Le dessin animée Batman des années 90 fait parti des meilleurs souvenirs de mon enfance (j'ai d'ailleurs toute la série sur DVD) et c'était avec impatience que je voulais lire cette bande dessinée qui se situe dans cette univers.
Comme son nom l'indique, cet album mets en vedette les personnages féminins de l'univers de Batman. Cela commence avec une aventure de Batgirl où sont également présent Harley Quinn et Poison Ivy. C'est une très bonne histoire agréable quoique un peu faible comparé à ce qu'il va suivre.
La seconde histoire est une mini-série en cinq parties mettant en vedette Batgirl, Harley Quinn, Poison Ivy, Catwoman et la policière Renée Montoya. Chaque personnage est bien utilisé et cela donne une histoire remplit de rebondissement.
Mais le meilleur est la mini-série en 3 épisodes mettant en vedette le duo Harley Quinn et Poison Ivy (et c'est d'ailleurs les seules histoires où Batman est réellement présent). J'adore duo et j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ses histoires. Harley Quinn est très drôle et j'aime sa relation avec Poison Ivy. D'ailleurs, pour un truc censé être pour les jeunes selon l'éditeur il y a plusieurs scène de fanservice. De plus, la relation du duo est très ambiguë (elles couchent dans le même lit notamment) !
Un bon album à lire si on aime Batman (et particulièrement Harley Quinn et Poison Ivy).
Je dirais même plus Fabuleux! Il se dégage de cette histoire une ambiance, une poésie un sentiment de nostalgie qui tous m’ont littéralement embarqué. L'histoire oscille entre 1957 et 1976 ou à ces années d'intervalle un flic enquête sur des disparitions mystérieuses. Lentement mais surement le scénario nous emmène dans ces deux époques ou nous suivons des personnages bien plus complexes qu'ils n'y paraît, hantés par le passé. Le scénario est très habilement construit faisant des aller retours entre réalité subjective et passé revisité. Sur le coup le fils Hermann nous fait dans le grand art. Et le père donc, hormis le dessin sur lequel je n'ai rien à dire sauf à le louer encore une fois, il y a ici une utilisation des couleurs qui confèrent à l'ensemble tout son côté "ancien" qui joue parfaitement avec les époques qui sont évoquées. Juste un détail, mais j'ai en mémoire quelques planches qui présentent une scène de crime dans un sous bois, là Hermann nous montre l'horreur d'un corps abandonné par le bourreau, images dures mais contrebalancées par l'aspect calme, reposant, champêtre du reste de la scène. Magnifique juxtaposition de deux éléments qui n'auraient à priori rien à faire l'un à côté de l'autre.
Impeccable donc et chaudement recommandable.
Plusieurs réflexions après la lecture de cet album. Quand deux grands noms de la bande dessinée s'associent, l'on peut avoir trop d'attente et placer la barre très haute. Ici même si je ne crie pas au génie je doit dire que nous sommes en face d'un truc assez balaise . Van Hamme nous croque une galerie de personnages assez fabuleux, et sans tomber dans la caricature facile, il nous montre des beaufs ordinaires qui ne sont pas sans rappeler certains rôles vus dans le cinéma de Chabrol.
Quelle "magnifique" peinture de la connerie humaine! ou de sentiments aussi vains que l’orgueil mal placé. Après avoir lu cette histoire que l'on ne s'étonne pas que des guerres soient déclenchées dans le monde. Un scénario parfaitement calibré, pro, bien huilé ou la tension monte crescendo, des évènements à priori anodins sont amenés qui trouveront leur place dans le puzzle final.
Pour reproduire ces caractères humains, Hermann au dessin est comme à son habitude très à l'aise, au pire pourrait on lui reprocher cet aspect anguleux dans les visages féminins mais là je chipote
Tout ça est vraiment bon, tient plus que la route ( prouve que lorsque Hermann possède un bon scénario il fait des étincelles). A lire pour se rappeler que vivre ensemble est un combat de tous les jours et qu'il y a encore du boulot.
Il y avait "Thriller" de M. Jackson. OK, mais avant il y avait "The Zumbies". Parue en 2010 chez Fluide Glacial cette BD est l’œuvre de Yan Lindingre qui a collaboré à ce journal mais aussi au Journal de Spirou, l’Écho des Savanes, Siné Hebdo et Siné Mensuel. Au dessin Ju/CDM, derrière ce pseudo se cache Julien Solé, fils de son père que les vieux lecteurs de BD connaissent.
Rhhaaaa, mais que ça fait du bien! Voilà une BD qui décoiffe, qui envoie du lourd, du cradingue, du non politiquement correct comme on aimerait en voir plus souvent! Ça charcle! Ça picole de trucs interdits! Ça se pique! Ça découpe et trucide à tous va. C'est franchement jouissif. Une brave bande de chanteurs que l'on croirait issue tout droit de la Star'Ac se voit à l’insu de son plein gré obligé par un manager véreux à s’inoculer une potion infernale qui envoie illico tout ce petit monde ad patrès. C'était sans compter sur une sombre histoire de dérèglement climatique et au cours d'un soir d'orage, of course, nos cinq morts reviennent à la vie pour aller défier les hordes chrétiennes au son d'un punk rock électrisé qui ne peut que déranger les chastes oreilles de ces ouailles nourries aux cantiques plus mesurés de la catéchèse. Au cours d'un concert mémorable nos cinq punks, plus drogués qu'autre chose sont pris à partie et s'enfuient par les catacombes, en route pour Hoodoo Bayou, sûr d'y trouver des spectateurs plus réceptifs à leur musique. En chemin ils croiseront la route d'un groupe de jeunes campeurs, qui comme égarés d'un slasher pour ados subiront les outrances de nos amis. Moment inénarrable de la BD où les codes hollywoodiens sont passés à la moulinette de l'humour corrosif et subversif des auteurs! Ah mais que ça fait du bien.
Vous l'aurez compris je me suis franchement marré à cette lecture, tout le monde en prend pour son grade, c'est jubilatoire. Le dessin regorge de petits détails et nos Zumbies ont vraiment la tronche de l'emploi. Je ne sais pas si cette BD est encore disponible mais si à l'occasion d'un vide grenier vous tombez dessus, n'hésitez pas un instant. Hautement recommandable!!!
