Les derniers avis (48389 avis)

Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Rages
Rages

2.5 Un album introductif franchement moyen et vu que Tome est mort, il y a de grosses chances qu'on ne voit jamais la suite. Rien à dire contre le dessin qui est très bon. Le problème vient plutôt du scénario. Pour moi c'est clairement l'exemple type de BD où le dessin est mis au service d'un scénario banal. Bon, peut-être que Tome avait prévu une tournure plus originale dans la suite, mais de ce que je vois dans le premier tome il ne fait que reprendre les gros clichés des histoires se passant dans une dictature et dans une démocratie corrompue (enfin, je suis pas certain si le second pays qu'on visite dans ce monde est une dictature ou une démocratie pourrie, c'est pas trop clair). Le pire est que le personnage principal change trop rapidement de personnalité. Ça se laisse lire, mais c'est trop banal pour être mémorable ou passionnant.

07/12/2023 (modifier)
Par grogro
Note: 3/5
Couverture de la série Le Passeur de lagunes
Le Passeur de lagunes

Le passeur de lagunes, malgré ce petit 3/5 qui peut apparaitre un peu comme une sanction, est une bonne BD... Pour qui ne connaitrait pas le travail de Gipi ! En effet, le scénar, l'ambiance, les personnages, et même le dessin, évoque fortement le compatriote de Piero Macola. On retrouve des jeunes adultes embarqués dans des coups fourrés et qui se retrouvent confrontés à la mafia, des situations tragiques, ainsi que l'univers des marges. Le passeur de lagunes a pour cadre Venise, mais pas la Venise des touristes, plutôt celles des lagunes sordides qui la cernent. Les personnages secondaires sont souvent des paumés, des individus en marge, que ce soit par choix ou par contrainte. C'est le gros point fort de cette BD : on a le sentiment de découvrir le côté coulisse de cette cité mythique. Le dessin offre quelques très belles scènes de paysages désolés, dessin qui reste par ailleurs très maîtrisé. J'ai aimé le titre, bien choisi, qui renvoie aussi bien, sans vouloir spoiler, aux migrants (donc aux passeurs) qu'à la mort (le passeur Charon). Il y a juste cette impression de déjà vu/déjà fait qui a un peu gâché ma lecture. D'où ma note. Malgré tout, je le répète, Le passeur de lagunes reste un très bon titre, au trait habile et au scénario huilé. L'ambiance est très bonne, assez tendue. Enfin, les personnages sont bons, mêmes si on pourra regretter que certains d'entres eux ne soient pas plus travaillés (la femme de la maison sur pilotis, par exemple).

06/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Le Sauté de lapin
Le Sauté de lapin

Jérôme Camil est un auteur jeunesse vraiment culotté. Dans cet album, il incite les lecteurs à ni plus ni moins que déchirer une page du récit ! L'histoire voit un jeune lapin devenir la proie de différents habitants de la forêt (loup, renard, ours) qui embobinent le naïf rongeur afin de le plonger dans une casserole. L'humour est bien présent, tout comme le plaisir de se promener dans les grandes illustrations de l'artiste (surtout au début du récit lorsque la joyeuse descendance du couple de lapins fiche le boxon dans la maison). Mais là où ça devient franchement génial et culotté, c'est quand Jérôme Camil propose une mise en abyme adaptée au jeune public auquel cet album est destiné. Le lecteur est ainsi invité à déchirer une page du livre pour en changer la fin (à l'image du livre que lit le petit lapin, héros de ce récit, et dont le loup déchire une page, en en modifiant ainsi involontairement la fin). De la sorte, le lecteur reste maître du destin du héros et peut décider de le préserver d'un sinistre sort. A nouveau une œuvre très intéressante, donc, originale, amusante, bien adaptée au public visé et qui ne tombe pas dans la facilité. A découvrir !

