Après le remarquable The Birthday Riots, Nabiel Kanan continue, avec "Drawners" (les noyés) son constat amer sur la société.
Le regard désabusé de l'auteur sur le monde politique, se porte à présent sur la sphère économique.
J'ai eu, je l'avoue, un peu de mal à rentrer dans le récit, tant les personnages s'entrecroisent sans pour autant découvrir au début, tout du moins, un vrai fil conducteur. (Car qu'y a t-il de commun entre un magnat de la finance, un couple sans histoire et un toubib ?)
Pourtant, de ces personnages torturés et complexes, aucun n'échappe au couperet du remord et de la souffrance. Nabiel Kanan porte un regard froid et lucide sur les désillusions des hommes, thème qu'il avait déjà développé dans son précédent album.
Un album noir, scénario réglé comme une horloge (malgré quelques facilités – lorsque Havley, armée, retrouve trop vite son dealer-), le tout relevé par un dessin en noir et blanc sobre et beau.
Avant de poster mon avis, j'ai pris la peine de lire tous ceux qui étaient déjà en ligne.
Manifestement les avis sont partagés.
Personnellement, je suis un fan de cette série, et contrairement à nombre d'entre vous, j'ai été attiré par la légèreté du trait de Michel Weyland, et la grande qualité du coloriage.
Pour être peintre, j'ai compris depuis longtemps que l'on peut frapper le regard de quelqu'un en usant de couleurs très saturées et des contrastes violents. Cela peut souligner au besoin des images pleines d'action. Par contre, on apprend avec le temps à nuancer, et faire passer les mêmes impressions par touches plus subjectives, jouant plus sur la tonalité globale de l'ensemble d'un tableau, ou d'un album de BD.
Par contre, dans Aria, le coté "aquarelle", qui évolue entre les premiers albums (gouaches, équivalent de l'acrylique de maintenant) et les derniers (coloriages à l'encre, à la palette graphique pour les 2 derniers), souligne plutôt bien, le coté poétique et onirique de l'univers où se débat Aria.
Pour les scénarios, à chacun de juger selon ses goûts, selon qu'on est un pur et dur de l'héroic fantasy ou pas. Pour ma part, je n'ai réellement "accroché" qu'avec l'album "Vendéric", et je n'ai cessé d'être enthousiasmé, malgré des albums parfois moins dynamiques que d'autres.
Sur le plan dessin, encore une fois, je vais avoir un avis contraire en disant que artistiquement parlant, je trouve le graphisme plus moderne et plus réaliste que beaucoup d'autres, plus "à la mode". Naturellement, en la matière, c'est le peintre qui parle, et pas forcément un spécialiste de BD.
Pour info, j'ai acheté, sur un tard, l'ensemble de la collection en 3 fois (27 albums à l'époque), considérant qu'une série de ce genre se doit d'être complète si on aime bien .
Raymond
Les fans de zombies peuvent se jeter dessus et le dévorer... (pas mal les jeux de mots, non?)
Mon avis ne sera donc pas objectif puisque c'est un des thèmes que j'apprécie beaucoup en SF, que ce soit au cinéma ou dans la littérature (le 2e étant les futurs apocalyptiques, les catastrophes où les survivants... ben... doivent survivre).
Donc pour Walking dead, l'histoire commence rapidement avec un homme se réveillant dans un hôpital désert... pas si désert que ça car il tombe sur un groupe de zombies en train de manger des cadavres (réjouissant hein?). Sa seule obsession sera de retrouver sa femme et son fils.
Je me suis mis dans la peau du héros, à sa place que ferais-je ? Et vous, que ferez-vous ?
J'ai plutôt bien aimé, l'ambiance est bien travaillée. Le scénario tient la route : temps de pause entre l'action et surtout réflexion des héros sur leurs sorts, le sort du monde et le pourquoi de l'émergence de cette catastrophe. Un petit groupe de survivant se compose et une petite vie se réorganise avec tout ce qu'implique la vie en communauté, jalousie, partage, envie, amitié,... on en oublierait presque parfois les mangeurs d'humains qui se baladent dans le coin. Le noir et blanc est vraiment judicieux, assombrissant l'histoire et rendant l'immersion plus réelle. Le dessin est agréable, sans plus; peut-être le léger point négatif de cet album. Il manque un peu de consistance, je trouve. Certains plans sont franchement réussis, d'autres semblent fait à la va vite.
