Tome 1
J'ai acheté cet album pour deux raisons. D'une part car il est signé par Benjamin Von Eckartsberg, scénariste de Gung Ho, série que j'avais bien appréciée, et d'autre part cette aventure est prévue en seulement 2 volumes.
Mais en feuilletant cette bd, j'ai été très surpris de voir que le dessinateur, Olivier Dauger, s'est rapproché étrangement du style de Thomas Von Kummant, dessinateur de Gung Ho
Et j'avoue avoir très apprécié ce style.
En retraçant le racisme dans le sud des Etats Unis dans les années 40, pendant la seconde guerre mondiale, et le racisme persistant malgré le vote du Civil Rights Act, à la fin des années 60, toujours en Alabama, à travers l'histoire d'un père et d'un fils, tous deux très en avance sur leur temps, les auteurs nous offrent une aventure certes pas très originale, mais en tout cas très plaisante à lire.
Et, j'ai hâte de connaitre la fin de cette histoire.
Tome 2
Second volet d'un diptyque, ce volume met encore plus en lumière la ségrégation raciale dans les années 70, tout en retraçant le parcours de Robert Hoffman (le père) pendant la seconde guerre mondiale. Ce qui m'a attiré d'emblée dans cette série, c'est le dessin d'Olivier Dauger, un dessin net, clair, précis bref efficace.
Le scénario de Benjamin Von Eckartsberg exploite avec habileté le parcours de deux hommes, Robert et son fils, confrontés tout deux au racisme, au Ku Klux Klan, à la guerre (la seconde guerre mondiale pour l'un, celle du Vietnam pour l'autre) sur deux périodes distinctes.
Les éditions Paquet nous ont habitué à des séries d'aviation "pures", mais ici les auteurs plongent les lecteurs dans une Amérique profonde pas si éloignée de cela de notre époque.
Cet album fait la part belle à une communauté à qui les États Unis doivent beaucoup.
En lisant cette bande dessinée, j'ai fait le rapprochement avec Cinq branches de coton noir, ce qui n'est pas un mince compliment.
L'alchimie des émotions n'a pas pris avec moi pour cette BD. Je reste persuadé que c'est ce qui est censé faire la force d'un tel récit : la succession de deux guerres mondiales étant pourtant l'ingrédient parfait à la construction d'une histoire autant tragique que romantique (inspirée de faits réels d'ailleurs).
C'est cette narration en 'parallèle' qui m'a posé problème : d'un côté, le présent avec un père qui cherche à retracer la vie de son paternel par l'intermédiaire de son propre fils, donc du petit-fils, et de l'autre, le passé du grand-père progressivement amené via des lettres découvertes post-mortem (je vous ai perdu ?).
Cette seconde narration qui occupe une grande partie de l'histoire est heureusement celle qui m'a le plus plu. Je me serais très bien passé de la première où le fils (le petit-fils de la famille donc) joue à un jeu quasi-continuel de poker menteur à son père de peur de le blesser davantage dans son deuil et dans son ego... Un peu tiré par les cheveux quand on le lit.
Quant au dessin : rien de bien fou, à chacun ses goûts. Le travail de colorisation pour les passages correspondants aux lettres est plus remarquable.
Je ressors donc déçu de cette lecture.
J'aurais sans doute plus accroché au roman.
Note réelle 2.5 / 5
Le format de cette BD est hybride : on a des gags en fin de pages, mais pas de rupture entre celles-ci. L'ensemble forme en effet une longue histoire, découpée en plusieurs séquences, présentées dans un ordre chronologique.
Le ton est franchement absurde, décalé, ça ressemble à du Fabcaro, référence assumée par l'éditeur, et ça ne peut que me plaire, car c'est plutôt réussi la plupart du temps. Ainsi une tête naturalisée (ou construite) de lion dans les toilettes occasionne un rêve de combat homérique entre le photographe et le fauve. Ainsi des mannequins utilisés pour un shooting se voient affublés de toute une histoire, et ainsi de suite. C'est mature, et je valide.
