Les derniers avis (32009 avis)

Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Betty Blues
Betty Blues

Encore une fois, c'est avec ce site que je découvre une pépite de la BD. Et encore une fois, je me dis que cet art reste l'un des plus beaux que je connaisse avec tant de merveilles en lui. Cet auteur dont j'avais déjà pu apprécier le travail sur Abelard m'a encore une fois convaincu avec cet album touchant et superbe. Le dessin est magnifique et les personnages en animaux ont un charme indéniable. La douceur des couleurs ajoute aussi. Et puis l'histoire, belle et évocatrice. Je me suis laissé porter jusqu'au coup final, et là encore ça a fait mal. Cette histoire d'amour double m'a emporté jusqu'au bout. Amour entre deux êtres, et amour de la musique. Le tout au son de la trompette et d'une Amérique à plusieurs visages. Avec encore une fois des personnages attachants et qu'on aimerait rencontrer, aussi bien pour les personnages principaux que les personnages secondaires. Je n'aurai pas grand chose à ajouter à cette BD. "Lisez-la" est le meilleur conseil que je pourrais vous donner.

23/01/2015 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série L'Histoire du conteur électrique
L'Histoire du conteur électrique

Voilà le Fred que j'aime, voilà l'auteur de BD qui me fait rêver ! Il faut le reconnaître, et je le laisse complètement aux critiques, Fred n'est pas ce qu'on appellerait un auteur jeune, et oui, son style commence un peu à dater. C'est sûr, le dessin est particulier, l'ensemble respire un poil la BD à papa, et parfois le thème est un peu démodé. Mais j'aime ça. Et Fred a bien trop de qualités pour qu'on puisse s'arrêter à ces détails, qui ne sont pas des défauts, loin de là. J'aime Fred pour son dessin qui sait capter une ambiance si particulière, touchante, humoristique, poétique. Le tout dans une seule page, dans une seule case. Et je ne parle pas de sa mise en page sublime. Les cadrages, l'organisation des pages, des bulles ... C'est un plaisir pour les yeux d'abord. C'est le talent de Fred qui nous arrive dans chaque page. Ensuite, c'est l'humour, toujours pince-sans-rire, un humour un peu grince-dent, des tronches et des cons, des situations burlesques qui se mélangent. C'est des phrases magnifiques qui sont autant drôles qu'acides. C'est de la cocasserie de l'instant, des petits gags sans rire à gorge déployée, mais avec un petit rire en coin. Et puis, c'est le ton, poétique, mélangeant les histoires poétiques, la réalité crasse, la société cruelle, les personnages touchants, les situations rocambolesques, et par dessus cette douceur qui se dégage de l'oeuvre. Face à la vie cruelle, dure, rude, aux gens sourds, aveugles, méchants et bête, Fred nous livre quelque chose de doux, de sensible, qui vient nous toucher là où il faut. Enfin, cette BD offre aussi une histoire belle et prenante. Une histoire simple de gens qui ne regardent plus la télé et d'un conteur d'histoires. Ajoutés à plein de petits détails amusants et touchants, plein de petits riens qui agglomérés font un tout qui émeut. Oui, le maître mot de cette BD a été pour moi l'émotion qui s'en dégageait. Un rien de poésie, un souffle de douceur dans ce monde de brute. Certes, cette BD n'est pas exempte de défauts, mais j'y ai trouvé plus que mon compte. Une belle histoire que j'aime relire même si j'en connais la fin, une fin qui conclut vraiment, même si on voudrait la changer, et une idée qui me reste en tête depuis. Les histoires peuvent changer les gens. Ce n'est peut-être pas la meilleure BD de Fred, qui a su nous pondre également L'Histoire du Corbac aux Baskets, mais cette BD m'a laissé une agréable sensation en moi lorsque je l'ai fermée. Encore maintenant elle reste un agréable souvenir et un bon moment de relecture. Pour toutes ces raisons, je lui attribue un bon 4/5 bien mérité, et je vous recommande de vous attarder vous aussi, un jour, à l'histoire d'un conteur électrique.