Tout ce qui concerne Saint-Malo m'intéresse étant donné que je suis tombé amoureux de cette ville depuis 1989 lorsque je l'ai découverte et visitée entièrement, et chaque fois que je fais un périple breton, j'essaie d'y inclure une petite balade sur ses remparts qui me ravit toujours. J'en connais donc les moindres recoins, et pour la lecture de cette Bd, c'est très utile, car de nombreux lieux sont cités : porte Saint-Vincent, Tour Quic-en-Grogne, Saint-Servan et sa Tour Solidor, le fort du Petit Bé, le môle des Noires... tout ça me parle et je sais les situer.
Malfin a réalisé un travail remarquable pour restituer parfaitement tous ces lieux et la géographie topographique de la ville et de ses alentours, son dessin est clair, agréable à l'oeil, superbe et historiquement conforme, en donnant beaucoup de caractère à la cité corsaire, ça doit le changer de Golden City. C'était important de dessiner certains endroits tels qu'on les voit car beaucoup d'entre eux ont changé après les dégâts subis.
Les Allemands avaient en effet transformé Saint-Malo et ses environs en vaste camp retranché dès 1942, situant le gros de leurs forces dans l'île de Cézembre (pourtant assez petite et la plus éloignée de la cité intra-muros) ainsi que dans le Fort de la Cité à Saint-Servan ; contrairement à ce qu'on croit, la ville ne fut pas directement victime des bombardements alliés entre le 1er et le 14 août 1944, mais elle fut ruinée à 80% par de nombreux incendies qui n'ont pu être enrayés (les bombardements ont plutôt bien visés les batteries allemandes hors de la cité intra-muros). La reconstruction par les Monuments Historiques est tout à fait exemplaire, très respectueuse du passé, les restaurateurs ayant à coeur de faire revivre la vieille cité de Surcouf dans un esprit de scrupuleuse fidélité. Les remparts et le château de la duchesse Anne n'ayant pas été touchés, les maisons d'armateurs ont été reconstruites à l'identique ; je me suis toujours émerveillé de cet exploit lors de mes balades malouines, ce qui ne fut pas le cas dans d'autres villes.
Cette bande m'a donc sacrément intéressé, c'est non seulement un bel hommage à Saint-Malo et à sa région, mais aussi un joli récit de guerre avec des moments intenses et d'autres plus intimes, le tout vu à travers la destinée d'une poignée d'adolescents et de quelques résistants, un formidable hymne à la liberté qui décrit un épisode décisif de la fin de la guerre, on y sent les Boches acculés, qui jettent leurs dernières forces dans la bataille, on est quand même 2 mois après le Débarquement en Normandie, et ils n'y croient plus, ils n'ont plus que l'énergie du désespoir pour tuer l'espoir des Malouins.
Tout ceci est minutieusement reconstitué, et il me tarde d'en connaître la suite dans un tome 2 qui tarde un peu à venir. Une brillante réussite tant graphique que scénaristique.
Enfin, cela arrive ! Pour une fois, nous avons la vision d'un entrepreneur et non d'un employé se plaignant de ses conditions de travail. On se rend compte que du point de vue de l'employeur, ce n'est pas aussi facile que cela. Et c'est bien lui qui crée de l'emploi.
La crise de Lehman Brothers a fait beaucoup de mal à nos PME pourtant assez éloignées de l'épicentre. On vit le combat de tous les jours de cette entreprise durant cette période de turbulence de 16 mois qui a secoué l'économie. Il faut lutter contre l'endettement en gagnant de nouveaux contrats, faire face aux banques qui ne vous lâchent pas, procéder à des licenciements de collaborateurs qu'on aime bien, obtenir un rendez-vous avec le Ministère du travail ce qui relève de l'exploit etc...
Je ne crois pas être hors sujet en disant tout cela car c'est bien dans le thème. J'espère que je ne serai pas censuré et qu'on respectera ma liberté d'expression faisant face à une véritable attaque en règle contre mes avis. Un mot sur le dessin car c'est parait-il très important. Les images sont simples et n'appellent aucun commentaire particulier. C'est lisible et c'est bien ce qui compte. Quelque fois, le propos dépasse la forme. Ce n'est pas si difficile de comprendre cela ? La narration est parfaitement efficace. On arrive à se mettre à la place de ce jeune patron courageux. Le rythme est soutenu avec une avalanche de scènes dynamiques mettant en place toutes les difficultés rencontrées.
Une bd documentaire que j'ai beaucoup aimée. On souhaite que cette PME soit définitivement sauvée.
L'Héritage des Taironas, c'est une belle aventure romantique dans un cadre historique rigoureux. Je salue l'originalité de son décor et de son déroulement. Et je salue la réussite impeccable de sa narration. Nous avons là une série en deux tomes dense, prenante, intéressante et dépaysante.
Tout est parti d'une relique pré-colombienne anciennement possédée par la famille de l'un des co-scénaristes. Les auteurs ont imaginé l'histoire qui a mené l'un des aïeux de François De la Ruquerie à entrer en possession de cette dernière lors d'un long séjour aux Amériques au 19e siècle.
Cela commence un peu avant 1870, en Normandie mais nous transporte rapidement en Californie pour nous y faire découvrir l'ambiance de pionniers qui régnait dans cet état en plein développement à l'époque. Avec le héros, nous allons ainsi participer au fameux projet de jonction ferroviaire transcontinentale entre la Central Pacific et l'Union Pacific.
Puis ce sera en Colombie que nous serons transportés, pour un autre projet ferroviaire nettement plus compliqué qui nous mènera à découvrir la situation politique complexe du pays mais aussi un peuple indien dont je ne savais rien, les Kogis.
Et la boucle sera ensuite bouclée par un retour en Normandie.
C'est une histoire que j'ai trouvée remarquablement racontée. Son contenu aurait facilement pu s'étaler sur 4 tomes ou plus car il s'y passe beaucoup de choses dans des décors et des moments bien différents, mais la narration rend tout cela d'une grande clarté et on rentre immédiatement dans une histoire prenante et pleine du souffle de l'aventure et du romantisme. On peut se demander parfois où les auteurs veulent en venir et s'ils ne se perdent pas un peu dans les nombreux méandres de leur récit, mais au final tout tient la route et se finit sur une jolie touche optimiste.
