Ces albums d'intégrale reprennent pratiquement tous les épisodes que j'ai lus dans le pocket Vengeur publié par Artima/Arédit, ainsi que dans d'autres comme Eclipso, Thor ou Submariner, ce sont les meilleurs et j'en étais fan ; même si aujourd'hui je n'en lis plus, j'ai la nostalgie de ce dessin des années 70 plus que ce que j'ai aperçu dans les reprises modernes par d'autres auteurs chez Panini. Ce que j'aime, c'est les dessins à la Kirby ainsi que ceux de ses proches continuateurs comme Don Heck, John Buscema, John Romita, Gene Colan, Neal Adams, Gil Kane, Mike Esposito, George Tuska, John Byrne ou Al Milgrom... quel dessinateur de la grande époque n'a pas dessiné au moins une fois dans sa carrière un épisode des Vengeurs/Avengers ? A une époque, je crois que c'était une sorte d'examen de passage.
Bon, les Vengeurs, c'est LE grand groupe de super-héros de la Marvel. Il a été imaginé par les compères Lee et Kirby en 1963, presque simultanément avec les X-Men, à la suite du succès remporté par les 4 Fantastiques, groupe constitué aussi pour concurrencer la D.C. Comics et sa Justice League of America. Les Vengeurs reste probablement comme le plus emblématique de ces équipes qui voient le jour en ce début d'années 60. Cette bande est fascinante en dépit de l'individualisme qui minait un peu ce groupe où les antagonismes éclataient, mais elle était réclamée par les fans de comic books, et pratiquement tous les héros de l'écurie Marvel ont fait partie à un moment des Vengeurs, affrontant tour à tour Doc Fatalis, le Mandarin, Magneto, Loki, le Minotaure, les Hommes-Lave, Ultron, Kang, le Baron Zemo et ses Masters of Evil..... des ennemis devenus si coriaces qu'il n'était plus possible à un seul super-héros de les contrer.
Cette équipe de justiciers démarre doucement avec Thor, Iron Man, Ant-Man et la minuscule Wasp (la Guêpe), bientôt rejoints par Hulk, las d'être poursuivi ; mais celui-ci les quitte rapidement, remplacé par Captain America qui fait un retour fracassant et en devient le leader. Le Q.G. des Vengeurs est le manoir de Tony Stark sur la 5ème avenue à Manhattan, qui en outre crée une fondation pour pallier aux frais de fonctionnement du groupe.
Au fil des années, le nombre des membres a beaucoup augmenté, et certains ont quitté les Vengeurs, remplacés par d'autres, mais alors que les 4 Fantastiques étaient une famille, les Vengeurs étaient une équipe de stars dont les individualités étaient très fortes, les querelles intestines étaient donc assez courantes, en dépit d'une camaraderie relative. Face aux ennemis menaçant la Terre, ils savaient tout de même s'unir. En cela, ils étaient représentatifs de la seconde génération de super-héros lancée par Stan Lee, où les personnages accumulaient les problèmes psychologiques.
Au contraire d'autres fans, j'adorais ces changements de personnels, et les piques qu'ils s'envoyaient gentiment, rien n'était jamais méchant, mais l'ironie côtoyait le respect qu'ils se portaient. Chaque fan avait ses préférés, moi j'aimais bien Cap et Thor, ainsi que Black Panther. Parmi le nombreux défilé de super-héros, on verra Hank Pym (qui adoptera plusieurs noms comme Giant Man et Pourpoint Jaune), c'est un brillant biochimiste qui sera l'un des cerveaux des Vengeurs. Il y aura Oeil de Faucon (Hawkeye) alias Clint Barton qui apprend l'archerie chez des forains et qui rejoint les Vengeurs grâce à Iron Man lorsque Thor, Giant Man et Wasp quittent le groupe ; jeune et impulsif, il se dispute souvent avec Cap et conteste son autorité, mais avec le temps, il apprend à respecter son chef et le travail en équipe ; ses flèches de différentes formes rappellent bien-sûr celles de Green Arrow, personnage édité par D.C. Comics. Black Panther rejoint ensuite les Vengeurs, puis la Sorcière Rouge (Scarlet Witch) et Vif-Argent (Quicksilver) qui sont les enfants de Magneto ; Hercule, le Faucon, Mantis, Vision, Miss Hulk (She-Hulk), et même un temps Spiderman feront partie des relookages et changements d'effectifs fréquents au fil des ans selon les dessinateurs qui se succéderont.
Vision sera un membre assez spécial des Vengeurs, c'est un synthozoïde au corps artificiel mi-mécanique et mi-synthétique semblable à celui d'un humain, conçu et fabriqué par Ultron, ennemi majeur des Vengeurs, il est programmé pour combattre ces derniers, mais il se rebelle contre son créateur et rejoint les Vengeurs, il a des pouvoirs multiples et ressent des émotions humaines, il sera même amoureux de la Sorcière Rouge. On verra aussi un temps l'Homme-Sable (Sandman), ancien ennemi de Spiderman, qui souhaitant s'amender, rejoint l'équipe, en même temps que Vision envoie Oeil de Faucon à Los Angeles pour former une équipe parallèle, la West Coast Avengers.
Voila donc une série quasiment mythique qui a enchanté mes jeunes années par son action non-stop, ses combats titanesques, son ironie mordante mais aussi ses scénarios parfois totalement délirants, qu'il convient de lire avant d'aborder les versions modernes. Et le blockbuster de 2012 qui a donné une superbe image de ces justiciers, en reprenant plein de codes, m'a également séduit, notamment par sa gigantesque scène de baston qui dévaste New York.
