importe quelles mains. Mais voilà, accéder au chalet de tante Miranda relève de l’exploit tant la neige est profonde et le froid intense. Dessiner des paysages de montagnes enneigées est un art chez Cosey qui restitue à merveille l’ambiance de l’hiver en bleu, jaune et blanc. Au cœur de cette jolie histoire : d’énormes snowcakes, une bonne dose d’amitié et pas mal d’humour.

27/08/2023 (modifier)