L’histoire n’est pas la plus originale qui soit et je ne suis pas surpris que ce scénario ait d’abord été pensé pour un jeu vidéo avant de devenir une série de bande dessinée. On retrouve en effet des thèmes assez classiques comme l’opposition entre la nature sauvage et la sauvagerie urbanisée, entre le gentil indien et les méchants colonisateurs, l’arrivée de la modernité et sa volonté de dominer l’environnement ou encore l’histoire d’amitié entre un enfant et un animal.
Les personnages sont eux aussi très classiques. En vrac, on a l’ignoble méchant pas beau, le gentil petit indien qui a vu sa famille se faire massacrer, la jeune et jolie infirmière qui prend le parti du plus faible, le maire ambitieux et sans scrupules, et l’aigle comme symbole de la nature sauvage et impitoyable.
Avec de tels éléments, il était facile de tomber dans la caricature. Tout le talent de Benoit Sokal est d’éviter cet écueil en nous offrant un récit sombre et lumineux à la fois, et à l’issue incertaine. Autre point fort : une narration en voix off réalisée du point de vue d’un aigle. Cette approche est à la fois originale et permet d’introduire toute la sauvagerie du récit tout en gardant un aspect froid et pragmatique.
Et puis vient le dessin de Sokal. Excellent dans ses décors, très soigné au niveau de la colorisation, toujours avec cette petite pointe de caricature dans ses personnages (ce qui facilite leur distinction), il est un magnifique véhicule pour cette histoire.
Ma seule critique concernera la progression du scénario. En cours de route, l’auteur s’offre plusieurs possibilités de développement et en abandonne en fonction de ses choix. C’est compréhensible mais cela laisse parfois le sentiment de passages inutiles (toutes les séquences sur la stabilité de la ville, très présentes dans le tome 2 et purement et simplement oubliées dans le tome 3 – comment la ville est devenue stable demeure un mystère, et Sokal préfère éluder la question plutôt que d’apporter une réponse plausible). Cà et là, il y a ainsi des ramifications du scénario qui sont abandonnées, laissant au lecteur que je suis le sentiment d’un élagage. Comme si l’auteur s’était senti à l’étroit dans ce format et avait dû effectuer des coupes sombres dans son synopsis de départ.
Faible critique face à l’ensemble des qualités précitées. Ma cote oscille entre le 3/5 et le 4/5. La qualité du dessin m’incite à la générosité, d’autant plus facilement que le final n’est pas (trop) convenu.
Achat conseillé donc, d’autant plus que la série est disponible dans un coffret de trois tomes au prix de deux.
Je me joins à l’ensemble des autres lecteurs. Cet album m’a beaucoup plu par son découpage original, son personnage de roi antihéroïque minable au possible, ses clins d’œil saugrenus à la bande dessinée franco-belge classique, son aspect historique indéniable, ses changements de style graphique en fonction de la thématique des différents chapitres.
Je suis tombé des nues, j’ai appris, j’ai ri. Que pouvais-je demander de plus ? Richard Guérineau sort ici une œuvre très originale, adaptée d’un roman de Teulé que je n’ai pas lu. Je n’ai cependant pas senti qu’il s’agissait d’une adaptation tant tout est fluide et s’enchaine avec logique.
Un très bon album, tout simplement.
Après les Elfes décliné en plusieurs volumes indépendants, l'éditeur Soleil réitère avec Oracle qui va nous conter 5 récits mythologiques dans l'univers de la Grèce antique. On commence très fort par la pythie pour une histoire aux multiples rebondissements. Le dessin est soigné ainsi que l'écriture du scénario. C'est du haut de gamme.
Olivier Peru est un scénariste au sommet de son art. Il maîtrise parfaitement toutes les ficelles qui nous font passer un agréable moment de lecture. Je dois bien avouer que j'ai été bluffé et cela me plaît. Manipulations et duperies seront les maîtres-mots de dieux voulant en découdre avec les êtres humains afin de mieux asseoir leur pouvoir. Tout cela va se terminer en tragédie grecque et nous le savons...
Côté graphique, on est également beaucoup gâté car c'est époustouflant de beauté. L'éditeur Soleil a franchement augmenté la qualité au cours de ces dernières années. Force est de le constater. La présentation est parfaite. Rien à redire.
Bref, nous avons là une histoire captivante pour une série qui débute sur les chapeaux de roues. Le futur n'est-il que vengeance ?
Je n'avais que peu de souvenirs des six premiers tomes d'Universal War One, guerre temporelle qui projetait le lecteur dans le futur puis dans le passé d'une Terre en danger. De mémoire, j'en garde un bon souvenir, une très bonne lecture que j'ai toujours recommandée. J'ai donc ouvert ce premier tome du deuxième cycle sans réelle attente, à la fois impatient de découvrir la suite d'une série que j'avais trouvée intelligente et bien écrite et sans exigences pour une œuvre que je n'avais pas pris le temps de relire.
