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Couverture de la série Mjöllnir
Mjöllnir

Olivier Peru est décidément un très bon scénariste. Après ses excellents Assassin et Zombies, j'ai enfin pu découvrir le diptyque "Mjöllnir". Ici, l'histoire des dieux nordiques est revisitée de manière très originale (Thor et Loki sont réincarnés en nain et humain et partent à la reconquête d'Asgard pour se venger de leur père Odin). Une histoire, sombre, très violente (graphiquement, mais pas que), poignante. Une épopée vraiment très bien racontée et mise en scène, portée par de fantastiques dessins. Et n'oublions pas le petit plus génial : un peu à la manière du Bilbo de Peter Jackson, rarement un nain aura été aussi classe. C'est à mes yeux, la meilleure BD traitant de ces dieux nordiques, même si c'est aussi l'une de celles qui s'écartent le plus du mythe originel, si tant est qu'il y en a un seul.

03/11/2013 (modifier)
Par Pasukare
Note: 4/5
Couverture de la série Niourk
Niourk

Je ne connaissais pas Stefan Wul avant la lecture de cette adaptation. C'est la magnifique couverture du T1 et l'avis enthousiaste lu sur le site qui m'ont décidée. Le premier tome de cette histoire est assez prenant : il emmène le lecteur dans un monde post-apocalyptique hyper réaliste où l'homme, revenu à l'état de tribu primitive, vénère des dieux liés à l'ancienne société de consommation (mais sans vraiment le savoir), où un jeune garçon noir et de ce fait exclu va partir seul à l'aventure et où des êtres mi poulpes mi je-sais-pas-quoi issus des "progrès techniques" d'une époque révolue paraissent diriger ce monde que l'homme "moderne" a semble-t-il abandonné après l'avoir détruit. C'est riche ! Et la fin de ce premier tome ne laisse rien présager de bon pour la suite... Le tome 2 conduit notre jeune héros à "Niourk" (on en saura effectivement plus sur l'origine de ce nom) magnifique en mode post-apocalyptique. Graphiquement, c'est très réussi. On sent une recherche de la mise en page et du meilleur angle de vue possible. Deux planches m'ont particulièrement marquée dans le premier tome, tout d'abord la double page qui matérialise sans le dire les millénaires qui s'écoulent avec cette roche sous-marine qui finit par se retrouver émergée puis falaise usée par l'érosion : moi qui aime par dessus tout la BD qui sait s'exprimer sans parler, j'ai été servie ! J'aime aussi beaucoup la première planche du chapitre 2 avec l'enfant noir sur un tronc surplombant une cascade : magnifique contre plongée et jeux de lumière. Ankama continue sur sa lancée avec cette collection consacrée à cet auteur visiblement incontournable de la SF française, et annonce déjà 4 nouvelles adaptations (avec entre autres La Peur Géante dont le T1 est déjà paru). Une bien belle initiative, servie par des couvertures au style original, que je vais m'empresser de soutenir car les sujets semblent passionnants et l'affiche est bien alléchante. Par contre mon porte-monnaie risque d'en prendre un sacré coup ! Mieux vaut ne pas calculer ça tout de suite...

24/10/2012 (MAJ le 03/11/2013) (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Deadline
Deadline

Deadline où le récit de la vie de Louis Paugham engagé malgré lui dans les rangs sudistes et qui cherche à venger la mort d'un prisonnier noir. Peut-on parler simplement d'une rencontre et qui expliquerait un combat acharné par la suite ? Certainement pas ce qui m'a rendu dubitatif. Et pourtant, les parents de notre jeune héros ont bien été massacré. Bref, ce western m'a rappelé pour la thématique l'excellent film de Quentin Tarantino "Django unchaîned" que j'ai vu cette année au cinéma. En ce qui concerne les couleurs, on observera le rehaussement des ambiances par une chaleur issue des jaunes et oranges et savamment distillés. Personnellement, j’ai alterné les phases de pure enthousiasme quant au trait réaliste avec d'autre à la limite de l'exaspération en ce qui concerne les choix scénaristiques. Je pense notamment à la rencontre amoureuse. Cependant, ce récit nous emmène plus loin dans le franchissement des limites avec un rythme qui ne faiblit pas. On est emporté dans la tourmente d'une guerre et des horreurs commises sous prétexte d'une différence de couleurs. Par ailleurs, la conception, le ton et l'environnement me semblent juste. C'est une Amérique en pleine construction qui se déchire mais qui avance vers le progrès. Cette oeuvre reste une petite perle dans laquelle on pourra y retirer une immense plaisir de lecture. La réussite est bien au rendez-vous !

