Une bonne série, très classique par ses personnages et dans sa structure mais plaisante. Le dessin de Gaël Séjourné est très agréable dans son style réaliste soigné et fin et bien mis en valeur par une colorisation tout en nuances.
Les personnages manquent parfois de développement à mon goût et il y a une vraie cassure entre le premier tome et les suivants, qui nous fait abandonner une partie d’entre eux au profit d’autres. Ce qui me donne le sentiment d’un petit côté expéditif par moments. Petit côté expéditif encore accentué par la vitesse à laquelle les sentiments de l’héroïne évoluent au fil du récit.
L’aspect historique est loin d’être absent avec une reconstitution crédible du Harlem époque prohibition dans le premier tome et la découverte de l’Afrique mystérieuse dans les deux suivants. Le souci de véracité pousse les auteurs à intégrer dans leur histoire plusieurs personnages ayant réellement vécu à cette époque. Ces apports sont vraiment bien faits et enrichissent le récit tout en lui gardant une grande crédibilité (on est loin d’un apport artificiel ou fantaisiste).
En clair, c’est du travail soigné jusque dans un final convenu mais convaincant. Pas de grosse surprise mais ce récit devrait séduire tous les lecteurs amateurs de récits classiques et romanesques.
3.5
Cela faisait longtemps que je voulais lire cet album et je fus bien content lorsque j'ai eu enfin la chance de l'avoir entre les mains. La première chose que j'ai remarquée en ouvrant l'album est le dessin que je trouve fabuleux ! J'aime l'idée qu'une couleur prédomine et que la couleur change à chaque chapitre.
Au début, je trouvais le scénario sympathique, mais pas captivant et j'avais peur d'être déçu et heureusement cela change lorsque Loup Larsen apparait. Il est un personnage totalement fascinant autant dans sa personnalité que dans ses réflexions. D'autres personnages sont aussi intéressants comme le cuisinier, mais c'est clairement Larsen la vedette de l'histoire.
J'ai tout de même était un peu déçu par la fin. Elle est bonne, mais je m'attendais à quelque chose de plus spectaculaire.
A quand l’adaptation cinématographique ? Car franchement le thème, le cadrage, le rythme et l’ambiance s’y prêtent énormément.
L’histoire nous apporte une bonne vieille histoire de truands avec ses pourris, ses codes et ses victimes, ses belles gueules, ses femmes, ses faibles et ses flash-back. Tout y est pour un moment de peur suintante sur base de coups bas et de deus-ex-machina. Tout cela fonctionne parfaitement avec un rythme décapant et une intrigue efficace. Effectivement tout cela ne sonne pas nouveau, effectivement on retrouve des influences tarentinesques et oui il n’y a pas de réelle surprise, ce qui forme les limites de ce récit. Mais on trouve également un récit qui trouve de temps de s’attarder sur certains détails, ce que le nombre de planches permet et qui n’existerait pas dans un objet totalement efficace. Le flash-back du père par exemple aurait été coupé, de même que la très courte mais oh combien jouissive partie vue dans les yeux de Chéri. Voilà pourquoi c’est mieux que bien mais effectivement pas génial.
Niveau dessin, le style sobre convient parfaitement au scénario, à mon sens nettement mieux que dans Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle. Les mâchoires carrées et les formes épurées dynamisent encore plus le récit pour lui donner une allure de cavalcade. J’y trouve même l’humour sous forme de références aux chefs d’œuvre du western dans les positions et les prises de vues. Narration efficace qui met le lecteur en parfaite situation.
Au final l’un des meilleurs albums de l’année assurément, le tome 2 annoncé en fin de tome prouve à quel point les auteurs sont confiants, en tous cas certains qui utilisent ma bibliothèque perso pour découvrir la BD m’ont déjà demandé la suite… à lire et relire, le duo me semble plus mur que pour leur première collaboration avec un contenu et un contenant moins artificiellement mis ensemble et nettement plus prenants.
Ce 1er tome démarra très bien, les personnages sont attachants, l'intrigue est bien posée et à la fin le mystère reste entier pour avoir envie d'acheter le 2nd tome et finir la série.
