Avec Légende, Swolfs réalise une belle relecture des sagas médiévales.
Bien sûr, la trame de l'histoire est archi classique et finalement sans surprise. Tous les clichés y sont : l'usurpateur fratricide qui s'empare du trône en oubliant d'éliminer un héritier, lequel est caché dans la forêt par des réprouvés, grandit, devient fort et finit par reconquérir son trône…
C'est un mélange des histoires d'aventure du répertoire classique : Hamlet, Robin des bois, Scaramouche, Le Bossu, Le Miracle des Loups… Bel hommage auquel l'auteur consacre tout son talent.
Le dessin de Swolfs est toujours remarquable, même si je le trouve plus surchargé qu'à ses débuts, dans les premiers épisodes de Durango.
Cette approche graphique colle bien au titre de la série. Il prend plaisir à représenter des forêts obscures, où seule une faible lumière perce les épaisses frondaisons, faisant ressortir les ombres inquiétantes entre les vieux troncs moussus des arbres multicentenaires. Si je devais résumer sa source d'inspiration pour Légende, je renverrais à la gravure d'Albrecht Dürer intitulée Le Chevalier, la Mort et le Diable.
Il réalise aussi d'époustouflantes vues aériennes de forteresses imprenables. Les châteaux forts aperçus dans Le Prince de la nuit lui ont visiblement donné le goût de l'architecture militaire médiévale, qui prend sous sa plume des proportions tolkienniennes. J'aurais bien aimé que Swolfs nous dessine un siège dans les règles.
Ses personnages sont pour leur part conformes à son style. Ce qui est notable chez ce dessinateur, c'est que d'une série à l'autre, on n'a pas trop à se creuser pour deviner qui est qui, tant les personnages affichent leur caractère sur leur face. Les physiognomonistes du XIXe siècle auraient adoré ! Depuis Durango, ses gentils ont le visage noble, l'œil bleu et le cheveu blond (bon d'accord, ça peut renvoyer à des références douteuses…). Les méchants ont l'air retord, une sale gueule et – détail récurent – la lèvre charnue (un peu comme le méchant du premier Durango qui arborait le faciès de Klaus Kinski). En fait, comme l'œuvre lorgne clairement vers le cinéma d'aventure hollywoodien, tous les clichés sont permis, et même bienvenus. Franchement, entre Laurence Olivier et Stewart Granger, vous choisiriez qui pour jouer le traître fourbe et cruel ?
Swolfs est plutôt convainquant dans les scènes d'action et les combats, même si les combats à l'épée l'inspirent plutôt moins que les duels au révolver de ses débuts. Juste un petit Bémol : il ne sait toujours pas dessiner les enfants, qu'il représente comme des adultes miniatures ressemblant à des lilliputiens ridicules.
Le premier cycle de cinq albums est donc une excellente série médiévale, qui plaira à tous ceux qui aiment les récits d'aventure bien construits.
Je suis nettement moins emballé par le tome 6, qui se tourne vers le fantastique onirique, entre La Belle au bois dormant et Les Compagnons du Crépuscule (je pense aux deux premiers volumes). Bien dessiné mais pas passionnant.
L'auteur semble vouloir justifier le surnom qu'il a donné au héros (“Le chevalier errant”) au début de la série et dont il n'a guère montré la validité jusqu'ici. Mais il devra lui trouver des quêtes plus convaincantes…
Quelle excellente idée d'explorer les débuts de Sherlock Holmes qui n'est encore qu'un petit détective amateur en 1876, n'ayant pas encore exercé ses formidables talents auprès de son ami Watson qu'il rencontrera en 1887, soit 11 ans plus tard, année de sa première grande enquête, "Une étude en rouge". Conan Doyle n'avait jamais décrit cette jeunesse, c'est donc un concept intéressant mais qu'il fallait bien maîtriser, car quand on s'empare d'un personnage aussi mythique pour des récits non écrits par son créateur, ça peut être risqué. Mais Cordurié s'en sort tellement bien qu'il a décliné les aventures de Sherlock dans 3 autres diptyques de cette bonne collection 1800.
Dès les 5 premières pages du prologue, on est pris, happé, captivé, saisi par une atmosphère inquiétante, étouffante et malsaine, c'est une scène qui fait froid dans le dos, et on se dit que si toute la Bd est ainsi, on est tombé sur du lourd. En tout cas, moi je prend sans hésiter. Car ça continue dans la bonne impression, avec la scène dans le pub qui pose les personnages, ceux des amis de Holmes et Holmes lui-même qui fait une petite démonstration de ses talents d'observation sur laquelle il fonde ses déductions.
