Il y a du Cyrano de Bergerac ou encore du baron de Münchhausen chez cet étrange personnage qu'est Nelson Lobster. Ses exploits sont dignes d'un conte pour enfants mais très vite Corbeyran ajoute une note plus dramatique avec l'apparition de la Camarde et le récit se transforme en "conte des mille et une nuits". Mais j'avoue que j'ai hésité avant d'acheter cette bande dessinée car, au vu des robots pages 38, j'avais peur de revoir Corbeyran dériver vers des rivages plus fantastique. Que nenni, le récit allie aventures maritimes, contes et légendes pour ma plus grande joie et les seuls monstres que l'on rencontre sont des monstres marins.
Même si le dessin et les couleurs relèvent beaucoup de l'informatique, j'ai été séduit par le trait de Florent Calvez, qui avait auparavant travaillé sur U-29 (éditions Akiléos), livre que j'avais apprécié.
Corbeyran s'éloigne du monde d'Asphodèle (qui me lasse réellement) pour nous livrer une saga maritime originale et réussie.
Un bon livre pour débuter l'année.
Vous voulez découvrir une bédé qui remue, une histoire qui, l'air de rien, vous explose à la figure, alors ruez-vous sur cet excellent récit d'une richesse assez hors du commun. A la fois témoignage d'une époque, et déballage quasi psychanalytique de son auteur, c'est presque jouissif tellement ce livre vous prend aux tripes. Le traitement graphique est également excellent. Bref, que du bon !
Si vous aimez le second degré et la dérision, cette BD est idéale. Un capitaine amoureux des livres et détaché des choses bassement terrestres au pays des pirates assoiffés de butin. C'est plein d'humour décalé et d'ironie. J'aime le dessin très coloré et le texte plein d'esprit.
Très très beau diptyque.
Autant dans sa conception que dans son exécution.
En effet le pari de Georges et Layla Bess de nous faire découvrir "de l'intérieur" l'écriture d'une histoire, est très intéressante. On eût pu craindre le côté "je suis un être supérieur, je crée la vie, etc.", mais pas du tout, on suit le couple dans ses hésitations, ses aller-retours, ses interrogations quant à l'orientation à donner à leur histoire. En cela l'oeuvre est d'une fraîcheur déconcertante et bienvenue, même si le procédé est "voulu".
Cela donne une mise en abyme de l'histoire tout à fait intéressante, d'autant plus que le conte qui nous est narré est passionnant, prenant. On a du mal à s'en détacher.
D'autant plus que le dessin de Georges Bess est d'une maîtrise époustouflante, comme dans Escondida, et que du coup son récit est entièrement réaliste, malgré le côté fantastique qui sous-tend toute l'histoire. Mais le patrimoine jodorowskien de Georges Bess remonte quand même à la surface, surtout dans le tome 2.
En effet le couple Bess joue un peu plus sur l'introspection, sur le sidéral, sur le métaphysique, histoire de pimenter un peu l'histoire.
Mais contrairement à certaines histoires du scénariste chilien, cela n'en devient pas embrouillé pour autant, et l'on reste dans le cadre des contes et légendes indiennes.
L'Inde, qui a donc largement inspiré ces deux auteurs, pour cette histoire en deux parties très intéressante, un conte aux frontières du mysticisme illustré avec énormément de talent.
Poésie, humour, amitié et aventure, ce sont tous les ingrédients qui me font apprécier cette BD. Les planches de dessins sont bourrées de petits détails qu'on ne voit pas forcément à la première lecture. Si ce que vous recherchez dans la BD est un moment d'évasion où l'on peut savourer une charmante histoire et des dessins invitant au voyage, véritables morceaux de nature, n'hésitez pas.
Cet album-là, je le guettais depuis un bon moment… je me méfiais un peu des avis très favorables des lecteurs disséminés ça et là sur les foras et le sujet de cette BD ne m’attirait pas plus que ça.
Et puis, voilà, au bout de quelques pages, entraîné par le dessin tout en rondeur de Alfred et la bonne narration de ce récit autobiographique, j’ai finalement été capté par cette bd.
