Avis après 2 tomes, une série qui ne sort pas vraiment de l’ordinaire mais qui fait le taf.
Niveau histoire, les ingrédients sont connus, le scénariste remet au goût du jour les éléments de Dumas (arrestation, prison, vengeance …). Il place son intrigue aux USA post 11 septembre et met pas mal l’accent sur le thriller financier. Au final un mixe du matériau de base mâtiné de Largo Winch, pas de grosse surprise donc mais plaisant à suivre.
La partie graphique est confiée à Mario Alberti, un auteur qui a de la bouteille, même si je suis loin d’avoir succombé à toutes ses œuvres. J’ai trouvé ici sa mise en page plus appliquée et fluide que d’habitude, je trouve toujours ses têtes parfois un peu trop brouillonnes, mais le rendu est positif et les couleurs sont réussis.
Un peu déjà vu mais pas mal, je lirai volontiers le dernier tome.
Débuté à l’occasion de la crise du Covid, cet album est un bel hommage rendu par l’auteur à sa famille mais aussi une réflexion sur les racines. D’où sommes-nous lorsque notre jeunesse nous a amenés à habiter dans divers lieux, lorsque nous parents eux-mêmes viennent d’horizons différents ?
Charles Berberian signe ici une œuvre très personnelle qui ne parlera pas à tout le monde. Décousu, le début du récit prend la forme d’illustrations saisies sur l’instant, sans réels liens entre elles, à la manière d’un carnet de route compilant les réflexions de l’auteur sur des sujets très disparates. Puis, progressivement, la thématique centrale émerge et Berberian nous invite à découvrir sa jeunesse.
C’est bien écrit, agréable à lire malgré le côté fourre-tout du début du récit… mais à mes yeux cela reste très anecdotique. L’auteur a eu besoin de se raconter. Il le fait avec le talent qu’on lui connait mais sa trajectoire ne m’a pas spécialement parlé ou touché et ce que je retiens le plus au final est l’attachement qu’il manifeste pour son grand frère (Alain Berberian, décédé en 2017 et réalisateur, entre autres, de la Cité de la Peur).
Pas mal, quoi, mais trop éloigné de moi pour pleinement me toucher.
Je trouve l’avis de Ro un peu dur même si je comprends ses réserves.
Cet album est le 1er cross over de l’ère Disney, honnêtement du basique mais j’y ai trouvé mon compte.
J’aime bien Aphra, les 2 droïdes tueurs et bien sûr notre seigneur noir, moins les autres.
Pas bien original, ni profond, mais comme la réalisation passe, une sorte de petit plaisir coupable, un peu comme la fameuse scène finale de Rogue One.
Bon, je mets 3 étoiles parce que je pense que des ados peuvent davantage apprécier cet album que moi (j'aurais mis une étoile de moins sur mon ressenti).
Ça se laisse lire, très rapidement, et l'album bénéficie d'un très beau dessin, on en prend plein la vue à ce niveau là, c'est sûr.
Commencé comme une sorte de reportage animalier, puis continué sur le mode aventures survivalistes, cet album ne m'a pas captivé. En tout cas je m'en suis lassé assez rapidement.
Bec zoome ici sur le Megalodon, pour développer - ou plutôt étirer - ce qu'il a déjà pu placer dans d'autres séries (Carthago par exemple), que ce soit pour le Megalodon proprement dit, mais aussi concernant les grands requins. Ça lui permet de nous montrer de grosses mâchoires, une machine à tuer bien huilée et toujours impressionnante à voir, et des paysages abyssaux forcément grandioses.
Mais bon, ça fait déjà-vu et rapidement cela devient répétitif, "l'intrigue" n'étant que l'illustration du struggle for life de notre mega-requin, contre ses congénères en particulier (je ne connais pas leur mode de vie, donc je ne sais pas jusqu'où la représentation de Bec est conforme à la réalité - j'ai été en particulier étonné par le mode de vie en meute, plus proche de celui des orques que celui des requins blancs, mais bon). Mais Bec fait là encore de la surenchère spectaculaire, en faisant s'affronter notre Megalodon avec tout un tas de monstres marins (le dernier étant le plus improbable).
