Les derniers avis (32078 avis)

Par Puma
Note: 4/5
Couverture de la série Bad Ass
Bad Ass

Appréciant le travail de Bruno Bessadi, je me suis laissé tenté par ce comix "made in Europe" de sa signature au dessin, n'étant pourtant vraiment pas porté sur le genre comix en temps normal ! La lecture a été très plaisante, entre autres par le fait que, pour contrer l’imbécilité quasi navrante des BD à super-héros habituelles, la narration alterne entre le super-héros au moment de la lecture, et son passé où il s'y avère être à peu près totalement nul en tout ! Le contraste est assez comique. Ensuite, il n'a pas vraiment d'autre super pouvoir que d'être un souple voltigeur et d'avoir préparé le terrain comme un joueur d'échec qui prépare plusieurs coups à l'avance et berne ainsi tous ses ennemis, le tout avec une désinvolture assez humoristique. Et aussi de savoir lancer, en les catapultant de l'index, des petits objets qui font mal (pièces, cigarettes, allumettes... arf... ça c'est du super-héros !). Sa tenue d'employé cagoulé avec sa cravate est également des plus grotesque ! Bref, un très plaisant moment de lecture fantasque, et une savoureuse auto-dérision sur le genre comix. Un belle réussite des auteurs.

11/02/2013 (modifier)
Par Puma
Note: 4/5
Couverture de la série Les Mondes de Thorgal - La jeunesse de Thorgal
Les Mondes de Thorgal - La jeunesse de Thorgal

Le scénariste qui ne m'avait pas convaincu pour Louve, nous sert ici un scénario bien dans la veine de la série mère, et se libère quelque peu des contraintes naguère "tout public" lorsque les épisodes passaient dans le journal "Tintin". Et ce nouveau souffle peut se glorifier ici à mon sens d'une belle réussite. Graphiquement, c'est vraiment le pied ! Quel talent ! Et je dirais même que certains minois sont plus charmeurs ici que sous la griffe du maître polonais. En résumé, une très chouette lecture !

11/02/2013 (modifier)
Couverture de la série Sailor Twain ou La sirène dans l'Hudson
Sailor Twain ou La sirène dans l'Hudson

400 pages ! Et pourtant, cette lecture s’est révélée légère. Il est vrai que le découpage et le format de l’album contribuent à une lecture rapide. On est régulièrement face à des planches composées de 4 ou 5 cases tandis que les dialogues ne sont guère envahissants. Mais attention ! Ce récit n’est pas vide de matière pour autant. Beaucoup de non-dits et de sous-entendus du début suscitent notre curiosité de lecteur, nous donnant directement l’envie d’en savoir plus sur ces étranges personnages. Et notre curiosité sera pleinement satisfaite en fin de récit. Seulement, voilà, ce récit prend le temps de se développer, laissant beaucoup d’espace au dessin (par ailleurs très plaisant) mais offrant au final une histoire fantastique de bon aloi et, chose que j’apprécie particulièrement, très cohérente. Ce fut agréable de suivre les différents personnages qui animent ce récit. Tous sont dotés de profils intéressants et exempts de manichéisme. Chacun révélera en cours de route des facettes de sa personnalité indécelables de prime abord. J’ai également apprécié la structure du récit, qui rappelle immanquable les feuilletons écrits. Le découpage en multiples chapitres rythme la lecture et même si l’on sent de ci de là certaines (petites) longueurs, ce rythme berce la lecture, nous entrainant constamment vers le chapitre suivant… Et en définitive, on arrive à la fin de l’album sans jamais s’être ennuyé. Et puis ce récit explore le mythe de la sirène d’une bien jolie manière. En nous contant leur passé, Mark Siegel parvient à nous les rendre plus fragiles, plus « humaines » serais-je tenté de dire. Enfin, il y a le plaisir réel de se promener sur l’Hudson à bord d’un bateau à aubes. Cet exotisme contribue certainement au charme de l’album. Le dessin est assez remarquable… quoique parfois particulier. Il conserve tout le charme d’un crayonné en noir et blanc. Les décors sont soignés mais l’accent est constamment mis sur la lisibilité. C’est beau, fin et très accessible. Pas la peine de regarder à deux fois pour comprendre ce que l’auteur a voulu dessiner. Par contre, les visages sont très caricaturaux. Deux ronds en guise d’yeux, un parallélépipède en guise de nez et le tour est joué. Pourtant, cette apparente simplicité dans les faciès contribue au charme du dessin. C’est très expressif mais avec un côté naïf et enfantin qui vient joliment jouer les contrepoids dans une histoire finalement assez sombre. Enfin, il y a a quelque chose dans le rendu des mouvements qui fait penser aux vieux cartoons de l'entre-deux guerres (Felix the Cat). Mystère, exotisme, romantisme, charme et cohérence au menu… Que demander de plus ? Comme il s'agit d'un premier album (à ma connaissance), j'attribue un 4/5 même si ma cote serait plus de l'ordre de 3,5/5.