Le style graphique de Simon Roure est assez particulier, les personnages sont à dessein un peu déformés, mais totalement inexpressifs, permettant au lectorat de se concentrer sur les dialogues qui sont assez drôles. j'ai bien aimé le gag répétitif au sujet du prénom de Dimitri. Non Joakim. Ah c'est quoi son prénom déjà ?
bref, même si ça se lit assez vite, il y a tout de même 80 pages. Je recommande si vous aimez l'humour absurde.
Cosey est un auteur que je découvre petit à petit, après son remarqué Le Voyage en Italie, et je commence surtout à comprendre et appréhender son style. C'est une touche d'intimisme, de pudeur retenue, de tranche de vie mais aussi une patte mélancolique qui imprègne l'ensemble. Si ses BD semble bien souvent se terminer sur un appel à vivre sa vie et surtout à aimer, je trouve qu'il reste toujours une note amère de mélancolie. Un questionnement sur l'humain, notre place et notre rôle, ce que nous sommes …
Bref, Cosey me parler pas mal via ses BD, mais je dois dire que celle-ci est plus anecdotique que les autres. L'histoire d'une jeune femme qui en rencontre une autre et de cette redécouverte du passé est touchante, mais pas autant que je l'aurais pensé. La faute, selon moi, au rythme rapide des pages qui ne laissent pas l'habituelle place aux moments de pur silence, de contemplations et de paysages que Cosey aime bien afficher. Ici, les évènements semblent aller plutôt rapidement et malheureusement les personnages m'ont semblés bien moins attachants. C'est un trio de femmes qui forme le cœur du récit, mais en dehors des dernières pages plus proches d'elles, j'étais surtout en train de suivre leurs histoires sans m'y intéresser.
C'est une BD mineure, à mes yeux. Pas inintéressante, juste moins intéressante que bien d'autres. C'est le genre que je conseille de lire seulement si vous n'avez plus rien et que vous êtes un grand amateur de Cosey (de toute façon, les fans l'ont déjà lu).
Je sors assez déçu de ma lecture. Pourtant j'avais bien aimé l'opus de Spirou qui reprend une partie de la même thématique sur les animaux.
Les auteurs y ajoutent un hommage appuyé à Franquin, une ribambelle de références au monde Bruxellois un peu obscure pour un non initié et une histoire de "tondue" stigmatisée dans une ambiance sombre et réaliste d'après-guerre.
L'exercice est périlleux puisqu'il revisite le personnage du Marsupilami sans Spirou et Fantasio et avec une image éloignée du personnage créé par Franquin.
En effet c'est le côté invulnérable du Marsu qui fait son charme à mes yeux. Pour moi il est l'image d'une nature forte et triomphante malgré la bêtise humaine alors qu'ici il est devenu un animal sauvage et vulnérable qui se laisse prendre à tous les pièges et qui a besoin d'aides pour s'en sortir.
De plus j'ai trouvé le traitement de l'ambiance rance à l'encontre de la maman de Franz/François assez caricatural et avec un point de vue anachronique.
Le graphisme de Franck Pé est vraiment saisissant. Il nous plonge immédiatement dans une ambiante froide, humide et sombre des années 50 que la présence de Franquin/Bonniface n'a pas encore réussi à ensoleiller.
Malgré des qualités (surtout graphiques) évidentes, je n'ai pas été très séduit par cette atmosphère déprimante et cette image du Marsupilami.
Une histoire vraie – hélas – comme le confirment les documents du dossier final. Une histoire tristement banale du Sud raciste, au début du XXème siècle. La seule nouveauté, c’est que ce n’est pas un Noir qui a été lynché après une parodie de procès raciste, mais un juif (des « nègres » ont même vu leur témoignage pris en compte, y compris lorsque l’un d’entre eux était le coupable réel, du moment que cela confortait l’accusation).
L’emballement médiatique (des torchons rivalisant de rumeurs et autres accusations fantaisistes pour gagner des lecteurs et du fric), des notables antisémites, et donc une erreur judiciaire, aucun de ceux qui ont ouvertement commis ce « crime » (faux témoignages, procès biaisé, lynchage expéditif assorti de violence sur le cadavre) n’ayant jamais été poursuivi.
