Les derniers avis (32009 avis)

Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Aldébaran
Aldébaran

Il y a longtemps que je tournais autour de cette série sans jamais franchir le pas. A plusieurs occasions, j'avais feuilleté différents volumes mais j'étais rebuté par le dessin. Soyons clair, ce que je n'aime pas c'est l'aspect vraiment trop statique, trop posé des différents personnages, pour preuve je trouve que toutes les filles se ressemblent ; à part la couleur et la longueur des cheveux, c'est du pareil au même. Ceci étant dit, j'ai trouvé là une vraie histoire dans le sens où elle nous présente des personnages avec un vécu. Au delà de ça il y a un véritable scénario, une sorte de fable écologique que j'ai trouvée bien amenée sans le pathos ni le côté Bisounours que l'on peut voir sur d'autres titres. Le bestiaire imaginé par Léo est vraiment sympa, je regrette juste que ses 'bestioles' soient souvent montrées dans des cases un peu vides. Ce côté SF est d'ailleurs assez peu développé même si paradoxalement il est au centre de l'histoire. Ces différents points ne peuvent que me faire conseiller la lecture de cette série, je vais de ce pas voir Bételgeuse et Antarès.

20/01/2015 (modifier)
Couverture de la série Alter Ego
Alter Ego

Ce thriller scientifico-humanitaire laisse pantois, c'est un récit d'anticipation particulièrement bien mené et où tout se tient et s'imbrique de façon remarquable, c'est conçu comme un puzzle où tous les éléments s'emboîtent à la perfection. 6 tomes qui forment une intrigue d'une même histoire, avec le choix de commencer la lecture par n'importe quel ordre... il est vrai que cet aspect de points de vue multiples est un paramètre intéressant de la série, mais il est vrai aussi que c'est déphasant. Perso, j'ai commencé par l'album "Park", puis j'ai suivi l'ordre de parution, et quelle que soit l'entrée en matière, le concept de cette série est bougrement original ; en tout cas, l'album "Park" m'a donné envie de continuer à tel point que je ne pouvais plus m'arrêter.. Le plus incroyable, c'est que le fond économico-politico-scientifique (programme de vaccination contre le sida organisé par une multinationale) est crédible, mais là-dessus se noue une sorte de machination à propos d'une découverte biologique étonnante à laquelle 6 personnages vont être confrontés de façon plus ou moins directe. Leurs destins se croisent dans chaque album, mais il y a aussi à chaque fois de nouvelles ambiances, de nouveaux événements, de nouveaux décors, des réponses sont données à des questions posées précédemment, tout se complète jusqu'au final logique et sans grande surprise.. La difficulté fut pour les auteurs de faire que tout soit juste, que tout se recoupe parfaitement, que rien ne cloche au niveau de certains détails (vêtements, tatouages, objets, présences sur les lieux), tout devait être vérifié ; cette tâche est brillamment accomplie. Au départ, ce projet de série était sans doute un pari fou, c'est en tout cas une véritable innovation en BD, une nouvelle expérience de lecture, et dont une grande partie de l'intérêt réside dans une unité graphique où le dessinateur principal a défini un style, et ceux qui ont continué sur sa lancée se sont calés sur son dessin, ce paramètre était essentiel pour captiver le lecteur. Ce dessin au départ m'a un peu surpris, je trouvais que les personnages avaient des physiques un peu trop géométriques et anguleux, et puis je l'ai vite adopté dès le second album que j'ai lu. Les petits clins d'oeil sur des personnages de BD insérés par-ci, par-là sont amusants, certains sont très discrets. Malgré la prouesse scénaristique aux ramifications multiples, il y a un album plus faible que les autres, c'est "Jonas " qui manquerait presque de déstabiliser cette belle pyramide, c'est probablement celui qui m'a le moins intéressé et le plus inutile, sinon sur sa globalité, cette série est une belle réussite.

20/01/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Red Team
Red Team

Lorsque j’aborde le comics dans le genre polar, c’est toujours avec un peu d’appréhension. Je sais en lisant les quelques premières pages si cela va me plaire ou pas. Lorsque je m’ennuie, je perds mon intérêt pour l’œuvre. Quelques fois, l’auteur nous assène beaucoup trop d’informations d’un coup ce qui est lourd à digérer pour la suite. J’ai appris à me méfier des scénarios à la Garth Ennis. En l’occurrence, on entre tout de suite dans le vif du sujet. Il faut un peu s’accrocher au début pour ne pas perdre le fil. Cependant, par la suite, c’est un peu l’apothéose progressive. Bref, je suis passé de l’interrogation et des doutes à une certaine admiration pour la qualité d’écriture de ce scénario. Que dire également de ces magnifiques planches. Les personnages sont très bien dessinés. Ils sont réalistes avec un trait impeccable. On pourrait les rencontrer au bureau. J’avoue avoir été séduit par l’intelligence du propos. Nous avons quatre personnes faisant partie des forces de l’ordre et qui appliquent une justice expéditive en justifiant leurs actes. Après la dream team, nous avons la red team mais dans un autre genre. Visiblement, ils vont se faire doubler et cela se terminera assez mal. Je ne suis pas arrivé à comprendre parfaitement leurs motivations. En conclusion, un excellent polar très efficace avec un dessinateur hors-pair à suivre.