MA-GNI-FIQUE !!!
Les relations d’un père et son fils sont souvent compliquées et j’ai trouvé qu’elles étaient remarquablement dépeintes dans ce récit qui m’a touché. Les dessins, sans être extraordinaires, passent bien, lisibles, expressifs et rendent la lecture agréable. On ressent une légère influence manga au début dans les codes d’expression qui vont s’effacer rapidement. Cette histoire m’a beaucoup fait rire au début de l’album –essentiellement les remarques désobligeantes du père acariâtre- et m’a également collé les larmes aux yeux sur certains passages de la seconde moitié de l’album. Viennent se greffer à cet humour féroce et cette sentimentalité père/fils quelques réflexions sociologiques assez justes ; que demande le peuple ?
J’ai apprécié que le récit ne tombe pas dans un simple manichéisme qui opposerait un fils cool, dans l’ère du temps à son père grognon et réac. Il n’en est rien, chacun a ses torts, pour le meilleur et le pire.
Les dialogues sonnent étonnamment juste. J’ai me suis plus senti proche du personnage paternel, aigri, brisé par la perte de sa femme et le handicap, la maladie. Dépassé par la désinvolture de son fils, qu’il va tenter de façon un peu brutale de remotiver. Il serait gratuit et injuste de condamner ce comportement car au delà du traumatisme de la perte de sa femme, être handicapé physique rend la plupart du temps de mauvaise humeur voire méchant. Pour comprendre autrui, jugeons-nous nous-même objectivement. Comment réagissons-nous lorsque nous avons une jambe dans le plâtre ou même une simple grippe ? Et bien oui, on a le caractère désagréable.
Un album que j’ai dévoré avec beaucoup d’enthousiasme.
Ce cher Kador, ce chien intello et sensible malheureusement chien de Robert Bidochon, que tout le monde connaît, mais pas pour son intelligence ou sa sensibilité. Le pauvre toutou pacifique devra supporter le harcèlement continuel d’un Robert plus infâme que jamais, qui cherche à tuer le temps. Celui-ci passe ses nerfs dessus, fait passer ses propres erreurs sur le dos de ce pauvre chien n’aspirant qu’à lire tranquillement ses bouquins de philosophie. Et Raymonde, contrairement à la série « Les Bidochon », paraît ici bien d’accord avec son mari pour lui mener la vie la plus dure qui soit. Je me rappelle au passage que Kador n’apparaît par la suite dans aucun album des Bidochon. A noter également que Kador à été créé avant Les Bidochon et ceux-ci sont nés dans la série "Kador".
Mais ce brave toutou est heureusement endurant face aux maltraitances et possède suffisamment d’ingéniosité et de malice pour se venger du beauf de service.
Ce que je préfère chez Binet ce sont surtout les dialogues et ici, je me suis bien marré des remarques cyniques d’un souffre-douleur érudit canin face à la connerie méchante et gratuite d’un pauvre naze qui passe ses nerfs sur son animal de compagnie.
Le tome 3 est moins bon que les autres mais c’est une série dont je recommande néanmoins vivement la lecture et même l’achat (l’intégrale est vraiment sympa).
Excellent album.
Je me demandais bien pourquoi mes camarades avaient aussi bien noté ce one-shot. Mon questionnement a été vite balayé à la lecture de l'album.
D'emblée le mariage entre ces deux auteurs que sont Fabien Nury et Brüno fait mouche, avec ce polar à l'ancienne qui se déroule dans un Texas aussi redneck que l'on puisse l'espérer, avec cette cavale qui rappelle les plus belles heures du cinéma américain, et ces personnages francs du collier, sans nuances et cette ambiance crépusculaire. Car oui, on assiste à la fin d'une époque, celle des Pragg et de leur mainmise sur Black Rock, et Nury nous prend très vite dans ses rets pour ne plus nous lâcher. Un peu comme "Chéri" qui n'a qu'une envie, planter ses crocs dans la gorge de ceux qui le retiennent prisonnier...
Pour mettre en images le récit poisseux de Nury, Brüno se révèle prodigieux dans sa gestion des ambiances, sa mise en scène et ses cadrages. Qui aurait cru qu'un dessinateur au style épuré pourrait faire un illustrateur parfait pour un western moderne ? Et pourtant il y réussit et de superbe manière, accompagné aux couleurs par Laurence Croix, la coloriste qui monte avec son boulot sur Les Brigades du Temps.
Vraiment un excellent moment de lecture.
Habituellement pas trop porté sur le genre espionnage, je m’étais toutefois souvenu des bonnes critiques de cette nouvelle série que vient inaugurer ce diptyque, et je dois dire que les couvertures m’avaient d’emblée marqué de par leur raffinement. Ce qui frappe aussi dès qu’on attaque les premières pages, c’est la beauté des couleurs pour un trait « franco-belge » plutôt élégant. A certains moments, le rouge flamboie littéralement, tandis que les bruns orangés réchauffent l’atmosphère capiteuse d’une suite au Lutetia. Car il faut le savoir, notre homme, par ailleurs ancien soldat rescapé des tranchées, est un dandy pur jus, avec la prestance de rigueur et la panoplie de pied en cap du parfait gentleman ! Pour satisfaire ses goûts de luxe, il n’hésite pas jouer les agents triples, avec un culot inébranlable. En outre, il saisit la moindre occasion pour asséner des remarques assassines à son majordome asiatique, Nam, accessoirement homme de main redoutable et d’une humilité à toute épreuve, toujours disposé à préparer à son maître « une petite pipe » (d’opium) avant qu’il n’aille dormir… Même si Corey semble apprécier la compagnie des jolies femmes, on peut dire que ces deux-là ont des rapports pour le moins ambigus (on verra même le « patron » dire à son « employé » « je t’aime » pour lui exprimer sa gratitude).
