Cette adaptation du mythe d’origine allemande « Faust » a failli de peu ne jamais voir le jour. Le projet réalisé début des années 80, fruit d’une collaboration entre le scénariste Rodolphe et le virtuose du dessin Raymond Poïvet, se voit avorté par la maison d’édition qui fait faillite. Rodolphe essaie par la suite de trouver un autre éditeur mais sans succès. Poïvet décède en 1999 et l’œuvre parait bel et bien enterrée avec lui, les pages sont réputées perdues. Ce n’est que plusieurs années après que Rodolphe reçoit le coup de fil du fils de Raymond Poïvet. Celui-ci vient de retrouver les fameuses planches sous le lit, regroupées en un gros paquet. La BD trouve enfin un éditeur.
Ce mythe a été maintes et maintes fois adapté en littérature, peinture et au cinéma (je conseille vivement le chef-d’oeuvre « Faust » du cinéaste russe Alexandr Sokurov) mais il est ici légèrement réinterprété, sans le dénaturer, de façon subtile et intelligente.
Le docteur Faust, érudit pluridisciplinaire est traité comme un paria par le village entier à cause de ses positions religieuses et son comportement jugé spécial. Le vieil homme en arrive au constat amer qu’il est passé à coté de sa vie ; que tout son savoir, ses recherches ne lui ont pas apporté le bonheur ; au contraire. Pauvre, sans attaches et haï par ses contemporains.
Surgit dans sa vie, Méphistophélès, le diable, sous les traits du docteur Faust. Il lui propose habilement et avec des arguments plus que convaincants, de retrouver sa jeunesse et que celle-ci soit éternelle ainsi que de l’assister dans l’assouvissement de ses désirs… en échange de son âme. Le docteur accepte le pacte.
Je me suis fait embarqué par l’histoire dramatique qui vire au cauchemar (un peu prévisible vu la nature du pacte). Je regrette seulement que l’album ne fasse pas quelques pages de plus. J’ai tellement savouré la lecture que sa fin m’a semblé trop abrupte. Les dessins au feutre/stylo bille de Poïvet sont d’une beauté renversante et les dialogues sont d’une finesse et d’une justesse rare.
Bel album, malin et charmeur.
Quel plaisir de replonger dans l'univers de la cité 14 ! Encore une fois Pierre Gabus et Romuald Reutimann nous emmènent dans leur univers délirant ou des humains côtoient des humanoïdes chats, loutres, daims. Cette audace visuelle est la première chose qui saute aux yeux. Dans la même histoire, on peut croiser une ambiance Amérique style année folle, des extraterrestres, des monstres marins, des personnages avec des super pouvoirs etc. L'univers de la cité se base sur des archétypes connus de tous, les malaxe et les épice pour aboutir à ce résultat délicieux.
Il n'est pas obligatoire d'avoir lu les tomes précédents de la cité 14 pour pouvoir lire et apprécier ce one shot. L'histoire peut se suffire à elle même (mais je mets au défit quiconque n'ayant pas lu les deux intégrales de la cité 14 de ne pas courir les acheter après avoir lu cette extravagante croisière).
Ce "spin off" de la série va nous permettre de découvrir un événement traumatisant de la jeunesse d'Alfred (le commandant Bigoodee) et de ses sœurs (seuls personnages de la cité 14 qu'on retrouve ici). Le scénario alterne adroitement les sauts dans le temps.
On voit ici assez peu la cité tentaculaire. L'histoire se passe essentiellement sur une île exotique, en mer, ou dans un énorme avion cargo de Lady Rozenbilt. La croisière est ici aérienne. On a un mixte réussi entre ''Titanic'' (pour l'aspect opposition de classes sociales) et les séries B. Sur un ton léger, l'auteur brosse un portrait au vitriol de la haute bourgeoisie. L'argent permet tout même les loisirs les plus abjects. J'ai apprécié énormément deux scènes : le final ainsi qu'une belle scène d'amour.
Saluons encore une fois le dessin. J'ai d'abord regretté le choix éditorial de la couleur. Finalement c'est aussi une réussite qui permet de donner une identité propre à ce livre et de ne pas faire que pâle copie à la cité 14.
Dans mes bémols, je parlerai de la couverture assez ratée car ne donnant pas envie. Enfin, les humanoïdes associés vendent très mal l'ouvrage. Pas mis en devanture et sans un hasard je n'aurais même pas su que ce livre était sorti.
Du tout bon sur plus de 100 pages 4.5/5
Voilà, voilà j'arrive ! Oui, ba m'a fallu un peu de temps pour récupérer cet album dont l'appréciation a fait l'unanimité sur le site d'une part, et qui est aussi scénarisé par Wilfrid Lupano dont je suis le travail depuis un certain temps maintenant avec beaucoup de plaisir, tant ses albums sont variés sur la forme, mais toujours aussi bons dans le fonds.
Et "Ma révérence" ne fait pas exception.
Encore un très bon moment de lecture, qui, en nous collant aux basques de deux loosers première classe, nous donne un polaroid pertinent de notre société et de ses travers, le tout avec une bonne dose d'humour cynique.
Car côté dialogue on est plutôt bien servi, le patron nous a à la bonne. Ça postillonne, ça fuse, ça ventile... Nos deux lascars aussi crédibles en maitres es Braco que Dupont et Dupond en flics de choc n'ont par contre pas la langue dans leur poche et moi j'aime ça quand ça sonne vrai.
Et heureusement que côté grande gueule on rigole bien, car quand faut passer à l'action c'est un peu la misère et un premier prix de la scoumoune toutes les 2 planches pour ces deux là qui n'ont qu'un dieu : Pierre Richard... Et de balle dans le pied en catastrophe nos aminches amochés avancent quand même dans leur projet, tout en croisant une panoplie de personnages à la fois attachants et tristes à mourir...