Une certaine lassitude de scènes de combats répétitives, un Megalodon semblant agir et penser de façon trop "humaine" à mon goût, et sur la fin l'apparition d'hommes, aussi énigmatique qu'inutile pour le déroulement du récit, voilà plusieurs choses qui m'ont quelque peu gêné.
Mais bon, c'est plus spectaculaire à lire que "Le monde du silence" de Cousteau, et ça peut trouver son public. Je ne fais pas partie de la cible en tout cas.
Note réelle 2,5/5.
Étonnant choix éditorial dans le catalogue d'Ankama, ce "Shamisen" a pourtant su capter mon attention, grâce déjà à la qualité éditoriale portée à l'objet.
En effet, plutôt porté vers les productions du Label 619 de cet éditeur (qui est maintenant rendu chez Rue de Sèvre), j'avoue avoir un faible pour la culture traditionnelle nipponne, ses productions artistiques et son folklore. Pour le coup, "Sahmisen" coche un peu toutes ces cases en nous proposant de suivre le quotidien de Haru, une goze joueuse de shamisen qui va croiser au fil de son périple yokaïs, kamis et autres divinités. Le graphisme de Guilherme Petreca plus qu'inspiré des estampes japonaises nous immerge dans cet univers folklorique. Des bonus en fin d'ouvrage nous apprennent certaines traditions japonaises, notamment l'art du shamisen et le personnage ayant inspiré l’histoire.
Malgré une qualité éditoriale et un soin apporté à l'objet indéniable, ainsi qu'une originalité graphique, il manque au récit un second souffle. Si l'hommage est réussi, je suis resté un peu sur ma faim en arrivant au terme de ma lecture. Dommage.
L’intrigue peut être résumée en quelques mots. Et après tout elle n’est pas essentielle. Ce qui domine ici c’est cette ambiance de fin du monde, mais aussi les réflexions que font naître les événements dramatiques qui épuisent les protagonistes : un virus inconnu empêche les gens de dormir, jusqu’à la mort.
L’histoire est un quasi huis-clos, quelques spécialistes d’espèces invasives sont réunis à Buenos Aires dans un hôtel, au moment où commence la « crise », et c’est au travers de leurs regards et réactions – mises à part quelques rares « sorties » pour faire le point, tenter de récupérer des médocs – que nous vivons cet événement apocalyptique, les réflexions sur les espèces invasives, le moment où leur nuisance s’amoindrit, laissant quelques trace au moment où l’espèce humaine disparait peu à peu faute de sommeil.
L’intrigue est un peu légère, et quelques-uns des scientifiques que nous suivons sont un peu trop caricaturaux (les deux Cubaines par exemple). Mais la lecture n’est pas désagréable.
J'ai été beaucoup moins touché que Alix par cette lecture pour des raisons personnelles, je pense. En dehors de son histoire intéressante et bien menée, c'est surtout sur la question des émotions et des réflexions qui m'a moins pris.
L'histoire est tirée d'un livre que je ne connaissais pas et mis en image par Anneli Furmark, dont le trait faussement naïf et enfantin cache une réelle maitrise de son sujet. Il y a une clarté et une lisibilité totale, avec un jeu de couleurs simples mais qui permet de mettre l'accent sur les touches originales (comme les cheveux de Jens). On pourrait le croire limité, mais le dessin est clairement maitrisé. Ce n'est clairement pas lui qui fera arrêter la lecture !
Le récit est sympathique, à défaut d'être marquant à mes yeux, et pose des questions sur l'adolescence et la sexualité, peut-être des questions que les jeunes garçons découvrant leur homosexualité se posent. Pour ma part, je suis resté plus hermétique parce qu'en dehors d'une résonnance avec ma propre découverte de la sexualité, il est surtout resté toutes les interrogations et le mal-être de l'adolescence. Outre que ça ne m'évoque pas de bons souvenirs, je suis assez peu passionné par les errements amoureux d'adolescents tourmentés. Je comprends les enjeux et les intérêts qu'on peut y trouver, personnellement je trouve ça barbant.