Je trouve que Bajram réussit un tour de force en réussissant à resituer le lecteur qui n'aurait pas pris le temps de relire le premier cycle sans pour autant être trop envahissant. Ainsi l'intrigue principale vient s'entrecroiser avec les faits historiques qui ont poussé l'humanité à s'exiler sur Mars. C'est bien mené, bien écrit, on replonge dans le passé pour mieux comprendre les événements en cours.
L'intrigue reprend les même points forts que le premier cycle : un événement inconnu et titanesque vient déclencher de nombreuses interrogations (spoiler : j'espère que ce n'est pas une simple question d'IA). L'auteur nous présente les principaux acteurs de cette aventure scientifique. Sans être vraiment attachants, ils paraissent crédibles. Le dessin est de bonne facture, sans être vraiment incroyable de beauté, il parvient très bien à plonger le lecteur dans l'univers décrit. Le découpage est lui aussi de bonne qualité.
Bien écrit, présentant une intrigue bien construite qui découle de la première guerre universelle, ce premier tome se lit rapidement et avec plaisir, il pose les bases d'une épopée qui, je l'espère, sera à la hauteur de mes attentes. J'attends déjà la suite avec impatience!
Est-ce le fait d’avoir assisté enfant à la décapitation de ses parents qui a fait de Joseph Joanovici ce qu’il était ? Un personnage avec une forte part d’ombre, désabusé mais doté d’une pulsion vitale irrépressible qui lui faisait transformer en or la ferraille qu’il croquait pour distinguer le bon grain de l’ivraie… Avant de lire cette série, je n’avais jamais entendu parler du personnage. Les auteurs ont tenté de cerner cette part d’ombre avec précaution, en se gardant de tout jugement, lui rendant son humanité ainsi qu’une certaine dignité, lui en qui ses juges ne voulaient voir que le salaud de « collabo », sans prendre en compte le fait que ses « bons » rapports avec les Nazis lui avaient permis d’aider la résistance et de sauver des juifs des camps de la mort. Mais quoiqu’on en pense, « Monsieur Joseph » fascine, force le respect.
De cette histoire vraie se déroulant dans un contexte historique tourmenté, les auteurs ont ainsi su tirer une saga captivante et romanesque, tout en s’efforçant de coller à la réalité des faits. Le scénario est particulièrement bien construit, et malgré les nombreux personnages pouvant parfois créer la confusion, on se laisse prendre par ce récit bénéficiant par ailleurs de textes à la hauteur et d’un dessin, qui, sans être original, est très soigné et reste tout à fait adapté à ce type d’histoire par son sens du détail. Tout comme la couleur, sobre et dans des tons peu contrastés, reflétant bien l’ambiance de l’époque. La mise en page et le cadrage sont en parfaite adéquation avec l’histoire, tout à fait efficaces pour insuffler la tension nécessaire. Restent les personnages, très bien campés pour la plupart. On est frappé de découvrir à quel point les deux femmes qui côtoyèrent le plus Monsieur Joseph, sa femme Eva (qu’il dût éloigner pour la protéger), et son assistante « Lucie-Fer », étaient profondément amoureuses de l'homme.
Ce dernier ne semblait pas être un homme à femmes, alors qu’il aurait pu profiter de sa fortune pour passer du bon temps, mais c’est autre chose qui l’animait, quelque chose de plus secret, d’ineffable, peut-être le simple instinct de survie, lui pour qui toute sa vie a été placée sous le sceau de la menace et de la dissimulation.
En conclusion, on peut dire que rien n’a été laissé au hasard, et qu’à aucun moment, on ne perçoit un relâchement du rythme ou de la cohérence. Jusqu’à la fin, particulièrement poignante. Indubitablement, « Il était une fois en France » reste pour moi une belle découverte et peut facilement figurer au classement des meilleures séries historiques françaises. Et sa présence dans les immanquables de BDT n’est pas usurpée, loin de là.
Cet album inclassable fournit à Blutch l’occasion de parcourir l’histoire du 7ème art, disséquant à l’aide de son trait acéré le modèle hollywoodien dans une tonalité très « nouvelle vague ». En quelques 80 pages, l’auteur s’interroge sur le rôle du cinéma et son rapport à l’art, et nous livre un constat amer et impitoyable : le cinéma est « la supercherie suprême, la bourgeoisie industrielle qui avance masquée ». Un piège tragique pour les acteurs qui sont conduits à livrer à tout le monde le spectacle de leur lente décrépitude malgré tous leurs efforts pour se farder et masquer les effets du temps…
Blutch met ainsi en avant la dimension érotique du cinéma. Pour lui, les actrices sont des objets à fantasme manipulés par des producteurs-maquereaux. Le cinéma est LA révolution du XXème siècle : pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, des pin-ups à la plastique parfaite sont livrées en pâture au plus grand nombre, telles des victimes sacrificielles entre les mains d’industriels vénaux davantage préoccupés par le nombre d’entrées en salle que par l’aspect artistique (la métaphore de King Kong est parlante).