La comparaison au film de genre est évidente et comme l'ont cité plusieurs posteurs, les Romero ou 28 jours plus tard pour le début sont abondamment copiés, mais il est difficile de réinventer le mythe du zombie sans faire référence aux prédécesseurs. Et puis c'est pas plus mal, quand on aime un genre, on s'attend forcément à ce que certains stéréotypes soient respectés.
Bref, ceux qui aiment le genre adoreront, les autres laissez tomber.
Je viens de découvrir cette série par l'achat des deux premiers albums.
Contrairement au seul avis donné sur cette série, le style et le dessin me séduisent fortement, me rappelant (j'ai passé la cinquantaine) le plaisir que j'éprouvais quand je lisais des séries comme Blake et Mortimer ou Lefranc.
Le style, décalé par rapport aux canons actuels, nous ramène à la grande époque de la BD Belge et de sa fameuse ligne claire.
Au départ, on a l'impression de se retrouver dans un "remake" de "La grande pyramide", mais rapidement, et notamment avec le deuxième tome, on sent que le scénario va faire appel à d'autres légendes de l'univers archéologique. Trés vite on se prend à réver à d'autres civilisations, et à regretter que cette histoire ne soit qu'une fiction.
Cette BD est distrayante, car elle se lit facilement, et vous détend, sans pour autant faire appel à des concepts complexes, mais pas moins imaginaires, comme ceux des séries plus modernes d'action ou de fiction.
J'ai réellement passé un bon moment à la lecture, en continu, de ces deux albums et j'attends avec impatience la suite.
Raymond
Très beau diptyque que voilà. Les auteurs parviennent à plonger le lecteur dans l'Afrique du 19e siècle, sa lumière, ses formes, et mêmes ses odeurs je trouve. L'immersion à la lecture est totale et rendue avec grand talent, l'impression pour le lecteur est quasi-hypnotique (pour moi en tous cas...)
L'histoire est belle, et les personnages incarnés. Contrairement à Quentin, Arafamba sonne très bien pour moi et je ne vois pas en quoi il activerait la mauvaise conscience de l'occident... il parle de l'esclavagisme (en l'occurrence par les Arabes), qui est indissociable hélas de l'histoire de l'Afrique, et ce depuis des millénaires. De plus il évite l'écueil d'un récit sur l'Afrique trop centré sur la gloire du petit-français-qui-sut-aller-à-Tombouctou.
Je ne suis pas totalement fan du dessin en revanche. Il retranscrit magnifiquement les couleurs et les ambiances, mais certains visages varient trop d'une case à l'autre et parfois l'action manque de lisibilité. Et surtout, je regrette l'immonde police de caractère utilisée pour les "voix-off" dans cette BD, qui fait vraiment tâche dans d'aussi beaux livres... mais ne boudons pas notre plaisir, l'ensemble est très beau.
Le monde selon François est la première BD que je lis de la nouvelle collection Punaise des Editions Dupuis. Cette collection est destinée aux enfants de 6 ans et plus. La lecture de Le monde selon François me laisse cependant penser que cette BD pourrait bien s'adresser à un public un peu plus âgé, plus proche de la dizaine d'années à mes yeux. En tout cas, quel que soit l'âge des enfants qui préfèreront cette série, cela se lit très bien pour un public adulte.
Le très gros point fort de cette BD est son dessin.
Superbe utilisation de l'infographie !
Le trait fait penser à celui de Jung et Camboni (Gargouilles) avec une touche de Arthur de Pins (Péchés mignons). Ce même trait que j'assimile personnellement au style de l'animation moderne, associé à certains styles publicitaires. Les couleurs sont originales et excellentes. Les personnages sont réussis, dynamiques et vivants. Les décors sont très bons et stylés.
Bref, c'est du tout bon en matière de graphisme pour qui n'est pas allergique au dessin (excellemment bien) réalisé par le biais de l'informatique. Qu'on aime ou pas le scénario, ça vaut le coup d'oeil.
Le scénario du premier tome part sur une idée tout à fait sympathique.
Le héros est un jeune garçon débordant d'imagination à chaque instant. Et c'est cette imagination, cette aisance avec les mots qui lui viennent presque automatiquement à la bouche, qui vont l'amener à assumer le rôle de Grand Alphabet, dispensateur d'imagination auprès des écrivains, et adversaire de la littérature sans âme et des marchands de "culture" formatée.
