Une excellente surprise comme il en arrive de temps en temps.
Bien sur, ce qui marque tout de suite, c'est ce graphisme maîtrisé et intemporel.
Ici pas d'informatique, et pourtant quelle colorisation !!!
L'histoire m'a également fait pensé à Zoo sur quelques points.
Les personnages sont profonds et le récit est des plus cohérents.
J'ai particulièrement apprécié la partie du récit concernant le sculpteur.
Beaucoup d'âmes torturées par la bêtise humaine, qu'elle soit la guerre ou la jalousie, mais un final optimiste...
A découvrir, cette BD ne semble pas vraiment connue et pourtant elle vaut largement les autres BD de la même série.
Le titre "la mère des victoires" m'a tout d'abord interpellé et puis le graphisme m'a rappelé quelque chose alors je me suis un peu plus intéressé à cet album.
Fernandez a dessiné auparavant Le Magicien d'Oz dont j'avais aimé le graphisme et que je retrouve dans cette Bd. J'aime bien son trait, la "gueule" de ces personnages dont on voit tout de suite s'ils sont des baroudeurs ou non, les cases à la "sergio leone" tout en longueur, et puis les couleurs respectueuses des différentes ambiances, tout est assez bien réussi pour nous décrire un monde futuriste fait de guerre, d'argent et de manipulation.
Le scénario ne se laisse pas compter non plus, d'une histoire déjà vue : un capitaine affublé d'une équipe de bleus pour réussir une mission impossible, Fernandez nous raconte à la fois une histoire d'amour, une épopée futuriste et pleine d'action mais aussi et surtout une critique sur le monde des médias prêt à faire du fric avec n'importe quoi. Les combats sponsorisés nous rappellent CNN qui entrecoupe la guerre du golf avec de la pub pour la Budweiser.
Je n'ai pas mis plus de 4 car justement cette histoire avec un fond aussi conséquent aurait pu mériter 2 albums (celui-ci fait 64 pages) car la mission de sauvetage est un peu rapide et aurait certainement pu faire l'objet d'un deuxième tome à elle toute seule.
Mais j’en demande peut être de trop, c'est certainement parce que j'ai vraiment aimé cet album « la mère des victoires » qui justement nous rappelle que les plus grandes victoires ne sont pas forcément les plus belles et que celle-ci laissent parfois un goût amère.
Difficile d'être objectif car originaire du département du Finistère, je connais l'historique de la ville de Brest. Et c'est clair que le résultat actuel n'a rien à voir avec les cartes postales d'avant guerre. Et oui, Brest fut une belle ville en son temps...
Kris a fait un énorme travail d'investigation pour cette BD témoignage.
Et il a su se faire épauler par un spécialiste de BD documentaire au dessin en la personne de Davodeau qu'on ne présente plus après Rural ! et Les Mauvaises gens.
Ce duo démontre une parfaite osmose et une complémentarité exemplaire.
Le résultat est à la hauteur de leurs investissements.
Enorme respect pour leur travail de mémoire sur un évènement d'une autre époque qui n'intéresse plus grand monde. Personnellement, trop jeune, je n'avais jamais entendu parler de cet épisode social et de ses conséquences.
Je ne peux que conseiller la lecture de cette BD bien dessinée, avec une histoire pleine de sens, sans oublier un copieux dossier en fin d'ouvrage fournissant un complément d'informations.
J'ai lu cette bd une première fois il y a quelques temps. J'en avais gardé un bon souvenir mais sans plus.
Je l'ai relue la semaine dernière (ce qui est déjà en soi assez rare que je relise quelque chose seulement quelques mois plus tard) et c'était comme une redécouverte. Je me rappelais de l'histoire en elle-même loufoque comme tout avec cette boîte de figuration du quotidien -- enterrements, supermarchés... -- mais même plus de la chute très inattendue et tout à fait bien ficelée. Le scénario est vraiment le point fort et me donne bien envie de lire le roman originel.
Pourtant le dessin n'est pas en reste et vaut également le coup d'oeil avec ce très bel effet peinture de Christian de Metter.
C'est un Paul désabusé que l'on retrouve au cours de cette partie de pêche avec son beau-frère... un Paul qui se heurte de plein fouet aux dures réalités, et qui compatit aux difficultés des autres.
Michel Rabagliati continue de raconter les tranches de vies de son personnage, avec toujours autant de saveur, de mots justes dont on "entend" l'accent québécois. Mais cette fois-ci il s'agit d'un album assez sombre, qui m'a beaucoup touchée mais je me rends bien compte que c'est en grande partie parce qu'il rentre en résonance avec certains aspects de ma vie, et avec certaines de mes appréhensions.
