Cet album des Contes de la Pieuvre m’a un peu moins plu que les autres. L’intrigue tient la route du début à la fin, mais j’ai trouvé que le déroulement, du fait de sa complexité, manquait de fluidité et trainait un peu en longueur. Mais rien de grave ! Le scénario et son contexte historique sont une belle performance de l’auteur de même que le dessin qui restitue avec talent l'ambiance de la ville de Paris à la fin du XIXe siècle avec une palette de couleurs très réussie. Petite déception du côté de la densité des cases qui, pour tenir dans la page, deviennent parfois si petites qu’on ne voit plus qu’un tout petit dessin. Gess nous livre, ici, un scénario original sur fond de luttes féministes, de souvenirs de la Commune de Paris, de réseaux mafieux qui se font justice eux-mêmes, de conflits de pouvoirs et d’une dose raisonnable de fantastique. Une histoire étonnante menée à bon rythme !
J'ai bien aimé cette suite d'histoires courtes sur la thématique de l'amour. J'ai eu l'impression de lire un recueil de nouvelles de Dino Buzzatti avec une ossature assez poétique.
Les histoires se déroulent dans l'Italie des années 50/60 ce qui ajoute à l'esprit nostalgique du texte de Zidrou. Les chutes sont souvent abruptes et ouvertes ce qui laisse au lecteur l'initiative de l'imagination.
Le graphisme de Merveille apporte un plus d'originalité à la série. Son trait est moderne mais renvoie parfaitement à l'ambiance de ces années de Dolce Vita. Sa mise en couleur très travaillée alterne les tons sombres ou chatoyants et donne à l'Italie une multitude de visages comme cette multitude d'histoires d'amour.
Une bonne lecture assez poétique et intéressante. Un bon 3
Je n'ai pas été entièrement conquis par cette série ado malgré une bonne dose d'originalité dans plusieurs domaines.
Les auteurs empruntent à plusieurs sources en les détournant habilement. Philippine improbable privée de 13 ans (et demi) se veut la digne héritière de Philip Marlowe avec une gestuelle Comic/Manga.
Aussi grosse qu'une crevette elle travaille son punch dans une salle de boxe et son langage dans sa téci d'Amiens. Même si ce n'est pas aussi percutant que du Audiard cela fuse à presque toutes les cases (un peu trop ?) surtout en présence de son copain le robin des bois des caves de la cité.
Philippine intervient sur des thématiques sensibles pour les ados (racket, distribution alimentaire, suicide, immigration, écologie, handicap).
Les intrigues sont assez convenues mais c'est le rythme et les bons sentiments qui comptent le plus.
J'ai toujours une petite réticence avec ce graphisme moderne qui tire ses scènes d'actions du Manga. Cela plaira sûrement au public cible plus habitué que moi à ce style.
Je suis un peu déçu par la mise en couleur de Dawid que j'ai beaucoup apprécié dans d'autres productions pour la jeunesse (Passe-passe, La Belle et la Bête). Ici je le trouve trop classique et manquant un peu d'audace.
De même c'est rare de placer une série à Amiens et je trouve que le dessin aurait pu mieux fouiller l'ambiance de cette ville peu connue.
Une lecture agréable pour un moment de détente et qui ne se prend pas trop au sérieux.
Si Appolo a publié plusieurs séries d’aventure, je suis plus surpris de retrouver Trondheim dans ces aventures historiques, dans l’océan Indien au début du XVIIIème siècle. Mais après tout il touche à tout, alors pourquoi pas ? Surtout qu’il s’en tire bien. Son dessin, avec ses personnages animaliers, est toujours très lisible. Même s’il est avare de décors, les quelques navires représentés sont plutôt réussis. Mais bon, s’il est question de pirates, ce sont avant tout des aventures terrestres, sur l’île Bourbon (La Réunion).
Le récit n’est pas exempt de longueurs, mais il se laisse lire agréablement. Il s’en dégage pas mal d’amertume. En particulier avec le personnage de Pommery, intéressé par la piraterie, par Libertalia, mais qui semble arriver trop tard, à contre-courant, et qui semble désabusé par ce qu’il voit.
Il y a quelque chose de crépusculaire dans cette histoire, qui se conclut par le récit d’une pendaison, celle du dernier chef pirate de l’île.
