Les derniers avis (49043 avis)

Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Mara
Mara

Je pense que n'eut été la fin, j'aurais allègrement donné 4 étoiles à cette série de Cosimo Ferri ! Malheureusement la série évolue d'une façon que j'ai trouvé assez peu crédible, même si ce n'est pas forcément la crédibilité qu'on recherche dans une série Tabou, et surtout l'incursion du fantastique, du complot au sein de l'Eglise et les questions de retrouver des personnages de la série quelques tomes après m'a assez vite perdu. C'est un mélange de divers genres, le premier tome fait vraiment polar/enquête, puis thriller et ensuite on part dans le fantastique et le complot religieux. Une fin assez en dent de scie en ce qui me concerne, puisqu'on retrouve tout les personnages des différents volumes dans une succession de liens qui m'ont parus assez forcés. Par contre, l'intérêt véritable est le dessin de Cosimo Ferri qui se développe ici. Si je préfère les premiers tomes, avant que la colorisation informatique ne vienne (sans être parfaitement maitrisé j'ai l'impression), il faut dire que Ferri s'y entends pour croquer des hommes et des femmes. Alors, ne vous attendez pas à des corps normaux, c'est des abdos et biceps saillants, seins volumineux et corps galbé, mais franchement c'est agréable à l'œil. Il a un certain talent, donc, mais surtout sait le mettre en scène de façon sensuelle. C'est loin du simple cadrage digne d'un téléfilm de Canal, il y a une recherche esthétique et des cases travaillées dans leur composition. On reste dans le fantasme, mais le fantasme bien fait et ça fait plaisir ! Donc voila, pour se rincer l'œil c'est parfait, il y a une histoire qui se poursuit le long des cinq tomes, mais en même temps je suis assez mitigé sur celle-ci. J'aurais préféré que le ton reste le même en permanence, dans la veine du premier tome, tandis que là ça me semble naviguer un peu en tout sens. Mais je recommande quand même, ne serait-ce que pour ce très beau dessin et aussi parce que l'auteur nous a sorti quelques autres œuvres qui valent le détour. Une sorte de premier jet de ce que Ferri nous sortira par la suite !

10/10/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5
Couverture de la série Rain
Rain

C'est après avoir lu l'avis de Paul le poulpe avec qui j'ai des atomes crochus (Contrition et Monkey Meat) que je me suis intéressé à ce comics. Ben ce coup-ci c'est raté, parce que plus que la note, j'ai un ressenti totalement différent. Je découvre les auteurs avec ce comics qui reprend une nouvelle de Joe Hill (Basketful of heads). D'ailleurs, l'album commence par une préface de Joe Hill qui explique la bonne manière pour distiller un message dans un récit fictionnel. Un récit qui ne m'a jamais vraiment embarqué, le problème ne vient de cette pluie apocalyptique de lames de fulgurite, mais plutôt du déroulé du récit, avec quelques facilités scénaristiques, que j'ai trouvé d'un commun et aussi du personnage principal, la jolie Honeysuckle Speck, pour laquelle je n'ai pas eu d'empathie bien qu'elle porte le deuil après avoir vue sa chérie mourir devant ses yeux. David M. Booher maîtrise son sujet, mais rien de bien surprenant, du déjà vu. J'ai apprécié la petite pique à un ancien président des États-Unis à la mèche blonde. Par contre j'aime beaucoup le dessin de Zoé Thorogood dans un style très comics mais avec une touche bien personnelle et de modernité, c'est un peu statique par moment mais il dégage de l'émotion. Elle a aussi du savoir faire dans la mise en page. Et les couleurs donnent du cachet au récit. Une belle surprise. En conclusion, un lecture pas désagréable mais je n'y reviendrai pas. 3 étoiles de justesse.

