Les derniers avis (32040 avis)

Par montane
Note: 4/5
Couverture de la série Mauvais genre
Mauvais genre

Il est étonnant de voir comment à partir d'un même thème des auteurs peuvent nous proposer un traitement totalement différent. Le point de départ de l'histoire est un peu le même que celui du "Sursis" de Gibrat où une personne est contrainte de se cacher pour échapper à la guerre. Mais là où le héros de Gibrat décide de se cacher et de contempler l'histoire qui se joue sans lui, le personnage de Chloé Cruchaudet qui a fuit les tranchées ne supporte plus l'enfermement et décide de se travestir en femme pour regagner le monde extérieur. Peu à peu, il va prendre goût à sa nouvelle vie, et deviendra un des piliers des nuits animées du bois de Boulogne. Il verse progressivement dans l'homosexualité, dans la prostitution au point que sa vie de couple n'y résistera pas. Je vous laisse le soin de lire ce récit pour en découvrir la fin. J'avoue ne pas avoir toujours été très à l'aise avec certains passages de la nouvelle vie de cet ancien soldat, ni avec un certain vocabulaire un peu trop cru à mon goût. Chloé Cruchaudet tombe d'ailleurs dans un travers dont sont coutumiers certains cinéastes de films historiques, à savoir qu'ils utilisent un vocabulaire moderne dans la bouche de personnages qui évoluent à de lointaines époques ce qui nuit à la crédibilité du récit. Néanmoins, force est de constater que cette histoire est une vraie réussite, comme nous en proposent souvent les éditions Delcourt, avec de superbes planches dessinées dans des tons noir, gris et blanc, tout juste agrémentées du rouge de la couleur d'une robe ou d'un rouge à lèvre. Je conçois que cette histoire ne plaira sûrement pas à tout le monde, mais elle mérite le succès critique qui fut le sien à sa sortie tout comme sa place dans la sélection du dernier festival d'Angoulême.

19/04/2014 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série La Collectionneuse
La Collectionneuse

Cet album reprend un peu le principe de Conventum à savoir qu'on va suivre Pascal Girard tout au long de l'album et il ne lui arrive que des malheurs. Ici, il vit chez un copain après sa rupture avec sa petite amie, il se trouve un emploi dans la construction et il tombe amoureux d'une femme qui vole des livres dans une librairie ! J'ai trouvé que l'histoire était bien menée et j'ai rigolé à plusieurs moments. Pascal Girard est décidément sympathique comme héros de bd et cette fois-ci je pense que tout est inventé ou alors il a une vie pas possible. J'aime bien son dessin que je trouve à la fois personnel et dynamique. Sa narration est fluide et j'ai lu son album facilement. Un bon moment de lecture.

18/04/2014 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Motherfucker
Motherfucker

J'ai vu cette année un excellent film alors que j'étais tout seul dans la salle de cinéma ce qui m'arrive assez rarement. Etait-ce alors un navet ? Non, puisque le film 12 years a slave allait emporter quelques temps plus tard l'oscar du meilleur film ce qui a eu d'ailleurs un effet notable pour sa fréquentation. Quoiqu'il en soit, j'aime bien découvrir de belles pépites avant tout le monde. Motherfucker est le prolongement de la lutte du peuple noir pour ses droits civiques et ses libertés dans les années 60. C'est un thème que j'aime beaucoup et qui était déjà exploité dans le film Le Majordome. Le mouvement des Blacks Panthers est présenté sous son meilleur jour. On sait que la réalité était un peu plus complexe. Qu'importe car le message contre la ségrégation raciale semble être passé. J'avoue ne pas comprendre l'absence de négociation pacifique. C'est ce qui entraîne les troubles ou les guerres à travers le monde. Les populations quelles que soient leurs origines ne devraient jamais subir exclusion et racisme. Le peuple noir a beaucoup souffert. Ce diptyque rend hommage à ce combat juste. Obama n'a pas été élu pour rien.