L’atmosphère de l’époque y est très bien restituée. Egalement frappante est la mise en page, très dynamique, avec un goût manifeste pour les cases panoramiques en plans rapprochés. J’ai trouvé ça plutôt original, en tout cas, je n’ai jamais remarqué ça dans une autre BD…
Pour ce qui est du scénario, le pari était risqué de greffer de la fiction à des faits historiques de la période 1914-18. Clémenceau y apparaît comme un des principaux protagonistes faisant appel aux services d’un personnage imaginaire, Silas Corey en l’occurrence. A la façon de ce dernier, qui se lance dans une course poursuite aérienne échevelée dans le second tome, Fabien Nury s’est livré à des loopings scénaristiques osés, de façon à faire coïncider les événements. Cela pourra choquer les historiens les plus puristes, mais il faut dire que Nury s’en sort par une facétieuse pirouette. Néanmoins, ce sont les personnages qui m’ont davantage intéressé que le récit en lui-même, assez tarabiscoté et pas extraordinairement captivant, en particulier en deuxième partie.
On peut supposer que la série va continuer, tant le héros est doté d’une personnalité bien établie et assez attachante malgré l’ambigüité qui le caractérise. Et puis il y a ces passages furtifs avec ce mystérieux matou nommé Henri qui semble être la cause des cauchemars du dandy espion, dont on s’attend à des approfondissements pour la suite… Silas Corey risque bien alors de tailler des croupières à Largo Winch ou XIII…
Cela fait quelques temps que je tournais autour de cette série sans franchir le pas, et c'est avec la sortie du tome 4 scénarisé par Wilfried Lupano que je me suis décidé à acheter les 4 tomes !
Le concept est plutôt accrocheur, on prend un évènement marquant de l'histoire, et l'on raconte l'histoire d'un homme qui a un rôle important dans cet évènement historique. Le tout est une fiction qui sort de la tête du scénariste. Outre le thème et l'époque abordés, ça repose quand même sur l'histoire imaginée par le scénariste. Les auteurs changent à chaque tomes pour garder un rythme de sortie soutenu, ça a son avantage mais aussi des inconvénients
Difficile de noter cette série dans son ensemble, car dans les séries concept qui ne comprennent que des one shot, la qualité peut être assez inégale. Après 4 tomes, selon moi, la qualité fait dans l'ordre : très bien / moyen / moyen / excellent.
J'ai trouvé le tome 1 sur l'histoire du présumé soldat inconnu vraiment bien foutu, très intéressant, bien dessiné, la série commence bien !
Espérons que la qualité reste bonne pour les tomes suivants !
Après Les Aigles décapitées, Kraehn nous entraîne dans un Moyen Age beaucoup plus âpre, plus violent, plus rude, en des temps reculés, sombres et marqués encore par l'ignorance. Dans cette très longue époque médiévale, on note un certain raffinement dans les moeurs nobles au XVème siècle seulement, donc presque à sa fin, même si au XIIIème, ça s'améliorait un peu ; il n'est donc pas étonnant de voir les réactions des personnages ici, avec des moeurs brutales. L'époque n'est pas précisée, mais d'après l' architecture du château de Montorgueil, avec ses hourds de bois et son plancher en haut de la tour de guet, je dirais qu'on est probablement au Xème siècle ou au tout début du XIème. L'armement des soldats confirme aussi cette époque qui n'a été que peu abordée en BD pour sa rustrerie, car ici, il n'est pas question de montrer un Moyen Age idéalisé et romantique. La vision de Kraehn est très proche d'une réalité qu'on n'enseigne jamais à l'école.
Kraehn atteint une virtuosité graphique, il offre de belles images de château perdu dans l'immensité des Pyrénées ; sa vision du château de Foix dans sa forme primitive est également intéressante (ce château ayant été reconstruit au XIIIème), et d'ailleurs, Montorgueil est bâti sur un rocher, selon le même modèle. L'action avance doucement et prend son temps, ce qui permet à l'auteur de bien développer son sujet.
Soucieux de respecter une authenticité, Kraehn impose un parler d'époque nourri de vieux français aux sonorités singulières qui impriment au dialogue une truculence peu commune, mais qui peut dérouter le lecteur peu familiarisé avec ce type de langage. L'échec injuste de cette bande ne m'étonne pas vraiment, son abandon aussi, car cette vision trop réelle d'une époque montrée sous un visage plus abordable dans d'autres Bd, a dû dérouter beaucoup de lecteurs. Pour moi évidemment, ça ne pouvait que me plaire, étant passionné de médiéval, surtout celui-là, peu entrevu en BD, et je le recommande, même si on sait que le tome 2 n'aura jamais de suite.
J'attendais la sortie du tome 4 pour aviser enfin cette série qui évidemment me touche de près, en tant que Bordelais. Je suis assez familiarisé avec le monde du vin ayant des amis viticulteurs dans le Pomerol et dans les Graves, mais élaborer une série de cette nature a été plus difficile qu'on le croit, car ce n'est pas un milieu d'amateurs, il fallait parfaitement savoir où mettre les pieds en s'aventurant ainsi chez les vignerons. Corbeyran habite à Bordeaux, il a donc des facilités, et ici, il a bénéficié de beaucoup d'aide, du soutien de personnalités éminentes dans le monde du vin (dont Michel Rolland, on ne peut rêver mieux) pour bien expliquer aux profanes comment se fabrique un grand vin, quel est le secret d'un bon maître de chai, et ce qui se passe dans les exploitations.