11/02/2013 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Uchronie[s] - New Moscow
Uchronie[s] - New Moscow

Je poursuis la découverte de cette saison 2 des mondes d'Uchronie(s). Il s'agit de visiter la Russie des Tsars sous le règne de l'impératrice Katerine III. La Russie n'a pas sombré dans la Révolution communiste. Elle a survécu en s'appropriant les bienfaits de la fusion noire. On voit tout de suite le lien direct avec New Beijing: Ludmilla Gontchareva qui a disparu de ce monde (et pour cause). On découvre également un nouveau personnage: le professeur Paskevitch. Celui-ci se révèle assez intéressant avec une psychologie propre qui le rend très crédible dans son histoire de trio amoureux. Le rendu graphique me paraît moins réussi que sur New Beijing. Cependant, le dessin n'est pas franchement désagréable. Et puis, côté scénario, Corbeyran assure une belle histoire pleine de rebondissements. A la fin, on découvre un concept qui a l'air d'être une piste tout à fait intéressante. En conclusion, cela promet !

10/02/2013 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Uchronie[s] - New Beijing
Uchronie[s] - New Beijing

Je ne voulais pas lire cette seconde saison de l'univers d'Uchronie, un peu par rage de savoir que l'épilogue n'en n'était pas un et que tout allait recommencer. Il est vrai que le thème des univers parallèles peut donner lieu à différentes déclinaisons qui seront pour le moins intéressantes. C'est l'Empire du milieu qui va donner le tempo à un nouveau monde oppressant. Je dois bien avouer que c'est plutôt réussi et efficace. Corbeyran a réussi à gommer tous les défauts des précédentes séries de cet univers. On voit qu'il maîtrise de mieux en mieux son sujet. Ce premier tome est une réussite car il règle en tout cas le mystère de la double apparition du père de notre héros. Pour autant, d'autres questions vont se poser. Mais bon, j'ai eu l'impression de véritablement avancer dans l'histoire. Et puis, il y a cette histoire d'amour naissante concernant notre héros. Bref, le concept est amélioré et la donne est relancée.

10/02/2013 (modifier)
Par fab11
Note: 4/5
Couverture de la série Sept Missionnaires
Sept Missionnaires

Voilà comment je pourrais définir ce one shot : remarquable et superbe. Le premier adjectif concerne le scénario d'Alain Ayroles et le second correspond bien évidemment au dessin de Luigi Critone. Avant de revenir sur ces points je souhaiterais intervenir sur la qualité des albums de la série Sept (saison un ou saison deux). Le problème avec cette série c'est que les albums sont souvent inégaux en terme de qualité, mais cela ne m'empêche pas d'apprécier le concept général. Le fait de faire intervenir un sujet différent à chaque fois avec un nouveau duo d'auteurs m'a toujours plu. N'empêche que tous les one shots de cette collection ne m'ont pas autant interpellé que celui-ci. Pour en revenir à nos moutons, je rappellerai brièvement l'histoire de ce très bel album. Sept moines irlandais sont envoyés sur une île pour évangéliser de terribles vikings qui terrorisent les villages situés sur les côtes proches de celle-ci. Le problème de cette mission ce sont "les missionnaires" eux-même car ces moines ne font pas partie de l'élite de l'ordre dont ils dépendent, bien au contraire . Les auteurs se sont amusés à créer sept personnages correspondant aux sept péchés capitaux. Alors je vous laisse imaginer la suite, mais contrairement à ce que l'on pourrait croire ils ne s'en sortiront pas si mal que cela. Il faut quand même avouer que le scénario de cette BD est quand même très original et surtout très plaisant à suivre, car les auteurs y mêlent l'action, l'humour et même des rappels sur la vie des vikings au IXème siècle. Pour en revenir au dessin je le trouve comme je l'ai dit plus haut, superbe. J'avais déjà beaucoup accroché sur le travail effectué par Luigi Critone dans les deux premiers albums de la série La Rose et la Croix (car à partir du tome trois il fut remplacé par Augustin Popescu) mais là je trouve qu'il s'est encore plus appliqué et que certains détails, visages, décors et paysages sont tout simplement splendides. Alors pourquoi hésiter ? Lisez ce très beau one shot, surtout si vous devez choisir un seul album de la série "Sept" car à mon avis c'est de loin le mieux réussi.