La narration est fluide, le sujet intéressant, l’antisémitisme remplaçant ici le racisme anti noir. Les documents placés en fin d’album, certaines déclarations de Trump montrent que le feu couve encore et que le racisme n’est pas mort – dans cette région moins qu’ailleurs.
Le sujet n’est hélas pas nouveau, mais je ne connaissais pas cette affaire. La lecture est très recommandable.
Cette bande dessinée est anecdotique… mais l’anecdote dont il est question ici n’en est pas moins digne d’intérêt ! Pierre et Marie Curie, accompagnés d’autres éminents scientifiques, d’écrivains, de philosophes, se sont penchés avec une rigueur très scientifique sur les phénomènes paranormaux très en vogue à leur époque (tables tournantes, apparition d’ectoplasmes, objets volants). Les faits tels que relatés dans cet album sont difficiles à croire en 2023 mais il est intéressant de voir des scientifiques reconnus et dont le sérieux ne peut être remis en doute se confronter au surnaturel.
Le gros reproche que je ferai à cet album, c’est qu’il manque de matière. Ce fait historique est finalement assez anecdotique et une simple évocation en 10, 15 planches aurait, je pense, été tout aussi efficace. Ou alors, il aurait fallu mieux détailler les protocoles scientifiques mis en place afin de prouver l’exactitude des faits décrits. Les auteurs mentionnent par exemple le fait que la médium qui fait l’objet de cette étude (Eusapia Palladino) a été convaincue de supercherie lors de séances antérieures mais ils ne nous expliquent jamais comment elle s’y était prise à ces occasions.
Au niveau du dessin, Olivier Roman n’est pas un nouveau venu. Son trait est agréable et l’artiste a déjà prouvé par le passé que tant l’époque que la thématique lui conviennent (voir son travail sur Harry Dickson). Je trouve que ses cadrages sont parfois un peu larges (mais c’est pour chicaner) et qu’un format plus petit aurait peut-être mieux convenu à cet album (un format 222x295 au lieu du 240x320 employé ici) mais la bande dessinée est agréable à lire. Les personnages sont bien typés, faciles à identifier, les décors ne sont pas oubliés, certains cadrages sont audacieux. C’est bien fait ! Pas exceptionnel mais soigné.
Parce que le sujet est intéressant et éclaire deux personnages historiques sous un angle que je trouve très intrigant mais aussi parce que ça se lit facilement, je vais dire que c’est pas mal… mais j’aurais préféré que le sujet soit, soit plus approfondi, soit évoqué d’une manière plus condensée. Là, je sors de ma lecture avec le sentiment que Marie Curie a été abusée et que son état psychologique ne lui a pas permis de faire montre de la rigueur nécessaire face aux phénomènes observés. En d’autres termes, Rodolphe n’a pas réussi à me troubler suffisamment pour que je croie aux pouvoirs médiumniques d’Eusapia Palladino.
Moins d’un an après la sortie de « Simenon - Le Roman d'une vie », voici une deuxième biographie en bandes dessinées consacrée au célèbre romancier liégeois. Je craignais de la voir faire double emploi avec celle signée par Rodolphe et Maucler mais les auteurs, s’ils illustrent exactement la même période de la vie de Simenon, insistent sur d’autres aspects de sa personnalité. Surtout, ils mettent en avant l’épouse de Georges Simenon, Régine Renchon, rendant hommage à ses talents de peintre et éclairant son rôle aux côtés de son romancier de mari. De ce fait, ces deux biographies sont complémentaires et offrent chacune un réel intérêt à la lecture.