Le graphisme n'est pas en reste. Malgré un côté légèrement académique, il est beau, joliment colorisé et pose de belle manière l'ambiance visuelle de lieux très variés. Il participe à l'agréable sensation de dépaysement, tant chronologique que géographique, du récit.
C'est donc un diptyque coup de cœur auquel je ne m'attendais pas, un cocktail qui ravira les amateurs de récits historiques, d'exotisme et d'aventure romantique.
C’est une bd coup de poing ayant pour thème l’immigration. Ce sujet déchaîne véritablement les passions dans notre pays. Cependant, de la rhétorique xénophobe à la réalité des chiffres : on va être plutôt surpris pour peu que l’on raisonne sereinement.
Les chiffres de l'OCDE montrent tout simplement que la France est bonne dernière, et de très loin, dans l'ensemble des pays européens de taille démographique comparable en matière d'entrée d'immigrants. La France stagne, depuis plus dix ans, à quelque 190 000 immigrants qui entrent sur son territoire par an, alors que le Royaume-Uni en accueille plus de 450 000 et que l’Allemagne dépassait, en 2011, les 800 000 immigrants. Même l’Italie et l'Espagne sont beaucoup plus ouvertes que la France. Cela représente en effet chaque année 0,3% de la population française en moyenne, contre 0,6% pour les pays de l’OCDE. C'est également la plus faible proportion d'Europe, rapportée à notre population.
Près d’un immigré sur deux est d’origine européenne. L’immigration d’origine européenne est majoritairement portugaise, britannique, espagnole, italienne ou allemande. Ces cinq pays représentent 57 % des entrées d’immigrés nés en Europe. La France n’est pas la première destination des immigrants en Europe mais la cinquième, derrière le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne.
63 % des immigrés entrés en France en 2012 sont au moins titulaires d’un diplôme de niveau baccalauréat. 40% des immigrés de plus de 16 ans, non étudiants, entrés en France en 2012, déclaraient avoir un emploi l’année de leur arrivée. La France a enregistré 66 265 demandes d’asile en 2013. C'est près de moitié moins que l’Allemagne (126 995). La France est donc loin de ployer sous le poids des demandes et des réfugiés, comme on l’entend trop souvent. En 2013, 95 196 personnes ont acquis la nationalité française.
Par ailleurs, faut-il s'étonner qu'un nombre croissant d'hommes et de femmes aient envie de venir étudier, travailler, investir sur le continent européen ? L'arrivée d'immigrants est un signe évident d'attractivité d'un pays. L'Europe est attractive pour les immigrants, et la France… ne l'est pas. Voilà la triste réalité.
Certains spécialistes ont une vision positive de l’immigration. Ils la jugent indispensable, vertueuse pour l’économie et inscrite dans le sens de l’Histoire. Bref, la réalité des chiffres nous permet de relativiser.
Au lieu d’aborder les questions fondamentales du partage des richesses et de la réduction des inégalités économiques et sociales, l’extrême droite française - désormais rejointe par la droite - préfère surfer sur la haine de l’étranger. En se basant sur des convictions racistes, elles stigmatisent ainsi une population, nommément celle originaire d’Afrique du nord et d’Afrique subsaharienne, et la rendent - à tort - responsable de tous les ravages engendrés par la doctrine ultralibérale. La bd en question nous montre d’ailleurs de nombreux exemples de cette hostilité vis-à-vis de l’étranger.
Ceci dit et il était utile de le dire dans un contexte de haine globale de la population, cette bd se penche sur les conditions effroyables de l’arrivée de ces immigrés en Espagne. Les passeurs n’hésitent pas à les jeter dans la mer. L’actualité récente de ces naufrages en pleine mer nous démontre toute l’horreur de ces situations. Il y a également cette propagande islamiste qui surfe sur cette misère humaine.
Le dessin table sur une bichromie plutôt réussie. J'ai bien aimé certains passages aériens pour nous présenter cette région de l'Espagne remplie par les serres agricoles. Par ailleurs, le scénario est plutôt dense. C'est une bd assez longue par moment et qui s'attarde véritablement sur les personnages pour leur donner une certaine épaisseur. Il y a une dimension réaliste que j'ai bien apprécié.
La fin de cette bd est désespérante, voire très sombre. On ne peut qu’être touché par tant de désarroi. Cela fixe les choses dans un contexte juste. C’est un récit poignant. A découvrir bien entendu.
Je n'ai pas une once de sympathie pour le gros lard qui règne en maître en Corée du Nord. C'est clair que ne pas porter son effigie sur sa veste est une insulte grave dans ce pays et cela peut envoyer un fidèle serviteur en prison. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi un tel peuple se laisse faire de manière aussi misérable. Combien de morts il faudra ? Les chiffres donnent le vertige. Un million de morts lors d'une famine, des milliers de gens en prison pour des broutilles. L'une des scènes les plus insupportables de cet ouvrage ? Quand les deux journalistes sont obligés par le guide touristique à s'incliner devant les statues des deux "soleils" du pays à savoir les deux défunts dictateurs ! A vomir !
Objectivement, voyons la situation. Nous avons deux Corée. Au sud, c'est la démocratie, le pays est riche et prospère. Au Nord, c'est le communisme dictatorial et le pays meurt de faim et n'a aucune liberté. Vous préférez vivre dans lequel de ces pays ? Vous avez envie que le Nord envahisse le sud ou détruise le Japon ? J'espère que les USA ne les laisseront jamais faire.
Sur les forums d’internet, je vois encore des gens qui justifient le régime totalitaire de Pyongyang dirigé par une famille de dictateurs qui se succèdent de génération en génération. Ce pays communiste de type stalinien est l’un des plus fermés de la planète. Ses habitants sont contraints à adorer leur chef sous peine de lourdes sanctions (affichage obligatoire du portrait du dirigeant suprême dans les maisons). Oui, dans ce pays, l’enthousiasme est obligatoire ! Je ne reviendrais pas sur la terrible famine organisée qui a fait plus d’un million de victimes dans ce pays qui est en réalité un enfer à ciel ouvert.
