Sept Missionnaires

Note: 3.61/5
(3.61/5 pour 33 avis)

Au menu de cette aventure haute en couleurs - signée par le scénariste de la série De Cape et de Crocs – Sept moines doivent expier leurs péchés par une mission suicide... Couleurs : Lorenzo Pieri


476 - 986 : Moyen-Âge, Francs, Mérovingiens, Carolingiens... École européenne supérieure de l'image Pays scandinaves Sept... Vikings

Irlande, IXe siècle. Sept moines vivant en communauté ont depuis longtemps tourné le dos aux principes sacrés de l’Église. Chacun se livre corps et âme à son péché de prédilection : qui à l’orgueil, qui à l’envie, qui à la luxure… Mais les foudres du Très-Haut vont s’abattre sur ces sept pécheurs capitaux, sous la forme d’une périlleuse mission : prendre la mer et évangéliser de féroces Vikings !

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 05 Mars 2008
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Sept Missionnaires
Les notes (33)
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07/03/2008 | Ems
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L'avatar du posteur Le Grand A

J’ai bien apprécié cette lecture de Sept Missionnaires. À une histoire traitant de foi et de christianisation, ce n’est pas un moindre hommage que d’avoir fait appel à Alain Ayroles, le scénariste du très culte De Cape et de Crocs, et qui offre ici un récit plein d’ironie mordante, une pique un brin méchante sur les religions avec ce qu’il faut d’humour et de dérision pour que cela ne fâche personne. L’exercice du stand alone est périlleux, plus d’un s’y sont cassés les dents, mais j’ai trouvé la gestion du rythme et l’enchaînement des passages parfaitement maîtrisés, il y a ici une belle entente entre les auteurs. Assez sympathique, le début ainsi que la présentation des protagonistes est on ne peut plus picaresque et m’a rappelé aux bagarres de gaulois dans Astérix (et l'illustration de couverture représentant une enluminure de ces 7 "Saints" me fait penser aux Dalton). En plus du contexte historique très intéressant en soi (les invasions au IXème siècle), toute la sève du récit réside dans le temps fort où nos sept missionnaires vont contre toute attente, et à l'insu de leur plein gré, réussir cette mission impossible. C’est là que j’ai trouvé l’histoire brillamment cynique, car ce n’est pas par leur piété ni leur passion que ces indécrottables pêcheurs convertiront les païens, mais plus ou moins involontairement par une série d’heureux hasards où chacun aura l’occasion de montrer sa principale qualité, pourtant considérée comme un pêché par l’Église. L’un est cupide et fort bon négociant (encore un pêché), un autre n’est que colère et les berserkers imposent le respect parmi ces guerriers ; un autre n’est que tristesse (c’est l’acédie en fait mais réduit au concept de tristesse pour une meilleure compréhension du public) et touchera ces âmes brutales de par sa musique, mode pupilles humides et dilatées façon Chat Botté dans Shrek ; un autre est un dépravé qui gagnera le faible sexe à sa cause ; le gourmand remplira les estomacs des gaillards grâce à ses connaissances gastronomiques, tandis que l’orgueilleux et l’envieux qui se suivent joueront un rôle dans la mécanique des péripéties. Ce sont de simples hommes qui parlent à d’autres hommes tout aussi normaux qu’eux. Égoïstes, petits, individualistes, bas, leur principal défaut condamné par l’Église se révélera finalement une aptitude qui sauvera leur peau. Et moi je trouve ça plutôt drôle comme message railleur. Le dessin de Luigi Critone est assez plaisant même si ce n’est pas ce vers quoi je me dirige en premier. Il est cependant bien à propos avec les trognes des moines qui concordent avec leur pêché respectif, leurs expressions faciales limites caricaturales sont un vrai régal lorsqu’ils se balancent des fions entre eux. Décalage intelligent par rapport au sérieux de l’Ordre ou des « fomoirés ». Un dessin sublimé par les couleurs de Lorenzo Pieri qui offre un véritable feu d’artifice et apporte gaieté et bonne humeur à ce codex qui n’en manque pourtant pas (même si c’est dramatique quand il le faut). Un vrai contraste par rapport à l’apparente austérité des syndiqués de la religion. « Qu’il est bon d’être apostat » pourrait être la morale de cette hasardeuse croisade.

