Une "bd" très très très originale. Plus proche de l'univers gothique que de la bd. J’ai eu un choc visuel en admirant les dessins. Je n'avais jamais vu ça. C'est gothique, psychédélique et très futuriste en même temps. Avec ces tons de couleur pastel violet sur fond noir, sublime !
Pour ce qui est du récit, il faut s'accrocher. C'est plus de la poésie morbide très auto- centrée avec des petites histoires dedans mais le tout est assez habile et plutôt vertigineux. J’ai dû lire ce pavé en plusieurs fois pour ne pas me lasser mais une fois entré dedans c'est réellement prenant.
Bon après, cet auteur Gabriel Delmas m'a un peu exaspéré par moment. Je connais l'univers gothique et ce mélange de 1er degré très sérieux imbu de sa personne, qui se regarde le nombril constamment avec une froide colère, nihiliste et misanthropes qui implore le grand Satan... sur ... pages (tiens il n'y a même pas marqué le numéro des pages, encore un effet de style) ça peut devenir lourd. Mais en même temps dieu lui pardonnes (pardon Satan) car le résultat est vraiment monstrueux.
Achat fortement conseillé.
Découvert récemment. J'adore ! superbes dessins (surtout les paysages de foret et de marais). Très belle atmosphère plutôt triste (très triste), avec ce changement des saisons. Famille déchirée, tout le monde est seul. J'adore ces histoires plutôt pessimistes et misanthropes où l'être humain est mauvais, cynique ou lâche. Seuls les simples d'esprit ou marginaux sont humains et souvent proches de la nature. (ça peut paraitre lourd et appuyé pour certains je le reconnais). Rassurez-vous il y a de l'amour dans cette histoire; et puis un épilogue très beau ( mais très triste également).
Histoire dense et magnifiquement ficelée, même si assez froide dans son déroulement.
Dessin efficace à défaut d'être réellement somptueux. Parfois quelques confusions dans la reconnaissance des personnages par léger manque de distinction graphique.
Quelques évènements ambigus ou qui semblent sortir du chapeau d'un magicien ; j'ai dû interroger un proche qui avait lu les romans pour avoir quelques explications et comprendre parfaitement certains détails qui me restaient flous ou incompréhensibles.
Mais une telle qualité de scénario dans l'ensemble, est rare dans l'univers de la BD, et mérite largement avec le dessin et la colorisation de bonne tenue, un très bon 4/5.
3.5
Cela est sûrement la meilleure histoire que j'ai lue de cet auteur britannique. L'histoire ne parle pourtant que de la vie quotidienne de ses parents à travers les décennies, mais l'auteur a réussi à les rendre intéressants. J'ai bien aimé voir la vie de ce couple et surtout j'avais aussi l'impression de voir comment était la vie quotidienne en Angleterre des années 30 à 70. C'est donc un peu éducatif et ce n'est pas pour me déplaire.
Mais ce qui est le plus réussi est le dessin que je trouve absolument formidable. Les couleurs sont très bien choisies et j'avais envie de vivre dans cette maison et aussi de connaitre les parents de l'auteur même s’ils n’ont pas les mêmes opinions que moi sur certains sujets.
Cet album m’a prouvé que j’étais définitivement fan de Trondheim. Petit opus de peu de pages, l’album ne partait pourtant pas dans les archétypes de mes préférences, mais la lecture fut un tel plaisir que l’on en oublie la petite taille.
De prime abord le dessin me semblait peu propice au plaisir de lire, mais il faut avouer que le dessin et la colorisation collent parfaitement au propos scénaristique dans un mélange de naïveté et de sincérité totalement désarmant même pour le cynique que j’aime être. Après un premier contact froid, j’ai rapidement apprécié le dessin et voudrais saluer le parfait équilibre entre simple, fluide et lisible qui se retrouve ici.
Quant au scénario, je fus totalement sous le charme, et pourtant je déteste les scénarios avec des enfants héros et des animaux qui parlent… Pour dire que cet opus partait vraiment de très loin ! Au final, lorsque Ro a initié la série j’ai été ravi car contrairement à lui cette série m’a vraiment marqué, je ne pensais pas possible qu’un opus si petit au sujet si simple puisse autant me faire sourire.