Il en ressort une forte impression de désenchantement, même si on sent que l’auteur, de par son érudition, est - ou a été - un passionné de cinéma. L’album grouille de nombreuses références qui n’échapperont pas aux cinéphiles, en particulier ceux attachés à la grande époque « Quartier latin », d’ailleurs eux-mêmes égratignés au passage… Avec des questions contenant leurs propres réponses : La cinéphilie, simple pratique masturbatoire ? (« le ciné-club était une entreprise faite pour baiser »). Le cinéma, « filet à papillons pour petites filles » ? Miroir poussant à l’identification compulsive voire pathologique des petits garçons jusqu’à l’âge adulte aux héros américains (tels Burt Lancaster sur lequel Blutch semble faire une fixette et semble prendre un malin plaisir à démystifier) ?
Blutch insuffle à sa réflexion une poésie âpre et hallucinée soulignée par un trait épais et anguleux, comme s’il avait dessiné avec un couteau. Structuré de façon aléatoire, tel un monologue intérieur à bâtons rompus, le propos est cérébral et torturé et pourra rebuter quiconque n’est pas cinéphile dans le sens noble du terme, si tant est que l’on trouve une noblesse au 7ème art. Moins attiré par les salles obscures depuis quelques temps, je ne pouvais être qu’interpelé par le titre de cet album, qui je dois dire, a apporté un peu d’eau à mon moulin et ne fera que me rendre davantage indifférent vis-à-vis du cinéma, tout particulièrement l’industrie hollywoodienne et ses acteurs dont les nombrils réunis pourraient contenir toute l’eau du Pacifique. Mais après tout, s’il y en a que ça fait encore rêver… En résumé, une œuvre à lire et à relire afin d’en saisir toutes les subtilités.
Malgré son rôle clé, Ozymandias est l'un des personnages les plus mystérieux de Watchmen. On ne sait de lui finalement que la surface des choses. Et découvrir sa biographie complète et l'évolution de son esprit jusqu'aux événements imaginés par Alan Moore était une chose qui attisait ma curiosité. D'autant que c'est Len Wein, vétéran de chez DC Comics ayant créé Swamp Thing avant de le transmettre précisément à Moore, qui s'était attelé à cette tâche.
A l'inverse, cependant, c'est le choix du dessinateur qui a failli me faire hésiter à l'achat. Car Jae Lee a réalisé auparavant La Tour sombre et je n'aime pas son graphisme trop proche de l'illustration figée et abusant de silhouettes et aplats noirs sur des fonds de dégradés informatiques. Le ton plus lumineux des planches d'Ozymandias ainsi que la certaine majesté que Jae Lee donne au personnage me semblait cependant pouvoir me convenir. Et effectivement la lecture fut plutôt agréable même si je reste peu amateur de ce style graphique.
Mais c'est surtout l'histoire qui m'a plu.
On n'y apprend rien de vraiment novateur par rapport à l'oeuvre originelle d'Alan Moore mais le personnage d'Alan Veidt y est très bien approfondi. C'est une belle mise en image d'un parcours qu'on imaginait déjà et qui se présente de manière bien construite, crédible et prenante. On y suit les événements depuis l'époque des anciens Minutemen jusqu'aux tous débuts de Watchmen en étant replongé dans son ambiance à la fois formidable et désabusée.
Attention cependant à ne surtout pas lire cet ouvrage avant d'avoir lu Watchmen lui-même car une grande part de son intrigue y est dévoilée, puisqu'on participe à la mise en place progressive de son élément clé.
Moins audacieux que Before Watchmen - Minutemen qui apportait vraiment du neuf à l’univers de Watchmen, cet album là est davantage dans l'hommage, l'approfondissement et l’éclaircissement de zones d'ombre mais c'est une très agréable lecture, soutenue par un scénario solide qui donne vie de belle manière à l'exceptionnel Alan Veidt et son alter ego Ozymandias.
Une charge sévère et subtile contre le racisme et le rejet de l'inconnu, qui prend une ampleur toute particulière à une époque où le rejet de l'autre est une tendance de fond, que ce soit au plan national mais aussi au plan européen. Les auteurs ont parfaitement réussi à dénoncer ce qu'il y a de pire dans le genre humain, c'est à dire une bêtise insondable qui conduit des individus arriérés à emprisonner, à juger et à condamner à mort un singe qu'ils confondent avec un espion français. Pourtant, ils n'ont jamais vu ni l'un ni l'autre dans la triste existence qu'ils mènent dans un village côtier de l'Angleterre à l'époque napoléonienne. Et quand la bêtise se mêle aux instincts grégaires, inutile de raisonner la meute avide de vengeance.
A la fin du récit on se demande véritablement qui de l'animal ou de l'homme est l'être le plus humain.