Ceci étant dit, hormis les phases où l'imagination du petit François nous emmène à la découverte de petites histoires originales et plaisantes, le récit est assez linéaire et classique. Pas de grande surprise pour ce premier tome dont l'intrigue globale est rapidement résumée en fin de compte. Beaucoup de manichéisme et une solution facile au conflit entre le méchant monsieur et le gentil héros.
Le second tome est plus simple mais également plus enthousiasmant. Il tourne autour du thème de l'amour, l'amour éternel est-il possible ou non. Il aborde en même temps le sujet des parents qui se disputent et qui en viennent à se séparer. Ou comment mélanger métaphore fantastique et réel.
Le troisième tome fait encore mieux dans le genre, abordant cette fois le fait de prendre le temps de vivre, de savourer la vie et la jeunesse de ses enfants. Le jeune François se retrouve seul avec son père pour cette aventure et la morale est douce et intelligente. Très bon album, mon préféré pour le moment.
C'est une lecture plaisante et jolie, s'adressant autant aux enfants qu'aux adultes, et qui permet de profiter d'autant mieux du superbe dessin.
Zarla s'adresse plutôt à un public relativement jeune, que je situerais personnellement entre 9 ans et... 77 ans ? Dans cette optique, il s'agit à mes yeux d'une bien bonne série qui s'entame.
Voilà donc de l'heroic-fantasy, reprenant les classiques de ce genre très répandu depuis quelques ans dans le domaine de la BD, mais les adaptant de manière amusante et réussie pour un jeune public. C'est un cocktail plutôt réussi d'aventure, de petite héroïne mignonne et d'humour.
Le dessin est sympathique. A vrai dire, au niveau des couleurs, de l'encrage, des personnages et de certains décors, il me rappelle une autre série très connue du domaine de l'heroic-fantasy, à savoir Trolls De Troy. Avec ce rapprochement, voulu ou non, nous nous retrouvons en territoire connu, celui de la fantasy légère, à base d'action, de magie et d'humour. Le trait de Guilhem n'égale pas celui de Mourier, ses décors sont plus épurés et plus simples, son trait est plus gras et ses planches moins percutantes, mais il est sympathique à lire et à regarder. Et la petite Zarla est vraiment toute mignonne et amusante.
Je reprocherais cependant deux choses. La première est que j'ai du mal à distinguer les traits de celui qui semble avoir été le père de Zarla : on dirait une femme, non ? La seconde est un certain manque d'espace dans la mise en page de l'actuelle édition : j'aurais aimé une marge un peu plus grande autour de chaque planche, pour donner plus d'air au dessin. Ceci dit, au vu du faible prix de l'album, si cela implique un format un peu condensé, je ne vais pas m'en plaindre.
Quant au récit, il s'entame sur une base assez cliché, celle d'une jeune héroïne qui part à l'aventure, protégée secrètement par une créature guerrière surpuissante. Mais rapidement arrivent quelques originalités.
Déjà, l'héroïne est une enfant, avec la naïveté et la drôlerie qui va avec. Le récit n'est donc pas à l'aventure pure et dure, mais plus à l'aventure humoristique légèrement enfantine. Et de l'humour, il y en a suffisamment pour m'avoir fait sincèrement rire ou sourire à bien des passages. C'est parfois de l'humour enfantin du niveau de la souris qui fait peur à l'éléphant, de l'humour classique mais bien amené du genre de la guitare écrasée sur la tête de celui qui a dit quelque chose qui ne plait pas à la femme de tête, mais aussi parfois de l'humour un peu sadique (je pense au sort de la petite fée ou du petit chiot Hydromel 2) et donc plus moderne.
Ensuite, l'histoire n'est pas aussi linéaire et prévisible que le départ le laisse craindre. Elle se révèle même véritablement dense pour des albums de 48 pages. Il se passe beaucoup de choses, des sérieuses comme des nettement plus légères, des mignonnes ou des rigolotes comme de la vraie aventure qui laisse présager de plusieurs tomes à venir encore.
Les lecteurs les plus blasés reprocheront à cette BD de nombreux petits déjà-vus, une intrigue assez naïve, une tendance à chercher à capter un public déjà amateur de série comme Trolls De Troy même si la cible est ici plus jeune.
Mais j'ai pris un réel plaisir à lire le premier tome de cette série que j'ai trouvée amusant, charmant, et suffisamment prenant pour que des lecteurs aussi bien enfantins qu'adultes le lisent avec un bonheur simple.
