Les derniers avis (31976 avis)

Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Qu'ils y restent
Qu'ils y restent

Très beau conte que voilà. Eécrit par Régis Lejonc en collaboration avec Pascal Mériaux, éditeur à la Gouttière, il propose une nouvelle variation originale sur le thème des cauchemars. Car oui, les quatre monstres qui en constituent les seuls personnages sont les personnifications des cauchemars d'enfant, et cette histoire est celle de leur crépuscule. Au fil des quatre histoires parallèles et d'un épilogue explosif, les co-scénaristes proposent donc un récit facile à suivre, même pour celles et ceux qui ne savent pas lire, avec l'aide d'un adulte cependant. Après La Carotte aux étoiles, chez le même éditeur, Riff Reb's fait une nouvelle incursion dans la BD jeunesse en compagnie de Régis Lejonc. Très éloigné de celui qu'il adopte dans ses épopées maritimes, son trait est ici inspiré par celui du peintre russe Ivan Bilibine. C'est une ligne claire d'une grand epuissance, avec des planches entourées de frises diverses permettant à chaque trame d'avoir son identité graphique propre. Edité dans un format inhabituel (plus grand que le production normale de l'éditeur), ce conte est un must-have.

28/04/2016 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Providence
Providence

3.5 Alan Moore continue son exploration de l'oeuvre de Lovecraft. J'avais été un peu déçu par Neonomicon et c'est donc avec un sentiment mitigé que j'ai lu ce premier tome qui comporte les 4 premiers chapitres de la nouvelle série de Moore. J'ai bien aimé. Le scénario est prenant et le découpage est bien maîtrisé. On suit un journaliste qui est sur la piste d'un mystérieux livre d'alchimie qui rendrait les gens fous. Il rencontre différentes personnes et chaque chapitre est une référence à une histoire de Lovecraft. En effet, il faut savoir que Moore a essayé de relier toutes les nouvelles importantes de l'écrivain dans un même univers cohérent (apparemment l'écrivain se foutait un peu de savoir si ses œuvres se contredisaient). C'est une entreprise intéressante si on connaît l'oeuvre de Lovecraft et si ce n'est pas le cas cela ne causera pas de problème de compréhension et de toute façon on explique les références à la fin du volume. Chaque chapitre se termine avec des bonus (extraits de journal personnel, articles) comme dans Watchmen. C'est donc pour le moment une bonne histoire quoique je n'aille pas jusqu'à dire que c'est un chef-d'oeuvre et j'espère qu'il y aura des rebondissements dans les tomes suivants parce que j'ai peur de commencer à me lasser si on ne fait que suivre le journaliste qui rencontre des gens.

27/04/2016 (modifier)
Par McClure
Note: 4/5
Couverture de la série Miss Pas Touche
Miss Pas Touche

Une très belle surprise pour une série que je n'aurais initialement pas forcément cherchée. Le dessin, s'il n'est pas rebutant, est pour moi un peu simple. Mais au final, il s'avère extrêmement dynamique, permet de donner à cette histoire des plus glauques un petit coté enfantin ou frais qui "aère" un peu l'esprit. Il permet aussi une touche d'humour. Et il cale effectivement beaucoup à certaines stars de la collection (Sfar). Le récit est prenant, on se place en empathie avec cette oie blanche qui va vite devoir découvrir sa part d'ombre dans cette histoire de moeurs et de meurtres. On découvre avec plaisir ce Paris belle époque, les bordels, la haute et la plèbe, un régal. Le premier cycle de 2 tomes bouclant l'intrigue policière liée à la mort de la soeur est un vrai régal. Les personnages secondaires sont tous excellents et on file de page en page pour découvrir ce qui se cache derrière cette histoire mais surtout comment ce monde de la prostitution vit. Le second cycle m'a moins emballé même s'il reste dans le cadre de la bonne série à conseiller. La sortie de bordel est une bonne idée et permet de voir cette différence de classes encore plus prégnante. Une série à acheter.

