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Couverture de la série The Frontier
The Frontier

J’ai renseigné en BD mais une série à la croisée des styles, l’aspect comics ou manga n’est jamais bien loin (histoire, format …). De même pour le genre, on est sur du western mais clairement fantastique avec ses personnages aux supers pouvoirs. Un mix hybride mais pas déplaisant, ça se lit facilement et les ingrédients, à défauts d’être complètement originaux, sont agréablement cuisinés pour passer un bon moment. Le récit démarre au quart de tour, on assiste à l’arrivée en ville d’un groupe composé de 5 fortes personnalités. Ils interagiront rapidement (en bien ou en mal) avec les autochtones. Une manière de vite rentrer dans le bain pour cerner rapidement l’univers, avec la menace latente de cette tempête qui se rapproche et surtout la connaissance des pouvoirs que possèdent certaines personnes. Sur ce postulat « basique », l’intrigue se laisse relativement bien déguster, c’est bien construit entre combats, flash-back et retournements de situation. J’ai bien aimé la tournure des événements et quelques persos sont bien attachants. Bon rien de fou non plus, comme indiqué dans la description, ça lorgne gentiment vers Suicide Squad (que je ne connais que par les films). D’ailleurs je ne souhaite pas une série à rallonge, mais à ce jour 2 tomes sympathiques qui font bien passer le temps.

21/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Il y a longtemps que je t'aime
Il y a longtemps que je t'aime

Très étrange ce récit. A un point tel que je me suis dit à un moment de ma lecture que je ne savais pas trop ce que l’autrice voulait me raconter… mais qu’elle me le racontait vachement bien ! En partant d’un personnage d’une femme d’âge mûr échouée sur une île déserte, en proposant un graphisme très personnel et extrêmement coloré, Marie Spénale nous parle de l’amour, du sentiment amoureux, du désir, de la passion et du confort, du temps qui use tout. Annie, son personnage, se lance dans de longs monologues durant lesquels on découvre son passé de couple, la routine dans laquelle elle s’est finalement retrouvée enfermée, elle qui rêvait d’aventure. Elle qui rêvait d’aventures mais qui angoisse sur son île, qui galère à se construire un abri. Elle qui semblait satisfaite d’un amour routinier redécouvre le désir (de plaire autant que d’aimer). L’élément déclencheur : non seulement cet échouage mais aussi et surtout la rencontre avec un jeune homme. Celui-ci ne prononçant pas le moindre mot, Annie se sert de cette relation pour pratiquer sa propre psychanalyse… tout en voyant en lui un objet de désir, une douce parenthèse, une fuite en amour. Un nouveau départ ? Ce récit est très personnel, tant par son aspect graphique (il faut aimer le rose et les couleurs flashantes) que par les réflexions tenues. Le symbolisme est omniprésent et prête à interprétations de la part du lecteur. C’est très clairement le genre de livre que je n’aurais jamais acheté sur la seule base de sa couverture et de son synopsis. Mais c’est une lecture que je ne regrette pas. J’ai trouvé le personnage d’Annie très touchant et le traitement du sujet désarçonnant mais encore accessible et intéressant. Vraiment pas mal du tout, en définitive.

21/03/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série #LesMémés
#LesMémés

Ce n'est pas de la grande BD d'humour mais elle a suffi à me faire décrocher quelques sourires voire un petit rire ici et là. C'est une série d'humour à thème, pas tellement le genre qu'on trouve au supermarché car l'esprit Fluide Glacial s'autorise quand même une touche de politiquement incorrect ou de scabreux. Et il faut dire qu'avec le sujet des vieilles femmes, proches de la mort, collectionnant les soucis de santé mais gardant un esprit assez vif et parfois encore tourné vers le sexe, il y avait de quoi faire pas mal de scabreux. Il y a d'ailleurs une grosse similitude avec Les Vamps, le duo d'humoristes, dans cette série où des vieilles bavardent avec cynisme de la société et de leurs soucis personnels, en plus débridé. Le dessin est à mi-chemin entre la BD d'humour franco-belge et le dessin de presse. Je lui trouve une certaine personnalité et une bonne maîtrise, j'aime assez. Les sujets des gags sont parfois assez répétitifs et il faut avouer qu'il y en a pas mal qui tombent assez à plat où qui sont trop prévisibles ou redondants. Mais comme il y en a quelques-uns que je trouve amusants, je ne me suis pas ennuyé à la lecture de ces albums. Mieux vaut toutefois ne pas tous les lire dans la foulée car le manque de renouvellement peut lasser à la longue. Note : 2,5/5

