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Couverture de la série La Guerre du Feu (Delcourt)
La Guerre du Feu (Delcourt)

La Guerre du Feu figure parmi les premiers grands romans que j'ai lu dans mon adolescence, avec Ivanhoë et quelques autres, aussi le lire en BD m'attirait beaucoup, au risque d'être déçu, mais sachant ensuite que c'était Roudier qui s'en chargeait, je n'avais plus aucun doute. J'avais déjà beaucoup apprécié Vo'Hounâ avec son approche sérieuse d'une saga préhistorique. Ce gars est un véritable passionné de paléontologie et d'archéologie, lui seul pouvait aborder ce roman culte de J.H. Rosny-Aîné qui pour beaucoup de passionnés de préhistoire, reste LE roman classique "préhistorique" par excellence. Le résultat est formidable parce que Roudier n'a cherché qu'à rendre hommage au classique en faisant des concessions sur la vérité scientifique acquise par les découvertes contemporaines. D'où une adaptation scrupuleuse qui suit presque le texte à la lettre, notamment la première phrase : "les Oulhamr fuyaient dans la nuit épouvantable" qui reste dans la mémoire.. Roudier a repris aussi des pans entiers du texte original et des dialogues qui couplés à la force de l'écriture et à la puissance du récit, donnent une authenticité et un impact incroyables à cette Bd qui hésite entre la fresque darwinienne et la pure épopée. Ce roman véhicule tant d'images fortes, sans compter celles apportées par le film de J.J. Annaud qu'il fallait une forte volonté pour adapter ce classique ; mais conforté par ses autres Bd préhistoriques, Roudier a pu relever le défi haut la main en étant extrêmement fidèle, mis à part quelques séquences condensées pour une meilleure linéarité. Le début et certains passages sont assez bavards et peuvent surprendre les lecteurs néophytes au monde préhistorique, qui peuvent penser que ces hommes primitifs sont un peu trop érudits, mais dans le roman, Rosny-Aîné avait pris le parti de faire parler ses personnages en un langage idéalisé et poétique, contrairement au film d'Annaud ; Roudier opte aussi pour ce choix. La partie graphique est tout aussi sensationnelle, Roudier a fait un bel effort d'amélioration depuis Vo'Hounâ, et livre de très belles pages, avec des combats d'animaux stupéfiants, tel celui des aurochs et des mammouths dans le tome 1. Une splendide adaptation qui immerge en plein dans cette préhistoire fascinante, révélant avant tout une série de fantasmes et de réflexions sur ce lointain passé ; une lecture indispensable pour tout passionné d'aventure.

15/01/2015 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5
Couverture de la série Urban Games
Urban Games

