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Par Miranda
Note: 4/5
Couverture de la série Le Cycle de Cyann
Le Cycle de Cyann

Nous voici en présence d'une œuvre exceptionnelle, avec un monde soigneusement pensé où aucun détail n'a été laissé au hasard. Toute une société recréée, ses lois, ses coutumes, son architecture, son climat, jusqu'à la façon de se vêtir et se coiffer. Lacroix et Bourgeon nous poussent dans cet univers sans aucune explication ; on y est totalement perdu ; on se contente d'observer d'un œil perplexe tout ce qui nous entoure sans comprendre ce qui s'y passe. On trépigne, on se pose mille questions qui nous poussent à avancer, même d'une lecture hésitante. Puis tout doucement l'histoire révèle ses secrets, on y rencontre Cyann, assez exaspérante au début mais qui acquière vite de la maturité au fil des tomes. Beaucoup d'autres personnages tous très fouillés psychologiquement viennent se joindre à cette fabuleuse aventure. La recherche du remède des Fièvres Pourpres mènera notre très sensuelle héroïne, et nous avec, vers d'autres mondes, d'autres rencontres tout aussi fascinantes. Un diamant brut de la science-fiction, taillé avec talent par deux ingénieux auteurs pour notre plus grand plaisir, mais la note culte ne viendra qu'à l'achèvement de la série.

29/09/2008 (modifier)
Par Katz
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Gals
Gals