L’histoire tourne autour des années 68, Olivier Ka est l’enfant unique d’une famille baba-cool aux mœurs très « libertins » et a des grands-parents fortement imprégnés par le catholicisme. Le rapport religieux entre ses parents et ses grands-parents ne sont pas donc au top, Olivier Ka n’aura pas de cesse de se poser des questions sur Dieu et sur sa façon de se comporter ainsi que sur celle de ses parents dont il admire leur « simplicité » de vivre.
Et puis, un jour débarque un curé au nom de « Pierre » dont l’allure correspond aux goûts de ses parents et dont la pratique religieuse satisfait ses grands-parents, il sera finalement le trait d’union de la famille.
Pour moi, il y a deux thématiques majeures dans ce récit.
La première correspond à la période post-adolescente de Olivier où le lecteur découvre l’époque soixante-huitarde avec ses interrogations sur à la religion, la nature, la liberté et l’épanouissement sexuel. Ce n’est pas la partie la plus important du récit mais elle est très riche en réflexions. Cette partie m’a posé beaucoup de questions sur l’éducation des enfants, la pratique religieuse, etc…
La deuxième correspond à la vie de Olivier de son adolescence jusqu’à nos jours, une vie marquée par sa « relation » avec ce curé et dont il ne s’en remettra jamais… Cette partie est sans contexte la base du récit, elle est pleine d’émotions et le lecteur ne peut qu’être touché par « la détresse » d’Olivier. Certaines séquences sont très dures à supporter (je pense au dénouement dont j’ai eu le sentiment que mon cœur se resserrait) malgré la douceur du trait d’Alfred.
Le choix de ce dessin pour cette histoire est assez étonnant. Je me mets à la place du lecteur qui n’a jamais entendu parler de ce récit et qui le découvre pour la première fois, imaginez un peu sa surprise lorsque sa lecture arrivera sur des séquences difficiles alors que la douceur du trait d’Alfred ne présageait pas cela !
Finalement, j’applaudis ce choix graphique car cela m’a permis d’entrer plus facilement dans ce récit. Je pense qu’un style plus réaliste pour cette histoire m’aurait rebuté jusqu’à l’écoeurement cette lecture alors que ce dessin « sympathique » me donne envie de relire cette bd… peut-être pas de sitôt mais je sais que je la relirai !
A mon avis, il est clair que cette bd ne donnera pas sitôt l’envie aux lecteurs de la relire tant le sujet est grave et plein de noirceurs. Cependant, le récit est ponctué par une partie sur la jeunesse d’Olivier Ka qui me semble très riche en questionnement, c’est ce passage qui me donne cette envie de relecture. Le dessin d’Alfred, au premier abord d’un style assez bizarre pour ce genre de récit, m’est finalement apparu intelligemment adapté à cette BD.
Une belle histoire d'amour dans un monde au bord de l'implosion...
Un univers qui se réduit comme une peau de chagrin et un monde qui est secoué par une révolte larvée...
Malgré ce climat de fin du monde, des couples vont pourtant se former et l'amour pourra se développer contre vents et marées.
"Le désespoir du singe" ?... c'est une histoire tendre, passionnée, mise en vie -j'écris bien "mise en vie"- dans un graphisme simple mais terriblement efficace.
C'est limpide.
Et c'est, pour moi, une très bonne surprise qui se dévore -miam-de bout en bout.
Etrange...
Surprenant...
Grotesque...
Débile...
... et génial en même temps !...
Une BD ?... Ben oui, mais sans paroles, sans phylactères, sans onomatopées ; le tout dans une suite graphique peu courante.
Vraiment troublant pour celui ou celle qui saura s'en laisser imprégner. L'ouvrage est signé par un Hollandais dont je ne connais pour ainsi dire rien.
CHRZ ?... ce sont les consonnes de chorizo, ce saucisson sec espagnol.
Pourquoi ?... J'en sais fichtre rien non plus ! Rageant, non ?...
