Dans les années 1980, abandonnée par sa mère, et laissée la plupart du temps seule par un père absent, Rose, 13 ans, essaye de se construire. Elle sombre petit à petit, tout en essayant de se raccrocher à diverses bouées de sauvetage, qui sombrent en même temps qu'elle. Un livre très réaliste, dans lequel j'ai tout de suite retrouvé des amies paumées de mon adolescence. Un livre noir, dans la tradition sociale de la Wallonie industrielle qu'on retrouve chez les frères Dardenne, et qui finit (comme le veut le genre) sur une note empreinte d'optimisme: les personnages grandissent et les épreuves qu'ils surmontent les rendent un petit peu plus fort.
Dans cet album, Bailly change une fois de plus de style, et se frotte ici à un noir et blanc plus intimiste et underground. C'est très réussi, comme tout ce à quoi il touche.
Franchement bien et pour plusieurs raisons. D'abord parce que ce diptyque nous éclaire sur une période et plus précisément des événements quasiment inconnus du plus grand nombre. Aujourd'hui encore je doute fort que dans les cours d'histoire ce sujet soit abordé.
Il est impossible pour l'histoire dite officielle de parler de ces soldats, anciens résistants, qui furent envoyés en Indochine et plus exactement au Vietnam, pour combattre des Japonais qui étaient soi disant restés sur place après la capitulation de leur pays. Certains de ces soldats français, écoeurés par ce qu'on leur demandait, décidèrent de passer à l'ennemi, chez le Viet Minh. Traitres pour la France, "ralliés" pour les combattants vietnamiens, à la fin du conflit certains rentrèrent dans leur pays, vivants ou dans des cercueils. Pour nous permettre de faire connaissance avec ce pan de l'histoire je dis chapeau!
Un autre aspect que je trouve intéressant ici, c'est justement ce que certains lui ont reproché, à savoir le côté plan plan, convenu de l'enquête journalistique. Moi j'ai plutôt apprécié, pas d'esbroufe, pas de grands effets . Bien sûr il y a des révélations, des raccourcis et des éléments qui tombent un peu trop à pic, mais comme mon prédécesseur l'a dit, on se trouve tellement pris par l'enquête que cela n'a pas trop d'importance. Seul bémol, la fin, il faudra que l'on m'explique ce que vient faire le tueur alors qu'a priori son boss n'est plus dans la course.
Le dessin est bon, un peu vieillot sans doute et il n'a rien de particulièrement enthousiasmant, en fait je dirais même que je l'ai assez vite oublié au profit du récit.
Au final une oeuvre bigrement intéressante car elle a le mérite de révéler un pan de notre histoire peu glorieuse. La prescription est décidément une notion à géométrie variable de même que celle de traîtrise. Une BD intelligente qui peut faire réfléchir.
"Sticky Pants", c'est le genre de BD vite envoyée mais qui vous colle la banane autant que les collants leur moulent les boules !
C'est con... mais qu'est-ce qu'on rit ! Bon, faut apprécier l'humour potache bien tiré vers le cul, mais qu'est-ce que vous voulez, ça fait du bien de temps en temps, même si je ne pourrais me contenter de ce genre de lecture.
En tout cas Tony Emeriau et Xavier s'en donnent à cœur joie et se défoulent sur nos héros de comics préférés pour les mettre en scène dans des strips pas piqués des hannetons ! C'est gore, ça tire (sur) tout ce qui bouge, mais c'est clair que ça vous déride, et pas que la rondelle ! :p
Alors, si vous voulez vous taper une bonne tranche de marade, je vous conseille la lecture de ces 2 petits albums format italienne !
3.5
Une bonne série d'aventure et de fantastique. Je suis impressionné comment l'auteur prend des trucs que j'ai l'impression d'avoir déjà vu des dizaines de fois et pourtant il réussit à me captiver. Cela prouve que si on utilise des clichés et qu'on sait bien les utiliser, on peut créer une oeuvre passionnante.
L'auteur fait preuve de beaucoup d'imaginations et je trouve que l'univers qu'il a créé est très intéressant. Le rythme de histoire est très bon et j'aime bien comment il maîtrise les flashbacks. Les personnages sont attachants.