Bref mangez-en c’est du bon, les critiques jugeant l’art par rapport au prix pourront certainement trouver que c’est un peu cher pour un si petit opus, pour ma part je ne m’aventurerai pas de ce côté et je leur conseillerai de le trouver d’occasion, ce qui pourrait être rare tant je doute que beaucoup de gens l’ayant acheté veuillent s’en séparer !
Héhéhéhé, voilà le genre de petite perle que j'adore trouver en farfouillant dans les stands du Nouveau Monde à Angoulême :)
Petit format à l'italienne, un nom d'éditeur qui annonce la couleur ("Même pas mal" - qui édite Paf et Hencule pour resituer) et une couverture intrigante qui m'a tapé dans l’œil... Petite cerise sur le gâteau, c'est en attendant mon rendez-vous avec Riff Reb's pour son interview que je trainais mes guêtres chez les indépendants que je suis tombé sur ce petit album dont il n'est autre que l'auteur de la préface. :)
Pas de hasard, me dis-je, cet album est fait pour moi !
Ici, pas de lapin blanc à suivre, ni à choisir entre la pilule rouge ou la pilule bleue : gobez les 2 et la route est toute tracée !!! Bon, un brin sinueuse et aventureuse, me direz-vous ! Mais faut c’qui faut !
Car cette équipée sauvage de nos lascars en route pour une chaude et tumultueuse Rave Party est bougrement bien retranscrite ! Dialogues, situations, mise en page et couleurs : le (bad) trip sent le vécu !
N’allez pas y chercher une histoire exceptionnelle, mais juste un bon gros délire bien rendu, avec une patte graphique pertinente et bien sentie qui donne vie et visions à ces buvards pas très naturels.
Have a nice trip !
N’étant pas spécialement un fan de la fête de Noël et malgré le talent que je reconnais au merveilleux illustrateur Lee Bermejo, ce conte de Dickens remis au gout du jour par le chevalier noir n’avait rien d’essentiel à mes yeux et je serais surement passé à côté si on ne me l’avait pas prêté avec la mention « c’est très joli mais je suis déçu de l’histoire ».
Bien, c’est donc avec ces « à priori » plutôt négatifs que j’entamais rapidement la lecture de ce one-shot du « Caped Crusader » et passé une narration en voix off assez décousue au départ, ce fut encore plus rapidement une excellente surprise.
L’introduction en impose dès les premiers plans et cadrages décrivant un Gotham City enneigé et calme à peine effleuré par les pas massifs du Batman en traque d’une petite frappe à la merci du Joker.
On a affaire avec un Bruce Wayne plus sombre et intransigeant que d’accoutumée comme meurtri par sa soif insatiable de justice et dont l’évolution high tech de son costume n’est que le reflet de ses espoirs déçus…
L’action se porte sur une seule nuit où le protecteur de Gotham va devoir se remettre en question face à ses vieux démons, de la nostalgie et de l’ivresse de ses premières aventures avec Robin et Catwoman à ce qui l’a conduit à devenir lui-même aussi aigri…
L’erreur qui aurait pu être facilement faite aurait été de transcrire exactement le personnage de Scrooge à la lettre vers un Batman à l’identique mais Lee Bermejo ne se contente pas d’être un fabuleux dessinateur comme j’avais pu déjà le constater dans « Joker » mais également un bon conteur. Car oui ce récit est un conte de Noël mais qui sert bien plus les propos de Batman tout en faisant ressurgir quelques personnages mythiques de sa légende que de ressortir une énième resucée d’un conte de Dickens déjà adapté à toutes les sauces depuis belles lurettes.
Les dessins restent le point fort avec des peintures vivantes aux couleurs et aux cadrages dynamiques qui régalent les mirettes. La lecture s’enchaine sans temps mort ni niaiserie et s’il est convenu qu’il ne s’agit pas de l’aventure la plus forte ou marquante de la chauve-souris, nul doute que ce livre reste un must absolu en la matière tant le tout s’harmonise parfaitement et sans accrocs.