Et c'est cette tranche de vie finement ciselée dont on ne fait qu'une bouchée qui est si plaisante, tant le ton et les personnages qu'on nous dépeint sont criants de vérité et d'humanité. Une humanité non pas toute blanche ou toute en saloperie, mais avec ses demi teintes, ses vices mais aussi ses possibles et ses joies.
Et tout ça nous est servi par un dessin que certains ont trouvé quelconque mais que j'ai pour ma part beaucoup apprécié. Le trait de Rodguen colle parfaitement à ce récit, et rien que les trognes de nos deux compères - surtout Gaby :) - sont parfaites. Ce duo improbable a de la gueule dans tous les sens du terme.
Alors pas d'hésitation à avoir, c'est encore un album dont je vous conseille très fortement la lecture !
Encore une trèèèèèèèès bonne série scénarisée par Fabien Nury ! Presque un Label à lui tout seul ce Fabien ! Mais ici, le dessin n'est pas en reste, et Pierre Alary dont je ne connaissais pas le travail, donne au scénario de Nury le souffle et la finesse nécessaire pour nous embarquer complètement dans cette intrigue alambiquée, mais qui fait plus que retomber sur ses pattes...
C'est sur fonds de Grande Histoire que vient s'insérer cette aventure digne des grands romans d'espionnage. En pleine Première Guerre mondiale, les puissants de l'époque (politiques ou économiques) sont tous à la recherche d'un courrier dérobé qui pourrait changer le cours des événements... C'est là que notre personnage principal, Silas Corey, dandy suffisant et d'une assurance à toute épreuve, accompagné de son "majordome", entrent en jeu...
Nouveau pion sur l'échiquier, aux manières peu académiques mais qui vont forcément porter leurs fruits - quelques-uns un peu blettes resteront au passage sur le carreaux, et alors... - au cours d'une enquête mouvementée et aux rebondissements intéressants.
C'est fluide, nerveux, les personnages même secondaires sont étoffés : on est rapidement happé par cette Histoire revisitée de façon originale, et ce Silas Corey a tout pour devenir un classique de la BD.
Dernière chose, les couleurs de Bruno Garcia sont justes parfaites et donnent au récit les ambiances et lumières nécessaire pour nous immerger encore plus dans cet imbroglio détonnant. Une très belle réussite que ce diptyque, qui je l'espère en appellera rapidement d'autres !
A lire les yeux (presque) fermés
Dans ce récit, il est question du poids du passé, de remord et de fidélité… et de pages blanches. Mais ce qui marque dès le premier regard, c’est le talent graphique de son auteur, Romain Renard.
Parce que, très sincèrement, ça en jette ! Les couleurs brun et sépia dominent dans des décors de village perdu au cœur de la forêt. Les personnages apparaissent tels des fantômes, presqu’incongrus dans cet univers et pourtant si touchants, si proches et pourtant si distants. On aurait pu craindre une lisibilité moindre avec ce type de technique mais l’album est aussi agréable à regarder qu’à lire, et le côté fantomatique des personnages convient parfaitement au thème du récit.
Autre grande qualité : l’écriture. Nous sommes face à une œuvre profondément introspective. C’eut pu être gonflant si cela n’avait été aussi bien écrit. Parfois rare, parfois dominant, le texte s’harmonise parfaitement au dessin, chacun s’effaçant au profit de l’autre au moment adéquat. Et le résultat est que j’ai lu cette œuvre sans ressentir la moindre lassitude, bien au contraire.
Le sujet en lui-même n’est pas des plus originaux et beaucoup trouveront ici un goût de déjà-vu, puisqu’il sera question d’un écrivain se débattant avec les fantômes de son passé. Ceci dit, le suspense est présent et le mystère plane tout au long du récit. Des zones d’ombre subsistent même après la clôture du récit. Des clés nous sont données mais j’ai l’impression que plusieurs interprétations sont possibles.
Finalement, le seul petit point faible de cet album provient de son rythme. Lent, mystérieux et introspectif durant les ¾ de l’album, il s’accélère brutalement vers la fin. Et si cette accélération est logique au vu du scénario (l’auteur place ses pions à cette fin dès l’entame du récit), elle n’en est pas moins perturbante, me donnant le sentiment d’une séquence confuse et finalement décevante.
Reste une toute fin d’album qui offre un nouveau point de départ au personnage principal, et c’est bien heureux car je m’y étais attaché.
Un album sensible, très bien illustré, à l’écriture soignée mais au thème déjà souvent exploré. Ma cote oscille entre un franc « pas mal » et un petit « franchement bien », j’opte pour cette dernière au vu du soin accordé.
Enfin, une suite est possible (d’ailleurs le site du Lombard nous présente cet album comme un tome 1, même si aucune numérotation n’est visible sur celui-ci) mais cet album peut franchement se lire comme un one-shot sans entrainer la moindre frustration.
PS : l’album offre aussi un bonus sous la forme d’une réalité augmentée. Pour en profiter (et si j’ai bien compris, car je suis plutôt du genre rétrograde dès qu’il s’agit de nouvelles technologies), il vaut mieux disposer d’un i-pod, ce qui n’est pas mon cas… Je ne peux donc pas vous dire si cet apport constitue une véritable plus-value ou non pour l’album.
Une lecture très agréable, et, malgré un nombre de pages assez conséquent, j'ai réussi à tout engloutir en une nuit.
J'ai suivi avec intérêt les aventures sentimentales de notre petite Clémentine, qui est vraiment touchante, et on ne peut que ressentir de la compassion pour cette petite ado qui découvre que sa sexualité n'est pas "normale"...Cette homosexualité qui lui tombe dessus, sans qu'elle l'ait choisie, sans qu'elle comprenne pourquoi.
En dépit de ses efforts pour essayer d'être hétéro "comme tout le monde'', elle devra se rendre à l'évidence et suivre sa nature, au gré des moqueries et du rejet de ses camarades lycéens.
Non, vraiment, on ne sort pas de cette lecture indemne...