De nombreuses phases de vinification sont donc expliquées de façon claire, la synthèse de l'histoire du vignoble bordelais qui se confond avec celle de l'Aquitaine est très juste, Corbeyran fait défiler tous les grands crus du terroir bordelais (Cheval Blanc, Haut-Brion, Yquem, Pétrus, Latour, Beychevelle....), bref, c'est une vraie opération de com pour agence touristique à laquelle il se livre à travers cette Bd. Tous ces éléments étaient nécessaires pour qu'il puisse bâtir ensuite une histoire qui tienne debout, et cet ensemble est tellement bien combiné que ça donne comme un assemblage de cépages nobles une excellente cuvée.
En dépit d'un petit côté dallasien mais sans le côté ricain, les auteurs parviennent à restituer de façon très juste l'ambiance du vignoble médocain, celle des habitants de Bordeaux, du tempérament bordelais dans une optique très actuelle, nourrie de nombreux éléments (oenologie passionnée, science, argent, amour du travail bien fait, mondialisation...). Tout ceci est illustré par Espé de façon très fidèle, avec de belles images de vignes et de propriétés viticoles, mais aussi et surtout en s'appliquant à restituer des paysages conformes à ceux que je vois régulièrement autour de Bordeaux, sans parler des décors du Bordelais comme ceux de Bordeaux, de Saint-Emilion, de Margaux, de Pauillac, de quelques châteaux comme Pichon-Longueville ou Palmer, où là il n'a pas droit à l'erreur ; il a dû faire un paquet de croquis et de photos dans la région, et son effort est méritoire.
Une véritable réussite qui a été saluée par les élus locaux et diverses personnalités du monde du vin. En plus d'une belle pub pour notre région.
Cette épopée de l'or au Klondike reflète tout à fait cette quête folle des hommes aveuglés par le métal jaune au fond du Grand Nord. Jack London a tiré un roman célèbre de cette odyssée du froid, L'Appel de la Forêt, plusieurs fois adapté à l'écran. Et justement, en lisant cette série, ça me rappelait beaucoup de situations déjà vues dans des films, comme les séquences de rapides, passage obligé de ce type d'aventure, ou encore les traîneaux tirés par les chiens, ou des séquences angoissantes dans le froid... il y avait donc peu de matière neuve pour m'étonner.
Mais malgré cet à-priori, les auteurs ont si bien élaboré leur scénario que je me suis pris d'intérêt pour ce récit qui parvient à dégager une atmosphère humaniste et une chaleur, relayées par le dessin clair de Stalner ; il montre de belles images des territoires immenses et sauvages d'Alaska, et offre des ambiances bien restituées de l'effervescence et de la promiscuité qui devaient régner dans les camps et les villes de prospecteurs comme Dawson. Il fallait que le dessin soit de qualité pour arriver à me captiver sur un sujet aussi rebattu, sinon, j'aurais décroché. J'y ai aussi retrouvé par endroits un ton proche de Buddy Longway et du film Jeremiah Johnson. Une très belle série, avec un héros attachant.
Après la lecture des quatre premiers cycles (soit douze albums).
Impossible de parler de Carmen Mc Callum sans faire un parrallèle avec Travis tellement ses séries sont complémentaires et possèdent une grande similitude : même scénariste ; même découpage d'histoire en arc ; l'action se déroule à la même époque (vers 2050) ; on y retrouve parfois les mêmes ennemis ; et enfin les personnages principaux subissent en gros la même évolution , au débuit ils oeuvrent pricipalement sant état d'ame pour une quelconque organisation pour en arriver à mener une vendetta pour leur propre compte.
Bien sûr, dans les deux séries ce qui prime avant tout reste l'action pure et dure ; que ce soit dans l'espace, sur terre ou dans un monde virtuel ça va à deux cent à l'heure et on a jamais le temps de s'ennuyer.
De plus, comme sité dans un précédent avis, on sent que l'auteur maitrise parfaitement l'univers de la science fiction et qu'il prend du plaisir à faire évoluer ces personnages dans ce monde si particulier.
Les sujets abordés sont étroitement similaires avec les problèmes actuels de notre société et les terroristes, même s'ils agissent pour le bien de leur propre cause, sont souvent les pantins involontaires de multinationales qui tirent les ficelles dans l'ombre.
Ainsi l'auteur réussi à glisser une critique à peine masquée de ces grands groupes sans scrupules aux agissements plus que discutables.
Au premier abord le personnage de Carmen peut sembler antipathique et froit mais quoi de plus normal pour une mercenaire et puis elle s'humanisera au fil des différents arcs qui, au passage, ne se vallent pas tous en terme de qualité scénaristique.
A ce propos, j'ai trouvé que le premier beaucoup moins bon que les autres.
Enfin, certains ont critiqué les dessins mais moi je les trouve plus que corrects car ils réussissent bien à retranscrire une action présente à outrance.
Juste un petit bémol consernant certain albums qui bénéficient d'un colorisation beaucoup trop appuyée à mon goût (tome 7) voire même catastrophique (tome 12).
Bref, une série de science fiction survitamniée très divertissante dont on sent que l'auteur maitrise à merveille le sujet ; dommage que parfois la coloristion laisse à désirer et que le premier cycle soit le moins réussi car il ne constitue pas vraiment la meilleure accroche pour ceux qui veulent commencer la série.