Le côté mafia du fonctionnement de Nevada City est bien retranscrit.
Le héros semble avoir sa part d'ombre et n'est pas infaillible.
Une belle réussite.
Je me dois de confesser que sans la lumière du film sur cette oeuvre culte mais oubliée depuis longtemps et sa récente réédition comportant les 3 tomes de la série, je serais surement passé à côté d'un petit bijou d'anticipation bien de chez nous...
Le Transperceneige est certes moins subtil que le cultissime S.O.S Bonheur de Van Hamme mais il parle des mêmes peurs et des mêmes incohérences sociales qui parsemaient déjà notre société dans les années 80 et dont les effets néfastes ne sont pas prêts de se tarir hélas actuellement pour arriver à la même conclusion : notre société est viciée de l'intérieur quelque soit le contexte et/ou l'époque.
Si la métaphore utilisée par ce train chargé de survivants après une déconvenue climatique provoquée de la main de l'homme reste naïve, elle est surtout efficace et palpitante tant les pages de chacun des 3 tomes défile à une vitesse aussi vive...
Un train condamné à errer sur un circuit sans fin sur une terre glaciaire peut rappeler Winterworld dans un registre post apocalyptique et survival. Le souci est tout autre car les classes sont maintenant représentées de façon horizontale et non plus verticale : aux bourgeois de voyager en première classe près de la locomotive et au peuple de s'entasser dans les derniers wagons et d'y périr de faim ou d'ennui.
Un homme, Proloff (le bien nommé) parvient à s'échapper des wagons de queue dans l'espoir de remonter jusqu'à la sainte loco et y trouver l'eden sous les yeux d'une jolie fille de classe moyenne souhaitant faire éclater la vérité.
Le premier tome raconte leur "voyage" de wagon en wagon. Il est curieux de voir comme une idée aussi fantaisiste est traitée avec autant d'applomb et de sérieux, soutenu il est vrai par le trait en noir et blanc impeccable de Rochette sur un scénario désabusé du regretté Lob.
L'ensemble manque peut-être parfois de cohérence mais le récit est prenant et poignant, les auteurs ne manquent pas de ressources pour placer le lecteur à la place de l'un des protagonistes de cette triste arche de Noé.
On y parsème un peu de religion, l'opium du peuple et de pouvoir militaire pour marquer au fer blanc une critique à peine déguisée de notre propre société et on obtient un récit de grande qualité dont chaque découverte ou étape est un nouveau lieu de surprises et de rencontres en tous genre...
Il serait dommage d'omettre de parler des deux autres tomes bien moins connus et écrits après la disparition de Lob par Benjamin Legrand transformant alors ce qui pouvait n'être qu'un one shot en trilogie on ne peut plus cohérente quelques 15 ans plus tard.
Car n'en déplaisent aux détracteurs, les récits suivants offrent une nouvelle vision tout en complétant les écrits de Lob et on note un Rochette au sommet de son art avec un tout nouveau style épuré faisant de chaque case un véritable tableau coloré en noir et blanc ressemblant à s'y méprendre à de somptueuses peintures rupestres.
Le second tome parvient même à supplanter l'oeuvre d'origine par un rythme et une progression moins linéaire et des propos encore plus en adéquation avec l'idée de départ.
La Traversée qui suit L'Arpenteur met un terme définitif aux aventures de ce Transperceneige dont il me tarde à présent d'en lire l'adaptation cinématographique.
Dans tous les cas, c'est un excellent récit bien sombre qui adapte de façon originale toutes les craintes et la poésie macabre de 1984 sur voie ferroviaire. Incontournable.
Alan Moore revisite l'oeuvre de H.P. Lovecraft !!!
Cela est suffisamment intriguant pour tenter n'importe quel fan de l'un ou de l'autre de ces auteurs sacrés mais il est peut-être utile de prévenir dès le début que ce récit justement nommé "Neonomicon" en hommage au fameux livre maudit "NeCronomicon" de Abdul al-Hazred, poète arabe dément qui l'aurait écrit en 730 à Damas est destiné à un public adulte averti.
