Un titre qui claque et correspond parfaitement à l'histoire et son principal protagoniste. La 1ère page annonce de suite que la fin sera dramatique. Mais cela ne gâche en rien les multiples surpirses que révèlent les 2 tomes.
Je regrette la fin qui délaisse un peu le personnage pour forcer le happy end (j'aurais bien vu une 2ème carrière à la Mike Tyson).
Les flashbacks sont extrèmement bien placés, ce qui permet de maintenir un intérêt constant.
J'adore le coup de dessin agressif, les traits secs qui lacèrent à proprement parler le visage de Witko. Ainsi que les couleurs, à l'inverse douces.
Tome 1: 5/5, tome 2: 3.5/5.
L'idée du manga dans le manga est très bonne et bien mise en scène. Où l'on découvre l'importance des détails et des décors pour le dessinateur!
La thématique m'a fait penser à l'un des derniers épisodes de l'excellente (5/5 culte sans hésiter) série animée de Satoshi Kon, "Paranoia agent".
Bon point: il n'y a que 2 tomes, ce qui permet d'entrer rapidement dans le vif du sujet. L'auteur est malheureusement mort avant de finir l'histoire mais l'éditeur a eu l'autorisation de publier les esquisses des dernières planches, ce qui rajoute encore une strate au concept.
Une histoire émouvante et très bien menée
Une petite maison mitoyenne en briques, avec un jardin tout en longueur. Au fond une petite cabane avec un cochon ; un peu plus près de la maison : une serre. Partout des rangs bien désherbés d'oignons et de salades. Sur une chaise un vieil homme qui renifle dans un appareil à oxygène.
A priori rien de très folichon pour le petit Roméo qui doit passer deux semaines chez ce grand-père rital et taiseux, au milieu des papiers peints à fleurs, et des souvenirs noirs d'Ottavio. Bref rien d'original au départ : on voit bien que les deux personnages vont s'apprivoiser.
Mais la manière de raconter l'histoire est très agréable. Ce grand-père d'origine italienne a tout un passé qui le travaille, et que l'on découvre au gré des questions de l'enfant, par exemple comment a-t-il pu faire la guerre du coté de Mussolini ? Les seconds rôles tiennent aussi leur place vaillamment : le père, qui vient seul et à qui son père n'a jamais rien raconté, la petite voisine qui avait aussi un grand-père mineur, qui en sait beaucoup sur la mine, et aimerait en échange en savoir plus sur les garçons...
Pour l'image, c'est comme si l'Italie avait envahi Charleroi. Les traits fins et relativement indécis sont judicieusement cernés par des couleurs très vives et ensoleillées, modulées au pinceau. Les visages expressifs permettent d'en dire beaucoup avec peu de mots. Les passages muets ont une belle densité. Parfois des anges noirs (chariots de mineurs, salles des pendus, mais aussi d'autres éléments plus mystérieux...) passent en surimpression sur le décors familier.
Une sorte de making-off en fin d'album raconte la construction de l'histoire, le premier jet, le livre pour enfant, puis un spectacle de théâtre et marionnettes, puis la rencontre avec Thomas Campi. C'est vraiment intéressant de voir que la forme choisie, les rencontres vont modifier le scénario sur plusieurs points.
Lisez-le : vous rirez et vous pleurerez. N'est-ce pas tout ce que l'on peut demander à une bande dessinée?
Album que j'ai lu d'une traite, assez vite, ... et que je n'aurais pas pu coter ensuite ! Je ne le cernais pas exactement.
J'avais ce trouble que quelque chose, dans la lecture, m'avait échappé. Les cases de nuit à l'extérieur (en début d'histoire) me semblaient également trop sombres, masquant l'intelligibilité du dessin.
A ce pavé, j'y suis revenu depuis, et plus j'y reviens, plus je trouve cet ouvrage singulier et attachant.
Mais il reste à mon sens moyennement hermétique à une première lecture. Peut-être par ce trop plein d'informations graphiques lâchées.
Pour cette raison, un juste 4* !
Le meilleur volet à mon sens de la série "La Mémoire des Arbres".
C'est sensuel, vénal, immoral, cruel, et finalement scandaleux, ... mais que c'est bien raconté ! El la coquettière bien campée.
Le dyptique en ce qui me concerne se lit d'une traite, avec quelques belles planches au charme parfois un peu désuet qui colle parfaitement à l'époque fin 19ème /début 20ème, où se déroule l'action.
Première pleine page graphiquement très discutable.
Mais pour le reste de l'album, dessins très avenants et convaincants.