Holmes est donc plus jeune de 10 ans, il n'habite pas Baker Street, vit avec un jeune violoniste et fréquente aussi un jeune inspecteur de Scotland Yard à qui il rend service dans des enquêtes troubles. Il va être confronté pour la première fois aux Moriarty père et fils, dont les noirs desseins sont bien dans le ton de certaines histoires de Conan Doyle ; l'assimilation est donc remarquable, de même que les caractères ont été bien captés par le scénariste. Le vieux Moriarty y est présenté comme un sinistre personnage plein d'autorité, machiavélique et impitoyable, sachant appréhender les situations compliquées, et dont la noirceur des crimes fait délicieusement frissonner.
La petite part de fantastique qu'on trouve ici rappelle que Sherlock Holmes frôlera parfois cet univers (souvenons-nous du Chien des Baskerville, ou la Vallée de la peur...), mais l'essentiel est de retrouver une ambiance morbide et mystérieuse agrémentée de quelques scènes d'action bienvenues, dans un Londres d'époque toujours très évocateur, c'est ce qu'ont parfaitement réussi les auteurs, surtout le dessinateur qui sait restituer à merveille ces décors sombres et tortueux, à l'aide d'un trait propre, superbe et maîtrisé. Le dialogue est également très brillant.
Voici donc un splendide diptyque qui a su bien cerner l'univers de Holmes, angoissant à souhait et aux réelles qualités que n'aurait sans doute pas renié Conan Doyle en personne.
Le thème de cette bd est de nous présenter la vie du juge Giovanni Falcone qui a porté un sérieux coup à la mafia sicilienne dans les années 80 et 90. Malheureusement pour lui, la Cosa Nostra a dynamité avec 600 kilos d'explosifs une autoroute pour avoir sa peau. J'ai encore ce souvenir d'un homme intègre qui a payé de sa vie son combat contre le monstre. Cependant, j'ignorais tout ce qu'il avait enduré durant ces années de lutte et les sacrifices qu'il avait accomplis pour protéger les proches.
J'ai bien aimé la façon d'aborder cette bd d'un père qui explique avec des mots simples le fonctionnement de cette organisation criminelle et de ses codes si particulier. Le père s'est rendu compte que son fils est victime d'un racket à l'école. Il va créer une sorte de prise de conscience auprès de son fils car il est nécessaire de lutter contre toute forme d'injustice.
Le film sur le parrain de Francis Ford Coppola avait magnifié l'image de la mafia avec sa générosité pour le petit peuple et son ombre protectrice. On sait bien ce qu'il en est dans la réalité. L'auteur ne mâche pas ses mots pour dénoncer cela. Il présente une version très manichéenne qui peut parfois agacer. Cependant, je respecte ce parti pris.
Encore de nos jours, être un rapporteur ou une balance est très mal vu. On préfère protéger les malfrats qui ont une bonne image même au cinéma. Cela incite nos jeunes à entrer dans ce système pernicieux. Je trouve qu'il fallait du courage pour dénoncer cela. Quant à moi, j'ai toujours été du côté de la loi et de la répression la plus féroce par rapport à toutes formes de criminalité. Le silence et la désinformation sont les armes du monstre. Cependant, si l'économie se portait bien et qu'il y avait moins d'inégalités, sans doute on vivrait dans un monde meilleur.
Giovanni Falcone est pour moi un héros de notre temps qui a dit non à la mafia. Il n'a pas été aidé par les politiques et a suscité beaucoup de jalousie. Cependant, il a gagné son combat même s'il l'a chèrement payé. Le message de cet ouvrage est plus que louable. 4 étoiles et c'est un minimum.
On retrouve le duo qui oeuvre sur Les Mondes de Thorgal - Louve, avec un bonheur inégal. Mais il semblerait que Yann soit plus inspiré par la jeunesse de Thorgal que par celle de sa fille... En effet j'ai retrouvé dans cette série le souffle épique et l'esprit si particulier qui régnaient sur le Thorgal de la grande époque. Mieux que ça, j'y ai retrouvé des résonances, d'autant plus que j'ai récemment lu un roman adapté de ces albums sur la jeunesse du héros.
D'entrée de jeu nous n'avons pas une histoire par tome, mais bel et bien une intrigue complexe, qui va courir sur deux ou trois tomes, comprenant une interaction forte avec la série-mère (une certaine magicienne apparaissant furtivement)... Et c'est là que Yann réussit son défi : apposer sa patte avec de nouvelles histoires, mais aussi les intercaler de façon habile dans la trame générale des aventures de Thorgal.