L’ONU a voté une résolution visant à traduire les dirigeants de la Corée du Nord devant un tribunal international pour crime contre l’humanité. On reproche des exactions à Kim Jong-un qui n’a pas hésité à faire assassiner une ancienne petite amie ou encore son propre oncle qui était numéro 2 de ce régime sanguinaire. Des centaines de milliers d’opposants sont morts dans des camps sans compter les 100.000 encore emprisonnés. La gravité, l’échelle et la nature des violations des droits de l’homme qui ont été commises et continuent d’être commises aujourd’hui en Corée du Nord sont sans égal dans le monde contemporain. En réaction à cette sanction, le régime brandit la menace d’un feu nucléaire.
Il ne s'agit pas de juger le communisme et le capitalisme mais un régime dictatorial et sanguinaire. Ces réactions du type "tout se vaut bien" au nom d'une sorte de respect de la biodiversité des régimes politiques équivalent le mieux à une grosse paresse intellectuelle et morale et au pire à une confusion mentale totale. Bref, ce genre de comparaison est intenable. Le développement d'un système social concentrationnaire où tout opposant disparaît et où l'on liquide méthodiquement les hommes n'a rien à voir avec les actes des USA aussi condamnables soient-ils.
On observera que la Chine et la Russie soutiennent contre vent et marée ce pays. En effet, ils sont appelés à la rescousse par les dirigeants criminels nord-coréens pour bloquer une résolution au niveau de l’ONU. Cela en dit long également sur la nature des régimes de ces deux pays.
Une riposte immédiate permettrait de détruire le potentiel militaire de ce pays où la population opprimée finirait par se révolter. Il serait intéressant de trouver le moyen d'informer ce peuple nord-coréen de ce qui se passe exactement dans le monde de façon à ce qu'ils puissent comparer leur niveau de vie et de liberté avec les démocraties. Sans la Chine, il y aurait longtemps que ce pauvre pays aurait rejoint la civilisation. Il est vrai que ce petit pays est le plus militarisé au monde (48% de la population si on compte les réservistes). Le black-out sur la population est orchestré par ce régime qui souhaite ainsi se protéger. Un jour les choses changeront quand l’information passera et fera naître des désirs de liberté face à une population prospère et libre dans le Sud de la péninsule coréenne.
Cet ouvrage me fait réagir vivement car c'est réellement insupportable cette situation. Le régime de Corée du Nord est une aberration. Tout ce que je viens d'évoquer ne sont que les exemples montrés dans cette bd réalisé par un journaliste connaisseur de ce pays. La conclusion de l'auteur est que la Corée du Nord est une sorte de secte géante. Je n'irai pas le contredire. Le scénario est impeccable car il se concentre sur la relation entre les habitants et leurs attitudes face à des étrangers. Le dessin est sobre mais précis ce qui est un choix audacieux pour cette bd reportage d'une grande qualité. C'est une bd à découvrir mais cela fait froid dans le dos car il s'agit bien de la réalité et non d'une uchronie.
L'autre Don Quichotte !
Deux Don Quichotte, l'un au XVIème siècle, l'autre au XXIème, partageant la même quête : mener des combats pour des causes perdues d'avance... Deux Cervantès aux vécus passablement semblables malgré les époques qui les séparent... Et si Miguel de Cervantes et le personnage qu'il a créé ne faisaient finalement qu'un ? Cela donnerait sans doute un résultat proche de Mike Cervantès : un justicier des opprimés échoué dans une époque contemporaine. Ces destins, qui ne se croisent qu'à travers des errances oniriques, forment la trame du dernier ouvrage de Christian Lax. Une aventure dont le protagoniste principal partage les traits de Don Quichotte et de son auteur.
Tout au long du récit, il nous entraîne dans les pérambulations d'un redresseur de torts moderne écumant l’Amérique d'aujourd'hui sur sa fidèle Rossinante mécanique en compagnie d'un clandestin mexicain en qui il voit son Sancho Panza. Ancien cow-boy pour touristes, amateur de cannabis et vétéran d’Afghanistan, pays auquel il laissera un bras et l'ensemble de son unité comme tribut, c'est déboussolé et réfractaire à cette société dont il ne fait désormais plus partie que Mike découvre, lors d'un énième séjour en prison, Miguel de Cervantes et Don Quichotte de la Mancha. Dès lors son existence n'a de sens que si elle est mise au service des oubliés broyés par l'ultralibéralisme américain qui n'a de cesse de creuser le fossé entre les plus forts et les plus faibles. Reprenant le flambeau du chevalier errant à la triste figure, il part en croisade contre l'Oncle Sam et sa propagande qui ne montre qu'un des visages de l’Amérique, le plus présentable !
L'auteur de L'Aigle sans orteils signe encore ici une œuvre intelligente qui s'interroge sur le monde actuel en portant un regard critique et ironique sur les États-Unis et les vestiges du rêve américain. Il pose sa plume sur le racisme, la crise financière, l'emprise des banques ou les guerres et les stigmates psychologiques qu'elles laissent sur les soldats. Si revisiter le mythe de Don Quichotte pour illustrer son propos était plutôt osé, force est de constater que le choix s'avère judicieux ! Il maîtrise son sujet, aussi bien par le scénario qu'au niveau du dessin, et embarque rapidement le lecteur dans un voyage à travers les paysages de l'Ouest américain via des panoramas aussi beaux que sauvages. Le dessin sobre, à l'aquarelle, dont le lavis tout en nuances de gris et sépia pèse par son amertume, sert un peu plus le propos de l'auteur. Une histoire sur les séquelles de guerre, les migrations illégales, le cloisonnement indien, les restrictions culturelles, la domination bancaire. Une histoire loin de tout patriotisme qui tourne le dos à la fierté du drapeau dans une formidable satire politique et sociale.
