Les derniers avis (32040 avis)

Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Tsunami
Tsunami

C'est clairement le genre de bd et d'histoire initiatique que j'aime bien. Il ne sera pas directement question du tsunami mais d'un jeune homme de 24 ans qui recherche sa soeur disparue en Indonésie neuf ans plus tôt alors qu'elle aidait les victimes de la catastrophe. J'ai repéré des planches magnifiques avec des décors superbes. Beau dessin et couleur superbe décrivent une nature luxuriante mais parfois imprévisible. On voit d'ailleurs encore les stigmates de ce terrible drame qui a coûté la vie à tant d'êtres humains. Les auteurs ont évité la sensiblerie et tout misérabilisme ainsi que tous les clichés du genre. Je m'attendais à autre chose et j'ai plutôt été agréablement surpris par le sens de cette histoire plutôt captivante. L'incursion du fantastique sans crier gare ne m'a pas paru incongrue. C'est un récit plutôt riche. En conclusion, un très beau one-shot qui mérite votre attention.

13/04/2014 (modifier)
Par jurin
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Vieux Fourneaux
Les Vieux Fourneaux

Excellent album de Wilfrid Lupano et de Paul Cauuet, 56 planches de pur délire, un humour et un rythme endiablé tout au long du récit. Une comédie sociale qui met en avant trois papys grincheux super sympa, qui finalement n’ont pas beaucoup changé, plus de vécu évidemment mais toujours autant de hargne et de détermination. Leurs retrouvailles lors d’un enterrement vont les projeter dans une expédition qui amène des situations délirantes où le rire est toujours au rendez-vous. Les dialogues sont succulents et l’ensemble est servi par un dessin magnifique de Paul Cauuet. Une BD qui vaut le détour !

13/04/2014 (modifier)
Par bb
Note: 4/5
Couverture de la série Ranma 1/2
Ranma 1/2

Les animes de l'enfance peuvent décevoir quand on les retrouve en manga une fois adulte. Pourtant, ce manga (dont j'ai redécouvert récemment le plaisir de l'oeuvre originale) fait partie de mes coups de coeur davantage à l'âge adulte qu'au moment de l'enfance. Le comique de situation est répétitif sur 38 tomes, mais contrairement à l'anime, les personnages évoluent à partir du tome 22 (globalement, là où l'anime s'arrête), et surtout je trouve que ce manga gagne à être découvert sous son format original (papier) plutôt que par l'adaptation en anime. Pas très sensible au type de dessin proposé (très marqué shojo des années 1990, rappelant le style d'un Sailor moon par exemple - je serais plus "adepte" du style proposé par les shonen ou par le studio Clamp dans le character design), je l'ai vite oublié pour lire ce manga frais, écrit sans avoir besoin de justifier un parti pris sur le genre, mais juste pour proposer une lecture plaisante et distrayante autour d'une histoire qui, par-delà les arts martiaux et le côté fantastique de la malédiction des sources, se centre sur cette période qu'est l'adolescence.

13/04/2014 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
Couverture de la série Racontars Arctiques
Racontars Arctiques

Vraiment bien sympas ces racontars ! On sent qu’on a affaire à un vrai conteur, et le cadre polaire, où les jours et les nuits durent six mois, y est sans doute pour quelque chose… Le fait que l’auteur ait séjourné au Groenland contribue à insuffler cette touche de vécu. Mais n’oublions pas, comme il est indiqué sur le dos de couverture, qu’un racontar est « une histoire vraie qui pourrait passer pour un mensonge. A moins que ce ne soit l’inverse. » Ces petits contes débordent d’humour noir et de burlesque, se conjuguant idéalement avec la folie jamais bien loin, dans une région au climat et à l’environnement atypiques. Une région où l’homme est quasiment absent, laissant ceux qui y vivent noyés dans la solitude et l’immensité blanche et glaciale, pour ne pas parler de l’alcool réconfortant et réchauffant, rarement consommé avec modération... A ce titre, la première histoire, où Lodvig ne peut se résoudre à enterrer son copain qui vient de casser sa pipe, est assez emblématique et ne peut que susciter une hilarité incontrôlée... D’une manière générale, j’ai bien apprécié le trait oscillant entre une ligne claire avenante, et quelque chose de plus fiévreux, plus sombre, pour les scènes où la folie gagnait du terrain. Cet album, qui correspond peu ou prou à l’idée que l’on se fait de l’humour scandinave, pourra se lire sans problème l’hiver au coin de la cheminée, un petit verre de vin chaud à la main, voire pourquoi pas du tord-boyau à réveiller les morts… Le Roi Oscar et Autres Racontars