22/01/2015 (modifier)
Par Quentin
Note: 4/5
Couverture de la série Le Cycle de Cyann
Le Cycle de Cyann

En 1993, la parution du premier tome faisait l’effet d’un coup de tonnerre dans le monde de l’édition. 21 ans, 6 albums et 4 maisons d’édition plus tard, qu’en reste-t-il? Côtés positifs, on retiendra des univers extrêmement bien pensés, avec une foison de détails, cohérents, divers et hauts en couleurs, ainsi qu’une galerie de personnage eux aussi bien typés et ayant une grande profondeur psychologique. Les personnages évoluent énormément sur la période du cycle: la petite peste irresponsable devient une grande héroïne courageuse ayant ses moments de faiblesse; la fille sage et responsable devient une dictatrice, le salaud de la bande devient un amoureux transi et romantique, etc. Une série très humaine, et une belle galerie de portraits, dans laquelle Bourgeon se surpasse. Côtés négatifs, on retiendra des récits pas faciles d’accès, des histoires pas toujours très lisibles (nécessitant des explications fastidieuses qui alourdissent le récit), des albums qui hésitent entre le traitement d’une histoire en un tome et le développement d’un cycle sur plusieurs tomes, et les éternelles incongruités, inévitables dès qu’on commence à voyager dans le temps – les pirouettes employées par les auteurs pour résoudre le problème sont originales mais ne convainquent pas. Bref, une série culte qui fait date dans l’histoire de la BD franco-belge mais qui a perdu depuis longtemps l’élan des deux premiers albums et qui, à peine finie, date déjà.

22/01/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Scalped
Scalped

Voilà ce que j'appelle une claque scénaristique ! 60 épisodes répartis en 10 volumes chez Vertigo et quel plaisir ! Si un jour on m'avait dit que moi qui ai été biberonné à Lucky Luke et Astérix, j'en viendrais à autant apprécier un comics, je l'aurais pas cru. C'est violent, c'est dur, c'est âpre, cru, cynique et finalement très sombre. Les auteurs ne font pas de concession et décrivent un monde finalement sans espoir. De retour dans sa réserve natale, Dash Bad Horse, est confronté au parrain local qui sous couvert de redonner du lustre à la tribu d'autrefois ne fait que la mettre sous sa coupe. Plus qu'un polar, c'est la description d'un monde qui se meurt et malgré les coups fourrés des uns et des autres l'on assiste à sa lente mais sûre agonie. Scénariste, Jason Aaron ; ce type connait son affaire, les premiers tomes démarrent très fort et nous placent d'entrée dans cette réserve de Prairie Rose. Le décor est planté, pratiquement tous les personnages que nous verront dans l'histoire sont là et après ces trois tomes l'on sent bien toute l'intensité dramatique que la suite nous réserve. Puis l'auteur décide de prendre son temps, l'on suit plus particulièrement certains personnages. Ce procédé qui pourrait être lourd est ici habilement exploité et ne fait que renforcer l'intérêt pour l'intrigue. En mêlant astucieusement passé, présent et histoires multiples, l'auteur sait parfaitement retomber sur ses pieds pour que l'ensemble converge vers un final qui oublie toute mièvrerie ou happy-end grotesque. A part le personnage de Mamie, tous sont pourris jusqu'à la moelle ou tout du moins sans espoir de rédemption et cela marche. Ces vilains sont tellement authentiques, si peu caricaturaux que l'on adhère à ce qu'ils sont et ce qu'ils font. Attention cela ne veux pas dire pour autant que l'on soit d'accord mais nous sommes aider par ces forts caractères à comprendre pourquoi ils agissent de telle façon. Le dessin de R.M. Guéra est particulier, tout en traits assez gras, il dégage une puissance plutôt phénoménale toute en tension qui colle parfaitement au propos. Sur certains épisodes d'autres dessinateurs officient mais cela ne gâte pas les choses. Scénario impeccablement huilé, riche, complexe sans être illisible, cette implacable histoire de descente aux enfers mérite amplement le détour. Pour moi une découverte rare.

21/01/2015 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Oms en série
Oms en série

J'ai vu le film La Planète Sauvage quand j'étais très jeune et mes maigres souvenirs ne me donnaient pas tellement de motivation à lire l'adaptation BD de ce roman de Wul que je n'avais pas lu. Mais j'ai finalement eu l'occasion de la lire et j'ai été très agréablement surpris. Finalement, mes souvenirs du film se limitaient aux événements du seul tome 1 de la série alors que les développements des tomes suivants donnent nettement plus de profondeur et d'intérêt au récit. Le graphisme de Mike Hawthorne est très appréciable. Clair et élégant, il offre de belles planches aérées mais consistantes et joliment colorées. La narration est excellente, avec un bon rythme qui fait qu'on ne s'ennuie pas et que l'intrigue avance rapidement. L'histoire est bonne. Je me souviens du malaise qu'avait créé dans mon esprit d'enfant le film et son histoire où les hommes sont les animaux domestiques d'une race de géants plus évolués. Le malaise est ici moins grand mais la situation est bien mise en scène et tout à fait crédible. Et comme tout cela est très bien mené et prenant, on a fortement envie de savoir comment vont s'en sortir ces fameux Oms qui se rebellent.