Une excellente surprise qui peut plaire autant au néophyte qu’au fan passionné et cerise sur le gâteau je conserve ce précieux bouquin contre une série moins emballante « Absolution » mais qui a fait le bonheur de son acquéreur. Tout le monde est content et c’est finalement chouette d’avoir un cadeau de Noël en février. :)
Et bien moi, je viens de racheter les 2 premiers tomes ( que je possédais enfant mais que je n'avais jamais lus car, il le faut le reconnaitre, ce n'est pas tres engageant au premier abord (obscur, démodé). Mais, étant fan de Makyo (sa série Balade au bout du monde, Elsa ...) et puis de toute cette vague fantastique historico-rurale romantique des années 80 (balade au bout du monde, Les Compagnons du Crépuscule, Jaunes, Gaspard de la nuit, Sambre, L'Etat morbide, les oeuvres de Servais, Silence ... ) . A l'époque je préférais les Loisel, Thorgal et autres Jodorowsky mais avec du recul , toutes ces séries très (trop) typées années 80) sont restées gravées dans ma mémoire, peut-être encore plus que les autres.
Pour en revenir à Grimion, j'ai dégusté chaque case : le magnifique travail d'encrage (sublimes paysages de campagne noire et austère. Couleurs marrons, atmosphère de sorcellerie, mélancolie ... visages imparfaits, beaucoup de maladresses dans les personnages mais Makyo dessine avec ses tripes et ça se sent. Le récit est certes confus et dur à suivre mais moins qu'une bd d'Andreas (que j'adore). Bref je comprends qu'on puisse être rebuté mais c'est ce que je recherche dans ces anciennes bds poussiéreuses : ce climat sombre et unique, plus artisannal et poétique, bien loin des bds d'aujourd'hui.
Sylvain Ricard, pour son nouveau diptyque, nous emmène au coeur des Black Panthers, ce mouvement américain dévoué à la cause des afro-américains dans les années 1960. Au travers de l'histoire de Vermont Washington, militant au sein de ce parti, qui se retrouve au carrefour de nombreuses tendances, avec les sympathisants, les farouches opposants (au sein même de la communauté noire), la frange blanche parfois proche des idées et des actions du KKK...
Le premier tome pose les différents personnages, comme des figures archétypales (ce qui n'est pas négatif), et multiplie les scènes symboliques qui les caractérisent. Ricard pose bien ses pions, avec des chapitres cadencés par les dix points revendiqués par les Black Panthers. Le second nous montre que les Black Panthers, malgré les déprédations dont ils ont pu être victimes, ont fait le choix de ne pas verser dans l'excès de violence, de rendre coup pour coup, de conquérir leur véritable place de citoyens par des voies légales. Le prix à payer sera lourd...
Une rigueur formelle bien complétée par le dessin de Guillaume Martinez (Le Monde de Lucie) , dont le trait réaliste est diablement efficace sur les gros plans, un peu moins sur des personnages en pied, mais dont la mise en scène serrée convient bien à l'atmosphère un poil angoissante du récit. On se doute que ça va mal finir...
C'est un diptyque lourd, triste, sérieux, qui ne laisse aucune place au doute quant aux opinions des différents protagonistes. Un récit pour ne pas oublier que si un homme de couleur a pu accéder à la Maison-Blanche dans nos années 2000, c'est aussi parce que 40 ans auparavant, de nombreux compatriotes n'ont pas baissé les bras.
Appréciant le travail de Bruno Bessadi, je me suis laissé tenté par ce comix "made in Europe" de sa signature au dessin, n'étant pourtant vraiment pas porté sur le genre comix en temps normal !
La lecture a été très plaisante, entre autres par le fait que, pour contrer l’imbécilité quasi navrante des BD à super-héros habituelles, la narration alterne entre le super-héros au moment de la lecture, et son passé où il s'y avère être à peu près totalement nul en tout ! Le contraste est assez comique. Ensuite, il n'a pas vraiment d'autre super pouvoir que d'être un souple voltigeur et d'avoir préparé le terrain comme un joueur d'échec qui prépare plusieurs coups à l'avance et berne ainsi tous ses ennemis, le tout avec une désinvolture assez humoristique. Et aussi de savoir lancer, en les catapultant de l'index, des petits objets qui font mal (pièces, cigarettes, allumettes... arf... ça c'est du super-héros !).
Sa tenue d'employé cagoulé avec sa cravate est également des plus grotesque !
Bref, un très plaisant moment de lecture fantasque, et une savoureuse auto-dérision sur le genre comix. Un belle réussite des auteurs.
