Cette lecture est clairement à réserver aux plus jeunes. Je trouve que Sylvain et Sylvette est une excellente façon de mettre le pied à l'étrier de nos chères têtes blondes et de leur faire découvrir le monde merveilleux de la BD.
Bien que destinés aux plus jeunes, j'ai trouvé que les dessins ne tombaient pas dans le piège de la facilité (comme Félix le chat par exemple) et étaient plutôt bien travaillés, même si l'univers graphique reste évidemment enfantin.
Les petites histoires sont simples et pleines de bons sentiments voire de morale et parfois même de pédagogie. Enfin les dialogues sont simples mais pas infantilisants (cf. Titeuf pour ceux qui ne comprennent pas de quoi je parle).
Bref du tout bon pour débuter la BD... Bien sûr passé 10 ans je doute que cette série possède encore le moindre intérêt.
Vu les avis médiocres que récolte ce tome, je me décide à poster un court avis.
Car sans être la BD de l'année "Open Space" est une vraie réussite : souvent drôle, au dessin tout en rondeur, le créateur de Les Mauvaises humeurs de James et de la tête X ne rate pas son passage chez le plus mainstream "Poisson Pilote". L'ensemble est à mille lieues de bouses telles "Les Secrétaires", je trouve la comparaison limite diffamatoire !
Bref, un tome très recommandable même si on n'est bien entendu pas dans la stratosphère de l'humour. Cela ne dénote en tout cas pas dans la collection Poisson Pilote.
Cette histoire se passe dans un futur proche, mais elle paraît vraiment contemporaine, puisqu'il est question des fameux attentats du 11 septembre. C'est d'abord une histoire d'amitié entre Lindsay et Chamza, deux jeunes femmes qui pourtant ne viennent pas du même monde. On assiste à leur rencontre, un peu improbable, puis on suit avec intérêt l'évolution de leur relation au rythme de leurs voyages aux 4 coins de la planète.
En parallèle, Kendricks, un vétéran de la guerre contre le terrorisme, reprend du service pour une mission de surveillance de la plus haute importance. Et quand son attention s'arrête sur Chamza, l'intrigue décolle et on sent que la suite va faire des étincelles.
C'est bien d'ailleurs la force de ce premier tome : une introduction plaisante qui monte en intensité progressivement et qui donne au final une bonne grosse envie de lire la suite.
Le dessin réaliste est des plus agréable. Le trait est dynamique, les voitures futuristes aux courbes nerveuses sont très réussies, les héroïnes plutôt jolies... bref, que du bon.
Ce sont les noms de « Aire libre » et « Hippolyte » qui ont motivé ma lecture de "Minik". « Aire libre » ? C’est une collection de l’éditeur Dupuis et c’est aussi l’une de mes préférées. Hippolyte ? C’est un auteur dont j’avais apprécié le style très personnel lors de la lecture du Maître de Ballantraë.
"Minik" nous conte la venue d’Inuits à New York en 1898. Ceux-ci ont été « invités » par l’explorateur Robert Peary à quitter leur milieu en échange de cadeaux à leur retour. Robert Peary est revenu bredouille de sa dernière expédition ; afin de ne pas décevoir la population et ses créanciers, l’explorateur a eu l’idée de faire descendre des esquimaux. Les Inuits ont été accueillis avec curiosité et ironie comme des animaux de foire par les New Yorkais. Peu de temps après, ces hommes du pôle nord vont être atteints d’une grippe foudroyante, seul, l’enfant inuit du nom de Minik va survivre...
C’est une histoire triste et terriblement représentative de la nature humaine qui est proposée dans "Minik".
Tout d’abord, le lecteur y découvre un Robert Peary cruel ayant une haute opinion de lui-même. En tout cas, ce personnage tel qu’il est représenté dans la bd est loin d’être un « gentil » explorateur, il y apparaît même hautement haïssable. Franchement, je ne m’attendais pas à percevoir ce personnage sous cet aspect.
Puis, le bédéphile va y discerner une société ignorante (les esquimaux sont représentés comme des hommes qui mangent de la viande crue, qui ont des comportements de sauvages, etc.), hypocrite et égoïste à l’image de la famille qui va recueillir le jeune Minik (je laisse le soin aux lecteurs de découvrir eux-mêmes les raisons de l’attachement de cette famille à Minik), à l’image aussi de la façon dont les autres Inuits vont être traités.