Je connais Maigret par des téléfilms ou quelques adaptations cinématographiques, mais n’en ai jamais lu. J’apprécie par contre beaucoup certains romans de Simenon, hors de ce cadre, que ce soit ou non des polars. Je pense que c’est la partie de son œuvre la plus intéressante. C’est en tout cas la seule qui m’attire vraiment. « Le passager du Polarlys » m’était par contre totalement inconnu.
Je sors de cette lecture satisfait, même si j’ai trouvé qu’il y avait quelques longueurs, et que sans doute quelques aspérités auraient pu davantage la dynamiser.
Mais l’ambiance presque nonchalante avec laquelle l’intrigue est déroulée, au rythme de la navigation lente mais sûre du Polarlys, participe du charme de l’histoire, par ailleurs relativement classique.
Une lecture sympathique, que le dessin de Cailleaux (qui aime toujours bien l’aventure et la navigation) rend agréable. Un dessin moderne, avec un rendu un peu granuleux parfois.
Emprunté sans savoir de quoi il retournait dans cet épais album, la couverture tape dans l'oeil avec cette Karmen sur fond carmin. A l'intérieur aussi, le dessin de Guillem March impressionne, on a une pleine exploitation de la planche jusqu'aux bords et des cadrages parfois tourbillonnants sur Palma de Majorque.
Sur le plan de l'histoire maintenant, j'ai trouvé cela un peu longuet pour tout dire. C'est une classique histoire d'amour qui tourne mal avec une jeune fille Catalina qui s'ouvre les veines dans sa baignoire, sans clairement qu'on sache pourquoi tellement cela survient dès le début de l'album. A cause de son pote Xisco qu'elle connait depuis l'enfance visiblement. Mais qu'en espérait-elle puisqu'ils semblent tacitement sur la ligne de l'amitié sans plus et que lui a déjà eu plusieurs copines ? Elle ne semblait pas à un tel niveau de désespoir pour en arriver là. On sent bien que sans cette base, il n'y a pas d'histoire car Karmen, la dame de la couverture, s'avère être la mort. Du moins un de ses émissaires, une espèce de fonctionnaire du ministère de l'au-delà, et ses collègues n'apprécient pas trop sa manière de procéder, ils la prennent pour une originale pistonnée.
S'ensuit tout une partie de l'album où Catalina erre tel un fantôme autour de chez elle, à poil puisqu'elle était dans son bain, comme dans le film Ghost qui est d'ailleurs explicitement cité. Personne ne la voit, sauf d'autres morts et elle ne peut rien toucher. On sent venir le fait que l'amour d'enfance était réciproque à 3 kilomètres. Un peu moins le twist final tellement la partie dans l'entre monde était longue.
Le résumé fait tout de suite penser à la série Breaking Bad, une prof de chimie qui fricote avec le milieu du crime organisé. Sauf que dans ce manga la chimiste ne fabrique pas de drogue. Cela se passe à Tokyo et c'est une héroïne, un peu énervante à toujours se lamenter de son manque de confiance en elle et sa carrière ratée, qui se lance à la recherche de sa soeur. Cette dernière travaillait dans un bar à hôtesses. Il s'avère que Azusa n'est pas la seule à chercher la jeune femme, elle découvre que plusieurs clans de yakuzas la pistent aussi car un client offre une forte prime pour la retrouver (une invraisemblance de plus).
Toujours est-il que Azusa se présente benoitement auprès de ce milieu mais elle est venue avec quelques grenades fabriquées maison dans sa poche qu'elle n'hésite pas à utiliser pour se faire entendre. Par ses compétences, elle est donc vue comme un atout à utiliser. Plus tard elle mettra au point un gaz pour endormir des yakuzas d'un clan adverse. La chimie est un prétexte et n'est pas le fond du sujet. Cela reste de la "classique" baston entre bandes criminelles. En fin de premier tome, on a eu quelques flash-backs sur l'enfance des 2 soeurs mais on ne sait toujours pas pourquoi l'une a disparu. Pour autant je n'ai pas l'intention de lire la suite.
Je surnote un peu compte tenu du public ado qui est visé par ce shonen. 2.5/5.