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Vampyr
Une "bd" très très très originale. Plus proche de l'univers gothique que de la bd. J’ai eu un choc visuel en admirant les dessins. Je n'avais jamais vu ça. C'est gothique, psychédélique et très futuriste en même temps. Avec ces tons de couleur pastel violet sur fond noir, sublime ! Pour ce qui est du récit, il faut s'accrocher. C'est plus de la poésie morbide très auto- centrée avec des petites histoires dedans mais le tout est assez habile et plutôt vertigineux. J’ai dû lire ce pavé en plusieurs fois pour ne pas me lasser mais une fois entré dedans c'est réellement prenant. Bon après, cet auteur Gabriel Delmas m'a un peu exaspéré par moment. Je connais l'univers gothique et ce mélange de 1er degré très sérieux imbu de sa personne, qui se regarde le nombril constamment avec une froide colère, nihiliste et misanthropes qui implore le grand Satan... sur ... pages (tiens il n'y a même pas marqué le numéro des pages, encore un effet de style) ça peut devenir lourd. Mais en même temps dieu lui pardonnes (pardon Satan) car le résultat est vraiment monstrueux. Achat fortement conseillé.
La Saison des anguilles
Découvert récemment. J'adore ! superbes dessins (surtout les paysages de foret et de marais). Très belle atmosphère plutôt triste (très triste), avec ce changement des saisons. Famille déchirée, tout le monde est seul. J'adore ces histoires plutôt pessimistes et misanthropes où l'être humain est mauvais, cynique ou lâche. Seuls les simples d'esprit ou marginaux sont humains et souvent proches de la nature. (ça peut paraitre lourd et appuyé pour certains je le reconnais). Rassurez-vous il y a de l'amour dans cette histoire; et puis un épilogue très beau ( mais très triste également).
L'Assassin Royal
Histoire dense et magnifiquement ficelée, même si assez froide dans son déroulement. Dessin efficace à défaut d'être réellement somptueux. Parfois quelques confusions dans la reconnaissance des personnages par léger manque de distinction graphique. Quelques évènements ambigus ou qui semblent sortir du chapeau d'un magicien ; j'ai dû interroger un proche qui avait lu les romans pour avoir quelques explications et comprendre parfaitement certains détails qui me restaient flous ou incompréhensibles. Mais une telle qualité de scénario dans l'ensemble, est rare dans l'univers de la BD, et mérite largement avec le dessin et la colorisation de bonne tenue, un très bon 4/5.
Ethel & Ernest
3.5 Cela est sûrement la meilleure histoire que j'ai lue de cet auteur britannique. L'histoire ne parle pourtant que de la vie quotidienne de ses parents à travers les décennies, mais l'auteur a réussi à les rendre intéressants. J'ai bien aimé voir la vie de ce couple et surtout j'avais aussi l'impression de voir comment était la vie quotidienne en Angleterre des années 30 à 70. C'est donc un peu éducatif et ce n'est pas pour me déplaire. Mais ce qui est le plus réussi est le dessin que je trouve absolument formidable. Les couleurs sont très bien choisies et j'avais envie de vivre dans cette maison et aussi de connaitre les parents de l'auteur même s’ils n’ont pas les mêmes opinions que moi sur certains sujets.
Jardins sucrés
Cet album m’a prouvé que j’étais définitivement fan de Trondheim. Petit opus de peu de pages, l’album ne partait pourtant pas dans les archétypes de mes préférences, mais la lecture fut un tel plaisir que l’on en oublie la petite taille. De prime abord le dessin me semblait peu propice au plaisir de lire, mais il faut avouer que le dessin et la colorisation collent parfaitement au propos scénaristique dans un mélange de naïveté et de sincérité totalement désarmant même pour le cynique que j’aime être. Après un premier contact froid, j’ai rapidement apprécié le dessin et voudrais saluer le parfait équilibre entre simple, fluide et lisible qui se retrouve ici. Quant au scénario, je fus totalement sous le charme, et pourtant je déteste les scénarios avec des enfants héros et des animaux qui parlent… Pour dire que cet opus partait vraiment de très loin ! Au final, lorsque Ro a initié la série j’ai été ravi car contrairement à lui cette série m’a vraiment marqué, je ne pensais pas possible qu’un opus si petit au sujet si simple puisse autant me faire sourire. Bref mangez-en c’est du bon, les critiques jugeant l’art par rapport au prix pourront certainement trouver que c’est un peu cher pour un si petit opus, pour ma part je ne m’aventurerai pas de ce côté et je leur conseillerai de le trouver d’occasion, ce qui pourrait être rare tant je doute que beaucoup de gens l’ayant acheté veuillent s’en séparer !