De plus, l'histoire se déroule dans ma région natale, plus précisément dans la ville de Lille que j'adore. On a de multiples indices à ce sujet là: Logo de Transpole sur un bus, tout au début, Transpole étant la société transport en commun de l'agglomération lilloise, Logo du métro lillois au niveau des bouches de métro; on sait par ailleurs que le petit ami de Clémentine fait ses études à Lille; on reconnait bien la grand place de Lille, et le style architectural des rues de la vieille ville.
J'ai tout de même quelques reproches à formuler:
Tout d'abord l'inconstance du dessin, qui reste globalement de très bonne facture. J'ai beaucoup apprécié ce crayonné noir et blanc avec son effet brouillon, et par moments les touches de bleu en aquarelle.
Malheureusement, ce dessin souffre parfois d'irrégularités avec quelques ratés dans les proportions (le médecin à la fin par exemple, qui a une stature bizarre), et certaines expressions qui rendent notamment Emma tantôt jolie, tantôt laide...ce qui n'est pas impossible dans la réalité mais sur 2 cases à la suite, ça fait bizarre.
Enfin, la mort de Clémentine est assez abrupte, comme s'il fallait vite clore l'histoire. (Je spoile pas, on apprend qu'elle meurt dès les premières pages!).
De plus, cette mort est assez peu crédible d'un point de vue médical: l'HTAP médicamenteuse existe, mais il parait tout de même peu probable qu'elle en meure aussi vite...
Au final, un beau roman graphique, touchant, à découvrir.
(264)
Amis du polar noir dans la grande tradition, ce Havre (non pas de paix) devrait vous plaire ! Une couverture très réussie déjà, qui donne le ton et envie de pousser plus loin.
Dans un noir et blanc très efficace, le dessinateur JAY nous plante un port du Havre noir à souhait pour un récit que Jean-Blaise Djian distille de façon efficace, comme un bon spiritueux qu'on aurait bien laissé vieillir.
C'est pesant à souhait, les personnages sont justes, sans avoir besoin d'aller chercher dans l'original, et le quotidien tranquille de notre serveur du bar "Au buveur d'étoile" s'émaille petit à petit pour se rapprocher dangereusement du sol et de l'impact, qui soit le réveillera ou le laissera mariner dans ses flaques boueuses.
C'est ce fil du rasoir qui tient l'album de bout en bout, qui de résignation en curiosité, mène notre Jacques Daniel (ça s'invente pas...) sur une pente de plus en plus glissante au milieu d'une faune urbaine qu'il faut savoir gérer. Qui se sert de qui dans cette partie de dés pipés ? La chute reste à venir...
Un premier album convaincant, même si j'ai trouvé certains passages de la voix du narrateur un peu bavards ; certaines planches tiennent d'ailleurs plus de l'illustration de texte que de la BD.
En tout cas, j'attends la suite avec curiosité pour savoir quels méandres va emprunter cette sombre histoire et quel en sera le dénouement.
Un bon 3.5/5 pour le moment.
**** Lecture du second tome ****
Voilà le second et dernier tome de cette série qui m'avait bien accroché avec un premier opus plutôt bien mené et réalisé.
Du côté de la forme, on ne change pas une formule qui fonctionne. Un noir et blanc tranché et efficace versé dans un réalisme très réussi ; des planches composées comme des illustrations à un texte dont la mise en page est aussi travaillée qui viennent s’immiscer dans une composition plus classique ; le tout servi dans un format moyen (17x24) souple, que j'ai trouvé fort agréable à manipuler...
Et pour ce qui est de l'histoire, on avance toujours à ce rythme posé et imposé par Djian, jusqu'à cette chute qui clôturera dans le sang, comme il se doit, ce polar des familles. Car oui, si forcément au début, rien ne semble rentrer dans les cases, chaque pièce du puzzle trouve petit à petit sa place.
Et le monde est toujours finalement bien petit, surtout dans ces grèves nocturnes où viennent s'échouer toutes les strates de notre bienveillante société. Et le Buveur d’Étoile est un peu comme ces plages reculées où viennent s'épandre tous les déchets que la mer aura réussi à recracher. Le pire comme le meilleur s'y agglutinent, mais rarement le meilleur...
Et c'est l'un des point fort de cette série qui nous sert toute une brochette de personnages biens sentis et bien poussés au niveau de la psychologie. Ce second tome m'a vraiment fait apprécié ce Jaques Daniel. Un peu couillon, voire con au début, la disparition de sa copine va finalement lui permettre de faire un peu de ménage dans sa tête au bon moment... Le "connard de première" reprend du galon et laisse apparaître un pan de sa personnalité qui fait plutôt chaud au cœur... Quelqu'un d'humain dans le fond... Comme nous tous ? Va savoir...
C'est donc un deuxième tome qui clos de belle façon cette série et qui ravira les amateurs du genre et des factures réalistes et "classiques".
Une sacrée bonne surprise que cet opus là.
Côté scénario, Arnoux met son expérience et son talent à bâtir une intrigue riche et complexe sans être tarabiscotée, qui emmène le lecteur sans lui laisser le temps de respirer, et surtout qui augure d'une belle durée de vie sur les 4 tomes prévus.
Côté dessin, c'est une véritable claque. Un superbe dessin, très travaillé sans paraître maniéré, fort peu d'erreurs et une véritable habilité à faire corps avec le scénario. Une belle découverte que ce David Morancho, et qui devrait refaire parler de lui dans l'avenir
Moi j'ai beaucoup apprécié ma lecture.
Robert Louis Stevenson est l'un de mes auteurs favoris, et sa vie fut presque aussi aventureuse que ses écrits. Rodolphe, grand amateur de l'auteur, a décidé de lui rendre hommage au travers d'une biographie partielle, appuyant sur ses voyages à travers le monde, mais aussi le mal qui le ronge de l'intérieur, que Stevenson assimile à un pirate cruel.