21/08/2017 (modifier)
L'avatar du posteur eric2vzoul

Fidèle au ton humoristique qui est devenu sa marque dans Garulfo et De Cape et de Crocs, Alain Ayroles se livre à une parodie à mi-chemin des Douze salopards et des Sept mercenaires. Sept moines, relégués en un lieu perdu au nord de l'Europe, passent leur temps à se livrer aux péchés capitaux, ce qui les voue à l'enfer et énerve singulièrement l'évêque local. Il leur donne donc le choix entre le bûcher et une mission suicide d'évangélisation chez les vikings, lesquels ont la fâcheuse habitude de piller les monastères, ce qui agace encore plus les autorités ecclésiastiques. Et voilà nos sept pécheurs partis à la rencontre des rudes hommes du nord. Ces derniers, fidèles à leurs principes veulent d'abord les crucifier, mais ils commettent l'erreur de sursoir à l'exécution. Bien mal leur en prend, car le péché est diablement contagieux… Rien n'est sérieux dans ce récit. C'est une parabole sur les principes que les religions prétendent inculquer et sur la résilience de la nature humaine. C'est fort drôle, mais pas idiot… certains gagneraient à méditer sur la conclusion de cette histoire. Le seul petit reproche que je ferai à Ayroles est l'aspect précipité des péripéties, mais après tout, on lui avait imposé la forme du one-shot. J'aime le style graphique que Critone adopte pour cet album. Très réaliste, il lui arrive de devenir brusquement caricatural et outrancier pour traduire les expressions des sentiments des personnages, qui en prennent tous pour leur grade dans le registre du ridicule. L'aventure de ces Sept Missionnaires constitue donc l'un des meilleurs albums de la collection-concept “Sept” et l'un de ceux que je relis régulièrement avec le même plaisir.

29/08/2016 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
L'avatar du posteur sloane

Toute la première partie de cet album m'a intéressé notamment par la description de ces moines représentant chacun un des péchés capitaux. La truculence des propos, l'humour des dialogues, tout cela faisait souffler un petit vent frais sur l'histoire. Et puis nos moines arrivent en pays viking et dés lors j'ai eu un peu de mal. En effet comment croire que ces farouches guerriers puissent se laisser embobiner sous prétexte que l'un de nos curés en quête de rédemption sache faire du tord boyaux, l'autre est un guerrier encore plus puissant que les autochtones, un autre encore arrive à ses fins en contant fleurette à une jeune femme de la tribu. Même si c'est un parti pris comique ou plutôt humoristique, cette idée d'accueil jovial me paraît un peu gros. Bon sur l'ensemble il ne faut pas tout jeter, j'aime assez que les auteurs renvoient dos à dos les croyances des uns et des autres mais cela ne suffit pas à mon goût. Je n'ai rien de particulier à dire sur le dessin. L'ensemble est sauvé par la petite touche d'humour que l'on ne trouve pas dans les autres tomes de la série et au final cela reste une lecture divertissante.

06/06/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Je ne suis pas fan de ces séries concept qui fleurissent, chez Delcourt entre autre. Mais j’ai trouvé cet album plutôt réussi. D’abord le dessin de Critone est bon, à mi-chemin entre le trait réaliste et des arrondis adaptés à un dynamisme humoristique. Ensuite le scénario et les textes d’Ayroles sont eux aussi réussis. En effet, dans un univers violent, il nous plante sept moines incarnant chacun l’un des sept péchés capitaux, souvent dans leur version outrancière, caricaturale. Ces moines, et surtout leurs réparties, font le sel de l’album, et donnent un ton souvent drôle à cette aventure moyenâgeuse. Malgré ces louanges, j'ai longtemps hésité à arrondir aux quatre étoiles. C’est que justement ce fameux concept de one shot bride un peu les possibilités de l’auteur. J’aurais bien vu plus développées les personnalités et aventures de ces moines, en les faisant surjouer leurs défauts, dans un sens burlesque qu’Ayroles a parfois utilisé dans certaines de ces autres célèbres séries. Une bonne idée, ici pas forcément exploitée jusqu’au bout donc. En tout cas, c’est clairement un album qui mérite le détour. Et un des meilleurs de cette série. Note réelle 3,5/5.