Ce n'est pas une BD qui m'a ennuyé, loin de là, disons plutôt qu'elle fut assez banale dans la lecture. N'ayant pas été touché par le récit (mais je suis très fermé aux récits sur l'adolescence) j'ai surtout suivi l'histoire en étant intéressé par son dénouement, assez bien fait je dois dire. C'est bon, ça plaira sans doute beaucoup plus à d'autres que moi et je conseille notamment aux jeunes personnes, gays ou non, qui trouveront peut-être un écho à leurs propres vies et leurs interrogations. Je suis donc sur une note moyenne, reflet de mon ressenti et des qualités que j'y vois.
Cet album est la quinzième nouvelle de Liu Cixin adaptée en BD, il s'agit normalement de la dernière. L'auteur imagine, à travers des récits totalement indépendants, différents futurs possibles pour l'espèce humaine et la planète Terre. Entre les conflits et les problèmes de climat, qui servent un peu de fil conducteur à ces adaptions, c'est pas bien reluisant en général.
Les migrants du temps s'inscrit parfaitement dans cette optique. Une partie de la population va devoir voyager dans le futur à la recherche d'une époque qui leur permettra de s'installer et de vivre de manière apaisée. L'idée est géniale. Notre équipage ne peut faire que quelques sauts dans le temps, car ils ont une quantité limitée d'énergie. Il leur faudra donc bien choisir leur fenêtre temporelle de destination à chaque voyage. Ces quelques sauts dans le temps sont le prétexte pour l'auteur pour nous présenter encore quelques variations peu envieuses de ce qui nous attends. Pollution à outrance, vie dématérialisée à son maximum... il appuie fort et amplifie les maux de notre société. Plus on semble s'éloigner d'aujourd'hui moins la vie sur Terre fait envie.
Au delà des bonnes idées et du message de fond, les aventures de cet équipage sont dénuées de tout suspens. Même quand des vaisseaux se lancent à leur poursuite et leur tirent dessus, on a aucune inquiétude pour eux et aucun doute qu'ils vont rejoindre leur base et reprendre leur voyage vers la prochaine époque. On pourrait résumer cela en disant que les idées sont là et plaisantes mais que l'intrigue manque d'intensité.
Cette collection, qui s'achève avec ce tome, aura permis de faire découvrir un auteur phare de la littérature chinoise dont les romans sont vendus à des millions d'exemplaires ! La qualité des tomes est assez inégale, et aura alterné le bon et le moins bon. Il y a par contre deux albums remarquables que je recommande particulièrement si vous voulez découvrir cet univers : La Terre Vagabonde et L'Ere Des Anges.
C’est le genre de bouquin dont la diffusion est très limitée. Soit vous tombez sur un distributeur automatique, lieu privilégié pour acquérir les productions de Blow Book, soit votre libraire aime proposer des œuvres atypiques… et vous connait.
« Au travail » est l’œuvre d’un jeune auteur, Manuel, passé par l’académie des beaux-arts de Bruxelles où il a enseigné. Son récit joue avec les codes narratifs de la bande dessinée et le format imposé, petit par la taille et pourvu d’une seule case par page, lui donne des allures de flip-book. Le récit garde d’ailleurs une grande partie de sa cohérence lorsque vous vous amusez à l’utiliser de la sorte… mais il offre encore bien plus lorsque vous en faites une lecture page par page.
C’est avant tout une œuvre ludique. On sent que l’auteur s’est amusé en la réalisant et nous, lecteur, nous amusons à chercher à comprendre ce qui nous est raconté. La plupart du temps, c’est assez clair car le gaillard maîtrise bien sa technique narrative mais, à l’occasion, j’avoue ne pas avoir tout capté. Ce n’est pas grave en soi car le summum du plaisir ressenti vient justement au moment où je comprends l’intention et donc, si c’est trop évident, le plaisir est faible, si c’est trop compliqué je suis frustré et si c’est dur mais que je parviens à déchiffrer l’intention, ça devient hautement plaisant.