21/01/2015 (modifier)
Couverture de la série Le Journal d'un remplaçant
Le Journal d'un remplaçant

On retrouve dans cet album le style graphique classique de Martin Vidberg, avec ses personnages patatoïdes. Alors que je n’avais pas été très emballé par Les Instits n'aiment pas l'école, postérieur, mais sur le même thème, j’ai trouvé ce « Journal d’un remplaçant » plutôt convainquant. Vidberg retrace ici le quotidien d’un Professeur des écoles remplaçant – c’est-à-dire lui-même. On suit donc au jour le jour sa découverte du métier, ses attentes, les questions qu’il se pose, et ses désillusions. Dans cet album, Vidberg laisse volontairement de côté les revendications, les multiples sources de mal-être qui pourtant s’expriment souvent dans les salles des maîtres ou des professeurs. C’est un choix, qui peut frustrer certains lecteurs – dont je fais partie, mais qui a aussi l’avantage de rendre peut-être plus accessible – car « dépolitisé » son témoignage. Une bonne partie de l’année – et donc de l’album, Vidberg enseigne dans une classe spécialisée. Pas préparé du tout (dans tous les sens du terme d’ailleurs) à ce qui s’avère être très rapidement très éloigné de ce qui a pu lui être enseigné dans les IUFM, il s’adapte, improvise, crée un modus operandi qui, même si ce n’est pas flagrant à ses yeux, va lui permettre de faire faire de réels progrès à ses élèves, très difficiles. On découvre donc le travail d’un enseignant, pas forcément représentatif, dans un cadre qui ne l’est pas du tout. J’ai souvent rigolé des mésaventures vécues (bagarre en classe, agressions verbales, expériences sportives maladroites), des difficultés surgissant par vagues successives. On aimerait que certains inspecteurs se posent les mêmes questions que Vidberg, pour mieux aider les élèves rassemblés dans ces classes spécialisés, et aussi les enseignants qui y sont envoyés ! Si on ne découvre pas forcément un « métier » dans sa globalité, on en sait un peu plus sur certaines de ses facettes. Et sur le travail, le questionnement de ceux qui travaillent avec nos enfants, et que tous jugent avec un certain nombre d’à priori (comme Vidberg le rappelle lui-même). Un témoignage rigolo, qui se lit très agréablement, et qui me fait passer à quatre étoiles (note réelle 3,5/5).

21/01/2015 (modifier)
Couverture de la série Les Larmes du Seigneur Afghan
Les Larmes du Seigneur Afghan

Ce récit s’est révélé pour moi une œuvre majeure de la bande dessinée d’investigation. Il relate de la manière la plus fidèle possible le voyage d’une journaliste belge et de son cameraman au cœur même de l’Afghanistan, dans le village d’un chef de guerre qui a combattu les Talibans. Je crois sa lecture salutaire et je serais d’avis de l’imposer dans nos écoles pour permettre aux jeunes de comprendre toute la complexité de la situation dans les rapports Orient/Occident. En quelques pages, les auteurs nous font comprendre pourquoi nous sommes en train de perdre cette guerre face à la radicalisation… et principalement de la faute de nos propres dirigeants. « Nous créons nos propres monstres » a été ma pensée première en refermant ce livre, et c’est vrai que ce que nous raconte Pascale Bourgaux est consternant, entre cette employée de l’Otan incapable de s’adapter aux us d’un pays musulman et ce directeur d’école afghan, maudissant les Américains et incapable d’en reconnaitre le drapeau sur la liste des donateurs qui ont financé son école. Il y a un tel gouffre d’incompréhension, un tel décalage entre les envies de tous de vivre simplement en paix et la manière dont les efforts de beaucoup sont détournés au profit de quelques-uns. Et cette difficulté si humaine de reconnaitre ses torts ! C’est rageant, c’est consternant, c’est déprimant, c’est révoltant… c’est tellement vrai ! Inutile d’en dire plus. Pour moi, c’est vraiment un récit à lire. Et même si le style graphique n’est pas à mon goût (trop proche de la peinture), et bien d’une part, je m’en fiche face à la force du propos et, d’autre part, il offre quand même un magnifique tableau sur une grande illustration d’un Afghan dansant, une mitraillette posée à ses pieds.