Dans Simenon, l’ostrogoth, les auteurs nous plongent dans le quotidien du couple, uni par des intérêts communs. La vie parisienne, les grandes fêtes, les sacrifices de l’un et de l’autre afin de mener la vie dont ils rêvent, les doutes, les crises, tout est agréablement exposé. La lecture est fluide, bien soutenue par le trait de Loustal que je trouve, en la circonstance, plus grand public (et plus à mon goût) que d’ordinaire. La vie du couple n’ayant jamais vraiment été un long fleuve tranquille, la matière ne manque pas. S’ils l’évoquent, les auteurs ne s’attardent pas plus que de raison sur les infidélités de Georges Simenon, préférant se focaliser sur ce qui l’unissait à Régine Renchon. On a ainsi l’image d’un couple libre et soudé, emporté dans un épuisant vent de fêtes ou au contraire avide de quiétude (mais ces pauses ne durent jamais longtemps).
Pour qui ne connaitrait pas l’auteur de Maigret, cet album en permet une belle découverte tout en donnant la part belle à son entourage (proche ou éloigné).
Étrange, indéfinissable, voilà une lecture qu’il est difficile de cerner, et qui peut rebuter certains lecteurs. Mais c’est aussi une œuvre originale, une sorte d’ovni (il en est d’ailleurs question) qui m’a questionné et intrigué jusqu’au bout.
Je dois dire que je suis resté perplexe sur le sens à donner à tous ces chapitres qui s’enchainent et qui sont souvent difficiles à lier entre eux. Seules certaines images muettes et récurrentes, réutilisées entre chaque chapitre (même si sur la fin ces images évoluent quelque peu, en devenant d’ailleurs colorisées) donnent un sentiment de continuité.
On reste essentiellement dans une petite ville catalane. Mais cela part dans tous les sens, vers les moaïs de l’île de Pâques – un grand moaï trône d’ailleurs à Olot ! (L’auteur, argentin, a écrit plusieurs ouvrages sur le sujet), les ovnis, un tueur en série, un enlèvement crapuleux, un vulcanologue alarmiste et rejeté, etc.
La plupart de ces éléments/événements – si ce n’est tous, mais je n’ai pas été tout vérifier – sont réels, mais l’ensemble reste bien mystérieux. Tout ça dresse en tout cas un portrait en creux de cette petite ville d’Olot, un portrait inquiétant (et la froideur, la raideur des décors ne fait qu’accentuer le trait).
Le travail graphique de l’auteur (que je découvre ici) est lui aussi très déroutant, assez froid dans son rendu. Mais je l’ai bien aimé. Plusieurs bichromies sont utilisées pour les chapitres évoqués plus haut, les « interludes » sont en Noir et Blancs (le rendu est alors proche de la gravure je trouve). Le dessin est assez stylisé, jouant sur des formes géométriques, avec un ensemble (décors et personnages) plutôt statique.
Un travail déroutant donc, intrigant, un peu frustrant aussi, puisque je reste avec des questions sans réponse. Mais c’est un album qui en tout cas sort de l’ordinaire. A feuilleter avant d’acheter, car c’est assez spécial. Mais les lecteurs curieux seront sans doute titillés et gagneraient à y jeter un coup d’œil.
2.5
Une BD québécoise qui a d'abord été auto-éditée à seulement 250 exemplaires et qui après avoir gagné un prix a été republiée par l'éditeur Moelle Graphik avec des pages en plus et c'est cette version que j'ai lue.
J'ai eu l'impression d'avoir lu une BD où on a tout misé sur le dessin. Alors le dessinateur est certes talentueux avec un trait dynamique et une mise en scène spectaculaire (mais pas toujours claire par moment), mais cela ne suffit pas pour faire une BD mémorable. Le point de départ, quelqu'un est engagé pour tuer le célèbre peintre Charles Marion Russel, est pas trop mal et les auteurs lui rendent un hommage sympathique, mais au final j'ai trouvé que c'était moyen. Quelques dialogues m'ont fait sourire, mais la plupart du temps je trouvais que c'était pas très captivant comme lecture. Le point fort c'est d'admirer le dessin, mais à ce compte-là autant juste faire un artbook.