Cet album est donc une véritable réussite qui mérite très largement les critiques élogieuses dont il a fait l'objet, et notamment le prix des libraires de BD pour l'année 2013.
Hourrah ! je possédais cet album que j'ai hélas perdu (avec d'autres) dans un déménagement, et je viens de le retrouver récemment après plusieurs années de recherches, chez un nouveau bouquiniste de ma région rencontré lors d'un petit festival BD. Quelle joie d'avoir retrouvé cet album car c'est presque un chef-d'oeuvre ; il fait partie de la belle collection Mythologie que Glénat a lancée au début des années 80, et qui comprenait aussi 2 albums de Michel Faure sur la Bible, ainsi que le fameux Ulysse de Pichard et Lob. Ces albums se démarquaient totalement des autres productions Glénat à l'époque par leur nombre de pages conséquent, rompant ainsi avec le classique 44 ou 46 planches, et par leur grand format.
Grâce à ce procédé, les auteurs ne sont pas limités et bridés dans leur conception de l'Iliade ; cette adaptation de Stoquart se veut respectueuse de l'oeuvre d'Homère et de son souffle poétique, bien perceptible dans les dialogues qui lui rendent justice ; attention aux lecteurs non habitués à ce type de phrasé, ça peut parfois briser le rythme et surtout donner au récit un côté un peu théâtral et factice, mais dans les bonnes traductions de l'Iliade, c'est un peu similaire. En de courts chapitres de 4 à 8 pages qui suivent les chants homériques, Stoquart aborde tous les grands chapitres de cette épopée, c'est la véritable histoire qui est contée, basée sur Homère et sur des ouvrages sérieux, avec tous ses grands acteurs.
Le dessin de Follet est superbe de simplicité dans le sens où il produit un dessin qui semble proche de l'ébauche ou du trait vite esquissé, mais qui par un vrai tour de magie parvient à être très expressif et à enrober des personnages de belle façon, en allant à l'essentiel, et en ne s'encombrant pas trop de décors de fond ; tout est dans le mouvement, dans un style graphique qui évolue entre ceux de Gillon, Chéret et Cuvelier, magnifié par un noir et blanc dépouillé, brut et très pur. On ne peut que lui reprocher de donner des physiques parfois quelconques à des héros comme Achille ou Ulysse, et à écourter certaines séquences comme celle du cheval de Troie, du rachat de Hector par Priam, ou de la mort d'Achille avec sa flèche dans le talon...Mais ça reste un très bel ouvrage, si vous le voyez en occase, n'hésitez pas un instant.
Smoking queue-de-pie et heaume médiéval sur la tête, c'est la tenue permanente du mystérieux Monsieur Choc, ennemi récurrent de Tif et Tondu depuis le milieu des années 50. Génie du crime à la Moriarty et à la tête de l'organisation de la Main Blanche, il imagina un nombre incroyable de cambriolages formidables, de machinations sournoises voire de prises de pouvoirs sur de petits pays tout entiers au cours des nombreux albums qui l'ont mis en scène. Invincible, il revenait toujours quand on le croyait mort. Et toujours il sut garder sa véritable identité secrète, ne laissant de lui que le symbole d'un adversaire rusé, élégant et insaisissable.
Une série le mettant à l'honneur apparaît dès lors comme une évidence même si les jeunes lecteurs d’aujourd’hui sont peu nombreux à connaitre encore les fameux Tif et Tondu.
Les auteurs ont su prendre cela en compte en créant un diptyque qui peut se lire de façon totalement indépendante et racontant la jeunesse du fameux personnage et ces agissements juste avant sa rencontre avec le duo détective.
C'est avec classe que Stéphane Colman et Eric Maltaïte vont raconter la naissance et l'enfance difficile du garçon qui deviendra l'impitoyable Choc. De 1917 à 1955 et par le biais de flash-back, nous allons suivre la vie de la mère du jeune Eden Cole de France en Angleterre, puis les espoirs et cruelles déconvenues de ce dernier. En parallèle, l'intrigue raconte la dernière action d'éclat d'un Monsieur Choc arrivé au faîte de sa puissance et comment il met de l'ordre dans son passé, récompensant secrètement ceux qui ont aidé sa famille et se vengeant des autres. C'est un récit dur et réaliste, loin de la légère naïveté dont faisait preuve certains albums de Tif et Tondu, même si Choc n'y était déjà pas un enfant de chœur.
Le dessin de Maltaïte y est de très belle qualité, soigné et élégant. Le récit de Colman est un peu complexe au départ du fait des sauts chronologiques dispersés mais on s'y retrouve rapidement et le puzzle se met parfaitement en place.
C'est là une belle série qui rend hommage avec brio à un personnage intéressant et lui offre un passé captivant qui donne envie d'en savoir plus encore. Les amateurs de Tif et Tondu tomberont sous le charme et le autres découvriront un récit noir, prenant et vraiment bien construit.