C'est réellement prenant, même si au départ j'étais peu convaincu d'une histoire avec des baleines. Le travail graphique de Roman Surzhenko y est pour beaucoup, lui qui se rapproche de plus en plus de celui de Rosinski, qui signe la couverture. Cette fois-ci Graza n'assure pas les couleurs, sans doute très occupée par les autres séries du même univers, mais Surzhenko se débrouille très bien. Il y a encore des raideurs dans ses loups, mais à part ça, peu de remarques, c'est de la belle ouvrage.
Ce premier diptyque, qui combine aventure et rencontres mythologiques, est vraiment très prenant. Le nouveau cycle qui commence avec le tome 3 s'annonce comme très intéressant, très respectueux des canons vanhammiens, avec retournements de situation, personnages complexes et une intrigue qui est très prenante. Du tout bon pour moi.
Je ne suis pas fan de ces séries concept qui fleurissent, chez Delcourt entre autre. Mais j’ai trouvé cet album plutôt réussi.
D’abord le dessin de Critone est bon, à mi-chemin entre le trait réaliste et des arrondis adaptés à un dynamisme humoristique.
Ensuite le scénario et les textes d’Ayroles sont eux aussi réussis. En effet, dans un univers violent, il nous plante sept moines incarnant chacun l’un des sept péchés capitaux, souvent dans leur version outrancière, caricaturale. Ces moines, et surtout leurs réparties, font le sel de l’album, et donnent un ton souvent drôle à cette aventure moyenâgeuse.
Malgré ces louanges, j'ai longtemps hésité à arrondir aux quatre étoiles. C’est que justement ce fameux concept de one shot bride un peu les possibilités de l’auteur. J’aurais bien vu plus développées les personnalités et aventures de ces moines, en les faisant surjouer leurs défauts, dans un sens burlesque qu’Ayroles a parfois utilisé dans certaines de ces autres célèbres séries. Une bonne idée, ici pas forcément exploitée jusqu’au bout donc.
En tout cas, c’est clairement un album qui mérite le détour. Et un des meilleurs de cette série.
Note réelle 3,5/5.
Voilà ma foi un excellent polar, Un rythme qui ne faiblit pas, une succession de révélations qui amènent le lecteur à n'avoir qu'une envie, tourner la page pour savoir ce que nous réserve la suite. Pourtant tout démarre de manière assez classique, un tueur énigmatique qui descend ses cibles avec une régularité de métronome. Face à lui un flic comme nous les avons déjà vu des milliers de fois, un peu cabossé, pas forcément le plus aimable du monde mais très efficace. Rien de nouveau sous le soleil me direz vous, et pourtant cela fonctionne rudement bien. S'ajoute à l'enquête que nous suivons des réminiscences du passé où en filigrane l'assassinat de JFK est évoqué. Attention ici pas d'énième théorie complotiste, encore que, mais les choses sont suffisamment bien amenées pour que l'histoire ne parte pas dans un délire comme on a pu le voir ailleurs.
Un polar qui envoit donc avec une petite référence qui ne doit pas être fortuite où les auteurs évoquent "La patrouille de l'aube", association de surfeurs tirée des excellents polars écrits par Kem Nunn. J'attends la suite avec impatience, les révélations semées dans ce premier tome mettent l'eau à la bouche!
Moi également je m’étais détourné de Doggybags pour X raisons même si je continuais religieusement à acheter chaque opus dès sa sortie mais que voulez-vous, mon goût immature pour les œuvres nanardesques envoyant du trash, du sang et du mauvais goût inspiré à tous les étages a toujours eu raison de ma santé mentale ainsi que de mon portefeuille !
Cela fait donc plus d’un an que cet « hors-série » traînait dans mon bordel parmi tant d’autres et accessoirement les autres Doggybags « réguliers » que je n’avais point lu depuis le second opus.
Bien mal m’en a pris avec un rattrapage express de cette lecture immorale qui m’a montré d’une part qu’il s’agit d’une collection fantastique pour dénicher un vivier d’auteurs français méconnus qui ne devraient plus le rester longtemps et parmi toute cette ribambelle rafraîchissante : Neyef et son South Central Stories découpé en 3 actes et qui a inspiré à Run, directeur de la publication Doggybags, d’éditer cet hors-série reposant entièrement sur le talent de Neyef.
Dans le fond il s’agit d’un schéma classique inspiré par les films de « gangstas » avec une leçon d’initiation pour 2 jeunes paumés pour intégrer un gang : buter un membre influent du groupe rival.
Dans la forme, il s’agit d’un récit bien découpé et utilisant le principe de « points de vue » en découpant l’action par plusieurs protagonistes différents.