Et enfin, le dénouement m’est apparu très touchant et épouvantablement logique au vu de ce que va découvrir Minik...
Suite à cette bd, je me suis lancé à la recherche d’informations sur Minik… c’est bien une histoire vraie à la différence près que le dénouement tel raconté dans l’album ne s’est pas exactement passé comme ça. Quant à savoir si Minik était réellement un enfant sage, tolérant, etc. (et encore, il faudrait peut-être que tout le monde soit d’accord sur la bonne définition de ces mots !)... comme on a souvent tendance à se dire lorsqu’on parle des « sauvages » et s’il a réellement vécu comme l’ont narré les auteurs, ça, c’est une autre histoire !
Au niveau du dessin, j’aime bien le trait d’Hippolyte car je le trouve très personnel et parce qu’il cherche à varier son style (légèrement) d’une bd à l’autre. Ainsi, pour réaliser "Minik", l’auteur a délimité les contours tout en employant l’aquarelle pour la mise en couleurs. D’ailleurs, le point fort d’Hippolyte est, à mon avis, dans sa capacité à créer de superbes ambiances, celles-ci me sont apparues en parfait accord avec l’intensité dramatique des scènes et les lieues.
"Minik" : récit historique, d’aventure, documentaire ou roman graphique ? Pas si simple... Personnellement, je classe cette bd dans le roman graphique parce qu’elle nous apporte de la réflexion sur la nature humaine et parce que ce récit d’un Inuit arraché aux siens est très touchant.
En tout cas, "Minik" par son graphisme typé et par son histoire digne d’intérêt mérite amplement sa place dans la prestigieuse collection « Aire libre » !
A lire absolument !
Mais que voila une bonne surprise !
Ca faisait un moment que je n'étais pas tombé par hasard sur une BD de ce calibre.
Enfin, par hasard...
Apollo est Réunionnais, et les libraires de l'île sont trop heureux de présenter un auteur qui a enfin réussi à s'imposer dans le milieu, d'autant plus quand l'oeuvre s'avère riche et aboutie. Difficile d'y échapper ici !
Mais c'est parfaitement justifié, pour un tel petit bijou.
Car c'est bien de cela qu'il s'agit : 2 tomes de fantaisie, d'humour, une (bonne) pincée de cynisme, un peu d'action, ponctuant une histoire intéressante, le tout servi par un dessin personnel, tout en rondeur et en simplicité, mais expressif, et une colorisation très réussie qui le met bien en valeur.
Ouf.
Que demander de plus !?
Il m'a fallu commander ces albums pour me les procurer. Je l'ai fait en me fiant aux critiques lues ici et je ne le regrette pas.
L'histoire est très plaisante, l'auteure fait preuve d'originalité tout en recyclant avec brio des idées maintes fois développées ailleurs. Le plaisir est nourri par la personnalité complexe et évolutive des différents protagonistes de l'histoire et par la cohérence du scénario. Plusieurs avis postés précédemment relevant efficacement l'intérêt de ce récit, je vous invite à les consulter.
Le dessin est particulier, mais je l'ai vite apprécié. La mise en couleurs est agréable et contribue efficacement à développer l'atmosphère nécessaire à l'intrigue.
De plus, le découpage des planches est varié et donne du rythme à la narration.
Sans en abuser, Nancy Peña dessine des images en pleine page où l'on voit les personnages représentés en plusieurs endroits. On a ainsi quelques belles illustrations donnant une vision générale d'un lieu dans lequel l'action se déroule tout en illustrant le déplacement de certains personnages.
Bref, des albums à découvrir !!!
Ah Yakari, personnellement, certes ce n’est plus mon livre de chevet, mais étant petit, que de souvenirs ! (Et encore, je les ai relu sans problème afin de rédiger mes avis)
Je comprends que pour ceux qui lisaient ça dans le moment stressant du cabinet médical cela génère des souvenirs angoissants, frustrants, voire de rejet. Pour ma part, ça évoque toute ma jeunesse !
Yakari est le héros ultime, la projection parfaite pour nos petits bout’choux ! Un héros, pratiquement de leur âge, qui possède la faculté dont chacun rêve, parler aux animaux. Il vit avec eux, découvre leurs us et coutumes. Derib et Job nous offrent avec cette série, une BD certes légèrement écolo, mais aujourd’hui, ce serait pas mal de sensibiliser nos jeunes dès le plus jeune âge à la protection et au respect de l’environnement.