"I'm goin' in To sin city I'm gonna win In sin city Where the lights are bright Do the town tonight I'm goin' in To sin city " Ce titre de AC/DC inspire l'actuelle histoire au jeune Luc Brunschwig. Malheureusement pour lui, un autre auteur "méconnu" répondant au sobriquet de Frank Miller a déjà utilisé ces deux mots pour immortaliser sa vision du polar noir dans une ville gangrénée par l'injustice. Qu'à cela ne tienne ! La vision novatrice de la ville corrompue portera le nom alternatif de "Urban Games" en hommage à cette surenchère de violence télévisée. Bien avant les immondices de la télé réalité arrivées peu après sur nos chaines nationales, Luc Brunschwig met en scène des émissions futuristes tournées en direct entre une victime présumée et un ange de la rédemption, l'Interceptor. Sin City devient Monplaisir, une immense métropole futuriste à considérer comme un parc d'attractions géant où tout individu vient claquer son pognon et s'inventer une nouvelle vie dans un bal costumé géant. Overtime débarque incognito du futur pour poursuivre un dangereux criminel..... mais les apparences ne sont pas ce qu'elles présentent et quelques rencontres fortuites peuvent s'avérer dangereuses... Tout ceci ne serait il qu'un miroir aux alouettes ? L'histoire est confuse ? Cela vous rappelle t-il une autre bd ? :) Il peut paraître curieux pour moi d’aviser une série d’une part abandonnée dès le premier tome et d’autre part après avoir lu les 3 tomes disponibles à ce jour de sa refonte/remake sous le nom de « Urban » par le même scénariste mais avec un tout nouveau dessinateur, Roberto Ricci. Mais pourtant ce premier tome portait déjà en lui toute la force et la subtilité de ce qui deviendra quelques années plus tard la jolie série d'anticipation que tout le monde connait. Luc Brunschwig était alors accompagné d'un jeune dessinateur inconnu pour ma part et au style bien plus simple que celui plus travaillé de Ricci. Pourtant le travail de J-C Raufflet n'est pas du tout vilain, simplement beaucoup plus dans un ton enfantin et coloré pouvant rappeler dans une certaine mesure le travail de Moebius dans l'Incal auquel ce péché de jeunesse fait inconsciemment référence. C'est un véritable plaisir que de retrouver le scénario des deux premiers tomes de Urban sous un découpage différent, non pas seulement une ébauche mais également une nouvelle distribution des rôles notamment sur le personnage "fantomatique" de Overtime qui est au cœur d'une pirouette scénaristique géniale dont je vous laisse la découverte ! Raufflet nous gratifie d'une splendide double page, de quelques cadrages audacieux et l'ensemble se laisse lire tambour battant jusqu'à l'âpre conclusion qui a du en laisser plus d'un sur le carreau à l'époque. Par chance, la suite se lit dans Urban mais vous le savez surement déjà :) Pourquoi cette série initiale a t-elle été coupée dans son élan et abandonnée ? Mystères et boules de gomme et dans un sens, Urban est plus joli à regarder et plus travailler à lire mais il serait réellement injuste de dénigrer sa genèse alors qu'elle est à portée de main. Urban Games est donc plus que hautement recommandable si vous appréciez Urban, un bonus qui permet de voir le travail d'écriture entre les deux moutures et une oeuvre qui aurait mérité d'être amenée à son terme même si ce flottement d'une dizaine d'années nous a permis la naissance d'Urban Games 2.0 soit ... Urban !

14/01/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Sin City
Sin City

Ca déménage, et du lourd en plus! Tout a été dit sur le dessin de F. Miller, on aime ou pas mais il faut lui reconnaitre une maitrise parfaite dans les assemblages de noir et de blanc. Outre les couleurs, il y a un sens du cadrage totalement fabuleux, un dynamisme et une mise en page qui vous amènent au coeur de l'action. Et il y a l'histoire; pas un poil de jeu, pas une seconde de répit, l'ensemble est tendu comme une corde de piano, une tension permanente. La violence est comme chorégraphiée de main de maître. Vous aurez compris que je parle ici principalement du premier tome qui est pour moi la quintessence de l'oeuvre de Miller. Les épisodes suivants sont toujours excellents, graphiquement parlant, mais après la grosse tarte du premier il était difficile de faire mieux. Préférez donc la lecture du tome 1, et son achat, voyez les autres pour parfaire votre connaissance de la belle ville de Sin City.

14/01/2015 (modifier)
Couverture de la série Trio Grande - Adios Palomita
Trio Grande - Adios Palomita