L'ensemble est très réussi, je ne me suis pas ennuyé une seconde malgré le fait qu'il s'agisse de biographie d'un écrivain. La réussite tient aussi dans le crayon de René Follet, formidable dessinateur de récits d'aventure (étrange d'ailleurs qu'il n'ait jamais illustré l'ïle au trésor), qui se montre toujours à son aise dans les costumes anciens et dans les décors exotiques. Ses couleurs directes sont également un régal, même si son style paraîtra vieillot à nombre de lecteurs.
En bref, un chouette voyage pour les amateurs de Stevenson.
Ces albums d'intégrale reprennent pratiquement tous les épisodes que j'ai lus dans le pocket Vengeur publié par Artima/Arédit, ainsi que dans d'autres comme Eclipso, Thor ou Submariner, ce sont les meilleurs et j'en étais fan ; même si aujourd'hui je n'en lis plus, j'ai la nostalgie de ce dessin des années 70 plus que ce que j'ai aperçu dans les reprises modernes par d'autres auteurs chez Panini. Ce que j'aime, c'est les dessins à la Kirby ainsi que ceux de ses proches continuateurs comme Don Heck, John Buscema, John Romita, Gene Colan, Neal Adams, Gil Kane, Mike Esposito, George Tuska, John Byrne ou Al Milgrom... quel dessinateur de la grande époque n'a pas dessiné au moins une fois dans sa carrière un épisode des Vengeurs/Avengers ? A une époque, je crois que c'était une sorte d'examen de passage.
Bon, les Vengeurs, c'est LE grand groupe de super-héros de la Marvel. Il a été imaginé par les compères Lee et Kirby en 1963, presque simultanément avec les X-Men, à la suite du succès remporté par les 4 Fantastiques, groupe constitué aussi pour concurrencer la D.C. Comics et sa Justice League of America. Les Vengeurs reste probablement comme le plus emblématique de ces équipes qui voient le jour en ce début d'années 60. Cette bande est fascinante en dépit de l'individualisme qui minait un peu ce groupe où les antagonismes éclataient, mais elle était réclamée par les fans de comic books, et pratiquement tous les héros de l'écurie Marvel ont fait partie à un moment des Vengeurs, affrontant tour à tour Doc Fatalis, le Mandarin, Magneto, Loki, le Minotaure, les Hommes-Lave, Ultron, Kang, le Baron Zemo et ses Masters of Evil..... des ennemis devenus si coriaces qu'il n'était plus possible à un seul super-héros de les contrer.
Cette équipe de justiciers démarre doucement avec Thor, Iron Man, Ant-Man et la minuscule Wasp (la Guêpe), bientôt rejoints par Hulk, las d'être poursuivi ; mais celui-ci les quitte rapidement, remplacé par Captain America qui fait un retour fracassant et en devient le leader. Le Q.G. des Vengeurs est le manoir de Tony Stark sur la 5ème avenue à Manhattan, qui en outre crée une fondation pour pallier aux frais de fonctionnement du groupe.
Au fil des années, le nombre des membres a beaucoup augmenté, et certains ont quitté les Vengeurs, remplacés par d'autres, mais alors que les 4 Fantastiques étaient une famille, les Vengeurs étaient une équipe de stars dont les individualités étaient très fortes, les querelles intestines étaient donc assez courantes, en dépit d'une camaraderie relative. Face aux ennemis menaçant la Terre, ils savaient tout de même s'unir. En cela, ils étaient représentatifs de la seconde génération de super-héros lancée par Stan Lee, où les personnages accumulaient les problèmes psychologiques.
Au contraire d'autres fans, j'adorais ces changements de personnels, et les piques qu'ils s'envoyaient gentiment, rien n'était jamais méchant, mais l'ironie côtoyait le respect qu'ils se portaient. Chaque fan avait ses préférés, moi j'aimais bien Cap et Thor, ainsi que Black Panther. Parmi le nombreux défilé de super-héros, on verra Hank Pym (qui adoptera plusieurs noms comme Giant Man et Pourpoint Jaune), c'est un brillant biochimiste qui sera l'un des cerveaux des Vengeurs. Il y aura Oeil de Faucon (Hawkeye) alias Clint Barton qui apprend l'archerie chez des forains et qui rejoint les Vengeurs grâce à Iron Man lorsque Thor, Giant Man et Wasp quittent le groupe ; jeune et impulsif, il se dispute souvent avec Cap et conteste son autorité, mais avec le temps, il apprend à respecter son chef et le travail en équipe ; ses flèches de différentes formes rappellent bien-sûr celles de Green Arrow, personnage édité par D.C. Comics. Black Panther rejoint ensuite les Vengeurs, puis la Sorcière Rouge (Scarlet Witch) et Vif-Argent (Quicksilver) qui sont les enfants de Magneto ; Hercule, le Faucon, Mantis, Vision, Miss Hulk (She-Hulk), et même un temps Spiderman feront partie des relookages et changements d'effectifs fréquents au fil des ans selon les dessinateurs qui se succéderont.
Vision sera un membre assez spécial des Vengeurs, c'est un synthozoïde au corps artificiel mi-mécanique et mi-synthétique semblable à celui d'un humain, conçu et fabriqué par Ultron, ennemi majeur des Vengeurs, il est programmé pour combattre ces derniers, mais il se rebelle contre son créateur et rejoint les Vengeurs, il a des pouvoirs multiples et ressent des émotions humaines, il sera même amoureux de la Sorcière Rouge. On verra aussi un temps l'Homme-Sable (Sandman), ancien ennemi de Spiderman, qui souhaitant s'amender, rejoint l'équipe, en même temps que Vision envoie Oeil de Faucon à Los Angeles pour former une équipe parallèle, la West Coast Avengers.
Voila donc une série quasiment mythique qui a enchanté mes jeunes années par son action non-stop, ses combats titanesques, son ironie mordante mais aussi ses scénarios parfois totalement délirants, qu'il convient de lire avant d'aborder les versions modernes. Et le blockbuster de 2012 qui a donné une superbe image de ces justiciers, en reprenant plein de codes, m'a également séduit, notamment par sa gigantesque scène de baston qui dévaste New York.