Une lecture de cape et d’épée rondement menée, et à rebondissements permanents, où l’on ne s’ennuie pas une minute à la lecture !
Pour cette histoire menée tambour battant, sans faute, et pour ce très distrayant moment de lecture, vu la qualité du graphisme dans son ensemble, un très mérité 4*.
Giardino est un immense maestro de la plume ! Une des rares lignes claires d'aujourd'hui que je trouve sublime, magnifique, voire quasi parfaite !
De plus, avec Manara ou Gibrat, il est à mes yeux l'un des seuls à savoir dessiner avec élégance et éclat, toute la beauté et la sensualité de la femme.
Gentiment coquin et surréaliste avec un clin d'œil permanent à l'œuvre « Little Nemo », cet ouvrage léger, jamais vulgaire, atypique, et bien sympathique, est graphiquement sublime.
Et c’est avec plaisir qu’on le ré-ouvre au fil du temps …
Voici donc la dernière-née des séries-culte de la bande dessinée, réalisée par l'un des scénaristes les plus prolifiques de sa génération, Corbeyran, et un des dessinateurs les plus doués, Guérineau ; tous deux avaient fourbi leurs armes avec L'As de Pique, déjà porteur de promesses, mais ils ont atteint avec Le Chant des Stryges un palier difficile à franchir. Fortement en phase avec l'air du temps (notamment la série X-Files, filiation que revendiquent les auteurs) et détonateur de toute une génération de jeunes auteurs, ce grand oeuvre époustoufle par son découpage très Cinéma, ses personnages diablement bien campés (mention spéciale à la vénéneuse et mystérieuse Debrah) et sa trame dont les fils sont noués avec une précision diabolique.
On nous donne (car je ne peux voir ça autrement que comme un don) l'occasion de découvrir un thriller à couper le souffle, des scènes purement jouissives, en même temps qu'une réflexion sur la place de l'homme face à ses démons. Nos peurs ancestrales sont-elles vraiment parties dans l'au-delà ? Un pacte avec le diable permettrait-il de régner sur le monde sans avoir à rendre compte à ses débiteurs ?
Les auteurs, au demeurant fort sympathiques, ne sont pas vraiment étonnés par la lame de fond qu'ils ont suscité, et la suite, qui est finalement longue (3 cycles de 6 tomes), risque de lasser pas mal de lecteurs de la première heure. Les postures, les alliances se font et se défont, et certains personnages secondaires ne sont pas forcément utiles, même si la fin du tome 16 apporte des changements notables, et de nouvelles apparitions intrigantes. Le 17ème apporte certaines réponses, et boucle même une boucle extérieure à la série. Quant à la fin... Je pense qu'elle n'est pas "réelle".
Je suis curieux de lire le dernier album, toutefois...
Larmes de poussière !
L'Histoire a des recoins obscurs, hantés par des massacres, et relégués à l'oubli par des souvenirs sélectifs. Dans son ouvrage Churubusco, Andrea Ferraris a choisi de réhabiliter cette bataille du même nom à travers un récit qui sent la poudre, le sang et le sable chaud.
Située à dix kilomètres au sud de Mexico, la petite localité fortifiée sera le terrain, le 20 août 1847, de la phase finale d'une guerre engagée par les États-Unis pour s'emparer de la Californie. Après la défaite de Contreras, le général Winfield Scott et les forces mexicaines s'y sont repliés dans le couvent de la ville.
Ce document atypique, au-delà d'évoquer une page d'histoire oubliée, s'intéresse à un bataillon renégat du contingent américain : les San Patricios. Constitués d'immigrés irlandais, espagnols et polonais, ils ont rejoint les lignes mexicaines, excédés par les discriminations et les traitements dégradants que leur infligeaient les gradés yankees. Manquant de munitions, dans les rangs mexicains, les officiers Bravos tentent à plusieurs reprises de sortir le drapeau blanc pour signer la reddition. Les San Patricios s'y opposeront, préférant mourir sous les plombs, conscients de risquer la cour martiale pour désertion s'ils se rendent à l'ennemi.
Entraîné au cœur de ce conflit dont il ne maîtrise rien, le jeune Rizzo fait partie de la colonne yankee qui poursuit les dissidents. Fraîchement débarqué sur le Nouveau Monde, ce Sicilien fuyant la misère, s'est engagé motivé par la promesse de la citoyenneté américaine et des terres. Pourtant, viendra le moment où lui aussi devra opter pour un des deux camps. Devant les murs de Churubusco, dernier bastion rebelle, il est temps de choisir sa guerre.
