Après lecture des deux premiers tomes, je partage l’avis de Spooky.
Je mets 4, pour les bonnes idées à la fois d’univers et d’intrigue, ce que j’attends avant tout d’un bon récit de science-fiction et qui est assez rare dans la bd.
Je pense justement qu’encore plus de détails et d’idées sur le Paris futuriste développé auraient profité au récit qui mérite d’être creusé et enrichi, ce sera peut-être le cas des deux prochains tomes.
Une note de 4 aussi car la série sera terminée en quatre tomes avec une fréquence de sortie soutenue.
Le style graphique dessin/couleur/découpage est efficace, ludique et très lisible.
Après on peut se demander si ce parti pris graphique était le plus approprié pour créer une atmosphère parisienne rétro futuriste, je pense notamment à une métropole jules vernienne façon Schuitten, ou plus sombre/réaliste à la Cécil dans Le Réseau Bombyce, au vieux film 'Fantômas' ? Mais peu importe, celui-ci fonctionne bien en créant une ambiance comics super-héros parisien, ce qui doit probablement être l’objectif recherché par les auteurs.
Le complément d’articles en fin d’album est aussi une très bonne idée, il ajoute de la consistance à la série.
Saluons l'apport concret à la bd SF de l'écrivain Serge Lehman, ce n'est pas toujours le cas, loin s'en faut, lorsqu'un romancier hors bd vient scénariser son opus (sans saveur) par effet de mode & commercial.
Série à lire exclusivement au calme et lorsqu'on a le temps.
Histoire dense et parfaitement mise en place, personnages fouillés dépassant le manichéisme basique et simpliste très habituel en bd, dessins sublimes mais mise en couleurs parfois trop sombre (scènes de nuit du tome 3) qui ne permettent pas toujours au graphisme de s'épanouir visuellement. Mais dans l'ensemble, la couleur grise/sépia convient parfaitement à cette histoire du déclin et crépuscule d'une société humaine !
Les trois premiers tomes peuvent se lire comme une trilogie se terminant de façon assez surprenante; l'anéantissement fratricide d'une forme de société par les humains au nom de leurs principes, de leurs ambitions, et de leurs alliances.
On se croirait dans un tableau de Goya ou deux humains se battent dans des sables mouvants sans même s'en rendre compte, et sans voir que plus ils combattront, plus leur enfoncement et leur perte sera inéluctable.
La fin du 3ème tome, et qui achève en soi le premier cycle, est vraiment surprenante, et prête à la réflexion sur l'ensemble des échelles de valeurs mise en place par les humains, et sur leur bien fondé !
Qu'est-ce qui m'a empêché de mettre 5 ?
Peut-être le côté trop dense de l'histoire obligeant une lecture lente et décortiquée du texte comme du dessin, et le peu de personnages très attachants (quatre au mieux).
Mais cette trilogie est une réelle très bonne surprise !
Cette bande dessinée est exceptionnelle, les réflexions de Pico et de Ana Ana sa sœur sont extraordinairement bien trouvées, même si elle ne sont pour la plupart pas réelles (de même que la taille des enfants). Je me suis retrouvé explosé de rire sur 70% des planche des 5 tomes, les gags parfois muets, parfois basés sur des réflexions que seuls des adultes pourraient avoir (et que même les adultes n'ont pas), et parfois très naturels, mais tellement drôles.
Le dessin est très agréable et convient tout à fait à cette bande dessinée.
Le lien avec Calvin et Hobbes est très vite fait et c'est normal, mis a part l'imaginaire énorme de Calvin, toutes les réflexions qu'il a pourraient aller à Pico même si je trouve que Pico est plus simple, plus mignon que Calvin (tout en étant tout aussi énervant pour ses parents).
Voici une BD très agréable, drôle, qui convient tout à fait comme cadeau pour des non-bdphiles.
Idéale pour passer un bon moment.
Ouah, ouah, ouah !!!! J'avais oublié comment, déjà, j'avais été enchantée par la Terre mécanique (Casterman) de Jean-Baptiste Andreae. Tout son imaginaire qui mêle baroque, animalier, exotisme, steampunk, poésie et fantaisie se retrouve ici dans ce magnifique et très original album.
