Mégalodon est un reportage naturaliste sous forme d'aventure dramatique dans lequel Christophe Bec nous plonge dans la tête de ce géant des mers depuis longtemps disparu.
Les préoccupations de l’animal sont assez limitées : manger, éviter d’être mangé, se reproduire. Durant la centaine de pages que dure l’album, ces trois thématiques vont se relayer, prétextes à de grandes illustrations spectaculaires de combats aquatiques.
La dernière partie du récit permet de faire le lien avec l’humanité naissante, sans réellement apporter une plus-value à l’ensemble.
Objectivement, ça se lit bien mais c’est très répétitif. La narration à la première personne (nous sommes dans la tête de l’animal) souvent composée de phrases simples, de bribes de phrase voire de mots isolés, se veut profondément dramatique. A force, malheureusement, elle devient juste soporifique car trop répétitive. Ceci dit, on apprend quand même quelques petites choses sur le mode de vie du mégalodon. Pas assez pour pouvoir parler d'une œuvre naturaliste à haute valeur éducative cependant, le côté spectaculaire l'emportant constamment sur l'aspect scientifique.
Côté dessin, celui-ci n’est pas mauvais mais reste dans une veine classique, ce qui l’empêche d’apporter un réel plus comparé à d’autres œuvres du même genre. Les pages muettes et les grandes illustrations foisonnent, garantissant une lecture rapide de l'ensemble. Les lecteurs les plus jeunes seront sans doute fascinés par certaines de ces dernières.
En gros, c’est pas mal… mais un peu facile à mon goût. Une seule lecture m’aura suffit et je dirigerais l'album vers un public de jeunes adolescents plutôt que vers des adultes (à moins qu'ils ne soient grands fans de Bec).
Marlène, préado d'origine antillaise est mal dans sa peau à cause de ses cheveux. Ils sont frisés par nature et elle n'arrive pas à les coiffer comme elle le voudrait. De toute manière, sa mère l'en empêche en l'emmenant tous les dimanches au salon de coiffure pour les lui lisser. Car les vrais bons cheveux sont ceux lisses et soyeux comme ceux de sa cousine Diana. Marlène en développe une vraie angoisse, celle de ne pas sentir bien dans sa peau, de subir les brimades de ses camarades de collège mais aussi la peur de faire de la peine à sa mère si elle lui avoue détester les séances chez le coiffeur et la pression que sa famille lui fait subir à cause de ses cheveux.
Tout l'album se focalise sur cette angoisse et les tentatives de la jeune héroïne de trouver la coiffure qui lui convient sans chagriner sa mère. Vu avec des yeux d'adultes, cela parait une thématique bien vaine pour un album entier. D'autant qu'en européen aux cheveux lisses, on peut avoir du mal à comprendre cette obsession de ces familles antillaises à vouloir lisser leurs cheveux pour mieux s'intégrer aux Etats-Unis alors qu'on trouve justement que leurs cheveux frisés sont charmants et bien plus naturels. Mais la problématique du mal-être adolescent et des complexes physiques est universelle et cette BD la met plutôt bien en scène. On s'attache vite à la jeune Marlène. Et même si le dessin ne permet pas de distinguer de manière évidente quand une coiffure est ratée ou quand elle est parfaite, le graphisme est agréable et l'histoire bien racontée. Malgré la légère vacuité de cette angoisse autour d'une simple chevelure, on ne s'ennuie pas au long de l'album et le récit apporte son lot d'émotions, qu'il s'agisse de frustration, de colère, de réconfort et de tendresse.
Sympathique lecture même si pas forcément indispensable.
2.5
Un des premiers mangas parus en français, battant même d'un an Akira ! Le seul autre manga que je connais qui est paru en album (je compte pas ce qu'on pouvait trouver dans les magazines spécialisés) avant celui-ci c'est le premier tome de Gen d'Hiroshima.