18/04/2014 (modifier)
Par Tomeke
Note: 4/5
Couverture de la série Before Watchmen - Minutemen
Before Watchmen - Minutemen

Excellente première mise en bouche pour Before Watchmen. Dans un premier temps, quel plaisir de retrouver l’univers de la série culte. Ici, il est question des Minutemen, les super-héros qui ont précédé les Watchmen. Enfin, super-héros, on se comprend car encore une fois, c’est nettement plus nuancé. Et c’est en cela que ce prequel est une très bonne réussite. Le récit est très bien foutu et narré par Hollis, le premier Hibou qui souhaite ici publier un bouquin sur sa bande de sauveurs. Qu’est-ce que c’est bien construit et bien amené. Pour le coup, et je suis convaincu que c’était l’objectif premier, cela donne du poids et une véritable consistance à l’histoire principale. Le graphisme est certes classique mais réussi à rendre l’album cohérent. Il lui manque peut-être un petit aspect dynamique. En guise de conclusion, voilà une excellente entrée en matière. Je suis hyper emballé de découvrir la suite et d’en découvrir plus sur cet univers. Watchmen est un must et ces albums viendront, je l’espère autant que ce premier tome, compléter cet univers mythique.

18/04/2014 (modifier)
Par Pacman
Note: 4/5
Couverture de la série Les Vieux Fourneaux
Les Vieux Fourneaux

Lupano, c'est vraiment un scénariste qui monte: il trouve le bon ton, avec humour et profondeur, dans tous les genres, les personnages sont finement construits, il sait terminer ses séries en quelques tomes... Vraiment un plaisir à chaque nouvelle série. Il est en plus servi ici par un excellent dessin, très dynamique, soigné... Déjà pour le coté technique, c'est du très bon... Pour ce qui est de l'histoire, ça part pas mal du tout. Des papis qui diminuent physiquement mais qui ne "lâchent pas l'affaire". Il n'aiment pas ce que le monde est devenu et ils comptent bien agir, surtout avec l'aide d'une petite fille qui leur rappelle sa grand mère, femme remarquable s'il en était. Le décor est planté, le monde n'a qu'à bien se tenir, les vieux fourneaux sont encore chauds...

18/04/2014 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Vito
Vito

3.5 La première chose qui m'a frappé en ouvrant le premier tome est le dessin qui est absolument superbe. Le dessin est réaliste sans être figé et les couleurs sont absolument parfaites ! Le scénario m'a tout de suite attiré. Le mystère autour du vieux film est bien exploité et je trouve la narration fluide. J'ai lu ces deux albums sans aucun problème ! Le seul défaut, c'est que les personnages ne sont pas très attachants. Ils ne sont pas mémorables pour moi, mais cela ne gâche pas le plaisir que j'ai eu durant ma lecture. Je suis toutefois un peu inquiet parce que si le second tome est bon, j'ai toutefois préféré le premier et j'ai peur que la qualité baisse dans les albums suivants.

16/04/2014 (modifier)
Par bb
Note: 4/5
Couverture de la série Revenants
Revenants

Par un jeu des couleurs subtil porté par le dessin de Maël (déjà dessinateur de la bande dessinée Notre Mère la Guerre, avec Kris au scénario), la bande dessinée rend parfaitement compte du décalage entre "ici" et "là-bas'' des militaires qui souffrent de ce symptôme post-traumatique qu'évoquent les médias sans jamais en expliquer la réalité. Les militaires sont à la fois "ici" (les Etats-Unis, leur "chez-eux", en noir et blanc) sans jamais être partis de "là-bas'' (l'Irak, leur guerre, en dégradés de rouge). Ne cherchez pas une bande dessinée sur la guerre en Irak, une BD de reportage en quête du sensationnel médiatique, ce n'est pas le propos. Que veut dire revenir de cette guerre ? Comment se réadapter à l'ordinarité du quotidien après un tel vécu ? Le côté "brouillon" de la BD, passant d'un personnage à l'autre, rend à la fois compte du reportage mené par Olivier Morel, mais surtout du "brouillon" qui règne dans la tête de ces "revenants", presque des morts-vivants tant ils semblent perdus après leur retour, incapables d'oublier les images des atrocités qu'ils ont vues et vécues, images qui les accompagnent au quotidien même dans des scènes de vie ordinaires, images qui ne quittent plus leur esprit, embrouillé entre cet "ici" et leur "ailleurs". A titre personnel, j'ai aimé que les auteurs ne fassent pas tout un tas d'apartés sur la guerre en Irak, ne cherchent pas à l'expliquer. Ce n'est pas le sujet de cette BD. Au final, leurs traumatismes auraient pu être ceux d'une autre guerre. C'est ce "brouillon" dans l'esprit des militaires revenus de la guerre qui est le sujet. Rendu par l'alternance entre le noir et blanc, et les dégradés de rouge. Où est l' "ici", où est l' "ailleurs" ? On s'y perd, ou plus précisément le lecteur, en se perdant, appréhende le chaos qui règne dans l'esprit des blessés psychologiques, qui ne savent plus où ils sont, revoient des images de la guerre en observant une maison, une affiche, une assiette, et repartent, dans leur esprit, Là-bas. Au final, comprendre cette guerre n'est pas ce qui fait le traumatisme, c'est bien se réadapter à cette vie trop ordinaire pour être acceptable après un tel vécu. Je n'ai pas vu le documentaire d'Olivier Morel (la BD fait suite à "L'âme des vivants", sans en être une adaptation : elle montre davantage le making-of du documentaire, et finalement est une BD de reportage où le scénariste est mis en scène dans son enquête), mais cela ne m'a pas manqué pour lire la BD. Peut-être est-ce finalement plus facile d'entrer dans cette BD sans la rattacher nécessairement au documentaire. Un BD coup de coeur, loin des clichés sur la guerre en Irak, qui porte sur le vécu et le regard de ceux qui ne sont pas des "gueules cassées", mais reviennent pourtant comme blessés de guerre, cassés psychologiquement.