Franchement, pour 5 €, je ne regrette pas mon achat. C’est clairement une œuvre mineure, un jouet expérimental, un objet destiné à une niche, mais dans le genre c’est bien réalisé. Les étudiants avides de techniques narratives inventives et les amateurs de bandes dessinées attirés par ce genre de petit livre expérimental devraient, je pense, partager mon ressenti (Noirdésir, si tu lis cet avis… )
A toutes fins utiles, voici un lien vers la page web de l'album : https://www.blowbook.be/au-travail
L’extraordinaire traversée de Julius Crèvecœur est un récit qui marie le genre policier et le genre fantastique sur fond de tragédie historique. Dans cette histoire, nous suivons un détective privé pas spécialement habile alors que l’Allemagne est confrontée aux premiers excès du nazisme. Si le contexte historique est bien présenté, il n’y a pas vraiment de critique ou d’analyse de cette période, le cœur du récit se situant sur cette fameuse enquête que Julius Crèvecœur doit mener… et à laquelle il ne comprend longtemps pas grand-chose (pas plus que le lecteur, d’ailleurs).
J’ai été attiré par cet album pour de multiples raisons :
- Le nom de l’éditeur (Sarbacane est devenu pour moi un gage de qualité),
- Le dessin, qui me semblait à mon goût,
- Le fait qu’il s’agit d’un one-shot,
- Le ton général qui me semblait léger et mystérieux à la fois.
En gros, je n’ai pas été déçu. L’éditeur a bien travaillé avec, par exemple, un format d’album qui permet de bien mettre en valeur le trait de la dessinatrice. Celle-ci délivre à l’occasion de belles planches dans ce style souple, caricatural et expressif. L’histoire offre bel et bien une conclusion des plus définitives. Enfin, mystère et légèreté cohabitent tout du long. L’album se lit rapidement et l’intrigue demeure très longtemps des plus nébuleuses.
Ce n’est pas parfait pour autant. Tout d’abord, ce récit souffre de quelques longueurs. Ensuite, la lente mise en place nous laisse parfois un peu trop dans l’expectative. Enfin, l’idée même du scénario n’est pas vraiment novatrice et j’ai déjà pu lire des récits fort similaires et au moins aussi bien tournés (mais je ne peux vous dire lesquels sous peine d’en trop divulguer).
Pas mal, donc mais pas la perle rare espérée.
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Monte-Cristo
Avis après 2 tomes, une série qui ne sort pas vraiment de l’ordinaire mais qui fait le taf. Niveau histoire, les ingrédients sont connus, le scénariste remet au goût du jour les éléments de Dumas (arrestation, prison, vengeance …). Il place son intrigue aux USA post 11 septembre et met pas mal l’accent sur le thriller financier. Au final un mixe du matériau de base mâtiné de Largo Winch, pas de grosse surprise donc mais plaisant à suivre. La partie graphique est confiée à Mario Alberti, un auteur qui a de la bouteille, même si je suis loin d’avoir succombé à toutes ses œuvres. J’ai trouvé ici sa mise en page plus appliquée et fluide que d’habitude, je trouve toujours ses têtes parfois un peu trop brouillonnes, mais le rendu est positif et les couleurs sont réussis. Un peu déjà vu mais pas mal, je lirai volontiers le dernier tome.
Une Education orientale
Débuté à l’occasion de la crise du Covid, cet album est un bel hommage rendu par l’auteur à sa famille mais aussi une réflexion sur les racines. D’où sommes-nous lorsque notre jeunesse nous a amenés à habiter dans divers lieux, lorsque nous parents eux-mêmes viennent d’horizons différents ? Charles Berberian signe ici une œuvre très personnelle qui ne parlera pas à tout le monde. Décousu, le début du récit prend la forme d’illustrations saisies sur l’instant, sans réels liens entre elles, à la manière d’un carnet de route compilant les réflexions de l’auteur sur des sujets très disparates. Puis, progressivement, la thématique centrale émerge et Berberian nous invite à découvrir sa jeunesse. C’est bien écrit, agréable à lire malgré le côté fourre-tout du début du récit… mais à mes yeux cela reste très anecdotique. L’auteur a eu besoin de se raconter. Il le fait avec le talent qu’on lui connait mais sa trajectoire ne m’a pas spécialement parlé ou touché et ce que je retiens le plus au final est l’attachement qu’il manifeste pour son grand frère (Alain Berberian, décédé en 2017 et réalisateur, entre autres, de la Cité de la Peur). Pas mal, quoi, mais trop éloigné de moi pour pleinement me toucher.