Yakari et ses aventures, c’est l’incarnation parfaite de rêves, peurs et espoirs des enfants. A travers cette BD, les enfants apprennent à surpasser leurs peurs découvrent la nature par le biais des renvois intelligent à quelques coutumes, quelques habitudes, quelques mots de vocabulaires typiques de l’environnement Amérindiens.
Même après tant d'années écoulées et tant d'albums parus, les auteurs parviennent encore à renouveler la faune et la flore explorés. Certes, dans le dernier album "le marais de la peur", ils sont allés cherchés loin et une grande partie de l'abum n'a rien à voir à voir avec le titre...Mais malgré tout, je reste persuadé que cela ne gênera pas nos chères têtes blondes !
Qui plus est, comme dans les BDs d’Astérix, l’histoire se termine toujours bien ! Et Yakari possède le sourire communicatif ! Une BD qui donne envie de vivre de grande aventure à tous les enfants et qui ne peut que leur donner confiance en eux ainsi que de déchaîner leur imagination ! Yakari qui a souvent des rêves proches du psychanalytique doit sans conteste en transmettre une part à ses jeunes lecteurs.
Une BD à mettre dans toutes les mains.
De plus, le dessin légèrement caricatural, aux couleurs claires et pleines, convient tout particulièrement à ce type de BD jeunesse !
Vraiment du bon travail !
Et de 5, je viens de lire les cinq premiers tomes et je suis fort agréablement surpris. Le postulat de base, à ma connaissance n'a pas souvent été repris en BD, voire même c'est le seul cas que je connaisse (Je n'ai pas une culture énorme non plus...)
Et cela crée une ambiance et un univers dignes d'intérêt. Les situations souvent gores et macabres sont parfaitement maîtrisées par une pointe d'humour tant dans le texte que dans les dessins sans que cela ne soit directement visible ou envahissant.
Je trouve les dosages particulièrement bien contrôlés.
Les situations donc fluctuent de par ce contexte hallucinant entre la cocasserie, l'originalité certaines et parfois une profonde émotion. C'est aussi l'une des grandes forces de cette série. L'auteur n'hésite pas à jouer sur toutes les fibres des émotions en passant parfois de la joie à la tristesse brusquement nous laissant comme deux ronds de flan devant tant d'humanisme.
Le sujet de la mort est traité avec beaucoup de talent et de sensibilité. Le sens de 'prendre et donner la vie' devient un vrai sujet philosophique.
En tout cas si les auteurs veulent avant tout divertir leur public, il y a un sacré taff possible pour débroussailler le sujet si l'on prend le temps de s'y attarder et de réfléchir au delà du premier degré.
C'est vraiment une BD intelligente.
Les personnages ne sont pas oubliés. Ils sont à la base du scénario, de sa trame et de toutes les pensées qui surgissent au fil de la lecture. Leur psychologie est bien étudiée et colle parfaitement au scénario.
Une fois encore, ce que j'apprécie c'est qu'avec un tel sujet les auteurs auraient pu partir dans des délires et des excès mal contenus. Je suis désolé de me répéter, mais l'ensemble et vraiment cohérent et très bien dosé.
Seul ce dernier tome tombe légèrement dans un petit excès de vulgarité avec une scène de sexe malvenue au bout de tant de temps. Cela ne correspond pas à l'esprit instauré depuis le départ et m'a dérangé.
Il y aurait vraiment beaucoup de choses à dire sur cette BD, mais le mieux reste, je suis persuadé de l'acheter et de l'adopter !
Depuis leur apparition dans La flemme, Lisa et Mickey, les deux mascottes de Jim, ont vieilli. La trentaine arrivant, vlà-t'y pas qu'ils décident d'avoir un bébé, sans se douter une seule seconde des "gazou arheu arheu qui vont avec"! L'occasion pour l'auteur de nous concocter l'un de ses meilleurs albums.
Tout d'abord, un petit mot sur le dessin. En collaboration avec Juan, Jim y va de son graphisme virevoltant, élastique. Cette même exubérance se retrouve dans l'accumulation des bulles (moins que par le passé toutefois), qui débordent allègrement des limites des cases. Le rendu final est d'un dynamisme étonnant, qui est en quelque sorte la marque de fabrique de Jim. Notons aussi que la colorisation informatique est très réussie.