Je n’ai lu que les trois premiers tomes, que l’éditeur BD Must présentait comme un cycle complet. Malheureusement pour moi, de cycle il n’est pas vraiment question puisque la fin du tome 3 ne débouche sur aucunes conclusions. Au contraire, serais-je presque tenté de d’écrire tant j’ai le sentiment que l’histoire peut enfin commencer ! Oui mais voilà ! Quand un éditeur me prend pour un con, je n’ai pas trop envie de lui donner raison ! Du coup, bah, s’il y avait eu moyen de louer les trois derniers albums, je l’aurais fait avec plaisir mais comme je ne les ai pas trouvé disponibles en location, ma lecture s’arrêtera là !
Pourtant cette série recèle de véritables atouts. Son cadre, d’abord puisqu’il est rare qu’une série de ce type, principalement axée sur l’aventure mais inscrite dans un contexte historique solide, se déroule en Catalogne au début du XVIIème siècle. Son traitement graphique ensuite, avec un trait classique agréable à lire et un réel travail sur la mise en page (le début du deuxième tome, avec sa pièce de théâtre, en est un bel exemple). L’histoire qui nous est contée, enfin, a beau être très convenue, elle n’en demeure pas moins efficace, avec des personnages capables de porter le récit et une intrigue régulièrement relancée.
Au final, je dirais sur seule base des trois premiers tomes, que c’est plutôt pas mal. Mais je ne peux pas vous garantir que la série se maintient à ce bon niveau sur la longueur ni même que le tome 6 nous offre une réelle conclusion au récit.
Voilà un album qui inaugure de façon plaisante une nouvelle série, dans laquelle Hautière reprend un peu la recette qui lui a souri dans La Guerre des Lulus, à savoir une bande de gamins pris dans la grande Histoire et pas mal de petites, qui cherchent à vivre malgré tout, dans un monde d’adultes en proie à la guerre.
Ici l’action se situe dans le cœur de la Révolution française (durant cette année 1792 charnière), dans la région nantaise. On le voit l’ancrage chronologique et géographique est quelque peu différent, un chouia décalé par rapport aux séries se déroulant durant la Révolution française.
Toujours est-il que l’intrigue – pas forcément hyper surprenante – est rythmée, on s’attache aux gamins – comme on déteste rapidement les méchants (ici un aristocrate vénal et ses sbires). Les personnages sont manichéens, mais cette histoire tout public s’adresse avant tout à de jeunes adolescents je pense, et elle va leur plaire.
Le dessin de Fourquemin est lui aussi dynamique et réussi et conviendra aux lecteurs visés. Il est efficace en tout cas.
A noter qu’un dossier historique de plusieurs pages reprend les grands moments de la Révolution, et resitue dans son contexte l’intrigue développée ici (ce dossier est bien fait pour le public cible).
Bref, une bonne introduction, même si le « vieux » lecteur que je suis (qui plus est amateur de cette période historique) n’a pas trouvé grand-chose de nouveau ou surprenant dans l’intrigue. Mais je recommande cette lecture aux plus jeunes.
********************************
Le deuxième tome poursuit l'intrigue et se révèle de même niveau que le précédent.
Utilisant toujours en arrière-plan l'Histoire de la Révolution (aspect toujours bien détaillé dans un dossier final très adapté à un lectorat adolescent), l'intrigue est toujours dynamique, avec nos jeunes gens qui se débattent face à des bandits, les sbires d'un aristocrates cherchant à mettre la main sur un héritage (ces deux groupes entrant ouvertement en conflit dans ce tome).
il n'y a pas de temps morts, et les personnages sont attachants. Le dessin de Fourquemin est lui aussi clair et dynamique.
Je recommande encore la lecture de cette série qui, sur un canevas pas forcément original, se révèle bien fichue. Elle utilise aussi très bien le décor historique, la Révolution étant ici vue de province, puisque l'intrigue se déroule à Nantes.
Une fable revisitée façon porno avec un dessin noir et blanc plutôt correct. Il y a de l'humour aussi et quelques caricatures comme Hitler ou Jeanne d'Arc. Le héros est un homme devenu loup par un coup du sort. Il vagabonde auprès d'une rivière et dans les bois avec une jeune femme sans vêtements. Il va voir Lady Commandement (oui il y a aussi des jeux de mots foireux) pour redevenir humain car il a des chasseurs à ses trousses mais pour cela il doit passer par toutes sortes de jeux sexuels dont une cascade de pipi qui ne l'enchante guère.