Pas de panique à Sonic City
Héhéhéhé, voilà le genre de petite perle que j'adore trouver en farfouillant dans les stands du Nouveau Monde à Angoulême :) Petit format à l'italienne, un nom d'éditeur qui annonce la couleur ("Même pas mal" - qui édite Paf et Hencule pour resituer) et une couverture intrigante qui m'a tapé dans l’œil... Petite cerise sur le gâteau, c'est en attendant mon rendez-vous avec Riff Reb's pour son interview que je trainais mes guêtres chez les indépendants que je suis tombé sur ce petit album dont il n'est autre que l'auteur de la préface. :) Pas de hasard, me dis-je, cet album est fait pour moi ! Ici, pas de lapin blanc à suivre, ni à choisir entre la pilule rouge ou la pilule bleue : gobez les 2 et la route est toute tracée !!! Bon, un brin sinueuse et aventureuse, me direz-vous ! Mais faut c’qui faut ! Car cette équipée sauvage de nos lascars en route pour une chaude et tumultueuse Rave Party est bougrement bien retranscrite ! Dialogues, situations, mise en page et couleurs : le (bad) trip sent le vécu ! N’allez pas y chercher une histoire exceptionnelle, mais juste un bon gros délire bien rendu, avec une patte graphique pertinente et bien sentie qui donne vie et visions à ces buvards pas très naturels. Have a nice trip !
Batman - Noël
N’étant pas spécialement un fan de la fête de Noël et malgré le talent que je reconnais au merveilleux illustrateur Lee Bermejo, ce conte de Dickens remis au gout du jour par le chevalier noir n’avait rien d’essentiel à mes yeux et je serais surement passé à côté si on ne me l’avait pas prêté avec la mention « c’est très joli mais je suis déçu de l’histoire ». Bien, c’est donc avec ces « à priori » plutôt négatifs que j’entamais rapidement la lecture de ce one-shot du « Caped Crusader » et passé une narration en voix off assez décousue au départ, ce fut encore plus rapidement une excellente surprise. L’introduction en impose dès les premiers plans et cadrages décrivant un Gotham City enneigé et calme à peine effleuré par les pas massifs du Batman en traque d’une petite frappe à la merci du Joker. On a affaire avec un Bruce Wayne plus sombre et intransigeant que d’accoutumée comme meurtri par sa soif insatiable de justice et dont l’évolution high tech de son costume n’est que le reflet de ses espoirs déçus… L’action se porte sur une seule nuit où le protecteur de Gotham va devoir se remettre en question face à ses vieux démons, de la nostalgie et de l’ivresse de ses premières aventures avec Robin et Catwoman à ce qui l’a conduit à devenir lui-même aussi aigri… L’erreur qui aurait pu être facilement faite aurait été de transcrire exactement le personnage de Scrooge à la lettre vers un Batman à l’identique mais Lee Bermejo ne se contente pas d’être un fabuleux dessinateur comme j’avais pu déjà le constater dans « Joker » mais également un bon conteur. Car oui ce récit est un conte de Noël mais qui sert bien plus les propos de Batman tout en faisant ressurgir quelques personnages mythiques de sa légende que de ressortir une énième resucée d’un conte de Dickens déjà adapté à toutes les sauces depuis belles lurettes. Les dessins restent le point fort avec des peintures vivantes aux couleurs et aux cadrages dynamiques qui régalent les mirettes. La lecture s’enchaine sans temps mort ni niaiserie et s’il est convenu qu’il ne s’agit pas de l’aventure la plus forte ou marquante de la chauve-souris, nul doute que ce livre reste un must absolu en la matière tant le tout s’harmonise parfaitement et sans accrocs. Une excellente surprise qui peut plaire autant au néophyte qu’au fan passionné et cerise sur le gâteau je conserve ce précieux bouquin contre une série moins emballante « Absolution » mais qui a fait le bonheur de son acquéreur. Tout le monde est content et c’est finalement chouette d’avoir un cadeau de Noël en février. :)
Grimion gant de cuir