Soutenu par le scénario incroyable de Wilfrid Lupano à qui l'on doit Alim le tanneur ou encore Célestin Gobe-la-lune (Delcourt), nous voilà plongés dans un univers merveilleux dès la page de garde.
On y découvre des extraits de l'Encyclopédie des Chronoptères, des croquis d'insectes et d'oiseaux improbables au système bio-mécanique, telle la libellule mémorantèle par exemple qui, si elle boit en rase-mottes à la surface de l'eau pendant que vous y admirez votre reflet, ce dernier se retrouve prisonnier de l'eau pendant un an. Ce sont ces étranges créatures toutes rattachées à la notion de temporalité que le farfelu Aristide Breloquinte tente d'étudier. Le Temps est à la base de cet univers mais pas seulement.
Car on a aussi perdu le Nord. Il devient donc difficile de s'orienter. Ce que le pauvre Comte de la Perue découvre à son détriment, lui qui voulait voguer vers de nouvelles contrées et qui finalement se retrouve à son point de départ.
Ainsi pendant que certains cherchent désespérément à retrouver le Nord et que d'autres sont à la poursuite des rarissimes lurettes au panache pendulaire, on se plonge dans ce récit, difficile à résumé, mais où tout se tient par la magie du texte, de l'image et des nombreux personnages tout autant extraordinaires, pittoresques et même drôles !
J'arrive au comics assez tard et pas par le biais des super-héros. C'est donc un univers que je connais plus par les adaptations cinéma. J'ai donc ouvert ce Catwoman par curiosité... et je l'ai lu d'une traite avec un enthousiasme inattendu. Certes la belle est sexy à souhait mais peut tout autant être très vilaine, défigurée par la rage. La relation aux personnages annexes est claire, le scénario efficace et ce qui m'a aussi plu c'est cette malchance qui semble ne jamais lâcher Catwoman et donne une touche humoristique au milieu des scènes d'action. Le graphisme est superbe et j'ai hâte de lire la suite.
A la lecture des trois premiers tomes, je trouve cette série absolument géniale ! Drôle, émouvante, violente et bien ficelée, cette aventure possède un réel scénario qui plonge son lecteur dans un monde complexe et captivant.
Morvan réussi à créer une réelle personnalité à ses quatre personnages principaux qui nous font rire et frissonner. La situation amoureuse entre les deux parents est même parfois gênante pour le lecteur. Les jumeaux quant à eux sont très attachants !
La mise en scène et les dessins sont absolument parfaits et correspondent tout à fait à l’ambiance de l’univers créé. Les scènes de combat sont très bien présentées et bien gores. Espérons que la suite soit aussi bonne !
A la lecture du deuxième cycle, l'intrigue est beaucoup moins originale mais reste agréable à lire. L'univers est toujours aussi bon mais le scénario pèche par un manque de trouvailles qui faisaient la qualité du premier cycle. Le dessin est toujours aussi bon. Petite remarque, attendre 4 ans pour un final aussi classique est décevant.
5/5 au premier cycle
3/5 au deuxième cycle
Derrière ces couvertures pour le moins criardes, ce personnage principal stylisé à l'excès et ce titre qui évoquerait plutôt une lecture pour enfants se cache une série très spéciale, mettant en scène un petit garçon (qui deviendra grand) d'une petite dizaine d'année en proie à tous les tourments de l'enfance et de l'adolescence.
Graphiquement c'est pour le moins particulier : tout est hyper réaliste (les paysages, les personnages secondaires, l'expression des sentiments) sauf Punpun et sa famille (sa mère, son père, son oncle) qui sont représentés sous la forme d'espèces de volatiles très simplifiés. Et autant le côté simple est simplifié, autant le côté réaliste est détaillé. On a vraiment l'impression de voir évoluer un personnage de dessin animé dans la réalité.