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The Avengers (Les Vengeurs) - L'intégrale
Ces albums d'intégrale reprennent pratiquement tous les épisodes que j'ai lus dans le pocket Vengeur publié par Artima/Arédit, ainsi que dans d'autres comme Eclipso, Thor ou Submariner, ce sont les meilleurs et j'en étais fan ; même si aujourd'hui je n'en lis plus, j'ai la nostalgie de ce dessin des années 70 plus que ce que j'ai aperçu dans les reprises modernes par d'autres auteurs chez Panini. Ce que j'aime, c'est les dessins à la Kirby ainsi que ceux de ses proches continuateurs comme Don Heck, John Buscema, John Romita, Gene Colan, Neal Adams, Gil Kane, Mike Esposito, George Tuska, John Byrne ou Al Milgrom... quel dessinateur de la grande époque n'a pas dessiné au moins une fois dans sa carrière un épisode des Vengeurs/Avengers ? A une époque, je crois que c'était une sorte d'examen de passage. Bon, les Vengeurs, c'est LE grand groupe de super-héros de la Marvel. Il a été imaginé par les compères Lee et Kirby en 1963, presque simultanément avec les X-Men, à la suite du succès remporté par les 4 Fantastiques, groupe constitué aussi pour concurrencer la D.C. Comics et sa Justice League of America. Les Vengeurs reste probablement comme le plus emblématique de ces équipes qui voient le jour en ce début d'années 60. Cette bande est fascinante en dépit de l'individualisme qui minait un peu ce groupe où les antagonismes éclataient, mais elle était réclamée par les fans de comic books, et pratiquement tous les héros de l'écurie Marvel ont fait partie à un moment des Vengeurs, affrontant tour à tour Doc Fatalis, le Mandarin, Magneto, Loki, le Minotaure, les Hommes-Lave, Ultron, Kang, le Baron Zemo et ses Masters of Evil..... des ennemis devenus si coriaces qu'il n'était plus possible à un seul super-héros de les contrer. Cette équipe de justiciers démarre doucement avec Thor, Iron Man, Ant-Man et la minuscule Wasp (la Guêpe), bientôt rejoints par Hulk, las d'être poursuivi ; mais celui-ci les quitte rapidement, remplacé par Captain America qui fait un retour fracassant et en devient le leader. Le Q.G. des Vengeurs est le manoir de Tony Stark sur la 5ème avenue à Manhattan, qui en outre crée une fondation pour pallier aux frais de fonctionnement du groupe. Au fil des années, le nombre des membres a beaucoup augmenté, et certains ont quitté les Vengeurs, remplacés par d'autres, mais alors que les 4 Fantastiques étaient une famille, les Vengeurs étaient une équipe de stars dont les individualités étaient très fortes, les querelles intestines étaient donc assez courantes, en dépit d'une camaraderie relative. Face aux ennemis menaçant la Terre, ils savaient tout de même s'unir. En cela, ils étaient représentatifs de la seconde génération de super-héros lancée par Stan Lee, où les personnages accumulaient les problèmes psychologiques. Au contraire d'autres fans, j'adorais ces changements de personnels, et les piques qu'ils s'envoyaient gentiment, rien n'était jamais méchant, mais l'ironie côtoyait le respect qu'ils se portaient. Chaque fan avait ses préférés, moi j'aimais bien Cap et Thor, ainsi que Black Panther. Parmi le nombreux défilé de super-héros, on verra Hank Pym (qui adoptera plusieurs noms comme Giant Man et Pourpoint Jaune), c'est un brillant biochimiste qui sera l'un des cerveaux des Vengeurs. Il y aura Oeil de Faucon (Hawkeye) alias Clint Barton qui apprend l'archerie chez des forains et qui rejoint les Vengeurs grâce à Iron Man lorsque Thor, Giant Man et Wasp quittent le groupe ; jeune et impulsif, il se dispute souvent avec Cap et conteste son autorité, mais avec le temps, il apprend à respecter son chef et le travail en équipe ; ses flèches de différentes formes rappellent bien-sûr celles de Green Arrow, personnage édité par D.C. Comics. Black Panther rejoint ensuite les Vengeurs, puis la Sorcière Rouge (Scarlet Witch) et Vif-Argent (Quicksilver) qui sont les enfants de Magneto ; Hercule, le Faucon, Mantis, Vision, Miss Hulk (She-Hulk), et même un temps Spiderman feront partie des relookages et changements d'effectifs fréquents au fil des ans selon les dessinateurs qui se succéderont. Vision sera un membre assez spécial des Vengeurs, c'est un synthozoïde au corps artificiel mi-mécanique et mi-synthétique semblable à celui d'un humain, conçu et fabriqué par Ultron, ennemi majeur des Vengeurs, il est programmé pour combattre ces derniers, mais il se rebelle contre son créateur et rejoint les Vengeurs, il a des pouvoirs multiples et ressent des émotions humaines, il sera même amoureux de la Sorcière Rouge. On verra aussi un temps l'Homme-Sable (Sandman), ancien ennemi de Spiderman, qui souhaitant s'amender, rejoint l'équipe, en même temps que Vision envoie Oeil de Faucon à Los Angeles pour former une équipe parallèle, la West Coast Avengers. Voila donc une série quasiment mythique qui a enchanté mes jeunes années par son action non-stop, ses combats titanesques, son ironie mordante mais aussi ses scénarios parfois totalement délirants, qu'il convient de lire avant d'aborder les versions modernes. Et le blockbuster de 2012 qui a donné une superbe image de ces justiciers, en reprenant plein de codes, m'a également séduit, notamment par sa gigantesque scène de baston qui dévaste New York.