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Faust
Cette adaptation du mythe d’origine allemande « Faust » a failli de peu ne jamais voir le jour. Le projet réalisé début des années 80, fruit d’une collaboration entre le scénariste Rodolphe et le virtuose du dessin Raymond Poïvet, se voit avorté par la maison d’édition qui fait faillite. Rodolphe essaie par la suite de trouver un autre éditeur mais sans succès. Poïvet décède en 1999 et l’œuvre parait bel et bien enterrée avec lui, les pages sont réputées perdues. Ce n’est que plusieurs années après que Rodolphe reçoit le coup de fil du fils de Raymond Poïvet. Celui-ci vient de retrouver les fameuses planches sous le lit, regroupées en un gros paquet. La BD trouve enfin un éditeur. Ce mythe a été maintes et maintes fois adapté en littérature, peinture et au cinéma (je conseille vivement le chef-d’oeuvre « Faust » du cinéaste russe Alexandr Sokurov) mais il est ici légèrement réinterprété, sans le dénaturer, de façon subtile et intelligente. Le docteur Faust, érudit pluridisciplinaire est traité comme un paria par le village entier à cause de ses positions religieuses et son comportement jugé spécial. Le vieil homme en arrive au constat amer qu’il est passé à coté de sa vie ; que tout son savoir, ses recherches ne lui ont pas apporté le bonheur ; au contraire. Pauvre, sans attaches et haï par ses contemporains. Surgit dans sa vie, Méphistophélès, le diable, sous les traits du docteur Faust. Il lui propose habilement et avec des arguments plus que convaincants, de retrouver sa jeunesse et que celle-ci soit éternelle ainsi que de l’assister dans l’assouvissement de ses désirs… en échange de son âme. Le docteur accepte le pacte. Je me suis fait embarqué par l’histoire dramatique qui vire au cauchemar (un peu prévisible vu la nature du pacte). Je regrette seulement que l’album ne fasse pas quelques pages de plus. J’ai tellement savouré la lecture que sa fin m’a semblé trop abrupte. Les dessins au feutre/stylo bille de Poïvet sont d’une beauté renversante et les dialogues sont d’une finesse et d’une justesse rare. Bel album, malin et charmeur.
L'Extravagante croisière de Lady Rozenbilt
Quel plaisir de replonger dans l'univers de la cité 14 ! Encore une fois Pierre Gabus et Romuald Reutimann nous emmènent dans leur univers délirant ou des humains côtoient des humanoïdes chats, loutres, daims. Cette audace visuelle est la première chose qui saute aux yeux. Dans la même histoire, on peut croiser une ambiance Amérique style année folle, des extraterrestres, des monstres marins, des personnages avec des super pouvoirs etc. L'univers de la cité se base sur des archétypes connus de tous, les malaxe et les épice pour aboutir à ce résultat délicieux. Il n'est pas obligatoire d'avoir lu les tomes précédents de la cité 14 pour pouvoir lire et apprécier ce one shot. L'histoire peut se suffire à elle même (mais je mets au défit quiconque n'ayant pas lu les deux intégrales de la cité 14 de ne pas courir les acheter après avoir lu cette extravagante croisière). Ce "spin off" de la série va nous permettre de découvrir un événement traumatisant de la jeunesse d'Alfred (le commandant Bigoodee) et de ses sœurs (seuls personnages de la cité 14 qu'on retrouve ici). Le scénario alterne adroitement les sauts dans le temps. On voit ici assez peu la cité tentaculaire. L'histoire se passe essentiellement sur une île exotique, en mer, ou dans un énorme avion cargo de Lady Rozenbilt. La croisière est ici aérienne. On a un mixte réussi entre ''Titanic'' (pour l'aspect opposition de classes sociales) et les séries B. Sur un ton léger, l'auteur brosse un portrait au vitriol de la haute bourgeoisie. L'argent permet tout même les loisirs les plus abjects. J'ai apprécié énormément deux scènes : le final ainsi qu'une belle scène d'amour. Saluons encore une fois le dessin. J'ai d'abord regretté le choix éditorial de la couleur. Finalement c'est aussi une réussite qui permet de donner une identité propre à ce livre et de ne pas faire que pâle copie à la cité 14. Dans mes bémols, je parlerai de la couverture assez ratée car ne donnant pas envie. Enfin, les humanoïdes associés vendent très mal l'ouvrage. Pas mis en devanture et sans un hasard je n'aurais même pas su que ce livre était sorti. Du tout bon sur plus de 100 pages 4.5/5
Ma révérence
Voilà, voilà j'arrive ! Oui, ba m'a fallu un peu de temps pour récupérer cet album dont l'appréciation a fait l'unanimité sur le site d'une part, et qui est aussi scénarisé par Wilfrid Lupano dont je suis le travail depuis un certain temps maintenant avec beaucoup de plaisir, tant ses albums sont variés sur la forme, mais toujours aussi bons dans le fonds. Et "Ma révérence" ne fait pas exception. Encore un très bon moment de lecture, qui, en nous collant aux basques de deux loosers première classe, nous donne un polaroid pertinent de notre société et de ses travers, le tout avec une bonne dose d'humour cynique. Car côté dialogue on est plutôt bien servi, le patron nous a à la bonne. Ça postillonne, ça fuse, ça ventile... Nos deux lascars aussi crédibles en maitres es Braco que Dupont et Dupond en flics de choc n'ont par contre pas la langue dans leur poche et moi j'aime ça quand ça sonne vrai. Et heureusement que côté grande gueule on rigole bien, car quand faut passer à l'action c'est un peu la misère et un premier prix de la scoumoune toutes les 2 planches pour ces deux là qui n'ont qu'un dieu : Pierre Richard... Et de balle dans le pied en catastrophe nos aminches amochés avancent quand même dans leur projet, tout en croisant une panoplie de personnages à la fois attachants et tristes à mourir... Et c'est cette tranche de vie finement ciselée dont on ne fait qu'une bouchée qui est si plaisante, tant le ton et les personnages qu'on nous dépeint sont criants de vérité et d'humanité. Une humanité non pas toute blanche ou toute en saloperie, mais avec ses demi teintes, ses vices mais aussi ses possibles et ses joies. Et tout ça nous est servi par un dessin que certains ont trouvé quelconque mais que j'ai pour ma part beaucoup apprécié. Le trait de Rodguen colle parfaitement à ce récit, et rien que les trognes de nos deux compères - surtout Gaby :) - sont parfaites. Ce duo improbable a de la gueule dans tous les sens du terme. Alors pas d'hésitation à avoir, c'est encore un album dont je vous conseille très fortement la lecture !