Haut dans le ciel, brillent les étoiles... Et, au ras de terre, triment les pauvres mortels. C'est certainement parce qu'elle brille tout là haut dans le ciel qu'Altaïr n'a point vu les petites lueurs qui, telles des lucioles, illuminent ce manga. Certes, Gals ne vogue point dans les hautes sphères célestes, mais se traîne plutôt dans les fanges terrestres, avec une certaine grâce, ma foi. La Terre et le Ciel. Tenshi, disent les Japonais, qui ont emprunté le concept aux Chinois. Dans Gals, il est peut-être plus de Terre que de Ciel, car c'est bien d'ici et maintenant que "cause" cette série, histoire apparemment banale et hautement superficielle d'une petite kogal (parfois aussi écrit kogaru, mot japonais prononcé "kogalou", qui est le phonétique nippon de "kogal"). Néanmoins, c'est un autre concept d'origine chinoise, et plus précisément taoïste, qu'il faudrait invoquer pour évoquer toute la richesse méconnue de Gals : le vide et le plein. A première vue, Gals est d'une vacuité affligeante. Et c'est aussi, je dois l'admettre, ce qui fit son charme lorsque j'avais besoin de reposer mon esprit de complexes réflexions un peu trop éthérées... Néanmoins, derrière cette vacuité apparente, se cache un véritable trésor. Certes, de même que l'on dit que la beauté réside d'abord dans les yeux de celui (ou celle) qui regarde, de même ce trésor résidait d'abord dans le prisme de ma vision toute personnelle. Ainsi, j'ai fort apprécié la plupart des petites idylles qui construisent la trame de ce manga. C'est mon petit côté "fleur bleue", elles ont su toucher "my heart" (ainsi qu'on le dirait dans Gals ;-p). Oui, l'adoration de Miyu, l'ex-gang girl, envers le policier "tout beau, tout propre" est potentiellement très énervante à nos yeux raffinés d'Européens sophistiqués et hyper-cultivés. Néanmoins, que voilà enfin un peu de fraîcheur qui change de ce cynisme qu'il faudrait afficher en tout lieu, et tout temps, pour sembler perspicace et subtil. L'admiration (est-ce de l'amour?) que voue "n°2" à Ran Kotobuki frise certes le pathétique, mais la mangaka sait lui tracer un destin qui est touchant, derrière son apparente miévrerie, un peu "brutale", il est vrai... Quant à la relation entre Rei et une des jeunes filles du groupe, elle est parfois glaçante, souvemment saugrenue et incompréhensible. A nos yeux d'Européens, du moins. Car voilà en effet la base du prisme personnel que j'évoquais. À savoir ma connaissance de la civilisation japonaise. Laquelle n'est certes point encyclopédique (loin, très loin de là). Mais, en l'état de ce qu'elle est, telle fut donc mon impression. Voilà qui explique que je n'ai pas hésité à employer des concepts aussi fort que Ciel et Terre, ou parler de taoïsme. Le vide et le plein... Du plein naît le vide. Et du vide nait le plein. Yin, et Yang... Si ce n'était donc que les amourettes de Gals, je n'eus point mis un 4/5, un "coup de coeur", et conseillé l'achat de la série. Mais, derrière l'apparence du "vide" de Ran, se cache le "plein" qui nous dévoile certains problèmes lancinants d'une société. C'est, du moins, ce que j'ai lu dans Gals. Une sorte de satire sociale, dont le porte-voix est, comme dans toute satyre, une sorte de clown. Un bouffon... Et qui de mieux que le bouffon peut hurler au Roi ce qui cloche en son beau royaume ? Alors, certes, je ne suis point un spécialiste de la civilisation japonaise et du Japon, et je ne suis non plus dans la tête de la mangaka. Il est donc parfaitement possible que le prisme de cette connaissance qui m'a amené à une analyse "sociologique" de Gals soit parfaitement biaisé. Mais que je vous expose donc les éléments qui ont fondé ce point de vue : - Qui est donc Ran Kotobuki ? Une fille qui s'assume comme une cancre, et le revendique haut et fort, en appelant le reste de la société à en faire aussi peu qu'elle-même, et à se moquer autant qu'elle-même de l'avis des autres. Autrement dit, au pays de l'Excellence (scolaire et nationale) divinisée, et des conventions sociales parfois étouffantes : une quasi-révolutionnaire. - De même, qui est Rei Otohata ("n°1", le "bô mec") ? Apparemment, un japonais classique au-dessus de tout soupçon, si ce n'est son amour de la mode. En effet, il est travaille très bien en classe, il est donc "populaire". Sauf que... Rei Otohata semble l'incarnation même de l'égoïste achevé et cynique. Non point d'ailleurs égocentrique, car il ne semble pas penser que le monde tourne autour de lui. Les conventions qui voudraient qu'il fit semblant de s'intéresser aux autres, voire qu'il rassurant sa petite amie par des mots de réconfort ? Il n'en a cure. Si tu n'es pas suffisamment fort(e) pour avoir une relation avec Rei Otohata, alors, passe ton chemin. Dans un contexte européen, Rei Otohata c'est du mille fois vu. Dans un contexte japonais, il me semble bien que son attitude est aussi "révolutionnaire", du moins anti-conformiste, que celle de Ran. Certes, le Japon évolue, mais tout de même... D'autant qu'avec son côté bon élève "propre sur soi", et qui ne fait pas de vagues, Rei Otohata est finalement bien plus déstabilisant que la clown de service : Ran. Les sociétés humaines acceptent d'ailleurs bien plus souvent les bouffons, qu'elles placent dans la case "fous", que ceux qui sapent leurs fondements de l'intérieur même du système... Bref, derrière la pseudo-vacuité assumée, et clamée, de son héroïne, et ses historiettes à l'eau de rose, Gals m'apparaît fort comme une charge contre les carcans "quotidiens" de la société japonaise. Car de quoi nous parlent nombre d'histoires de cette série ? De pression sociale, de cet infernal sentiment d'une écrasante pression que ressentiraient bon nombre de Japonais, qui asphyxie toute initiative, toute personnalité. Certes, le trait est certainement forcé. Le Japon n'est pas cette fourmilière que décrivaient certains, et le Japon bouge. Dans le domaine du refus des conventions sociales phagocytantes, Gals est d'ailleurs certainement plus suiviste que précurseur. Néanmoins, il m'apparaît (si mon analyse est fondée), comme un très intéressant témoin de cette "révolte silencieuse", de ce mouvement en profondeur de la société japonaise vers plus d'individualisme, d'une révolution tranquille qui n'aurait absolument pas pour but de mettre à bas une société que, par ailleurs, on apprécie, mais que l'on souhaite faire évoluer selon ses goûts... Un témoin d'autant plus intéressant qu'il se masque derrière une histoire apparemment mineure, et ce qui pourrait paraître comme une incongruité : une satyre à l'eau de rose. Un objet, donc, qui ne trouvera point son havre en toutes mains. Car si vous appréciez les satires, encore faudra-t-il que vous aimiez aussi... l'eau de rose.^^

