Après "Moi, Antibalaka", Florent Kassaï continue à nous exposer les malheurs de son pays dévasté par un conflit ethnique très violent.
Comme dans son premier ouvrage, l'auteur renvoie les deux parties dos à dos. En effet, les "combattants" des deux camps sont emprisonnés dans leur haine et leurs intérêts.
L'histoire de Zenabou est l'histoire de milliers de jeunes femmes qui cherchent refuge dans un inconnu dangereux. Florent Kassaï ne force pas trop la dose et propose même une issue de réconciliation entre les deux parties.
Le récit est direct, simple et courageux. En effet un lecteur Centrafricain peut avoir du mal à comprendre les choix d'Aubino qui porte secours à Zenabou au détriment de sa famille.
Le chemin de réconciliation n'est pas simple partout dans le monde. C'est pourquoi j'aime ce type d'ouvrage qui propose une vue de l'intérieur pour sortir de la spirale de haine.
J’aime bien les autobiographies, et je suis friand de récits nostalgiques parlant de l’enfance. Je ressors toutefois mitigé de ma lecture.
C’est finalement l’auteur qui exprime parfaitement mon ressenti dans la postface : « A quoi bon se raconter, quand l’histoire vécue semble insignifiante ? ». Bon, sans être aussi dur et définitif, je trouve quand même que cette histoire est par moment très, voire trop personnelle. Certains passages m’ont interpelé et intéressé (le métier de gardien de passage à niveau, les conditions de vie de l’époque), d’autres, moins. Et j’ai trouvé ça un peu long (144 pages quand même).
La mise en image est chouette, avec différents styles selon l’époque.
Une lecture sympathique, mais un peu longuette, et pas vraiment marquante en ce qui me concerne. 3/5 de justesse.
C'est une histoire drôle et légère que nous proposent Philippe Charlot et Eric Hübsch avec lesquels c'est, pour l'un comme pour l'autre, ma première rencontre.
Je sors charmé de cette lecture. Ca se lit très bien, les dialogues sont absolument truculents, tout comme le sujet. On sent que notre paire d'auteurs à bosser sa matière (fécale bien entendu), ce qui confère un background historique consistant à cette petite histoire brassée à la grande.
La conclusion se pose comme une morale de La Fontaine, en gros : ne pas chercher à péter plus haut que son cul. En outre, quelques pages historiques en fin d'ouvrage proposent un appréciable supplément, notamment sur l'origine de l'hymne anglais qui était au départ intitulé "Dieu sauve le roi", puisque composé par Lully en l'honneur de Louis le quatorzième. Mais à ce sujet, il y a polémique outre-Manche...
Sur les dernières pages, l'histoire se précipite et la conclusion arrive un peu brusquement à mon goût. Mais je tatillonne.
Bonne BD, sans grande originalité, mais néanmoins exempte de faiblesse, avec même de l'humour drôle (je précise pour éviter les risques de confusion avec l'humour pas drôle), qui se lit bien.
2.5
Posy Simmonds aime bien les bandes dessinées qui mélangent l'art séquentiel et les longs textes. Encore une fois, cela donne une narration vraiment pas très entreprenante et il m'a fallut un jour et demi pour finir l'album.
Malgré tout, j'ai tout de même mieux accroché qu'avec Tamara Drewe Il faut dire que l'idée de départ, transporté Madame Bovary dans le monde moderne avec un coté meta parce qu'on va comparer ce qui se passe dans cet BD avec l'action du roman. Il y a des bons moments, j'aime particulièrement les jugements de madame Bovery sur sa vie en France.
Le texte est souvent savoureux, mais cela reste un peu laborieux à lire et il y a des longueurs. Ce n'est pas un album que je pense relire un jour.
Étrange album, qu’il ne faut pas lire pour se remonter le moral. En effet, Miguel Vila nous dresse ici le portrait très triste et quasi désespérant d’une jeunesse italienne (l’intrigue se situe en Vénétie).
Les relations entre les différents protagonistes sont froides, pleines de non-dits et de rancœur. La plupart des personnages trainent un mal être qui s’exprime difficilement (parfois l’un d’entre eux pète les plombs, comme cette caissière qui gueule au micro du supermarché des horreurs sur ses collègues !).
Les rumeurs, les réseaux sociaux forment un lien des plus fragiles et surtout des plus artificiels et vains. même l'amour - surtout l'amour! - ne parvient pas à prendre racine dans le marais d'ennui et de frustrations dans lequel Vila laissent se débattre ses personnages.
Et le dessin, lui aussi très froid, renforce cette impression de malaise, ressenti à plusieurs reprises en suivant les personnages, qui tentent de surnager dans un océan de médiocrité et de solitude (la colorisation, assez terne, joue elle aussi dans le même registre). La mise en pages est par contre plus originale et dynamique, cassant les codes habituels.