06/12/2023 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5
Couverture de la série Arrowsmith
Arrowsmith

C'est avec cette nouvelle intégrale d'Arrosmith rééditée par Delcourt que je découvre cette série qui a maintenant 20 ans ! Je vais aller dans le sens des avis précédents : une série sympathique mais qui manque d'originalité dans son scénario. Car une fois passé la surprise de cet univers qui ressemble à la Terre en pleine première Guerre Mondiale et qui mêle allègrement dragons, vampires et magie à la trame historique du conflit que nous connaissons, le reste est assez classique. Le beau jeune artisan d'un bled paumé qui devient le héros de son pays avec les désillusions et les stigmates que laisse la participation à une guerre... rien de neuf sous le soleil. L'album n'est pour autant pas désagréable. Le dessin est fin et n'est pas avare de détails dans les décors ; il nous propose un univers cohérent et vivant. Je suis par contre moins fan de la colorisation très marquée informatiquement qui, à mon goût, ne met pas en valeur la qualité du dessin de Carlos Pacheco. Un bon divertissement, assez convenu, mais qui permet de passer un bon moment de lecture.

06/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Batman - Mad Love
Batman - Mad Love

Comme beaucoup, j'étais (je suis) un grand fan de la série animée des années 90. Sa récente apparition dans le catalogue d’une célèbre plateforme de streaming a un petit goût de madeleine de Proust. Ce n’est pas sans défaut avec l’âge, mais ça reste un must dans la carrière du justicier, une excellente entrée en matière pour découvrir l’univers. On retrouve sur cet album 2 auteurs qui ont grandement participé à cette magie puisqu’ils y ont fortement collaboré. Leur Batman - Mad Love est dans la même continuité, je n’y suis pas encore arrivé mais à priori ce récit a même fait l’objet d’une adaptation en épisode. On retrouve donc ce juste équilibre entre sérieux, humour et action avec des personnages bien traités. Le résultat est léger mais fort divertissant, accentué par le dessin typé cartoon. Comme dans les dessins animés, ce que j’aime c’est que la star du show n'est pas notre héros masqué mais bien les super vilains. Ici, le Joker est formidable mais le personnage central reste Harley Quinn qui lui vole la vedette, une histoire qui vole pas bien haut mais très fun à suivre. Les 2 autres très courts récits (avec Gueule d’argile puis Poison Ivy) sont clairement en dessous mais reste dans la même veine. Mais alors pourquoi pas 4* ? Alors que ce récit est fondateur sur les origines de notre héroïne, un personnage haut en couleur qui marquera de son emprise l’univers et volera plus tard de ses propres ailes … et bien honnêtement c’est pas bien profond, c’est divertissant, bien amené mais ça manque de consistance pour le lecteur d’aujourd’hui que je suis. C’est génial pour le dessin animé mais un peu pauvre pour le papier (forcément je compare avec ce que j’ai lu du personnage : Harleen et le run de Sean Murphy, des albums plus dans mes goûts), reste que ça se lit avec plaisir, les auteurs assurent du chouette boulot. Mais ce qui coûte véritablement l’étoile, c’est la forme du bouquin qui m’a personnellement déplu. Alors que l’on croit partir pour un recueil de 168 pages, la moitié est à « jeter » si comme moi vous n’en avez rien à faire du storyboard et du guide couleur. On apprend quand même 2, 3 trucs sympas, comme sur le passage en nuisette de Harley, mais bon mon intérêt n’y était pas. J’ai refermé l’album avec ce sentiment de remplissage inutile, j’aurais préféré d’autres aventures.

06/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Dieu n'a pas réponse à tout
Dieu n'a pas réponse à tout

J'ai trouvé cette série plutôt sympa. C'est de l'humour bon enfant qui s'appuie sur un dessin rond assez agréable. L'idée de sortir des génies légendaires hors de leur contexte pour aider un vulgaire quidam à trouver son potentiel, est assez originale. Malheureusement après quelques gags pleins de sourires on tourne assez vite en rond à cause d'un schéma trop répétitif. Certains gags m'ont bien fait sourire (Michelange, Freud, Marylin) je suis plus circonspect sur d'autres (Agatha Christie ou Al Capone). Cela reste une lecture humoristique de détente qui permet de passer un bon moment sans se prendre la tête. 2.5