09/10/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Renée
Renée

Cinq ans après Lucille, l'auteur apporte cette suite qui continue (et conclut) l'histoire de Lucille et Vladimir, tout en apportant un nouveau lot de personnages et de tourments personnels. Suite aux évènements du premier tome, Lucille est revenue chez sa mère et peut manger, tandis que Vladimir est en prison. C'est entre l'histoire de son co-détenu et de sa famille que se jouera l'histoire. Honnêtement, j'ai préféré cette suite à Lucille, trouvant que l'ensemble est bien plus maitrisé (il y a différents arcs narratifs qui se croisent) et la cohérence des histoires est bien dosé. C'est une question de famille, de violences et d'actes. Faire ce qui est juste, ce qu'on doit faire, ce qui doit être fait … Vladimir aura une histoire tragique, tandis que Renée semble être une victime trop consentante jusqu'à ce qu'on comprenne à la fin certaines choses sur son passée. Le dessin est maitrisé, avec de très belles ombres et des pages qui attirent l'œil. C'est franchement plaisant à lire et j'ai été très accroché jusqu'à la chute, cruelle et dure mais logique. Je pense que les deux tomes se complètent très bien. Après un premier tome sur l'adolescence et le mal-être, on a un nouveau tome sur la responsabilité et la difficulté de la vie adulte. Pourtant je trouve que l'ensemble se tient comme une histoire continue, et j'ai beaucoup apprécié. C'est une lecture recommandée, pour peu que vous n'ayez pas peur des romans graphiques au grand nombre de pages !

09/10/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Lucille
Lucille

La BD est un pavé de 500 pages qui semble effrayant de prime abord mais se révèle en fin de compte assez rapide à lire (relativement au nombre de pages). Il contient de nombreuses pages sans dialogues, avec des paysages, des instants de vie et des moments contemplatifs. C'est une BD qui prend son temps et pose son sujet petit à petit, traçant les non-dits avec des images plus que des mots. Le récit se concentre sur deux jeunes gens, mal dans leurs peaux et fuyant leur famille (et leurs mères) pour diverses raisons. Leur errance les mène en Italie, affrontant les violences de la vie et de leur vies. C'est un roman graphique pur jus, dans l'introspection et parlant de jeunes écorchés vifs qui tentent de s'accrocher l'un à l'autre pour ne pas sombrer. La BD est assez dure, entre Lucille et son anorexie et Vladimir et son deuil impossible, le tout agrémenté de plusieurs rencontres pas toujours joyeuses. La BD se veut une errance qui aboutit à un acte fort, même s'il est justifié, le tout dans une atmosphère contemplative et lente. C'est une bonne BD sur ce point, avec son graphisme simple et souvent sans fioritures, enlevant les décors et les cases. Je trouve d'ailleurs que le trait gagne en précision et en maturité avec les pages, devenant plus immersif. Un bon roman graphique.

09/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Totoche
Totoche

C’est toujours avec une certaine nostalgie que je relis des albums de Totoche – il est vrai de loin en loin, et de moins en moins souvent. Et, plus je m’éloigne de la période où j’avais découvert ces récits, dans Pif ou en album, moins j’accroche. Ça me parlait sans doute davantage quand l’époque décrite était assez proche de celle où je vivais, je ne sais pas. Un posteur précédent compare la bande à La Ribambelle. Il y a bien une bande de gosses confrontés à des affaires difficiles, liées à la délinquance. Mais Tabary joue plus sur un certain « réalisme » (tout relatif certes) et ancre davantage, par les décors, ses personnages, la série dans ce que pouvaient vivre des gamins de l’époque (même si dans « Le grand voyage » ils sont embarqués dans une aventure exotique qui lorgne presque sur Spirou et Fantasio …). Mais bon, je reconnais que « La Ribambelle » est globalement une meilleure série. Le dessin de Tabary est globalement bon, avec un trait assez fin, et des personnages moins rondouillards que ce qui pouvait se faire à l’époque dans les séries jeunesse. Son trait un peu plus aigu et sec accentue sans doute l’impression de personnages, de gamins moins « gentils » que dans d’autres séries visant le même public (comme « La Ribambelle » donc). Et le personnage de Corinne, qui semble prendre plaisir aux mésaventures de Jeannot (et se moquant souvent de lui), détonne un peu dans ce genre de bande d’habitude plus consensuelle. Tabary fera même de ce duo sado-masochiste une série à part. Comme les séries du genre par contre, chaque gamin composant la bande est assez typé, possède, si ce n’est un super pouvoir, du moins certaines dispositions qui le distinguent des autres. Une série qui néanmoins se laisse encore lire, les histoires sont globalement bien construites (souvent plusieurs histoires courtes dans un album, parfois – plus rarement – une seule), et se situent dans une honnête moyenne du genre. Note réelle 2,5/5.