Jim s'efforce ici de décortiquer -avec tendresse- les joies et les peurs de ce moment essentiel de la vie d'un homme (et d'une femme).
Bien sûr, cela se vit différemment selon que l'on soit l'un ou l'autre: fini les virées entre potes, bonjour la prise de poids! Mais dans un cas comme dans l'autre, devenir parent, ça change la vie, et toujours sous le même ordre, celui du sacrifice librement consenti!
Jim a la bonne idée de dédier une bonne partie de l'album aux angoisses pré-natales, de l'idée d'avoir un bébé jusqu'à l'accouchement. Les gags sont dans l'ensemble de bonne facture, voire même très bons pour certains; je pense par exemple à la scène de l'accouchement avec le gynécologue facétieux, ou à celle ou Mickey et Lisa qui mettent pour la première fois leur enfant à la crèche. Irrésistible!
Comme toujours avec Jim, la BD s'inscrit dans "l'air du temps", et s'adresse clairement aux contemporains, à savoir les jeunes parents qui ont toujours tendance à dramatiser ce moment de leur vie. Il est en outre édifiant de voir que Jim a sorti "le bébé..." juste avant Les mariés ! La BD elle aussi suit l'évolution des moeurs.
Bref, une réussite.
3,5/5
Le trait de Jean-Luc Loyer laisse à penser que cette bd est destinée à un jeune lectorat. Son trait est léger et rond, presque enfantin en somme. L’absence de couleurs permet toutefois de deviner que ce n’est pas vraiment le public cible. Son contenu bien plus adulte le confirme. L’auteur retrace une partie de son enfance vécue dans les corons. Un milieu rude et fascinant. Rude par la tâche laborieuse et ingrate du mineur. Fascinant par les légendes qui prenaient naissance au fond du trou. Et lorsqu’on est un enfant, on y croit. L’essence de ce récit a une portée bien plus universelle. En effet, qui n’a jamais été captivé par des légendes locales étant gamin ? Celle de JL Loyer est triste (comme la réalité en ce temps là) mais est emprunt d’un humanisme qui fait bien trop souvent défaut dans les couches sociales plus aisées . . . Une réussite.
Un très beau livre chaudement recommandé . . .
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Sylvain et Sylvette
Cette lecture est clairement à réserver aux plus jeunes. Je trouve que Sylvain et Sylvette est une excellente façon de mettre le pied à l'étrier de nos chères têtes blondes et de leur faire découvrir le monde merveilleux de la BD. Bien que destinés aux plus jeunes, j'ai trouvé que les dessins ne tombaient pas dans le piège de la facilité (comme Félix le chat par exemple) et étaient plutôt bien travaillés, même si l'univers graphique reste évidemment enfantin. Les petites histoires sont simples et pleines de bons sentiments voire de morale et parfois même de pédagogie. Enfin les dialogues sont simples mais pas infantilisants (cf. Titeuf pour ceux qui ne comprennent pas de quoi je parle). Bref du tout bon pour débuter la BD... Bien sûr passé 10 ans je doute que cette série possède encore le moindre intérêt.
Dans mon Open Space
Vu les avis médiocres que récolte ce tome, je me décide à poster un court avis. Car sans être la BD de l'année "Open Space" est une vraie réussite : souvent drôle, au dessin tout en rondeur, le créateur de Les Mauvaises humeurs de James et de la tête X ne rate pas son passage chez le plus mainstream "Poisson Pilote". L'ensemble est à mille lieues de bouses telles "Les Secrétaires", je trouve la comparaison limite diffamatoire ! Bref, un tome très recommandable même si on n'est bien entendu pas dans la stratosphère de l'humour. Cela ne dénote en tout cas pas dans la collection Poisson Pilote.
Ghost money
Cette histoire se passe dans un futur proche, mais elle paraît vraiment contemporaine, puisqu'il est question des fameux attentats du 11 septembre. C'est d'abord une histoire d'amitié entre Lindsay et Chamza, deux jeunes femmes qui pourtant ne viennent pas du même monde. On assiste à leur rencontre, un peu improbable, puis on suit avec intérêt l'évolution de leur relation au rythme de leurs voyages aux 4 coins de la planète. En parallèle, Kendricks, un vétéran de la guerre contre le terrorisme, reprend du service pour une mission de surveillance de la plus haute importance. Et quand son attention s'arrête sur Chamza, l'intrigue décolle et on sent que la suite va faire des étincelles. C'est bien d'ailleurs la force de ce premier tome : une introduction plaisante qui monte en intensité progressivement et qui donne au final une bonne grosse envie de lire la suite. Le dessin réaliste est des plus agréable. Le trait est dynamique, les voitures futuristes aux courbes nerveuses sont très réussies, les héroïnes plutôt jolies... bref, que du bon.