21/01/2015 (modifier)
Couverture de la série Trahie
Trahie

Nouvelle adaptation d’un polar suédois, et une nouvelle fois, je suis happé par le récit, attendant dès à présent le deuxième volet avec grande impatience ! Pourtant, le début de ma lecture m’a fait craindre le pire, car plusieurs personnages nous sont présentés et leurs traits ne sont que peu différenciés. Il m’aura donc fallu un peu de temps pour bien cerner chaque acteur et bien différencier chaque histoire. Oui, chaque histoire en effet, car la structure du récit nous fait rebondir sur trois fils conducteurs distincts, fils qui finissent par se rejoindre à la fin du premier tome mais qui égarent volontairement le lecteur durant celui-ci. Ceci dit, l’emploi de différentes gammes chromatiques permet de nous faire comprendre que l’on passe d’un fil à un autre. C’est très bien conçu, bien raconté et les personnages deviennent vite touchants ou détestables selon les cas (et, cerise sur le gâteau, parfois même les deux en même temps). La thématique centrale, comme l’indique le titre, est la trahison et prend différents aspects dont le principal est celui de la femme trompée par son mari. Une fois de plus, dans ce type de roman scandinave, ce qui distingue ce récit d’un autre tient à la personnalité, à l’humanité (avec toute sa fragilité mais aussi sa hargne ou sa folie) des personnages. Les auteurs parviennent à nous en faire partager les pensées, et par là même leur intimité. Ce polar est donc avant tout psychologique. Ce premier tome n’offre pas d’enquête, pas de course poursuite, pas de coup de feu et s’il y a bien un meurtre, j’ai presque tendance à dire que celui-ci est secondaire face à ce que le deuxième tome pourrait nous offrir. Tout est dans l’ambiance, dans la tension, avec cette certitude que ces trahisons entraineront leurs victimes vers la folie. Car dans ce récit, il devient vite évident que, si drame il y a, les coupables seront les premières victimes… et inversement. Les pions sont placés, la mécanique est lancée. Il nous reste plus qu’à regarder ce qui va se passer, dans notre position de lecteur/voyeur… et je dois bien avouer que j’aime ça !

21/01/2015 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Magic Dream Box
Magic Dream Box

Après Vacadab de Lomig, j'ai poursuivi ma découverte de l'auteur avec cet album "Magic Dream Box". Fidèle à son noir et blanc qu'il maîtrise très bien, Lomig nous embarque cette fois-ci dans les pantoufles d'un être un peu dérangé. Rien de bien grave... Enfin peut-être... Toujours est-il que cet homme n'aime pas ses congénères, qu'il est méfiant de tout, que cette société où tout n'est que marchandise le rend malade et qu'il consulte pour ça depuis des années un psy... Sauf, que notre Boris Belaire en a aussi sa claque de ces rendez-vous chez ce psy et qu'il décide de mettre un terme à sa thérapie. Le psy lui donne quand même un dernier contact au cas où il souhaiterait quand même se faire aider... C'est à partir de là que tout va basculer avec cette "Magic Dream Box"... Si j'ai trouvé le dessin tout aussi efficace et travaillé que dans Vacadab, j'ai cette fois-ci été davantage emballé par le scénario. Sans rien dévoiler de l'intrigue, on sent que Lomig nous propose une histoire mieux construite et plus aboutie. On ne peut pas dire que l'optimisme soit ici aussi au rendez-vous, mais au moins j'ai trouvé ça plus cohérent. Un album que je conseille pour découvrir cet auteur dont le talent s'afutte !

20/01/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Les Bidochon
Les Bidochon

Presque culte! Les bidochons font partie des Bd qui me font pleurer!, avec Gaston, mais pleurer de rire. Que c'est bon, et puis la minute d'après tu te dis que finalement nous avons tous un petit côté Bidochon. Attention, n'allez pas me cataloguer illico, mais franchement qui n'a pas eu sur l'ensemble de ces bandes une petite chouille de réaction à la Robert ou à la Raymonde en se disant, ou alors à voix basse, j'aurais pu réagir comme ça. Ils sont beaux, ils sont pathétiques, ils sont nobles, ils ont des convictions, des espoirs, quelque part ils sont nous, nous aimons rire ou sourire à leurs tracas quotidiens mais ils sont si vrais que nous pouvons tout leur pardonner. Derrière chaque gag il y a l'un ou l'autre d'entre nous qui est là. Dessin simple, (enfin facile à dire), mais rudement efficace. Longue vie à eux.

20/01/2015 (modifier)