20/01/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Le Casse - Soul man
Le Casse - Soul man

A mon sens le meilleur album de cette série. Ce Soul man nous raconte une histoire plutôt originale avec son lot de tromperies et de faux semblants. Bien sûr, format oblige, il y a quelques raccourcis sur lesquels ont pourrait trouver à redire mais cela reste cohérent. Le seul bémol que je mettrais est justement ce Soul man qui nous est présenté comme une terreur mais qui n'hésite pas à raconter sa vie, somme toute assez facilement. Soit on peu cependant penser que ça fait partie du plan. C'est au final un bon polar, bien construit dont on a envie de connaitre l'issue. Les références à la musique de cette époque sont également bienvenues. (pour ne pas mourir idiot certains des titres et chanteurs qui sont évoqués méritent amplement le détour, c'est la cerise sur le gâteau).

19/01/2015 (modifier)
Par Thaugor
Note: 4/5
Couverture de la série Acéré comme la dent du serpent
Acéré comme la dent du serpent

Triste histoire écrite sous forme de poème (haïku) japonais se déroulant lors de la seconde guerre mondiale au Japon. Les images magnifiques de la BD illustrent le texte de façon brillante et émouvante. Les couleurs pastel donnent une ambiance sombre et provenant du siècle précédent (telle de vieilles photos sépia), un ton très en phase avec le scénario associé. Les dessins décrivent sur chaque page les mots qui composent le poème et nous font découvrir par des métaphores une histoire d’amour extrême d'un pilote avec des racines et une culture de type samouraï où nous suivons son parcours et son histoire héroïque vue par l'œil de sa femme. Très agréable à lire, pour les yeux, pour l'aspect nostalgique d'un temps révolu et pour la qualité de la narration sous cette forme si spéciale d'haïku qui nous plonge dans l’état d’esprit et le célèbre honneur traditionnel des guerriers japonais. À acheter quand on aime le style de dessin et quand on est sensible à la poésie plus qu’à l’action. Les amoureux du Japon médiéval devraient aimer car on y trouve les éléments classiques du Bushido des derniers samouraïs se confrontant au monde moderne avec les anciennes valeurs qui se modifient ou deviennent obsolètes. Un mélange donc d’honneur, tradition, amour, douleur, fatalité et sacrifice.

19/01/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Salaire net et monde de brutes - Chroniques ordinaires du travail temporaire
Salaire net et monde de brutes - Chroniques ordinaires du travail temporaire

J’ai beaucoup aimé cet ouvrage sur un sujet qui me tient particulièrement à cœur. Il s’agit d’une expérience vécue par les auteurs Sébastien Marnier et de sa compagne Elise Griffon qui a d’ailleurs été à l’Ecole de Charlie Hebdo en ce qui concerne le dessin. C’est traité de manière humoristique afin de faire passer la pilule plutôt amère. Dans le contexte économique difficile que nous connaissons, les diplômés (c’est-à-dire les bac+5) n’ont pas forcément d’emploi dans leurs branches. Ils sont obligés d’accepter des petits boulots pour survivre. C’est alors que commence les galères car ces boulots de substitution ne sont guère enviables entre se déguiser en bouteille d’orangina ou être secrétaire d’une directrice en mode hystérique ou pire encore en faisant le téléphone rose. Les patrons sont véritablement odieux et les clients insupportables. Les machines peuvent vous écraser les doigts. Bref, tout cela pour un salaire net de misère. Je dois être sensible car j’ai connu moi-même tout cela avant d’être enfin cadre. Je m’en suis sorti mais pour combien d’échecs dans la société en générale ? Il faut bien comprendre que lorsqu’on choisit la voie de l’université, il faut choisir en fonction des disponibilités sur le marché. Ainsi un bac + 5 en droit général vaudra plus pour un employeur qu’un bac + 5 en cinéma même avec une thèse sur David Lynch. Et puis, il est vrai que la moustache à la Charlie Chaplin pour l'auteur, cela ne le fait pas ! Je trouve courageux la démarche de ces auteurs qui ont accepté ces petits boulots de misère. Il ne faut pas oublier qu’à côté de cela, il y a une grande masse de gens qui ne veulent pas travailler en acceptant ce type d’emploi. J’ai d’ailleurs connu ce qu’on pourrait aisément nommé un parasite sans diplôme qui refusait systématiquement du boulot après 6+ ans de chômage car il voulait absolument devenir fonctionnaire sans passer de concours bien sûr. Et vous savez quoi ? Cela a bien fonctionné à force car l’année dernière, il a décroché un super poste à l’université. Depuis qu’il a obtenu sa titularisation, il est en arrêt de travail très fréquemment et inutile de préciser que ce n’est pas une flèche dans son travail. C’est cette double France qui est actuellement à l’œuvre. Les gens en ont réellement marre. Après 10 ans de travail précaire, ces auteurs ont également pu s’en sortir. Je suis très heureux pour eux. Quelque chose ne tourne plus rond dans cette société qui produit de plus en plus d’inégalités. Le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde dépassera en 2016 celui des 99% restants. Il est clair que tout est un problème économique à la base. Il s’agit de donner du travail à des millions de gens avec un salaire net correct afin d’éviter les dérives comme par exemple des attentats sanglants. Ce n’est malheureusement que le début !