Le western est un de mes genres BD préférés. Et entre certains grands classiques réalistes (comme Blueberry) ou comiques (comme Lucky Luke) beaucoup d’auteurs ont eu du mal à trouver leur place et à renouveler un peu le genre. Et bien dans les années 1990, Delcourt a accueilli quelques pépites du genre, dont ce plus que jouissif « Trio Grande ». Dans cet album tout est exagéré, du dessin (Lamy allonge corps et trognes à l’envie) à l’intrigue de Vatine et Clément, qui part dans tous les sens (comme les coups de feu et les répliques d’ailleurs !). On est dans un univers spaghetti. S’il y a eu des bons, ils ne le sont plus. Ne restent plus que des brutes et des truands. La gente féminine (une belle brune et une belle blonde, il y en a pour tous les goûts : mais elles sont toutes les deux réussies !) n’est pas en reste. Un peu de jalousie pimente les histoires de vengeance ou les hold-up. C’est donc assez violent (le très classique duel dans la grande rue voit s’opposer deux femmes – dont une armée d’une mitrailleuse !?). C’est donc très vivant – les flash-backs relient entre eux les divers protagonistes (peu de temps avant qu’ils ne meurent, parfois par fratrie entière…), et parfois drôle. La fin, en forme de happy-end, détourne quelque peu les codes machistes du western ! Une grande réussite que tout amoureux du western se doit de lire – et d’avoir dans sa BDthèque. A noter qu’une partie de l’équipe de « Trio Grande » va très brillamment récidiver quelques années plus tard avec Wayne Redlake, et un peu moins bien avec Angela chez le même éditeur.

14/01/2015 (modifier)
Couverture de la série Les Sous-sols du Révolu
Les Sous-sols du Révolu

Je suis un grand amateur et admirateur du travail de Marc-Antoine Mathieu, et j’ai retrouvé ici une partie de ce qui me séduit dans un grand nombre de ses albums. C’est une œuvre de commande, et je craignais que cela ne bride l’imagination de MAM. En fait pas trop, et il a su trouver un angle d’attaque intéressant et original. On a droit à une balade onirique, une descente dans des sous-sols à la fois quasi infinis et improbables sans en atteindre les limites (en cela l’album rappelle qu’un musée comme celui du Louvre est une sorte d’iceberg qui cache dans ses réserves la majorité de ce qu’il possède). MAM joue sur les mots, les images, pour faire allusion à des œuvres originales présente au Louvre – qui n’est jamais cité, mais qui transparaît dans les multiples anagrammes (dont celui du titre) qui parsèment les dialogues. Ce n’est pas une visite d’un musée avec arrêt devant les œuvres, c’est un éclairage de l’intérieur du musée, lui-même œuvre d’art. Les clins d’œil aux divers métiers liés à la conservation, la restauration des œuvres, ainsi qu’à la Bande Dessinée, ajoutent une touche ludique, permettent de distendre les limites que le travail sur commande pouvait assigner au créateur. Pour ce qui est du visuel, on a là la signature graphique de MAM, avec un très beau dessin usant intelligemment du Noir et Blanc (en passant par quelques nuances de gris). Et un travail sur la perspective, puisque le décor très géométrique et labyrinthique est un classique pour lui. Classique, géométrique, symétrie, l’art du Grand siècle qui a remodelé les façades du Louvre était fait pour être complété par le travail de MAM, architecte d’un imaginaire « à nul autre pareil »…

12/01/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Maurice et Patapon
Maurice et Patapon

3,5 Au vu des événements récents qui se sont produits à Charlie Hebdo, j'avais envie de lire de la bande dessinée faite par eux. J'avais déjà lu quelques strips dans les quelques Charlie Hebdo que j'avais lus, mais je n'avais jamais lu en album. J'ai bien aimé globalement les strips. Il y a quelques fois où je n'ai pas rigolé, mais la plupart du temps je m'amusais bien. J'aime bien cet humour complètement crétin qui ne se prend pas du tout au sérieux. Cela tombe même dans le pipi-caca et cela ne me dérange pas du tout !