On est donc dans la préhistoire du manga publié par des éditeurs français et ça se voit: le sens de lecture à l'occidental, c'est basé sur une traduction américaine, on présente ça comme une BD....Et s'il a été un des premiers mangas publiés en France s'est à cause de son sujet: l'économique japonaise. On est à une époque où globalement cela va bien au Japon (mais l'auteur montre qu'il y a des problèmes à résoudre) et on à l'impression en Occident que les japonais vont conquérir le monde. Au final, l'économie s'est écroulé dans les années 90, mais les japonais ont tout de même conquit le monde avec leurs mangas et leurs animes. C'est fou comment ça fonctionne la vie, hein ?
J'ai trouvé que cela se laissait lire comme objet de curiosité et historique. Comme on est dans du documentaire, le coté fictif comme les personnages n'est pas important, ce qui compte s'est d'apprendre des choses et j'en ai appris des choses quoiqu'il y a plusieurs choses que j'ai pas trop compris parce que le milieu financier et moi cela fait deux. C'est surtout intéressant d'un point vue historique parce qu'on voit la situation dans les années 80 et comme cela parle beaucoup de la relation entre le Japon et le reste du monde et en particulier les États-Unis, on va voir les chômeurs américains gueuler contre l'industrie automobile et Ronald Reagan (le monstre le plus effrayant jamais dessiné par Ishinomori) fait plusieurs appariations.
C'est ça le principal problème du manga: tout est daté qu'au final au lieu d'être un documentaire sur le monde de l'économie, on dirait plus un documentaire historique sur le Japon des années 80. Et lorsqu'on sait comment s'est passé la suite, c'est un peu triste de voir des types voulant appliquer le néo-libéralisme dans tous les secteurs économiques et pire encore ça se termine en nous disant que l'économie japonaise va superbement bien alors que tout a pété un ou deux ans après la publication de ce livre en France ! De plus, il y a souvent des notes de bas de pages pas toujours pertinentes qui brisent le rythme de la lecture.
Sinon, le dessin n’est pas mauvais, mais la photocopie est vraiment moyenne. On dirait que chez Albin Michel on a fait le service minimum parce que bon c’est ‘juste’ de la BD et pas un livre ‘sérieux’….
Un OVNI cette bd, un album dont je ne sais trop quoi penser d’ailleurs, en tout cas j’en suis sorti moins emballé que Spooky.
En hommage à un de leur ami décédé, une bande de potes tourne un film amateur en adaptant son script SF lorgnant ouvertement vers la série Z « Les aventures d’Adrix le Destructeur, l’Empereur des 9 Galaxies », une histoire franchement nanar mâtinée de scènes porno ringardes et improbables.
La lecture possède un gros côté surréaliste avec cette thématique, les fans de Zardoz s’en amuseront. A côté de ça, le récit n’oublie pas d’être plus rationnel avec Élise, la compagne d’un des acteurs.
Un étrange mix de burlesque et de terre à terre, honnêtement je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus délirant et décalé, j’en suis donc sorti un poil déçu.
Reste que certaines scènes sont bien réussies (les chasseurs, le coup des flics) et que l’auteur, sous couvert d’une forme insolite, développe une histoire touchante sur l’amitié.
La mise en page est simple et fonctionnelle.
Pas le franchement bien escompté mais un récit sympathique et qui sort des sentiers battus.
J'ai acheté cette série il y a longtemps, en me basant uniquement sur la note et n'ayant même pas lu l'unique avis posté à ce jour. J'avais longtemps oublié son existence jusqu'à ce que je retombe par hasard sur son nom dans la liste des BD a un seul avis, et je me suis décidé à l'aviser, parce que le manga est franchement étonnant.
Imaginez un Shonen de baston. Imaginez un monde de fantasy. Imaginez un jeune homme au pouvoir énorme. Vous y êtes ? Bien, ce personnage principal c'est le facteur qui délivre les messages dans toutes les situations possibles et imaginable. Voila grosso modo le pitch de base du manga. Et honnêtement, ça fonctionne très bien en tant que parodie du genre !