12/04/2014 (modifier)
Couverture de la série Quelques...
Quelques...

Est-ce que c’est de la bande dessinée ? On pourrait se poser la question en lisant cette série (d’autant plus que Sempé lui-même n’était pas trop amateur de BD je crois)… Mais en fait on s’en contrefiche ! Parce que c’est bon, c’est frais, c’est drôle, et c’est intelligent ! Le dessin est reconnaissable entre tous, presque désuet, minimaliste. Proche de certains dessins de presse, mais la touche de poésie qu’insuffle Sempé distingue son travail des illustrateurs. Il ne commente pas l’actualité, il la transcende, la détourne, la rend respirable : quelle lecture reposante, et qu’est-ce que c’est rassérénant ! Avec ses dessins simples mais efficaces, et avec une économie de moyens incroyable, Sempé réussit quasiment à chaque fois à me faire sourire. Pas d’éclats de rire – mais ce n’est pas le propos ici, mais lire Sempé donne sacrément la pêche ! Une sorte d’humour à qui je ne trouve pas d’équivalent. Et tous les albums de la série, que j’ai lus il y a pas mal de temps (et je viens de relire Quelques meneurs d’hommes ; Quelques manifestants et Quelques jours de congé) se sont révélés d’un niveau équivalent, c'est-à-dire très bons. On est sur les sommets, à respirer l’air pur du talent.

11/04/2014 (modifier)
Couverture de la série La Fantaisie des Dieux (Rwanda 1994)
La Fantaisie des Dieux (Rwanda 1994)

Retour sur un génocide, en compagnie d’un journaliste qui a vécu les événements en direct : Patrick de Saint-Exupéry. Cet album n’a pas pour vocation de nous relater le génocide dans sa globalité mais permet à l’auteur d’exprimer ses pensées lors de ce retour. L’album s’articule donc sur deux époques et nous replonge dans l’horreur au travers de témoignages de personnes que le journaliste retrouve sur place. J’ai beaucoup apprécié le côté « aéré » du récit. Avec ce genre de sujet, on pouvait effectivement craindre de se retrouver étouffé et il n’en est rien. Pourtant le côté sordide du génocide n’est pas occulté, mais on se concentre plus sur les sentiments des rescapés et des militaires. Au sujet de ces derniers, j’ai beaucoup apprécié la manière dont ils nous sont présentés, qui correspond aux échos que j’ai eus de militaires belges. Je ne sais pas en France mais, en Belgique, les politiques bien aidés par certains journalistes, n’ont pas hésité à « charger » les militaires envoyés sur place… alors qu’en leur refusant le droit d’intervenir contre les forces gouvernementales, ils se plaçaient en véritables complices de la boucherie. Pieds et poings liés, les militaires ne pouvaient que constater l’ignominie ou, alors, devaient désobéir aux ordres pour se retrouver « par hasard » au bon endroit au bon moment. Le trait d’Hippolyte convient parfaitement au récit en gardant un côté brut de type « reportage ». Les passages oniriques dans lesquels de Saint-Exupéry se replonge et affronte ses souvenirs sont illustrés via des planches où l’on voit le personnage nager sous l’eau et croiser ainsi différents acteurs, différentes victimes. Ce sont autant de moments de réflexion bien utiles dans ce genre d’album. En définitive, parmi les quelques albums que j’ai pu lire sur le sujet, cette « fantaisie des dieux » se démarque largement par sa dimension émotionnelle et humaine. Peut-être n’est-elle pas totalement objective mais je l’ai sentie extrêmement sincère et humble. Parce que le thème est délicat et pour la sincérité ressentie, j’accorde un 4/5 même si ma cote « objective » (mais comment être objectif avec ce genre de sujet ?) se situe plus vers le 3,5/5.

