Pour en finir avec le cinéma

Note: 3/5
(3/5 pour 4 avis)

Pour en finir avec le cinéma est un hommage au cinéma rendu par Blutch le dessinateur virtuose.


Blutch Cinéma

L'histoire se décompose en plusieurs saynètes. Chacune rendant un hommage au cinéma. Chaque scène est donc un moment de cinéma où un acteur, un réalisateur ou un film sont mis à l'honneur.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 09 Septembre 2011
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Pour en finir avec le cinéma
Les notes (4)
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05/10/2011 | JAMES RED
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Par Blue Boy
Note: 4/5
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Cet album inclassable fournit à Blutch l’occasion de parcourir l’histoire du 7ème art, disséquant à l’aide de son trait acéré le modèle hollywoodien dans une tonalité très « nouvelle vague ». En quelques 80 pages, l’auteur s’interroge sur le rôle du cinéma et son rapport à l’art, et nous livre un constat amer et impitoyable : le cinéma est « la supercherie suprême, la bourgeoisie industrielle qui avance masquée ». Un piège tragique pour les acteurs qui sont conduits à livrer à tout le monde le spectacle de leur lente décrépitude malgré tous leurs efforts pour se farder et masquer les effets du temps… Blutch met ainsi en avant la dimension érotique du cinéma. Pour lui, les actrices sont des objets à fantasme manipulés par des producteurs-maquereaux. Le cinéma est LA révolution du XXème siècle : pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, des pin-ups à la plastique parfaite sont livrées en pâture au plus grand nombre, telles des victimes sacrificielles entre les mains d’industriels vénaux davantage préoccupés par le nombre d’entrées en salle que par l’aspect artistique (la métaphore de King Kong est parlante). Il en ressort une forte impression de désenchantement, même si on sent que l’auteur, de par son érudition, est - ou a été - un passionné de cinéma. L’album grouille de nombreuses références qui n’échapperont pas aux cinéphiles, en particulier ceux attachés à la grande époque « Quartier latin », d’ailleurs eux-mêmes égratignés au passage… Avec des questions contenant leurs propres réponses : La cinéphilie, simple pratique masturbatoire ? (« le ciné-club était une entreprise faite pour baiser »). Le cinéma, « filet à papillons pour petites filles » ? Miroir poussant à l’identification compulsive voire pathologique des petits garçons jusqu’à l’âge adulte aux héros américains (tels Burt Lancaster sur lequel Blutch semble faire une fixette et semble prendre un malin plaisir à démystifier) ? Blutch insuffle à sa réflexion une poésie âpre et hallucinée soulignée par un trait épais et anguleux, comme s’il avait dessiné avec un couteau. Structuré de façon aléatoire, tel un monologue intérieur à bâtons rompus, le propos est cérébral et torturé et pourra rebuter quiconque n’est pas cinéphile dans le sens noble du terme, si tant est que l’on trouve une noblesse au 7ème art. Moins attiré par les salles obscures depuis quelques temps, je ne pouvais être qu’interpelé par le titre de cet album, qui je dois dire, a apporté un peu d’eau à mon moulin et ne fera que me rendre davantage indifférent vis-à-vis du cinéma, tout particulièrement l’industrie hollywoodienne et ses acteurs dont les nombrils réunis pourraient contenir toute l’eau du Pacifique. Mais après tout, s’il y en a que ça fait encore rêver… En résumé, une œuvre à lire et à relire afin d’en saisir toutes les subtilités.

20/04/2014 (modifier)
Par Spooky
Note: 2/5
L'avatar du posteur Spooky

Je pense que je dois être passé à côté d'un truc. Car enfin, la cinéphilie de Blutch n'est pas à prouver quand on lit cet album. Il s'y montre très érudit, passionné, capable de composer des histoires entières -même si courtes- avec des bribes de films. Mais à côté de tout cela, je me suis ennuyé ferme. Parce que je suis un cinéphile aussi, mais que la moitié des références m'est passé très loin au-dessus de la tête. Non que je les ignore, mais ça m'a profondément fait chier. Peut-être parce que le ton est trop doctoral, trop "inrock", je ne sais pas... Je pense que la meilleure façon d'inculquer des notions ou de transmettre une passion, est de le faire de façon ludique, pas hautaine comme 'auteur le fait ici. Bon, le dessin est sympa, et Blutch est tout de même un sacré dessinateur pour réussir à reproduire à la perfection des visages d'acteurs ou des scènes de films... Bof, un pétard mouillé pour moi...

20/03/2012 (modifier)
Par cac
Note: 2/5

J'ai d'abord lu cet album. Puis 3 jours après je l'ai relu. Pas parce que j'avais adoré, c'est plutôt le contraire. Je me disais que j'étais complètement passé à côté, je m'acharne un peu, Blutch n'est pas donné au premier venu. C'est le cas de le dire ici car "pour en finir avec le cinéma" rend un hommage passionné de l'auteur au 7ème art, tout en utilisant pour cela le 9ème de fort belle manière d'ailleurs. Oui son dessin est très beau. De plus il marque ses scènes en les dissociant par des couleurs différentes, jaune, puis bleu etc. Cela m'a parfois fait sourire, la façon qu'il a de se représenter en vieux cinéphile à la conduite masturbatoire par exemple. Mais globalement je n'arrive pas à rentrer dans son monde. Où veut-on en venir ? L'album est une suite de scénettes inspirées du cinéma, revisitez vos classiques, mais sans réel fil conducteur si ce n'est pour Blutch de déclarer son amour à Burt Lancaster ou Michel Piccoli. Certes le cinéma est un vaste sujet malgré seulement quelques décennies d'existence. J'ai entendu parler de Luis Buñuel ou Visconti même si je crois n'avoir jamais vu aucun de leurs films. Pour autant je ne pense pas qu'il faille être un familier de ce cinéma pour apprécier l'oeuvre de Blutch. Non non c'est juste le style Blutch qui ne passe pas, je n'avais déjà pas aimé Peplum, et à peine plus La Volupté, malgré toute ma bonne volonté cet hommage au cinéma ne passe pas mieux.

16/01/2012 (modifier)
Par JAMES RED
Note: 4/5

Ce livre est une œuvre d’art. Il ne faut pas se fier au titre provocateur qui pourrait laisser penser à une destruction en règle du cinéma. En réalité, Blutch rend un hommage vibrant et tonitruant au cinéma, mais pas à n’importe quel cinéma celui des années 50 à 70. Le dessin du virtuose est comme toujours prodigieux, magnifiant certaines des plus belles scènes de l’histoire du cinéma, que ce soit la scène du bal dans « le guépard » de Visconti ou la scène d’amour du « mépris » de Godard. Blutch en profite pour glorifier ses acteurs et réalisateurs fétiches : Godard, les gueules cassées William Holden ou Kirk Douglas croisent Burt Lancaster ou encore Michel Piccoli. Les femmes, comme toujours chez Blutch sont présentes et les actrices surtout américaines : Rita Hayworth, ou Ava Gardner resplendissent grâce à ce dessin expressionniste. La sexualité comme souvent chez Blutch n’est pas absente. Elle ressurgit de façon parfois assez crue et de manière fantasmée. Bien évidemment, on pourra reprocher à Blutch comme toujours son absence ou son refus de narration. Mais il s’agit simplement de s’immerger dans cet album qui, pour tout amateur de cinéma rappellera d’excellents souvenirs.

05/10/2011 (modifier)