16/04/2014 (modifier)
Par roquier83
Note: 4/5
Couverture de la série Marcel Labrume
Marcel Labrume

Excellente BD De mon avis superbe BD à conseiller, j’ai passé un agréable moment à la lecture de ses 2 tomes compilés dans l’album aux éditions Mosquito. Le contexte historique est éclairé en avant propos de chaque histoire ce qui permet un bref rappel des positions militaires de l’époque dans cette partie du monde. Dans le premier tome Marcel Labrume (le Beau Gosse) doit exfiltrer un juif vers la Palestine, ceci pour les beaux yeux d’une Américaine (La belle Blonde). Le récit est un peu confus sur le départ mais très vite les personnages se mettent en place. Marcel navigue dans cette partie de la Syrie sous administration française, entre des français Pétainiste, des français Gaulliste, la Gestapo, l’armée allemande. Dans le Second tome, à la recherche du temps perdu, on retrouve notre beau gosse dans un autre lieu, Libye-Tunisie Tobrouk, toujours en cavale, un peu 007, un peu paumé, un peu amoureux, dans une zone contrôlée par les italiens. Parti d’un camion volé aux italiens, de nombreuses péripéties pour rejoindre Tobrouk. Tout est très bien dessiné, les portraits sont finement détaillés, les décors sont très réalistes, le rendu en noir et blanc est excellent, très joli coup de crayon de Micheluzzi qui maîtrise parfaitement son dessin .

15/04/2014 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Luther Strode
Luther Strode