Star Wars - Vador abattu
Je trouve l’avis de Ro un peu dur même si je comprends ses réserves. Cet album est le 1er cross over de l’ère Disney, honnêtement du basique mais j’y ai trouvé mon compte. J’aime bien Aphra, les 2 droïdes tueurs et bien sûr notre seigneur noir, moins les autres. Pas bien original, ni profond, mais comme la réalisation passe, une sorte de petit plaisir coupable, un peu comme la fameuse scène finale de Rogue One.
Mégalodon
Bon, je mets 3 étoiles parce que je pense que des ados peuvent davantage apprécier cet album que moi (j'aurais mis une étoile de moins sur mon ressenti). Ça se laisse lire, très rapidement, et l'album bénéficie d'un très beau dessin, on en prend plein la vue à ce niveau là, c'est sûr. Commencé comme une sorte de reportage animalier, puis continué sur le mode aventures survivalistes, cet album ne m'a pas captivé. En tout cas je m'en suis lassé assez rapidement. Bec zoome ici sur le Megalodon, pour développer - ou plutôt étirer - ce qu'il a déjà pu placer dans d'autres séries (Carthago par exemple), que ce soit pour le Megalodon proprement dit, mais aussi concernant les grands requins. Ça lui permet de nous montrer de grosses mâchoires, une machine à tuer bien huilée et toujours impressionnante à voir, et des paysages abyssaux forcément grandioses. Mais bon, ça fait déjà-vu et rapidement cela devient répétitif, "l'intrigue" n'étant que l'illustration du struggle for life de notre mega-requin, contre ses congénères en particulier (je ne connais pas leur mode de vie, donc je ne sais pas jusqu'où la représentation de Bec est conforme à la réalité - j'ai été en particulier étonné par le mode de vie en meute, plus proche de celui des orques que celui des requins blancs, mais bon). Mais Bec fait là encore de la surenchère spectaculaire, en faisant s'affronter notre Megalodon avec tout un tas de monstres marins (le dernier étant le plus improbable). Une certaine lassitude de scènes de combats répétitives, un Megalodon semblant agir et penser de façon trop "humaine" à mon goût, et sur la fin l'apparition d'hommes, aussi énigmatique qu'inutile pour le déroulement du récit, voilà plusieurs choses qui m'ont quelque peu gêné. Mais bon, c'est plus spectaculaire à lire que "Le monde du silence" de Cousteau, et ça peut trouver son public. Je ne fais pas partie de la cible en tout cas. Note réelle 2,5/5.
Shamisen
Étonnant choix éditorial dans le catalogue d'Ankama, ce "Shamisen" a pourtant su capter mon attention, grâce déjà à la qualité éditoriale portée à l'objet. En effet, plutôt porté vers les productions du Label 619 de cet éditeur (qui est maintenant rendu chez Rue de Sèvre), j'avoue avoir un faible pour la culture traditionnelle nipponne, ses productions artistiques et son folklore. Pour le coup, "Sahmisen" coche un peu toutes ces cases en nous proposant de suivre le quotidien de Haru, une goze joueuse de shamisen qui va croiser au fil de son périple yokaïs, kamis et autres divinités. Le graphisme de Guilherme Petreca plus qu'inspiré des estampes japonaises nous immerge dans cet univers folklorique. Des bonus en fin d'ouvrage nous apprennent certaines traditions japonaises, notamment l'art du shamisen et le personnage ayant inspiré l’histoire. Malgré une qualité éditoriale et un soin apporté à l'objet indéniable, ainsi qu'une originalité graphique, il manque au récit un second souffle. Si l'hommage est réussi, je suis resté un peu sur ma faim en arrivant au terme de ma lecture. Dommage.