Et bien moi, je viens de racheter les 2 premiers tomes ( que je possédais enfant mais que je n'avais jamais lus car, il le faut le reconnaitre, ce n'est pas tres engageant au premier abord (obscur, démodé). Mais, étant fan de Makyo (sa série Balade au bout du monde, Elsa ...) et puis de toute cette vague fantastique historico-rurale romantique des années 80 (balade au bout du monde, Les Compagnons du Crépuscule, Jaunes, Gaspard de la nuit, Sambre, L'Etat morbide, les oeuvres de Servais, Silence ... ) . A l'époque je préférais les Loisel, Thorgal et autres Jodorowsky mais avec du recul , toutes ces séries très (trop) typées années 80) sont restées gravées dans ma mémoire, peut-être encore plus que les autres. Pour en revenir à Grimion, j'ai dégusté chaque case : le magnifique travail d'encrage (sublimes paysages de campagne noire et austère. Couleurs marrons, atmosphère de sorcellerie, mélancolie ... visages imparfaits, beaucoup de maladresses dans les personnages mais Makyo dessine avec ses tripes et ça se sent. Le récit est certes confus et dur à suivre mais moins qu'une bd d'Andreas (que j'adore). Bref je comprends qu'on puisse être rebuté mais c'est ce que je recherche dans ces anciennes bds poussiéreuses : ce climat sombre et unique, plus artisannal et poétique, bien loin des bds d'aujourd'hui.
Motherfucker
Sylvain Ricard, pour son nouveau diptyque, nous emmène au coeur des Black Panthers, ce mouvement américain dévoué à la cause des afro-américains dans les années 1960. Au travers de l'histoire de Vermont Washington, militant au sein de ce parti, qui se retrouve au carrefour de nombreuses tendances, avec les sympathisants, les farouches opposants (au sein même de la communauté noire), la frange blanche parfois proche des idées et des actions du KKK... Le premier tome pose les différents personnages, comme des figures archétypales (ce qui n'est pas négatif), et multiplie les scènes symboliques qui les caractérisent. Ricard pose bien ses pions, avec des chapitres cadencés par les dix points revendiqués par les Black Panthers. Le second nous montre que les Black Panthers, malgré les déprédations dont ils ont pu être victimes, ont fait le choix de ne pas verser dans l'excès de violence, de rendre coup pour coup, de conquérir leur véritable place de citoyens par des voies légales. Le prix à payer sera lourd... Une rigueur formelle bien complétée par le dessin de Guillaume Martinez (Le Monde de Lucie) , dont le trait réaliste est diablement efficace sur les gros plans, un peu moins sur des personnages en pied, mais dont la mise en scène serrée convient bien à l'atmosphère un poil angoissante du récit. On se doute que ça va mal finir... C'est un diptyque lourd, triste, sérieux, qui ne laisse aucune place au doute quant aux opinions des différents protagonistes. Un récit pour ne pas oublier que si un homme de couleur a pu accéder à la Maison-Blanche dans nos années 2000, c'est aussi parce que 40 ans auparavant, de nombreux compatriotes n'ont pas baissé les bras.
Bad Ass
Appréciant le travail de Bruno Bessadi, je me suis laissé tenté par ce comix "made in Europe" de sa signature au dessin, n'étant pourtant vraiment pas porté sur le genre comix en temps normal ! La lecture a été très plaisante, entre autres par le fait que, pour contrer l’imbécilité quasi navrante des BD à super-héros habituelles, la narration alterne entre le super-héros au moment de la lecture, et son passé où il s'y avère être à peu près totalement nul en tout ! Le contraste est assez comique. Ensuite, il n'a pas vraiment d'autre super pouvoir que d'être un souple voltigeur et d'avoir préparé le terrain comme un joueur d'échec qui prépare plusieurs coups à l'avance et berne ainsi tous ses ennemis, le tout avec une désinvolture assez humoristique. Et aussi de savoir lancer, en les catapultant de l'index, des petits objets qui font mal (pièces, cigarettes, allumettes... arf... ça c'est du super-héros !). Sa tenue d'employé cagoulé avec sa cravate est également des plus grotesque ! Bref, un très plaisant moment de lecture fantasque, et une savoureuse auto-dérision sur le genre comix. Un belle réussite des auteurs.