Un très curieux postulat de départ : déroutant, mais ensuite terriblement attachant...
De Crécy se lance ici dans un récit d'anticipation aussi jubilatoire que déconcertant.
Dans un futur très lointain, s'aventurant sur la couche de glace d'une Europe oubliée des hommes -une petite équipe d'archéologues- et de chiens mutants (ben oui, ils parlent) tentent de retrouver des traces de leur histoire.
Surprise : au milieu de nulle part, émergeant de sous l'étendue blanche, ils découvrent un bâtiment d'architecture inconnue. C'est -en réalité- le Louvre. Mais ignorant jusqu'à la notion de musée, ces hommes s'imaginent découvrir le palais d'un riche patricien d'une civilisation perdue. Quel sens faut-il alors donner à ces milliers "d'images" et d'objets qui l'habitent ?..
Combinant des situations burlesques à un catalogue d'exposition, de Crécy réussit une sorte de pari impossible.
Son histoire, sa BD est frondeuse et libre. Elle se termine sur une fin "ouverte" mais délirante et qui m'a donné envie de plonger dans les yeux de la plus modeste statuette de la plus modeste vitrine du Louvre.
Et attendre... attendre qu'elle me raconte son immémoriale et personnelle histoire...
Déconcertant. Positivement.
Foufi ?...C'est... mignon tout plein !
Il fait ses premiers pas dans l'hebdo Spirou dès 1968.
J'ai 14 ans et j'apprécie de suite : un dessin méticuleux, très fouillé, décors luxuriants, histoires drôles au pays des mille et une nuits en font rapidement un de mes personnages vedettes.
Il aura l'honneur de deux albums cartonnés (rares et très recherchés).
Il faudra pourtant attendre 28 ans pour voir la suite des aventures de notre ami.
MAIS : terminé les couleurs vives, fraîches, pétantes dans des décors "de là-bas". Ses aventures seront éditées en noir et blanc. Encrage trop onéreux ?... Manque de rentabilité ?... Je ne sais.
N'empêche, c'est avec un réel plaisir que j'ai redécouvert ce garnement qui était resté caché dans un coin de ma mémoire.
Si un jour, ami lecteur, vous "tombez" sur un Foufi, prenez une loupe : vous en aurez besoin pour décrypter l'exubérance des "dessins dans le dessin" que Kiko avait l'art de faire s'entremêler.
J'écris "avait" car ce créateur -affable, disponible, d'une très grande gentillesse- que j'ai rencontré à diverses reprises, s'est hélas éteint le 23 Mai 2006, la veille de son 70ème anniversaire.
Du beau travail d'un vrai artiste.... "oublié" avant l'heure à cause de cette putain de rentabilité. Et c'est grand dommage !...
Deux grands auteurs -Schuiten et Peeters- s'attaquent ici à l'avenir de la planète.
Ils passent le réel au tamis pour en extraire des pépites apparemment anodines mais qui, dans leurs mains, se révèlent des trésors propres à nourrir leur imagination obstinée.
Il n'y a, dans cet album, que 32 pages. Mais quelles pages !... Toutes sont de carton épais, dans lequel vingt hypothèses d'un futur possible sont mises à plats, tels des articles de journaux.
Les "portes du possible" ?... c'est le tri des déchets comme forme ultime de compétition, l'art funéraire en ronde-bosse, Bruxelles pétrifiée pour que ses quartiers ne subissent pas l'outrage du temps, des couloirs à bêtes sauvages qui traversent les cités, des toitures nomades, des pèlerins de l'industrie...
C'est fin... et très intelligent.
Il faut prendre -comme j'ai pris- le temps de lire ET de regarder ce lourd volume. Je me suis ainsi rendu compte que certaines limites de la BD ont été franchies : pas une bulle, de très rares cycles de cases successives. Mais pour un résultat optimal, fidèle à l'esprit et à l'imagerie "imposée" par de duo depuis déjà 25 ans.
Voici quelques mois, un quotidien belge a offert -en encart, et pendant quelques semaines- le tirage de quelques planches quasi en format A2. J'ai été soufflé par le travail graphique, la minutie du détail, la mise en page et la formidable poésie qui se dégage de ces planches.
Les "portes"... un univers antérieur, parallèle ?... A vous de voir... de croire ?...
Un GRAND album... Un vrai !..