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Kraa
L’histoire n’est pas la plus originale qui soit et je ne suis pas surpris que ce scénario ait d’abord été pensé pour un jeu vidéo avant de devenir une série de bande dessinée. On retrouve en effet des thèmes assez classiques comme l’opposition entre la nature sauvage et la sauvagerie urbanisée, entre le gentil indien et les méchants colonisateurs, l’arrivée de la modernité et sa volonté de dominer l’environnement ou encore l’histoire d’amitié entre un enfant et un animal. Les personnages sont eux aussi très classiques. En vrac, on a l’ignoble méchant pas beau, le gentil petit indien qui a vu sa famille se faire massacrer, la jeune et jolie infirmière qui prend le parti du plus faible, le maire ambitieux et sans scrupules, et l’aigle comme symbole de la nature sauvage et impitoyable. Avec de tels éléments, il était facile de tomber dans la caricature. Tout le talent de Benoit Sokal est d’éviter cet écueil en nous offrant un récit sombre et lumineux à la fois, et à l’issue incertaine. Autre point fort : une narration en voix off réalisée du point de vue d’un aigle. Cette approche est à la fois originale et permet d’introduire toute la sauvagerie du récit tout en gardant un aspect froid et pragmatique. Et puis vient le dessin de Sokal. Excellent dans ses décors, très soigné au niveau de la colorisation, toujours avec cette petite pointe de caricature dans ses personnages (ce qui facilite leur distinction), il est un magnifique véhicule pour cette histoire. Ma seule critique concernera la progression du scénario. En cours de route, l’auteur s’offre plusieurs possibilités de développement et en abandonne en fonction de ses choix. C’est compréhensible mais cela laisse parfois le sentiment de passages inutiles (toutes les séquences sur la stabilité de la ville, très présentes dans le tome 2 et purement et simplement oubliées dans le tome 3 – comment la ville est devenue stable demeure un mystère, et Sokal préfère éluder la question plutôt que d’apporter une réponse plausible). Cà et là, il y a ainsi des ramifications du scénario qui sont abandonnées, laissant au lecteur que je suis le sentiment d’un élagage. Comme si l’auteur s’était senti à l’étroit dans ce format et avait dû effectuer des coupes sombres dans son synopsis de départ. Faible critique face à l’ensemble des qualités précitées. Ma cote oscille entre le 3/5 et le 4/5. La qualité du dessin m’incite à la générosité, d’autant plus facilement que le final n’est pas (trop) convenu. Achat conseillé donc, d’autant plus que la série est disponible dans un coffret de trois tomes au prix de deux.
Charly 9
Je me joins à l’ensemble des autres lecteurs. Cet album m’a beaucoup plu par son découpage original, son personnage de roi antihéroïque minable au possible, ses clins d’œil saugrenus à la bande dessinée franco-belge classique, son aspect historique indéniable, ses changements de style graphique en fonction de la thématique des différents chapitres. Je suis tombé des nues, j’ai appris, j’ai ri. Que pouvais-je demander de plus ? Richard Guérineau sort ici une œuvre très originale, adaptée d’un roman de Teulé que je n’ai pas lu. Je n’ai cependant pas senti qu’il s’agissait d’une adaptation tant tout est fluide et s’enchaine avec logique. Un très bon album, tout simplement.
Oracle
Après les Elfes décliné en plusieurs volumes indépendants, l'éditeur Soleil réitère avec Oracle qui va nous conter 5 récits mythologiques dans l'univers de la Grèce antique. On commence très fort par la pythie pour une histoire aux multiples rebondissements. Le dessin est soigné ainsi que l'écriture du scénario. C'est du haut de gamme. Olivier Peru est un scénariste au sommet de son art. Il maîtrise parfaitement toutes les ficelles qui nous font passer un agréable moment de lecture. Je dois bien avouer que j'ai été bluffé et cela me plaît. Manipulations et duperies seront les maîtres-mots de dieux voulant en découdre avec les êtres humains afin de mieux asseoir leur pouvoir. Tout cela va se terminer en tragédie grecque et nous le savons... Côté graphique, on est également beaucoup gâté car c'est époustouflant de beauté. L'éditeur Soleil a franchement augmenté la qualité au cours de ces dernières années. Force est de le constater. La présentation est parfaite. Rien à redire. Bref, nous avons là une histoire captivante pour une série qui débute sur les chapeaux de roues. Le futur n'est-il que vengeance ?