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Tuskegee Ghost
Tome 1 J'ai acheté cet album pour deux raisons. D'une part car il est signé par Benjamin Von Eckartsberg, scénariste de Gung Ho, série que j'avais bien appréciée, et d'autre part cette aventure est prévue en seulement 2 volumes. Mais en feuilletant cette bd, j'ai été très surpris de voir que le dessinateur, Olivier Dauger, s'est rapproché étrangement du style de Thomas Von Kummant, dessinateur de Gung Ho Et j'avoue avoir très apprécié ce style. En retraçant le racisme dans le sud des Etats Unis dans les années 40, pendant la seconde guerre mondiale, et le racisme persistant malgré le vote du Civil Rights Act, à la fin des années 60, toujours en Alabama, à travers l'histoire d'un père et d'un fils, tous deux très en avance sur leur temps, les auteurs nous offrent une aventure certes pas très originale, mais en tout cas très plaisante à lire. Et, j'ai hâte de connaitre la fin de cette histoire. Tome 2 Second volet d'un diptyque, ce volume met encore plus en lumière la ségrégation raciale dans les années 70, tout en retraçant le parcours de Robert Hoffman (le père) pendant la seconde guerre mondiale. Ce qui m'a attiré d'emblée dans cette série, c'est le dessin d'Olivier Dauger, un dessin net, clair, précis bref efficace. Le scénario de Benjamin Von Eckartsberg exploite avec habileté le parcours de deux hommes, Robert et son fils, confrontés tout deux au racisme, au Ku Klux Klan, à la guerre (la seconde guerre mondiale pour l'un, celle du Vietnam pour l'autre) sur deux périodes distinctes. Les éditions Paquet nous ont habitué à des séries d'aviation "pures", mais ici les auteurs plongent les lecteurs dans une Amérique profonde pas si éloignée de cela de notre époque. Cet album fait la part belle à une communauté à qui les États Unis doivent beaucoup. En lisant cette bande dessinée, j'ai fait le rapprochement avec Cinq branches de coton noir, ce qui n'est pas un mince compliment.
Entre les lignes (Mermoux)
L'alchimie des émotions n'a pas pris avec moi pour cette BD. Je reste persuadé que c'est ce qui est censé faire la force d'un tel récit : la succession de deux guerres mondiales étant pourtant l'ingrédient parfait à la construction d'une histoire autant tragique que romantique (inspirée de faits réels d'ailleurs). C'est cette narration en 'parallèle' qui m'a posé problème : d'un côté, le présent avec un père qui cherche à retracer la vie de son paternel par l'intermédiaire de son propre fils, donc du petit-fils, et de l'autre, le passé du grand-père progressivement amené via des lettres découvertes post-mortem (je vous ai perdu ?). Cette seconde narration qui occupe une grande partie de l'histoire est heureusement celle qui m'a le plus plu. Je me serais très bien passé de la première où le fils (le petit-fils de la famille donc) joue à un jeu quasi-continuel de poker menteur à son père de peur de le blesser davantage dans son deuil et dans son ego... Un peu tiré par les cheveux quand on le lit. Quant au dessin : rien de bien fou, à chacun ses goûts. Le travail de colorisation pour les passages correspondants aux lettres est plus remarquable. Je ressors donc déçu de cette lecture. J'aurais sans doute plus accroché au roman. Note réelle 2.5 / 5
Hors cadre
Le format de cette BD est hybride : on a des gags en fin de pages, mais pas de rupture entre celles-ci. L'ensemble forme en effet une longue histoire, découpée en plusieurs séquences, présentées dans un ordre chronologique. Le ton est franchement absurde, décalé, ça ressemble à du Fabcaro, référence assumée par l'éditeur, et ça ne peut que me plaire, car c'est plutôt réussi la plupart du temps. Ainsi une tête naturalisée (ou construite) de lion dans les toilettes occasionne un rêve de combat homérique entre le photographe et le fauve. Ainsi des mannequins utilisés pour un shooting se voient affublés de toute une histoire, et ainsi de suite. C'est mature, et je valide. Le style graphique de Simon Roure est assez particulier, les personnages sont à dessein un peu déformés, mais totalement inexpressifs, permettant au lectorat de se concentrer sur les dialogues qui sont assez drôles. j'ai bien aimé le gag répétitif au sujet du prénom de Dimitri. Non Joakim. Ah c'est quoi son prénom déjà ? bref, même si ça se lit assez vite, il y a tout de même 80 pages. Je recommande si vous aimez l'humour absurde.