09/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Unfollow
Unfollow

Une histoire qui surfe sur quelques tendances, des ZAD aux utopies écologiques et politiques alternatives (voire certaines utopies soixante-huitardes, qui auraient été revisitées à l’heure des réseaux sociaux et d’internet). On peut aussi lire cette histoire comme la naissance d’une religion, cherchant à sauver la Terre autant que ses habitants. Une religion dont le prophète serait Earthboy, jeune homme présenté comme une émanation de la Terre et de la vie, geek mais naturaliste, une sorte de Greta Thunberg au masculin, mais qui vit son « pas de côté » en convertissant massivement des « followers », avec l’aide d’une jeune femme, elle aussi très présente sur réseaux sociaux et internet, Yu. L’histoire est un peu naïve, illustration d’une utopie ambivalente. Mais ça se laisse lire, avec un dessin moderne assez simple, et une narration uniquement au style indirect (le texte étant placé sous les cases). Une lecture pas désagréable.

09/10/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Bretonneries
Bretonneries

Sympa cette série. On y suit les aventures d'une jeune parisienne (pas très futée) qui explore la Bretagne et apprends de la bouche d'un de ces vieux Bretons au cuir tanné par les embruns la réalité des légendes locales. Entre détournement du folklore, clins d'œil à divers anecdotes historiques ou fantastique, l'ensemble des légendes est raconté sous forme de vieux récits secrètement gardés par les Bretons de pur souche. Soyons honnête, ça passe mieux en petite histoire tout les mois dans un magazine de bandessinée que dans une seule intégrale qui donne parfois la sensation d'un peu trop. Mais l'idée est marrante, les histoires explorent plein de sujets à la sauce parodie et détournement, on s'amuse, c'est léger. Le dessin est sympathique, avec des personnages qui semblent toujours petits et ratatinés sur eux-mêmes. La colorisation est sympathique et colle au récit.

09/10/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Barney Stax
Barney Stax

J'ai lu l'intégralité des gags dans Fluide Glacial, et la compilation en album ne semble pas en avoir rajouté (en tout cas je n'en ai pas vu dans celui que j'ai feuilleté). Comme souvent dans un recueil de gags, il y a des bons et des moins bons. Je suis surtout mitigé sur l'obligation d'avoir une chute toutes les trois cases, ce qui empêche d'avoir une véritable construction de l'humour qui puisse enfin éclater au bout de quelques cases/pages, impactant plus leur portée. Mais en dehors de ces considérations sur le mode d'expression en lui-même (qui est plus adapté aux publications mensuelles, évidemment), j'ai été assez amusé par l'histoire. Sans jamais se prendre au sérieux, parodiant les clichés d'histoire polar, détective mal rasé et sombre, femmes fatales, espions et mafia … Tout est repris dans un mélange des genres avec une histoire aux multiples rebondissement sans jamais se répéter, ce qui est appréciable. Le tome se finit sur une série de retournements de situations bien absurdes et plutôt drôle, avec un baiser final plutôt original. Ca m'a fait rire parfois, sourire souvent, c'est original, j'ai bien apprécié. Maintenant, je ne sais pas si je serais client d'un deuxième volume, ça serait sans doute trop.

09/10/2023 (modifier)
Couverture de la série The Dangers in my heart
The Dangers in my heart