Minik
Ce sont les noms de « Aire libre » et « Hippolyte » qui ont motivé ma lecture de "Minik". « Aire libre » ? C’est une collection de l’éditeur Dupuis et c’est aussi l’une de mes préférées. Hippolyte ? C’est un auteur dont j’avais apprécié le style très personnel lors de la lecture du Maître de Ballantraë. "Minik" nous conte la venue d’Inuits à New York en 1898. Ceux-ci ont été « invités » par l’explorateur Robert Peary à quitter leur milieu en échange de cadeaux à leur retour. Robert Peary est revenu bredouille de sa dernière expédition ; afin de ne pas décevoir la population et ses créanciers, l’explorateur a eu l’idée de faire descendre des esquimaux. Les Inuits ont été accueillis avec curiosité et ironie comme des animaux de foire par les New Yorkais. Peu de temps après, ces hommes du pôle nord vont être atteints d’une grippe foudroyante, seul, l’enfant inuit du nom de Minik va survivre... C’est une histoire triste et terriblement représentative de la nature humaine qui est proposée dans "Minik". Tout d’abord, le lecteur y découvre un Robert Peary cruel ayant une haute opinion de lui-même. En tout cas, ce personnage tel qu’il est représenté dans la bd est loin d’être un « gentil » explorateur, il y apparaît même hautement haïssable. Franchement, je ne m’attendais pas à percevoir ce personnage sous cet aspect. Puis, le bédéphile va y discerner une société ignorante (les esquimaux sont représentés comme des hommes qui mangent de la viande crue, qui ont des comportements de sauvages, etc.), hypocrite et égoïste à l’image de la famille qui va recueillir le jeune Minik (je laisse le soin aux lecteurs de découvrir eux-mêmes les raisons de l’attachement de cette famille à Minik), à l’image aussi de la façon dont les autres Inuits vont être traités. Et enfin, le dénouement m’est apparu très touchant et épouvantablement logique au vu de ce que va découvrir Minik... Suite à cette bd, je me suis lancé à la recherche d’informations sur Minik… c’est bien une histoire vraie à la différence près que le dénouement tel raconté dans l’album ne s’est pas exactement passé comme ça. Quant à savoir si Minik était réellement un enfant sage, tolérant, etc. (et encore, il faudrait peut-être que tout le monde soit d’accord sur la bonne définition de ces mots !)... comme on a souvent tendance à se dire lorsqu’on parle des « sauvages » et s’il a réellement vécu comme l’ont narré les auteurs, ça, c’est une autre histoire ! Au niveau du dessin, j’aime bien le trait d’Hippolyte car je le trouve très personnel et parce qu’il cherche à varier son style (légèrement) d’une bd à l’autre. Ainsi, pour réaliser "Minik", l’auteur a délimité les contours tout en employant l’aquarelle pour la mise en couleurs. D’ailleurs, le point fort d’Hippolyte est, à mon avis, dans sa capacité à créer de superbes ambiances, celles-ci me sont apparues en parfait accord avec l’intensité dramatique des scènes et les lieues. "Minik" : récit historique, d’aventure, documentaire ou roman graphique ? Pas si simple... Personnellement, je classe cette bd dans le roman graphique parce qu’elle nous apporte de la réflexion sur la nature humaine et parce que ce récit d’un Inuit arraché aux siens est très touchant. En tout cas, "Minik" par son graphisme typé et par son histoire digne d’intérêt mérite amplement sa place dans la prestigieuse collection « Aire libre » ! A lire absolument !
Biotope
Mais que voila une bonne surprise ! Ca faisait un moment que je n'étais pas tombé par hasard sur une BD de ce calibre. Enfin, par hasard... Apollo est Réunionnais, et les libraires de l'île sont trop heureux de présenter un auteur qui a enfin réussi à s'imposer dans le milieu, d'autant plus quand l'oeuvre s'avère riche et aboutie. Difficile d'y échapper ici ! Mais c'est parfaitement justifié, pour un tel petit bijou. Car c'est bien de cela qu'il s'agit : 2 tomes de fantaisie, d'humour, une (bonne) pincée de cynisme, un peu d'action, ponctuant une histoire intéressante, le tout servi par un dessin personnel, tout en rondeur et en simplicité, mais expressif, et une colorisation très réussie qui le met bien en valeur. Ouf. Que demander de plus !?