En effet si l'on retrouve aux pinceaux le plutôt doué mais décrié Jacen Burrows qui avait illustré le comics trash Crossed avec son style imméditement reconnaissable, on peut comprendre que ce récit sera tout aussi gore et outrancier, ce qu'il est tout à fait...
La légende veut que Moore ait écrit Neonomicon pour régler ses impôts et dans une période particulièrement énervée où son amour du prochain était au plus bas.
On retrouve donc dans ce récit linéaire et limpide le "maître" au service d'un autre qu'il cite régulièrement et sans détours pour une enquête des plus glauques située quelque part entre X Files pour le duo d'agents et du film Seven pour le côté poisseux et malsain qu'il s'en dégage...
Une série de meurtres avec cadavres amputés de leur mains et au torse ouvert comme une fleur introduit donc un agent black et sa coéquipière, une jolie blonde myope de retour aux affaires après quelques soucis de santé liées à ses mœurs.
Ces meurtres ont été effectués par diverses personnes qui ne se connaissaient pas mais qui possèdent quelques troublants troubles du langage... :)
L'un de ces criminels n'est autre qu'un ancien agent infiltré aujourd'hui placé en asile (non, non pas à Arkham :) ) et cette visite va entrainer notre duo vers de stupéfiantes rencontres dont l'issue risque de leur faire aussi mal qu'au lecteur !
Voilà, vous êtes bien accrochés ? La suite relève de l'horreur pure et je ne voudrais ni en dévoiler les artifices ni en dévoiler un peu trop... Disons que le découpage en 4 bandes horizontales permet convenablement d'installer une ambiance bien malsaine dont je me délecte encore tant ce petit bouquin pas du tout convenable m'a plu.
Grand amateur de Lovecraft comme de Moore mais aussi d'histoires policières borderline, j'ai eu beaucoup de plaisir à lire un récit certes linéaire mais parsemé de références et gratiné de quelques scènes chocs à orientation sexuelle (Moore se permet de dévoiler ce que Lovecraft se contentait à juste titre de suggérer) et d'une fin convenue mais tout à fait honorable.
A savoir que la présente édition Urban est agrémenté d'un prologue assez conséquent et basé sur un texte de Moore. La connexion entre les deux récits est évidente puisqu'il s'agit de l'histoire ayant conduit l'agent interné à se "retourner" contre son autorité. Il s'agit là d'un découpage astucieux de deux bandes verticales par page qui se passe exclusivement en voix off et est finalement bien plus subtil que le récit qui suit lui-même.
Au final cette curieuse association ne plaira surement pas à tout le monde et l'ensemble pourra paraître "putassier" mais j'ai fortement apprécié cet écart de conduite qui n'est pas uniquement là pour choquer mais également desservir les propos des deux mentors...
On peut dire qu'on tient à la fois une belle investigation du monde de Ctulhu mais uniquement destiné à un public averti des outrecuidances qu'a bien voulu y glisser un Moore paresseux mais non dénué de talent. Vous êtes prévenus ! ;)
Encore une réussite dans la série des adaptations dessinées des œuvres de Stefan Wul. Cette quatrième adaptation est celle que je trouve la moins réussie graphiquement : les décors sont plutôt jolis, mais les personnages sont curieusement traités. Ce n'est pas moche, mais pas très beau non plus. Curieux serait le mot juste.
L'histoire quant à elle est haletante : l'eau se met soudainement à geler uniquement en dessous de zéro, ce qui provoque la fonte ultra rapide des glaciers et des tsunamis en cascade. Une partie du globe se retrouve engloutie et de mystèrieuses créatures semblent sortir d'on ne sait où.
Le rythme est soutenu et on va de découvertes en découvertes. Vivement la suite !
Benjamin Flao prend son envol en tant qu'auteur complet avec ce nouveau diptyque chez Futuro.
Il y a probablement dit beaucoup de chose qui lui tiennent à coeur : l'ambiance particulière de la Corne de l'Afrique, les contes et légendes swahilis, les ambiances maritimes, la suffisance colonialiste des Européens... On sent qu'il y a mis tout son coeur et ses tripes, et ça, pour un auteur, je pense que cela n'a pas de prix.