Nous ne serons jamais des héros
MA-GNI-FIQUE !!! Les relations d’un père et son fils sont souvent compliquées et j’ai trouvé qu’elles étaient remarquablement dépeintes dans ce récit qui m’a touché. Les dessins, sans être extraordinaires, passent bien, lisibles, expressifs et rendent la lecture agréable. On ressent une légère influence manga au début dans les codes d’expression qui vont s’effacer rapidement. Cette histoire m’a beaucoup fait rire au début de l’album –essentiellement les remarques désobligeantes du père acariâtre- et m’a également collé les larmes aux yeux sur certains passages de la seconde moitié de l’album. Viennent se greffer à cet humour féroce et cette sentimentalité père/fils quelques réflexions sociologiques assez justes ; que demande le peuple ? J’ai apprécié que le récit ne tombe pas dans un simple manichéisme qui opposerait un fils cool, dans l’ère du temps à son père grognon et réac. Il n’en est rien, chacun a ses torts, pour le meilleur et le pire. Les dialogues sonnent étonnamment juste. J’ai me suis plus senti proche du personnage paternel, aigri, brisé par la perte de sa femme et le handicap, la maladie. Dépassé par la désinvolture de son fils, qu’il va tenter de façon un peu brutale de remotiver. Il serait gratuit et injuste de condamner ce comportement car au delà du traumatisme de la perte de sa femme, être handicapé physique rend la plupart du temps de mauvaise humeur voire méchant. Pour comprendre autrui, jugeons-nous nous-même objectivement. Comment réagissons-nous lorsque nous avons une jambe dans le plâtre ou même une simple grippe ? Et bien oui, on a le caractère désagréable. Un album que j’ai dévoré avec beaucoup d’enthousiasme.
Kador
Ce cher Kador, ce chien intello et sensible malheureusement chien de Robert Bidochon, que tout le monde connaît, mais pas pour son intelligence ou sa sensibilité. Le pauvre toutou pacifique devra supporter le harcèlement continuel d’un Robert plus infâme que jamais, qui cherche à tuer le temps. Celui-ci passe ses nerfs dessus, fait passer ses propres erreurs sur le dos de ce pauvre chien n’aspirant qu’à lire tranquillement ses bouquins de philosophie. Et Raymonde, contrairement à la série « Les Bidochon », paraît ici bien d’accord avec son mari pour lui mener la vie la plus dure qui soit. Je me rappelle au passage que Kador n’apparaît par la suite dans aucun album des Bidochon. A noter également que Kador à été créé avant Les Bidochon et ceux-ci sont nés dans la série "Kador". Mais ce brave toutou est heureusement endurant face aux maltraitances et possède suffisamment d’ingéniosité et de malice pour se venger du beauf de service. Ce que je préfère chez Binet ce sont surtout les dialogues et ici, je me suis bien marré des remarques cyniques d’un souffre-douleur érudit canin face à la connerie méchante et gratuite d’un pauvre naze qui passe ses nerfs sur son animal de compagnie. Le tome 3 est moins bon que les autres mais c’est une série dont je recommande néanmoins vivement la lecture et même l’achat (l’intégrale est vraiment sympa).
Tyler Cross
Excellent album. Je me demandais bien pourquoi mes camarades avaient aussi bien noté ce one-shot. Mon questionnement a été vite balayé à la lecture de l'album. D'emblée le mariage entre ces deux auteurs que sont Fabien Nury et Brüno fait mouche, avec ce polar à l'ancienne qui se déroule dans un Texas aussi redneck que l'on puisse l'espérer, avec cette cavale qui rappelle les plus belles heures du cinéma américain, et ces personnages francs du collier, sans nuances et cette ambiance crépusculaire. Car oui, on assiste à la fin d'une époque, celle des Pragg et de leur mainmise sur Black Rock, et Nury nous prend très vite dans ses rets pour ne plus nous lâcher. Un peu comme "Chéri" qui n'a qu'une envie, planter ses crocs dans la gorge de ceux qui le retiennent prisonnier... Pour mettre en images le récit poisseux de Nury, Brüno se révèle prodigieux dans sa gestion des ambiances, sa mise en scène et ses cadrages. Qui aurait cru qu'un dessinateur au style épuré pourrait faire un illustrateur parfait pour un western moderne ? Et pourtant il y réussit et de superbe manière, accompagné aux couleurs par Laurence Croix, la coloriste qui monte avec son boulot sur Les Brigades du Temps. Vraiment un excellent moment de lecture.