J'aime bien le dessin que je trouve à la fois joli et dynamique.
La vraie histoire de Frankenstein, celle du roman de Mary Shelley, qui sait rester fidèle au texte. Les dessins d'une grande pureté ajoutent quelque chose à ce roman culte dont le nom est connu mais pas le texte. Une invitation à lire l'oeuvre intégrale?
Déjà, de manière un brin inconsciente, quoique, lorsque je lisais La Quête de l'Oiseau du Temps, je trouvais que Loisel avait un talent certain pour dessiner ces dames. Puis vint Peter Pan et personne n'a oublié les magnifiques formes des sirènes et de la fée Clochette. Donc tout cela pour dire que ce Troubles fêtes ne peut que réjouir les amateurs de Loisel et des formes de ces dames.
Manara dessine superbement les corps de femmes mais chez Loisel il y a un petit je ne sais quoi qui les rend plus vivantes plus réelles avec dans les poses ou les regards quelque chose de fascinant voire de ''trouble".
Ces fêtes, parfois malsaines, sont cependant très agréables à contempler, personnellement j'en redemande.
J'attendais pour aviser ce titre mais finalement j'emboîte le pas car vos avis m'ont donné envie de relire la chose et bigre que c'est bien.
Tout a été dit par mes prédécesseurs; voilà un vibrant hommage aux westerns spaghetti mais aussi aux vieux films hollywoodiens. Tout est cinématographique dans ce récit qui "sent" ce qu'il montre. Les poncifs de ce genre d'histoire sont tous présent mais ce n'est en aucun cas chiant, c'est réinventé, ça bouge, ça tire, ça pigeonne dans tous les coins, c'est carrément jouissif. Et puis j'y reviens, mais cet officier français qui cite Hugo en pleine action c'est tout de même grandiose!
Voilà une BD à faire lire d'urgence à tout ceux qui ne connaîtraient pas. On vous le dit c'est jubilatoire.
Trio Grande avait habilement réutilisé certains codes du western pour lui insuffler une nouvelle vie. Une partie de la même équipe (Lamy, Vatine, Rabarot) permet quelques années après à Delcourt de publier une nouvelle grande réussite du genre. Mon seul regret est que ce tome était annoncé comme le premier d’une série, et n’est hélas resté qu’un one shot.
C’est que c’est vraiment encore une belle réussite. A la frontière mexicaine, durant la guerre civile entre Maximilien et les Juaristes, quelques coups tordus opposent un officier français (peintre et citant Victor Hugo à tire larigot !) à la tête d’un régiment, un chef juariste tentant de faire cavalier seul, un cowboy revanchard (Wayne Redlake donc), et une improbable beauté à la fragilité finalement pas si évidente que ça…
Comme pour Trio Grande, on est dans une ambiance spaghetti, violente (ça tire, ça saute et ça saigne de partout), avec des répliques où bons mots et humour font bon ménage. Le dessin de Lamy a évolué depuis l’album précédemment cité, il est ici plus réaliste. Mais tout aussi bon, voire même meilleur ! Les cadrages – très cinématographiques, sont parfaits.
C’est vraiment réussi et original (à comparer pour la même période et dans un genre de western différent avec le cycle mexicain de Blueberry, ou certains Mac Coy).
Vatine ratera la passe de trois avec le nettement plus faible Angela chez le même éditeur, mais il n’était qu’aux dessins. Delcourt a produit plus récemment une nouvelle série western très réussie avec L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu.
En tout cas, ce « 500 fusils » est un album qui ravira tous les amateurs du genre, même ceux qui croyaient être blasés !
Par rapport à sa date de sortie je suis très en retard pour émettre un avis sur cette BD, mais la valeur n'attendant pas le nombre des années c'est avec un réel plaisir que je donne ce "franchement bien".
J'ai vu que d'autres lecteurs cherchaient à savoir le lieu et l'époque où se déroulait ce récit. Est-ce vraiment important ? Ce qui s'offre à nous ici est intemporel, c'est un conte. Certes il n'est pas le plus original du monde, mais il dit ce que disent tous les autres ; il aide les plus jeunes à affronter leurs peurs, à se confronter à ce délicat passage qui nous fait abandonner l'enfance et tout son cortège de merveilleux, il aide à ne plus avoir peur du loup, ou en tout cas un peu moins.