18/04/2007 (MAJ le 29/09/2008) (modifier)
Par Katz
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sur les Terres d'Horus
Sur les Terres d'Horus

Dans Sur les Terres d'Horus, c'est à une captivante croisière, qui déborde largement le Dieu Fleuve, qu'Isabelle Dethan nous convie. Des marais de Pa-Yom, aux déserts brûlants de Nubie, des escarpements rocheux de la Vallée des Rois, aux splendeurs de Pi-Ramsès, le trait d'Isabelle Dethan nous restitue une envoûtante Égypte pharaonique, en ces temps lointains dénommée Kemet — La Terre Noire. Noire dans certaines de ses âmes certes, mais sous le pinceau de notre scribe moderne, cette Égypte aujourd'hui disparue brille d'une myriade d'éclats chatoyants, qui nous donneraient fort envie d'y avoir vécu, ou de pouvoir nous y transporter par le biais de quelque magie possédée par les anciens prêtres de ce fascinant pays. Alors, certes, l'Égypte qui revit ainsi par les aquarelles lumineuses d'Isabelle Dethan est une Égypte fictive. Et il serait assez illusoire de prendre Sur les Terres d'Horus pour un pur documentaire historique, car l'Histoire connaît des lacunes et des hésitations que les auteurs de fiction n'ont pas, et ne peuvent guère se permettre d'avoir. Il en va ainsi de la cour de pharaon, dont un égyptologue m'avait tranquillement expliqué qu'elle est ce que nous connaissons le plus mal de l'Égypte ancienne, et qu'il faut donc oublier espérer en restituer quoi que ce fut qui soit historique. De la vie de cour de pharaon, nous n'avons que des aperçus. De sa vie intime ou privée, il va de même. Si l'on excepte le harem, mieux connu, en particulier grâce au fameux complot qui eut lieu sous Ramsès III. Mais le harem et la cour, ce sont deux mondes différents. Ces précautions étant posées, et malgré quelques autres simplifications regrettables (les vêtements, qui sont tous blancs ou presque, alors que les Égyptiens savaient teindre et tisser des vêtements multicolores), la tentative de restauration que propose Isabelle Dethan est bien trop sublime pour qu'on se laisse point emporter par elle en une douce contemplation rêveuse au fil d'un Nil remontant, ou descendant. Et c'est d'ailleurs à elle que cette oeuvre doit l'essentiel des quatre étoiles que je lui ai attribuées. Car si les décors sont sublimes, les aventures, elles, sont beaucoup moins convaincantes. La première histoire, centrée autour de Seth, m'a fait craindre le pire quand au réemploi d'un cliché éculé, et par ailleurs totalement faux. Néanmoins, Isabelle Dethan, qui s'était bien documentée, parvient à l'éviter. Cependant, voici encore une sourde conjuration sectaire orchestrée autour de Seth... Pas très original au final. Non plus que dans le lieu où se clôt le premier diptyque, grandiose certes, mais qui est un cliché vu et revu de la littérature d'aventure "dans l'Afrique méconnue" depuis le XIXe siècle. Le second diptyque est, lui, certes un peu plus original, mais étalée sur deux tomes, cette histoire qui n'en valait qu'un ou un et demi perd en intensité ce qu'elle gagne à peine en profondeur. L'ennui, souvent, se profile à l'orée des pages du quatrième tome... Cependant, et c'est là ce qui explique finalement les quatre étoiles au lieu des trois, Isabelle Dethan me semble réussir une belle galerie de personnages au fil de ses intrigues. C'est d'ailleurs en eux, dans les relations qui se tissent, se nouent et dénouent, dans l'évolution de leur psychologie, qu'Isabelle Dethan semble avoir porté toute son attention, faisant de ses intrigues policières presque un simple canevas secondaire. Du moins à mes yeux. Les eut-elle cependant réussi, que cette BD — une des rares de qualité sur l'Égypte — eut incontestablement mérité la note maximale, avec les applaudissements enthousiastes du jury. Quant à la suite, sise en Babylonie, voilà qui laisse le même jury des plus sceptiques. L'Égypte recélait-elle si peu de trésors qu'il fallut déjà l'abandonner ? Je comprends certes le désir d'Isabelle Dethan d'aller voir ailleurs, néanmoins nous voilà bien loin des Terres d'Horus, et j'eus de loin préféré que la restitution fictive de Kemet fut approfondie, et de nouvelles pistes ouvertes et explorées. Espérons que cela vienne pour de nouveaux tomes.