On se doute bien que tout va très mal se passer et que le sang va couler à flots en guise de vengeance sans concession. Neyef fait le pari culotté d’introduire également le principe du miracle qui épargne une vie (comme celui qui épargne Vincent et Jules sur lesquels on a tiré à bout portant dans Pulp Fiction) par l’introduction d’un personnage inattendu…
Les références à Tarantino, GTA ou même Breaking Bad étant parfaitement digérées, Neyef mène la barque de façon tout à fait limpide et emmène son lecteur aux antipodes du récit initial en se permettant même une ultime référence de qualité à la légende du bluesman Robert Johnson (voir le magnifique Love in Vain publié la même année) de façon culottée mais astucieuse…
Tout ça ne serait pas complet sans le style graphique superbe de Neyef. On peut pressentir l’influence de comics ou de manga et de l’école Singelin/Run mais son style est inimitable et dynamique et parfaitement en osmose avec la palette de couleurs très nineties du récit.
Découvert déjà dans une histoire de Doggybags 3 et maintenant seul en lice, Neyef est à coup sûr une révélation sur laquelle on devra compter et dont on attend le prochain travail avec impatience. En attendant, régalez-vous avec ce chouette opus de Doggybags !
J’ai acheté l’album pour les dessins (ou plutôt, à cause d’eux). Et bien m’en a pris car je découvre le récit de ce fameux Don Quichotte dont je n’avais jusqu’alors qu’une image d’Epinal en tête (celle de l’affrontement avec les moulins à vent).
Le récit se suit sans ennuis et avec intérêt. La narration jette même le trouble sur l’existence réelle de ce personnage atypique défenseur de la justice et de l’équité. C’est bien amené et, tout comme Spooky, je n’ai pas vu passer les 160 pages consacrées à ce personnage qui, à force, aurait pu ennuyer le lecteur en le plongeant dans un état de semi-somnolence. J’ai trouvé la fin un peu brutale mais, en lisant l’avis de mon prédécesseur, je me suis rendu compte qu’il y aura un second opus. Et dire que Don Quichotte n’a pas encore fait montre de toutes ses audaces ! :)
Vivement la suite !
Dad n’est pas une série inconnue pour celui qui lit le magazine Spirou. Et pour l’occasion, Nob, son papa, fait une infidélité à Glénat, la maman de ses précédents rejetons de papier.
C’est une série que je prends plaisir à suivre chaque semaine dans le journal. La lecture sous forme d’album n’est nullement gavante. Au contraire, elle détend les zygomatiques en amenant un petit vent de fraicheur sur les séries humoristiques gravitant autour de la famille en bousculant les codes pré-établis (Boule et Bill, Cédric et Co).
Imaginez-vous papa (ou maman) de 4 filles de mères (ou père) différent(e)s que vous élevez seul. Bref, voici une famille monoparentale peu banale avec un patriarche qui est de surcroit acteur de profession … et un peu sur la touche. Certes, on ne rit pas aux éclats mais le sourire et la bonne humeur sont de mise, tout comme la régularité et la qualité des histoires. L’atmosphère distillée est d’ailleurs assez similaire à celle de Mamette du même auteur. C’est frais, touchant, tendre … bref les sentiments sont multiples et convergent vers un état de plénitude. Ajoutons le trait et la mise en couleur typiques de Nob, et le résultat frôle le sans faute.
Recommandé !
Un délice pour les amateurs de road-movies, et peut-être un peu monotone pour les autres.
C'est l'histoire d'un cowboy moustachu qui perd son bras en Afghanistan et revient déboussolé : il se retrouve en insertion dans une bibliothèque où il prend son travail à cœur et acquiert une solide culture littéraire. C'est là qu'il fait la connaissance de Cervantès, l'écrivain du XVIème siècle espagnol, captif comme lui, manchot comme lui, qui porte le même patronyme que lui, ...
Bref, cette rencontre déconcertante donne un exutoire à la violence idéaliste qu'il ressent et il se lance dans un voyage éperdu pour lutter contre toutes les injustices comme le célèbre Don Quichotte de la Mancha. Dans un délire doux dingue il traverse l'Amérique d'ouest en est à la recherche de son Sancho Pansa.
Le dessin est très agréable : des lavis somptueux en pleine page pour les grands espaces de l'Amérique , et des dessins au trait fin avec un petit jus blond pour donner la lumière aux personnages bien croqués.
Le fantôme d'Edward Abbey, (auteur du désopilant "Gang de la clef à Molette", que je vous conseille aux éditions Gallmeister) qui est évoqué directement par les protagonistes, plane visiblement sur ce voyage sans nécessité, où les donuts, les fords mustang et les motels, sont le lot quotidien, qu'on soit ancien otage en Afghanistan, indien navajo colonisé, flic à lunettes noires ou immigré péruvien...