Un bel album, qui ne dépaysera pas les amateurs de Paul, mais que je ne conseillerais pas pour découvrir cette belle série.
J'ai mis longtemps à me convaincre de lire ce manga. En effet, le seul manga de Matsumoto que j'avais lu, Frères du Japon, ne m'avait vraiment pas accroché. J'avais eu du mal avec son dessin si particulier et sa narration assez onirique. Et pour finir, le résumé ne m'attirait pas vraiment puisqu'il semblait prôner la violence.
Mais finalement, poussé par les nombreux bons avis de toutes parts, j'ai fini par craquer et m'acheter l'intégrale cartonnée. Et je n'en suis pas déçu.
Le dessin est vraiment étonnant. Son style naïf donne l'impression qu'il n'est pas maîtrisé mais il est doté d'une vraie personnalité et donne toute une ambiance particulière au récit. La façon dont l'auteur donne une vie propre à la ville avec quelques détails incongrus disséminés dans ses rues est assez caractéristique de son style singulier, je trouve. Et au final, j'ai fini par être conquis par ce graphisme.
Moi qui déteste la violence j'avoue avoir eu quelque appréhension avant d'entamer ma lecture. Mais finalement la violence est ici présentée d'une manière presque compréhensible, ou plutôt instinctive. Ce sont des gamins qui défendent leur territoire, qui défendent leur vie, leur façon de vivre, comme un chat grifferait un inconnu qui s'approche trop de lui.
En outre, il se forme une véritable intrigue, voire des intrigues multiples et celles-ci sont bien mieux construites que le résumé me le laissait craindre. Je croyais m'ennuyer mais finalement c'est assez prenant comme lecture. Je croyais être rebuté par les deux jeunes héros, l'un trop violent l'autre trop demeuré, mais leur relation se révèle vraiment riche et intéressante et on finit par vraiment s'attacher à eux.
En outre, tout est dans la symbolique. Thématiques de la ville, de la vie qu'on se crée ou qu'on subit, du lien qui unit les gens, du changement, de l'instinct animal, et au final du rêve. Car tout le récit est sur un ton à mi-chemin entre le réalisme et l'onirique. On ne sait jamais si nous sommes face à un récit sérieux mêlant un peu de fantastique ou un récit poétique comme un rêve semi-éveillé.
Bref, j'ai bien accroché alors que je croyais être rebuté par un tel type de récit et de tels personnages principaux. Franchement, c'est un bon manga, une belle histoire et un graphisme intéressant.
Voilà une belle BD au graphisme plein de personnalité et à l'histoire originale. J'ai bien accroché.
Premier bon point, la très belle facture de l'édition Denoël avec des pages solides et une couverture à la texture à la fois belle et très plaisante au toucher. Ca a de la gueule. Beaux objets que ces deux tomes.
Le graphisme est à la hauteur de l'édition. Ce sont de belles aquarelles. Le trait et la colorisation sont tout aussi singuliers l'un que l'autre mais j'aime beaucoup. Ce graphisme apporte une vraie personnalité et se révèle vraiment efficace pour le récit. Il y a là quelques très jolies planches, pénétrées d'une vraie atmosphère.
L'intrigue elle aussi est originale et dotée d'une ambiance à part. Il s'agit d'un conflit par delà les années entre deux frères, l'un dominateur, arrogant, détestable mais aussi fascinant, et l'autre soumis et dont les sentiments envers son frère oscillent entre amour docile et haine revancharde.
J'ai beaucoup aimé la complexité de la relation entre les personnages, leurs sentiments changeants, le mystère que représente ce Maître de Ballantraë au comportement aussi égocentrique qu'inattendu en permanence. Comme il le dit lui-même, vous n'arriverez jamais à vraiment comprendre sa façon de penser.
Je le répète, les relations entre les personnages sont vraiment spéciales, s'entremêlant entre haine et amour familial, fascination et répulsion. J'ai trouvé tout le récit crédible et fin. Je crois avoir compris à chaque instant l'état d'esprit des personnages et les raisons qui les poussent parfois à agir en dépit du bon sens aux yeux d'un spectateur extérieur.
Je suis juste déçu par la fin qui manque un peu d'intensité et de clarté par rapport au reste de l'histoire. Elle n'est pas mauvaise, mais moins percutante à mes yeux que d'autres passages de la BD.
A lire en tout cas, c'est de la belle ouvrage à tous points de vue.