Honnêtement, j’ai vraiment craint de tomber sur une énième histoire d’amour de pré-adolescents japonais sans intérêt, gnangnan et remplie de clichés mais, très étrangement, et alors qu'en gros j'ai eu droit à ce que j'appréhendais, j’ai plutôt bien accroché. Le rythme (sur les deux premiers tomes) est bon, les personnages principaux ont ce qu’il faut de farfelu pour les rendre sympathiques, les personnages secondaires offrent la panoplie idéale pour que l’on puisse y identifier tel ou tel camarade de classe (voire soi-même) et l’idée à la base du récit n’est pas totalement dénuée de sens. Après, ça reste du shonen, romantique dans le cas présent, donc il ne faut pas s’attendre non plus à ce que ça vole très haut. Destiné à un public de jeunes adolescents (12-13 ans), l’histoire parle de l’éveil à l’amour et à l’attirance physique. 12, 13 ans, garçons, éveil à l’amour, vous l’aurez compris, dans un pays où la majorité sexuelle est longtemps restée de 13 ans ça cause d’érection, de soutien-gorge vu par transparence, de ce qui se cache sous les jupes des filles. Mais ici, les personnages ont ce qu’il faut de naïveté, d’inexpérience, d’immaturité pour que ça passe sans spécialement me choquer. C’est bête, souvent puéril mais, quelque part, je trouve cette histoire et ses personnages principaux touchants. Au niveau du dessin, ce shonen ne s’extrait pas de la masse. On tombe sur le style très passe-partout que l’on retrouve dans 75 pourcent des productions du genre, ni bon ni mauvais, facile à lire avec des personnages bien typés, des décors simplifiés voire inexistants et des expressions caricaturales directement issues du manuel du parfait petit mangaka. A titre personnel, j’ai trouvé ces deux premiers tomes sympathiques. Sujet oblige, les allusions sexuelles sont fréquentes et peuvent choquer les parents de jeunes adolescents qui voudraient lire cette série mais je la trouve encore assez soft et surtout fondamentalement crédible quant à la puérilité avec laquelle un jeune adolescent gère ses premiers émois, quand bien même ceux-ci se manifestent dans son caleçon. Et puis, plus que le désir sexuel, le sujet principal demeure le sentiment amoureux en général, l’envie d’être avec quelqu’un, de partager son intimité, ses secrets, de s’attacher à ses défauts. La trouver physiquement désirable n’est qu’un élément de plus dans l’éventail des petits détails qui font qu’on aime quelqu’un ou pas. Gentil.

09/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Little Monsters
Little Monsters

Mais quelle idée d’avoir foutu de l‘écriture inclusive dans le deuxième tome ? Bon, en soi, je n’ai rien contre ce type d’adaptation grammaticale face à l’évolution de la société et je pense même que ça peut avoir tout son sens dans certaines circonstances. Mais ici, nous avons un personnage d’enfant (ce qui chez moi signifie déjà que je me fous un peu que ce soit un garçon ou une fille, n’y voyant pas un être sexué) considéré comme féminin dans le premier tome (tous les accords grammaticaux sont faits dans ce sens) et qui devient subitement et sans raisons non genré dans le deuxième tome. Le pire étant que cela n’apporte rien de plus au récit. Ça alourdit juste la lecture avec ces iel, iels, elleux et autres qui foisonnent dans des récitatifs, au point de me distraire du sujet et de me pousser à m’interroger sur les raisons pour lesquelles les auteurs, l’éditeur ou le traducteur ont subitement trouvé important que ces personnages soient non genrés. Franchement, j’ai juste trouvé ça chiant et inutile. D'autant plus que l'emploi de cette écriture s'accompagne d'une baisse de qualité du reste (on se retrouve avec des mots oubliés, par exemple), comme si le traducteur se focalisait tellement sur l'écriture inclusive qu'il en oubliait les fondamentaux. Et c’est con car j’avais vraiment bien accroché au premier tome. Jeff Lemire y renouvelait avec talent le thème des vampires en l’amenant sur un terrain qu’il maitrise parfaitement, à savoir montrer la fragilité de personnages (ici des enfants laissés pour compte dans une cité en ruine) pourtant dotés de capacités hors-normes (ce sont tout de même des vampires). De plus, l’intrigue est bien tournée et la série tient sur deux tomes. Comme dit, le deuxième tome a été plus pénible à lire, et la cause principale vient de cette écriture inclusive qui n’apporte rien, alourdit inutilement le narratif et, pire que tout, me distrait de ma lecture. Pourtant, certains sujets abordés sont dignes d’intérêt et la fin est bien trouvée. Côté dessin, Dustin Nguyen nous propose un trait en noir et blanc rehaussé de judicieuses touches de couleurs. Sa cité post-apocalyptique sent la poussière et les gravats. Ses personnages sont bien typés, sa mise en page est variée. C’est facile à lire, très efficace et doté de suffisamment de personnalité pour sortir la série du tout-venant. Mais bordel ! Pourquoi ont-ils été nous foutre de l’écriture inclusive ?

09/10/2023 (modifier)