Un album qui peut être éprouvant, même pour un amateur très éclairé, rébarbatif, attirant, nul et sublime à la fois.
J’avais envie de mettre "0" et "5" en même temps. J'opte pour un "4", car "ça", je ne l'ai jamais vu avant. Et aussi un coup de coeur. Un coup DANS le coeur...
Avec un tel titre et une ambiance baignant dans le fantastique, je croyais lire une version moderne des "Mystères de l'Ouest" en lisant cette série. Je faisais erreur pour plusieurs raisons.
La première est que W.E.S.T ne veut pas dire Ouest ici, et effectivement l'action ne se passe pas dans le Far-West mais dans le Nord-Est Américain pour le premier diptyque, puis à Cuba pour le second.
La seconde vient du fait que nous sommes plutôt face à un mélange de "Mission Impossible" et de thriller fantastique-horreur.
L'intrigue à base d'une équipe de pros, chacun doué dans son domaine, destinée à enquêter et à combattre pour le compte plus ou moins direct du gouvernement des USA, ce n'est pas très original. Même le fait qu'ils soient spécialisés dans le fantastique, avec pour adversaire de sombres mages agissant dans l'ombre, n'est pas si original de nos jours.
Mais il y a un certain nombre de points positifs qui m'ont peu à peu fait véritablement apprécier ma lecture.
Déjà la narration, même si assez complexe dans le premier diptyque, est réussie et prenante.
Ensuite, les scénarios mélangent habilement politique et magie, thriller fantastique et contexte historique des Etats-Unis. Et ce contexte historique est non seulement original mais en plus très intéressant pour le lecteur que je suis : je ne connaissais en effet quasiment rien des USA entre 1901 et 1904, l'Expostion PanAméricaine de Buffalo, l'attentat contre le président McKinley, l'occupation de Cuba par les USA, etc. Les intrigues de W.E.S.T s'imbriquent de belle manière dans ces décors et moments de l'Histoire.
En définitive, au fil des 3 tomes parus à l'heure actuelle, j'ai accroché de plus en plus au récit. Et le second diptyque qui s'entame me plait encore davantage que le premier car son décor de Cuba sous la colonisation américaine m'est nettement plus original que les manigances entre puissants américains du premier diptyque.
W.E.S.T est une série thriller-fantastique qui reste du niveau du bon divertissement mais ses décors très intéressants et ses personnages réussis permettent de la classer au niveau de très bonnes séries.
Difficile d'évoquer les aventures de "Tanguy et Laverdure" en 2007 !
La série est déjà vieille, et les dernières relances n'ont pas (ou plus) le punch des anciens albums, dont l'ambiance était en phase avec l'esprit des années 60.
Aujourd'hui, pas plus le pilote de chasse, que le cosmonaute, ne font rêver les jeunes générations, et ceux qui découvrent cette série maintenant, peuvent être déconcertés par le décalage entre ce qu'ils ont l'habitude de lire, et ce qui se faisait à l'époque.
Néanmoins, sachez que je me suis découvert une passion pour la BD, pour l'aviation de chasse, et pour le dessin et la peinture, grâce aux premiers albums de T&L dessinés par Uderzo.
Dans cette série, derrière l'aventure, il y a un côté documentaire sur l'aviation de chasse, sous-jacent, de grande qualité, ce qui changeait, à l'époque, des approximations des séries similaires.
Je vais en choquer certains en disant qu'à l'époque je détestais le style de Buck Danny, alors qu'il était du même auteur (j'ai bien changé depuis).
Pour ceux qui ont déjà lu les quelques posts que j'ai signés, vous savez que je suis un des (rares) chauds partisans de la BD de cette époque, même si depuis, j'en ai trouvé beaucoup d'autres tout aussi intéressantes.
Pour cette série, je ne peux plus parler de "coup de coeur", vu le temps qui s'est écoulé depuis la lecture des premiers albums, mais, à l'époque, cela aurait été sans hésitation.