15/05/2007 (MAJ le 29/09/2008) (modifier)
Par herve
Note: 4/5
Couverture de la série Croisade
Croisade

Depuis quelques années les croisades et surtout les croisés font l'objet de nombreuses séries bd. Du Le Troisième Testament au Le Triangle Secret jusqu'au récent Le rêve de Jérusalem, l'amateur de bd ne sait plus où donner de la tête.... jusqu'à cette série "croisade" qui allie deux choses, un scénario béton signé Dufaux, excusez du peu, et un dessin de Xavier, en nette progression depuis "paradis perdus". Dufaux, que l'on ne présente plus, nous offre ici un scénario qui oscille, comme à son habitude, entre histoire et fantastique. Avec ses avant propos historiques, il nous force à croire à cette nouvelle croisade, qui débute comme les précédentes mais qui, avec des personnages comme Sar Mitra, Mufti d'Alkar (tome 1) ou encore des créatures fantastiques comme Aa (tome 2) et difformes (Sarek Pacha), voire charismatique (comme le maître des machines-toujours tome 2) nous fait littéralement plonger vers un univers complètement à l'opposé de la réalité historique. Car prenant des libertés avec l'histoire - d'ailleurs pourquoi le vénéré X3 au lieu de Jésus Christ, pourquoi Herus Halem en place et lieu de Jérusalem, et enfin pourquoi Ab'dul razim à la place de Salladin ?- c'est d'ailleurs le seul bémol que j'adresse à l'auteur, Dufaux nous entraîne dans une aventure passionnante et qui va crescendo. Surtout, n'oublions pas le dessin de Xavier, qui, je l'ai déjà dit, va en s'améliorant. Par rapport à ses autres séries, j'ai l'impression que son dessin gagne en intensité en se simplifiant, et surtout c'est un dessin beaucoup plus clair et lisible. Et que dire des quadruples pages innovantes présentes à la fois dans le tome 1 et 2 de cette série. C'est magnifique, original et surtout ne gâche en rien le sens de la lecture. Vous l'aurez compris, j'ai adoré cette série qui allie à la fois un très bon scénario et un dessin remarquable, fluide, clair bref superbe.