04/05/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

C'est amusant de voir ces 7 moines dont chacun correspond à un des 7 péchés capitaux (un gourmand, un paresseux, un ronchon, un porté sur les servantes...), on devine leurs défauts rien qu'en les observant. La culture viking est bien rendue, mais là n'est pas le fond du sujet, Ayrolles ayant adopté le parti de la farce pour son récit ; son propos reste quand même peu sérieux et léger, même si la trame de base paraît originale. Si cette histoire est plaisante, bien illustrée par le dessin qui est pour beaucoup dans cet album, c'est qu'elle possède des éléments intéressants qui agrémentent le récit : une certaine truculence, un contexte historique crédible, un humour très inattendu dans une Bd de ce type, ainsi que la page d'ouverture et la dernière page qui mettent en parallèle les 2 croyances païenne et chrétienne ; je trouve ça assez subtil. Mais le grand atout de cet album, c'est le dessin très beau, lumineux, détaillé, frôlant l'hyperréalisme ; les têtes de Vikings et de moines sont très réussies, ce dessin élégant et réaliste confère à ce récit plutôt burlesque l'aspect sérieux d'un drame historique. Contrairement à d'autres avis, je ne trouve pas que ça soit le meilleur tome de cette série-concept, mais pour moi il est dans le trio de tête après Sept pistoleros et Sept voleurs.

25/05/2014 (modifier)
Par Chéreau
Note: 3/5

Cette série 7, très inégale, ressemble à un galop d'essai que les éditions Delcourt offrent à leur jeunes poulains, dessinateurs ou scénaristes, en tandem avec un briscard. Cet opus-ci est plutôt bon, si l'on s'en tient aux critères de la série : des histoires rapides, faciles à lire, qui tiennent en 46 pages. Nous découvrons ici 7 moines ratés, qui incarnent chacun, avec toute l'outrance qu'Ayrolles se plaît à donner à ses personnages, les 7 péchés capitaux. Et les voilà partis pour évangéliser une horde de Vikings aussi sauvages que païens. Ayrolles ne s’embarrasse pas de subtilités psychologiques. On est dans le registre de la comédie d'action efficace. Le plus drôle dans cet album très prévisible est son dénouement : c'est grâce à leurs défauts que les missionnaires, bien évidemment, réussissent leur mission et deviennent, comme il leur a été promis... les 7 pires évêques de la Chrétienté.

23/08/2013 (modifier)
Par fab11
Note: 4/5

Voilà comment je pourrais définir ce one shot : remarquable et superbe. Le premier adjectif concerne le scénario d'Alain Ayroles et le second correspond bien évidemment au dessin de Luigi Critone. Avant de revenir sur ces points je souhaiterais intervenir sur la qualité des albums de la série Sept (saison un ou saison deux). Le problème avec cette série c'est que les albums sont souvent inégaux en terme de qualité, mais cela ne m'empêche pas d'apprécier le concept général. Le fait de faire intervenir un sujet différent à chaque fois avec un nouveau duo d'auteurs m'a toujours plu. N'empêche que tous les one shots de cette collection ne m'ont pas autant interpellé que celui-ci. Pour en revenir à nos moutons, je rappellerai brièvement l'histoire de ce très bel album. Sept moines irlandais sont envoyés sur une île pour évangéliser de terribles vikings qui terrorisent les villages situés sur les côtes proches de celle-ci. Le problème de cette mission ce sont "les missionnaires" eux-même car ces moines ne font pas partie de l'élite de l'ordre dont ils dépendent, bien au contraire . Les auteurs se sont amusés à créer sept personnages correspondant aux sept péchés capitaux. Alors je vous laisse imaginer la suite, mais contrairement à ce que l'on pourrait croire ils ne s'en sortiront pas si mal que cela. Il faut quand même avouer que le scénario de cette BD est quand même très original et surtout très plaisant à suivre, car les auteurs y mêlent l'action, l'humour et même des rappels sur la vie des vikings au IXème siècle. Pour en revenir au dessin je le trouve comme je l'ai dit plus haut, superbe. J'avais déjà beaucoup accroché sur le travail effectué par Luigi Critone dans les deux premiers albums de la série La Rose et la Croix (car à partir du tome trois il fut remplacé par Augustin Popescu) mais là je trouve qu'il s'est encore plus appliqué et que certains détails, visages, décors et paysages sont tout simplement splendides. Alors pourquoi hésiter ? Lisez ce très beau one shot, surtout si vous devez choisir un seul album de la série "Sept" car à mon avis c'est de loin le mieux réussi.