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Après le remarquable The Birthday Riots, Nabiel Kanan continue, avec "Drawners" (les noyés) son constat amer sur la société. Le regard désabusé de l'auteur sur le monde politique, se porte à présent sur la sphère économique. J'ai eu, je l'avoue, un peu de mal à rentrer dans le récit, tant les personnages s'entrecroisent sans pour autant découvrir au début, tout du moins, un vrai fil conducteur. (Car qu'y a t-il de commun entre un magnat de la finance, un couple sans histoire et un toubib ?) Pourtant, de ces personnages torturés et complexes, aucun n'échappe au couperet du remord et de la souffrance. Nabiel Kanan porte un regard froid et lucide sur les désillusions des hommes, thème qu'il avait déjà développé dans son précédent album. Un album noir, scénario réglé comme une horloge (malgré quelques facilités – lorsque Havley, armée, retrouve trop vite son dealer-), le tout relevé par un dessin en noir et blanc sobre et beau.
Aria
Avant de poster mon avis, j'ai pris la peine de lire tous ceux qui étaient déjà en ligne. Manifestement les avis sont partagés. Personnellement, je suis un fan de cette série, et contrairement à nombre d'entre vous, j'ai été attiré par la légèreté du trait de Michel Weyland, et la grande qualité du coloriage. Pour être peintre, j'ai compris depuis longtemps que l'on peut frapper le regard de quelqu'un en usant de couleurs très saturées et des contrastes violents. Cela peut souligner au besoin des images pleines d'action. Par contre, on apprend avec le temps à nuancer, et faire passer les mêmes impressions par touches plus subjectives, jouant plus sur la tonalité globale de l'ensemble d'un tableau, ou d'un album de BD. Par contre, dans Aria, le coté "aquarelle", qui évolue entre les premiers albums (gouaches, équivalent de l'acrylique de maintenant) et les derniers (coloriages à l'encre, à la palette graphique pour les 2 derniers), souligne plutôt bien, le coté poétique et onirique de l'univers où se débat Aria. Pour les scénarios, à chacun de juger selon ses goûts, selon qu'on est un pur et dur de l'héroic fantasy ou pas. Pour ma part, je n'ai réellement "accroché" qu'avec l'album "Vendéric", et je n'ai cessé d'être enthousiasmé, malgré des albums parfois moins dynamiques que d'autres. Sur le plan dessin, encore une fois, je vais avoir un avis contraire en disant que artistiquement parlant, je trouve le graphisme plus moderne et plus réaliste que beaucoup d'autres, plus "à la mode". Naturellement, en la matière, c'est le peintre qui parle, et pas forcément un spécialiste de BD. Pour info, j'ai acheté, sur un tard, l'ensemble de la collection en 3 fois (27 albums à l'époque), considérant qu'une série de ce genre se doit d'être complète si on aime bien . Raymond
Walking Dead
Les fans de zombies peuvent se jeter dessus et le dévorer... (pas mal les jeux de mots, non?) Mon avis ne sera donc pas objectif puisque c'est un des thèmes que j'apprécie beaucoup en SF, que ce soit au cinéma ou dans la littérature (le 2e étant les futurs apocalyptiques, les catastrophes où les survivants... ben... doivent survivre). Donc pour Walking dead, l'histoire commence rapidement avec un homme se réveillant dans un hôpital désert... pas si désert que ça car il tombe sur un groupe de zombies en train de manger des cadavres (réjouissant hein?). Sa seule obsession sera de retrouver sa femme et son fils. Je me suis mis dans la peau du héros, à sa place que ferais-je ? Et vous, que ferez-vous ? J'ai plutôt bien aimé, l'ambiance est bien travaillée. Le scénario tient la route : temps de pause entre l'action et surtout réflexion des héros sur leurs sorts, le sort du monde et le pourquoi de l'émergence de cette catastrophe. Un petit groupe de survivant se compose et une petite vie se réorganise avec tout ce qu'implique la vie en communauté, jalousie, partage, envie, amitié,... on en oublierait presque parfois les mangeurs d'humains qui se baladent dans le coin. Le noir et blanc est vraiment judicieux, assombrissant l'histoire et rendant l'immersion plus réelle. Le dessin est agréable, sans plus; peut-être le léger point négatif de cet album. Il manque un peu de consistance, je trouve. Certains plans sont franchement réussis, d'autres semblent fait à la va vite. La comparaison au film de genre est évidente et comme l'ont cité plusieurs posteurs, les Romero ou 28 jours plus tard pour le début sont abondamment copiés, mais il est difficile de réinventer le mythe du zombie sans faire référence aux prédécesseurs. Et puis c'est pas plus mal, quand on aime un genre, on s'attend forcément à ce que certains stéréotypes soient respectés. Bref, ceux qui aiment le genre adoreront, les autres laissez tomber.