28/09/2008 (modifier)
Par Ems
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Ensembles contraires
Les Ensembles contraires

Après la lecture du 1er tome : Je suis impressionné par la sincérité qui se dégage de cette BD. Si les auteurs mettent les formes, ils fournissent le fond sans fioritures !!! Tout m'a plu dans ce premier tome : - Le titre : impossible de trouver mieux pour résumer en si peu de mots les 2 personnages principaux (qui sont d'ailleurs les scénaristes puisqu'il s'agit d'une autobiographie croisée). - Le scénario : des petites tranches de vie qui apportent une vision du quotidien des protagonistes. Certaines joyeuses, d'autres crues et difficiles. Mais l'ensemble s'appuyant sur les souvenirs, est fluide et captivant malgré la banalité de certains faits et gestes. La relation entre les 2 personnages évolue avec les décors et les rencontres. Cette BD est vivante. - Le dessin : au service des scénaristes, il retranscrit simplement et fidèlement le récit. Il est même impressionnant dans son rendu pour les moments graves. Petit plus perso : les lieux qui me sont familiers et les auteurs qui ont plus ou moins le même âge. Ces facteurs m'ont certainement aidé à mieux entrer dans leur histoire et me rappellent beaucoup de souvenirs. Vivement le T2.

28/09/2008 (modifier)
Par Sejy
Note: 4/5
Couverture de la série Les Miettes
Les Miettes

Poussière, canyons et grands espaces, fusillades et cavalcades endiablées, attaque de convoi en règle…Tous les éléments inhérents au stéréotype du Western sont là, dans cette histoire qui, bien que carrément à l’ouest, n’en est pas un. Juste la chimère épique de micronotables d’une picopatrie en mal de reconnaissance et qui décident, pour apaiser leur soif de gloire, de détourner… un train ! A la fois huis clos ferroviaire burlesque pimenté d’un non-sens à la Monty Python (le côté subversif en moins) et rail-movie au dynamisme débridé d’un film Keatonien, ce one-shot dévoile sous le graphisme inimitable d’un Frederik Peeters en grande forme, un scénario délicieusement absurde et insidieusement drôle. L’incongruité des situations, les réparties infaillibles et une galerie de personnages décalés et extravagants (faux jumeaux réunis en vrais siamois, alchimiste à deux balles transformant le gris du plomb en un jaune qui faute de caractéristiques aurifères présenterait plutôt des vertus anisées hilarantes…) rivalisent dans un festival de cocasserie et de poésie loufoque. Ce n’est certes pas sans défaut. La psychologie des protagonistes stagne au niveau des pâquerettes et la trame déjantée est le prétexte à un déballage verbal excessif qui abuse, par instants, d’un procédé consistant à fourrer systématiquement dans la bouche des personnages la réplique qui doit faire mouche, mais qui ne s’avère pas toujours bien à propos. Peu importe, au final, cela reste assez jubilatoire. Bon an mal an, les dialogues s’enfilent comme des perles. Des palabres souvent truculentes qui oscillent entre joutes ciselées surréalistes, intellectualisme de comptoir et piques des plus fleuries. On se laissera porter par une ambiance franchement barrée, mais sans outrance, avec sur le visage un petit sourire de satisfaction persistante. Achat déconseillé. C’est un album au style très singulier et plutôt cher. Et même si c’est un très bel objet, la déception risque d’être à la hauteur de l’investissement pour qui n’adhérera pas à ce type d’humour. Encore faudra-t-il le trouver (seulement 900 ex.), quoi qu’il en soit, s’il devait vous passer devant le nez, ne laissez pas filer l’occasion de le lire…