10/04/2014 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série Douce, tiède et parfumée
Douce, tiède et parfumée

On a là un album parfaitement réalisé. Dès la première planche on plonge dans l’ambiance surprenante de cet album. Ca fait penser à du steampunk, mais le contenu est d’un tout autre genre. L’histoire est celle d’une jeune fille de bonne famille qui découvre que toute sa vie n’est que mensonge et qu’on l'a manipulée pour une sorte d’expérience, sur la psychologie humaine, censée démontrer ce qui tient de l’éducation ou de l’hérédité. Cette expérience est le point de départ de l’intrigue mais cette BD est vraiment du divertissement pur. Elle n’a pas pour but de mettre en lumière une quelconque vérité ou autre morale liée à cette expérience. J’ai apprécié cette approche. Du coup on suit les aventures de la jeune fille à la recherche de sa vraie famille. Il y a évidemment des rebondissements dans cette quête de vérité, des rencontres et des embuches qui attendent la jeune fille. Le tout donne un récit des plus sympathiques à lire. Et c’est surtout dû aux dessins splendides qui prennent place dans de grandes cases toutes aussi belles les unes que les autres. Elles sont détaillées sans êtres surchargées, le dessinateur a trouvé le bon équilibre pour donner une impression de sensualité à l’ensemble. Bon la plastique de la jeune héroïne se prête parfaitement à ce genre d’exercice... En tout cas, ce style original est tout à fait raccord avec l’univers de la série et le visuel est ici des plus agréables. Tome 2 Bonne nouvelle : la très bonne impression laissée par le premier tome est confirmée dans le second ! L'histoire est parfaitement renouvelée, elle prend une autre direction (au sens géographique du terme). C'était un peu risqué à mes yeux de quitter le cadre citadin qui collait si bien à l'ambiance générale pour nous emmener au fond de la jungle... mais la série ne souffre pas du tout de ce changement de décor. Au contraire, les péripéties se succèdent à un bon rythme, on ne s'ennuie jamais. Les événements sont plus ou moins surprenants, plus ou moins originaux. Je n'ai pas forcément adhéré à tous les rebondissements, mais ils ont le mérite de s’enchaîner avec une telle fluidité que même ceux qui m'ont moins convaincu ne viennent pas altérer le très bon ressenti d'ensemble. Et bien sur pour ne rien gâcher, visuellement c'est au moins autant agréable. L’héroïne est toujours aussi belle et sensuelle et c'est donc avec plaisir que j'ai lu la suite de ces aventures.

19/04/2013 (MAJ le 10/04/2014) (modifier)
Couverture de la série Batman - Un long Halloween
Batman - Un long Halloween