Allan Mac Bride
Je viens de découvrir cette série par l'achat des deux premiers albums. Contrairement au seul avis donné sur cette série, le style et le dessin me séduisent fortement, me rappelant (j'ai passé la cinquantaine) le plaisir que j'éprouvais quand je lisais des séries comme Blake et Mortimer ou Lefranc. Le style, décalé par rapport aux canons actuels, nous ramène à la grande époque de la BD Belge et de sa fameuse ligne claire. Au départ, on a l'impression de se retrouver dans un "remake" de "La grande pyramide", mais rapidement, et notamment avec le deuxième tome, on sent que le scénario va faire appel à d'autres légendes de l'univers archéologique. Trés vite on se prend à réver à d'autres civilisations, et à regretter que cette histoire ne soit qu'une fiction. Cette BD est distrayante, car elle se lit facilement, et vous détend, sans pour autant faire appel à des concepts complexes, mais pas moins imaginaires, comme ceux des séries plus modernes d'action ou de fiction. J'ai réellement passé un bon moment à la lecture, en continu, de ces deux albums et j'attends avec impatience la suite. Raymond
Abdallahi
Très beau diptyque que voilà. Les auteurs parviennent à plonger le lecteur dans l'Afrique du 19e siècle, sa lumière, ses formes, et mêmes ses odeurs je trouve. L'immersion à la lecture est totale et rendue avec grand talent, l'impression pour le lecteur est quasi-hypnotique (pour moi en tous cas...) L'histoire est belle, et les personnages incarnés. Contrairement à Quentin, Arafamba sonne très bien pour moi et je ne vois pas en quoi il activerait la mauvaise conscience de l'occident... il parle de l'esclavagisme (en l'occurrence par les Arabes), qui est indissociable hélas de l'histoire de l'Afrique, et ce depuis des millénaires. De plus il évite l'écueil d'un récit sur l'Afrique trop centré sur la gloire du petit-français-qui-sut-aller-à-Tombouctou. Je ne suis pas totalement fan du dessin en revanche. Il retranscrit magnifiquement les couleurs et les ambiances, mais certains visages varient trop d'une case à l'autre et parfois l'action manque de lisibilité. Et surtout, je regrette l'immonde police de caractère utilisée pour les "voix-off" dans cette BD, qui fait vraiment tâche dans d'aussi beaux livres... mais ne boudons pas notre plaisir, l'ensemble est très beau.
Le Monde selon François
Le monde selon François est la première BD que je lis de la nouvelle collection Punaise des Editions Dupuis. Cette collection est destinée aux enfants de 6 ans et plus. La lecture de Le monde selon François me laisse cependant penser que cette BD pourrait bien s'adresser à un public un peu plus âgé, plus proche de la dizaine d'années à mes yeux. En tout cas, quel que soit l'âge des enfants qui préfèreront cette série, cela se lit très bien pour un public adulte. Le très gros point fort de cette BD est son dessin. Superbe utilisation de l'infographie ! Le trait fait penser à celui de Jung et Camboni (Gargouilles) avec une touche de Arthur de Pins (Péchés mignons). Ce même trait que j'assimile personnellement au style de l'animation moderne, associé à certains styles publicitaires. Les couleurs sont originales et excellentes. Les personnages sont réussis, dynamiques et vivants. Les décors sont très bons et stylés. Bref, c'est du tout bon en matière de graphisme pour qui n'est pas allergique au dessin (excellemment bien) réalisé par le biais de l'informatique. Qu'on aime ou pas le scénario, ça vaut le coup d'oeil. Le scénario du premier tome part sur une idée tout à fait sympathique. Le héros est un jeune garçon débordant d'imagination à chaque instant. Et c'est cette imagination, cette aisance avec les mots qui lui viennent presque automatiquement à la bouche, qui vont l'amener à assumer le rôle de Grand Alphabet, dispensateur d'imagination auprès des écrivains, et adversaire de la littérature sans âme et des marchands de "culture" formatée. Ceci étant dit, hormis les phases où l'imagination du petit François nous emmène à la découverte de petites histoires originales et plaisantes, le récit est assez linéaire et classique. Pas de grande surprise pour ce premier tome dont l'intrigue globale est rapidement résumée en fin de compte. Beaucoup de manichéisme et une solution facile au conflit entre le méchant monsieur et le gentil héros. Le second tome est plus simple mais également plus enthousiasmant. Il tourne autour du thème de l'amour, l'amour éternel est-il possible ou non. Il aborde en même temps le sujet des parents qui se disputent et qui en viennent à se séparer. Ou comment mélanger métaphore fantastique et réel. Le troisième tome fait encore mieux dans le genre, abordant cette fois le fait de prendre le temps de vivre, de savourer la vie et la jeunesse de ses enfants. Le jeune François se retrouve seul avec son père pour cette aventure et la morale est douce et intelligente. Très bon album, mon préféré pour le moment. C'est une lecture plaisante et jolie, s'adressant autant aux enfants qu'aux adultes, et qui permet de profiter d'autant mieux du superbe dessin.