Silas Corey
Habituellement pas trop porté sur le genre espionnage, je m’étais toutefois souvenu des bonnes critiques de cette nouvelle série que vient inaugurer ce diptyque, et je dois dire que les couvertures m’avaient d’emblée marqué de par leur raffinement. Ce qui frappe aussi dès qu’on attaque les premières pages, c’est la beauté des couleurs pour un trait « franco-belge » plutôt élégant. A certains moments, le rouge flamboie littéralement, tandis que les bruns orangés réchauffent l’atmosphère capiteuse d’une suite au Lutetia. Car il faut le savoir, notre homme, par ailleurs ancien soldat rescapé des tranchées, est un dandy pur jus, avec la prestance de rigueur et la panoplie de pied en cap du parfait gentleman ! Pour satisfaire ses goûts de luxe, il n’hésite pas jouer les agents triples, avec un culot inébranlable. En outre, il saisit la moindre occasion pour asséner des remarques assassines à son majordome asiatique, Nam, accessoirement homme de main redoutable et d’une humilité à toute épreuve, toujours disposé à préparer à son maître « une petite pipe » (d’opium) avant qu’il n’aille dormir… Même si Corey semble apprécier la compagnie des jolies femmes, on peut dire que ces deux-là ont des rapports pour le moins ambigus (on verra même le « patron » dire à son « employé » « je t’aime » pour lui exprimer sa gratitude). L’atmosphère de l’époque y est très bien restituée. Egalement frappante est la mise en page, très dynamique, avec un goût manifeste pour les cases panoramiques en plans rapprochés. J’ai trouvé ça plutôt original, en tout cas, je n’ai jamais remarqué ça dans une autre BD… Pour ce qui est du scénario, le pari était risqué de greffer de la fiction à des faits historiques de la période 1914-18. Clémenceau y apparaît comme un des principaux protagonistes faisant appel aux services d’un personnage imaginaire, Silas Corey en l’occurrence. A la façon de ce dernier, qui se lance dans une course poursuite aérienne échevelée dans le second tome, Fabien Nury s’est livré à des loopings scénaristiques osés, de façon à faire coïncider les événements. Cela pourra choquer les historiens les plus puristes, mais il faut dire que Nury s’en sort par une facétieuse pirouette. Néanmoins, ce sont les personnages qui m’ont davantage intéressé que le récit en lui-même, assez tarabiscoté et pas extraordinairement captivant, en particulier en deuxième partie. On peut supposer que la série va continuer, tant le héros est doté d’une personnalité bien établie et assez attachante malgré l’ambigüité qui le caractérise. Et puis il y a ces passages furtifs avec ce mystérieux matou nommé Henri qui semble être la cause des cauchemars du dandy espion, dont on s’attend à des approfondissements pour la suite… Silas Corey risque bien alors de tailler des croupières à Largo Winch ou XIII…
L'Homme de l'Année - 1917
Cela fait quelques temps que je tournais autour de cette série sans franchir le pas, et c'est avec la sortie du tome 4 scénarisé par Wilfried Lupano que je me suis décidé à acheter les 4 tomes ! Le concept est plutôt accrocheur, on prend un évènement marquant de l'histoire, et l'on raconte l'histoire d'un homme qui a un rôle important dans cet évènement historique. Le tout est une fiction qui sort de la tête du scénariste. Outre le thème et l'époque abordés, ça repose quand même sur l'histoire imaginée par le scénariste. Les auteurs changent à chaque tomes pour garder un rythme de sortie soutenu, ça a son avantage mais aussi des inconvénients Difficile de noter cette série dans son ensemble, car dans les séries concept qui ne comprennent que des one shot, la qualité peut être assez inégale. Après 4 tomes, selon moi, la qualité fait dans l'ordre : très bien / moyen / moyen / excellent. J'ai trouvé le tome 1 sur l'histoire du présumé soldat inconnu vraiment bien foutu, très intéressant, bien dessiné, la série commence bien ! Espérons que la qualité reste bonne pour les tomes suivants !
Le Ruistre
Après Les Aigles décapitées, Kraehn nous entraîne dans un Moyen Age beaucoup plus âpre, plus violent, plus rude, en des temps reculés, sombres et marqués encore par l'ignorance. Dans cette très longue époque médiévale, on note un certain raffinement dans les moeurs nobles au XVème siècle seulement, donc presque à sa fin, même si au XIIIème, ça s'améliorait un peu ; il n'est donc pas étonnant de voir les réactions des personnages ici, avec des moeurs brutales. L'époque n'est pas précisée, mais d'après l' architecture du château de Montorgueil, avec ses hourds de bois et son plancher en haut de la tour de guet, je dirais qu'on est probablement au Xème siècle ou au tout début du XIème. L'armement des soldats confirme aussi cette époque qui n'a été que peu abordée en BD pour sa rustrerie, car ici, il n'est pas question de montrer un Moyen Age idéalisé et romantique. La vision de Kraehn est très proche d'une réalité qu'on n'enseigne jamais à l'école. Kraehn atteint une virtuosité graphique, il offre de belles images de château perdu dans l'immensité des Pyrénées ; sa vision du château de Foix dans sa forme primitive est également intéressante (ce château ayant été reconstruit au XIIIème), et d'ailleurs, Montorgueil est bâti sur un rocher, selon le même modèle. L'action avance doucement et prend son temps, ce qui permet à l'auteur de bien développer son sujet. Soucieux de respecter une authenticité, Kraehn impose un parler d'époque nourri de vieux français aux sonorités singulières qui impriment au dialogue une truculence peu commune, mais qui peut dérouter le lecteur peu familiarisé avec ce type de langage. L'échec injuste de cette bande ne m'étonne pas vraiment, son abandon aussi, car cette vision trop réelle d'une époque montrée sous un visage plus abordable dans d'autres Bd, a dû dérouter beaucoup de lecteurs. Pour moi évidemment, ça ne pouvait que me plaire, étant passionné de médiéval, surtout celui-là, peu entrevu en BD, et je le recommande, même si on sait que le tome 2 n'aura jamais de suite.