Et bien ! Voilà un album de Batman qu'il est bien !! (Comme quoi ça existe, ce n'était donc pas un mythe!) L'accroche s'est faite très rapidement, et une fois rentré dedans, impossible de décrocher de ce pavé bien fourni, quasiment lu d'une traite. L'intrigue, savamment distillée, est racontée de façon magistrale. Le gros défaut des albums de notre célèbre héros masqué que j'avais lus précédemment n'est pas présent ici: à savoir que, principalement, les dialogues et la narration sont bien menés et fluides, et sont bien équilibrés avec l'action qui est très présente. Graphiquement, le découpage est aussi une réussite, et le trait allie à merveille sobriété et explosions ponctuelles de fantaisies, comme pour les scènes mettant en jeu le Joker ou Poison Ivy par exemple. J'ai grâce à cette oeuvre pu faire connaissance avec d'autres méchants de Gotham, que je ne connaissais pas: Solomon Grundy, Poison Ivy, le chapelier fou, et l'épouvantail dont le nom m'échappe. La mise en couleur est de bonne facture également, avec quelques bonnes trouvailles comme des nuances différentes lorsque les cases évoquent des scènes hypothétiques par exemple. S'il fallait donner quelques critiques, je dirais que quelques visages se ressemblent un peu trop, entre Bruce Wayne, Harvey Dent, et "Le Boss'', j'ai parfois eu un peu de mal. Autre petit défaut de cette intégrale, plus on avance, et plus il y a de rappels sur l'identité des personnages. Cette astuce a aidé ma lecture à un moment tant il y a de personnages, mais devient lourde et trop redondante sur la fin. Un album très agréable à lire, qui me réconcilie avec Batman ! (290)

07/04/2014 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Jack Joseph - Soudeur sous-marin
Jack Joseph - Soudeur sous-marin

3.5 Un très bon roman graphique. L'auteur utilise des thèmes déjà vu comme une blessure ancienne qui hante le héros (ici, son père a disparu lorsqu'il était enfant) et l'angoisse d'être père et il les utilise de manière intéressante. Le personnage principal est attachant et j'ai bien aimé le voir fouiller ses souvenirs. L'auteur distille bien les souvenirs du héros jusqu'à ce qu'il se rend compte de ce qu'il s'est réellement passé. La narration est fluide et l'album se lit très vite pour un album de plus de 200 pages je trouve (il faut dire que plusieurs pages n'ont qu'un grand dessin). À lire si on aime les romans graphiques !

06/04/2014 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Les Enfants de la Liberté
Les Enfants de la Liberté

Après Sept jours pour une éternité..., Marc Levy nous livre en bd une histoire plus intime puisqu'elle concerne le passé de son propre père qui a fait partie de la 35ème brigade à savoir des résistants pour la plupart étrangers afin de libérer la France de l'occupant nazi. Oui, on est tous l'étranger de quelqu'un. Et pourtant... Marc Levy (auteur francophone le plus vendu au monde) adapte son 7ème roman paru en 2007 de manière assez poignante. On apprend ainsi que son père encore enfant a été un résistant de la première heure et qu'il n'a pas hésité à prendre les armes. La cause s'est révélée juste malgré le fait qu'ils étaient surnommés des terroristes dans un état militairement occupé. Les auteurs nous présentent un portrait de la France de cette époque et de la résistance loin des clichés manichéens. Tous les Allemands n'étaient pas des monstres et parmi les français, il y en a eu des lâches et des crapuleux qui ont pourtant été décorés ou promus à la fin de la guerre (notamment le personnel de l'administration pénitentiaire). C'est un bel hommage qui est rendu par les auteurs pour montrer que des gens se sont battus et ont été tués afin que nous puissions aujourd'hui exprimer des idées dans un monde libre. Bientôt et on espère le plus tard possible mais inévitablement, on connaîtra encore de sombres périodes où la liberté sera mise à mal. Aurons-nous alors le courage ainsi que le comportement exemplaire de ces jeunes résistants ? A méditer. En tout cas, cette bd est prenante et se lit facilement. Le talent des auteurs est manifeste. Certes, le sujet a maintes fois été évoqué notamment sur le format de la bande dessinée. Cependant, en l'occurrence, cela tient le lecteur en haleine jusqu'à la toute dernière page. J'ai beaucoup aimé ce passage narratif: "C’est l’histoire d’un curé qui sacrifie ses tickets de rationnement, se prive pour sauver un arabe, d’un arabe qui sauve un juif en lui donnant une raison d’espérer, d’un juif qui tient l’arabe entre ses bras tandis qu’il va mourir. C’est l’histoire du monde des hommes avec des moments de merveilles insoupçonnées". Que dire de plus après cela ?

06/04/2014 (modifier)