L'hétérogénéité graphique frappe d'autant plus que notre petit héros vit une vie tout sauf idyllique : des parents qui se séparent parce que le père a blessé la mère lors d'une dispute, une mère peu aimante et alcoolique, un oncle parasite et aux pulsions plus ou moins malsaines, la découverte des sentiments amoureux et de la sexualité, une petite amie assez effrayante dans ses extrêmes, la jalousie, les excès de dépassement de soi pour impressionner les copains, les croyances religieuses : bref la vie, dans toute sa splendeur et sa parfois triste réalité.
L'humour fait parfois son apparition, par exemple avec ce professeur adepte du comique de répétition ou un peu psychopathe sur les bords (mais est-ce vraiment de l'humour ? ). Cependant, dans son ensemble (et sur les 3 premiers tomes sortis ce jour), le ton est globalement sérieux.
Bonne nuit Punpun! est une série qui a su me surprendre (c'est le moins que l'on puisse dire) car son contenu est loin de ce à quoi on peut s'attendre de prime abord. Un bon 3,5/5 en ce qui me concerne, arrondi à 4/5 pour l'originalité, et à confirmer par la suite, personnellement j'ai un peu peur que la série tire en longueur (10 tomes en cours au Japon).
Le principe de Jour J est excellent, il met en valeur la fragilité des évènements historiques avec souvent un réalisme et une réflexion assez travaillés. Néanmoins certains épisodes ont "poussé le bouchon un peu loin" comme le numéro 7 où les technologies ne correspondent pas à un hypothétique début de XXIème siècle. Il est aussi à noter une accumulation de personnages historiques qui dans la réalité sont connus et qui n'ont aucune place dans certains épisodes (Staline dans Octobre noir par exemple ne serait pas là sans une réussite de la révolution prolétarienne et serait resté exilé ; Hitler dans le numéro 7 n'aurait pas développé d'idéaux racistes sous un Empire Français réunissant toute l'Europe de l'Ouest).
Oublions les détails du scénario, car le fil rouge de chacune des histoires est logique, intéressant et appelle à une réflexion... un peu trop : on aimerait souvent un "prologue" car les situations finales sont souvent instables.
Les dessins sont tout simplement excellents donnant un réalisme aux histoires et nous faisant rentrer dans l'univers. Les décors sont très intéressants car ils sont adaptés aux situations des histoires. Mais je note souvent des confusions entre les personnages (Blondin et Bonnot dans Septembre Rouge) qui n'ont malheureusement pas beaucoup de différence.
J'aurai plutôt donné un 7/10 qu'un 4/5 mais bon.
Un réel plaisir de lire Vacadab, une BD assez caustique qui dresse un tableau pas très reluisant de notre société, et si vous y regardez de près la couverture annonce déjà la couleur.
Etienne, jeune homme un peu paumé et sans trop de qualification est engagé temporairement chez Vitalux pour vendre des aspirateurs.
(Vacadab : Vendeur d’aspirateurs chinois à domicile avec argumentaire en béton).
Mais voilà l’aspirateur est cher, très cher et dans une boîte de m…. comme Vitalux , on vous met la pression maximum pour un salaire minimum, pour notre jeune ami c’est la galère…
J’ai apprécié que Lomig ne sombre pas dans le tout ou rien, ce n’est pas les méchants patrons contre les braves travailleurs, tout le monde en prend pour son grade car à l’heure des amis virtuels, de l’individualisme exacerbé et du repli sur soi , le constat est simple : notre société risque de se dégrader encore bien longtemps.
Un type de BD qui se fait trop rare, une BD qui immanquablement me rappelle la période dorée de la BD satirique avec Reiser comme chef de file.
Et pour ne rien gâcher, le dessin noir et blanc est magnifique., les personnages sont très bien animés, petit bémol : notre personnage principal est un peu ...mou.
Je mets mon avis à jour suite à la lecture du 3eme tome. Je suis à deux doigts de passer ma note à 5/5 ! Je vais attendre encore un peu, mais je pense pouvoir déjà dire que Holmes est sans doute la série de Luc Brunschwig que je préfère, ce qui n’est pas peu dire.