Châteaux Bordeaux
J'attendais la sortie du tome 4 pour aviser enfin cette série qui évidemment me touche de près, en tant que Bordelais. Je suis assez familiarisé avec le monde du vin ayant des amis viticulteurs dans le Pomerol et dans les Graves, mais élaborer une série de cette nature a été plus difficile qu'on le croit, car ce n'est pas un milieu d'amateurs, il fallait parfaitement savoir où mettre les pieds en s'aventurant ainsi chez les vignerons. Corbeyran habite à Bordeaux, il a donc des facilités, et ici, il a bénéficié de beaucoup d'aide, du soutien de personnalités éminentes dans le monde du vin (dont Michel Rolland, on ne peut rêver mieux) pour bien expliquer aux profanes comment se fabrique un grand vin, quel est le secret d'un bon maître de chai, et ce qui se passe dans les exploitations. De nombreuses phases de vinification sont donc expliquées de façon claire, la synthèse de l'histoire du vignoble bordelais qui se confond avec celle de l'Aquitaine est très juste, Corbeyran fait défiler tous les grands crus du terroir bordelais (Cheval Blanc, Haut-Brion, Yquem, Pétrus, Latour, Beychevelle....), bref, c'est une vraie opération de com pour agence touristique à laquelle il se livre à travers cette Bd. Tous ces éléments étaient nécessaires pour qu'il puisse bâtir ensuite une histoire qui tienne debout, et cet ensemble est tellement bien combiné que ça donne comme un assemblage de cépages nobles une excellente cuvée. En dépit d'un petit côté dallasien mais sans le côté ricain, les auteurs parviennent à restituer de façon très juste l'ambiance du vignoble médocain, celle des habitants de Bordeaux, du tempérament bordelais dans une optique très actuelle, nourrie de nombreux éléments (oenologie passionnée, science, argent, amour du travail bien fait, mondialisation...). Tout ceci est illustré par Espé de façon très fidèle, avec de belles images de vignes et de propriétés viticoles, mais aussi et surtout en s'appliquant à restituer des paysages conformes à ceux que je vois régulièrement autour de Bordeaux, sans parler des décors du Bordelais comme ceux de Bordeaux, de Saint-Emilion, de Margaux, de Pauillac, de quelques châteaux comme Pichon-Longueville ou Palmer, où là il n'a pas droit à l'erreur ; il a dû faire un paquet de croquis et de photos dans la région, et son effort est méritoire. Une véritable réussite qui a été saluée par les élus locaux et diverses personnalités du monde du vin. En plus d'une belle pub pour notre région.
L'Or sous la neige
Cette épopée de l'or au Klondike reflète tout à fait cette quête folle des hommes aveuglés par le métal jaune au fond du Grand Nord. Jack London a tiré un roman célèbre de cette odyssée du froid, L'Appel de la Forêt, plusieurs fois adapté à l'écran. Et justement, en lisant cette série, ça me rappelait beaucoup de situations déjà vues dans des films, comme les séquences de rapides, passage obligé de ce type d'aventure, ou encore les traîneaux tirés par les chiens, ou des séquences angoissantes dans le froid... il y avait donc peu de matière neuve pour m'étonner. Mais malgré cet à-priori, les auteurs ont si bien élaboré leur scénario que je me suis pris d'intérêt pour ce récit qui parvient à dégager une atmosphère humaniste et une chaleur, relayées par le dessin clair de Stalner ; il montre de belles images des territoires immenses et sauvages d'Alaska, et offre des ambiances bien restituées de l'effervescence et de la promiscuité qui devaient régner dans les camps et les villes de prospecteurs comme Dawson. Il fallait que le dessin soit de qualité pour arriver à me captiver sur un sujet aussi rebattu, sinon, j'aurais décroché. J'y ai aussi retrouvé par endroits un ton proche de Buddy Longway et du film Jeremiah Johnson. Une très belle série, avec un héros attachant.
Carmen Mc Callum
Après la lecture des quatre premiers cycles (soit douze albums). Impossible de parler de Carmen Mc Callum sans faire un parrallèle avec Travis tellement ses séries sont complémentaires et possèdent une grande similitude : même scénariste ; même découpage d'histoire en arc ; l'action se déroule à la même époque (vers 2050) ; on y retrouve parfois les mêmes ennemis ; et enfin les personnages principaux subissent en gros la même évolution , au débuit ils oeuvrent pricipalement sant état d'ame pour une quelconque organisation pour en arriver à mener une vendetta pour leur propre compte. Bien sûr, dans les deux séries ce qui prime avant tout reste l'action pure et dure ; que ce soit dans l'espace, sur terre ou dans un monde virtuel ça va à deux cent à l'heure et on a jamais le temps de s'ennuyer. De plus, comme sité dans un précédent avis, on sent que l'auteur maitrise parfaitement l'univers de la science fiction et qu'il prend du plaisir à faire évoluer ces personnages dans ce monde si particulier. Les sujets abordés sont étroitement similaires avec les problèmes actuels de notre société et les terroristes, même s'ils agissent pour le bien de leur propre cause, sont souvent les pantins involontaires de multinationales qui tirent les ficelles dans l'ombre. Ainsi l'auteur réussi à glisser une critique à peine masquée de ces grands groupes sans scrupules aux agissements plus que discutables. Au premier abord le personnage de Carmen peut sembler antipathique et froit mais quoi de plus normal pour une mercenaire et puis elle s'humanisera au fil des différents arcs qui, au passage, ne se vallent pas tous en terme de qualité scénaristique. A ce propos, j'ai trouvé que le premier beaucoup moins bon que les autres. Enfin, certains ont critiqué les dessins mais moi je les trouve plus que corrects car ils réussissent bien à retranscrire une action présente à outrance. Juste un petit bémol consernant certain albums qui bénéficient d'un colorisation beaucoup trop appuyée à mon goût (tome 7) voire même catastrophique (tome 12). Bref, une série de science fiction survitamniée très divertissante dont on sent que l'auteur maitrise à merveille le sujet ; dommage que parfois la coloristion laisse à désirer et que le premier cycle soit le moins réussi car il ne constitue pas vraiment la meilleure accroche pour ceux qui veulent commencer la série.