La Guilde de la mer
Il m'a fallu commander ces albums pour me les procurer. Je l'ai fait en me fiant aux critiques lues ici et je ne le regrette pas. L'histoire est très plaisante, l'auteure fait preuve d'originalité tout en recyclant avec brio des idées maintes fois développées ailleurs. Le plaisir est nourri par la personnalité complexe et évolutive des différents protagonistes de l'histoire et par la cohérence du scénario. Plusieurs avis postés précédemment relevant efficacement l'intérêt de ce récit, je vous invite à les consulter. Le dessin est particulier, mais je l'ai vite apprécié. La mise en couleurs est agréable et contribue efficacement à développer l'atmosphère nécessaire à l'intrigue. De plus, le découpage des planches est varié et donne du rythme à la narration. Sans en abuser, Nancy Peña dessine des images en pleine page où l'on voit les personnages représentés en plusieurs endroits. On a ainsi quelques belles illustrations donnant une vision générale d'un lieu dans lequel l'action se déroule tout en illustrant le déplacement de certains personnages. Bref, des albums à découvrir !!!
Yakari
Ah Yakari, personnellement, certes ce n’est plus mon livre de chevet, mais étant petit, que de souvenirs ! (Et encore, je les ai relu sans problème afin de rédiger mes avis) Je comprends que pour ceux qui lisaient ça dans le moment stressant du cabinet médical cela génère des souvenirs angoissants, frustrants, voire de rejet. Pour ma part, ça évoque toute ma jeunesse ! Yakari est le héros ultime, la projection parfaite pour nos petits bout’choux ! Un héros, pratiquement de leur âge, qui possède la faculté dont chacun rêve, parler aux animaux. Il vit avec eux, découvre leurs us et coutumes. Derib et Job nous offrent avec cette série, une BD certes légèrement écolo, mais aujourd’hui, ce serait pas mal de sensibiliser nos jeunes dès le plus jeune âge à la protection et au respect de l’environnement. Yakari et ses aventures, c’est l’incarnation parfaite de rêves, peurs et espoirs des enfants. A travers cette BD, les enfants apprennent à surpasser leurs peurs découvrent la nature par le biais des renvois intelligent à quelques coutumes, quelques habitudes, quelques mots de vocabulaires typiques de l’environnement Amérindiens. Même après tant d'années écoulées et tant d'albums parus, les auteurs parviennent encore à renouveler la faune et la flore explorés. Certes, dans le dernier album "le marais de la peur", ils sont allés cherchés loin et une grande partie de l'abum n'a rien à voir à voir avec le titre...Mais malgré tout, je reste persuadé que cela ne gênera pas nos chères têtes blondes ! Qui plus est, comme dans les BDs d’Astérix, l’histoire se termine toujours bien ! Et Yakari possède le sourire communicatif ! Une BD qui donne envie de vivre de grande aventure à tous les enfants et qui ne peut que leur donner confiance en eux ainsi que de déchaîner leur imagination ! Yakari qui a souvent des rêves proches du psychanalytique doit sans conteste en transmettre une part à ses jeunes lecteurs. Une BD à mettre dans toutes les mains. De plus, le dessin légèrement caricatural, aux couleurs claires et pleines, convient tout particulièrement à ce type de BD jeunesse ! Vraiment du bon travail !