06/12/2023 (modifier)
Par Cosme
Note: 3/5
Couverture de la série Messire Guillaume
Messire Guillaume

J’avais decouvert Messire Guillaume lors de sa prépublication dans le journal de Spirou, j’avais pu suivre avec plaisir au fil des semaines cette série, et j’en avais gardé un excellent souvenir. Seulement lire une série en petit bout dans un magazine et lire une série en entière d’un coup, ça ne donne pas le même résultat final et la même impression. C’est donc en me demandant comment j’allais trouver cette lecture presque 20 ans après, avec un mélange entre « j’ai hâte de la lire depuis le temps, je vais me régaler », et « j’espère ne pas être trop déçus » que je me suis lancé dedans (Dupuis vient de sortir un très belle intégrale couleur). Bonhomme, c’est un dessinateur que j’aime, il a un trait très particulier et tout de suite reconnaissable, nombreuses sont les séries de lui que j’ai apprécié. (Charlotte Impératrice, Texas Cowboys, Esteban (Le Voyage d'Esteban), Le Marquis d'Anaon, Lucky Luke vu par Mathieu Bonhomme (L'Homme qui tua Lucky Luke / Wanted Lucky Luke). Pour moi c’est un gage de qualité. De Bonneval, je connais moins, à part Samedi et Dimanche que j’avais vraiment adoré mais où il est dessinateur, Gilgamesh qui me laisse un souvenir plus mitigé en tant que scénariste, et Le Dernier Atlas qui m’avait bien plus, je n’avais rien lu d’autre de lui. C’est donc son troisième scénario que je découvre, et dans des genres à chaque foi bien différent. L’histoire de ce jeune garçon, dans un univers médiéval imaginaire, teinté de fantastique et de magie, de créatures fabuleuses, partie à la recherche de son père, est particulièrement bien réalisé. Les dessins de Bonhomme sont de la même qualité que je lui connais. Clair, avec son style bien à lui, mais qui finalement s’adapte facilement à de nombreux types de scénarii. Le premier tome est mes yeux le meilleur, l’intrigue ce mets en place et on est tout de suite immergé dans ce moyen âge. Je n’avais pas envie d’en sortir. Mais le tome 2 m’a un peu plus déçus, il va très vite et raconte sa traversée d’un monde fantastique, avec pleins de créatures étranges, et n’a pas trop d’intérêt pour le scénario à part montrer un bestiaire imaginaire, sans grande originalité. Le dernier tome est le retour au royaume, avec la conclusion de l’intrigue. Qui ce fait assez vite finalement, et assez simplement. Je ressors donc mi-figue mi-raisin, avec ce sentiment qu’il y avait un très bon potentiel, suite au premier tome, de très beaux dessins, un scénario posant comme décors un moyen âge comme nombres d’enfants peuvent fantasmer dans leurs jeux d’enfants, des personnages assez riche pour développer une bonne intrigue d’héritage et de succession de pouvoir, mais hélas qui finalement n’a pas exploité tout le potentiel qu’elle laissait entrevoir. J’ai donc au final été un peu déçu, même si j’ai beaucoup aimé ma lecture, mais mes souvenirs étaient meilleurs. Déçus car j’en aurait voulu plus, c’est donc que ce que j’ai eu m’a satisfait, d’où ma note. C’est bien, mais il en fallait plus pour que ce soit très bien.