J'ai lu la série il y a longtemps mais j'ai un bon souvenir des premiers tomes, assez fun et déjanté où un personnage presque immortel et aux pouvoirs absurdement forts se bat contre des armées (ou leur marche dessus) pour livrer du courrier parce qu'il a le sens du devoir avant tout. Je pensais que la série serait un délire absurde pendant plusieurs tomes avec une sorte d'apogée de la surenchère mais malheureusement elle développe ensuite une histoire plus traditionnelle, qui s'éloigne du courrier et part dans une quête de dragon franchement trop classique et inintéressante. Cette quête m'a fait penser que l'intention de l'auteur n'était peut-être pas si humoristique, au moins pour la fin qui se veut plus sérieuse. Projet raté en ce qui me concerne, j'ai largement préféré le début qui va à fond dans le trop.
Une série oubliable (et très certainement oubliée d'ailleurs) mais qui aurait pu être franchement mieux si elle avait exploitée à fond le gros délire qu'elle proposait en introduction. Presque bien, en somme !
Tom Gauld a un style bien particulier et chacune de ses BD est immédiatement reconnaissable. Ce que l'éditeur "2024" améliore plus encore avec la reconduction de son élégant format à l'italienne désormais associé à l'auteur. Preuve incontestable que nous avons là un véritable auteur de BD.
Pour autant, ces strips sont-ils réellement bons, les gags fonctionnent-ils véritablement ? Bien rarement en fait. Si certains sont truculents à souhait et d'une merveilleuse mécanique autorisant les plaisantes analyses déconstructives, force est de constater que dans la majorité des cas, le sourire est à peine de sortie. Du fait de la répétitivité des gags, de la moindre pertinence de certaines idées.
De ces BD que l'on aimerait aimer davantage, qui aimantent notre sympathie, mais qui concrètement déçoivent davantage qu'elles ne promettaient. L'éditeur serait avisé de procéder à un important tri.
Une note de « pas mal » parce que, même si je ne suis pas spécialement convaincu par la méthode de Marie Kondo et même si je trouve la partie fictionnelle du récit puérilement démonstrative, j’admets que ce manga est clair dans ses explications, facile à lire et illustré avec soin.
Maintenant, honnêtement, lorsque l’autrice déclare qu’il ne faut garder chez soi que les objets qui nous donnent de la joie, je me demande quel rapport elle entretient avec son papier wc ou sa loque à poussières. De même, le caractère très démonstratif du changement qui va s’opérer chez sa disciple m’amuse tant il est excessif (elle range son appartement et, pouf !, elle devient plus efficace à son travail, trouve l’amour et se projette dans l’avenir avec envie et passion).
Mais tous les conseils sont intéressants à entendre et il est clair que certains principes clairement expliqués ici peuvent faciliter notre vie et nous faire redécouvrir les richesses que cache notre intérieur. Mieux utiliser nos ressources, nous débarrasser du superflu et de l’inutile sont des principes de base. Libérer de la place dans notre appartement pour libérer de la place dans nos vies, cela devient de la philosophie de bazar… mais elle n’est pas totalement dénuée de pertinence.
Donc, voilà, si comme moi, vous aviez entendu parler de Marie Kondo et de sa méthode sans jamais chercher à creuser plus loin, ce manga est rapide et agréable à lire. Il permet à l’autrice d’expliquer les principes de base de sa méthode et ses objectifs.
Pas mal, quoi.
Je n'ai pas lu le roman de Colin Thibert qui semble avoir reçu un très bon accueil des (parents) lecteurs.
Toutefois je n'ai pas été emballé par l'adaptation BD. La faute à un scénario que je trouve vraiment trop plat avec des recettes bien trop visitées par ailleurs.
Le bus de Chloé m'a immédiatement fait penser au MagicBus de Harry Potter et la suite ressemble à un catalogue de rencontres avec les monstres les plus communs : sorcières, vampires, démon, zombies...
Comme Chloé s'en tire avec une facilité déconcertante le scénario convient bien à un très jeune public peu habitué à ce style d'histoire.
Par contre j'ai bien aimé le graphisme simple et coloré d'Edith Chambon. C'est joliment fait dans un style crayons de couleur qui propose un univers graphique connu des petits.
Une lecture "pas mal" pour les 6/7 ans mais un peu juste pour les plus âgés.
Une autre comédie qui se passe dans une période historique qui met en vedette un anti-héros qui s'embarque dans des aventures malgré lui.