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Légende
Avec Légende, Swolfs réalise une belle relecture des sagas médiévales. Bien sûr, la trame de l'histoire est archi classique et finalement sans surprise. Tous les clichés y sont : l'usurpateur fratricide qui s'empare du trône en oubliant d'éliminer un héritier, lequel est caché dans la forêt par des réprouvés, grandit, devient fort et finit par reconquérir son trône… C'est un mélange des histoires d'aventure du répertoire classique : Hamlet, Robin des bois, Scaramouche, Le Bossu, Le Miracle des Loups… Bel hommage auquel l'auteur consacre tout son talent. Le dessin de Swolfs est toujours remarquable, même si je le trouve plus surchargé qu'à ses débuts, dans les premiers épisodes de Durango. Cette approche graphique colle bien au titre de la série. Il prend plaisir à représenter des forêts obscures, où seule une faible lumière perce les épaisses frondaisons, faisant ressortir les ombres inquiétantes entre les vieux troncs moussus des arbres multicentenaires. Si je devais résumer sa source d'inspiration pour Légende, je renverrais à la gravure d'Albrecht Dürer intitulée Le Chevalier, la Mort et le Diable. Il réalise aussi d'époustouflantes vues aériennes de forteresses imprenables. Les châteaux forts aperçus dans Le Prince de la nuit lui ont visiblement donné le goût de l'architecture militaire médiévale, qui prend sous sa plume des proportions tolkienniennes. J'aurais bien aimé que Swolfs nous dessine un siège dans les règles. Ses personnages sont pour leur part conformes à son style. Ce qui est notable chez ce dessinateur, c'est que d'une série à l'autre, on n'a pas trop à se creuser pour deviner qui est qui, tant les personnages affichent leur caractère sur leur face. Les physiognomonistes du XIXe siècle auraient adoré ! Depuis Durango, ses gentils ont le visage noble, l'œil bleu et le cheveu blond (bon d'accord, ça peut renvoyer à des références douteuses…). Les méchants ont l'air retord, une sale gueule et – détail récurent – la lèvre charnue (un peu comme le méchant du premier Durango qui arborait le faciès de Klaus Kinski). En fait, comme l'œuvre lorgne clairement vers le cinéma d'aventure hollywoodien, tous les clichés sont permis, et même bienvenus. Franchement, entre Laurence Olivier et Stewart Granger, vous choisiriez qui pour jouer le traître fourbe et cruel ? Swolfs est plutôt convainquant dans les scènes d'action et les combats, même si les combats à l'épée l'inspirent plutôt moins que les duels au révolver de ses débuts. Juste un petit Bémol : il ne sait toujours pas dessiner les enfants, qu'il représente comme des adultes miniatures ressemblant à des lilliputiens ridicules. Le premier cycle de cinq albums est donc une excellente série médiévale, qui plaira à tous ceux qui aiment les récits d'aventure bien construits. Je suis nettement moins emballé par le tome 6, qui se tourne vers le fantastique onirique, entre La Belle au bois dormant et Les Compagnons du Crépuscule (je pense aux deux premiers volumes). Bien dessiné mais pas passionnant. L'auteur semble vouloir justifier le surnom qu'il a donné au héros (“Le chevalier errant”) au début de la série et dont il n'a guère montré la validité jusqu'ici. Mais il devra lui trouver des quêtes plus convaincantes…
Sherlock Holmes - Crime Alleys
Quelle excellente idée d'explorer les débuts de Sherlock Holmes qui n'est encore qu'un petit détective amateur en 1876, n'ayant pas encore exercé ses formidables talents auprès de son ami Watson qu'il rencontrera en 1887, soit 11 ans plus tard, année de sa première grande enquête, "Une étude en rouge". Conan Doyle n'avait jamais décrit cette jeunesse, c'est donc un concept intéressant mais qu'il fallait bien maîtriser, car quand on s'empare d'un personnage aussi mythique pour des récits non écrits par son créateur, ça peut être risqué. Mais Cordurié s'en sort tellement bien qu'il a décliné les aventures de Sherlock dans 3 autres diptyques de cette bonne collection 1800. Dès les 5 premières pages du prologue, on est pris, happé, captivé, saisi par une atmosphère inquiétante, étouffante et malsaine, c'est une scène qui fait froid dans le dos, et on se dit que si toute la Bd est ainsi, on est tombé sur du lourd. En tout cas, moi je prend sans hésiter. Car ça continue dans la bonne impression, avec la scène dans le pub qui pose les personnages, ceux des amis de Holmes et Holmes lui-même qui fait une petite démonstration de ses talents d'observation sur laquelle il fonde ses déductions. Holmes est donc plus jeune de 10 ans, il n'habite pas Baker Street, vit avec un jeune violoniste et fréquente aussi un jeune inspecteur de Scotland Yard à qui il rend service dans des enquêtes troubles. Il va être confronté pour la première fois aux Moriarty père et fils, dont les noirs desseins sont bien dans le ton de certaines histoires de Conan Doyle ; l'assimilation est donc remarquable, de même que les caractères ont été bien captés par le scénariste. Le vieux Moriarty y est présenté comme un sinistre personnage plein d'autorité, machiavélique et impitoyable, sachant appréhender les situations compliquées, et dont la noirceur des crimes fait délicieusement frissonner. La petite part de fantastique qu'on trouve ici rappelle que Sherlock Holmes frôlera parfois cet univers (souvenons-nous du Chien des Baskerville, ou la Vallée de la peur...), mais l'essentiel est de retrouver une ambiance morbide et mystérieuse agrémentée de quelques scènes d'action bienvenues, dans un Londres d'époque toujours très évocateur, c'est ce qu'ont parfaitement réussi les auteurs, surtout le dessinateur qui sait restituer à merveille ces décors sombres et tortueux, à l'aide d'un trait propre, superbe et maîtrisé. Le dialogue est également très brillant. Voici donc un splendide diptyque qui a su bien cerner l'univers de Holmes, angoissant à souhait et aux réelles qualités que n'aurait sans doute pas renié Conan Doyle en personne.