Très sympathique cette bande dessinée, peut-être même encore plus sympathique lorsqu'on s'attend à un remix de Titeuf, et qu'on tombe sur tout autre chose : des réflexions personnelles traitées avec justesse et finesse. L'ensemble oscille entre humour et sujets plus intimes, où Zep n'hésite pas à aborder tous les concepts (mort, pollution, musique, enfance...)
La première pleine page d'entrée est un bon commencement : on voit l'auteur perdu au milieu d'une multitude de personnes se faisant cette réflexion : "parfois, je me demande ce que je fous sur cette planète...". Je me suis dit "tiens c'est sympa comme intro, poussons un peu notre lecture..." et ça vaut le temps passé dessus. C'est loin d'être révolutionnaire ou carrément génial, mais je trouve que le propos de Zep se révèle plein d'esprit et réellement intéressant. On sent l'implication de l'auteur, à croire que pour lui ce petit album est important et j'ai l'impression qu'il veut donner au lecteur une autre facette de sa personne. En tout cas, c'est plutôt réussi. Le dessin est de même bien réalisé, les chapitres ayant à chaque fois un fond de couleur différent.
A découvrir.
Bill est un agent très spécial qui se prend pour James Bond mais foire absolument toutes ses missions.
C'est extrêmement drôle et pas du tout vulgaire. Il y a des clins d'oeil dans tous les sens à des événements historiques, des séries télévisées, des films...
Le dessin parait un peu brouillon au début mais sert parfaitement les histoires.
A mon avis, complètement indispensable pour découvrir le monde extravagant de Larcenet.
Toute la bêtise humaine réunie en un seul personnage !!!
C'est le tour de force de Chabouté sur cet excellent opus.
La lecture s'avère jubilatoire, tant le retour de bâton est puissant.
J'avais déjà lu cette BD il y a un bout de temps, et je ressens à nouveau le même plaisir de lecture aujourd'hui.
Au delà de l'aspect excessif, j'aime le courage et l'engagement de Chabouté qui doit certainement y apporter des faits de son vécu.
En complément de l'humour noir omniprésent, il y a une bonne dose de dénonciation des dérives du système actuel et surtout une mise en avant de l'imbécillité latente de nos congénères.
Chapeau bas pour cet exercice de style.
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Ange-Marie
Une excellente surprise comme il en arrive de temps en temps. Bien sur, ce qui marque tout de suite, c'est ce graphisme maîtrisé et intemporel. Ici pas d'informatique, et pourtant quelle colorisation !!! L'histoire m'a également fait pensé à Zoo sur quelques points. Les personnages sont profonds et le récit est des plus cohérents. J'ai particulièrement apprécié la partie du récit concernant le sculpteur. Beaucoup d'âmes torturées par la bêtise humaine, qu'elle soit la guerre ou la jalousie, mais un final optimiste... A découvrir, cette BD ne semble pas vraiment connue et pourtant elle vaut largement les autres BD de la même série.
La Mère des victoires
Le titre "la mère des victoires" m'a tout d'abord interpellé et puis le graphisme m'a rappelé quelque chose alors je me suis un peu plus intéressé à cet album. Fernandez a dessiné auparavant Le Magicien d'Oz dont j'avais aimé le graphisme et que je retrouve dans cette Bd. J'aime bien son trait, la "gueule" de ces personnages dont on voit tout de suite s'ils sont des baroudeurs ou non, les cases à la "sergio leone" tout en longueur, et puis les couleurs respectueuses des différentes ambiances, tout est assez bien réussi pour nous décrire un monde futuriste fait de guerre, d'argent et de manipulation. Le scénario ne se laisse pas compter non plus, d'une histoire déjà vue : un capitaine affublé d'une équipe de bleus pour réussir une mission impossible, Fernandez nous raconte à la fois une histoire d'amour, une épopée futuriste et pleine d'action mais aussi et surtout une critique sur le monde des médias prêt à faire du fric avec n'importe quoi. Les combats sponsorisés nous rappellent CNN qui entrecoupe la guerre du golf avec de la pub pour la Budweiser. Je n'ai pas mis plus de 4 car justement cette histoire avec un fond aussi conséquent aurait pu mériter 2 albums (celui-ci fait 64 pages) car la mission de sauvetage est un peu rapide et aurait certainement pu faire l'objet d'un deuxième tome à elle toute seule. Mais j’en demande peut être de trop, c'est certainement parce que j'ai vraiment aimé cet album « la mère des victoires » qui justement nous rappelle que les plus grandes victoires ne sont pas forcément les plus belles et que celle-ci laissent parfois un goût amère.