Le résultat est pas mal. Il y a des bons passages et de bons gags, mais c'est un peu lourd par moment de voir notre personnage principal violer ou essayer de violer n'importe quel bel homme qui croise son chemin. J'ai trouvé le scénario sympathique à lire sans toutefois que ça soit au point que je trouve que cela sort du lot. Il faut dire que l'action se passe durant une période très trouble et complexe, la Révolution française, et il y a sans doute des références historiques qui me sont passé au-dessus de la tête.
Le dessin est le point fort de l'album. J'adore ce style moderne inspiré d'auteur comme Blain que je trouve dynamique, expressif et qui va très bien pour un récit humoristique. Donc pour l'instant je suis moins enthousiasme que les autres posteurs, même si je reconnais que la série a des qualités. Peut-être que je vais trouver la suite meilleure.
Ce n’est pas exempt de défauts mais un petit album qui garde mon affection. Il n’y aura pas de suite mais l’histoire de ce premier tome se suffit à elle même.
Peter Bergting, seul à la barre, nous emporte dans un monde de Dark Fantasy, pas spécialement original mais que j’ai trouvé intéressant à la longue.
La mise en place de l’univers est un peu maladroite, il faut s’accrocher un peu, il y a un petit côté lourd et poétique qui me fait penser à du Mignola (d’ailleurs les 2 auteurs se retrouveront par la suite), c’est un peu spécial niveau ambiance, j’y adhère sans y succomber totalement.
En tout cas, sans être grandiose, la mise en page est fluide et agréable à l’œil, les couleurs sont bien senties. Malgré des héros assez peu charismatiques, on se laisse facilement entraîner dans ce monde à l’agonie.
En fait, c’est la relative densité du récit que j’apprécie, les cartes sont régulièrement redistribuées et la fin au ton doux amer m’a bien plu.
Les mots d’auteurs en préface et postface survendent un peu le bouzin, il faut pas s’attendre à un chef d’œuvre. Ça aurait pu être plus soigné dans certains détails mais pour ma part une lecture recommandable.
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Mégalodon
Mégalodon est un reportage naturaliste sous forme d'aventure dramatique dans lequel Christophe Bec nous plonge dans la tête de ce géant des mers depuis longtemps disparu. Les préoccupations de l’animal sont assez limitées : manger, éviter d’être mangé, se reproduire. Durant la centaine de pages que dure l’album, ces trois thématiques vont se relayer, prétextes à de grandes illustrations spectaculaires de combats aquatiques. La dernière partie du récit permet de faire le lien avec l’humanité naissante, sans réellement apporter une plus-value à l’ensemble. Objectivement, ça se lit bien mais c’est très répétitif. La narration à la première personne (nous sommes dans la tête de l’animal) souvent composée de phrases simples, de bribes de phrase voire de mots isolés, se veut profondément dramatique. A force, malheureusement, elle devient juste soporifique car trop répétitive. Ceci dit, on apprend quand même quelques petites choses sur le mode de vie du mégalodon. Pas assez pour pouvoir parler d'une œuvre naturaliste à haute valeur éducative cependant, le côté spectaculaire l'emportant constamment sur l'aspect scientifique. Côté dessin, celui-ci n’est pas mauvais mais reste dans une veine classique, ce qui l’empêche d’apporter un réel plus comparé à d’autres œuvres du même genre. Les pages muettes et les grandes illustrations foisonnent, garantissant une lecture rapide de l'ensemble. Les lecteurs les plus jeunes seront sans doute fascinés par certaines de ces dernières. En gros, c’est pas mal… mais un peu facile à mon goût. Une seule lecture m’aura suffit et je dirigerais l'album vers un public de jeunes adolescents plutôt que vers des adultes (à moins qu'ils ne soient grands fans de Bec).