On connaît l'apogée de cet épisode : les États-Unis écraseront, non sans mal, leurs adversaires. L'ouvrage ne fait cependant pas surprise de ce résultat, s'ouvrant sur le massacre des San Patricios avant de revenir sur les événements antérieurs qui ont mené les deux armées à s'affronter à Churubusco. Pour l'auteur, ce développement est prétexte à mettre en exergue la violence et les injustices envers les autres populations sur lesquelles se sont appuyés les États-Unis pour imposer leur puissance.
Pour illustrer son propos, Andrea Ferraris a adopté un trait gras, proche du crayonné, ainsi qu'un dessin en noir et blanc parsemé de quelques planches aux tons sépia. Un plaisir visuel dont le lecteur a tout le loisir de profiter grâce au peu de dialogues nourrissant ces quelques 200 pages.
KanKr
J'ai beaucoup aimé cette biographie de John Lennon qui part de sa naissance à son terrible assassinat le 8 décembre 1980. Il faut dire que la bd n'avait pas encore fait sa biographie alors qu'on avait eu droit à celle du producteur des Beatles à savoir Brian Epstein, du 5ème membre Stuart Sutcliffe ou Pete Best ou même du groupe dans son ensemble.
En l'occurrence, nous avons une véritable psychanalyse du personnage et cela valait le coup. Au début, j'ai trouvé cela très prétentieux puis petit à petit, j'ai fini par comprendre où les auteurs voulaient en venir. En réalité, c'est le lecteur qui est dans la position du psychanalyste ce qui nous confère une certaine proximité !
Nous découvrons une histoire qui n'est pas aussi lisse qu'on aurait pu l'imaginer. J'ai toujours considéré les Beatles comme les enfants sages du rock au contraire des Rolling Stones. J'étais loin de m'imaginer toute cette débauche, toute cette violence qui allait jusqu'au délit corporel sans compter sur la drogue. Bref, j'ai aimé la sincérité du propos qui confère à cette oeuvre un caractère unique qui va au-delà d'une simple biographie.
Au final, la lecture de ces 150 pages a été très fluide avec un excellent dessin de Horne. Cela plaira certainement aux fans des Beatles mais pas que, pour peu qu'on soit réceptif au message pacifiste de l'auteur d'Imagine. Lennon fut quand même une des plus grandes légendes du rock et plus célèbre que le Christ ! ;)
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L'Enragé
Un titre qui claque et correspond parfaitement à l'histoire et son principal protagoniste. La 1ère page annonce de suite que la fin sera dramatique. Mais cela ne gâche en rien les multiples surpirses que révèlent les 2 tomes. Je regrette la fin qui délaisse un peu le personnage pour forcer le happy end (j'aurais bien vu une 2ème carrière à la Mike Tyson). Les flashbacks sont extrèmement bien placés, ce qui permet de maintenir un intérêt constant. J'adore le coup de dessin agressif, les traits secs qui lacèrent à proprement parler le visage de Witko. Ainsi que les couleurs, à l'inverse douces. Tome 1: 5/5, tome 2: 3.5/5.
Opus
L'idée du manga dans le manga est très bonne et bien mise en scène. Où l'on découvre l'importance des détails et des décors pour le dessinateur! La thématique m'a fait penser à l'un des derniers épisodes de l'excellente (5/5 culte sans hésiter) série animée de Satoshi Kon, "Paranoia agent". Bon point: il n'y a que 2 tomes, ce qui permet d'entrer rapidement dans le vif du sujet. L'auteur est malheureusement mort avant de finir l'histoire mais l'éditeur a eu l'autorisation de publier les esquisses des dernières planches, ce qui rajoute encore une strate au concept.
Macaroni !
Une histoire émouvante et très bien menée Une petite maison mitoyenne en briques, avec un jardin tout en longueur. Au fond une petite cabane avec un cochon ; un peu plus près de la maison : une serre. Partout des rangs bien désherbés d'oignons et de salades. Sur une chaise un vieil homme qui renifle dans un appareil à oxygène. A priori rien de très folichon pour le petit Roméo qui doit passer deux semaines chez ce grand-père rital et taiseux, au milieu des papiers peints à fleurs, et des souvenirs noirs d'Ottavio. Bref rien d'original au départ : on voit bien que les deux personnages vont s'apprivoiser. Mais la manière de raconter l'histoire est très agréable. Ce grand-père d'origine italienne a tout un passé qui le travaille, et que l'on découvre au gré des questions de l'enfant, par exemple comment a-t-il pu faire la guerre du coté de Mussolini ? Les seconds rôles tiennent aussi leur place vaillamment : le père, qui vient seul et à qui son père n'a jamais rien raconté, la petite voisine qui avait aussi un grand-père mineur, qui en sait beaucoup sur la mine, et aimerait en échange en savoir plus sur les garçons... Pour l'image, c'est comme si l'Italie avait envahi Charleroi. Les traits fins et relativement indécis sont judicieusement cernés par des couleurs très vives et ensoleillées, modulées au pinceau. Les visages expressifs permettent d'en dire beaucoup avec peu de mots. Les passages muets ont une belle densité. Parfois des anges noirs (chariots de mineurs, salles des pendus, mais aussi d'autres éléments plus mystérieux...) passent en surimpression sur le décors familier. Une sorte de making-off en fin d'album raconte la construction de l'histoire, le premier jet, le livre pour enfant, puis un spectacle de théâtre et marionnettes, puis la rencontre avec Thomas Campi. C'est vraiment intéressant de voir que la forme choisie, les rencontres vont modifier le scénario sur plusieurs points. Lisez-le : vous rirez et vous pleurerez. N'est-ce pas tout ce que l'on peut demander à une bande dessinée?