10/02/2013 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Amère patrie
Amère patrie

J'aime bien ce genre d'histoire de destin croisé. On suit le parcours de deux hommes géographiquement assez éloignés l'un de l'autre. Jean Gadoix vit en Haute-Loire dans un petit village et va devenir paysan pour subvenir aux besoins de sa famille. Au Sénégal, on va suivre la vie de Ousmane, jeune noir qui part à la chasse. L'histoire commence en 1900 et va se poursuivre jusqu'à la première guerre mondiale où les tranchées du chemin des Dames seront malheureusement le lieu de leur rencontre. Le premier tome conte l'enfance et l'adolescence de nos deux héros afin qu'on s'empreigne de leur environnement respectif. Le second tome est bien plus tragique. J'ai bien aimé le dessin assez expressif et détaillé du dessinateur. Je conseille l'achat mais je tiens à préciser que les maniaques seront déçus car les maquettes de dos entre les deux tomes auront changé. Visiblement, certains Editeurs se foutent complètement de l'uniformité des collections même pour un diptyque ce qui témoigne de leur respect. Je mets un conseil d'achat car intrinsèquement, c'est une belle oeuvre de qualité.

10/02/2013 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Sidi Bouzid Kids
Sidi Bouzid Kids

La révolution tunisienne est encore dans toute les mémoires puisqu'elle a commencé vers la mi-Décembre pour se terminer vers la Mi-Janvier. Ce récit reste une fiction qui s'inspire et gravite autour d'évènements et de personnages réels ayant participé à la révolution tunisienne qui allait devenir le point de départ de ce qu'on va appelé communément le Printemps arabe. Après Ben Ali, des dictateurs tel que Kadhafi ou Moubarak sont tombés. Il en manque encore un mais avec le temps, on pense qu'il va tomber. Il faut savoir que ces dictateurs ont réellement du sang entre les mains car les policiers n'hésitent pas à tirer sur le peuple et de ter des enfants, des bébés, des vieillards. Je ne pensais pas que cette révolution tunisienne avait été aussi dure. Les images ne nous seront pas épargnées. Tout a commencé avec l'acte désespéré d'un jeune kid de la ville de Sidi Bouzid qui s'est immolé par le feu. Pour faire subsister sa mère et ses six frères, il vendait depuis plusieurs années des fruits et légumes dans la rue, avec sa petite charrette, sans autorisation, se mettant ainsi à la merci du harcèlement et du racket de la police et de l'administration ce qu'ils ne manqueront pas de faire en lui confisquant son matériel. Cette immolation allait déclencher à travers tout le pays une vague de protestation. Encore une fois, il y a ceux qui ont tout et ceux qui n'ont rien. Ceux qui ont tout possède une puissante police pour les protéger et matraquer le peuple. Il est fait référence à cette fameuse scène où une ministre française des affaires étrangères anciennement à l'intérieur, venue passé des vacances dans une station balnéaire dans un pays en crise grave, propose le savoir-faire qui est reconnu dans le monde entier des forces de sécurité pour régler des situations sécuritaire. Le manque de clairvoyance de ce gouvernement a fait honte à notre pays. Bon, il s'est rattrapé par la suite en Libye. Cependant, l'auteur de cette bd n'a pas oublié et raconte en détail les faits. La scène qui m'a le plus marqué est celle de la visite du président dans l'hôpital où était soigné celui qui s'était immolé par désespoir. Devant les caméras de TV et les médias, il a fait un beau discours plein de compassion. Le médecin-chef est tellement ému qu'il lui dira en aparté à la fin de sa visite qu'il fera tout pour le sauver. Réponse cinglante du président à vie: "qu'il crève !". On est quelque fois beaucoup trop naïf ! J'admire pour ma part le courage du peuple tunisien qui s'est soulevé contre l'injustice en prenant les armes. Il n'y a de toute façon que ce langage qui est possible face à des régimes de terreur et de privation de liberté. J'ai moi-même été dans ce pays alors que j'avais 18 ans et j'en ai gardé de précieux souvenirs avec des habitants très gentils. La question maintenant est de savoir si la révolution n'a pas été volée par des gens qui sont pareilles au fond. Bref, j'ai beaucoup aimé cette bd qui a le courage de montrer les choses telles qu'elles sont ou qu'elles auraient pu être avec toute la crédibilité qui soit. C'est une oeuvre à lire absolument ! Bravo à l'auteur !