21/03/2024 (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5
Couverture de la série Bobigny 1972
Bobigny 1972

Pas aussi emballée que mon prédécesseur, je reste un peu sur ma faim. Les dessins de Carole Maurel n'ont pas la légèreté habituelle, et les couleurs comme les traits en rajoutent dans le sordide, alors que c'est quand même l'histoire d'une grande victoire sur la domination illégitime des hommes sur les femmes. Les dialogues sont plats, les personnages survolés, (Delphine Seyrig et Simone de Beauvoir sont à la manoeuvre mais elles ne sont ni présentées ni même nommées avant de passer à la barre...) bref c'est un moment effectivement très important de notre histoire récente, mais l'approche choisie est morne et froide. Je m'attendais à crier de joie ou pleurer à gros sanglots devant la victoire de Marie-Claire à son procès pour avortement, et je suis juste passée à côté, comme si je lisais un article du Monde : si tu comprends le titre, n'espère pas en savoir beaucoup plus à l'intérieur ! Dommage ! Je mets 3 étoiles pour le côté informatif qui sera quand même utile aux jeunes générations, mais avec internet sur son téléphone pour décrypter...

20/03/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Sven et Tanka
Sven et Tanka

La rencontre originale entre un jeune viking et un amérindien qui vont devenir de super copains. Ça se passe aux alentours de l'an 1000, à l'époque où les Vikings découvraient le Vinland, à savoir l'Amérique du Nord. Le clan du jeune Sven, banni du Groenland, construit une petite colonie sur ces terres nouvelles. Ils y côtoient de loin un tribu amérindienne qui se méfie d'eux. Mais point de méfiance dans l'esprit du jeune Sven et de son nouvel ami, Tanka le fils du chef de la tribu qui vont se rencontrer et, avec l'aide d'un sympathique esprit du feu, devenir de bons amis et permettre à leurs peuples de mieux se comprendre. Ce contexte est réjouissant. On suppose en effet qu'il est probable que de tels contacts entre vikings et amérindiens aient eu lieu à l'époque mais ce sujet n'a jamais été exploité. Outre un aperçu assez superficiel des coutumes de ces peuples si différents, l'intrigue de fond prend un tournure rappelant un peu celle de Pocahontas, avec des hommes qui risquent bien de se faire la guerre à cause de la méfiance et de l'incompréhension. A côté de cela, Sven et Tanka vivent des petites aventures du quotidien, parcourant la nature autour de leurs villages respectifs et y découvrant notamment pas mal d'esprits surnaturels, majoritairement de culture indienne mais l'un aussi venu des contrées vikings. Et ce sont notamment d'autres arrivants vikings qui vont former l'antagonisme permettant à une vraie aventure de se mettre en place sur la fin du premier tome. Ambiance et graphisme sont mignons. Le trait est rond, destiné aux enfants mais très sympa. Chaque chapitre forme quasiment une histoire indépendante, une petite aventure charmante permettant souvent de découvrir un peu la culture de ces deux peuples, tandis que peu à peu l'intrigue de fond progresse et qu'on en apprend plus sur les dangers qui pèsent sur les familles des deux jeunes héros. Cela reste un récit pour jeunes lecteurs, probablement 6 à 10 ans, et au-delà de la rencontre improbable entre ces peuples, les intrigues manquent encore un peu d'originalité et d'envergure pour captiver davantage un lecteur plus âgé. Mais ce sont des aventures divertissantes et bien agréables qui nous sont offertes ici. Petits et grands passeront un bon moment.