Comme beaucoup d’autres posteurs, mes connaissances du personnage de Sherlock Holmes sont finalement assez limitées. J’ai donc commencé par lire le petit documentaire présent en fin de tome 1… quelle bonne idée de l’avoir intégré, il m’a donné envie d’en apprendre plus sur ce personnage mythique, et c’est justement ce que propose cette série.
L’histoire se situe juste après la mort de Sherlock, et suit le docteur Watson qui part sur les traces familiales de son ami dont il pensait tout connaître. Or j’avais un peu peur que la vraie vie de Sherlock, sa famille, son enfance troublée etc… étaient le genre de détails qui n’intéresseraient que les grands fans du personnage. Et bien non. L’auteur a réussi à rendre les aventures de Watson tout simplement passionnantes. Le fait que la famille Holmes essaye sans arrêt de lui mettre des bâtons dans les roues transforme ce qui aurait pu être une bête promenade champêtre en enquête intrigante et remplie de mystère… des caractéristiques auxquelles contribue d’ailleurs grandement le cadre de l’Angleterre victorienne. Plus j’en apprenais, et plus je voulais continuer ma lecture... Le tome 3 est à ce titre scotchant au possible, et je me suis retrouvé bien désemparé en arrivant à son terme… la suite, vite !
Comme à son accoutumé Luc développe la personnalité de ses personnages, notamment du docteur Watson, qui devient de plus en plus intéressant dans ce tome 3. Difficile de retourner à des héros « coquille vide » après avoir lu Holmes ou Lloyd Singer.
La mise en image est exemplaire. Quel esthétisme, quelle fluidité dans la narration, quelle minutie du détail, j’imagine que Cécil a dû effectuer un travail de recherche considérable pour représenter les accoutrements, bâtiments, voitures, bateaux etc. de l’époque. Le 3eme tome inclut d’ailleurs un carnet de croquis expliquant le travail des auteurs… bigrement intéressant.
Vraiment du beau boulot… il me tarde de lire la suite.
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Après lecture des deux premiers tomes, je partage l’avis de Spooky. Je mets 4, pour les bonnes idées à la fois d’univers et d’intrigue, ce que j’attends avant tout d’un bon récit de science-fiction et qui est assez rare dans la bd. Je pense justement qu’encore plus de détails et d’idées sur le Paris futuriste développé auraient profité au récit qui mérite d’être creusé et enrichi, ce sera peut-être le cas des deux prochains tomes. Une note de 4 aussi car la série sera terminée en quatre tomes avec une fréquence de sortie soutenue. Le style graphique dessin/couleur/découpage est efficace, ludique et très lisible. Après on peut se demander si ce parti pris graphique était le plus approprié pour créer une atmosphère parisienne rétro futuriste, je pense notamment à une métropole jules vernienne façon Schuitten, ou plus sombre/réaliste à la Cécil dans Le Réseau Bombyce, au vieux film 'Fantômas' ? Mais peu importe, celui-ci fonctionne bien en créant une ambiance comics super-héros parisien, ce qui doit probablement être l’objectif recherché par les auteurs. Le complément d’articles en fin d’album est aussi une très bonne idée, il ajoute de la consistance à la série. Saluons l'apport concret à la bd SF de l'écrivain Serge Lehman, ce n'est pas toujours le cas, loin s'en faut, lorsqu'un romancier hors bd vient scénariser son opus (sans saveur) par effet de mode & commercial.