19/01/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Les Miettes
Les Miettes

Les histoires qui ne font pas de sens, soit j'embarque dans le délire des auteurs, soit je m'ennuie et je trouve l'histoire stupide. 'Les miettes' fait partie de la première catégorie. Dès les premières pages je savais que j'allais aimer. Déjà, j'aime bien le dessin en noir et blanc de Peeters, mais en plus le scénario possède plusieurs choses que j'aime dans une bande dessinée. Les personnages sont hauts en couleurs, le récit est surprenant (je ne savais jamais ce qu'il allait se passer) et les dialogues sont savoureux. J'ai souvent souri et parfois rigolé. Un bon moment de détente.

18/01/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Le Vent des Cimes
Le Vent des Cimes

Le vent des cimes est l'une de ces belles histoires d'amour tragique qui marquent à tout jamais comme un vieux film romantique du genre Out of Africa. Cela se passe dans les Andes à l'époque des pionniers de l'aéropostale. Jack vit de sa passion: le métier d'aviateur pour acheminer le courrier postal à l'autre bout du monde. En même temps, il est amoureux d'une belle voltigeuse aérienne à savoir Rachel. Ils doivent se marier mais le destin en décidera autrement. J'ai littéralement dévoré cet ouvrage de 181 pages. Il y a une fluidité extraordinaire comme un avion qui glisse à travers les nuages. C'est inspiré d'un fait réel qui est arrivé au pilote Henri Guillaumet en 1930 où il s'écrase contre une montagne andine. Cependant, le développement sera un peu romancé et sera différent du dénouement que les passionnés d'aviation connaissent. C'est une oeuvre magnifique que voilà et joliment dessinée. J'ai surtout aimé la belle histoire d'amour. Les autres pourront toujours admirer le courage de ces pionniers de l'aviation civile.

18/01/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Ma vie d'adulte
Ma vie d'adulte

J'ai bien aimé ce roman graphique car il aborde certains points qui ne m'ont pas laissé indifférent. Nous avons une trentenaire Lisa qui aborde assez difficilement le monde du travail. Elle a eu pourtant un bac+4 mais elle végète dans des petits boulots qu'elle enchaîne. Le gros point fort est son couple avec un homme assez extraordinaire car il la soutient réellement. J'ai également été frappé du même syndrome que Liz à savoir faire rapidement et bien son travail puis s'ennuyer ferme. Ce faisant, par rapport aux autres collègues, se crée une différentiation car ils mettent 8 heures à faire un travail qu'on peut faire en 2. Du coup, on peut être entraîné également par une responsable qui te fournira du travail pour 4. C'est difficile de jouer la lenteur pour leur faire plaisir. Un peu de dynamisme, que diable ! Je te les fouetterais ! J'ai également connu les collègues très à cheval sur les horaires quand cela les arrange. Ou ceux qui n'expriment aucune personnalité pour se protéger et ne pas se révéler t'obligeant à le faire sans cesse pour masquer le vide de l'absence de dialogue. Bref, j'ai eu l'impression d'être en phase à ce que pouvait exprimer notre héroïne anticonformiste dans des situations de la vie de tous les jours mais pas forcément abordées dans les bandes dessinées sous cet angle. J'ai juste un peu regretté la fin qui tombe alors qu'on attendait certainement plus. Est-ce que Liz va rester dans ce travail qui ne la satisfait pas pleinement ? J'aurais aimé le savoir. Quant au thème central, le passage à l'âge adulte, je dirais qu'il vaut mieux garder quelque fois son âme d'enfant et avoir un peu d'excentricité dans une vie qui ne fait pas de cadeau.

17/01/2015 (modifier)
Par Quentin
Note: 4/5
Couverture de la série Le Muret
Le Muret

Dans les années 1980, abandonnée par sa mère, et laissée la plupart du temps seule par un père absent, Rose, 13 ans, essaye de se construire. Elle sombre petit à petit, tout en essayant de se raccrocher à diverses bouées de sauvetage, qui sombrent en même temps qu'elle. Un livre très réaliste, dans lequel j'ai tout de suite retrouvé des amies paumées de mon adolescence. Un livre noir, dans la tradition sociale de la Wallonie industrielle qu'on retrouve chez les frères Dardenne, et qui finit (comme le veut le genre) sur une note empreinte d'optimisme: les personnages grandissent et les épreuves qu'ils surmontent les rendent un petit peu plus fort. Dans cet album, Bailly change une fois de plus de style, et se frotte ici à un noir et blanc plus intimiste et underground. C'est très réussi, comme tout ce à quoi il touche.

17/01/2015 (modifier)