Il avait l’air pourtant bien sympathique ! Je parle de ce petit ado myope illustrant le premier tome de Luther Strode dans son édition française. Effectivement qui pourrait prétendre à un tel contenu gore et exhaustivement fun en le voyant réajuster sa paire de lunettes d’une main et tenir un curieux manuel simplement intitulé « Hercule » de l’autre. Bien sur les quelques nuances de sang ornant la couverture ne peuvent laisser présager d’un récit à ne pas mettre entre toutes les mains…. Partant d’un postulat identique à une série aussi classique que Spider-Man ou cynique que Kick-Ass, Luther Strode va n’en retenir que les germes (un jeune maigrichon impopulaire souhaitant modifier son destin) pour mieux les remixer dans un opéra sanglant, violent mais diablement fun… Le jeune homme, grande tige myope sans une once de muscles, est aux antipodes du standard californien américain sportif décérébré et coureur de jupons. Afin de briser ce stéréotype, Luther, grand amateur de films d’horreur et de comics (dont on aperçoit un peu trop les références sur les murs ou les tshirts portés) va découper un bon dans son mensuel préféré afin de recevoir la méthode Hercule, un apprentissage radical pour lui faire pousser des biscoteaux. Le seul hic est que cette méthode est un procédé maléfique utilisé à des fins plus radicales…. Ce qui ressemblerait à un récit de Stephen King ou à une relecture de Shazam va plutôt lorgner du côté de Ken le Survivant ou de Jason Voorhees… Luther va devenir de plus en plus impressionnant physiquement tout en développant une vitesse et des réflexes accrus. Difficile dès lors de pouvoir se maitriser lorsqu’on s’improvise Super Héros avec une carrure et un masque menaçants d’autant plus que les coups partent aussi vite que les problèmes vont arriver pour l’entourage de Luther…. Et qu’il ne semble pas être le seul à posséder ses pouvoirs car de mystérieuses créatures similaires sont à sa poursuite…. Avec un trait anguleux rappelant par certains côtés celui de Kevin O’Neill (qui a illustré entre autres la ligue chère à Alan Moore), c’est un autre Moore, Tradd de son prénom et illustre inconnu pour ma part, qui illustre le scénario dingue de Justin Jordan. Et j’avoue qu’à la vue du résultat final et des progrès amorcés entre les 2 premiers tomes, c’est un patronyme qu’on risque de revoir très prochainement. Le mot d’ordre de ce petit comics indépendant est de donner du fun sans grosse prise de têtes. Le scénario va droit à l’essentiel et calque beaucoup la progression d’un jeu video sans pour autant que la comparaison soit péjorative, bien au contraire. Du jeu vidéo, les auteurs en retiennent la progression par niveaux (on se croirait presque dans une arène de combat, avec décors explosés et les débordements gore qui ne seront pas du gout de tout le monde car on ne fait vraiment pas dans la finesse en explosant les corps et éparpillant les membres cassés ou arrachés dans tous les sens. Le résultat est plutôt spectaculaire et les scènes de combat nombreuses sont admirablement découpées et lisibles…. Mais les limites du raisonnable sont simplement affranchies avec le tome 2 admirablement sous titrée « La légende de Luther Strode ». La bonne idée a été d’établir une ellipse de 5 années entre les évenements du premier arc et du second. Luther est devenu un fugitif nébuleux et sanguinaire devenu à la fois une légende et surtout une menace pour toutes les mafias locales qui ne cessent de lui tendre des pièges… Lorsque son ancienne petite amie entre en scène, les choses ne vont pas se dérouler tout à fait comme prévu d’autant plus qu’un plan « B » avec un être génétiquement modifié comme lui et qui aurait pu être issu du bestiaire de la ligue des Gentlemen Extraordinaires fait également son entrée remarquée dans un récit fonçant à toutes berzingues dans les cordes ! C’est bien simple, j’ai même eu du mal à me souvenir d’avoir lu quelque chose d’aussi haletant alors qu’il ne s’agit que d’une succession de combats sanglants et pervers dont on exploite les décors, les protagonistes et même quelques malheureux innocents. Il faut dire que ce « Jack » a la classe. N’allez pas pour autant croire qu’il n’y ait pas d’histoire ! Justin Jordan introduit quelques flashbacks et précisions sur l’origine de ces fameux pouvoirs par petites touches histoire d’entretenir une société secrête au passé terrifiant et trouble. Sans grande originalité mais avec une efficacité redoutable, Luther Strode pose les bases d’une série parfaitement en phase avec ce que les amateurs de trash et de superhéros viennent chercher. On est loin des superslips de l’ère Marvel et tant mieux dans un sens mais on ne peut négliger sa propension à en offrir toujours plus sans pour autant se perdre dans des délires inutiles bien au contraire. Le troisième (et dernier ?) tome risque d’enfoncer le clou sur cette petite série sur laquelle tout amateur de rouge vermillon se doit de poser le regard. Après le talent et la légende devrait venir la consécration mais je n’aurais pas attendu ce troisième tome pour recommander vivement Luther Strode !