Graphiquement c'est très beau, ces lavis en dégradés de noir et blanc sont parfaits. La petite note de rouge qui n'est pas placée n'importe où renforce les images où elle est utilisée et participe à la dramaturgie du récit. La forêt, élément important de l'histoire est magnifiquement rendue.
Voilà donc une BD visuellement très belle, qui possède un climat, une atmosphère réellement féerique, même si ici il n'en est pas question, que tous les amateurs de contes se doivent de posséder.
Je me joins aux enthousiastes car j’ai moi aussi beaucoup aimé ce classique récit historique de sous-mariniers durant la seconde guerre mondiale.
J’ai apprécié la structure et le découpage en chapitres équilibrés qui ont fait en sorte que j’avais toujours envie de continuer ma lecture. La narration très old fashion m’a également bien plu. Elle donne à l’album un petit côté vieillot assez sympathique.
J’ai aimé la présentation des personnages dont le principal (si tant est qu’il y en ait un) évolue au fil des planches. J’ai grandement apprécié la manière dont les auteurs nous font comprendre ses sentiments et le développement de ses capacités (tant stratégiques que comme marin ou même de meneur d’hommes).
Le dessin, même s’il ne m’a pas tapé dans l’œil au premier regard, m’a lui aussi bien plu. Il a un côté immédiat et pourtant travaillé qui ne cadre peut-être pas spécialement avec la thématique de l’album… mais qui fonctionne fichtrement bien ! La colorisation est certes un peu terne mais cela donne (à nouveau) un petit côté vieillot à l’album qui ne m’a pas été désagréable.
Enfin, le dernier chapitre, où l’on sort de la bande dessinée pour découvrir un récit bâti sur des lettres retrouvées, est très touchant et rend aux personnages toute leur humanité, toute leur vérité… et les fait entrer dans la légende.
Très plaisant.
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Le Muret
Dans les années 1980, abandonnée par sa mère, et laissée la plupart du temps seule par un père absent, Rose, 13 ans, essaye de se construire. Elle sombre petit à petit, tout en essayant de se raccrocher à diverses bouées de sauvetage, qui sombrent en même temps qu'elle. Un livre très réaliste, dans lequel j'ai tout de suite retrouvé des amies paumées de mon adolescence. Un livre noir, dans la tradition sociale de la Wallonie industrielle qu'on retrouve chez les frères Dardenne, et qui finit (comme le veut le genre) sur une note empreinte d'optimisme: les personnages grandissent et les épreuves qu'ils surmontent les rendent un petit peu plus fort. Dans cet album, Bailly change une fois de plus de style, et se frotte ici à un noir et blanc plus intimiste et underground. C'est très réussi, comme tout ce à quoi il touche.
Les Oubliés d'Annam
Franchement bien et pour plusieurs raisons. D'abord parce que ce diptyque nous éclaire sur une période et plus précisément des événements quasiment inconnus du plus grand nombre. Aujourd'hui encore je doute fort que dans les cours d'histoire ce sujet soit abordé. Il est impossible pour l'histoire dite officielle de parler de ces soldats, anciens résistants, qui furent envoyés en Indochine et plus exactement au Vietnam, pour combattre des Japonais qui étaient soi disant restés sur place après la capitulation de leur pays. Certains de ces soldats français, écoeurés par ce qu'on leur demandait, décidèrent de passer à l'ennemi, chez le Viet Minh. Traitres pour la France, "ralliés" pour les combattants vietnamiens, à la fin du conflit certains rentrèrent dans leur pays, vivants ou dans des cercueils. Pour nous permettre de faire connaissance avec ce pan de l'histoire je dis chapeau! Un autre aspect que je trouve intéressant ici, c'est justement ce que certains lui ont reproché, à savoir le côté plan plan, convenu de l'enquête journalistique. Moi j'ai plutôt apprécié, pas d'esbroufe, pas de grands effets . Bien sûr il y a des révélations, des raccourcis et des éléments qui tombent un peu trop à pic, mais comme mon prédécesseur l'a dit, on se trouve tellement pris par l'enquête que cela n'a pas trop d'importance. Seul bémol, la fin, il faudra que l'on m'explique ce que vient faire le tueur alors qu'a priori son boss n'est plus dans la course. Le dessin est bon, un peu vieillot sans doute et il n'a rien de particulièrement enthousiasmant, en fait je dirais même que je l'ai assez vite oublié au profit du récit. Au final une oeuvre bigrement intéressante car elle a le mérite de révéler un pan de notre histoire peu glorieuse. La prescription est décidément une notion à géométrie variable de même que celle de traîtrise. Une BD intelligente qui peut faire réfléchir.