Zarla
Zarla s'adresse plutôt à un public relativement jeune, que je situerais personnellement entre 9 ans et... 77 ans ? Dans cette optique, il s'agit à mes yeux d'une bien bonne série qui s'entame. Voilà donc de l'heroic-fantasy, reprenant les classiques de ce genre très répandu depuis quelques ans dans le domaine de la BD, mais les adaptant de manière amusante et réussie pour un jeune public. C'est un cocktail plutôt réussi d'aventure, de petite héroïne mignonne et d'humour. Le dessin est sympathique. A vrai dire, au niveau des couleurs, de l'encrage, des personnages et de certains décors, il me rappelle une autre série très connue du domaine de l'heroic-fantasy, à savoir Trolls De Troy. Avec ce rapprochement, voulu ou non, nous nous retrouvons en territoire connu, celui de la fantasy légère, à base d'action, de magie et d'humour. Le trait de Guilhem n'égale pas celui de Mourier, ses décors sont plus épurés et plus simples, son trait est plus gras et ses planches moins percutantes, mais il est sympathique à lire et à regarder. Et la petite Zarla est vraiment toute mignonne et amusante. Je reprocherais cependant deux choses. La première est que j'ai du mal à distinguer les traits de celui qui semble avoir été le père de Zarla : on dirait une femme, non ? La seconde est un certain manque d'espace dans la mise en page de l'actuelle édition : j'aurais aimé une marge un peu plus grande autour de chaque planche, pour donner plus d'air au dessin. Ceci dit, au vu du faible prix de l'album, si cela implique un format un peu condensé, je ne vais pas m'en plaindre. Quant au récit, il s'entame sur une base assez cliché, celle d'une jeune héroïne qui part à l'aventure, protégée secrètement par une créature guerrière surpuissante. Mais rapidement arrivent quelques originalités. Déjà, l'héroïne est une enfant, avec la naïveté et la drôlerie qui va avec. Le récit n'est donc pas à l'aventure pure et dure, mais plus à l'aventure humoristique légèrement enfantine. Et de l'humour, il y en a suffisamment pour m'avoir fait sincèrement rire ou sourire à bien des passages. C'est parfois de l'humour enfantin du niveau de la souris qui fait peur à l'éléphant, de l'humour classique mais bien amené du genre de la guitare écrasée sur la tête de celui qui a dit quelque chose qui ne plait pas à la femme de tête, mais aussi parfois de l'humour un peu sadique (je pense au sort de la petite fée ou du petit chiot Hydromel 2) et donc plus moderne. Ensuite, l'histoire n'est pas aussi linéaire et prévisible que le départ le laisse craindre. Elle se révèle même véritablement dense pour des albums de 48 pages. Il se passe beaucoup de choses, des sérieuses comme des nettement plus légères, des mignonnes ou des rigolotes comme de la vraie aventure qui laisse présager de plusieurs tomes à venir encore. Les lecteurs les plus blasés reprocheront à cette BD de nombreux petits déjà-vus, une intrigue assez naïve, une tendance à chercher à capter un public déjà amateur de série comme Trolls De Troy même si la cible est ici plus jeune. Mais j'ai pris un réel plaisir à lire le premier tome de cette série que j'ai trouvée amusant, charmant, et suffisamment prenant pour que des lecteurs aussi bien enfantins qu'adultes le lisent avec un bonheur simple.