10/02/2013 (modifier)
Par Jérem
Note: 3/5

Voici une BD plutôt amusante qui relève un peu le niveau général de la série « Sept ». Sept moines ayant chacun pour défaut l’un des pêchés capitaux sont envoyés en pénitence convertir de redoutables pillards vikings. Le ton est léger et légèrement décalé bien que les auteurs tiennent à un certain réalisme. L’intrigue (sans grande surprise) se révèle solide et intéressante notamment quand les moines commencent à s’intégrer à la société viking. De plus, les dessins sont tout à fait honnêtes. Drôle et agréable, ce tome (de cette si mauvaise série) est une bonne surprise.

19/03/2012 (modifier)
Par js
Note: 3/5

(3.5/5) La série "Sept" n'est pas ce qui m'a le plus convaincu en matière de BD, mais là, le défi relevé par Ayroles et Critone est plutôt bien réussi. Le scénario part d'un postulat simple : 7 moines 'représentant' les 7 pêchés capitaux. Ce concept, en plus d'être original et un peu dérangeant pour ma part au début, a l'avantage de présenter les personnages en deux planches ; on cerne tout de suite leur personnalité sans difficulté. J'ai juste eu du mal au début avec la luxure car le personnage ne fait pas du tout homme d'Eglise et perd donc de sa crédibilité par rapport aux 6 autres. L'histoire, très originale, reste sans grand suspense, mais paradoxalement, l'ensemble se lit bien et la lecture est plutôt longue pour ce one-shot, ce qui est une bonne chose en soi. Les personnages caricaturaux remplissent bien leur rôle et deviennent attachants. Les autres protagonistes sont bien faits (notamment les Vikings) et les relations entre les moines et ces barbares sont intéressantes et font la force du récit. Le dessin est très beau. Les visages des personnages sont bien choisis et sont surtout bien réalisés ; tout comme les décors. Les couleurs sont très agréables et rendent le récit vivant et prenant. Une BD pas mal, à lire pour ses dessins d'une grande beauté et son scénario original et attrayant, sans non plus être captivant et sans grands rebondissements. La fin n'est pas décevante pour ce one-shot (sauf peut-être la petite leçon de morale de la planche 55 que je trouve un peu "osée").

14/07/2011 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Jetjet

A parcourir les différents avis ici même je dois être l’un des rares à apprécier la série Sept de Delcourt sur son ensemble. En effet j’apprécie les petits paris comme celui là permettant de mettre en scène à chaque fois sur un récit complet 7 personnages avec des contextes et personnalités dissociables. Du pur divertissement en somme à l’instar d’une série télé comme la quatrième dimension avec ses histoires individuelles autour d’un même thème. Il y a donc des hauts et des bas comme dans toute série et ici on touche le haut du panier… C’est donc avec grand plaisir que j’ai relu ce Sept Missionnaires, un des rares titres à faire l’unanimité et survendu par le scénariste de De Capes et De Crocs. Peut être moins à l’aise dans l’exercice du One Shot donc attendu au tournant, Ayroles contourne la principale difficulté de la série, à savoir la présentation des personnages en un tour de main par un procédé bien malin : chacun des missionnaires représente en fait un des sept péchés capitaux !!! Inutile donc de perdre la moitié du récit à nous en faire les origines, ces pittoresques moines sont amenés dans une introduction réussie qui déride et donne le ton directement à cette histoire de conversion catholique ! En effet nos bons moines (dont un sacré petit lutin lubrique dont on se demande clairement ce qu’il fiche dans les ordres) ont pour mission de convertir de sanguinaires vikings vers le catholicisme en des temps obscurs où les têtes tombent plus facilement que les pièces d’argent dans le bénitier ! Forcément tout ne va pas exactement se dérouler comme prévu et si on perd l’absurde de Garulfo et les alexandrins de DCEDC, Ayroles n’a rien perdu de son talent à nous raconter une bonne histoire aussi divertissante que drôle. Quand en plus ses lignes sont desservies par un dessinateur talentueux comme Critone que je ne connaissais pas et des couleurs pastel de toute beauté, on ne peut qu’être enchantés de la balade zygomatique de ces sept farfelus en robe de bure ! La dernière page renvoie directement à la première par une inversion de certains rôles démontrant au passage tout le bien fondé des auteurs pour les religions et c’est très très fort !!! Avec 7 Psychopathes et 7 Yakusas, cette relecture bon enfant du film Mission avec Robert de Niro mérite amplement sa place sur podium et j’espère vivement revoir cette fine équipe sur un autre projet d’aussi bonne envergure :)

24/06/2011 (modifier)