Silas Corey
Encore une trèèèèèèèès bonne série scénarisée par Fabien Nury ! Presque un Label à lui tout seul ce Fabien ! Mais ici, le dessin n'est pas en reste, et Pierre Alary dont je ne connaissais pas le travail, donne au scénario de Nury le souffle et la finesse nécessaire pour nous embarquer complètement dans cette intrigue alambiquée, mais qui fait plus que retomber sur ses pattes... C'est sur fonds de Grande Histoire que vient s'insérer cette aventure digne des grands romans d'espionnage. En pleine Première Guerre mondiale, les puissants de l'époque (politiques ou économiques) sont tous à la recherche d'un courrier dérobé qui pourrait changer le cours des événements... C'est là que notre personnage principal, Silas Corey, dandy suffisant et d'une assurance à toute épreuve, accompagné de son "majordome", entrent en jeu... Nouveau pion sur l'échiquier, aux manières peu académiques mais qui vont forcément porter leurs fruits - quelques-uns un peu blettes resteront au passage sur le carreaux, et alors... - au cours d'une enquête mouvementée et aux rebondissements intéressants. C'est fluide, nerveux, les personnages même secondaires sont étoffés : on est rapidement happé par cette Histoire revisitée de façon originale, et ce Silas Corey a tout pour devenir un classique de la BD. Dernière chose, les couleurs de Bruno Garcia sont justes parfaites et donnent au récit les ambiances et lumières nécessaire pour nous immerger encore plus dans cet imbroglio détonnant. Une très belle réussite que ce diptyque, qui je l'espère en appellera rapidement d'autres ! A lire les yeux (presque) fermés
Melvile
Dans ce récit, il est question du poids du passé, de remord et de fidélité… et de pages blanches. Mais ce qui marque dès le premier regard, c’est le talent graphique de son auteur, Romain Renard. Parce que, très sincèrement, ça en jette ! Les couleurs brun et sépia dominent dans des décors de village perdu au cœur de la forêt. Les personnages apparaissent tels des fantômes, presqu’incongrus dans cet univers et pourtant si touchants, si proches et pourtant si distants. On aurait pu craindre une lisibilité moindre avec ce type de technique mais l’album est aussi agréable à regarder qu’à lire, et le côté fantomatique des personnages convient parfaitement au thème du récit. Autre grande qualité : l’écriture. Nous sommes face à une œuvre profondément introspective. C’eut pu être gonflant si cela n’avait été aussi bien écrit. Parfois rare, parfois dominant, le texte s’harmonise parfaitement au dessin, chacun s’effaçant au profit de l’autre au moment adéquat. Et le résultat est que j’ai lu cette œuvre sans ressentir la moindre lassitude, bien au contraire. Le sujet en lui-même n’est pas des plus originaux et beaucoup trouveront ici un goût de déjà-vu, puisqu’il sera question d’un écrivain se débattant avec les fantômes de son passé. Ceci dit, le suspense est présent et le mystère plane tout au long du récit. Des zones d’ombre subsistent même après la clôture du récit. Des clés nous sont données mais j’ai l’impression que plusieurs interprétations sont possibles. Finalement, le seul petit point faible de cet album provient de son rythme. Lent, mystérieux et introspectif durant les ¾ de l’album, il s’accélère brutalement vers la fin. Et si cette accélération est logique au vu du scénario (l’auteur place ses pions à cette fin dès l’entame du récit), elle n’en est pas moins perturbante, me donnant le sentiment d’une séquence confuse et finalement décevante. Reste une toute fin d’album qui offre un nouveau point de départ au personnage principal, et c’est bien heureux car je m’y étais attaché. Un album sensible, très bien illustré, à l’écriture soignée mais au thème déjà souvent exploré. Ma cote oscille entre un franc « pas mal » et un petit « franchement bien », j’opte pour cette dernière au vu du soin accordé. Enfin, une suite est possible (d’ailleurs le site du Lombard nous présente cet album comme un tome 1, même si aucune numérotation n’est visible sur celui-ci) mais cet album peut franchement se lire comme un one-shot sans entrainer la moindre frustration. PS : l’album offre aussi un bonus sous la forme d’une réalité augmentée. Pour en profiter (et si j’ai bien compris, car je suis plutôt du genre rétrograde dès qu’il s’agit de nouvelles technologies), il vaut mieux disposer d’un i-pod, ce qui n’est pas mon cas… Je ne peux donc pas vous dire si cet apport constitue une véritable plus-value ou non pour l’album.