Christian Lax nous livre encore un excellent ouvrage parsemé de références à la culture littéraire et cinématographique. Une odyssée moderne dans laquelle le personnage principal, guidé par une folie utopiste, un espoir insane et une solitude poétique combat des montagnes à l'instar des moulins à vent de son homologue.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Gotham Girls
Le dessin animée Batman des années 90 fait parti des meilleurs souvenirs de mon enfance (j'ai d'ailleurs toute la série sur DVD) et c'était avec impatience que je voulais lire cette bande dessinée qui se situe dans cette univers. Comme son nom l'indique, cet album mets en vedette les personnages féminins de l'univers de Batman. Cela commence avec une aventure de Batgirl où sont également présent Harley Quinn et Poison Ivy. C'est une très bonne histoire agréable quoique un peu faible comparé à ce qu'il va suivre. La seconde histoire est une mini-série en cinq parties mettant en vedette Batgirl, Harley Quinn, Poison Ivy, Catwoman et la policière Renée Montoya. Chaque personnage est bien utilisé et cela donne une histoire remplit de rebondissement. Mais le meilleur est la mini-série en 3 épisodes mettant en vedette le duo Harley Quinn et Poison Ivy (et c'est d'ailleurs les seules histoires où Batman est réellement présent). J'adore duo et j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ses histoires. Harley Quinn est très drôle et j'aime sa relation avec Poison Ivy. D'ailleurs, pour un truc censé être pour les jeunes selon l'éditeur il y a plusieurs scène de fanservice. De plus, la relation du duo est très ambiguë (elles couchent dans le même lit notamment) ! Un bon album à lire si on aime Batman (et particulièrement Harley Quinn et Poison Ivy).
Manhattan Beach 1957
Je dirais même plus Fabuleux! Il se dégage de cette histoire une ambiance, une poésie un sentiment de nostalgie qui tous m’ont littéralement embarqué. L'histoire oscille entre 1957 et 1976 ou à ces années d'intervalle un flic enquête sur des disparitions mystérieuses. Lentement mais surement le scénario nous emmène dans ces deux époques ou nous suivons des personnages bien plus complexes qu'ils n'y paraît, hantés par le passé. Le scénario est très habilement construit faisant des aller retours entre réalité subjective et passé revisité. Sur le coup le fils Hermann nous fait dans le grand art. Et le père donc, hormis le dessin sur lequel je n'ai rien à dire sauf à le louer encore une fois, il y a ici une utilisation des couleurs qui confèrent à l'ensemble tout son côté "ancien" qui joue parfaitement avec les époques qui sont évoquées. Juste un détail, mais j'ai en mémoire quelques planches qui présentent une scène de crime dans un sous bois, là Hermann nous montre l'horreur d'un corps abandonné par le bourreau, images dures mais contrebalancées par l'aspect calme, reposant, champêtre du reste de la scène. Magnifique juxtaposition de deux éléments qui n'auraient à priori rien à faire l'un à côté de l'autre. Impeccable donc et chaudement recommandable.
Lune de guerre
Plusieurs réflexions après la lecture de cet album. Quand deux grands noms de la bande dessinée s'associent, l'on peut avoir trop d'attente et placer la barre très haute. Ici même si je ne crie pas au génie je doit dire que nous sommes en face d'un truc assez balaise . Van Hamme nous croque une galerie de personnages assez fabuleux, et sans tomber dans la caricature facile, il nous montre des beaufs ordinaires qui ne sont pas sans rappeler certains rôles vus dans le cinéma de Chabrol. Quelle "magnifique" peinture de la connerie humaine! ou de sentiments aussi vains que l’orgueil mal placé. Après avoir lu cette histoire que l'on ne s'étonne pas que des guerres soient déclenchées dans le monde. Un scénario parfaitement calibré, pro, bien huilé ou la tension monte crescendo, des évènements à priori anodins sont amenés qui trouveront leur place dans le puzzle final. Pour reproduire ces caractères humains, Hermann au dessin est comme à son habitude très à l'aise, au pire pourrait on lui reprocher cet aspect anguleux dans les visages féminins mais là je chipote Tout ça est vraiment bon, tient plus que la route ( prouve que lorsque Hermann possède un bon scénario il fait des étincelles). A lire pour se rappeler que vivre ensemble est un combat de tous les jours et qu'il y a encore du boulot.
The Zumbies
Il y avait "Thriller" de M. Jackson. OK, mais avant il y avait "The Zumbies". Parue en 2010 chez Fluide Glacial cette BD est l’œuvre de Yan Lindingre qui a collaboré à ce journal mais aussi au Journal de Spirou, l’Écho des Savanes, Siné Hebdo et Siné Mensuel. Au dessin Ju/CDM, derrière ce pseudo se cache Julien Solé, fils de son père que les vieux lecteurs de BD connaissent. Rhhaaaa, mais que ça fait du bien! Voilà une BD qui décoiffe, qui envoie du lourd, du cradingue, du non politiquement correct comme on aimerait en voir plus souvent! Ça charcle! Ça picole de trucs interdits! Ça se pique! Ça découpe et trucide à tous va. C'est franchement jouissif. Une brave bande de chanteurs que l'on croirait issue tout droit de la Star'Ac se voit à l’insu de son plein gré obligé par un manager véreux à s’inoculer une potion infernale qui envoie illico tout ce petit monde ad patrès. C'était sans compter sur une sombre histoire de dérèglement climatique et au cours d'un soir d'orage, of course, nos cinq morts reviennent à la vie pour aller défier les hordes chrétiennes au son d'un punk rock électrisé qui ne peut que déranger les chastes oreilles de ces ouailles nourries aux cantiques plus mesurés de la catéchèse. Au cours d'un concert mémorable nos cinq punks, plus drogués qu'autre chose sont pris à partie et s'enfuient par les catacombes, en route pour Hoodoo Bayou, sûr d'y trouver des spectateurs plus réceptifs à leur musique. En chemin ils croiseront la route d'un groupe de jeunes campeurs, qui comme égarés d'un slasher pour ados subiront les outrances de nos amis. Moment inénarrable de la BD où les codes hollywoodiens sont passés à la moulinette de l'humour corrosif et subversif des auteurs! Ah mais que ça fait du bien. Vous l'aurez compris je me suis franchement marré à cette lecture, tout le monde en prend pour son grade, c'est jubilatoire. Le dessin regorge de petits détails et nos Zumbies ont vraiment la tronche de l'emploi. Je ne sais pas si cette BD est encore disponible mais si à l'occasion d'un vide grenier vous tombez dessus, n'hésitez pas un instant. Hautement recommandable!!!