Un homme est mort
Difficile d'être objectif car originaire du département du Finistère, je connais l'historique de la ville de Brest. Et c'est clair que le résultat actuel n'a rien à voir avec les cartes postales d'avant guerre. Et oui, Brest fut une belle ville en son temps... Kris a fait un énorme travail d'investigation pour cette BD témoignage. Et il a su se faire épauler par un spécialiste de BD documentaire au dessin en la personne de Davodeau qu'on ne présente plus après Rural ! et Les Mauvaises gens. Ce duo démontre une parfaite osmose et une complémentarité exemplaire. Le résultat est à la hauteur de leurs investissements. Enorme respect pour leur travail de mémoire sur un évènement d'une autre époque qui n'intéresse plus grand monde. Personnellement, trop jeune, je n'avais jamais entendu parler de cet épisode social et de ses conséquences. Je ne peux que conseiller la lecture de cette BD bien dessinée, avec une histoire pleine de sens, sans oublier un copieux dossier en fin d'ouvrage fournissant un complément d'informations.
Figurec
J'ai lu cette bd une première fois il y a quelques temps. J'en avais gardé un bon souvenir mais sans plus. Je l'ai relue la semaine dernière (ce qui est déjà en soi assez rare que je relise quelque chose seulement quelques mois plus tard) et c'était comme une redécouverte. Je me rappelais de l'histoire en elle-même loufoque comme tout avec cette boîte de figuration du quotidien -- enterrements, supermarchés... -- mais même plus de la chute très inattendue et tout à fait bien ficelée. Le scénario est vraiment le point fort et me donne bien envie de lire le roman originel. Pourtant le dessin n'est pas en reste et vaut également le coup d'oeil avec ce très bel effet peinture de Christian de Metter.
Paul à la pêche
C'est un Paul désabusé que l'on retrouve au cours de cette partie de pêche avec son beau-frère... un Paul qui se heurte de plein fouet aux dures réalités, et qui compatit aux difficultés des autres. Michel Rabagliati continue de raconter les tranches de vies de son personnage, avec toujours autant de saveur, de mots justes dont on "entend" l'accent québécois. Mais cette fois-ci il s'agit d'un album assez sombre, qui m'a beaucoup touchée mais je me rends bien compte que c'est en grande partie parce qu'il rentre en résonance avec certains aspects de ma vie, et avec certaines de mes appréhensions. Un bel album, qui ne dépaysera pas les amateurs de Paul, mais que je ne conseillerais pas pour découvrir cette belle série.
Amer Béton
J'ai mis longtemps à me convaincre de lire ce manga. En effet, le seul manga de Matsumoto que j'avais lu, Frères du Japon, ne m'avait vraiment pas accroché. J'avais eu du mal avec son dessin si particulier et sa narration assez onirique. Et pour finir, le résumé ne m'attirait pas vraiment puisqu'il semblait prôner la violence. Mais finalement, poussé par les nombreux bons avis de toutes parts, j'ai fini par craquer et m'acheter l'intégrale cartonnée. Et je n'en suis pas déçu. Le dessin est vraiment étonnant. Son style naïf donne l'impression qu'il n'est pas maîtrisé mais il est doté d'une vraie personnalité et donne toute une ambiance particulière au récit. La façon dont l'auteur donne une vie propre à la ville avec quelques détails incongrus disséminés dans ses rues est assez caractéristique de son style singulier, je trouve. Et au final, j'ai fini par être conquis par ce graphisme. Moi qui déteste la violence j'avoue avoir eu quelque appréhension avant d'entamer ma lecture. Mais finalement la violence est ici présentée d'une manière presque compréhensible, ou plutôt instinctive. Ce sont des gamins qui défendent leur territoire, qui défendent leur vie, leur façon de vivre, comme un chat grifferait un inconnu qui s'approche trop de lui. En outre, il se forme une véritable intrigue, voire des intrigues multiples et celles-ci sont bien mieux construites que le résumé me le laissait craindre. Je croyais m'ennuyer mais finalement c'est assez prenant comme lecture. Je croyais être rebuté par les deux jeunes héros, l'un trop violent l'autre trop demeuré, mais leur relation se révèle vraiment riche et intéressante et on finit par vraiment s'attacher à eux. En outre, tout est dans la symbolique. Thématiques de la ville, de la vie qu'on se crée ou qu'on subit, du lien qui unit les gens, du changement, de l'instinct animal, et au final du rêve. Car tout le récit est sur un ton à mi-chemin entre le réalisme et l'onirique. On ne sait jamais si nous sommes face à un récit sérieux mêlant un peu de fantastique ou un récit poétique comme un rêve semi-éveillé. Bref, j'ai bien accroché alors que je croyais être rebuté par un tel type de récit et de tels personnages principaux. Franchement, c'est un bon manga, une belle histoire et un graphisme intéressant.