Joyeux Noël, May !
Cosey est un auteur que je découvre petit à petit, après son remarqué Le Voyage en Italie, et je commence surtout à comprendre et appréhender son style. C'est une touche d'intimisme, de pudeur retenue, de tranche de vie mais aussi une patte mélancolique qui imprègne l'ensemble. Si ses BD semble bien souvent se terminer sur un appel à vivre sa vie et surtout à aimer, je trouve qu'il reste toujours une note amère de mélancolie. Un questionnement sur l'humain, notre place et notre rôle, ce que nous sommes … Bref, Cosey me parler pas mal via ses BD, mais je dois dire que celle-ci est plus anecdotique que les autres. L'histoire d'une jeune femme qui en rencontre une autre et de cette redécouverte du passé est touchante, mais pas autant que je l'aurais pensé. La faute, selon moi, au rythme rapide des pages qui ne laissent pas l'habituelle place aux moments de pur silence, de contemplations et de paysages que Cosey aime bien afficher. Ici, les évènements semblent aller plutôt rapidement et malheureusement les personnages m'ont semblés bien moins attachants. C'est un trio de femmes qui forme le cœur du récit, mais en dehors des dernières pages plus proches d'elles, j'étais surtout en train de suivre leurs histoires sans m'y intéresser. C'est une BD mineure, à mes yeux. Pas inintéressante, juste moins intéressante que bien d'autres. C'est le genre que je conseille de lire seulement si vous n'avez plus rien et que vous êtes un grand amateur de Cosey (de toute façon, les fans l'ont déjà lu).
Le Marsupilami de Frank Pé et Zidrou - La Bête
Je sors assez déçu de ma lecture. Pourtant j'avais bien aimé l'opus de Spirou qui reprend une partie de la même thématique sur les animaux. Les auteurs y ajoutent un hommage appuyé à Franquin, une ribambelle de références au monde Bruxellois un peu obscure pour un non initié et une histoire de "tondue" stigmatisée dans une ambiance sombre et réaliste d'après-guerre. L'exercice est périlleux puisqu'il revisite le personnage du Marsupilami sans Spirou et Fantasio et avec une image éloignée du personnage créé par Franquin. En effet c'est le côté invulnérable du Marsu qui fait son charme à mes yeux. Pour moi il est l'image d'une nature forte et triomphante malgré la bêtise humaine alors qu'ici il est devenu un animal sauvage et vulnérable qui se laisse prendre à tous les pièges et qui a besoin d'aides pour s'en sortir. De plus j'ai trouvé le traitement de l'ambiance rance à l'encontre de la maman de Franz/François assez caricatural et avec un point de vue anachronique. Le graphisme de Franck Pé est vraiment saisissant. Il nous plonge immédiatement dans une ambiante froide, humide et sombre des années 50 que la présence de Franquin/Bonniface n'a pas encore réussi à ensoleiller. Malgré des qualités (surtout graphiques) évidentes, je n'ai pas été très séduit par cette atmosphère déprimante et cette image du Marsupilami.
Ils ont tué Leo Frank
Une histoire vraie – hélas – comme le confirment les documents du dossier final. Une histoire tristement banale du Sud raciste, au début du XXème siècle. La seule nouveauté, c’est que ce n’est pas un Noir qui a été lynché après une parodie de procès raciste, mais un juif (des « nègres » ont même vu leur témoignage pris en compte, y compris lorsque l’un d’entre eux était le coupable réel, du moment que cela confortait l’accusation). L’emballement médiatique (des torchons rivalisant de rumeurs et autres accusations fantaisistes pour gagner des lecteurs et du fric), des notables antisémites, et donc une erreur judiciaire, aucun de ceux qui ont ouvertement commis ce « crime » (faux témoignages, procès biaisé, lynchage expéditif assorti de violence sur le cadavre) n’ayant jamais été poursuivi. La narration est fluide, le sujet intéressant, l’antisémitisme remplaçant ici le racisme anti noir. Les documents placés en fin d’album, certaines déclarations de Trump montrent que le feu couve encore et que le racisme n’est pas mort – dans cette région moins qu’ailleurs. Le sujet n’est hélas pas nouveau, mais je ne connaissais pas cette affaire. La lecture est très recommandable.