Universal War Two
Je n'avais que peu de souvenirs des six premiers tomes d'Universal War One, guerre temporelle qui projetait le lecteur dans le futur puis dans le passé d'une Terre en danger. De mémoire, j'en garde un bon souvenir, une très bonne lecture que j'ai toujours recommandée. J'ai donc ouvert ce premier tome du deuxième cycle sans réelle attente, à la fois impatient de découvrir la suite d'une série que j'avais trouvée intelligente et bien écrite et sans exigences pour une œuvre que je n'avais pas pris le temps de relire. Je trouve que Bajram réussit un tour de force en réussissant à resituer le lecteur qui n'aurait pas pris le temps de relire le premier cycle sans pour autant être trop envahissant. Ainsi l'intrigue principale vient s'entrecroiser avec les faits historiques qui ont poussé l'humanité à s'exiler sur Mars. C'est bien mené, bien écrit, on replonge dans le passé pour mieux comprendre les événements en cours. L'intrigue reprend les même points forts que le premier cycle : un événement inconnu et titanesque vient déclencher de nombreuses interrogations (spoiler : j'espère que ce n'est pas une simple question d'IA). L'auteur nous présente les principaux acteurs de cette aventure scientifique. Sans être vraiment attachants, ils paraissent crédibles. Le dessin est de bonne facture, sans être vraiment incroyable de beauté, il parvient très bien à plonger le lecteur dans l'univers décrit. Le découpage est lui aussi de bonne qualité. Bien écrit, présentant une intrigue bien construite qui découle de la première guerre universelle, ce premier tome se lit rapidement et avec plaisir, il pose les bases d'une épopée qui, je l'espère, sera à la hauteur de mes attentes. J'attends déjà la suite avec impatience!
Il était une fois en France
Est-ce le fait d’avoir assisté enfant à la décapitation de ses parents qui a fait de Joseph Joanovici ce qu’il était ? Un personnage avec une forte part d’ombre, désabusé mais doté d’une pulsion vitale irrépressible qui lui faisait transformer en or la ferraille qu’il croquait pour distinguer le bon grain de l’ivraie… Avant de lire cette série, je n’avais jamais entendu parler du personnage. Les auteurs ont tenté de cerner cette part d’ombre avec précaution, en se gardant de tout jugement, lui rendant son humanité ainsi qu’une certaine dignité, lui en qui ses juges ne voulaient voir que le salaud de « collabo », sans prendre en compte le fait que ses « bons » rapports avec les Nazis lui avaient permis d’aider la résistance et de sauver des juifs des camps de la mort. Mais quoiqu’on en pense, « Monsieur Joseph » fascine, force le respect. De cette histoire vraie se déroulant dans un contexte historique tourmenté, les auteurs ont ainsi su tirer une saga captivante et romanesque, tout en s’efforçant de coller à la réalité des faits. Le scénario est particulièrement bien construit, et malgré les nombreux personnages pouvant parfois créer la confusion, on se laisse prendre par ce récit bénéficiant par ailleurs de textes à la hauteur et d’un dessin, qui, sans être original, est très soigné et reste tout à fait adapté à ce type d’histoire par son sens du détail. Tout comme la couleur, sobre et dans des tons peu contrastés, reflétant bien l’ambiance de l’époque. La mise en page et le cadrage sont en parfaite adéquation avec l’histoire, tout à fait efficaces pour insuffler la tension nécessaire. Restent les personnages, très bien campés pour la plupart. On est frappé de découvrir à quel point les deux femmes qui côtoyèrent le plus Monsieur Joseph, sa femme Eva (qu’il dût éloigner pour la protéger), et son assistante « Lucie-Fer », étaient profondément amoureuses de l'homme. Ce dernier ne semblait pas être un homme à femmes, alors qu’il aurait pu profiter de sa fortune pour passer du bon temps, mais c’est autre chose qui l’animait, quelque chose de plus secret, d’ineffable, peut-être le simple instinct de survie, lui pour qui toute sa vie a été placée sous le sceau de la menace et de la dissimulation. En conclusion, on peut dire que rien n’a été laissé au hasard, et qu’à aucun moment, on ne perçoit un relâchement du rythme ou de la cohérence. Jusqu’à la fin, particulièrement poignante. Indubitablement, « Il était une fois en France » reste pour moi une belle découverte et peut facilement figurer au classement des meilleures séries historiques françaises. Et sa présence dans les immanquables de BDT n’est pas usurpée, loin de là.