Période Glaciaire
Un très curieux postulat de départ : déroutant, mais ensuite terriblement attachant... De Crécy se lance ici dans un récit d'anticipation aussi jubilatoire que déconcertant. Dans un futur très lointain, s'aventurant sur la couche de glace d'une Europe oubliée des hommes -une petite équipe d'archéologues- et de chiens mutants (ben oui, ils parlent) tentent de retrouver des traces de leur histoire. Surprise : au milieu de nulle part, émergeant de sous l'étendue blanche, ils découvrent un bâtiment d'architecture inconnue. C'est -en réalité- le Louvre. Mais ignorant jusqu'à la notion de musée, ces hommes s'imaginent découvrir le palais d'un riche patricien d'une civilisation perdue. Quel sens faut-il alors donner à ces milliers "d'images" et d'objets qui l'habitent ?.. Combinant des situations burlesques à un catalogue d'exposition, de Crécy réussit une sorte de pari impossible. Son histoire, sa BD est frondeuse et libre. Elle se termine sur une fin "ouverte" mais délirante et qui m'a donné envie de plonger dans les yeux de la plus modeste statuette de la plus modeste vitrine du Louvre. Et attendre... attendre qu'elle me raconte son immémoriale et personnelle histoire... Déconcertant. Positivement.
Foufi
Foufi ?...C'est... mignon tout plein ! Il fait ses premiers pas dans l'hebdo Spirou dès 1968. J'ai 14 ans et j'apprécie de suite : un dessin méticuleux, très fouillé, décors luxuriants, histoires drôles au pays des mille et une nuits en font rapidement un de mes personnages vedettes. Il aura l'honneur de deux albums cartonnés (rares et très recherchés). Il faudra pourtant attendre 28 ans pour voir la suite des aventures de notre ami. MAIS : terminé les couleurs vives, fraîches, pétantes dans des décors "de là-bas". Ses aventures seront éditées en noir et blanc. Encrage trop onéreux ?... Manque de rentabilité ?... Je ne sais. N'empêche, c'est avec un réel plaisir que j'ai redécouvert ce garnement qui était resté caché dans un coin de ma mémoire. Si un jour, ami lecteur, vous "tombez" sur un Foufi, prenez une loupe : vous en aurez besoin pour décrypter l'exubérance des "dessins dans le dessin" que Kiko avait l'art de faire s'entremêler. J'écris "avait" car ce créateur -affable, disponible, d'une très grande gentillesse- que j'ai rencontré à diverses reprises, s'est hélas éteint le 23 Mai 2006, la veille de son 70ème anniversaire. Du beau travail d'un vrai artiste.... "oublié" avant l'heure à cause de cette putain de rentabilité. Et c'est grand dommage !...
Les Portes du possible
Deux grands auteurs -Schuiten et Peeters- s'attaquent ici à l'avenir de la planète. Ils passent le réel au tamis pour en extraire des pépites apparemment anodines mais qui, dans leurs mains, se révèlent des trésors propres à nourrir leur imagination obstinée. Il n'y a, dans cet album, que 32 pages. Mais quelles pages !... Toutes sont de carton épais, dans lequel vingt hypothèses d'un futur possible sont mises à plats, tels des articles de journaux. Les "portes du possible" ?... c'est le tri des déchets comme forme ultime de compétition, l'art funéraire en ronde-bosse, Bruxelles pétrifiée pour que ses quartiers ne subissent pas l'outrage du temps, des couloirs à bêtes sauvages qui traversent les cités, des toitures nomades, des pèlerins de l'industrie... C'est fin... et très intelligent. Il faut prendre -comme j'ai pris- le temps de lire ET de regarder ce lourd volume. Je me suis ainsi rendu compte que certaines limites de la BD ont été franchies : pas une bulle, de très rares cycles de cases successives. Mais pour un résultat optimal, fidèle à l'esprit et à l'imagerie "imposée" par de duo depuis déjà 25 ans. Voici quelques mois, un quotidien belge a offert -en encart, et pendant quelques semaines- le tirage de quelques planches quasi en format A2. J'ai été soufflé par le travail graphique, la minutie du détail, la mise en page et la formidable poésie qui se dégage de ces planches. Les "portes"... un univers antérieur, parallèle ?... A vous de voir... de croire ?... Un GRAND album... Un vrai !..