03/11/2013 (modifier)
Couverture de la série Black Star - La véritable histoire de Satchel Paige
Black Star - La véritable histoire de Satchel Paige

J'ai beaucoup apprécié cette bd. Je trouve justement que le sous-titre "la véritable histoire de Satchel Paige" est bien choisi. Contrairement à une biographie retraçant pas à pas son histoire, ou à une biographie romancée, choisir des bouts d'anecdotes à travers le fil rouge d'un second personnage, c'est beaucoup plus efficace pour un lecteur qui ne connaissait même pas de nom ce joueur de baseball. Au final on a quand même un bon aperçu du personnage. De plus c'est également le moyen de bien rendre compte de ce que pouvais être les tensions noir-blanc de ces années de ségrégation, la difficulté d'essayer de s'en sortir toujours en restant sur la corde afin de pas se faire lyncher pour une broutille ou une autre. J'ai également beaucoup apprécié les dessins et la colorisation.

03/11/2013 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Millenium
Millenium

J'avais vu le film suédois au cinéma et j'avais été plutôt satisfait. C'est un polar bien glauque. Le climat typique des pays nordiques était bien reconstitué. La bd ne fait que reprendre l'adaptation du roman du défunt Stieg Larsson. C'est une sombre enquête journalistique au scénario assez fouillé et qui repose sur deux protagonistes que tout oppose. C'est ce duo de choc qui fait l'originalité et le charme de cette oeuvre. C'est un thriller plein de suspense avec une ambiance glaciale très réussie. Une affaire vieille de quarante ans qui fait resurgir les vieux démons du nazisme où l'exploitation de la face cachée d'une société rayonnante. Il y a des scènes d'une noirceur absolue où il faudra s'accrocher. De la violence certes, mais qui ne fait pas exagérée ou mal placée. En conclusion, c'est une adaptation en bd plutôt réussie alors que ce n'était pas évident. J'ai renoué avec une histoire bien captivante à l'ambiance unique. Deux mots : touchant et percutant ! Un polar nordique qui ne laissera pas indifférent !

02/11/2013 (modifier)
Couverture de la série Sarah
Sarah

J'aime bien ce que fait Christophe Bec. Enfin, la plupart de ses oeuvres. Et notamment ses courtes séries de série B. Sarah en est une, qui tire sur l'horrifique et le gore. Le très gore, même. Il s'agit d'une série noire, très noire, et oppressante, très oppressante. Un peu comme son Pandemonium (mais les deux histoires n'ont rien à voir). La montée en puissance de Sarah se fait sur les trois tomes jusqu'à la toute fin particulièrement marquante et qui va à l'encontre de tout ce qu'on peut lire en matière de BD. Pas d'optimise, pas de pessimisme, juste cette fin "incroyable". Etonnant et réellement marquant. Bravo.

02/11/2013 (modifier)
Couverture de la série Niourk
Niourk

Je ne connais aucun des romans de Stefan Wul, mais j'avoue que cette collection d'Ankama est une pure merveille, et la mise en image des histoires de l'auteur me fait découvrir un panel de la SF que je ne connaissais pas. Niourk est l'histoire d'un jeune garçon solitaire qui découvre un monde hostile, désolé et peuplé de bestioles en tout genre. L'histoire, de facture plutôt classique, est rudement bien mise en images par Vatine. Tout va toutefois peut-être un peu trop vite et certains passages auraient mérité d'être un peu plus fouillés (c'est ce qui lui fait perdre la 5ème étoile).

02/11/2013 (modifier)
Couverture de la série Un Monde étrange
Un Monde étrange

Un monde étrange. Voilà un album qui porte bien son nom ! On a là un recueil de 6 histoires dont le point commun est d’être dessinées en Noir et Blanc, avec des ambiances plus noires que blanches. Contrairement à Deux tueurs des mêmes auteurs, que j’ai lu précédemment, et qui relevait plus de Tarantino, les histoires de cet album se rattachent plutôt aux bons vieux polars comme la Série noire en a publiés beaucoup. Les auteurs y ont ajouté par contre un grain de folie, un ton, qui rend leur production assez originale. La plupart des 6 histoires auraient gagné à être plus étoffées, mais le format leur coupe parfois les ailes, c’est dommage. Elles sont inégales, et adoptent des tons différents : la poésie parfois (telle sauterelle morte conservée dans une boîte mystérieuse me rappelle la boîte mystérieuse d’un client dans le film de Bunuel "Belle de jour"), mais aussi l’humour (comme la chute de l’histoire traitant des conséquences pour un couple de la participation à un jeu télévisé). La dernière histoire, Victoria (en particulier la virée tragique entre le fils et Victoria), m’a fait penser au ton de Vian dans ses Vernon Sullivan, par exemple dans "J’irai cracher sur vos tombes". Du classique souvent, très légèrement gauchi par une ambiance portée par un dessin et quelques thématiques underground. Au final, une lecture pas désagréable, même si je reste un peu sur ma faim. L’impression d’avoir lu une suite de synopsis inaboutis, des ébauches abandonnées au profit d’autre chose par les auteurs. Qui sont à suivre d’ailleurs. Note réelle 3,5/5.