Cézembre
Tout ce qui concerne Saint-Malo m'intéresse étant donné que je suis tombé amoureux de cette ville depuis 1989 lorsque je l'ai découverte et visitée entièrement, et chaque fois que je fais un périple breton, j'essaie d'y inclure une petite balade sur ses remparts qui me ravit toujours. J'en connais donc les moindres recoins, et pour la lecture de cette Bd, c'est très utile, car de nombreux lieux sont cités : porte Saint-Vincent, Tour Quic-en-Grogne, Saint-Servan et sa Tour Solidor, le fort du Petit Bé, le môle des Noires... tout ça me parle et je sais les situer. Malfin a réalisé un travail remarquable pour restituer parfaitement tous ces lieux et la géographie topographique de la ville et de ses alentours, son dessin est clair, agréable à l'oeil, superbe et historiquement conforme, en donnant beaucoup de caractère à la cité corsaire, ça doit le changer de Golden City. C'était important de dessiner certains endroits tels qu'on les voit car beaucoup d'entre eux ont changé après les dégâts subis. Les Allemands avaient en effet transformé Saint-Malo et ses environs en vaste camp retranché dès 1942, situant le gros de leurs forces dans l'île de Cézembre (pourtant assez petite et la plus éloignée de la cité intra-muros) ainsi que dans le Fort de la Cité à Saint-Servan ; contrairement à ce qu'on croit, la ville ne fut pas directement victime des bombardements alliés entre le 1er et le 14 août 1944, mais elle fut ruinée à 80% par de nombreux incendies qui n'ont pu être enrayés (les bombardements ont plutôt bien visés les batteries allemandes hors de la cité intra-muros). La reconstruction par les Monuments Historiques est tout à fait exemplaire, très respectueuse du passé, les restaurateurs ayant à coeur de faire revivre la vieille cité de Surcouf dans un esprit de scrupuleuse fidélité. Les remparts et le château de la duchesse Anne n'ayant pas été touchés, les maisons d'armateurs ont été reconstruites à l'identique ; je me suis toujours émerveillé de cet exploit lors de mes balades malouines, ce qui ne fut pas le cas dans d'autres villes. Cette bande m'a donc sacrément intéressé, c'est non seulement un bel hommage à Saint-Malo et à sa région, mais aussi un joli récit de guerre avec des moments intenses et d'autres plus intimes, le tout vu à travers la destinée d'une poignée d'adolescents et de quelques résistants, un formidable hymne à la liberté qui décrit un épisode décisif de la fin de la guerre, on y sent les Boches acculés, qui jettent leurs dernières forces dans la bataille, on est quand même 2 mois après le Débarquement en Normandie, et ils n'y croient plus, ils n'ont plus que l'énergie du désespoir pour tuer l'espoir des Malouins. Tout ceci est minutieusement reconstitué, et il me tarde d'en connaître la suite dans un tome 2 qui tarde un peu à venir. Une brillante réussite tant graphique que scénaristique.
Lehman, la crise et moi
Enfin, cela arrive ! Pour une fois, nous avons la vision d'un entrepreneur et non d'un employé se plaignant de ses conditions de travail. On se rend compte que du point de vue de l'employeur, ce n'est pas aussi facile que cela. Et c'est bien lui qui crée de l'emploi. La crise de Lehman Brothers a fait beaucoup de mal à nos PME pourtant assez éloignées de l'épicentre. On vit le combat de tous les jours de cette entreprise durant cette période de turbulence de 16 mois qui a secoué l'économie. Il faut lutter contre l'endettement en gagnant de nouveaux contrats, faire face aux banques qui ne vous lâchent pas, procéder à des licenciements de collaborateurs qu'on aime bien, obtenir un rendez-vous avec le Ministère du travail ce qui relève de l'exploit etc... Je ne crois pas être hors sujet en disant tout cela car c'est bien dans le thème. J'espère que je ne serai pas censuré et qu'on respectera ma liberté d'expression faisant face à une véritable attaque en règle contre mes avis. Un mot sur le dessin car c'est parait-il très important. Les images sont simples et n'appellent aucun commentaire particulier. C'est lisible et c'est bien ce qui compte. Quelque fois, le propos dépasse la forme. Ce n'est pas si difficile de comprendre cela ? La narration est parfaitement efficace. On arrive à se mettre à la place de ce jeune patron courageux. Le rythme est soutenu avec une avalanche de scènes dynamiques mettant en place toutes les difficultés rencontrées. Une bd documentaire que j'ai beaucoup aimée. On souhaite que cette PME soit définitivement sauvée.
L'Héritage des Taironas
L'Héritage des Taironas, c'est une belle aventure romantique dans un cadre historique rigoureux. Je salue l'originalité de son décor et de son déroulement. Et je salue la réussite impeccable de sa narration. Nous avons là une série en deux tomes dense, prenante, intéressante et dépaysante. Tout est parti d'une relique pré-colombienne anciennement possédée par la famille de l'un des co-scénaristes. Les auteurs ont imaginé l'histoire qui a mené l'un des aïeux de François De la Ruquerie à entrer en possession de cette dernière lors d'un long séjour aux Amériques au 19e siècle. Cela commence un peu avant 1870, en Normandie mais nous transporte rapidement en Californie pour nous y faire découvrir l'ambiance de pionniers qui régnait dans cet état en plein développement à l'époque. Avec le héros, nous allons ainsi participer au fameux projet de jonction ferroviaire transcontinentale entre la Central Pacific et l'Union Pacific. Puis ce sera en Colombie que nous serons transportés, pour un autre projet ferroviaire nettement plus compliqué qui nous mènera à découvrir la situation politique complexe du pays mais aussi un peuple indien dont je ne savais rien, les Kogis. Et la boucle sera ensuite bouclée par un retour en Normandie. C'est une histoire que j'ai trouvée remarquablement racontée. Son contenu aurait facilement pu s'étaler sur 4 tomes ou plus car il s'y passe beaucoup de choses dans des décors et des moments bien différents, mais la narration rend tout cela d'une grande clarté et on rentre immédiatement dans une histoire prenante et pleine du souffle de l'aventure et du romantisme. On peut se demander parfois où les auteurs veulent en venir et s'ils ne se perdent pas un peu dans les nombreux méandres de leur récit, mais au final tout tient la route et se finit sur une jolie touche optimiste. Le graphisme n'est pas en reste. Malgré un côté légèrement académique, il est beau, joliment colorisé et pose de belle manière l'ambiance visuelle de lieux très variés. Il participe à l'agréable sensation de dépaysement, tant chronologique que géographique, du récit. C'est donc un diptyque coup de cœur auquel je ne m'attendais pas, un cocktail qui ravira les amateurs de récits historiques, d'exotisme et d'aventure romantique.