10/02/2013 (modifier)
Par Hugo
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Arelate
Arelate

J'ai beaucoup aimé la lecture de cette bande-dessinée. On y découvre à travers le prisme des aventures des deux personnages principaux différents corps de métiers (bâtiment, chantier naval, "banquier"). On découvre également la vie de famille à cette époque que ce soit au niveau du couple ou de la transmission de l'autorité paternelle. Le scenario est dense et on suit avec intérêt les mésaventures du héros, qui donne son nom à ce premier tome, causées par son vice pour le jeu. Ce qui m'a plu c'est que l'on reste aux niveaux des petites gens ce qui offre une large galerie de personnages et loin de l'exubérance que l'on a souvent dans les séries sur l'Antiquité. Prenez garde à ne pas lire la deuxième préface (celle de Gilles Chaillet) car elle spoile une partie de l'histoire. Il y a dans mon édition un cahier graphique de 6 pages dans lequel sont présentées les recherches sur les personnages. Le dessin justement est un noir et blanc assez lumineux sans gris. Les visages des personnages sont détaillés et expressifs avec un trait fin , on a aucun mal à les distinguer. On a aussi de belles cases d'architecture avec des vues en contre plongée sur les toitures de la ville. Cependant certains ciels sont un peu vides. Un premier tome que je recommande.

10/02/2013 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Barbara
Barbara

"Barbara" se révèle le meilleur Tezuka que j'ai été amené à lire à ce jour. Non pas que je sois maintenant un "connaisseur" de son immense œuvre, mais petit à petit, au fil de mes lectures, je commence à cerner la profondeur et la richesse de son travail. Ici, Tezuka nous livre un manga sans concession sur un thème qui m'est plus que cher : l'inspiration. Car qui dit œuvre, art, créativité, dit inspiration. Et là, quand on pense que c'est dans les années 70' qu'il publie ce manga, on reste admiratif. Même si certains aspects traités ont vieillis, et que certaines références nippones restent un peu brumeuses pour les occidentaux que nous sommes, l'universalité et la profondeur de son propos fait force et impose le respect. Et c'est sa façon d'incarner cette inspiration qui est géniale. Le contraste entre cette Barbara, hippie alcoolique, sale, au caractère impossible et au mœurs plus que légères, et l'écrivain installé et à la mode Mikura Yosuke donne la dynamique de ce manga. Personnage insupportable, Barbara n'en reste pas moins indispensable à la créativité de l'artiste que nous suivons. Et c'est sur la base de ce duo improbable que Tezuka construit son récit, en mêlant cette réflexion sur l'inspiration et ce regard si pertinent sur la société qui l'entoure. Mœurs de l'époque, tendances ésotériques à la mode, conflits étudiants, tous ces sujets de société nourrissent son propos et composent une œuvre d'une grande richesse. Si quelques scènes m'ont pourtant dérangé (notamment la violence à l'encontre de Barbara et des femmes de façon plus générale), on sent que Tezuka pousse jusqu'au bout la psychologie de ses personnages pour nous donner à lire deux tomes très poussés sur ce sujet. Pour ce qui est du dessin, on est dans du Tezuka "classique", même si j'ai trouvé sa représentation des femmes plus travaillée que dans Le chant d'Apollon. Est-ce le scénario plus orienté sur la sexualité de ses personnages qui lui a permis cela ? Je ne sais pas, mais j'ai trouvé ses représentations de la femme plus abouties. En tout cas, ce "Barbara" restera pour moi une très bonne lecture, tant par la richesse des deux personnages que Tezuka pousse dans leur retranchement que pour la thématique sur l'inspiration qui sert de fil rouge à ce manga.

09/02/2013 (modifier)