Le récit peut paraître un peu complexe avec ses intrigues diverses, qui même si elles se passent géographiquement proches les unes des autres, mettent un peu de temps à se rejoindre. On comprend toutefois que le jeune Naïm est le fil conducteur de l'histoire,et peut-être même son moteur. A ce sujet, l'auteur l'a particulièrement soigné graphiquement parlant : l'enfant est magnifique. Il fait aussi preuve d'un caractère bien trempé, c'est un véritable héros de bande dessinée. Dans le deuxième volet du diptyque, pas mal d'intrigues secondaires et parallèles sont menées à bien, entre réalisme et onirisme.
Flao s'est visiblement régalé en dessinant ses décors, qui sont peut-être le fruit de repérages faits sur place. Les vues en haute mer, le décor de la ville, il y a de très belles planches. Flao prend d'ailleurs toute la place nécessaire pour nous faire profiter de son talent. Curieusement je lui ai trouvé une parenté graphique avec Dany, peut-être le caractère un peu comique de certaines situations, de certains visages...
Quant à la maquette de l'album, elle est impeccable. Encore une réussite indéniable chez Futuropolis...
Olivier Peru est décidément un très bon scénariste. Après ses excellents Assassin et Zombies, j'ai enfin pu découvrir le diptyque "Mjöllnir". Ici, l'histoire des dieux nordiques est revisitée de manière très originale (Thor et Loki sont réincarnés en nain et humain et partent à la reconquête d'Asgard pour se venger de leur père Odin).
Une histoire, sombre, très violente (graphiquement, mais pas que), poignante. Une épopée vraiment très bien racontée et mise en scène, portée par de fantastiques dessins.
Et n'oublions pas le petit plus génial : un peu à la manière du Bilbo de Peter Jackson, rarement un nain aura été aussi classe.
C'est à mes yeux, la meilleure BD traitant de ces dieux nordiques, même si c'est aussi l'une de celles qui s'écartent le plus du mythe originel, si tant est qu'il y en a un seul.
Je ne connaissais pas Stefan Wul avant la lecture de cette adaptation. C'est la magnifique couverture du T1 et l'avis enthousiaste lu sur le site qui m'ont décidée.
Le premier tome de cette histoire est assez prenant : il emmène le lecteur dans un monde post-apocalyptique hyper réaliste où l'homme, revenu à l'état de tribu primitive, vénère des dieux liés à l'ancienne société de consommation (mais sans vraiment le savoir), où un jeune garçon noir et de ce fait exclu va partir seul à l'aventure et où des êtres mi poulpes mi je-sais-pas-quoi issus des "progrès techniques" d'une époque révolue paraissent diriger ce monde que l'homme "moderne" a semble-t-il abandonné après l'avoir détruit. C'est riche ! Et la fin de ce premier tome ne laisse rien présager de bon pour la suite...
Le tome 2 conduit notre jeune héros à "Niourk" (on en saura effectivement plus sur l'origine de ce nom) magnifique en mode post-apocalyptique.
Graphiquement, c'est très réussi. On sent une recherche de la mise en page et du meilleur angle de vue possible. Deux planches m'ont particulièrement marquée dans le premier tome, tout d'abord la double page qui matérialise sans le dire les millénaires qui s'écoulent avec cette roche sous-marine qui finit par se retrouver émergée puis falaise usée par l'érosion : moi qui aime par dessus tout la BD qui sait s'exprimer sans parler, j'ai été servie ! J'aime aussi beaucoup la première planche du chapitre 2 avec l'enfant noir sur un tronc surplombant une cascade : magnifique contre plongée et jeux de lumière.
Ankama continue sur sa lancée avec cette collection consacrée à cet auteur visiblement incontournable de la SF française, et annonce déjà 4 nouvelles adaptations (avec entre autres La Peur Géante dont le T1 est déjà paru). Une bien belle initiative, servie par des couvertures au style original, que je vais m'empresser de soutenir car les sujets semblent passionnants et l'affiche est bien alléchante. Par contre mon porte-monnaie risque d'en prendre un sacré coup ! Mieux vaut ne pas calculer ça tout de suite...