28/09/2008 (modifier)
Par jib
Note: 4/5
Couverture de la série Spoogue
Spoogue

Au début : mais qu'est-ce que c'est que ce délire !?! Ensuite : Ah, oui... c'est vraiment du délire ! A la fin : Complètement débile c'te BD !!! Tout du long : on rigole, on rigole et on rigole encore. L'état d'esprit : c'est la quête « fantasy » d'un fossoyeur qui ne peut encadrer personne dans le petit royaume où il vit, à l'exception faite de son ami le bourreau qui est le seul « à lui apporter du travail » (bourreau qui refusera de lui trancher la tête sous peine de se mettre en arrêt maladie...). N'oublions pas non plus la très horrible fille du roi dont il est épris d'un amour fou et surtout complètement aveugle. C'est vraiment une grande réussite !! Le coup du fossoyeur raciste qui court après le très abruti de nécromancien qui lui a foutu le bordel dans son cimetière : c'est quand même génial ! Démons et inquisition y trouvent une place à point nommée. Ils viennent enrichir une intrigue partie sur d'excellentes bases malgré son absurdité la plus abstraite. Une vrai saga humoristique complètement décalée et carrément dingue. Notons au passage que les dessins sont très bien réussis. Nous avons affaire à un grand artiste qui a su rendre toute la laideur de son univers à travers de très habiles coups de crayon. C'est sublime ! Il fait de l'horrible avec du beau, et du beau avec de l'horrible, le tout sur un fond de colorisation chaude et bien sentie. Aucun des personnages ne fait envie, ni dans le coup de crayon, ni dans l'esprit. Ils sont tous plus pervers, perfides et sadiques les uns que les autres. « L'horrible » dessin le retranscrit dès les premiers traits. Cette géniale alchimie permet de lire la série avec un recul très appréciable et ainsi de rentrer facilement dans l'univers délibérément humoristique. Les démons en deviennent sympathiques. On finit même par s'attacher à certains personnages qui sont pourtant gavés de défauts et de méchanceté. Mais dans un monde si cruel, l'ignominie est parfois une grande qualité. Un excellent moment à passer pour ceux qui apprécient l'humour morbide et pour les autres aussi d'ailleurs. Un très grand merci au talentueux Olivier Milhiet qui nous sort radicalement des carcans habituels des contes et autres histoires traditionnelles. Ceux qui veulent du neuf dans la mise en scène seront particulièrement ravis ! (J'attends de lire le dernier album avant de passer la série en culte : je suis sûr que je ne serais pas déçu !).

28/09/2008 (modifier)
Par jib
Note: 4/5
Couverture de la série Korrigans
Korrigans

Cette série de quatre albums est vraiment agréable à lire et ceci tout particulièrement grâce à un dessin très réussi. La finesse et la précision du trait de Civiello nous transportent avec légèreté dans les mondes féeriques de Mosdi. Un beau travail artistique, pour des livres bien finis. J'ai beaucoup apprécié les efforts de présentation des personnages, d'autant que certaines descriptions apportent des détails non négligeables à la bonne compréhension du déroulement de l'histoire. Le scénario est probablement un peu trop riche pour seulement quatre albums. De ce fait, beaucoup de points restent un peu trop énigmatiques. Si l'histoire commence simplement tout en gardant son intérêt, il s'ajoute vite un nombre conséquent d'intervenants, à tel point qu'on en finit par oublier les Korrigans. On s'aperçoit alors qu'on évolue dans un monde avec une histoire complexe (et plutôt bien ficelée) qui aurait méritée un, voire deux albums de plus. Il aurait été certainement très intéressant de s'attarder sur certains personnages afin d'élucider les mystères de ce monde où la magie prédomine sans vraiment qu'on s'en aperçoive. Ceci aurait aussi permis de moins bousculer les deux derniers tomes qui, effectivement, se terminent rapidement et en total paradoxe avec un début assez coulé. Néanmoins, je reste sur une note très positive, car il y a dans ces albums - un vrai travail de recherche, - un dessin fouillé et varié allant du portrait photographique au trait brouillon du fusain, - une corrélation crédible entre les mondes, - un scénario très persuasif (à l'exception près d'un acte final aux petits airs de « déjà vu »), - une finition parfaitement agréable et bien menée. Mon seul regret : la contrainte éditeur de clôturer un album en 45 pages empêche parfois l'épanouissement d'une vrai oeuvre d'art et l'accomplissement de véritables chef d'oeuvres ; c'est probablement le cas pour cette très belle histoire dessinée d'une main de maître. Dix à vingt petites pages de plus par tome auraient certainement réussi à faire classer cette série parmi les incontournables de ce que nous pouvons appeler le 9ème art. Et le 9ème art n'atteindra son éveil complet que lorsqu'il se sera libéré de ses contraintes commerciales, pour pouvoir mieux exploiter les contraintes qui lui sont propres. En conclusion pour les lecteurs : Si vous ouvrez cette BD et que vous en avez une bonne première impression, alors, allez jusqu'au bout ! et vous ne serez certainement pas déçu. Vous la relirez même avec plaisir. Pour les lecteurs d'héroïc fantasy : rien d'exceptionnellement nouveau, certes, (ou devrais-je dire "celte"), mais cette tendre poésie, qu'insinue le duo réussi, est comme un doux parfum d'orange dans un chocolat fondant de caractère*. *[NdlC] Je plussoie ! :)