C'est pour ça que je m'appelle Giovanni
Le thème de cette bd est de nous présenter la vie du juge Giovanni Falcone qui a porté un sérieux coup à la mafia sicilienne dans les années 80 et 90. Malheureusement pour lui, la Cosa Nostra a dynamité avec 600 kilos d'explosifs une autoroute pour avoir sa peau. J'ai encore ce souvenir d'un homme intègre qui a payé de sa vie son combat contre le monstre. Cependant, j'ignorais tout ce qu'il avait enduré durant ces années de lutte et les sacrifices qu'il avait accomplis pour protéger les proches. J'ai bien aimé la façon d'aborder cette bd d'un père qui explique avec des mots simples le fonctionnement de cette organisation criminelle et de ses codes si particulier. Le père s'est rendu compte que son fils est victime d'un racket à l'école. Il va créer une sorte de prise de conscience auprès de son fils car il est nécessaire de lutter contre toute forme d'injustice. Le film sur le parrain de Francis Ford Coppola avait magnifié l'image de la mafia avec sa générosité pour le petit peuple et son ombre protectrice. On sait bien ce qu'il en est dans la réalité. L'auteur ne mâche pas ses mots pour dénoncer cela. Il présente une version très manichéenne qui peut parfois agacer. Cependant, je respecte ce parti pris. Encore de nos jours, être un rapporteur ou une balance est très mal vu. On préfère protéger les malfrats qui ont une bonne image même au cinéma. Cela incite nos jeunes à entrer dans ce système pernicieux. Je trouve qu'il fallait du courage pour dénoncer cela. Quant à moi, j'ai toujours été du côté de la loi et de la répression la plus féroce par rapport à toutes formes de criminalité. Le silence et la désinformation sont les armes du monstre. Cependant, si l'économie se portait bien et qu'il y avait moins d'inégalités, sans doute on vivrait dans un monde meilleur. Giovanni Falcone est pour moi un héros de notre temps qui a dit non à la mafia. Il n'a pas été aidé par les politiques et a suscité beaucoup de jalousie. Cependant, il a gagné son combat même s'il l'a chèrement payé. Le message de cet ouvrage est plus que louable. 4 étoiles et c'est un minimum.
Les Mondes de Thorgal - La jeunesse de Thorgal
On retrouve le duo qui oeuvre sur Les Mondes de Thorgal - Louve, avec un bonheur inégal. Mais il semblerait que Yann soit plus inspiré par la jeunesse de Thorgal que par celle de sa fille... En effet j'ai retrouvé dans cette série le souffle épique et l'esprit si particulier qui régnaient sur le Thorgal de la grande époque. Mieux que ça, j'y ai retrouvé des résonances, d'autant plus que j'ai récemment lu un roman adapté de ces albums sur la jeunesse du héros. D'entrée de jeu nous n'avons pas une histoire par tome, mais bel et bien une intrigue complexe, qui va courir sur deux ou trois tomes, comprenant une interaction forte avec la série-mère (une certaine magicienne apparaissant furtivement)... Et c'est là que Yann réussit son défi : apposer sa patte avec de nouvelles histoires, mais aussi les intercaler de façon habile dans la trame générale des aventures de Thorgal. C'est réellement prenant, même si au départ j'étais peu convaincu d'une histoire avec des baleines. Le travail graphique de Roman Surzhenko y est pour beaucoup, lui qui se rapproche de plus en plus de celui de Rosinski, qui signe la couverture. Cette fois-ci Graza n'assure pas les couleurs, sans doute très occupée par les autres séries du même univers, mais Surzhenko se débrouille très bien. Il y a encore des raideurs dans ses loups, mais à part ça, peu de remarques, c'est de la belle ouvrage. Ce premier diptyque, qui combine aventure et rencontres mythologiques, est vraiment très prenant. Le nouveau cycle qui commence avec le tome 3 s'annonce comme très intéressant, très respectueux des canons vanhammiens, avec retournements de situation, personnages complexes et une intrigue qui est très prenante. Du tout bon pour moi.