Servitude
Série à lire exclusivement au calme et lorsqu'on a le temps. Histoire dense et parfaitement mise en place, personnages fouillés dépassant le manichéisme basique et simpliste très habituel en bd, dessins sublimes mais mise en couleurs parfois trop sombre (scènes de nuit du tome 3) qui ne permettent pas toujours au graphisme de s'épanouir visuellement. Mais dans l'ensemble, la couleur grise/sépia convient parfaitement à cette histoire du déclin et crépuscule d'une société humaine ! Les trois premiers tomes peuvent se lire comme une trilogie se terminant de façon assez surprenante; l'anéantissement fratricide d'une forme de société par les humains au nom de leurs principes, de leurs ambitions, et de leurs alliances. On se croirait dans un tableau de Goya ou deux humains se battent dans des sables mouvants sans même s'en rendre compte, et sans voir que plus ils combattront, plus leur enfoncement et leur perte sera inéluctable. La fin du 3ème tome, et qui achève en soi le premier cycle, est vraiment surprenante, et prête à la réflexion sur l'ensemble des échelles de valeurs mise en place par les humains, et sur leur bien fondé ! Qu'est-ce qui m'a empêché de mettre 5 ? Peut-être le côté trop dense de l'histoire obligeant une lecture lente et décortiquée du texte comme du dessin, et le peu de personnages très attachants (quatre au mieux). Mais cette trilogie est une réelle très bonne surprise !
Pico Bogue
Cette bande dessinée est exceptionnelle, les réflexions de Pico et de Ana Ana sa sœur sont extraordinairement bien trouvées, même si elle ne sont pour la plupart pas réelles (de même que la taille des enfants). Je me suis retrouvé explosé de rire sur 70% des planche des 5 tomes, les gags parfois muets, parfois basés sur des réflexions que seuls des adultes pourraient avoir (et que même les adultes n'ont pas), et parfois très naturels, mais tellement drôles. Le dessin est très agréable et convient tout à fait à cette bande dessinée. Le lien avec Calvin et Hobbes est très vite fait et c'est normal, mis a part l'imaginaire énorme de Calvin, toutes les réflexions qu'il a pourraient aller à Pico même si je trouve que Pico est plus simple, plus mignon que Calvin (tout en étant tout aussi énervant pour ses parents). Voici une BD très agréable, drôle, qui convient tout à fait comme cadeau pour des non-bdphiles. Idéale pour passer un bon moment.
Azimut
Ouah, ouah, ouah !!!! J'avais oublié comment, déjà, j'avais été enchantée par la Terre mécanique (Casterman) de Jean-Baptiste Andreae. Tout son imaginaire qui mêle baroque, animalier, exotisme, steampunk, poésie et fantaisie se retrouve ici dans ce magnifique et très original album. Soutenu par le scénario incroyable de Wilfrid Lupano à qui l'on doit Alim le tanneur ou encore Célestin Gobe-la-lune (Delcourt), nous voilà plongés dans un univers merveilleux dès la page de garde. On y découvre des extraits de l'Encyclopédie des Chronoptères, des croquis d'insectes et d'oiseaux improbables au système bio-mécanique, telle la libellule mémorantèle par exemple qui, si elle boit en rase-mottes à la surface de l'eau pendant que vous y admirez votre reflet, ce dernier se retrouve prisonnier de l'eau pendant un an. Ce sont ces étranges créatures toutes rattachées à la notion de temporalité que le farfelu Aristide Breloquinte tente d'étudier. Le Temps est à la base de cet univers mais pas seulement. Car on a aussi perdu le Nord. Il devient donc difficile de s'orienter. Ce que le pauvre Comte de la Perue découvre à son détriment, lui qui voulait voguer vers de nouvelles contrées et qui finalement se retrouve à son point de départ. Ainsi pendant que certains cherchent désespérément à retrouver le Nord et que d'autres sont à la poursuite des rarissimes lurettes au panache pendulaire, on se plonge dans ce récit, difficile à résumé, mais où tout se tient par la magie du texte, de l'image et des nombreux personnages tout autant extraordinaires, pittoresques et même drôles !
Catwoman (DC Renaissance)
J'arrive au comics assez tard et pas par le biais des super-héros. C'est donc un univers que je connais plus par les adaptations cinéma. J'ai donc ouvert ce Catwoman par curiosité... et je l'ai lu d'une traite avec un enthousiasme inattendu. Certes la belle est sexy à souhait mais peut tout autant être très vilaine, défigurée par la rage. La relation aux personnages annexes est claire, le scénario efficace et ce qui m'a aussi plu c'est cette malchance qui semble ne jamais lâcher Catwoman et donne une touche humoristique au milieu des scènes d'action. Le graphisme est superbe et j'ai hâte de lire la suite.