Frizzy
Marlène, préado d'origine antillaise est mal dans sa peau à cause de ses cheveux. Ils sont frisés par nature et elle n'arrive pas à les coiffer comme elle le voudrait. De toute manière, sa mère l'en empêche en l'emmenant tous les dimanches au salon de coiffure pour les lui lisser. Car les vrais bons cheveux sont ceux lisses et soyeux comme ceux de sa cousine Diana. Marlène en développe une vraie angoisse, celle de ne pas sentir bien dans sa peau, de subir les brimades de ses camarades de collège mais aussi la peur de faire de la peine à sa mère si elle lui avoue détester les séances chez le coiffeur et la pression que sa famille lui fait subir à cause de ses cheveux. Tout l'album se focalise sur cette angoisse et les tentatives de la jeune héroïne de trouver la coiffure qui lui convient sans chagriner sa mère. Vu avec des yeux d'adultes, cela parait une thématique bien vaine pour un album entier. D'autant qu'en européen aux cheveux lisses, on peut avoir du mal à comprendre cette obsession de ces familles antillaises à vouloir lisser leurs cheveux pour mieux s'intégrer aux Etats-Unis alors qu'on trouve justement que leurs cheveux frisés sont charmants et bien plus naturels. Mais la problématique du mal-être adolescent et des complexes physiques est universelle et cette BD la met plutôt bien en scène. On s'attache vite à la jeune Marlène. Et même si le dessin ne permet pas de distinguer de manière évidente quand une coiffure est ratée ou quand elle est parfaite, le graphisme est agréable et l'histoire bien racontée. Malgré la légère vacuité de cette angoisse autour d'une simple chevelure, on ne s'ennuie pas au long de l'album et le récit apporte son lot d'émotions, qu'il s'agisse de frustration, de colère, de réconfort et de tendresse. Sympathique lecture même si pas forcément indispensable.
Les Secrets de l'économie japonaise en bande dessinée
2.5 Un des premiers mangas parus en français, battant même d'un an Akira ! Le seul autre manga que je connais qui est paru en album (je compte pas ce qu'on pouvait trouver dans les magazines spécialisés) avant celui-ci c'est le premier tome de Gen d'Hiroshima. On est donc dans la préhistoire du manga publié par des éditeurs français et ça se voit: le sens de lecture à l'occidental, c'est basé sur une traduction américaine, on présente ça comme une BD....Et s'il a été un des premiers mangas publiés en France s'est à cause de son sujet: l'économique japonaise. On est à une époque où globalement cela va bien au Japon (mais l'auteur montre qu'il y a des problèmes à résoudre) et on à l'impression en Occident que les japonais vont conquérir le monde. Au final, l'économie s'est écroulé dans les années 90, mais les japonais ont tout de même conquit le monde avec leurs mangas et leurs animes. C'est fou comment ça fonctionne la vie, hein ? J'ai trouvé que cela se laissait lire comme objet de curiosité et historique. Comme on est dans du documentaire, le coté fictif comme les personnages n'est pas important, ce qui compte s'est d'apprendre des choses et j'en ai appris des choses quoiqu'il y a plusieurs choses que j'ai pas trop compris parce que le milieu financier et moi cela fait deux. C'est surtout intéressant d'un point vue historique parce qu'on voit la situation dans les années 80 et comme cela parle beaucoup de la relation entre le Japon et le reste du monde et en particulier les États-Unis, on va voir les chômeurs américains gueuler contre l'industrie automobile et Ronald Reagan (le monstre le plus effrayant jamais dessiné par Ishinomori) fait plusieurs appariations. C'est ça le principal problème du manga: tout est daté qu'au final au lieu d'être un documentaire sur le monde de l'économie, on dirait plus un documentaire historique sur le Japon des années 80. Et lorsqu'on sait comment s'est passé la suite, c'est un peu triste de voir des types voulant appliquer le néo-libéralisme dans tous les secteurs économiques et pire encore ça se termine en nous disant que l'économie japonaise va superbement bien alors que tout a pété un ou deux ans après la publication de ce livre en France ! De plus, il y a souvent des notes de bas de pages pas toujours pertinentes qui brisent le rythme de la lecture. Sinon, le dessin n’est pas mauvais, mais la photocopie est vraiment moyenne. On dirait que chez Albin Michel on a fait le service minimum parce que bon c’est ‘juste’ de la BD et pas un livre ‘sérieux’….