Raymond
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Nelson Lobster
Il y a du Cyrano de Bergerac ou encore du baron de Münchhausen chez cet étrange personnage qu'est Nelson Lobster. Ses exploits sont dignes d'un conte pour enfants mais très vite Corbeyran ajoute une note plus dramatique avec l'apparition de la Camarde et le récit se transforme en "conte des mille et une nuits". Mais j'avoue que j'ai hésité avant d'acheter cette bande dessinée car, au vu des robots pages 38, j'avais peur de revoir Corbeyran dériver vers des rivages plus fantastique. Que nenni, le récit allie aventures maritimes, contes et légendes pour ma plus grande joie et les seuls monstres que l'on rencontre sont des monstres marins. Même si le dessin et les couleurs relèvent beaucoup de l'informatique, j'ai été séduit par le trait de Florent Calvez, qui avait auparavant travaillé sur U-29 (éditions Akiléos), livre que j'avais apprécié. Corbeyran s'éloigne du monde d'Asphodèle (qui me lasse réellement) pour nous livrer une saga maritime originale et réussie. Un bon livre pour débuter l'année.
Pourquoi j'ai tué Pierre
Vous voulez découvrir une bédé qui remue, une histoire qui, l'air de rien, vous explose à la figure, alors ruez-vous sur cet excellent récit d'une richesse assez hors du commun. A la fois témoignage d'une époque, et déballage quasi psychanalytique de son auteur, c'est presque jouissif tellement ce livre vous prend aux tripes. Le traitement graphique est également excellent. Bref, que du bon !
Ratafia
Si vous aimez le second degré et la dérision, cette BD est idéale. Un capitaine amoureux des livres et détaché des choses bassement terrestres au pays des pirates assoiffés de butin. C'est plein d'humour décalé et d'ironie. J'aime le dessin très coloré et le texte plein d'esprit.
Leela et Krishna
Très très beau diptyque. Autant dans sa conception que dans son exécution. En effet le pari de Georges et Layla Bess de nous faire découvrir "de l'intérieur" l'écriture d'une histoire, est très intéressante. On eût pu craindre le côté "je suis un être supérieur, je crée la vie, etc.", mais pas du tout, on suit le couple dans ses hésitations, ses aller-retours, ses interrogations quant à l'orientation à donner à leur histoire. En cela l'oeuvre est d'une fraîcheur déconcertante et bienvenue, même si le procédé est "voulu". Cela donne une mise en abyme de l'histoire tout à fait intéressante, d'autant plus que le conte qui nous est narré est passionnant, prenant. On a du mal à s'en détacher. D'autant plus que le dessin de Georges Bess est d'une maîtrise époustouflante, comme dans Escondida, et que du coup son récit est entièrement réaliste, malgré le côté fantastique qui sous-tend toute l'histoire. Mais le patrimoine jodorowskien de Georges Bess remonte quand même à la surface, surtout dans le tome 2. En effet le couple Bess joue un peu plus sur l'introspection, sur le sidéral, sur le métaphysique, histoire de pimenter un peu l'histoire. Mais contrairement à certaines histoires du scénariste chilien, cela n'en devient pas embrouillé pour autant, et l'on reste dans le cadre des contes et légendes indiennes. L'Inde, qui a donc largement inspiré ces deux auteurs, pour cette histoire en deux parties très intéressante, un conte aux frontières du mysticisme illustré avec énormément de talent.
Le Vent dans les Sables
Poésie, humour, amitié et aventure, ce sont tous les ingrédients qui me font apprécier cette BD. Les planches de dessins sont bourrées de petits détails qu'on ne voit pas forcément à la première lecture. Si ce que vous recherchez dans la BD est un moment d'évasion où l'on peut savourer une charmante histoire et des dessins invitant au voyage, véritables morceaux de nature, n'hésitez pas.