Sticky Pants (ça colle et ça moule les bollocks !)
"Sticky Pants", c'est le genre de BD vite envoyée mais qui vous colle la banane autant que les collants leur moulent les boules ! C'est con... mais qu'est-ce qu'on rit ! Bon, faut apprécier l'humour potache bien tiré vers le cul, mais qu'est-ce que vous voulez, ça fait du bien de temps en temps, même si je ne pourrais me contenter de ce genre de lecture. En tout cas Tony Emeriau et Xavier s'en donnent à cœur joie et se défoulent sur nos héros de comics préférés pour les mettre en scène dans des strips pas piqués des hannetons ! C'est gore, ça tire (sur) tout ce qui bouge, mais c'est clair que ça vous déride, et pas que la rondelle ! :p Alors, si vous voulez vous taper une bonne tranche de marade, je vous conseille la lecture de ces 2 petits albums format italienne !
Le Réveil du Zelphire
3.5 Une bonne série d'aventure et de fantastique. Je suis impressionné comment l'auteur prend des trucs que j'ai l'impression d'avoir déjà vu des dizaines de fois et pourtant il réussit à me captiver. Cela prouve que si on utilise des clichés et qu'on sait bien les utiliser, on peut créer une oeuvre passionnante. L'auteur fait preuve de beaucoup d'imaginations et je trouve que l'univers qu'il a créé est très intéressant. Le rythme de histoire est très bon et j'aime bien comment il maîtrise les flashbacks. Les personnages sont attachants. J'aime bien le dessin que je trouve à la fois joli et dynamique.
Frankenstein ou le Prométhée moderne
La vraie histoire de Frankenstein, celle du roman de Mary Shelley, qui sait rester fidèle au texte. Les dessins d'une grande pureté ajoutent quelque chose à ce roman culte dont le nom est connu mais pas le texte. Une invitation à lire l'oeuvre intégrale?
Troubles fêtes
Déjà, de manière un brin inconsciente, quoique, lorsque je lisais La Quête de l'Oiseau du Temps, je trouvais que Loisel avait un talent certain pour dessiner ces dames. Puis vint Peter Pan et personne n'a oublié les magnifiques formes des sirènes et de la fée Clochette. Donc tout cela pour dire que ce Troubles fêtes ne peut que réjouir les amateurs de Loisel et des formes de ces dames. Manara dessine superbement les corps de femmes mais chez Loisel il y a un petit je ne sais quoi qui les rend plus vivantes plus réelles avec dans les poses ou les regards quelque chose de fascinant voire de ''trouble". Ces fêtes, parfois malsaines, sont cependant très agréables à contempler, personnellement j'en redemande.
Wayne Redlake - 500 Fusils
J'attendais pour aviser ce titre mais finalement j'emboîte le pas car vos avis m'ont donné envie de relire la chose et bigre que c'est bien. Tout a été dit par mes prédécesseurs; voilà un vibrant hommage aux westerns spaghetti mais aussi aux vieux films hollywoodiens. Tout est cinématographique dans ce récit qui "sent" ce qu'il montre. Les poncifs de ce genre d'histoire sont tous présent mais ce n'est en aucun cas chiant, c'est réinventé, ça bouge, ça tire, ça pigeonne dans tous les coins, c'est carrément jouissif. Et puis j'y reviens, mais cet officier français qui cite Hugo en pleine action c'est tout de même grandiose! Voilà une BD à faire lire d'urgence à tout ceux qui ne connaîtraient pas. On vous le dit c'est jubilatoire.