14/04/2014 (modifier)
Couverture de la série New York Trilogie (L'Immeuble) (Le Building)
New York Trilogie (L'Immeuble) (Le Building)

Hello les amis, Aujourd’hui j’ai l’esprit léger et le pas guilleret, un peu comme la floraison des cerisiers au Japon, car j’ai déterré pour vous un auteur figure de proue d’un renouveau bd aux US, j’ai nommé Will Eisner (ouais, rien que ça !). Ne prenant que mon courage à deux mains je suis parti tirer les vers du nez de mon libraire, ce qui n’était pas une mince affaire vu son rhume, et j’ai déniché un « pas si vieux que cela » (1987) bouquin portant le nom de « Building ». Pour la petite anecdote, Will Eisner est un gars genre bien mort (1917-2005) mais qui est devenu avec les années un pilier de l’art visuel de la BD américaine grâce notamment à une inventivité graphique en avance sur son temps, un style narratif unique et une vision des choses différente des us et coutumes de l’époque ; du coup il a été une inspiration pour pas mal d’auteurs underground et estampillé « bête de guerre » dans son genre. Il a même défini le concept du « roman graphique » tel qu’on le connait aujourd’hui c’est-à-dire des histoires bd sérieuses et pas forcément chiantes. Alors oui, aujourd’hui c’est presque du petit lait mais à l’époque les comics et bd avaient une connotation infantile et ça faisait un peu rétrograde quand un adulte un poil sérieux en lisait une (pointage du doigt, bonnet d’âne, ricanement, plumes et goudron, etc.). Bref, un auteur des plus célèbres outre-Atlantique à tel point que l’Oscar de la bande dessinée porte son nom. On ne va pas se repasser tout son curriculum en vue mais si l’on doit retenir quelques œuvres notables du gaillard, je ne citerais que The Spirit, A contract with God, Fagin le Juif, The building et j’en passe. The Building va nous téléporter à une époque où la longueur des jupes commençait à rétrécir et les pantalons à pinces étaient toujours à la mode ; nous voilà en plein sixties ! Quatre personnages complètement atypiques vont nous faire découvrir la vie d’un immeuble new-yorkais : un violoncelliste passionné, une femme infidèle éprise d’un poète, un homme aigri par l’argent ainsi qu’une personne ayant eu un traumatisme et qui s’est donné pour mission d’aider les enfants, voilà pour nos guides attitrés. Tous vont partager une histoire, leurs histoires ; parfois triste, mélancolique et avec des sursauts de joies ayant pour lieu commun : l’immeuble (The Building en VO) ; cet immeuble qui est justement l’élément central, et qui sera le témoin de cette tranche de vie, du temps qui passe et des liens entre les hommes. Un immeuble peut-il avoir une âme ? Vous l’aurez compris, ici on ne cogne pas, pas de communistes en mal de destructions massives ni de terroristes palestino-indiens, et encore moins de tripes virevoltantes ne vous laissant pas le temps de faire marcher vos neurones. Au contraire, décapsulez une boisson gazeuse, respirez un bon coup et mettez-vous plutôt à l’aise sous la couette. Visuellement c’est beau, sobre, agréable à lire et est un vrai plaisir à regarder avec sa mise en page hors-norme remplie d’audace graphique et au dessin épuré ; chaque planche est émouvante et emplie d’émotions et vous plongera dans le gris de l’existence comme un bon coup de pelle projetant du mortier dans les dents (désolé, c’est mon côté maçon qui ressort). Mitonné de second degré et d’un double niveau de lecture, vous verrez au fil de la lecture les cases s’effacer pour donner vie à cette histoire au thème humaniste et qui étudie le comportement humain et social sans pour autant porter un quelconque jugement, ni être moralisateur. Non content d’être un excellent album se suffisant à lui-même, celui-ci fait partie d’une trilogie (The building est en fait le tome 2), et est composé de 80 pages nous montrant un instantané de la vie raconté avec une finesse poétique assez rare, à tel point qu’on le termine sans s’en apercevoir. Bref, c’est une lecture un poil étrange, qui sort des sentiers battus et qui est rafraichissante. Au final, voici une œuvre intemporelle, originale et même novatrice vis-à-vis de tout ce qui sort actuellement et qui se résume trop souvent à un gros méchant, un complot et des boy-scouts qui sauvent la princesse à coup de semelle cloutée pointure 44. Alors, pardonnez mon hardiesse, somme toute pas subtile du tout, de vous suggérer la lecture de cette bd sous peine de passer à côté de quelque chose. Si vous aimez les bonnes et belles BD avec une histoire intelligente qui vous ouvrira l’esprit, celle-ci est clairement pour vous !

14/04/2014 (modifier)