Zorn & Dirna
Et de 5, je viens de lire les cinq premiers tomes et je suis fort agréablement surpris. Le postulat de base, à ma connaissance n'a pas souvent été repris en BD, voire même c'est le seul cas que je connaisse (Je n'ai pas une culture énorme non plus...) Et cela crée une ambiance et un univers dignes d'intérêt. Les situations souvent gores et macabres sont parfaitement maîtrisées par une pointe d'humour tant dans le texte que dans les dessins sans que cela ne soit directement visible ou envahissant. Je trouve les dosages particulièrement bien contrôlés. Les situations donc fluctuent de par ce contexte hallucinant entre la cocasserie, l'originalité certaines et parfois une profonde émotion. C'est aussi l'une des grandes forces de cette série. L'auteur n'hésite pas à jouer sur toutes les fibres des émotions en passant parfois de la joie à la tristesse brusquement nous laissant comme deux ronds de flan devant tant d'humanisme. Le sujet de la mort est traité avec beaucoup de talent et de sensibilité. Le sens de 'prendre et donner la vie' devient un vrai sujet philosophique. En tout cas si les auteurs veulent avant tout divertir leur public, il y a un sacré taff possible pour débroussailler le sujet si l'on prend le temps de s'y attarder et de réfléchir au delà du premier degré. C'est vraiment une BD intelligente. Les personnages ne sont pas oubliés. Ils sont à la base du scénario, de sa trame et de toutes les pensées qui surgissent au fil de la lecture. Leur psychologie est bien étudiée et colle parfaitement au scénario. Une fois encore, ce que j'apprécie c'est qu'avec un tel sujet les auteurs auraient pu partir dans des délires et des excès mal contenus. Je suis désolé de me répéter, mais l'ensemble et vraiment cohérent et très bien dosé. Seul ce dernier tome tombe légèrement dans un petit excès de vulgarité avec une scène de sexe malvenue au bout de tant de temps. Cela ne correspond pas à l'esprit instauré depuis le départ et m'a dérangé. Il y aurait vraiment beaucoup de choses à dire sur cette BD, mais le mieux reste, je suis persuadé de l'acheter et de l'adopter !
Le bébé et les gazou gazou arheu arheu qui vont avec
Depuis leur apparition dans La flemme, Lisa et Mickey, les deux mascottes de Jim, ont vieilli. La trentaine arrivant, vlà-t'y pas qu'ils décident d'avoir un bébé, sans se douter une seule seconde des "gazou arheu arheu qui vont avec"! L'occasion pour l'auteur de nous concocter l'un de ses meilleurs albums. Tout d'abord, un petit mot sur le dessin. En collaboration avec Juan, Jim y va de son graphisme virevoltant, élastique. Cette même exubérance se retrouve dans l'accumulation des bulles (moins que par le passé toutefois), qui débordent allègrement des limites des cases. Le rendu final est d'un dynamisme étonnant, qui est en quelque sorte la marque de fabrique de Jim. Notons aussi que la colorisation informatique est très réussie. Jim s'efforce ici de décortiquer -avec tendresse- les joies et les peurs de ce moment essentiel de la vie d'un homme (et d'une femme). Bien sûr, cela se vit différemment selon que l'on soit l'un ou l'autre: fini les virées entre potes, bonjour la prise de poids! Mais dans un cas comme dans l'autre, devenir parent, ça change la vie, et toujours sous le même ordre, celui du sacrifice librement consenti! Jim a la bonne idée de dédier une bonne partie de l'album aux angoisses pré-natales, de l'idée d'avoir un bébé jusqu'à l'accouchement. Les gags sont dans l'ensemble de bonne facture, voire même très bons pour certains; je pense par exemple à la scène de l'accouchement avec le gynécologue facétieux, ou à celle ou Mickey et Lisa qui mettent pour la première fois leur enfant à la crèche. Irrésistible! Comme toujours avec Jim, la BD s'inscrit dans "l'air du temps", et s'adresse clairement aux contemporains, à savoir les jeunes parents qui ont toujours tendance à dramatiser ce moment de leur vie. Il est en outre édifiant de voir que Jim a sorti "le bébé..." juste avant Les mariés ! La BD elle aussi suit l'évolution des moeurs. Bref, une réussite. 3,5/5
Les Mangeurs de Cailloux
Le trait de Jean-Luc Loyer laisse à penser que cette bd est destinée à un jeune lectorat. Son trait est léger et rond, presque enfantin en somme. L’absence de couleurs permet toutefois de deviner que ce n’est pas vraiment le public cible. Son contenu bien plus adulte le confirme. L’auteur retrace une partie de son enfance vécue dans les corons. Un milieu rude et fascinant. Rude par la tâche laborieuse et ingrate du mineur. Fascinant par les légendes qui prenaient naissance au fond du trou. Et lorsqu’on est un enfant, on y croit. L’essence de ce récit a une portée bien plus universelle. En effet, qui n’a jamais été captivé par des légendes locales étant gamin ? Celle de JL Loyer est triste (comme la réalité en ce temps là) mais est emprunt d’un humanisme qui fait bien trop souvent défaut dans les couches sociales plus aisées . . . Une réussite. Un très beau livre chaudement recommandé . . .