Wayne Redlake - 500 Fusils
Trio Grande avait habilement réutilisé certains codes du western pour lui insuffler une nouvelle vie. Une partie de la même équipe (Lamy, Vatine, Rabarot) permet quelques années après à Delcourt de publier une nouvelle grande réussite du genre. Mon seul regret est que ce tome était annoncé comme le premier d’une série, et n’est hélas resté qu’un one shot. C’est que c’est vraiment encore une belle réussite. A la frontière mexicaine, durant la guerre civile entre Maximilien et les Juaristes, quelques coups tordus opposent un officier français (peintre et citant Victor Hugo à tire larigot !) à la tête d’un régiment, un chef juariste tentant de faire cavalier seul, un cowboy revanchard (Wayne Redlake donc), et une improbable beauté à la fragilité finalement pas si évidente que ça… Comme pour Trio Grande, on est dans une ambiance spaghetti, violente (ça tire, ça saute et ça saigne de partout), avec des répliques où bons mots et humour font bon ménage. Le dessin de Lamy a évolué depuis l’album précédemment cité, il est ici plus réaliste. Mais tout aussi bon, voire même meilleur ! Les cadrages – très cinématographiques, sont parfaits. C’est vraiment réussi et original (à comparer pour la même période et dans un genre de western différent avec le cycle mexicain de Blueberry, ou certains Mac Coy). Vatine ratera la passe de trois avec le nettement plus faible Angela chez le même éditeur, mais il n’était qu’aux dessins. Delcourt a produit plus récemment une nouvelle série western très réussie avec L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu. En tout cas, ce « 500 fusils » est un album qui ravira tous les amateurs du genre, même ceux qui croyaient être blasés !
Le Signe de la Lune
Par rapport à sa date de sortie je suis très en retard pour émettre un avis sur cette BD, mais la valeur n'attendant pas le nombre des années c'est avec un réel plaisir que je donne ce "franchement bien". J'ai vu que d'autres lecteurs cherchaient à savoir le lieu et l'époque où se déroulait ce récit. Est-ce vraiment important ? Ce qui s'offre à nous ici est intemporel, c'est un conte. Certes il n'est pas le plus original du monde, mais il dit ce que disent tous les autres ; il aide les plus jeunes à affronter leurs peurs, à se confronter à ce délicat passage qui nous fait abandonner l'enfance et tout son cortège de merveilleux, il aide à ne plus avoir peur du loup, ou en tout cas un peu moins. Graphiquement c'est très beau, ces lavis en dégradés de noir et blanc sont parfaits. La petite note de rouge qui n'est pas placée n'importe où renforce les images où elle est utilisée et participe à la dramaturgie du récit. La forêt, élément important de l'histoire est magnifiquement rendue. Voilà donc une BD visuellement très belle, qui possède un climat, une atmosphère réellement féerique, même si ici il n'en est pas question, que tous les amateurs de contes se doivent de posséder.
Les Derniers corsaires
Je me joins aux enthousiastes car j’ai moi aussi beaucoup aimé ce classique récit historique de sous-mariniers durant la seconde guerre mondiale. J’ai apprécié la structure et le découpage en chapitres équilibrés qui ont fait en sorte que j’avais toujours envie de continuer ma lecture. La narration très old fashion m’a également bien plu. Elle donne à l’album un petit côté vieillot assez sympathique. J’ai aimé la présentation des personnages dont le principal (si tant est qu’il y en ait un) évolue au fil des planches. J’ai grandement apprécié la manière dont les auteurs nous font comprendre ses sentiments et le développement de ses capacités (tant stratégiques que comme marin ou même de meneur d’hommes). Le dessin, même s’il ne m’a pas tapé dans l’œil au premier regard, m’a lui aussi bien plu. Il a un côté immédiat et pourtant travaillé qui ne cadre peut-être pas spécialement avec la thématique de l’album… mais qui fonctionne fichtrement bien ! La colorisation est certes un peu terne mais cela donne (à nouveau) un petit côté vieillot à l’album qui ne m’a pas été désagréable. Enfin, le dernier chapitre, où l’on sort de la bande dessinée pour découvrir un récit bâti sur des lettres retrouvées, est très touchant et rend aux personnages toute leur humanité, toute leur vérité… et les fait entrer dans la légende. Très plaisant.