27/04/2016 (modifier)
Par McClure
Note: 4/5
Couverture de la série Alger la noire
Alger la noire

J'avais quitté Ferrandez avec ses Carnets d'Orient qui m'avaient régalé et je le retrouve ici au dessin de ce beau polar à l'ancienne sur ces heures sombres de l'histoire française récente. Cette histoire policière a plusieurs vertus, la première étant de remettre la lumière sur un pan d'histoire par trop méconnu et surtout désinformée il me semble pour ma génération. Elle me donne envie de lecture et soif d'informations justement. Plus que tournée sur le conflit à proprement parlé comme Azrayen par exemple, on est ici pris dans la spirale violente des groupuscules extremistes politisés qui ont amené à de nombreux coup de force et exactions en tout genre. Si on perd un peu d'intérêt pour l'intrigue policière au fil de la lecture, la tension historique se fait elle de plus en plus présente. Le bémol principal de cette histoire comme je l'ai indiqué précédemment reste une enquête policière qui perd progressivement son sel à mesure que l'on rentre dans le décor qui lui sert d'écrin. Dommage, mais cela n'en demeure pas moins une lecture vivement conseillée.

27/04/2016 (modifier)
Par Puma
Note: 4/5
Couverture de la série Le Village
Le Village

Voilà un scénario de Rodolphe qui m’a surpris par sa qualité. Il dévoile un ensemble de mystères et des interrogations savamment entretenus avec tension permanente, sur fond d’espionnage & contre-espionnage. Marchal a une très belle patte graphique et nous livre un dessin soigné, travaillé, très étudié, et toujours plaisant à la lecture qu’il sert parfaitement. Belles couleurs également. Un très distrayant et chouette moment de lecture.

27/04/2016 (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5
Couverture de la série Poison City
Poison City

J'attends chaque nouvelle série de Tetsuya Tsutsui avec beaucoup d'impatience. Autant le dire tout de suite, Poison City est une réussite. La série ne comporte que deux volumes mais l'histoire n'en est que plus forte. Toujours dans l'actualité, l'auteur dénonce dans un récit d'anticipation les entraves, les pressions et les censures que peuvent connaître les auteurs et la tentation d'un état de contrôler la création « potentiellement néfaste » pour la société, et d'en faire un bouc émissaire pouvant expliquer de façon simpliste et orientée certains drames ou faits divers. Tsutsui s'inspire de la mésaventure arrivée à sa série Manhole qui fut qualifiée de nocive par les autorités d'un département japonais. A partir de cette base réelle, il imagine un Japon néo-puritain qui profite de l'obtention des Jeux Olympiques pour « purifier » les mangas. Le résultat est glaçant car sans violence physique, il réussit à créer une ambiance sombre et oppressante. L'intrigue est bien ficelée et se révèle passionnante du début à la fin, même si j'ai trouvé la fin un peu mélo. L'auteur met habilement en résonance son propre récit avec le manga censuré de son personnage principal. La mise en abyme donne davantage de profondeur à la saga qui aurait malgré tout peut-être mérité d'être traitée un peu plus longuement. Les dessins, toujours réalistes et rigoureux, sont une fois de plus de grande qualité. Poison City est un manga intelligent et passionnant à découvrir sans tarder.

26/04/2016 (modifier)
Couverture de la série Le Vieil Homme et la Mer
Le Vieil Homme et la Mer

Mon avis rejoindra totalement celui de Canarde. Il y a chez Thierry Murat une facilité à laisser les mots s’exprimer d’eux mêmes tout en les sublimant par un dessin et une mise en page aérés au possible que j’aime énormément. En cela, la mise en page de Murat est très fidèle au style littéraire d’Hemingway : peu de mots par phrase/d'éléments par case, de la nervosité, le terme/trait juste au bon moment, le poids du silence pour sceller le regard du lecteur. L’histoire du Vieil homme et la mer peut, je l’accorde, paraître très creuse. Pourtant ce récit m’a happé. Il s’en dégage à chaque moment une émotion palpable : respect, lassitude, renoncement, obstination, fureur, ennui, dépit, détermination, complaisance dans l’échec… Le talent des auteurs est de nous faire ressentir les différents états traversés par ce vieux pêcheur, et surtout son propre détachement. La puissance du narratif et le caractère littéraire du récit sont encore accentués par la typographie choisie. Un réel hommage à Hemingway tant on la croirait directement sortie d’une vieille machine à écrire Royal. Peu de changements de couleurs au niveau de l’élaboration des planches, chacune donnant le ‘la’ au chapitre, chaleur jaune ocre, nuit bleu noire : une économie de moyens qui, à nouveau, rappelle l’économie de mots d’Hemingway. Murat était taillé pour adapter ce type de roman, et il s’en sort extrêmement bien. Tout en restant très fidèle à l’œuvre initiale, il lui apporte sa propre vision, son propre univers visuel. Un bel album.