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L'Appel des Origines
Une bonne série, très classique par ses personnages et dans sa structure mais plaisante. Le dessin de Gaël Séjourné est très agréable dans son style réaliste soigné et fin et bien mis en valeur par une colorisation tout en nuances. Les personnages manquent parfois de développement à mon goût et il y a une vraie cassure entre le premier tome et les suivants, qui nous fait abandonner une partie d’entre eux au profit d’autres. Ce qui me donne le sentiment d’un petit côté expéditif par moments. Petit côté expéditif encore accentué par la vitesse à laquelle les sentiments de l’héroïne évoluent au fil du récit. L’aspect historique est loin d’être absent avec une reconstitution crédible du Harlem époque prohibition dans le premier tome et la découverte de l’Afrique mystérieuse dans les deux suivants. Le souci de véracité pousse les auteurs à intégrer dans leur histoire plusieurs personnages ayant réellement vécu à cette époque. Ces apports sont vraiment bien faits et enrichissent le récit tout en lui gardant une grande crédibilité (on est loin d’un apport artificiel ou fantaisiste). En clair, c’est du travail soigné jusque dans un final convenu mais convaincant. Pas de grosse surprise mais ce récit devrait séduire tous les lecteurs amateurs de récits classiques et romanesques.
Le Loup des Mers
3.5 Cela faisait longtemps que je voulais lire cet album et je fus bien content lorsque j'ai eu enfin la chance de l'avoir entre les mains. La première chose que j'ai remarquée en ouvrant l'album est le dessin que je trouve fabuleux ! J'aime l'idée qu'une couleur prédomine et que la couleur change à chaque chapitre. Au début, je trouvais le scénario sympathique, mais pas captivant et j'avais peur d'être déçu et heureusement cela change lorsque Loup Larsen apparait. Il est un personnage totalement fascinant autant dans sa personnalité que dans ses réflexions. D'autres personnages sont aussi intéressants comme le cuisinier, mais c'est clairement Larsen la vedette de l'histoire. J'ai tout de même était un peu déçu par la fin. Elle est bonne, mais je m'attendais à quelque chose de plus spectaculaire.
Tyler Cross
A quand l’adaptation cinématographique ? Car franchement le thème, le cadrage, le rythme et l’ambiance s’y prêtent énormément. L’histoire nous apporte une bonne vieille histoire de truands avec ses pourris, ses codes et ses victimes, ses belles gueules, ses femmes, ses faibles et ses flash-back. Tout y est pour un moment de peur suintante sur base de coups bas et de deus-ex-machina. Tout cela fonctionne parfaitement avec un rythme décapant et une intrigue efficace. Effectivement tout cela ne sonne pas nouveau, effectivement on retrouve des influences tarentinesques et oui il n’y a pas de réelle surprise, ce qui forme les limites de ce récit. Mais on trouve également un récit qui trouve de temps de s’attarder sur certains détails, ce que le nombre de planches permet et qui n’existerait pas dans un objet totalement efficace. Le flash-back du père par exemple aurait été coupé, de même que la très courte mais oh combien jouissive partie vue dans les yeux de Chéri. Voilà pourquoi c’est mieux que bien mais effectivement pas génial. Niveau dessin, le style sobre convient parfaitement au scénario, à mon sens nettement mieux que dans Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle. Les mâchoires carrées et les formes épurées dynamisent encore plus le récit pour lui donner une allure de cavalcade. J’y trouve même l’humour sous forme de références aux chefs d’œuvre du western dans les positions et les prises de vues. Narration efficace qui met le lecteur en parfaite situation. Au final l’un des meilleurs albums de l’année assurément, le tome 2 annoncé en fin de tome prouve à quel point les auteurs sont confiants, en tous cas certains qui utilisent ma bibliothèque perso pour découvrir la BD m’ont déjà demandé la suite… à lire et relire, le duo me semble plus mur que pour leur première collaboration avec un contenu et un contenant moins artificiellement mis ensemble et nettement plus prenants.
Nevada
Ce 1er tome démarra très bien, les personnages sont attachants, l'intrigue est bien posée et à la fin le mystère reste entier pour avoir envie d'acheter le 2nd tome et finir la série. Le côté mafia du fonctionnement de Nevada City est bien retranscrit. Le héros semble avoir sa part d'ombre et n'est pas infaillible. Une belle réussite.