Un océan d'amour
Album que j'ai lu d'une traite, assez vite, ... et que je n'aurais pas pu coter ensuite ! Je ne le cernais pas exactement. J'avais ce trouble que quelque chose, dans la lecture, m'avait échappé. Les cases de nuit à l'extérieur (en début d'histoire) me semblaient également trop sombres, masquant l'intelligibilité du dessin. A ce pavé, j'y suis revenu depuis, et plus j'y reviens, plus je trouve cet ouvrage singulier et attachant. Mais il reste à mon sens moyennement hermétique à une première lecture. Peut-être par ce trop plein d'informations graphiques lâchées. Pour cette raison, un juste 4* !
La Belle Coquetière
Le meilleur volet à mon sens de la série "La Mémoire des Arbres". C'est sensuel, vénal, immoral, cruel, et finalement scandaleux, ... mais que c'est bien raconté ! El la coquettière bien campée. Le dyptique en ce qui me concerne se lit d'une traite, avec quelques belles planches au charme parfois un peu désuet qui colle parfaitement à l'époque fin 19ème /début 20ème, où se déroule l'action.
Le Maître d'armes
Première pleine page graphiquement très discutable. Mais pour le reste de l'album, dessins très avenants et convaincants. Une lecture de cape et d’épée rondement menée, et à rebondissements permanents, où l’on ne s’ennuie pas une minute à la lecture ! Pour cette histoire menée tambour battant, sans faute, et pour ce très distrayant moment de lecture, vu la qualité du graphisme dans son ensemble, un très mérité 4*.
Little Ego
Giardino est un immense maestro de la plume ! Une des rares lignes claires d'aujourd'hui que je trouve sublime, magnifique, voire quasi parfaite ! De plus, avec Manara ou Gibrat, il est à mes yeux l'un des seuls à savoir dessiner avec élégance et éclat, toute la beauté et la sensualité de la femme. Gentiment coquin et surréaliste avec un clin d'œil permanent à l'œuvre « Little Nemo », cet ouvrage léger, jamais vulgaire, atypique, et bien sympathique, est graphiquement sublime. Et c’est avec plaisir qu’on le ré-ouvre au fil du temps …
Le Chant des Stryges
Voici donc la dernière-née des séries-culte de la bande dessinée, réalisée par l'un des scénaristes les plus prolifiques de sa génération, Corbeyran, et un des dessinateurs les plus doués, Guérineau ; tous deux avaient fourbi leurs armes avec L'As de Pique, déjà porteur de promesses, mais ils ont atteint avec Le Chant des Stryges un palier difficile à franchir. Fortement en phase avec l'air du temps (notamment la série X-Files, filiation que revendiquent les auteurs) et détonateur de toute une génération de jeunes auteurs, ce grand oeuvre époustoufle par son découpage très Cinéma, ses personnages diablement bien campés (mention spéciale à la vénéneuse et mystérieuse Debrah) et sa trame dont les fils sont noués avec une précision diabolique. On nous donne (car je ne peux voir ça autrement que comme un don) l'occasion de découvrir un thriller à couper le souffle, des scènes purement jouissives, en même temps qu'une réflexion sur la place de l'homme face à ses démons. Nos peurs ancestrales sont-elles vraiment parties dans l'au-delà ? Un pacte avec le diable permettrait-il de régner sur le monde sans avoir à rendre compte à ses débiteurs ? Les auteurs, au demeurant fort sympathiques, ne sont pas vraiment étonnés par la lame de fond qu'ils ont suscité, et la suite, qui est finalement longue (3 cycles de 6 tomes), risque de lasser pas mal de lecteurs de la première heure. Les postures, les alliances se font et se défont, et certains personnages secondaires ne sont pas forcément utiles, même si la fin du tome 16 apporte des changements notables, et de nouvelles apparitions intrigantes. Le 17ème apporte certaines réponses, et boucle même une boucle extérieure à la série. Quant à la fin... Je pense qu'elle n'est pas "réelle". Je suis curieux de lire le dernier album, toutefois...