Les Boules
Un OVNI cette bd, un album dont je ne sais trop quoi penser d’ailleurs, en tout cas j’en suis sorti moins emballé que Spooky. En hommage à un de leur ami décédé, une bande de potes tourne un film amateur en adaptant son script SF lorgnant ouvertement vers la série Z « Les aventures d’Adrix le Destructeur, l’Empereur des 9 Galaxies », une histoire franchement nanar mâtinée de scènes porno ringardes et improbables. La lecture possède un gros côté surréaliste avec cette thématique, les fans de Zardoz s’en amuseront. A côté de ça, le récit n’oublie pas d’être plus rationnel avec Élise, la compagne d’un des acteurs. Un étrange mix de burlesque et de terre à terre, honnêtement je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus délirant et décalé, j’en suis donc sorti un poil déçu. Reste que certaines scènes sont bien réussies (les chasseurs, le coup des flics) et que l’auteur, sous couvert d’une forme insolite, développe une histoire touchante sur l’amitié. La mise en page est simple et fonctionnelle. Pas le franchement bien escompté mais un récit sympathique et qui sort des sentiers battus.
Banya
J'ai acheté cette série il y a longtemps, en me basant uniquement sur la note et n'ayant même pas lu l'unique avis posté à ce jour. J'avais longtemps oublié son existence jusqu'à ce que je retombe par hasard sur son nom dans la liste des BD a un seul avis, et je me suis décidé à l'aviser, parce que le manga est franchement étonnant. Imaginez un Shonen de baston. Imaginez un monde de fantasy. Imaginez un jeune homme au pouvoir énorme. Vous y êtes ? Bien, ce personnage principal c'est le facteur qui délivre les messages dans toutes les situations possibles et imaginable. Voila grosso modo le pitch de base du manga. Et honnêtement, ça fonctionne très bien en tant que parodie du genre ! J'ai lu la série il y a longtemps mais j'ai un bon souvenir des premiers tomes, assez fun et déjanté où un personnage presque immortel et aux pouvoirs absurdement forts se bat contre des armées (ou leur marche dessus) pour livrer du courrier parce qu'il a le sens du devoir avant tout. Je pensais que la série serait un délire absurde pendant plusieurs tomes avec une sorte d'apogée de la surenchère mais malheureusement elle développe ensuite une histoire plus traditionnelle, qui s'éloigne du courrier et part dans une quête de dragon franchement trop classique et inintéressante. Cette quête m'a fait penser que l'intention de l'auteur n'était peut-être pas si humoristique, au moins pour la fin qui se veut plus sérieuse. Projet raté en ce qui me concerne, j'ai largement préféré le début qui va à fond dans le trop. Une série oubliable (et très certainement oubliée d'ailleurs) mais qui aurait pu être franchement mieux si elle avait exploitée à fond le gros délire qu'elle proposait en introduction. Presque bien, en somme !
La Revanche des bibliothécaires
Tom Gauld a un style bien particulier et chacune de ses BD est immédiatement reconnaissable. Ce que l'éditeur "2024" améliore plus encore avec la reconduction de son élégant format à l'italienne désormais associé à l'auteur. Preuve incontestable que nous avons là un véritable auteur de BD. Pour autant, ces strips sont-ils réellement bons, les gags fonctionnent-ils véritablement ? Bien rarement en fait. Si certains sont truculents à souhait et d'une merveilleuse mécanique autorisant les plaisantes analyses déconstructives, force est de constater que dans la majorité des cas, le sourire est à peine de sortie. Du fait de la répétitivité des gags, de la moindre pertinence de certaines idées. De ces BD que l'on aimerait aimer davantage, qui aimantent notre sympathie, mais qui concrètement déçoivent davantage qu'elles ne promettaient. L'éditeur serait avisé de procéder à un important tri.
