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Frères du Japon (Nihon no Kyodai)

Note: 3.33/5
(3.33/5 pour 3 avis)

"Frères du Japon" est un recueil de neuf histoires qui évoquent le temps qui passe et la mort.


Seinen Taiyo Matsumoto Tonkam

"Frères du Japon" est un recueil de neuf histoires qui évoquent le temps qui passe et la mort. Matsumoto, l'auteur d'Amer Beton, nous invite à retrouver en nous les réponses au désordre actuel. Depuis ce jeune homme, rejeté de tous et amoureux de son vélo jusqu'à ce duel épique entre deux chevaliers lourdement armés, en passant par la fin d'une journée ordinaire de trois personnages très différents, questions exisentielles et absurde en pagaille. Conclusion de l'histoire ? La mort, sûrement.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Mars 1999
Statut histoire Histoires courtes 1 tome paru
Couverture de la série Frères du Japon
Les notes (3)
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22/10/2003 | ThePatrick
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Après l'excellente trilogie de Amer Béton (Tonkam - 1996), les éditions Tonkam confirment l'essai "Matsumoto Taiyo" avec ce titre ("Frères du Japon" - 1999 - recueil d'histoires courtes entre 10 et 68 pages) paru initialement en 1995 au Japon. Matsumoto nous montre un Japon loin de tous les clichés, aussi bien négatifs qu'exagérément idylliques que l'on a souvent de ce pays. Il nous fait côtoyer, l'espace de ses histoires, l'existence de personnages marginaux, désabusés (plutôt suicidaires) et en tout cas à la recherche d'une évasion vers des mondes oniriques... Nous observons ainsi "la fin d'une journée ordinaire" de Tchali, un adolescent qui rêve de s'envoler à vélo; de Haruo, un jeune garçon qui répète sans cesse que la nuit va venir et que tout le monde va mourir !; enfin de Matsuri, un vieil homme plongé dans ses souvenirs. Nous y voyons aussi un SDF qui parle à sa poupée, ou encore un yakuza qui rêve de partir à la mer... Et l'amour dans tout cela ?... L'Amour, les personnages de Matsumoto semblent le rechercher justement, sans trop savoir exactement ce qu'il est ni où il se trouve : - Le court chapitre intitulé "(Love²) Monkey show" en 10 pages s'ouvre par cette phrase : "Je crois en l'Amour" (accompagnée d'un petit coeur), et se termine par : "Je ne sais pas ce qu'est l'Amour" !... Entre les deux, dans les 4 micro-histoires de 2 pages chacune, mêlée à l'amour est toujours présente la mort... - Le récit qui suit, "Duel", en 20 pages quasi muettes, est une histoire de pure Haine, assez irréelle cependant (on se croirait un peu dans Arzach de Moebius). - Dans "A la fin d'une journée ordinaire", Tchali l'adolescent semble plus attaché à sa bicyclette qu'il a reçu étant enfant qu'à une quelconque personne (une femme du voisinage dit de lui : "On voit qu'il n'a jamais partagé un appartement avec quelqu'un !"...) ; Haruo le jeune garçon fait pleurer sa petite camarade en lui répétant qu'elle va mourir ; quant à Matsuri le vieil homme, il se souvient de son aimée disparue ("Tu n'as pas changé"...). - Dans "Gon Gon, La Dynamite", Gorô, une frêle jeune femme, est amoureuse (et enceinte) d'un gorille qui parle et fait des compétitions de motos. Enfin, le monde onirique est décrit plus explicitement dans l'histoire intitulée "Frères du Japon" où nous voyons une baleine volante soufflant du sable, une fleur à tête de chien ou encore un train s'envolant dans les airs ! Le dessin de Matsumoto, dans un style réaliste d'une grande maîtrise, semble emprunter aux différentes écoles (japonaise bien sûr, mais aussi américaine ou argentine pour les contrastes en aplats de noir et blanc notamment). Les cadrages et angles de vue se rapprochent, eux, de l'objectif photographique (déformations de la focale, cadres penchés, etc.). A noter également au niveau du style l'importance des dialogues - et des silences ! - (les personnages dialoguant souvent entre eux), parfaitement ciselés et qui renforcent chaque image... "Frères du Japon" est une oeuvre quelque peu désespérée, belle et fascinante ; et Matsumoto Taiyo un auteur à découvrir d'urgence...

09/06/2009 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
L'avatar du posteur Ro

J'ai découvert Tayio Matsumoto avec la lecture de ce manga et je dois dire être circonspect. Voilà un manga vraiment atypique, mais pas pour autant convaincant. Le dessin de Matsumoto est très spécial, très typé. S'il a du mal à me paraître beau, il ne manque cependant pas d'un certain charme dû à son originalité et pourrait bien me plaire si l'histoire en valait la peine. Cependant, les scénarios de ces nombreuses histoires courtes m'ont laissé très perplexes. Eux aussi sont très originaux. Je dirais même qu'ils sont souvent franchement délirants. Et l'idée de les mettre dans un même recueil peut paraître surprenant tant l'ensemble est hétéroclite. Après deux ou trois petites histoires courtes et très décousues tournant autour du thème de la mort, nous avons droit à une histoire brutale d'un combat muet entre deux chevaliers fantasy, une histoire de course de motos où les pilotes sont des animaux vivant au milieu d'humains, une histoire onirique des garçons magiques qui creusent la terre pour aller de l'autre côté du monde et y retrouver leur ami la baleine qui vole dans le ciel, et d'autres encore toutes aussi biscornues et surprenantes. La narration de chacune est assez différente mais dans l'ensemble, j'ai vraiment eu du mal à y accrocher, surtout aux premières dont certaines planches me sont même apparues complètement indéchiffrables, suites d'images sans aucun rapport les unes avec les autres. Quant au contenu de chacune, hormis l'histoire des animaux pilotes de moto qui est bien linéaire et assez prenante malgré sa fin un peu étrange, je suis resté sur ma faim, ne voyant pas trop où l'auteur voulait me mener et n'accrochant pas à sa poésie. Il semble que Mastumoto ne soit donc pas un auteur très facilement accessible : on est sensible à son art ou pas. Moi, je crains de ne guère l'être...

03/01/2007 (modifier)

Si vous n'avez pas apprécié "Amer Béton", il est inutile de lire cet album. En effet, ces 9 histoires mettent en exergue la futilité de la vie, ou plus précisément de la vie telle qu'elle est vécue. Plus encore que dans "Amer Béton", où les personnages étaient bien typés dans leurs rôles (les gangsters, les clochards, les hommes d'affaire...), l'absurde règne : les personnages ne sont rien, ils s'interrogent, se souviennent, imaginent. Les éléments oniriques sont nombreux, tout le découpage, toute la narration est mise à contribution pour créer une sensation d'irréalité, pour détacher le lecteur du monde, pour le monopoliser complètement, pour lui faire se poser des questions, l'immerger dans cet absurde, ce questionnement. La première histoire est à cet égard exemplaire à elle seule, avec ce personnage qui ne cesse de répéter "où iras-tu quand tu mourras ?". Côté dessin, c'est du Matsumoto, et c'est spécial. Pas "propre, pas "soigné", des perspectives et des traits variables, mais j'aime beaucoup. Et "Duel" montrera à ceux qui en douteraient que l'auteur est capable de "bien" dessiner. Pour ma part, j'aime beaucoup cet album très atypique, mais il est clair qu'un nombre limité de lecteurs risque de l'apprécier. On en ressort en effet plutôt déprimé, interrogatif, plein de doutes. Mais dans ce domaine, il s'agit là d'un petit bijou.

22/10/2003 (modifier)