D'un point de vue purement émoustillant, cela ne va pas bien loin. Gros braquemarts, énormes seins. Rien d'extraordinaire.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Un destin de trouveur
Cet album des Contes de la Pieuvre m’a un peu moins plu que les autres. L’intrigue tient la route du début à la fin, mais j’ai trouvé que le déroulement, du fait de sa complexité, manquait de fluidité et trainait un peu en longueur. Mais rien de grave ! Le scénario et son contexte historique sont une belle performance de l’auteur de même que le dessin qui restitue avec talent l'ambiance de la ville de Paris à la fin du XIXe siècle avec une palette de couleurs très réussie. Petite déception du côté de la densité des cases qui, pour tenir dans la page, deviennent parfois si petites qu’on ne voit plus qu’un tout petit dessin. Gess nous livre, ici, un scénario original sur fond de luttes féministes, de souvenirs de la Commune de Paris, de réseaux mafieux qui se font justice eux-mêmes, de conflits de pouvoirs et d’une dose raisonnable de fantastique. Une histoire étonnante menée à bon rythme !
Amore
J'ai bien aimé cette suite d'histoires courtes sur la thématique de l'amour. J'ai eu l'impression de lire un recueil de nouvelles de Dino Buzzatti avec une ossature assez poétique. Les histoires se déroulent dans l'Italie des années 50/60 ce qui ajoute à l'esprit nostalgique du texte de Zidrou. Les chutes sont souvent abruptes et ouvertes ce qui laisse au lecteur l'initiative de l'imagination. Le graphisme de Merveille apporte un plus d'originalité à la série. Son trait est moderne mais renvoie parfaitement à l'ambiance de ces années de Dolce Vita. Sa mise en couleur très travaillée alterne les tons sombres ou chatoyants et donne à l'Italie une multitude de visages comme cette multitude d'histoires d'amour. Une bonne lecture assez poétique et intéressante. Un bon 3
Les Enquêtes Polar de Philippine Lomar
Je n'ai pas été entièrement conquis par cette série ado malgré une bonne dose d'originalité dans plusieurs domaines. Les auteurs empruntent à plusieurs sources en les détournant habilement. Philippine improbable privée de 13 ans (et demi) se veut la digne héritière de Philip Marlowe avec une gestuelle Comic/Manga. Aussi grosse qu'une crevette elle travaille son punch dans une salle de boxe et son langage dans sa téci d'Amiens. Même si ce n'est pas aussi percutant que du Audiard cela fuse à presque toutes les cases (un peu trop ?) surtout en présence de son copain le robin des bois des caves de la cité. Philippine intervient sur des thématiques sensibles pour les ados (racket, distribution alimentaire, suicide, immigration, écologie, handicap). Les intrigues sont assez convenues mais c'est le rythme et les bons sentiments qui comptent le plus. J'ai toujours une petite réticence avec ce graphisme moderne qui tire ses scènes d'actions du Manga. Cela plaira sûrement au public cible plus habitué que moi à ce style. Je suis un peu déçu par la mise en couleur de Dawid que j'ai beaucoup apprécié dans d'autres productions pour la jeunesse (Passe-passe, La Belle et la Bête). Ici je le trouve trop classique et manquant un peu d'audace. De même c'est rare de placer une série à Amiens et je trouve que le dessin aurait pu mieux fouiller l'ambiance de cette ville peu connue. Une lecture agréable pour un moment de détente et qui ne se prend pas trop au sérieux.
Ile Bourbon 1730
Si Appolo a publié plusieurs séries d’aventure, je suis plus surpris de retrouver Trondheim dans ces aventures historiques, dans l’océan Indien au début du XVIIIème siècle. Mais après tout il touche à tout, alors pourquoi pas ? Surtout qu’il s’en tire bien. Son dessin, avec ses personnages animaliers, est toujours très lisible. Même s’il est avare de décors, les quelques navires représentés sont plutôt réussis. Mais bon, s’il est question de pirates, ce sont avant tout des aventures terrestres, sur l’île Bourbon (La Réunion). Le récit n’est pas exempt de longueurs, mais il se laisse lire agréablement. Il s’en dégage pas mal d’amertume. En particulier avec le personnage de Pommery, intéressé par la piraterie, par Libertalia, mais qui semble arriver trop tard, à contre-courant, et qui semble désabusé par ce qu’il voit. Il y a quelque chose de crépusculaire dans cette histoire, qui se conclut par le récit d’une pendaison, celle du dernier chef pirate de l’île.