Pourquoi j'ai tué Pierre
Cet album-là, je le guettais depuis un bon moment… je me méfiais un peu des avis très favorables des lecteurs disséminés ça et là sur les foras et le sujet de cette BD ne m’attirait pas plus que ça. Et puis, voilà, au bout de quelques pages, entraîné par le dessin tout en rondeur de Alfred et la bonne narration de ce récit autobiographique, j’ai finalement été capté par cette bd. L’histoire tourne autour des années 68, Olivier Ka est l’enfant unique d’une famille baba-cool aux mœurs très « libertins » et a des grands-parents fortement imprégnés par le catholicisme. Le rapport religieux entre ses parents et ses grands-parents ne sont pas donc au top, Olivier Ka n’aura pas de cesse de se poser des questions sur Dieu et sur sa façon de se comporter ainsi que sur celle de ses parents dont il admire leur « simplicité » de vivre. Et puis, un jour débarque un curé au nom de « Pierre » dont l’allure correspond aux goûts de ses parents et dont la pratique religieuse satisfait ses grands-parents, il sera finalement le trait d’union de la famille. Pour moi, il y a deux thématiques majeures dans ce récit. La première correspond à la période post-adolescente de Olivier où le lecteur découvre l’époque soixante-huitarde avec ses interrogations sur à la religion, la nature, la liberté et l’épanouissement sexuel. Ce n’est pas la partie la plus important du récit mais elle est très riche en réflexions. Cette partie m’a posé beaucoup de questions sur l’éducation des enfants, la pratique religieuse, etc… La deuxième correspond à la vie de Olivier de son adolescence jusqu’à nos jours, une vie marquée par sa « relation » avec ce curé et dont il ne s’en remettra jamais… Cette partie est sans contexte la base du récit, elle est pleine d’émotions et le lecteur ne peut qu’être touché par « la détresse » d’Olivier. Certaines séquences sont très dures à supporter (je pense au dénouement dont j’ai eu le sentiment que mon cœur se resserrait) malgré la douceur du trait d’Alfred. Le choix de ce dessin pour cette histoire est assez étonnant. Je me mets à la place du lecteur qui n’a jamais entendu parler de ce récit et qui le découvre pour la première fois, imaginez un peu sa surprise lorsque sa lecture arrivera sur des séquences difficiles alors que la douceur du trait d’Alfred ne présageait pas cela ! Finalement, j’applaudis ce choix graphique car cela m’a permis d’entrer plus facilement dans ce récit. Je pense qu’un style plus réaliste pour cette histoire m’aurait rebuté jusqu’à l’écoeurement cette lecture alors que ce dessin « sympathique » me donne envie de relire cette bd… peut-être pas de sitôt mais je sais que je la relirai ! A mon avis, il est clair que cette bd ne donnera pas sitôt l’envie aux lecteurs de la relire tant le sujet est grave et plein de noirceurs. Cependant, le récit est ponctué par une partie sur la jeunesse d’Olivier Ka qui me semble très riche en questionnement, c’est ce passage qui me donne cette envie de relecture. Le dessin d’Alfred, au premier abord d’un style assez bizarre pour ce genre de récit, m’est finalement apparu intelligemment adapté à cette BD.
Le Désespoir du Singe
Une belle histoire d'amour dans un monde au bord de l'implosion... Un univers qui se réduit comme une peau de chagrin et un monde qui est secoué par une révolte larvée... Malgré ce climat de fin du monde, des couples vont pourtant se former et l'amour pourra se développer contre vents et marées. "Le désespoir du singe" ?... c'est une histoire tendre, passionnée, mise en vie -j'écris bien "mise en vie"- dans un graphisme simple mais terriblement efficace. C'est limpide. Et c'est, pour moi, une très bonne surprise qui se dévore -miam-de bout en bout.
CHRZ
Etrange... Surprenant... Grotesque... Débile... ... et génial en même temps !... Une BD ?... Ben oui, mais sans paroles, sans phylactères, sans onomatopées ; le tout dans une suite graphique peu courante. Vraiment troublant pour celui ou celle qui saura s'en laisser imprégner. L'ouvrage est signé par un Hollandais dont je ne connais pour ainsi dire rien. CHRZ ?... ce sont les consonnes de chorizo, ce saucisson sec espagnol. Pourquoi ?... J'en sais fichtre rien non plus ! Rageant, non ?... Un album qui peut être éprouvant, même pour un amateur très éclairé, rébarbatif, attirant, nul et sublime à la fois. J’avais envie de mettre "0" et "5" en même temps. J'opte pour un "4", car "ça", je ne l'ai jamais vu avant. Et aussi un coup de coeur. Un coup DANS le coeur...