06/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Fées des sixties
Fées des sixties

J’ai lu les deux premiers albums parus, dans cette nouvelle « série concept » proche d’une collection, qui verra des auteurs différents produire des one-shots. Le concept de départ est quelque peu original, puisqu’il fait cohabiter (souvent très mal d’ailleurs) des fées et des humains ordinaires. Si les fées peuvent passer de leur monde au nôtre, c’est dans le nôtre que se déroulent les intrigues, dans l’Angleterre de la seconde moitié des sixties (Manchester, Londres, etc.). Au travers des problèmes rencontrés par les fées, souvent discriminées, rejetées car « différentes », on comprend que Gihef et Lachenal, qui dirigent cette collection/série joue sur des thématiques très actuelles, à savoir l’acceptation des différences, la lutte pour les droits des minorités. Le terme « fairy », renvoyant à la fois au monde merveilleux des fées et à une certaine homosexualité fait le lien entre les sujets traités, puisque les relations homosexuelles (en sus des relations entre humains et fées) sont souvent au cœur des histoires, dans les grandes villes anglaises où le mouvement gay va prendre son essor. Voilà pour le décor, intriguant. Mais pour le reste, je suis un peu resté sur ma faim. La première histoire m’a davantage déçu, la deuxième, qui s’apparente à une enquête policière (pimentée par les sujets évoqués plus haut), est plus consistante et dynamique. Quant au dessin, je n’aime a priori pas les changements au cœur d’une même série. Celui du premier tome ne m’a pas séduit, même s’il est lisible et dynamique. J’ai préféré le dessin de Zanon (même s’il n’est pas forcément mon truc). Seuls les coloristes ne changent pas, et je dois dire que je ne suis pas fan de leur rendu, qui lisse trop les traits (pas aimé non plus certains visages effacés). Au vu de ces deux premiers tomes, je reste circonspect. A emprunter éventuellement, mais je ne suis qu’à moitié convaincu par cette série, qui semblait pourtant sortir agréablement des sentiers battus.

05/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Stella (Bonin)
Stella (Bonin)

Si je fais abstraction de Quintett, c’est avec cet album que je découvre véritablement Cyril Bonin. Chose amusante, même si je n’ai jamais lu ses autres œuvres, je (re?)connais sa patte graphique directe, un trait un peu ciselé et surtout cette tonalité orange et verte. Je n’en raffole pas mais ça le rend tout de suite très identifiable. Ici, la mise en page est fluide et agréable. Niveau récit c’est léger et tout aussi agréable, il est question de création, de mise en abîme, les personnages sont tous intéressants … mais malgré ces bons ingrédients et bizarrement, je n’ai pas été emporté plus que ça, je dois dire que j’ai aussi un peu vu venir la fin. Pas mal c’est tout pour ce tome, mais j’approfondirai volontiers sa bibliographie.

05/12/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5
Couverture de la série Kroma
Kroma

Une lecture qui m'en rappelle une autre, très récente : Le Passeur (Lowry). Deux récits dans des mondes dystopiques où les derniers humains vivent en noir et blanc et avec des conclusions similaires. Un album qui porte bien son titre, puisqu'il va être question de couleurs. Les derniers humains vivent derrière les fortifications de la Ville Pâle, la couleur y est interdite. Elle est à l'origine de tous les maux, pour cela les bâtiments et les habitants sont badigeonnés d'argile blanche ce qui les protège des reptiles de grande taille qui vivent dans la forêt. Une société sous la coupe d'une religion qui maintient son autorité par la peur, la peur de ce qui se trouve de l'autre côté des murs, et elle entretient celle-ci par un rite régulier où la jeune Kroma, sous un déguisement reptilien, est l'incarnation du mal absolu. Sa différence ? Avoir des yeux vairons, bleu et vert. Mais un jeune garçon, Zet, va se rapprocher de cette jeune fille et à deux, ils vont changer le cours de l'histoire. Une narration rythmée et captivante, de nombreuses surprises, des personnages attachants, mais.... je déplore juste un manque de densité, l'univers de cette civilisation n'est pas assez approfondie. Visuellement, j'en ai pris plein la vue. Un trait précis et dynamique, les décors sont magnifiques et les personnages sont réussis, avec en point d'orgue de superbes couleurs et un noir et blanc somptueux qui sont des éléments narratifs à part entière. Très beau. Une lecture très agréable, même si elle souffre de la comparaison avec sa prédécesseure. Note réelle : 3,5.

05/12/2023 (modifier)