12/01/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Mort au Tsar
Mort au Tsar

Après nous avoir concocté La Mort de Staline, Fabien Nury et Thierry Robin abordent celle d'un membre de la famille Romanov à savoir le grand-duc Sergueï Alexandrovitch, gouverneur général de Moscou. Ce dernier a malencontreusement assassiné 47 personnes, dont des femmes et des enfants, le 17 septembre 1904 qui s'étaient révoltées contre la misère. Autant dire que ses jours étaient comptés car les anarchistes en ont fait la cible n°1. Le premier tome se concentrera sur le point de vue de cet aristocrate russe. Le second sera celui du terroriste ayant réussi la mission au cri de "mort au Tsar". C'est une bonne idée que ce portrait dressé car on vit dans la psychologie du personnage en découvrant sa famille et ses proches. On sent du remords et un esprit torturé de quelqu'un qui sait qu'il va mourir. Bref, on le trouverait presque sympathique malgré un geste ou une maladresse inexcusable. Cet album n'aborde pas la révolution de 1917 mais nous sentons déjà les prémisses. J'aime beaucoup le style de ces deux auteurs. Ce duo de choc nous fait vivre un pan de l'histoire de la Russie des Tsars.

11/01/2015 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Cythère l'apprentie sorcière
Cythère l'apprentie sorcière

C'est un peu ma BD d'apprentissage, celle qui traînait chez mes parents entre les exemplaires tachés de la gueule ouverte, de Charlie Mensuel et de Hara-Kiri. Évidemment celui-là m'était destiné particulièrement alors que le reste, sans m'être interdit, me paraissait très loin de mes préoccupations, légèrement effrayant, inconvenant... Mais, j'avais conscience que je m'y ouvrirais plus tard. Pour Cythère, c'est la version enfantine de l'irrévérence: pas de pipi-caca, pas de sexe, mais un malin plaisir à taquiner la grand-mère, sorcière confirmée. Il faut préciser qu'elle est seule avec une adulte, et quelle n'a personne d'autre à faire tourner en bourrique. Rien à voir donc avec Harry Potter qui reproduit dans un monde enchanté la situation très normale du collégien dans son institution. Ici nous sommes dans le ventre de Fred, et c'est beaucoup plus intime et déboussolant.

11/01/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Kairos
Kairos

3.5 Une bonne série jeunesse. Cela commence tout doucement avec un premier tome qui ne fait que poser les bases de l'histoire et puis cela devient meilleur avec un deuxième tome rempli de péripéties ! J'ai bien hâte que le troisième tome sorte. Le scénario prend plusieurs idées déjà vues et il réussit à créer un récit rempli d'imagination. C'est le genre de série que j'aurais aimé lire étant jeune. La narration est dynamique et fluide. Il se passe plein de trucs et je ne me suis pas ennuyé une seconde. Le rythme est bon. Ce n'est ni trop lent et ni trop vite. Les personnages sont attachants. J'aime aussi le dessin et particulièrement les couleurs. C'est le genre de dessin qui me donne envie de lire une bande dessinée du début jusqu'à la fin sans m’arrêter.

10/01/2015 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Trois ombres
Trois ombres

Le trait de Cyril Pedrosa, ça envoie du pâté. Et encore, ce n'est pas le plus important ici. Ca faisait maintenant un moment que cette BD tournait dans ma tête et que je me décidais à l'acheter, malgré le problème de la trouver. Lorsque je l'ai vue en occasion, je n'ai pas hésité, et je ne regrette vraiment pas mon choix. Derrière une histoire qui commence de manière fantastique et semble très simple, le ton est bien sérieux. C'est un conte qui se développe, et progressivement nous arrivons à comprendre ce qui est présent derrière toute l'histoire. C'est beau, et ça m'a touché, la fin a manqué de me faire venir les larmes aux yeux, tant c'est beau de simplicité, et l'émotion passe dans les non-dits, la façon de glisser une case muette mais qui en dit long au milieu des autres. C'est vraiment magique et ça m'a transporté jusqu'au bout, sans que je puisse décrocher. Une BD vraiment bien, que j'ai adoré lire et relire, et qui trône dans ma BDthèque en bonne position maintenant, là où sont celles qu'il faut pouvoir attraper facilement. Je vous recommande franchement de la lire, ne serait-ce que pour découvrir le trait de Pedrosa, mais surtout pour ce magnifique conte. J'ai beaucoup, beaucoup aimé.

10/01/2015 (modifier)