W.E.S.T
Avec un tel titre et une ambiance baignant dans le fantastique, je croyais lire une version moderne des "Mystères de l'Ouest" en lisant cette série. Je faisais erreur pour plusieurs raisons. La première est que W.E.S.T ne veut pas dire Ouest ici, et effectivement l'action ne se passe pas dans le Far-West mais dans le Nord-Est Américain pour le premier diptyque, puis à Cuba pour le second. La seconde vient du fait que nous sommes plutôt face à un mélange de "Mission Impossible" et de thriller fantastique-horreur. L'intrigue à base d'une équipe de pros, chacun doué dans son domaine, destinée à enquêter et à combattre pour le compte plus ou moins direct du gouvernement des USA, ce n'est pas très original. Même le fait qu'ils soient spécialisés dans le fantastique, avec pour adversaire de sombres mages agissant dans l'ombre, n'est pas si original de nos jours. Mais il y a un certain nombre de points positifs qui m'ont peu à peu fait véritablement apprécier ma lecture. Déjà la narration, même si assez complexe dans le premier diptyque, est réussie et prenante. Ensuite, les scénarios mélangent habilement politique et magie, thriller fantastique et contexte historique des Etats-Unis. Et ce contexte historique est non seulement original mais en plus très intéressant pour le lecteur que je suis : je ne connaissais en effet quasiment rien des USA entre 1901 et 1904, l'Expostion PanAméricaine de Buffalo, l'attentat contre le président McKinley, l'occupation de Cuba par les USA, etc. Les intrigues de W.E.S.T s'imbriquent de belle manière dans ces décors et moments de l'Histoire. En définitive, au fil des 3 tomes parus à l'heure actuelle, j'ai accroché de plus en plus au récit. Et le second diptyque qui s'entame me plait encore davantage que le premier car son décor de Cuba sous la colonisation américaine m'est nettement plus original que les manigances entre puissants américains du premier diptyque. W.E.S.T est une série thriller-fantastique qui reste du niveau du bon divertissement mais ses décors très intéressants et ses personnages réussis permettent de la classer au niveau de très bonnes séries.
Tanguy et Laverdure
Difficile d'évoquer les aventures de "Tanguy et Laverdure" en 2007 ! La série est déjà vieille, et les dernières relances n'ont pas (ou plus) le punch des anciens albums, dont l'ambiance était en phase avec l'esprit des années 60. Aujourd'hui, pas plus le pilote de chasse, que le cosmonaute, ne font rêver les jeunes générations, et ceux qui découvrent cette série maintenant, peuvent être déconcertés par le décalage entre ce qu'ils ont l'habitude de lire, et ce qui se faisait à l'époque. Néanmoins, sachez que je me suis découvert une passion pour la BD, pour l'aviation de chasse, et pour le dessin et la peinture, grâce aux premiers albums de T&L dessinés par Uderzo. Dans cette série, derrière l'aventure, il y a un côté documentaire sur l'aviation de chasse, sous-jacent, de grande qualité, ce qui changeait, à l'époque, des approximations des séries similaires. Je vais en choquer certains en disant qu'à l'époque je détestais le style de Buck Danny, alors qu'il était du même auteur (j'ai bien changé depuis). Pour ceux qui ont déjà lu les quelques posts que j'ai signés, vous savez que je suis un des (rares) chauds partisans de la BD de cette époque, même si depuis, j'en ai trouvé beaucoup d'autres tout aussi intéressantes. Pour cette série, je ne peux plus parler de "coup de coeur", vu le temps qui s'est écoulé depuis la lecture des premiers albums, mais, à l'époque, cela aurait été sans hésitation. Raymond