Zorn & Dirna
A la lecture des trois premiers tomes, je trouve cette série absolument géniale ! Drôle, émouvante, violente et bien ficelée, cette aventure possède un réel scénario qui plonge son lecteur dans un monde complexe et captivant. Morvan réussi à créer une réelle personnalité à ses quatre personnages principaux qui nous font rire et frissonner. La situation amoureuse entre les deux parents est même parfois gênante pour le lecteur. Les jumeaux quant à eux sont très attachants ! La mise en scène et les dessins sont absolument parfaits et correspondent tout à fait à l’ambiance de l’univers créé. Les scènes de combat sont très bien présentées et bien gores. Espérons que la suite soit aussi bonne ! A la lecture du deuxième cycle, l'intrigue est beaucoup moins originale mais reste agréable à lire. L'univers est toujours aussi bon mais le scénario pèche par un manque de trouvailles qui faisaient la qualité du premier cycle. Le dessin est toujours aussi bon. Petite remarque, attendre 4 ans pour un final aussi classique est décevant. 5/5 au premier cycle 3/5 au deuxième cycle
Bonne nuit Punpun!
Derrière ces couvertures pour le moins criardes, ce personnage principal stylisé à l'excès et ce titre qui évoquerait plutôt une lecture pour enfants se cache une série très spéciale, mettant en scène un petit garçon (qui deviendra grand) d'une petite dizaine d'année en proie à tous les tourments de l'enfance et de l'adolescence. Graphiquement c'est pour le moins particulier : tout est hyper réaliste (les paysages, les personnages secondaires, l'expression des sentiments) sauf Punpun et sa famille (sa mère, son père, son oncle) qui sont représentés sous la forme d'espèces de volatiles très simplifiés. Et autant le côté simple est simplifié, autant le côté réaliste est détaillé. On a vraiment l'impression de voir évoluer un personnage de dessin animé dans la réalité. L'hétérogénéité graphique frappe d'autant plus que notre petit héros vit une vie tout sauf idyllique : des parents qui se séparent parce que le père a blessé la mère lors d'une dispute, une mère peu aimante et alcoolique, un oncle parasite et aux pulsions plus ou moins malsaines, la découverte des sentiments amoureux et de la sexualité, une petite amie assez effrayante dans ses extrêmes, la jalousie, les excès de dépassement de soi pour impressionner les copains, les croyances religieuses : bref la vie, dans toute sa splendeur et sa parfois triste réalité. L'humour fait parfois son apparition, par exemple avec ce professeur adepte du comique de répétition ou un peu psychopathe sur les bords (mais est-ce vraiment de l'humour ? ). Cependant, dans son ensemble (et sur les 3 premiers tomes sortis ce jour), le ton est globalement sérieux. Bonne nuit Punpun! est une série qui a su me surprendre (c'est le moins que l'on puisse dire) car son contenu est loin de ce à quoi on peut s'attendre de prime abord. Un bon 3,5/5 en ce qui me concerne, arrondi à 4/5 pour l'originalité, et à confirmer par la suite, personnellement j'ai un peu peur que la série tire en longueur (10 tomes en cours au Japon).
Jour J
Le principe de Jour J est excellent, il met en valeur la fragilité des évènements historiques avec souvent un réalisme et une réflexion assez travaillés. Néanmoins certains épisodes ont "poussé le bouchon un peu loin" comme le numéro 7 où les technologies ne correspondent pas à un hypothétique début de XXIème siècle. Il est aussi à noter une accumulation de personnages historiques qui dans la réalité sont connus et qui n'ont aucune place dans certains épisodes (Staline dans Octobre noir par exemple ne serait pas là sans une réussite de la révolution prolétarienne et serait resté exilé ; Hitler dans le numéro 7 n'aurait pas développé d'idéaux racistes sous un Empire Français réunissant toute l'Europe de l'Ouest). Oublions les détails du scénario, car le fil rouge de chacune des histoires est logique, intéressant et appelle à une réflexion... un peu trop : on aimerait souvent un "prologue" car les situations finales sont souvent instables. Les dessins sont tout simplement excellents donnant un réalisme aux histoires et nous faisant rentrer dans l'univers. Les décors sont très intéressants car ils sont adaptés aux situations des histoires. Mais je note souvent des confusions entre les personnages (Blondin et Bonnot dans Septembre Rouge) qui n'ont malheureusement pas beaucoup de différence. J'aurai plutôt donné un 7/10 qu'un 4/5 mais bon.