Le Passager du Polarlys
Je connais Maigret par des téléfilms ou quelques adaptations cinématographiques, mais n’en ai jamais lu. J’apprécie par contre beaucoup certains romans de Simenon, hors de ce cadre, que ce soit ou non des polars. Je pense que c’est la partie de son œuvre la plus intéressante. C’est en tout cas la seule qui m’attire vraiment. « Le passager du Polarlys » m’était par contre totalement inconnu. Je sors de cette lecture satisfait, même si j’ai trouvé qu’il y avait quelques longueurs, et que sans doute quelques aspérités auraient pu davantage la dynamiser. Mais l’ambiance presque nonchalante avec laquelle l’intrigue est déroulée, au rythme de la navigation lente mais sûre du Polarlys, participe du charme de l’histoire, par ailleurs relativement classique. Une lecture sympathique, que le dessin de Cailleaux (qui aime toujours bien l’aventure et la navigation) rend agréable. Un dessin moderne, avec un rendu un peu granuleux parfois.
Karmen
Emprunté sans savoir de quoi il retournait dans cet épais album, la couverture tape dans l'oeil avec cette Karmen sur fond carmin. A l'intérieur aussi, le dessin de Guillem March impressionne, on a une pleine exploitation de la planche jusqu'aux bords et des cadrages parfois tourbillonnants sur Palma de Majorque. Sur le plan de l'histoire maintenant, j'ai trouvé cela un peu longuet pour tout dire. C'est une classique histoire d'amour qui tourne mal avec une jeune fille Catalina qui s'ouvre les veines dans sa baignoire, sans clairement qu'on sache pourquoi tellement cela survient dès le début de l'album. A cause de son pote Xisco qu'elle connait depuis l'enfance visiblement. Mais qu'en espérait-elle puisqu'ils semblent tacitement sur la ligne de l'amitié sans plus et que lui a déjà eu plusieurs copines ? Elle ne semblait pas à un tel niveau de désespoir pour en arriver là. On sent bien que sans cette base, il n'y a pas d'histoire car Karmen, la dame de la couverture, s'avère être la mort. Du moins un de ses émissaires, une espèce de fonctionnaire du ministère de l'au-delà, et ses collègues n'apprécient pas trop sa manière de procéder, ils la prennent pour une originale pistonnée. S'ensuit tout une partie de l'album où Catalina erre tel un fantôme autour de chez elle, à poil puisqu'elle était dans son bain, comme dans le film Ghost qui est d'ailleurs explicitement cité. Personne ne la voit, sauf d'autres morts et elle ne peut rien toucher. On sent venir le fait que l'amour d'enfance était réciproque à 3 kilomètres. Un peu moins le twist final tellement la partie dans l'entre monde était longue.
Timebomb teacher
Le résumé fait tout de suite penser à la série Breaking Bad, une prof de chimie qui fricote avec le milieu du crime organisé. Sauf que dans ce manga la chimiste ne fabrique pas de drogue. Cela se passe à Tokyo et c'est une héroïne, un peu énervante à toujours se lamenter de son manque de confiance en elle et sa carrière ratée, qui se lance à la recherche de sa soeur. Cette dernière travaillait dans un bar à hôtesses. Il s'avère que Azusa n'est pas la seule à chercher la jeune femme, elle découvre que plusieurs clans de yakuzas la pistent aussi car un client offre une forte prime pour la retrouver (une invraisemblance de plus). Toujours est-il que Azusa se présente benoitement auprès de ce milieu mais elle est venue avec quelques grenades fabriquées maison dans sa poche qu'elle n'hésite pas à utiliser pour se faire entendre. Par ses compétences, elle est donc vue comme un atout à utiliser. Plus tard elle mettra au point un gaz pour endormir des yakuzas d'un clan adverse. La chimie est un prétexte et n'est pas le fond du sujet. Cela reste de la "classique" baston entre bandes criminelles. En fin de premier tome, on a eu quelques flash-backs sur l'enfance des 2 soeurs mais on ne sait toujours pas pourquoi l'une a disparu. Pour autant je n'ai pas l'intention de lire la suite. Je surnote un peu compte tenu du public ado qui est visé par ce shonen. 2.5/5.