Espèces invasives
L’intrigue peut être résumée en quelques mots. Et après tout elle n’est pas essentielle. Ce qui domine ici c’est cette ambiance de fin du monde, mais aussi les réflexions que font naître les événements dramatiques qui épuisent les protagonistes : un virus inconnu empêche les gens de dormir, jusqu’à la mort. L’histoire est un quasi huis-clos, quelques spécialistes d’espèces invasives sont réunis à Buenos Aires dans un hôtel, au moment où commence la « crise », et c’est au travers de leurs regards et réactions – mises à part quelques rares « sorties » pour faire le point, tenter de récupérer des médocs – que nous vivons cet événement apocalyptique, les réflexions sur les espèces invasives, le moment où leur nuisance s’amoindrit, laissant quelques trace au moment où l’espèce humaine disparait peu à peu faute de sommeil. L’intrigue est un peu légère, et quelques-uns des scientifiques que nous suivons sont un peu trop caricaturaux (les deux Cubaines par exemple). Mais la lecture n’est pas désagréable.
Au plus près
J'ai été beaucoup moins touché que Alix par cette lecture pour des raisons personnelles, je pense. En dehors de son histoire intéressante et bien menée, c'est surtout sur la question des émotions et des réflexions qui m'a moins pris. L'histoire est tirée d'un livre que je ne connaissais pas et mis en image par Anneli Furmark, dont le trait faussement naïf et enfantin cache une réelle maitrise de son sujet. Il y a une clarté et une lisibilité totale, avec un jeu de couleurs simples mais qui permet de mettre l'accent sur les touches originales (comme les cheveux de Jens). On pourrait le croire limité, mais le dessin est clairement maitrisé. Ce n'est clairement pas lui qui fera arrêter la lecture ! Le récit est sympathique, à défaut d'être marquant à mes yeux, et pose des questions sur l'adolescence et la sexualité, peut-être des questions que les jeunes garçons découvrant leur homosexualité se posent. Pour ma part, je suis resté plus hermétique parce qu'en dehors d'une résonnance avec ma propre découverte de la sexualité, il est surtout resté toutes les interrogations et le mal-être de l'adolescence. Outre que ça ne m'évoque pas de bons souvenirs, je suis assez peu passionné par les errements amoureux d'adolescents tourmentés. Je comprends les enjeux et les intérêts qu'on peut y trouver, personnellement je trouve ça barbant. Ce n'est pas une BD qui m'a ennuyé, loin de là, disons plutôt qu'elle fut assez banale dans la lecture. N'ayant pas été touché par le récit (mais je suis très fermé aux récits sur l'adolescence) j'ai surtout suivi l'histoire en étant intéressé par son dénouement, assez bien fait je dois dire. C'est bon, ça plaira sans doute beaucoup plus à d'autres que moi et je conseille notamment aux jeunes personnes, gays ou non, qui trouveront peut-être un écho à leurs propres vies et leurs interrogations. Je suis donc sur une note moyenne, reflet de mon ressenti et des qualités que j'y vois.
Les Migrants du temps
Cet album est la quinzième nouvelle de Liu Cixin adaptée en BD, il s'agit normalement de la dernière. L'auteur imagine, à travers des récits totalement indépendants, différents futurs possibles pour l'espèce humaine et la planète Terre. Entre les conflits et les problèmes de climat, qui servent un peu de fil conducteur à ces adaptions, c'est pas bien reluisant en général. Les migrants du temps s'inscrit parfaitement dans cette optique. Une partie de la population va devoir voyager dans le futur à la recherche d'une époque qui leur permettra de s'installer et de vivre de manière apaisée. L'idée est géniale. Notre équipage ne peut faire que quelques sauts dans le temps, car ils ont une quantité limitée d'énergie. Il leur faudra donc bien choisir leur fenêtre temporelle de destination à chaque voyage. Ces quelques sauts dans le temps sont le prétexte pour l'auteur pour nous présenter encore quelques variations peu envieuses de ce qui nous attends. Pollution à outrance, vie dématérialisée à son maximum... il appuie fort et amplifie les maux de notre société. Plus on semble s'éloigner d'aujourd'hui moins la vie sur Terre fait envie. Au delà des bonnes idées et du message de fond, les aventures de cet équipage sont dénuées de tout suspens. Même quand des vaisseaux se lancent à leur poursuite et leur tirent dessus, on a aucune inquiétude pour eux et aucun doute qu'ils vont rejoindre leur base et reprendre leur voyage vers la prochaine époque. On pourrait résumer cela en disant que les idées sont là et plaisantes mais que l'intrigue manque d'intensité. Cette collection, qui s'achève avec ce tome, aura permis de faire découvrir un auteur phare de la littérature chinoise dont les romans sont vendus à des millions d'exemplaires ! La qualité des tomes est assez inégale, et aura alterné le bon et le moins bon. Il y a par contre deux albums remarquables que je recommande particulièrement si vous voulez découvrir cet univers : La Terre Vagabonde et L'Ere Des Anges.