Les Mains Invisibles
C’est une bd coup de poing ayant pour thème l’immigration. Ce sujet déchaîne véritablement les passions dans notre pays. Cependant, de la rhétorique xénophobe à la réalité des chiffres : on va être plutôt surpris pour peu que l’on raisonne sereinement. Les chiffres de l'OCDE montrent tout simplement que la France est bonne dernière, et de très loin, dans l'ensemble des pays européens de taille démographique comparable en matière d'entrée d'immigrants. La France stagne, depuis plus dix ans, à quelque 190 000 immigrants qui entrent sur son territoire par an, alors que le Royaume-Uni en accueille plus de 450 000 et que l’Allemagne dépassait, en 2011, les 800 000 immigrants. Même l’Italie et l'Espagne sont beaucoup plus ouvertes que la France. Cela représente en effet chaque année 0,3% de la population française en moyenne, contre 0,6% pour les pays de l’OCDE. C'est également la plus faible proportion d'Europe, rapportée à notre population. Près d’un immigré sur deux est d’origine européenne. L’immigration d’origine européenne est majoritairement portugaise, britannique, espagnole, italienne ou allemande. Ces cinq pays représentent 57 % des entrées d’immigrés nés en Europe. La France n’est pas la première destination des immigrants en Europe mais la cinquième, derrière le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne. 63 % des immigrés entrés en France en 2012 sont au moins titulaires d’un diplôme de niveau baccalauréat. 40% des immigrés de plus de 16 ans, non étudiants, entrés en France en 2012, déclaraient avoir un emploi l’année de leur arrivée. La France a enregistré 66 265 demandes d’asile en 2013. C'est près de moitié moins que l’Allemagne (126 995). La France est donc loin de ployer sous le poids des demandes et des réfugiés, comme on l’entend trop souvent. En 2013, 95 196 personnes ont acquis la nationalité française. Par ailleurs, faut-il s'étonner qu'un nombre croissant d'hommes et de femmes aient envie de venir étudier, travailler, investir sur le continent européen ? L'arrivée d'immigrants est un signe évident d'attractivité d'un pays. L'Europe est attractive pour les immigrants, et la France… ne l'est pas. Voilà la triste réalité. Certains spécialistes ont une vision positive de l’immigration. Ils la jugent indispensable, vertueuse pour l’économie et inscrite dans le sens de l’Histoire. Bref, la réalité des chiffres nous permet de relativiser. Au lieu d’aborder les questions fondamentales du partage des richesses et de la réduction des inégalités économiques et sociales, l’extrême droite française - désormais rejointe par la droite - préfère surfer sur la haine de l’étranger. En se basant sur des convictions racistes, elles stigmatisent ainsi une population, nommément celle originaire d’Afrique du nord et d’Afrique subsaharienne, et la rendent - à tort - responsable de tous les ravages engendrés par la doctrine ultralibérale. La bd en question nous montre d’ailleurs de nombreux exemples de cette hostilité vis-à-vis de l’étranger. Ceci dit et il était utile de le dire dans un contexte de haine globale de la population, cette bd se penche sur les conditions effroyables de l’arrivée de ces immigrés en Espagne. Les passeurs n’hésitent pas à les jeter dans la mer. L’actualité récente de ces naufrages en pleine mer nous démontre toute l’horreur de ces situations. Il y a également cette propagande islamiste qui surfe sur cette misère humaine. Le dessin table sur une bichromie plutôt réussie. J'ai bien aimé certains passages aériens pour nous présenter cette région de l'Espagne remplie par les serres agricoles. Par ailleurs, le scénario est plutôt dense. C'est une bd assez longue par moment et qui s'attarde véritablement sur les personnages pour leur donner une certaine épaisseur. Il y a une dimension réaliste que j'ai bien apprécié. La fin de cette bd est désespérante, voire très sombre. On ne peut qu’être touché par tant de désarroi. Cela fixe les choses dans un contexte juste. C’est un récit poignant. A découvrir bien entendu.