28/09/2008 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Tennen - Pur et dur
Tennen - Pur et dur

J'ai eu beaucoup de plaisir à lire ce manga qui m'a beaucoup fait penser à Black Jack. Tout comme le héros de Tezuka, Tennen est un personnage qui semble dur, mais qui au fond a un coeur d'or. Autres similitudes : Il a un passé mystérieux et chacune de ses aventures est un prétexte pour étudier les travers et les bonnes actions de la nature humaine. Les différentes aventures ne m'ont pas ennuyé une seconde. Elles sont très passionnantes et le mélange d'humour et de sérieux est vraiment bien équilibré. Les personnages secondaires ont une vraie personnalité et sont aussi intéressants que le héros. Bref, c'est un bon manga que je conseille à tous les fans de mangas.

28/09/2008 (modifier)
Par Sejy
Note: 4/5
Couverture de la série Super Spy
Super Spy

Tout un pan de la littérature, du septième art et de la télévision a contribué à instiller dans la culture populaire une représentation de l’espion complètement dénaturée et archétypée. Conquérant les esprits de chaque génération par la production de modèles spécifiquement flemmingniens, ils ont conceptualisé l’image d’un aventurier encostardé et bardé de gadgets ébouriffants, pilotant de luxueuses voitures de sport, courtisé par les femmes les plus magnifiques, et, la plupart du temps, sollicité pour au moins préserver la Nation sinon sauver la planète entière. Heureusement pour nous, et malgré ce que le titre pourrait laisser imaginer, l’oeuvre de Matt Kindt est radicalement différente. Et si elle s’avère réaliste, son approche est, avant tout, infiniment plus humaniste. Chassés le glamour et le spectaculaire ! Projeté en pleine seconde guerre mondiale, on suit les petites destinées d’une poignée de héros de l’ombre. Au travers de leur quotidien décortiqué, on découvre puis l’on s’attache à ces gens anonymes, souvent solitaires, avec leurs craintes, leurs doutes et leurs faiblesses. Aiguillés par l’amour ou la haine, par un idéal, par le sens du devoir ou par simple instinct de survie, ils consacrent leurs aptitudes particulières pour le vol, le mensonge, la trahison et l’assassinat dans l’exécution de missions banales ou tragiques qui infléchiront la marche inexorable de l’Histoire… Ou pas. La construction de l’album est étonnante et ingénieuse. Le récit est fragmenté en 37 dossiers, comme autant d’extraits de « carnets de route » fatigués retraçant les multiples péripéties des protagonistes. Imbriqués de façon volontairement non chronologique, ils adoptent un trait différent et une colorisation distinctive selon le personnage. Ce style narratif particulier prend sa réelle dimension au bout d’une centaine de pages. Quand les chemins se croisent, se heurtent, et que les fils qui lient toutes ces vies se dévoilent peu à peu, quand l’empathie devient discrètement plus profonde et que l’on prend tout à coup conscience des détails, émerge alors derrière les innombrables pièces, un immense et fabuleux puzzle ludique qu’il nous appartiendra de reconstituer. Une expérience si passionnante qu’à la fin de la lecture on n'a plus qu’une envie : reprendre l’ensemble dans l’ordre logique des chapitres. Puissant, rythmé, sombre, haletant et terriblement humain. À ne pas manquer !

28/09/2008 (modifier)