20/03/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Le Passeur de lagunes
Le Passeur de lagunes

L'histoire se passe à Venise dans un futur proche où les problèmes d'immigration ont été tels que les frontières se sont fermées et la lagune se retrouve close, avec obligation de présenter un permis pour en entrer ou en sortir. Le petit milieu vénitien se retrouve donc à vivre en semi-autarcie et le trafic de migrants y côtoie le trafic de drogues. Le héros est un jeune homme à qui son père a appris à connaître et naviguer sur la lagune. Mais justement, celui-ci a disparu depuis plusieurs jours et le fils part à sa recherche. Je commence à pas mal connaître Venise et sa lagune et j'ai apprécié à quel point celle-ci est bien rendue. La lagune est un personnage à part entière du récit, prenant le pas sur la ville de Venise elle-même qui n'est qu'aperçue ici ou là. Le graphisme en aquarelle très délavée fonctionne très bien pour représenter ce décor permanent d'eau, de grisaille et de brume. Il est vrai qu'aussi bien en terme de graphisme que d'atmosphère générale du récit, on pense beaucoup à Gipi avec cet album. Le ton est réaliste, un brin désabusé, avec un jeune héros qui se cherche et peine à trouver sa place. L'influence de la mafia sur la ville lui pèse et il n'a pas envie de devenir à son tour un passeur de migrants destinés à devenir esclaves sans papiers. J'ai été transporté par l'ambiance qui se dégage de ces décors de lagune et de la vie locale. Cet aspect là du récit est bien fait et touchant. L'intrigue pour sa part est moins captivante, trainant un peu en longueur et ne prenant jamais vraiment son envol. C'est certes beau et bien construit, mais pas passionnant non plus.

20/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Les Amours insolentes
Les Amours insolentes

Benacquista a globalement réussi un pari qui ne me paraissait pas facile à gagner, puisqu’il parvient à traiter 7 fois un thème des plus éculés, l’histoire d’amour. J’avais peur de m’ennuyer, et/ou que le peu de pages accordées à chacune des petites histoires ne permette pas de créer quelque chose d’intéressant. Eh bien je dois dire que sur les deux tableaux c’est vraiment pas mal. D’abord, malgré des histoires inégales (deux ou trois ne m’ont pas du tout intéressé), chacune est à la fois réussie et ne souffre pas d’un manque de pages. Au contraire, ça permet de s’arrêter « à temps », avant que le remplissage ne débute. Ensuite, il n’y a pas de redite, et le lecteur peut enchainer les 17 variations en étant le plus souvent surpris par l’angle choisi. Et le dessin de Loustal, plutôt statique, ne gêne pas ici. Il accompagne bien ces portraits de couples, plus ou moins bien assortis, pour lesquels nous voyons se faire – et parfois se défaire – une liaison plus ou moins forte. Un peu d’ironie, une illustration de toutes les palettes, du coup de foudre au mariage de raison, chaque histoire donne sa version de l’amour, sans exclure les autres. Une lecture sympathique, dans un format à l’italienne agréable et adapté à ce type de recueil de récits.

20/03/2024 (modifier)
Couverture de la série La Guerre secrète de l'espace
La Guerre secrète de l'espace

Je trouve dommage que cette série soit abandonnée avant la conclusion d'un tome 3 qui aurait rééquilibré l'histoire du côté américain. Toutefois j'ai beaucoup aimé la lecture des deux premiers tomes qui font la part belle aux succès soviétique sous l'impulsion de son génial savant Sergueï Korolev. Hautière propose un récit bien documenté qui éclaire la progression de la recherche soviétique malgré les embuches politiques ou administratives. Débuté sous Staline, puis continué sous Kroutchev et enfin Brejnev il a fallu à Korolev une forte intelligence de la situation pour perdurer à ces différents changements de Premier Secrétaire. C'est cette cohérence d'action qui a permis aux Soviétique de prendre une forte avance dans le domaine de l'espace. Pour mettre du piment dramatique les auteurs y ajoutent un volet espionnage sur deux niveaux (interne russe et externe américain). Le scénario est habilement construit pour donner un intérêt qui dépasse le simple documentaire d'une conquête de l'espace. J'ai bien aimé les propositions de Régis Hautière dans la confrontation entre Netchaïev et Aksakov (KGB). L'auteur choisit deux adversaires intelligents pour aboutir à un final bien réussi. J'ai une petite réserve sur le graphisme de Cuvillier. C'est une de ses premières séries et je trouve que certains passages ne sont pas assez maîtrisés. J'ai eu plusieurs fois du mal dans certains visages. Par contre l'ambiance de la base soviétique est bien rendue et parfaitement crédible. Une lecture qui m'a bien accroché sur une thématique d'espionnage USA vs URSS qui m'intéresse toujours. Cette série qui apporte détente et découverte aurait mérité un tome 3 plus centré sur la progression américaine. Un bon 3