Sept Missionnaires
Je ne suis pas fan de ces séries concept qui fleurissent, chez Delcourt entre autre. Mais j’ai trouvé cet album plutôt réussi. D’abord le dessin de Critone est bon, à mi-chemin entre le trait réaliste et des arrondis adaptés à un dynamisme humoristique. Ensuite le scénario et les textes d’Ayroles sont eux aussi réussis. En effet, dans un univers violent, il nous plante sept moines incarnant chacun l’un des sept péchés capitaux, souvent dans leur version outrancière, caricaturale. Ces moines, et surtout leurs réparties, font le sel de l’album, et donnent un ton souvent drôle à cette aventure moyenâgeuse. Malgré ces louanges, j'ai longtemps hésité à arrondir aux quatre étoiles. C’est que justement ce fameux concept de one shot bride un peu les possibilités de l’auteur. J’aurais bien vu plus développées les personnalités et aventures de ces moines, en les faisant surjouer leurs défauts, dans un sens burlesque qu’Ayroles a parfois utilisé dans certaines de ces autres célèbres séries. Une bonne idée, ici pas forcément exploitée jusqu’au bout donc. En tout cas, c’est clairement un album qui mérite le détour. Et un des meilleurs de cette série. Note réelle 3,5/5.
Wonderball
Voilà ma foi un excellent polar, Un rythme qui ne faiblit pas, une succession de révélations qui amènent le lecteur à n'avoir qu'une envie, tourner la page pour savoir ce que nous réserve la suite. Pourtant tout démarre de manière assez classique, un tueur énigmatique qui descend ses cibles avec une régularité de métronome. Face à lui un flic comme nous les avons déjà vu des milliers de fois, un peu cabossé, pas forcément le plus aimable du monde mais très efficace. Rien de nouveau sous le soleil me direz vous, et pourtant cela fonctionne rudement bien. S'ajoute à l'enquête que nous suivons des réminiscences du passé où en filigrane l'assassinat de JFK est évoqué. Attention ici pas d'énième théorie complotiste, encore que, mais les choses sont suffisamment bien amenées pour que l'histoire ne parte pas dans un délire comme on a pu le voir ailleurs. Un polar qui envoit donc avec une petite référence qui ne doit pas être fortuite où les auteurs évoquent "La patrouille de l'aube", association de surfeurs tirée des excellents polars écrits par Kem Nunn. J'attends la suite avec impatience, les révélations semées dans ce premier tome mettent l'eau à la bouche!
Doggybags présente
Moi également je m’étais détourné de Doggybags pour X raisons même si je continuais religieusement à acheter chaque opus dès sa sortie mais que voulez-vous, mon goût immature pour les œuvres nanardesques envoyant du trash, du sang et du mauvais goût inspiré à tous les étages a toujours eu raison de ma santé mentale ainsi que de mon portefeuille ! Cela fait donc plus d’un an que cet « hors-série » traînait dans mon bordel parmi tant d’autres et accessoirement les autres Doggybags « réguliers » que je n’avais point lu depuis le second opus. Bien mal m’en a pris avec un rattrapage express de cette lecture immorale qui m’a montré d’une part qu’il s’agit d’une collection fantastique pour dénicher un vivier d’auteurs français méconnus qui ne devraient plus le rester longtemps et parmi toute cette ribambelle rafraîchissante : Neyef et son South Central Stories découpé en 3 actes et qui a inspiré à Run, directeur de la publication Doggybags, d’éditer cet hors-série reposant entièrement sur le talent de Neyef. Dans le fond il s’agit d’un schéma classique inspiré par les films de « gangstas » avec une leçon d’initiation pour 2 jeunes paumés pour intégrer un gang : buter un membre influent du groupe rival. Dans la forme, il s’agit d’un récit bien découpé et utilisant le principe de « points de vue » en découpant l’action par plusieurs protagonistes différents. On se doute bien que tout va très mal se passer et que le sang va couler à flots en guise de vengeance sans concession. Neyef fait le pari culotté d’introduire également le principe du miracle qui épargne une vie (comme celui qui épargne Vincent et Jules sur lesquels on a tiré à bout portant dans Pulp Fiction) par l’introduction d’un personnage inattendu… Les références à Tarantino, GTA ou même Breaking Bad étant parfaitement digérées, Neyef mène la barque de façon tout à fait limpide et emmène son lecteur aux antipodes du récit initial en se permettant même une ultime référence de qualité à la légende du bluesman Robert Johnson (voir le magnifique Love in Vain publié la même année) de façon culottée mais astucieuse… Tout ça ne serait pas complet sans le style graphique superbe de Neyef. On peut pressentir l’influence de comics ou de manga et de l’école Singelin/Run mais son style est inimitable et dynamique et parfaitement en osmose avec la palette de couleurs très nineties du récit. Découvert déjà dans une histoire de Doggybags 3 et maintenant seul en lice, Neyef est à coup sûr une révélation sur laquelle on devra compter et dont on attend le prochain travail avec impatience. En attendant, régalez-vous avec ce chouette opus de Doggybags !