La Magie du rangement - illustrée -
Une note de « pas mal » parce que, même si je ne suis pas spécialement convaincu par la méthode de Marie Kondo et même si je trouve la partie fictionnelle du récit puérilement démonstrative, j’admets que ce manga est clair dans ses explications, facile à lire et illustré avec soin. Maintenant, honnêtement, lorsque l’autrice déclare qu’il ne faut garder chez soi que les objets qui nous donnent de la joie, je me demande quel rapport elle entretient avec son papier wc ou sa loque à poussières. De même, le caractère très démonstratif du changement qui va s’opérer chez sa disciple m’amuse tant il est excessif (elle range son appartement et, pouf !, elle devient plus efficace à son travail, trouve l’amour et se projette dans l’avenir avec envie et passion). Mais tous les conseils sont intéressants à entendre et il est clair que certains principes clairement expliqués ici peuvent faciliter notre vie et nous faire redécouvrir les richesses que cache notre intérieur. Mieux utiliser nos ressources, nous débarrasser du superflu et de l’inutile sont des principes de base. Libérer de la place dans notre appartement pour libérer de la place dans nos vies, cela devient de la philosophie de bazar… mais elle n’est pas totalement dénuée de pertinence. Donc, voilà, si comme moi, vous aviez entendu parler de Marie Kondo et de sa méthode sans jamais chercher à creuser plus loin, ce manga est rapide et agréable à lire. Il permet à l’autrice d’expliquer les principes de base de sa méthode et ses objectifs. Pas mal, quoi.
Le Bus 666
Je n'ai pas lu le roman de Colin Thibert qui semble avoir reçu un très bon accueil des (parents) lecteurs. Toutefois je n'ai pas été emballé par l'adaptation BD. La faute à un scénario que je trouve vraiment trop plat avec des recettes bien trop visitées par ailleurs. Le bus de Chloé m'a immédiatement fait penser au MagicBus de Harry Potter et la suite ressemble à un catalogue de rencontres avec les monstres les plus communs : sorcières, vampires, démon, zombies... Comme Chloé s'en tire avec une facilité déconcertante le scénario convient bien à un très jeune public peu habitué à ce style d'histoire. Par contre j'ai bien aimé le graphisme simple et coloré d'Edith Chambon. C'est joliment fait dans un style crayons de couleur qui propose un univers graphique connu des petits. Une lecture "pas mal" pour les 6/7 ans mais un peu juste pour les plus âgés.
Les Mémoires du Dragon Dragon
Une autre comédie qui se passe dans une période historique qui met en vedette un anti-héros qui s'embarque dans des aventures malgré lui. Le résultat est pas mal. Il y a des bons passages et de bons gags, mais c'est un peu lourd par moment de voir notre personnage principal violer ou essayer de violer n'importe quel bel homme qui croise son chemin. J'ai trouvé le scénario sympathique à lire sans toutefois que ça soit au point que je trouve que cela sort du lot. Il faut dire que l'action se passe durant une période très trouble et complexe, la Révolution française, et il y a sans doute des références historiques qui me sont passé au-dessus de la tête. Le dessin est le point fort de l'album. J'adore ce style moderne inspiré d'auteur comme Blain que je trouve dynamique, expressif et qui va très bien pour un récit humoristique. Donc pour l'instant je suis moins enthousiasme que les autres posteurs, même si je reconnais que la série a des qualités. Peut-être que je vais trouver la suite meilleure.
L'Augure
Ce n’est pas exempt de défauts mais un petit album qui garde mon affection. Il n’y aura pas de suite mais l’histoire de ce premier tome se suffit à elle même. Peter Bergting, seul à la barre, nous emporte dans un monde de Dark Fantasy, pas spécialement original mais que j’ai trouvé intéressant à la longue. La mise en place de l’univers est un peu maladroite, il faut s’accrocher un peu, il y a un petit côté lourd et poétique qui me fait penser à du Mignola (d’ailleurs les 2 auteurs se retrouveront par la suite), c’est un peu spécial niveau ambiance, j’y adhère sans y succomber totalement. En tout cas, sans être grandiose, la mise en page est fluide et agréable à l’œil, les couleurs sont bien senties. Malgré des héros assez peu charismatiques, on se laisse facilement entraîner dans ce monde à l’agonie. En fait, c’est la relative densité du récit que j’apprécie, les cartes sont régulièrement redistribuées et la fin au ton doux amer m’a bien plu. Les mots d’auteurs en préface et postface survendent un peu le bouzin, il faut pas s’attendre à un chef d’œuvre. Ça aurait pu être plus soigné dans certains détails mais pour ma part une lecture recommandable.