Pour en finir avec le cinéma
Cet album inclassable fournit à Blutch l’occasion de parcourir l’histoire du 7ème art, disséquant à l’aide de son trait acéré le modèle hollywoodien dans une tonalité très « nouvelle vague ». En quelques 80 pages, l’auteur s’interroge sur le rôle du cinéma et son rapport à l’art, et nous livre un constat amer et impitoyable : le cinéma est « la supercherie suprême, la bourgeoisie industrielle qui avance masquée ». Un piège tragique pour les acteurs qui sont conduits à livrer à tout le monde le spectacle de leur lente décrépitude malgré tous leurs efforts pour se farder et masquer les effets du temps… Blutch met ainsi en avant la dimension érotique du cinéma. Pour lui, les actrices sont des objets à fantasme manipulés par des producteurs-maquereaux. Le cinéma est LA révolution du XXème siècle : pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, des pin-ups à la plastique parfaite sont livrées en pâture au plus grand nombre, telles des victimes sacrificielles entre les mains d’industriels vénaux davantage préoccupés par le nombre d’entrées en salle que par l’aspect artistique (la métaphore de King Kong est parlante). Il en ressort une forte impression de désenchantement, même si on sent que l’auteur, de par son érudition, est - ou a été - un passionné de cinéma. L’album grouille de nombreuses références qui n’échapperont pas aux cinéphiles, en particulier ceux attachés à la grande époque « Quartier latin », d’ailleurs eux-mêmes égratignés au passage… Avec des questions contenant leurs propres réponses : La cinéphilie, simple pratique masturbatoire ? (« le ciné-club était une entreprise faite pour baiser »). Le cinéma, « filet à papillons pour petites filles » ? Miroir poussant à l’identification compulsive voire pathologique des petits garçons jusqu’à l’âge adulte aux héros américains (tels Burt Lancaster sur lequel Blutch semble faire une fixette et semble prendre un malin plaisir à démystifier) ? Blutch insuffle à sa réflexion une poésie âpre et hallucinée soulignée par un trait épais et anguleux, comme s’il avait dessiné avec un couteau. Structuré de façon aléatoire, tel un monologue intérieur à bâtons rompus, le propos est cérébral et torturé et pourra rebuter quiconque n’est pas cinéphile dans le sens noble du terme, si tant est que l’on trouve une noblesse au 7ème art. Moins attiré par les salles obscures depuis quelques temps, je ne pouvais être qu’interpelé par le titre de cet album, qui je dois dire, a apporté un peu d’eau à mon moulin et ne fera que me rendre davantage indifférent vis-à-vis du cinéma, tout particulièrement l’industrie hollywoodienne et ses acteurs dont les nombrils réunis pourraient contenir toute l’eau du Pacifique. Mais après tout, s’il y en a que ça fait encore rêver… En résumé, une œuvre à lire et à relire afin d’en saisir toutes les subtilités.
Before Watchmen - Ozymandias
Malgré son rôle clé, Ozymandias est l'un des personnages les plus mystérieux de Watchmen. On ne sait de lui finalement que la surface des choses. Et découvrir sa biographie complète et l'évolution de son esprit jusqu'aux événements imaginés par Alan Moore était une chose qui attisait ma curiosité. D'autant que c'est Len Wein, vétéran de chez DC Comics ayant créé Swamp Thing avant de le transmettre précisément à Moore, qui s'était attelé à cette tâche. A l'inverse, cependant, c'est le choix du dessinateur qui a failli me faire hésiter à l'achat. Car Jae Lee a réalisé auparavant La Tour sombre et je n'aime pas son graphisme trop proche de l'illustration figée et abusant de silhouettes et aplats noirs sur des fonds de dégradés informatiques. Le ton plus lumineux des planches d'Ozymandias ainsi que la certaine majesté que Jae Lee donne au personnage me semblait cependant pouvoir me convenir. Et effectivement la lecture fut plutôt agréable même si je reste peu amateur de ce style graphique. Mais c'est surtout l'histoire qui m'a plu. On n'y apprend rien de vraiment novateur par rapport à l'oeuvre originelle d'Alan Moore mais le personnage d'Alan Veidt y est très bien approfondi. C'est une belle mise en image d'un parcours qu'on imaginait déjà et qui se présente de manière bien construite, crédible et prenante. On y suit les événements depuis l'époque des anciens Minutemen jusqu'aux tous débuts de Watchmen en étant replongé dans son ambiance à la fois formidable et désabusée. Attention cependant à ne surtout pas lire cet ouvrage avant d'avoir lu Watchmen lui-même car une grande part de son intrigue y est dévoilée, puisqu'on participe à la mise en place progressive de son élément clé. Moins audacieux que Before Watchmen - Minutemen qui apportait vraiment du neuf à l’univers de Watchmen, cet album là est davantage dans l'hommage, l'approfondissement et l’éclaircissement de zones d'ombre mais c'est une très agréable lecture, soutenue par un scénario solide qui donne vie de belle manière à l'exceptionnel Alan Veidt et son alter ego Ozymandias.
Le Singe de Hartlepool
Une charge sévère et subtile contre le racisme et le rejet de l'inconnu, qui prend une ampleur toute particulière à une époque où le rejet de l'autre est une tendance de fond, que ce soit au plan national mais aussi au plan européen. Les auteurs ont parfaitement réussi à dénoncer ce qu'il y a de pire dans le genre humain, c'est à dire une bêtise insondable qui conduit des individus arriérés à emprisonner, à juger et à condamner à mort un singe qu'ils confondent avec un espion français. Pourtant, ils n'ont jamais vu ni l'un ni l'autre dans la triste existence qu'ils mènent dans un village côtier de l'Angleterre à l'époque napoléonienne. Et quand la bêtise se mêle aux instincts grégaires, inutile de raisonner la meute avide de vengeance. A la fin du récit on se demande véritablement qui de l'animal ou de l'homme est l'être le plus humain. Cet album est donc une véritable réussite qui mérite très largement les critiques élogieuses dont il a fait l'objet, et notamment le prix des libraires de BD pour l'année 2013.