Le maître de Ballantraë
Voilà une belle BD au graphisme plein de personnalité et à l'histoire originale. J'ai bien accroché. Premier bon point, la très belle facture de l'édition Denoël avec des pages solides et une couverture à la texture à la fois belle et très plaisante au toucher. Ca a de la gueule. Beaux objets que ces deux tomes. Le graphisme est à la hauteur de l'édition. Ce sont de belles aquarelles. Le trait et la colorisation sont tout aussi singuliers l'un que l'autre mais j'aime beaucoup. Ce graphisme apporte une vraie personnalité et se révèle vraiment efficace pour le récit. Il y a là quelques très jolies planches, pénétrées d'une vraie atmosphère. L'intrigue elle aussi est originale et dotée d'une ambiance à part. Il s'agit d'un conflit par delà les années entre deux frères, l'un dominateur, arrogant, détestable mais aussi fascinant, et l'autre soumis et dont les sentiments envers son frère oscillent entre amour docile et haine revancharde. J'ai beaucoup aimé la complexité de la relation entre les personnages, leurs sentiments changeants, le mystère que représente ce Maître de Ballantraë au comportement aussi égocentrique qu'inattendu en permanence. Comme il le dit lui-même, vous n'arriverez jamais à vraiment comprendre sa façon de penser. Je le répète, les relations entre les personnages sont vraiment spéciales, s'entremêlant entre haine et amour familial, fascination et répulsion. J'ai trouvé tout le récit crédible et fin. Je crois avoir compris à chaque instant l'état d'esprit des personnages et les raisons qui les poussent parfois à agir en dépit du bon sens aux yeux d'un spectateur extérieur. Je suis juste déçu par la fin qui manque un peu d'intensité et de clarté par rapport au reste de l'histoire. Elle n'est pas mauvaise, mais moins percutante à mes yeux que d'autres passages de la BD. A lire en tout cas, c'est de la belle ouvrage à tous points de vue.
Découpé en tranches
Très sympathique cette bande dessinée, peut-être même encore plus sympathique lorsqu'on s'attend à un remix de Titeuf, et qu'on tombe sur tout autre chose : des réflexions personnelles traitées avec justesse et finesse. L'ensemble oscille entre humour et sujets plus intimes, où Zep n'hésite pas à aborder tous les concepts (mort, pollution, musique, enfance...) La première pleine page d'entrée est un bon commencement : on voit l'auteur perdu au milieu d'une multitude de personnes se faisant cette réflexion : "parfois, je me demande ce que je fous sur cette planète...". Je me suis dit "tiens c'est sympa comme intro, poussons un peu notre lecture..." et ça vaut le temps passé dessus. C'est loin d'être révolutionnaire ou carrément génial, mais je trouve que le propos de Zep se révèle plein d'esprit et réellement intéressant. On sent l'implication de l'auteur, à croire que pour lui ce petit album est important et j'ai l'impression qu'il veut donner au lecteur une autre facette de sa personne. En tout cas, c'est plutôt réussi. Le dessin est de même bien réalisé, les chapitres ayant à chaque fois un fond de couleur différent. A découvrir.
Bill Baroud
Bill est un agent très spécial qui se prend pour James Bond mais foire absolument toutes ses missions. C'est extrêmement drôle et pas du tout vulgaire. Il y a des clins d'oeil dans tous les sens à des événements historiques, des séries télévisées, des films... Le dessin parait un peu brouillon au début mais sert parfaitement les histoires. A mon avis, complètement indispensable pour découvrir le monde extravagant de Larcenet.
Pleine lune
Toute la bêtise humaine réunie en un seul personnage !!! C'est le tour de force de Chabouté sur cet excellent opus. La lecture s'avère jubilatoire, tant le retour de bâton est puissant. J'avais déjà lu cette BD il y a un bout de temps, et je ressens à nouveau le même plaisir de lecture aujourd'hui. Au delà de l'aspect excessif, j'aime le courage et l'engagement de Chabouté qui doit certainement y apporter des faits de son vécu. En complément de l'humour noir omniprésent, il y a une bonne dose de dénonciation des dérives du système actuel et surtout une mise en avant de l'imbécillité latente de nos congénères. Chapeau bas pour cet exercice de style.