Le Transperceneige
Je me dois de confesser que sans la lumière du film sur cette oeuvre culte mais oubliée depuis longtemps et sa récente réédition comportant les 3 tomes de la série, je serais surement passé à côté d'un petit bijou d'anticipation bien de chez nous... Le Transperceneige est certes moins subtil que le cultissime S.O.S Bonheur de Van Hamme mais il parle des mêmes peurs et des mêmes incohérences sociales qui parsemaient déjà notre société dans les années 80 et dont les effets néfastes ne sont pas prêts de se tarir hélas actuellement pour arriver à la même conclusion : notre société est viciée de l'intérieur quelque soit le contexte et/ou l'époque. Si la métaphore utilisée par ce train chargé de survivants après une déconvenue climatique provoquée de la main de l'homme reste naïve, elle est surtout efficace et palpitante tant les pages de chacun des 3 tomes défile à une vitesse aussi vive... Un train condamné à errer sur un circuit sans fin sur une terre glaciaire peut rappeler Winterworld dans un registre post apocalyptique et survival. Le souci est tout autre car les classes sont maintenant représentées de façon horizontale et non plus verticale : aux bourgeois de voyager en première classe près de la locomotive et au peuple de s'entasser dans les derniers wagons et d'y périr de faim ou d'ennui. Un homme, Proloff (le bien nommé) parvient à s'échapper des wagons de queue dans l'espoir de remonter jusqu'à la sainte loco et y trouver l'eden sous les yeux d'une jolie fille de classe moyenne souhaitant faire éclater la vérité. Le premier tome raconte leur "voyage" de wagon en wagon. Il est curieux de voir comme une idée aussi fantaisiste est traitée avec autant d'applomb et de sérieux, soutenu il est vrai par le trait en noir et blanc impeccable de Rochette sur un scénario désabusé du regretté Lob. L'ensemble manque peut-être parfois de cohérence mais le récit est prenant et poignant, les auteurs ne manquent pas de ressources pour placer le lecteur à la place de l'un des protagonistes de cette triste arche de Noé. On y parsème un peu de religion, l'opium du peuple et de pouvoir militaire pour marquer au fer blanc une critique à peine déguisée de notre propre société et on obtient un récit de grande qualité dont chaque découverte ou étape est un nouveau lieu de surprises et de rencontres en tous genre... Il serait dommage d'omettre de parler des deux autres tomes bien moins connus et écrits après la disparition de Lob par Benjamin Legrand transformant alors ce qui pouvait n'être qu'un one shot en trilogie on ne peut plus cohérente quelques 15 ans plus tard. Car n'en déplaisent aux détracteurs, les récits suivants offrent une nouvelle vision tout en complétant les écrits de Lob et on note un Rochette au sommet de son art avec un tout nouveau style épuré faisant de chaque case un véritable tableau coloré en noir et blanc ressemblant à s'y méprendre à de somptueuses peintures rupestres. Le second tome parvient même à supplanter l'oeuvre d'origine par un rythme et une progression moins linéaire et des propos encore plus en adéquation avec l'idée de départ. La Traversée qui suit L'Arpenteur met un terme définitif aux aventures de ce Transperceneige dont il me tarde à présent d'en lire l'adaptation cinématographique. Dans tous les cas, c'est un excellent récit bien sombre qui adapte de façon originale toutes les craintes et la poésie macabre de 1984 sur voie ferroviaire. Incontournable.