L'Iliade (Follet)
Hourrah ! je possédais cet album que j'ai hélas perdu (avec d'autres) dans un déménagement, et je viens de le retrouver récemment après plusieurs années de recherches, chez un nouveau bouquiniste de ma région rencontré lors d'un petit festival BD. Quelle joie d'avoir retrouvé cet album car c'est presque un chef-d'oeuvre ; il fait partie de la belle collection Mythologie que Glénat a lancée au début des années 80, et qui comprenait aussi 2 albums de Michel Faure sur la Bible, ainsi que le fameux Ulysse de Pichard et Lob. Ces albums se démarquaient totalement des autres productions Glénat à l'époque par leur nombre de pages conséquent, rompant ainsi avec le classique 44 ou 46 planches, et par leur grand format. Grâce à ce procédé, les auteurs ne sont pas limités et bridés dans leur conception de l'Iliade ; cette adaptation de Stoquart se veut respectueuse de l'oeuvre d'Homère et de son souffle poétique, bien perceptible dans les dialogues qui lui rendent justice ; attention aux lecteurs non habitués à ce type de phrasé, ça peut parfois briser le rythme et surtout donner au récit un côté un peu théâtral et factice, mais dans les bonnes traductions de l'Iliade, c'est un peu similaire. En de courts chapitres de 4 à 8 pages qui suivent les chants homériques, Stoquart aborde tous les grands chapitres de cette épopée, c'est la véritable histoire qui est contée, basée sur Homère et sur des ouvrages sérieux, avec tous ses grands acteurs. Le dessin de Follet est superbe de simplicité dans le sens où il produit un dessin qui semble proche de l'ébauche ou du trait vite esquissé, mais qui par un vrai tour de magie parvient à être très expressif et à enrober des personnages de belle façon, en allant à l'essentiel, et en ne s'encombrant pas trop de décors de fond ; tout est dans le mouvement, dans un style graphique qui évolue entre ceux de Gillon, Chéret et Cuvelier, magnifié par un noir et blanc dépouillé, brut et très pur. On ne peut que lui reprocher de donner des physiques parfois quelconques à des héros comme Achille ou Ulysse, et à écourter certaines séquences comme celle du cheval de Troie, du rachat de Hector par Priam, ou de la mort d'Achille avec sa flèche dans le talon...Mais ça reste un très bel ouvrage, si vous le voyez en occase, n'hésitez pas un instant.
Choc
Smoking queue-de-pie et heaume médiéval sur la tête, c'est la tenue permanente du mystérieux Monsieur Choc, ennemi récurrent de Tif et Tondu depuis le milieu des années 50. Génie du crime à la Moriarty et à la tête de l'organisation de la Main Blanche, il imagina un nombre incroyable de cambriolages formidables, de machinations sournoises voire de prises de pouvoirs sur de petits pays tout entiers au cours des nombreux albums qui l'ont mis en scène. Invincible, il revenait toujours quand on le croyait mort. Et toujours il sut garder sa véritable identité secrète, ne laissant de lui que le symbole d'un adversaire rusé, élégant et insaisissable. Une série le mettant à l'honneur apparaît dès lors comme une évidence même si les jeunes lecteurs d’aujourd’hui sont peu nombreux à connaitre encore les fameux Tif et Tondu. Les auteurs ont su prendre cela en compte en créant un diptyque qui peut se lire de façon totalement indépendante et racontant la jeunesse du fameux personnage et ces agissements juste avant sa rencontre avec le duo détective. C'est avec classe que Stéphane Colman et Eric Maltaïte vont raconter la naissance et l'enfance difficile du garçon qui deviendra l'impitoyable Choc. De 1917 à 1955 et par le biais de flash-back, nous allons suivre la vie de la mère du jeune Eden Cole de France en Angleterre, puis les espoirs et cruelles déconvenues de ce dernier. En parallèle, l'intrigue raconte la dernière action d'éclat d'un Monsieur Choc arrivé au faîte de sa puissance et comment il met de l'ordre dans son passé, récompensant secrètement ceux qui ont aidé sa famille et se vengeant des autres. C'est un récit dur et réaliste, loin de la légère naïveté dont faisait preuve certains albums de Tif et Tondu, même si Choc n'y était déjà pas un enfant de chœur. Le dessin de Maltaïte y est de très belle qualité, soigné et élégant. Le récit de Colman est un peu complexe au départ du fait des sauts chronologiques dispersés mais on s'y retrouve rapidement et le puzzle se met parfaitement en place. C'est là une belle série qui rend hommage avec brio à un personnage intéressant et lui offre un passé captivant qui donne envie d'en savoir plus encore. Les amateurs de Tif et Tondu tomberont sous le charme et le autres découvriront un récit noir, prenant et vraiment bien construit.