02/11/2013 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
Couverture de la série Blast
Blast

Larcenet, on ne le présente plus. On sait qu’il est capable d’appréhender plusieurs genres très différents, qui vont des simples délires potaches à gros nez où le dessin se pare de couleurs vives à des récits introspectifs plus sombres recourant à un trait noir et épais proche de l’abstraction. Deux facettes à l’extrême opposé qui en font une personnalité aussi ambivalente qu’intéressante, une sorte de clown triste de la bédé. Ici on est évidemment plus dans la seconde approche. Le trait est parfois épuré à l’extrême, grossier ou abstrait, parfois glauque, mais cette « laideur » plus ou moins voulue colle à l’âpreté du sujet et sait se faire oublier, contrebalancée par la poésie qui imprègne le récit, avec un lavis noir et blanc donnant une touche très artistique à l’ensemble. Toujours cette fameuse ambivalence… J’ai été vraiment captivé par cette drôle d’histoire avec ce personnage hors du commun, Polza Mancini, énorme baudruche quasi difforme, en apparence primaire et innocent mais beaucoup plus complexe qu’il ne veut le laisser paraître, plongeant les deux inspecteurs de police qui l’interrogent dans des abîmes de perplexité. C’est ainsi que Polza, soupçonné d’être à l’origine d’un acte monstrueux dont on ne sait quasiment rien, va dérouler le fil de son histoire, forçant par là même le lecteur à approcher au plus près son âme noircie par une enveloppe meurtrie. Au départ rebuté par ce héros au corps monstrueux, vaguement inquiétant, dont on ne sait s’il est lucide ou fou (quoique lucidité et folie ne sont jamais si éloignées), on finit par s’y attacher. Comme lui, on finit par ressentir les souffrances qu’il a traversé, lui, cet être intrinsèquement pacifique qui ne demande rien à personne, élevé par un père à la fois protecteur et austère. On finit par comprendre sa rage face à la bêtise et la cruauté du monde, une rage intériorisée mais qu’on devine prête à se déchainer à un moment ou à un autre… Et puis il y a le fameux « blast » visiblement à l’origine de sa garde à vue, sorte d’orgasme psychique intervenant sous l’emprise de l’alcool ou d’une émotion forte, modifiant son état de conscience, un « instant en suspension » où le corps et l’esprit se dissolvent dans un absolu originel et sans limites, où surviennent ces visions obsédantes des moïas, ces fameuses statues de l’île de Pâques… Il faut vraiment avoir le cœur bien accroché pour suivre cette odyssée âpre et mystique, où le sordide est à la hauteur du mystère. Cherchant à échapper au monde prétendument rationnel et civilisé qui le croit fou et requiert son internement, Mancini ne sera pas pour autant tranquille à l’extérieur. La communion avec la nature a un prix : l’errance, le froid et la cruauté humaine pour les parias comme lui…. Ce récit en quatre tomes est à la fois lent et immersif. Les pages se contemplent plus qu’elles ne se lisent, mais le texte, d’une qualité littéraire évidente, n’en est pas moins soigné. C’est véritablement la métamorphose d’un dessinateur à laquelle on assiste avec cette série, comme si Larcenet se débarrassait peu à peu de ses oripeaux d’ado régressif pour entrer de plein pied dans l’âge mûr. Une mue qui avait commencé avec Le Combat ordinaire, où, si le dessin s’apparentait au Larcenet première époque, le propos devenait peu à peu beaucoup plus grave malgré les quelques saillies humoristiques ça et là. Un questionnement toutefois : même si la série reste captivante de bout en bout, on peut se demander si quatre tomes étaient réellement justifiés. Certes, le talent de l’auteur fait qu’on ne s’ennuie pas avec cette œuvre mi-polar mi-contemplative, très puissante et avec risques d’effets secondaires… Sans doute avait-il besoin de ce format pour poser son intrigue. Mais le scénario en lui-même ne me semble pas si complexe pour le délayer sur 800 pages. Bref, chacun pourra se faire son propre avis sur la question. Mais il ne fait aucun doute que « Blast » restera une des œuvres marquantes de cet auteur et une référence du neuvième art.

02/11/2013 (modifier)
Couverture de la série Western
Western

Une histoire sombre, dure, dans un farwest un peu sale. Un western comme je les aime. Pas de couleurs criardes, pas de bons sentiments (ou si peu), pas de happy end. Juste la dure loi du farwest, celle qui m'a fait aimer le genre. Les dessins sont de toute beauté, et le nombre de pages inhabituellement élevé permet de vraiment s'attarder sur les persos et construire une histoire riches sur plusieurs époques. L'une des meilleures BD de Van Hamme, et la meilleure avec son compère Rosinsky (avec Le grand pouvoir du Chninkel, bien sûr).

02/11/2013 (modifier)