Vacadab
Un réel plaisir de lire Vacadab, une BD assez caustique qui dresse un tableau pas très reluisant de notre société, et si vous y regardez de près la couverture annonce déjà la couleur. Etienne, jeune homme un peu paumé et sans trop de qualification est engagé temporairement chez Vitalux pour vendre des aspirateurs. (Vacadab : Vendeur d’aspirateurs chinois à domicile avec argumentaire en béton). Mais voilà l’aspirateur est cher, très cher et dans une boîte de m…. comme Vitalux , on vous met la pression maximum pour un salaire minimum, pour notre jeune ami c’est la galère… J’ai apprécié que Lomig ne sombre pas dans le tout ou rien, ce n’est pas les méchants patrons contre les braves travailleurs, tout le monde en prend pour son grade car à l’heure des amis virtuels, de l’individualisme exacerbé et du repli sur soi , le constat est simple : notre société risque de se dégrader encore bien longtemps. Un type de BD qui se fait trop rare, une BD qui immanquablement me rappelle la période dorée de la BD satirique avec Reiser comme chef de file. Et pour ne rien gâcher, le dessin noir et blanc est magnifique., les personnages sont très bien animés, petit bémol : notre personnage principal est un peu ...mou.
Holmes
Je mets mon avis à jour suite à la lecture du 3eme tome. Je suis à deux doigts de passer ma note à 5/5 ! Je vais attendre encore un peu, mais je pense pouvoir déjà dire que Holmes est sans doute la série de Luc Brunschwig que je préfère, ce qui n’est pas peu dire. Comme beaucoup d’autres posteurs, mes connaissances du personnage de Sherlock Holmes sont finalement assez limitées. J’ai donc commencé par lire le petit documentaire présent en fin de tome 1… quelle bonne idée de l’avoir intégré, il m’a donné envie d’en apprendre plus sur ce personnage mythique, et c’est justement ce que propose cette série. L’histoire se situe juste après la mort de Sherlock, et suit le docteur Watson qui part sur les traces familiales de son ami dont il pensait tout connaître. Or j’avais un peu peur que la vraie vie de Sherlock, sa famille, son enfance troublée etc… étaient le genre de détails qui n’intéresseraient que les grands fans du personnage. Et bien non. L’auteur a réussi à rendre les aventures de Watson tout simplement passionnantes. Le fait que la famille Holmes essaye sans arrêt de lui mettre des bâtons dans les roues transforme ce qui aurait pu être une bête promenade champêtre en enquête intrigante et remplie de mystère… des caractéristiques auxquelles contribue d’ailleurs grandement le cadre de l’Angleterre victorienne. Plus j’en apprenais, et plus je voulais continuer ma lecture... Le tome 3 est à ce titre scotchant au possible, et je me suis retrouvé bien désemparé en arrivant à son terme… la suite, vite ! Comme à son accoutumé Luc développe la personnalité de ses personnages, notamment du docteur Watson, qui devient de plus en plus intéressant dans ce tome 3. Difficile de retourner à des héros « coquille vide » après avoir lu Holmes ou Lloyd Singer. La mise en image est exemplaire. Quel esthétisme, quelle fluidité dans la narration, quelle minutie du détail, j’imagine que Cécil a dû effectuer un travail de recherche considérable pour représenter les accoutrements, bâtiments, voitures, bateaux etc. de l’époque. Le 3eme tome inclut d’ailleurs un carnet de croquis expliquant le travail des auteurs… bigrement intéressant. Vraiment du beau boulot… il me tarde de lire la suite.