20/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Rip Kirby
Rip Kirby

J’ai emprunté plusieurs albums de la série, « pour voir », et j’ai été plutôt agréablement surpris par cette lecture. J’ai en tout cas davantage accroché que sur les Flash Gordon du même auteur. D’abord (et surtout, c’est le principal atout je pense !) parce que son dessin a ici gagné en maturité. Son Noir et Blanc est maîtrisé, son trait classique est d’une grande fluidité et, on peut le dire, d’une grande modernité. Il ne fait clairement pas son âge ! Avec des cases petites, Raymond est avare de décors, et mise tout sur ses personnages, qui sont très réussis. En particulier les femmes, toutes des pin-up fortement influencées par le style de Caniff, qui venait de publier Male Call (sa Miss Lace a peut-être servi de modèle à Raymond pour plusieurs de ses personnages féminins). J’ai lu le bel album au format à l’italienne reprenant plusieurs des premières histoires, et les tome 3 et 6 (« Les deux mères » et « La disparition de Melody Lane »), et je dois dire que sur les deux derniers, les cases étaient trop petites, et le texte – assez abondant, souvent difficile à déchiffrer. Alors que le grand à l’italienne (sur le modèle de ce que faisaient les éditions Futuropolis pour les reprints d’ « ancêtres » américains, y compris pour les textes de présentation en début d’album), plus fidèle au format strips d’origine, et avec des cases du coup bien plus grandes, était beaucoup facile à lire. Les histoires quant à elles sont aussi plus lisibles que je ne le craignais. Certes, le héros est un brin macho, sûr de lui, mais sa personnalité est plus nuancée et moins brut de décoffrage que beaucoup de privés des polars américains. Certes, les femmes sont quand même cantonnées aux seconds rôles et, sans être uniquement de jolies (très jolies en l’occurrence !) potiches, cet aspect est marqué par son époque (immédiat après-guerre). Et le texte est souvent un peu trop abondant (ce qui accentue le problème de taille évoqué plus haut). Mais, cela dit, les intrigues policières se laissent quand même lire. Là aussi, comme pour le dessin, il y a de nets progrès par rapport à « Flash Gordon », et Raymond nous donne à voir quelque chose de moins naïf et « grossier » que ce qui se faisait le plus souvent à l’époque. Kirby, détective amateur mais néanmoins très perspicace (mais qui est aussi un scientifique éprouvé, et qui a suffisamment de moyens et de temps pour ne pas être bloqué par les contingences du vulgum pecus), est épaulé par son impeccable majordome Desmond, et couvé du regard par Dorian, sa blonde fiancée qui n’hésite pas à participer aux enquêtes (elle se trouve ainsi à plusieurs reprises être une femme à sauver par le héros !). Pas mal d’aspects datés, mais au final, ça reste lisible et ça a bien mieux vieilli que la plupart des séries des années 1940-50 (et le très bon dessin de Raymond aide à ne pas trop sentir le poids des années).

19/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Destination le Tchad
Destination le Tchad

Après "Moi, Antibalaka", Florent Kassaï continue à nous exposer les malheurs de son pays dévasté par un conflit ethnique très violent. Comme dans son premier ouvrage, l'auteur renvoie les deux parties dos à dos. En effet, les "combattants" des deux camps sont emprisonnés dans leur haine et leurs intérêts. L'histoire de Zenabou est l'histoire de milliers de jeunes femmes qui cherchent refuge dans un inconnu dangereux. Florent Kassaï ne force pas trop la dose et propose même une issue de réconciliation entre les deux parties. Le récit est direct, simple et courageux. En effet un lecteur Centrafricain peut avoir du mal à comprendre les choix d'Aubino qui porte secours à Zenabou au détriment de sa famille. Le chemin de réconciliation n'est pas simple partout dans le monde. C'est pourquoi j'aime ce type d'ouvrage qui propose une vue de l'intérieur pour sortir de la spirale de haine.

19/03/2024 (modifier)