Au travail (Manuel)
C’est le genre de bouquin dont la diffusion est très limitée. Soit vous tombez sur un distributeur automatique, lieu privilégié pour acquérir les productions de Blow Book, soit votre libraire aime proposer des œuvres atypiques… et vous connait. « Au travail » est l’œuvre d’un jeune auteur, Manuel, passé par l’académie des beaux-arts de Bruxelles où il a enseigné. Son récit joue avec les codes narratifs de la bande dessinée et le format imposé, petit par la taille et pourvu d’une seule case par page, lui donne des allures de flip-book. Le récit garde d’ailleurs une grande partie de sa cohérence lorsque vous vous amusez à l’utiliser de la sorte… mais il offre encore bien plus lorsque vous en faites une lecture page par page. C’est avant tout une œuvre ludique. On sent que l’auteur s’est amusé en la réalisant et nous, lecteur, nous amusons à chercher à comprendre ce qui nous est raconté. La plupart du temps, c’est assez clair car le gaillard maîtrise bien sa technique narrative mais, à l’occasion, j’avoue ne pas avoir tout capté. Ce n’est pas grave en soi car le summum du plaisir ressenti vient justement au moment où je comprends l’intention et donc, si c’est trop évident, le plaisir est faible, si c’est trop compliqué je suis frustré et si c’est dur mais que je parviens à déchiffrer l’intention, ça devient hautement plaisant. Franchement, pour 5 €, je ne regrette pas mon achat. C’est clairement une œuvre mineure, un jouet expérimental, un objet destiné à une niche, mais dans le genre c’est bien réalisé. Les étudiants avides de techniques narratives inventives et les amateurs de bandes dessinées attirés par ce genre de petit livre expérimental devraient, je pense, partager mon ressenti (Noirdésir, si tu lis cet avis… ) A toutes fins utiles, voici un lien vers la page web de l'album : https://www.blowbook.be/au-travail
L’Extraordinaire Traversée de Julius Crèvecoeur
L’extraordinaire traversée de Julius Crèvecœur est un récit qui marie le genre policier et le genre fantastique sur fond de tragédie historique. Dans cette histoire, nous suivons un détective privé pas spécialement habile alors que l’Allemagne est confrontée aux premiers excès du nazisme. Si le contexte historique est bien présenté, il n’y a pas vraiment de critique ou d’analyse de cette période, le cœur du récit se situant sur cette fameuse enquête que Julius Crèvecœur doit mener… et à laquelle il ne comprend longtemps pas grand-chose (pas plus que le lecteur, d’ailleurs). J’ai été attiré par cet album pour de multiples raisons : - Le nom de l’éditeur (Sarbacane est devenu pour moi un gage de qualité), - Le dessin, qui me semblait à mon goût, - Le fait qu’il s’agit d’un one-shot, - Le ton général qui me semblait léger et mystérieux à la fois. En gros, je n’ai pas été déçu. L’éditeur a bien travaillé avec, par exemple, un format d’album qui permet de bien mettre en valeur le trait de la dessinatrice. Celle-ci délivre à l’occasion de belles planches dans ce style souple, caricatural et expressif. L’histoire offre bel et bien une conclusion des plus définitives. Enfin, mystère et légèreté cohabitent tout du long. L’album se lit rapidement et l’intrigue demeure très longtemps des plus nébuleuses. Ce n’est pas parfait pour autant. Tout d’abord, ce récit souffre de quelques longueurs. Ensuite, la lente mise en place nous laisse parfois un peu trop dans l’expectative. Enfin, l’idée même du scénario n’est pas vraiment novatrice et j’ai déjà pu lire des récits fort similaires et au moins aussi bien tournés (mais je ne peux vous dire lesquels sous peine d’en trop divulguer). Pas mal, donc mais pas la perle rare espérée.