Médiums - Marie et les esprits
Cette bande dessinée est anecdotique… mais l’anecdote dont il est question ici n’en est pas moins digne d’intérêt ! Pierre et Marie Curie, accompagnés d’autres éminents scientifiques, d’écrivains, de philosophes, se sont penchés avec une rigueur très scientifique sur les phénomènes paranormaux très en vogue à leur époque (tables tournantes, apparition d’ectoplasmes, objets volants). Les faits tels que relatés dans cet album sont difficiles à croire en 2023 mais il est intéressant de voir des scientifiques reconnus et dont le sérieux ne peut être remis en doute se confronter au surnaturel. Le gros reproche que je ferai à cet album, c’est qu’il manque de matière. Ce fait historique est finalement assez anecdotique et une simple évocation en 10, 15 planches aurait, je pense, été tout aussi efficace. Ou alors, il aurait fallu mieux détailler les protocoles scientifiques mis en place afin de prouver l’exactitude des faits décrits. Les auteurs mentionnent par exemple le fait que la médium qui fait l’objet de cette étude (Eusapia Palladino) a été convaincue de supercherie lors de séances antérieures mais ils ne nous expliquent jamais comment elle s’y était prise à ces occasions. Au niveau du dessin, Olivier Roman n’est pas un nouveau venu. Son trait est agréable et l’artiste a déjà prouvé par le passé que tant l’époque que la thématique lui conviennent (voir son travail sur Harry Dickson). Je trouve que ses cadrages sont parfois un peu larges (mais c’est pour chicaner) et qu’un format plus petit aurait peut-être mieux convenu à cet album (un format 222x295 au lieu du 240x320 employé ici) mais la bande dessinée est agréable à lire. Les personnages sont bien typés, faciles à identifier, les décors ne sont pas oubliés, certains cadrages sont audacieux. C’est bien fait ! Pas exceptionnel mais soigné. Parce que le sujet est intéressant et éclaire deux personnages historiques sous un angle que je trouve très intrigant mais aussi parce que ça se lit facilement, je vais dire que c’est pas mal… mais j’aurais préféré que le sujet soit, soit plus approfondi, soit évoqué d’une manière plus condensée. Là, je sors de ma lecture avec le sentiment que Marie Curie a été abusée et que son état psychologique ne lui a pas permis de faire montre de la rigueur nécessaire face aux phénomènes observés. En d’autres termes, Rodolphe n’a pas réussi à me troubler suffisamment pour que je croie aux pouvoirs médiumniques d’Eusapia Palladino.
Simenon, l'ostrogoth
Moins d’un an après la sortie de « Simenon - Le Roman d'une vie », voici une deuxième biographie en bandes dessinées consacrée au célèbre romancier liégeois. Je craignais de la voir faire double emploi avec celle signée par Rodolphe et Maucler mais les auteurs, s’ils illustrent exactement la même période de la vie de Simenon, insistent sur d’autres aspects de sa personnalité. Surtout, ils mettent en avant l’épouse de Georges Simenon, Régine Renchon, rendant hommage à ses talents de peintre et éclairant son rôle aux côtés de son romancier de mari. De ce fait, ces deux biographies sont complémentaires et offrent chacune un réel intérêt à la lecture. Dans Simenon, l’ostrogoth, les auteurs nous plongent dans le quotidien du couple, uni par des intérêts communs. La vie parisienne, les grandes fêtes, les sacrifices de l’un et de l’autre afin de mener la vie dont ils rêvent, les doutes, les crises, tout est agréablement exposé. La lecture est fluide, bien soutenue par le trait de Loustal que je trouve, en la circonstance, plus grand public (et plus à mon goût) que d’ordinaire. La vie du couple n’ayant jamais vraiment été un long fleuve tranquille, la matière ne manque pas. S’ils l’évoquent, les auteurs ne s’attardent pas plus que de raison sur les infidélités de Georges Simenon, préférant se focaliser sur ce qui l’unissait à Régine Renchon. On a ainsi l’image d’un couple libre et soudé, emporté dans un épuisant vent de fêtes ou au contraire avide de quiétude (mais ces pauses ne durent jamais longtemps). Pour qui ne connaitrait pas l’auteur de Maigret, cet album en permet une belle découverte tout en donnant la part belle à son entourage (proche ou éloigné).