Don Quichotte (Rob Davis)
J’ai acheté l’album pour les dessins (ou plutôt, à cause d’eux). Et bien m’en a pris car je découvre le récit de ce fameux Don Quichotte dont je n’avais jusqu’alors qu’une image d’Epinal en tête (celle de l’affrontement avec les moulins à vent). Le récit se suit sans ennuis et avec intérêt. La narration jette même le trouble sur l’existence réelle de ce personnage atypique défenseur de la justice et de l’équité. C’est bien amené et, tout comme Spooky, je n’ai pas vu passer les 160 pages consacrées à ce personnage qui, à force, aurait pu ennuyer le lecteur en le plongeant dans un état de semi-somnolence. J’ai trouvé la fin un peu brutale mais, en lisant l’avis de mon prédécesseur, je me suis rendu compte qu’il y aura un second opus. Et dire que Don Quichotte n’a pas encore fait montre de toutes ses audaces ! :) Vivement la suite !
Dad
Dad n’est pas une série inconnue pour celui qui lit le magazine Spirou. Et pour l’occasion, Nob, son papa, fait une infidélité à Glénat, la maman de ses précédents rejetons de papier. C’est une série que je prends plaisir à suivre chaque semaine dans le journal. La lecture sous forme d’album n’est nullement gavante. Au contraire, elle détend les zygomatiques en amenant un petit vent de fraicheur sur les séries humoristiques gravitant autour de la famille en bousculant les codes pré-établis (Boule et Bill, Cédric et Co). Imaginez-vous papa (ou maman) de 4 filles de mères (ou père) différent(e)s que vous élevez seul. Bref, voici une famille monoparentale peu banale avec un patriarche qui est de surcroit acteur de profession … et un peu sur la touche. Certes, on ne rit pas aux éclats mais le sourire et la bonne humeur sont de mise, tout comme la régularité et la qualité des histoires. L’atmosphère distillée est d’ailleurs assez similaire à celle de Mamette du même auteur. C’est frais, touchant, tendre … bref les sentiments sont multiples et convergent vers un état de plénitude. Ajoutons le trait et la mise en couleur typiques de Nob, et le résultat frôle le sans faute. Recommandé !
Un certain Cervantès
Un délice pour les amateurs de road-movies, et peut-être un peu monotone pour les autres. C'est l'histoire d'un cowboy moustachu qui perd son bras en Afghanistan et revient déboussolé : il se retrouve en insertion dans une bibliothèque où il prend son travail à cœur et acquiert une solide culture littéraire. C'est là qu'il fait la connaissance de Cervantès, l'écrivain du XVIème siècle espagnol, captif comme lui, manchot comme lui, qui porte le même patronyme que lui, ... Bref, cette rencontre déconcertante donne un exutoire à la violence idéaliste qu'il ressent et il se lance dans un voyage éperdu pour lutter contre toutes les injustices comme le célèbre Don Quichotte de la Mancha. Dans un délire doux dingue il traverse l'Amérique d'ouest en est à la recherche de son Sancho Pansa. Le dessin est très agréable : des lavis somptueux en pleine page pour les grands espaces de l'Amérique , et des dessins au trait fin avec un petit jus blond pour donner la lumière aux personnages bien croqués. Le fantôme d'Edward Abbey, (auteur du désopilant "Gang de la clef à Molette", que je vous conseille aux éditions Gallmeister) qui est évoqué directement par les protagonistes, plane visiblement sur ce voyage sans nécessité, où les donuts, les fords mustang et les motels, sont le lot quotidien, qu'on soit ancien otage en Afghanistan, indien navajo colonisé, flic à lunettes noires ou immigré péruvien...