Capablanca
Je n’ai lu que les trois premiers tomes, que l’éditeur BD Must présentait comme un cycle complet. Malheureusement pour moi, de cycle il n’est pas vraiment question puisque la fin du tome 3 ne débouche sur aucunes conclusions. Au contraire, serais-je presque tenté de d’écrire tant j’ai le sentiment que l’histoire peut enfin commencer ! Oui mais voilà ! Quand un éditeur me prend pour un con, je n’ai pas trop envie de lui donner raison ! Du coup, bah, s’il y avait eu moyen de louer les trois derniers albums, je l’aurais fait avec plaisir mais comme je ne les ai pas trouvé disponibles en location, ma lecture s’arrêtera là ! Pourtant cette série recèle de véritables atouts. Son cadre, d’abord puisqu’il est rare qu’une série de ce type, principalement axée sur l’aventure mais inscrite dans un contexte historique solide, se déroule en Catalogne au début du XVIIème siècle. Son traitement graphique ensuite, avec un trait classique agréable à lire et un réel travail sur la mise en page (le début du deuxième tome, avec sa pièce de théâtre, en est un bel exemple). L’histoire qui nous est contée, enfin, a beau être très convenue, elle n’en demeure pas moins efficace, avec des personnages capables de porter le récit et une intrigue régulièrement relancée. Au final, je dirais sur seule base des trois premiers tomes, que c’est plutôt pas mal. Mais je ne peux pas vous garantir que la série se maintient à ce bon niveau sur la longueur ni même que le tome 6 nous offre une réelle conclusion au récit.
Révolutionnaires !
Voilà un album qui inaugure de façon plaisante une nouvelle série, dans laquelle Hautière reprend un peu la recette qui lui a souri dans La Guerre des Lulus, à savoir une bande de gamins pris dans la grande Histoire et pas mal de petites, qui cherchent à vivre malgré tout, dans un monde d’adultes en proie à la guerre. Ici l’action se situe dans le cœur de la Révolution française (durant cette année 1792 charnière), dans la région nantaise. On le voit l’ancrage chronologique et géographique est quelque peu différent, un chouia décalé par rapport aux séries se déroulant durant la Révolution française. Toujours est-il que l’intrigue – pas forcément hyper surprenante – est rythmée, on s’attache aux gamins – comme on déteste rapidement les méchants (ici un aristocrate vénal et ses sbires). Les personnages sont manichéens, mais cette histoire tout public s’adresse avant tout à de jeunes adolescents je pense, et elle va leur plaire. Le dessin de Fourquemin est lui aussi dynamique et réussi et conviendra aux lecteurs visés. Il est efficace en tout cas. A noter qu’un dossier historique de plusieurs pages reprend les grands moments de la Révolution, et resitue dans son contexte l’intrigue développée ici (ce dossier est bien fait pour le public cible). Bref, une bonne introduction, même si le « vieux » lecteur que je suis (qui plus est amateur de cette période historique) n’a pas trouvé grand-chose de nouveau ou surprenant dans l’intrigue. Mais je recommande cette lecture aux plus jeunes. ******************************** Le deuxième tome poursuit l'intrigue et se révèle de même niveau que le précédent. Utilisant toujours en arrière-plan l'Histoire de la Révolution (aspect toujours bien détaillé dans un dossier final très adapté à un lectorat adolescent), l'intrigue est toujours dynamique, avec nos jeunes gens qui se débattent face à des bandits, les sbires d'un aristocrates cherchant à mettre la main sur un héritage (ces deux groupes entrant ouvertement en conflit dans ce tome). il n'y a pas de temps morts, et les personnages sont attachants. Le dessin de Fourquemin est lui aussi clair et dynamique. Je recommande encore la lecture de cette série qui, sur un canevas pas forcément original, se révèle bien fichue. Elle utilise aussi très bien le décor historique, la Révolution étant ici vue de province, puisque l'intrigue se déroule à Nantes.
Le Loup et l'agnelle
Une fable revisitée façon porno avec un dessin noir et blanc plutôt correct. Il y a de l'humour aussi et quelques caricatures comme Hitler ou Jeanne d'Arc. Le héros est un homme devenu loup par un coup du sort. Il vagabonde auprès d'une rivière et dans les bois avec une jeune femme sans vêtements. Il va voir Lady Commandement (oui il y a aussi des jeux de mots foireux) pour redevenir humain car il a des chasseurs à ses trousses mais pour cela il doit passer par toutes sortes de jeux sexuels dont une cascade de pipi qui ne l'enchante guère. D'un point de vue purement émoustillant, cela ne va pas bien loin. Gros braquemarts, énormes seins. Rien d'extraordinaire.