Neonomicon
Alan Moore revisite l'oeuvre de H.P. Lovecraft !!! Cela est suffisamment intriguant pour tenter n'importe quel fan de l'un ou de l'autre de ces auteurs sacrés mais il est peut-être utile de prévenir dès le début que ce récit justement nommé "Neonomicon" en hommage au fameux livre maudit "NeCronomicon" de Abdul al-Hazred, poète arabe dément qui l'aurait écrit en 730 à Damas est destiné à un public adulte averti. En effet si l'on retrouve aux pinceaux le plutôt doué mais décrié Jacen Burrows qui avait illustré le comics trash Crossed avec son style imméditement reconnaissable, on peut comprendre que ce récit sera tout aussi gore et outrancier, ce qu'il est tout à fait... La légende veut que Moore ait écrit Neonomicon pour régler ses impôts et dans une période particulièrement énervée où son amour du prochain était au plus bas. On retrouve donc dans ce récit linéaire et limpide le "maître" au service d'un autre qu'il cite régulièrement et sans détours pour une enquête des plus glauques située quelque part entre X Files pour le duo d'agents et du film Seven pour le côté poisseux et malsain qu'il s'en dégage... Une série de meurtres avec cadavres amputés de leur mains et au torse ouvert comme une fleur introduit donc un agent black et sa coéquipière, une jolie blonde myope de retour aux affaires après quelques soucis de santé liées à ses mœurs. Ces meurtres ont été effectués par diverses personnes qui ne se connaissaient pas mais qui possèdent quelques troublants troubles du langage... :) L'un de ces criminels n'est autre qu'un ancien agent infiltré aujourd'hui placé en asile (non, non pas à Arkham :) ) et cette visite va entrainer notre duo vers de stupéfiantes rencontres dont l'issue risque de leur faire aussi mal qu'au lecteur ! Voilà, vous êtes bien accrochés ? La suite relève de l'horreur pure et je ne voudrais ni en dévoiler les artifices ni en dévoiler un peu trop... Disons que le découpage en 4 bandes horizontales permet convenablement d'installer une ambiance bien malsaine dont je me délecte encore tant ce petit bouquin pas du tout convenable m'a plu. Grand amateur de Lovecraft comme de Moore mais aussi d'histoires policières borderline, j'ai eu beaucoup de plaisir à lire un récit certes linéaire mais parsemé de références et gratiné de quelques scènes chocs à orientation sexuelle (Moore se permet de dévoiler ce que Lovecraft se contentait à juste titre de suggérer) et d'une fin convenue mais tout à fait honorable. A savoir que la présente édition Urban est agrémenté d'un prologue assez conséquent et basé sur un texte de Moore. La connexion entre les deux récits est évidente puisqu'il s'agit de l'histoire ayant conduit l'agent interné à se "retourner" contre son autorité. Il s'agit là d'un découpage astucieux de deux bandes verticales par page qui se passe exclusivement en voix off et est finalement bien plus subtil que le récit qui suit lui-même. Au final cette curieuse association ne plaira surement pas à tout le monde et l'ensemble pourra paraître "putassier" mais j'ai fortement apprécié cet écart de conduite qui n'est pas uniquement là pour choquer mais également desservir les propos des deux mentors... On peut dire qu'on tient à la fois une belle investigation du monde de Ctulhu mais uniquement destiné à un public averti des outrecuidances qu'a bien voulu y glisser un Moore paresseux mais non dénué de talent. Vous êtes prévenus ! ;)
La Peur Géante
Encore une réussite dans la série des adaptations dessinées des œuvres de Stefan Wul. Cette quatrième adaptation est celle que je trouve la moins réussie graphiquement : les décors sont plutôt jolis, mais les personnages sont curieusement traités. Ce n'est pas moche, mais pas très beau non plus. Curieux serait le mot juste. L'histoire quant à elle est haletante : l'eau se met soudainement à geler uniquement en dessous de zéro, ce qui provoque la fonte ultra rapide des glaciers et des tsunamis en cascade. Une partie du globe se retrouve engloutie et de mystèrieuses créatures semblent sortir d'on ne sait où. Le rythme est soutenu et on va de découvertes en découvertes. Vivement la suite !