Le Bleu est une couleur chaude
Une lecture très agréable, et, malgré un nombre de pages assez conséquent, j'ai réussi à tout engloutir en une nuit. J'ai suivi avec intérêt les aventures sentimentales de notre petite Clémentine, qui est vraiment touchante, et on ne peut que ressentir de la compassion pour cette petite ado qui découvre que sa sexualité n'est pas "normale"...Cette homosexualité qui lui tombe dessus, sans qu'elle l'ait choisie, sans qu'elle comprenne pourquoi. En dépit de ses efforts pour essayer d'être hétéro "comme tout le monde'', elle devra se rendre à l'évidence et suivre sa nature, au gré des moqueries et du rejet de ses camarades lycéens. Non, vraiment, on ne sort pas de cette lecture indemne... De plus, l'histoire se déroule dans ma région natale, plus précisément dans la ville de Lille que j'adore. On a de multiples indices à ce sujet là: Logo de Transpole sur un bus, tout au début, Transpole étant la société transport en commun de l'agglomération lilloise, Logo du métro lillois au niveau des bouches de métro; on sait par ailleurs que le petit ami de Clémentine fait ses études à Lille; on reconnait bien la grand place de Lille, et le style architectural des rues de la vieille ville. J'ai tout de même quelques reproches à formuler: Tout d'abord l'inconstance du dessin, qui reste globalement de très bonne facture. J'ai beaucoup apprécié ce crayonné noir et blanc avec son effet brouillon, et par moments les touches de bleu en aquarelle. Malheureusement, ce dessin souffre parfois d'irrégularités avec quelques ratés dans les proportions (le médecin à la fin par exemple, qui a une stature bizarre), et certaines expressions qui rendent notamment Emma tantôt jolie, tantôt laide...ce qui n'est pas impossible dans la réalité mais sur 2 cases à la suite, ça fait bizarre. Enfin, la mort de Clémentine est assez abrupte, comme s'il fallait vite clore l'histoire. (Je spoile pas, on apprend qu'elle meurt dès les premières pages!). De plus, cette mort est assez peu crédible d'un point de vue médical: l'HTAP médicamenteuse existe, mais il parait tout de même peu probable qu'elle en meure aussi vite... Au final, un beau roman graphique, touchant, à découvrir. (264)
Le Havre
Amis du polar noir dans la grande tradition, ce Havre (non pas de paix) devrait vous plaire ! Une couverture très réussie déjà, qui donne le ton et envie de pousser plus loin. Dans un noir et blanc très efficace, le dessinateur JAY nous plante un port du Havre noir à souhait pour un récit que Jean-Blaise Djian distille de façon efficace, comme un bon spiritueux qu'on aurait bien laissé vieillir. C'est pesant à souhait, les personnages sont justes, sans avoir besoin d'aller chercher dans l'original, et le quotidien tranquille de notre serveur du bar "Au buveur d'étoile" s'émaille petit à petit pour se rapprocher dangereusement du sol et de l'impact, qui soit le réveillera ou le laissera mariner dans ses flaques boueuses. C'est ce fil du rasoir qui tient l'album de bout en bout, qui de résignation en curiosité, mène notre Jacques Daniel (ça s'invente pas...) sur une pente de plus en plus glissante au milieu d'une faune urbaine qu'il faut savoir gérer. Qui se sert de qui dans cette partie de dés pipés ? La chute reste à venir... Un premier album convaincant, même si j'ai trouvé certains passages de la voix du narrateur un peu bavards ; certaines planches tiennent d'ailleurs plus de l'illustration de texte que de la BD. En tout cas, j'attends la suite avec curiosité pour savoir quels méandres va emprunter cette sombre histoire et quel en sera le dénouement. Un bon 3.5/5 pour le moment. **** Lecture du second tome **** Voilà le second et dernier tome de cette série qui m'avait bien accroché avec un premier opus plutôt bien mené et réalisé. Du côté de la forme, on ne change pas une formule qui fonctionne. Un noir et blanc tranché et efficace versé dans un réalisme très réussi ; des planches composées comme des illustrations à un texte dont la mise en page est aussi travaillée qui viennent s’immiscer dans une composition plus classique ; le tout servi dans un format moyen (17x24) souple, que j'ai trouvé fort agréable à manipuler... Et pour ce qui est de l'histoire, on avance toujours à ce rythme posé et imposé par Djian, jusqu'à cette chute qui clôturera dans le sang, comme il se doit, ce polar des familles. Car oui, si forcément au début, rien ne semble rentrer dans les cases, chaque pièce du puzzle trouve petit à petit sa place. Et le monde est toujours finalement bien petit, surtout dans ces grèves nocturnes où viennent s'échouer toutes les strates de notre bienveillante société. Et le Buveur d’Étoile est un peu comme ces plages reculées où viennent s'épandre tous les déchets que la mer aura réussi à recracher. Le pire comme le meilleur s'y agglutinent, mais rarement le meilleur... Et c'est l'un des point fort de cette série qui nous sert toute une brochette de personnages biens sentis et bien poussés au niveau de la psychologie. Ce second tome m'a vraiment fait apprécié ce Jaques Daniel. Un peu couillon, voire con au début, la disparition de sa copine va finalement lui permettre de faire un peu de ménage dans sa tête au bon moment... Le "connard de première" reprend du galon et laisse apparaître un pan de sa personnalité qui fait plutôt chaud au cœur... Quelqu'un d'humain dans le fond... Comme nous tous ? Va savoir... C'est donc un deuxième tome qui clos de belle façon cette série et qui ravira les amateurs du genre et des factures réalistes et "classiques".
Sara Lone
Une sacrée bonne surprise que cet opus là. Côté scénario, Arnoux met son expérience et son talent à bâtir une intrigue riche et complexe sans être tarabiscotée, qui emmène le lecteur sans lui laisser le temps de respirer, et surtout qui augure d'une belle durée de vie sur les 4 tomes prévus. Côté dessin, c'est une véritable claque. Un superbe dessin, très travaillé sans paraître maniéré, fort peu d'erreurs et une véritable habilité à faire corps avec le scénario. Une belle découverte que ce David Morancho, et qui devrait refaire parler de lui dans l'avenir
Stevenson, le pirate intérieur
Moi j'ai beaucoup apprécié ma lecture. Robert Louis Stevenson est l'un de mes auteurs favoris, et sa vie fut presque aussi aventureuse que ses écrits. Rodolphe, grand amateur de l'auteur, a décidé de lui rendre hommage au travers d'une biographie partielle, appuyant sur ses voyages à travers le monde, mais aussi le mal qui le ronge de l'intérieur, que Stevenson assimile à un pirate cruel. L'ensemble est très réussi, je ne me suis pas ennuyé une seconde malgré le fait qu'il s'agisse de biographie d'un écrivain. La réussite tient aussi dans le crayon de René Follet, formidable dessinateur de récits d'aventure (étrange d'ailleurs qu'il n'ait jamais illustré l'ïle au trésor), qui se montre toujours à son aise dans les costumes anciens et dans les décors exotiques. Ses couleurs directes sont également un régal, même si son style paraîtra vieillot à nombre de lecteurs. En bref, un chouette voyage pour les amateurs de Stevenson.