Olot
Étrange, indéfinissable, voilà une lecture qu’il est difficile de cerner, et qui peut rebuter certains lecteurs. Mais c’est aussi une œuvre originale, une sorte d’ovni (il en est d’ailleurs question) qui m’a questionné et intrigué jusqu’au bout. Je dois dire que je suis resté perplexe sur le sens à donner à tous ces chapitres qui s’enchainent et qui sont souvent difficiles à lier entre eux. Seules certaines images muettes et récurrentes, réutilisées entre chaque chapitre (même si sur la fin ces images évoluent quelque peu, en devenant d’ailleurs colorisées) donnent un sentiment de continuité. On reste essentiellement dans une petite ville catalane. Mais cela part dans tous les sens, vers les moaïs de l’île de Pâques – un grand moaï trône d’ailleurs à Olot ! (L’auteur, argentin, a écrit plusieurs ouvrages sur le sujet), les ovnis, un tueur en série, un enlèvement crapuleux, un vulcanologue alarmiste et rejeté, etc. La plupart de ces éléments/événements – si ce n’est tous, mais je n’ai pas été tout vérifier – sont réels, mais l’ensemble reste bien mystérieux. Tout ça dresse en tout cas un portrait en creux de cette petite ville d’Olot, un portrait inquiétant (et la froideur, la raideur des décors ne fait qu’accentuer le trait). Le travail graphique de l’auteur (que je découvre ici) est lui aussi très déroutant, assez froid dans son rendu. Mais je l’ai bien aimé. Plusieurs bichromies sont utilisées pour les chapitres évoqués plus haut, les « interludes » sont en Noir et Blancs (le rendu est alors proche de la gravure je trouve). Le dessin est assez stylisé, jouant sur des formes géométriques, avec un ensemble (décors et personnages) plutôt statique. Un travail déroutant donc, intrigant, un peu frustrant aussi, puisque je reste avec des questions sans réponse. Mais c’est un album qui en tout cas sort de l’ordinaire. A feuilleter avant d’acheter, car c’est assez spécial. Mais les lecteurs curieux seront sans doute titillés et gagneraient à y jeter un coup d’œil.
Tuer le peintre
2.5 Une BD québécoise qui a d'abord été auto-éditée à seulement 250 exemplaires et qui après avoir gagné un prix a été republiée par l'éditeur Moelle Graphik avec des pages en plus et c'est cette version que j'ai lue. J'ai eu l'impression d'avoir lu une BD où on a tout misé sur le dessin. Alors le dessinateur est certes talentueux avec un trait dynamique et une mise en scène spectaculaire (mais pas toujours claire par moment), mais cela ne suffit pas pour faire une BD mémorable. Le point de départ, quelqu'un est engagé pour tuer le célèbre peintre Charles Marion Russel, est pas trop mal et les auteurs lui rendent un hommage sympathique, mais au final j'ai trouvé que c'était moyen. Quelques dialogues m'ont fait sourire, mais la plupart du temps je trouvais que c'était pas très captivant comme lecture. Le point fort c'est d'admirer le dessin, mais à ce compte-là autant juste faire un artbook. À la limite, une curiosité à emprunter.