Kililana Song
Benjamin Flao prend son envol en tant qu'auteur complet avec ce nouveau diptyque chez Futuro. Il y a probablement dit beaucoup de chose qui lui tiennent à coeur : l'ambiance particulière de la Corne de l'Afrique, les contes et légendes swahilis, les ambiances maritimes, la suffisance colonialiste des Européens... On sent qu'il y a mis tout son coeur et ses tripes, et ça, pour un auteur, je pense que cela n'a pas de prix. Le récit peut paraître un peu complexe avec ses intrigues diverses, qui même si elles se passent géographiquement proches les unes des autres, mettent un peu de temps à se rejoindre. On comprend toutefois que le jeune Naïm est le fil conducteur de l'histoire,et peut-être même son moteur. A ce sujet, l'auteur l'a particulièrement soigné graphiquement parlant : l'enfant est magnifique. Il fait aussi preuve d'un caractère bien trempé, c'est un véritable héros de bande dessinée. Dans le deuxième volet du diptyque, pas mal d'intrigues secondaires et parallèles sont menées à bien, entre réalisme et onirisme. Flao s'est visiblement régalé en dessinant ses décors, qui sont peut-être le fruit de repérages faits sur place. Les vues en haute mer, le décor de la ville, il y a de très belles planches. Flao prend d'ailleurs toute la place nécessaire pour nous faire profiter de son talent. Curieusement je lui ai trouvé une parenté graphique avec Dany, peut-être le caractère un peu comique de certaines situations, de certains visages... Quant à la maquette de l'album, elle est impeccable. Encore une réussite indéniable chez Futuropolis...
Mjöllnir
Olivier Peru est décidément un très bon scénariste. Après ses excellents Assassin et Zombies, j'ai enfin pu découvrir le diptyque "Mjöllnir". Ici, l'histoire des dieux nordiques est revisitée de manière très originale (Thor et Loki sont réincarnés en nain et humain et partent à la reconquête d'Asgard pour se venger de leur père Odin). Une histoire, sombre, très violente (graphiquement, mais pas que), poignante. Une épopée vraiment très bien racontée et mise en scène, portée par de fantastiques dessins. Et n'oublions pas le petit plus génial : un peu à la manière du Bilbo de Peter Jackson, rarement un nain aura été aussi classe. C'est à mes yeux, la meilleure BD traitant de ces dieux nordiques, même si c'est aussi l'une de celles qui s'écartent le plus du mythe originel, si tant est qu'il y en a un seul.
Niourk
Je ne connaissais pas Stefan Wul avant la lecture de cette adaptation. C'est la magnifique couverture du T1 et l'avis enthousiaste lu sur le site qui m'ont décidée. Le premier tome de cette histoire est assez prenant : il emmène le lecteur dans un monde post-apocalyptique hyper réaliste où l'homme, revenu à l'état de tribu primitive, vénère des dieux liés à l'ancienne société de consommation (mais sans vraiment le savoir), où un jeune garçon noir et de ce fait exclu va partir seul à l'aventure et où des êtres mi poulpes mi je-sais-pas-quoi issus des "progrès techniques" d'une époque révolue paraissent diriger ce monde que l'homme "moderne" a semble-t-il abandonné après l'avoir détruit. C'est riche ! Et la fin de ce premier tome ne laisse rien présager de bon pour la suite... Le tome 2 conduit notre jeune héros à "Niourk" (on en saura effectivement plus sur l'origine de ce nom) magnifique en mode post-apocalyptique. Graphiquement, c'est très réussi. On sent une recherche de la mise en page et du meilleur angle de vue possible. Deux planches m'ont particulièrement marquée dans le premier tome, tout d'abord la double page qui matérialise sans le dire les millénaires qui s'écoulent avec cette roche sous-marine qui finit par se retrouver émergée puis falaise usée par l'érosion : moi qui aime par dessus tout la BD qui sait s'exprimer sans parler, j'ai été servie ! J'aime aussi beaucoup la première planche du chapitre 2 avec l'enfant noir sur un tronc surplombant une cascade : magnifique contre plongée et jeux de lumière. Ankama continue sur sa lancée avec cette collection consacrée à cet auteur visiblement incontournable de la SF française, et annonce déjà 4 nouvelles adaptations (avec entre autres La Peur Géante dont le T1 est déjà paru). Une bien belle initiative, servie par des couvertures au style original, que je vais m'empresser de soutenir car les sujets semblent passionnants et l'affiche est bien alléchante. Par contre mon porte-monnaie risque d'en prendre un sacré coup ! Mieux vaut ne pas calculer ça tout de suite...