Churubusco
Larmes de poussière ! L'Histoire a des recoins obscurs, hantés par des massacres, et relégués à l'oubli par des souvenirs sélectifs. Dans son ouvrage Churubusco, Andrea Ferraris a choisi de réhabiliter cette bataille du même nom à travers un récit qui sent la poudre, le sang et le sable chaud. Située à dix kilomètres au sud de Mexico, la petite localité fortifiée sera le terrain, le 20 août 1847, de la phase finale d'une guerre engagée par les États-Unis pour s'emparer de la Californie. Après la défaite de Contreras, le général Winfield Scott et les forces mexicaines s'y sont repliés dans le couvent de la ville. Ce document atypique, au-delà d'évoquer une page d'histoire oubliée, s'intéresse à un bataillon renégat du contingent américain : les San Patricios. Constitués d'immigrés irlandais, espagnols et polonais, ils ont rejoint les lignes mexicaines, excédés par les discriminations et les traitements dégradants que leur infligeaient les gradés yankees. Manquant de munitions, dans les rangs mexicains, les officiers Bravos tentent à plusieurs reprises de sortir le drapeau blanc pour signer la reddition. Les San Patricios s'y opposeront, préférant mourir sous les plombs, conscients de risquer la cour martiale pour désertion s'ils se rendent à l'ennemi. Entraîné au cœur de ce conflit dont il ne maîtrise rien, le jeune Rizzo fait partie de la colonne yankee qui poursuit les dissidents. Fraîchement débarqué sur le Nouveau Monde, ce Sicilien fuyant la misère, s'est engagé motivé par la promesse de la citoyenneté américaine et des terres. Pourtant, viendra le moment où lui aussi devra opter pour un des deux camps. Devant les murs de Churubusco, dernier bastion rebelle, il est temps de choisir sa guerre. On connaît l'apogée de cet épisode : les États-Unis écraseront, non sans mal, leurs adversaires. L'ouvrage ne fait cependant pas surprise de ce résultat, s'ouvrant sur le massacre des San Patricios avant de revenir sur les événements antérieurs qui ont mené les deux armées à s'affronter à Churubusco. Pour l'auteur, ce développement est prétexte à mettre en exergue la violence et les injustices envers les autres populations sur lesquelles se sont appuyés les États-Unis pour imposer leur puissance. Pour illustrer son propos, Andrea Ferraris a adopté un trait gras, proche du crayonné, ainsi qu'un dessin en noir et blanc parsemé de quelques planches aux tons sépia. Un plaisir visuel dont le lecteur a tout le loisir de profiter grâce au peu de dialogues nourrissant ces quelques 200 pages. KanKr
Lennon
J'ai beaucoup aimé cette biographie de John Lennon qui part de sa naissance à son terrible assassinat le 8 décembre 1980. Il faut dire que la bd n'avait pas encore fait sa biographie alors qu'on avait eu droit à celle du producteur des Beatles à savoir Brian Epstein, du 5ème membre Stuart Sutcliffe ou Pete Best ou même du groupe dans son ensemble. En l'occurrence, nous avons une véritable psychanalyse du personnage et cela valait le coup. Au début, j'ai trouvé cela très prétentieux puis petit à petit, j'ai fini par comprendre où les auteurs voulaient en venir. En réalité, c'est le lecteur qui est dans la position du psychanalyste ce qui nous confère une certaine proximité ! Nous découvrons une histoire qui n'est pas aussi lisse qu'on aurait pu l'imaginer. J'ai toujours considéré les Beatles comme les enfants sages du rock au contraire des Rolling Stones. J'étais loin de m'imaginer toute cette débauche, toute cette violence qui allait jusqu'au délit corporel sans compter sur la drogue. Bref, j'ai aimé la sincérité du propos qui confère à cette oeuvre un caractère unique qui va au-delà d'une simple biographie. Au final, la lecture de ces 150 pages a été très fluide avec un excellent dessin de Horne. Cela plaira certainement aux fans des Beatles mais pas que, pour peu qu'on soit réceptif au message pacifiste de l'auteur d'Imagine. Lennon fut quand même une des plus grandes légendes du rock et plus célèbre que le Christ ! ;)