La Faute - Une vie en Corée du Nord
Je n'ai pas une once de sympathie pour le gros lard qui règne en maître en Corée du Nord. C'est clair que ne pas porter son effigie sur sa veste est une insulte grave dans ce pays et cela peut envoyer un fidèle serviteur en prison. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi un tel peuple se laisse faire de manière aussi misérable. Combien de morts il faudra ? Les chiffres donnent le vertige. Un million de morts lors d'une famine, des milliers de gens en prison pour des broutilles. L'une des scènes les plus insupportables de cet ouvrage ? Quand les deux journalistes sont obligés par le guide touristique à s'incliner devant les statues des deux "soleils" du pays à savoir les deux défunts dictateurs ! A vomir ! Objectivement, voyons la situation. Nous avons deux Corée. Au sud, c'est la démocratie, le pays est riche et prospère. Au Nord, c'est le communisme dictatorial et le pays meurt de faim et n'a aucune liberté. Vous préférez vivre dans lequel de ces pays ? Vous avez envie que le Nord envahisse le sud ou détruise le Japon ? J'espère que les USA ne les laisseront jamais faire. Sur les forums d’internet, je vois encore des gens qui justifient le régime totalitaire de Pyongyang dirigé par une famille de dictateurs qui se succèdent de génération en génération. Ce pays communiste de type stalinien est l’un des plus fermés de la planète. Ses habitants sont contraints à adorer leur chef sous peine de lourdes sanctions (affichage obligatoire du portrait du dirigeant suprême dans les maisons). Oui, dans ce pays, l’enthousiasme est obligatoire ! Je ne reviendrais pas sur la terrible famine organisée qui a fait plus d’un million de victimes dans ce pays qui est en réalité un enfer à ciel ouvert. L’ONU a voté une résolution visant à traduire les dirigeants de la Corée du Nord devant un tribunal international pour crime contre l’humanité. On reproche des exactions à Kim Jong-un qui n’a pas hésité à faire assassiner une ancienne petite amie ou encore son propre oncle qui était numéro 2 de ce régime sanguinaire. Des centaines de milliers d’opposants sont morts dans des camps sans compter les 100.000 encore emprisonnés. La gravité, l’échelle et la nature des violations des droits de l’homme qui ont été commises et continuent d’être commises aujourd’hui en Corée du Nord sont sans égal dans le monde contemporain. En réaction à cette sanction, le régime brandit la menace d’un feu nucléaire. Il ne s'agit pas de juger le communisme et le capitalisme mais un régime dictatorial et sanguinaire. Ces réactions du type "tout se vaut bien" au nom d'une sorte de respect de la biodiversité des régimes politiques équivalent le mieux à une grosse paresse intellectuelle et morale et au pire à une confusion mentale totale. Bref, ce genre de comparaison est intenable. Le développement d'un système social concentrationnaire où tout opposant disparaît et où l'on liquide méthodiquement les hommes n'a rien à voir avec les actes des USA aussi condamnables soient-ils. On observera que la Chine et la Russie soutiennent contre vent et marée ce pays. En effet, ils sont appelés à la rescousse par les dirigeants criminels nord-coréens pour bloquer une résolution au niveau de l’ONU. Cela en dit long également sur la nature des régimes de ces deux pays. Une riposte immédiate permettrait de détruire le potentiel militaire de ce pays où la population opprimée finirait par se révolter. Il serait intéressant de trouver le moyen d'informer ce peuple nord-coréen de ce qui se passe exactement dans le monde de façon à ce qu'ils puissent comparer leur niveau de vie et de liberté avec les démocraties. Sans la Chine, il y aurait longtemps que ce pauvre pays aurait rejoint la civilisation. Il est vrai que ce petit pays est le plus militarisé au monde (48% de la population si on compte les réservistes). Le black-out sur la population est orchestré par ce régime qui souhaite ainsi se protéger. Un jour les choses changeront quand l’information passera et fera naître des désirs de liberté face à une population prospère et libre dans le Sud de la péninsule coréenne. Cet ouvrage me fait réagir vivement car c'est réellement insupportable cette situation. Le régime de Corée du Nord est une aberration. Tout ce que je viens d'évoquer ne sont que les exemples montrés dans cette bd réalisé par un journaliste connaisseur de ce pays. La conclusion de l'auteur est que la Corée du Nord est une sorte de secte géante. Je n'irai pas le contredire. Le scénario est impeccable car il se concentre sur la relation entre les habitants et leurs attitudes face à des étrangers. Le dessin est sobre mais précis ce qui est un choix audacieux pour cette bd reportage d'une grande qualité. C'est une bd à découvrir mais cela fait froid dans le dos car il s'agit bien de la réalité et non d'une uchronie.
Un certain Cervantès
L'autre Don Quichotte ! Deux Don Quichotte, l'un au XVIème siècle, l'autre au XXIème, partageant la même quête : mener des combats pour des causes perdues d'avance... Deux Cervantès aux vécus passablement semblables malgré les époques qui les séparent... Et si Miguel de Cervantes et le personnage qu'il a créé ne faisaient finalement qu'un ? Cela donnerait sans doute un résultat proche de Mike Cervantès : un justicier des opprimés échoué dans une époque contemporaine. Ces destins, qui ne se croisent qu'à travers des errances oniriques, forment la trame du dernier ouvrage de Christian Lax. Une aventure dont le protagoniste principal partage les traits de Don Quichotte et de son auteur. Tout au long du récit, il nous entraîne dans les pérambulations d'un redresseur de torts moderne écumant l’Amérique d'aujourd'hui sur sa fidèle Rossinante mécanique en compagnie d'un clandestin mexicain en qui il voit son Sancho Panza. Ancien cow-boy pour touristes, amateur de cannabis et vétéran d’Afghanistan, pays auquel il laissera un bras et l'ensemble de son unité comme tribut, c'est déboussolé et réfractaire à cette société dont il ne fait désormais plus partie que Mike découvre, lors d'un énième séjour en prison, Miguel de Cervantes et Don Quichotte de la Mancha. Dès lors son existence n'a de sens que si elle est mise au service des oubliés broyés par l'ultralibéralisme américain qui n'a de cesse de creuser le fossé entre les plus forts et les plus faibles. Reprenant le flambeau du chevalier errant à la triste figure, il part en croisade contre l'Oncle Sam et sa propagande qui ne montre qu'un des visages de l’Amérique, le plus présentable ! L'auteur de L'Aigle sans orteils signe encore ici une œuvre intelligente qui s'interroge sur le monde actuel en portant un regard critique et ironique sur les États-Unis et les vestiges du rêve américain. Il pose sa plume sur le racisme, la crise financière, l'emprise des banques ou les guerres et les stigmates psychologiques qu'elles laissent sur les soldats. Si revisiter le mythe de Don Quichotte pour illustrer son propos était plutôt osé, force est de constater que le choix s'avère judicieux ! Il maîtrise son sujet, aussi bien par le scénario qu'au niveau du dessin, et embarque rapidement le lecteur dans un voyage à travers les paysages de l'Ouest américain via des panoramas aussi beaux que sauvages. Le dessin sobre, à l'aquarelle, dont le lavis tout en nuances de gris et sépia pèse par son amertume, sert un peu plus le propos de l'auteur. Une histoire sur les séquelles de guerre, les migrations illégales, le cloisonnement indien, les restrictions culturelles, la domination bancaire. Une histoire loin de tout patriotisme qui tourne le dos à la fierté du drapeau dans une formidable satire politique et sociale. Christian Lax nous livre encore un excellent ouvrage parsemé de références à la culture littéraire et cinématographique. Une odyssée moderne dans laquelle le personnage principal, guidé par une folie utopiste, un espoir insane et une solitude poétique combat des montagnes à l'instar des moulins à vent de son homologue.