The Avengers (Les Vengeurs) - L'intégrale
Ces albums d'intégrale reprennent pratiquement tous les épisodes que j'ai lus dans le pocket Vengeur publié par Artima/Arédit, ainsi que dans d'autres comme Eclipso, Thor ou Submariner, ce sont les meilleurs et j'en étais fan ; même si aujourd'hui je n'en lis plus, j'ai la nostalgie de ce dessin des années 70 plus que ce que j'ai aperçu dans les reprises modernes par d'autres auteurs chez Panini. Ce que j'aime, c'est les dessins à la Kirby ainsi que ceux de ses proches continuateurs comme Don Heck, John Buscema, John Romita, Gene Colan, Neal Adams, Gil Kane, Mike Esposito, George Tuska, John Byrne ou Al Milgrom... quel dessinateur de la grande époque n'a pas dessiné au moins une fois dans sa carrière un épisode des Vengeurs/Avengers ? A une époque, je crois que c'était une sorte d'examen de passage. Bon, les Vengeurs, c'est LE grand groupe de super-héros de la Marvel. Il a été imaginé par les compères Lee et Kirby en 1963, presque simultanément avec les X-Men, à la suite du succès remporté par les 4 Fantastiques, groupe constitué aussi pour concurrencer la D.C. Comics et sa Justice League of America. Les Vengeurs reste probablement comme le plus emblématique de ces équipes qui voient le jour en ce début d'années 60. Cette bande est fascinante en dépit de l'individualisme qui minait un peu ce groupe où les antagonismes éclataient, mais elle était réclamée par les fans de comic books, et pratiquement tous les héros de l'écurie Marvel ont fait partie à un moment des Vengeurs, affrontant tour à tour Doc Fatalis, le Mandarin, Magneto, Loki, le Minotaure, les Hommes-Lave, Ultron, Kang, le Baron Zemo et ses Masters of Evil..... des ennemis devenus si coriaces qu'il n'était plus possible à un seul super-héros de les contrer. Cette équipe de justiciers démarre doucement avec Thor, Iron Man, Ant-Man et la minuscule Wasp (la Guêpe), bientôt rejoints par Hulk, las d'être poursuivi ; mais celui-ci les quitte rapidement, remplacé par Captain America qui fait un retour fracassant et en devient le leader. Le Q.G. des Vengeurs est le manoir de Tony Stark sur la 5ème avenue à Manhattan, qui en outre crée une fondation pour pallier aux frais de fonctionnement du groupe. Au fil des années, le nombre des membres a beaucoup augmenté, et certains ont quitté les Vengeurs, remplacés par d'autres, mais alors que les 4 Fantastiques étaient une famille, les Vengeurs étaient une équipe de stars dont les individualités étaient très fortes, les querelles intestines étaient donc assez courantes, en dépit d'une camaraderie relative. Face aux ennemis menaçant la Terre, ils savaient tout de même s'unir. En cela, ils étaient représentatifs de la seconde génération de super-héros lancée par Stan Lee, où les personnages accumulaient les problèmes psychologiques. Au contraire d'autres fans, j'adorais ces changements de personnels, et les piques qu'ils s'envoyaient gentiment, rien n'était jamais méchant, mais l'ironie côtoyait le respect qu'ils se portaient. Chaque fan avait ses préférés, moi j'aimais bien Cap et Thor, ainsi que Black Panther. Parmi le nombreux défilé de super-héros, on verra Hank Pym (qui adoptera plusieurs noms comme Giant Man et Pourpoint Jaune), c'est un brillant biochimiste qui sera l'un des cerveaux des Vengeurs. Il y aura Oeil de Faucon (Hawkeye) alias Clint Barton qui apprend l'archerie chez des forains et qui rejoint les Vengeurs grâce à Iron Man lorsque Thor, Giant Man et Wasp quittent le groupe ; jeune et impulsif, il se dispute souvent avec Cap et conteste son autorité, mais avec le temps, il apprend à respecter son chef et le travail en équipe ; ses flèches de différentes formes rappellent bien-sûr celles de Green Arrow, personnage édité par D.C. Comics. Black Panther rejoint ensuite les Vengeurs, puis la Sorcière Rouge (Scarlet Witch) et Vif-Argent (Quicksilver) qui sont les enfants de Magneto ; Hercule, le Faucon, Mantis, Vision, Miss Hulk (She-Hulk), et même un temps Spiderman feront partie des relookages et changements d'effectifs fréquents au fil des ans selon les dessinateurs qui se succéderont. Vision sera un membre assez spécial des Vengeurs, c'est un synthozoïde au corps artificiel mi-mécanique et mi-synthétique semblable à celui d'un humain, conçu et fabriqué par Ultron, ennemi majeur des Vengeurs, il est programmé pour combattre ces derniers, mais il se rebelle contre son créateur et rejoint les Vengeurs, il a des pouvoirs multiples et ressent des émotions humaines, il sera même amoureux de la Sorcière Rouge. On verra aussi un temps l'Homme-Sable (Sandman), ancien ennemi de Spiderman, qui souhaitant s'amender, rejoint l'équipe, en même temps que Vision envoie Oeil de Faucon à Los Angeles pour former une équipe parallèle, la West Coast Avengers. Voila donc une série quasiment mythique qui a enchanté mes jeunes années par son action non-stop, ses combats titanesques, son ironie mordante mais aussi ses scénarios parfois totalement délirants, qu'il convient de lire avant d'aborder les versions modernes. Et le blockbuster de 2012 qui a donné une superbe image de ces justiciers, en reprenant plein de codes, m'a également séduit, notamment par sa gigantesque scène de baston qui dévaste New York.