26/04/2016 (modifier)
Par Pasukare
Note: 4/5
Couverture de la série Re/Member
Re/Member

Bonne surprise cette nouvelle série de chez Ki-oon, je ne m'attendais pas à accrocher plus que ça à une histoire que j'aurais classée, a priori, dans les séries pour ado et pourtant ! L'histoire de base est assez classique dans le genre : le fantôme d'une jeune fille hante un lycée, quiconque la croise dans un couloir et a le malheur de se retourner dans sa fuite finit en morceaux, brrr, pas réjouissant. Mais l'intérêt de la série n'est pas là, car jusqu'ici il n'y a rien de bien révolutionnaire dans le genre, ce qui a piqué mon intérêt (et qui ne manque pas de le piquer dès que l'occasion se présente) c'est la faille du continuum espace-temps, le fait qu'un groupe de lycéen se retrouve dans un délire collectif (à moins que tout ceci ne soit réel, ça fait fliiiiiper) à la fois chaque nuit dans une sorte de rêve commun mais également chaque matin suivant en vivant et revivant toujours la même satanée journée (comme celle de la marmotte). Ce qui m'a plu également ici c'est que le dessin est vraiment à la hauteur du récit, notamment celui de la "rouge sang", pour dire, j'ai même une fois hésité à tourner une mage car je savais qu'elle allait me sauter au visage (ce qu'elle n'a pas manqué de faire :-) ). Une bonne petite série pleine de qualités à la fois au niveau du scénario et du dessin. Vivement la suite ! Tome 2 lu : ça reste pas mal, avec toujours une "rouge sang" bien flippante. Bon, après, vu qu'on sait qu'il y a 8 morceaux de corps à retrouver et a priori à peu près autant de nuits à revivre dans cet espèce de rêve éveillé, je me demande d'où vont pouvoir venir les futures surprises qui donneront de l'intérêt au récit. A voir au T3, note à revoir éventuellement si l'intérêt n'est pas un peu reboosté.

02/03/2016 (MAJ le 26/04/2016) (modifier)
Par Puma
Note: 4/5
Couverture de la série Ibicus
Ibicus

Un pavé lu en deux soirées. Graphisme assez unique, hautement original, et à mon sens de très loin le plus réussi de tout ce qu'à pu produire Rabaté. L'histoire est séquentielle ; elle passe régulièrement du coq à l'âne, avec des moments très prenants et d'autres qui se trainent ... Le héros est pour le moins vraiment pas très attachant, voire par moment relativement détestable. Il reste néanmoins le quasi seul fil conducteur de ce long récit. Lecture au final réjouissante pour être entraîné malgré nous lecteur dans cette longue fresque romanesque sur toile de fond historique. En ce qui me concerne, les inégalités de tension dans le scénario, comme le peu de connivence avec le héros, me rend ce récit que partiellement convainquant. Le coup de coeur n'y est pas. Mais l'on vit une belle évasion tout de même à la lecture. Adaptaion et scénario 3,2/5 Graphique 4,3/5

25/04/2016 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Chantier interdit au public
Chantier interdit au public

Drôle et triste : tout est vrai ! Un documentaire adapté d'une enquête éponyme (tiens ! le mot est un peu passé de mode, mais il rend service quand même) de Nicolas Jounin. Le dessin semble maladroit en feuilletant, mais en fait, il est plein d'expression dans les visages et les postures. Les situations sont très bien vues, chaque détail est bien observé, ce devrait être le livre de chevet de madame El Khomri ! Vois, madame le ministre, comment marchent les gros chantiers, qu'ils soient publics ou privés c'est du même tonneau : on veut tout le bras et on n'a l'argent que pour le doigt, alors... On ferme les yeux sur le travail au noir : c'est-à-dire qu'on fait la preuve que les charges sociales telles qu'elles sont prévues ne sont pas applicables... Pour les gros. Les artisans continuent de les payer et ne peuvent pas répondre aux appels d'offre... Bref une enquête salutaire, une mise en scène efficace et drôle (même si on rit jaune). Cela donne envie d'essayer les autres tomes de la collection sociorama !

25/04/2016 (modifier)