Une lecture sympathique.
Sans esbroufe, Marco développe un univers Fantasy simple mais intéressant, avec une narration qui use d’une trame classique : un vieil homme raconte à son petit-fils ses aventures (surtout deux d’entre-elles).
C’est ainsi que nous le voyons, plus jeune, alors qu’il n’est qu’une sorte de mercenaire, avoir affaire à un géant (aventure dont il ne sort pas grandi – qu’on me pardonne ce jeu de mots), qu’il survit à la menace des Gobelins, et qu’il doit faire avec les pouvoirs de la magie.
Le dessin, très moderne, est plutôt agréable, et le récit (qui aurait tout aussi bien pu donner lieu à des suites) est assez plaisant. Une lecture tout public.
J'ai toujours du plaisir à découvrir des séries à l'ancienne. J'avais apprécié le travail de Jean-Yves Brouard dans son scénario de "Allan Mc Bride".
Le personnage de Quentin Foloiseau est plus ancien mais on retrouve déjà les aspirations écologiques de l'auteur. Il faut souligner que Brouard et Hiettre débutaient sous la houlette de Jean-Claude Fournier dans son atelier de Rennes.
On retrouve des thèmes importants comme l'identité des tribus et leur culture, le respect de l'environnement et la primauté du savoir partagé sur l'intérêt égoïste.
Toutefois j'ai perçu quelques maladresses dans le déroulement du récit. Brouard introduit trop de rebondissements assez répétitifs dans le déroulé initial de l'histoire. Cela fait un récit qui traine un peu autour des sabotages successifs dont certains sont superflus.
Ensuite dans sa volonté explicative scientifique, Brouard rend ses personnages très, voire, trop bavards. Enfin la charmante Askelle fait un peu jolie potiche avec son mini short et ses tennis en pleine jungle amazonienne.
Enfin la conclusion retombe dans des schéma assez convenus (vilaine CIA) et une fin expéditive qui évite les explications poussées.
C'est donc un gentil récit d'aventure dans un esprit Spirou des années 70 pour un public ado assez jeune. Cela reste agréable à lire même si j'ai trouvé certains passages un peu longs.
Le graphisme de Jean-Luc Hiettre est une ligne claire semi réaliste très classique. Les personnages sont très détaillés. L'auteur apporte beaucoup de soin à ses décors extérieurs et aux dessins d'avions.
Toutefois l'ambiance est un peu figée et on a du mal à se croire en pleine Amazonie tellement les déplacements semblent faciles.
Une lecture plaisante mais un peu fade.
Dans la mythologie grecque, Aristée est un dieu mineur, le dieu associé à l'activité pastorale et à l'agriculture.
Un album qui permet de vagabonder sur notre jolie planète, de passer de la ville inquiétante à une nature mystérieuse. Pour fil conducteur, une forme humanoïde d'une blancheur fantomatique, elle semble observer.
Vincent Vanoli propose une narration muette qui laissera aux lecteurs le choix d'interpréter la succession d'images.
Peut-être l'âme de la Terre ou Aristée lui-même qui vient faire le tour de son propriétaire, un état des lieux...
Un dessin somptueux dans un beau format à l'italienne. Une image par planche pour mieux déambuler et en apprécier tous les détails. Un noir et blanc charbonneux qui est pour beaucoup dans mon plaisir de lecture.
Une BD contemplative.
Coup de cœur graphique.
Une trilogie bien sympathique, j’avais déjà pu l’apprécier lors de sa sortie dans Lanfeust Mag mais la récente relecture ne vient pas ternir mon souvenir.
Le dessin d’Alary est en pleine maturité, fluide et dynamique. Ses personnages sont bien campés, leurs expressions sont réussies, comme les couvertures. Bref une partie graphique plutôt sympatoche.
Mais tout ça n’est rien sans une bonne histoire, et si cette dernière se révèle sans grosses surprises, le duo de scénaristes a suffisamment de talent pour rendre aux lecteurs la lecture agréable.
L’humour passe assez bien (pas toujours le cas dans les albums d’Arleston), des personnages bien trouvés (Azna, la sorcière …), il n’y a pas vraiment de moments creux, et surtout ça joue astucieusement avec l’univers fantastique de Bagdad, que tout le monde connaît (génie, tapis volant …), pour aboutir à un récit original.
Une bonne série détente.
3,5
Toute expérience est bonne à prendre… mais on se passerait facilement de certaines. En 2020, Jean-Christophe Chauzy apprend qu’il est atteint d’une myélofibrose. Ses seules chances de survie résident dans un don de moëlle osseuse et dans son malheur, il a la chance que sa sœur soit compatible à 100% (sang pour sang, comme il le dit lui-même très justement). Commence alors un long combat semé d’espoirs et de rechutes, d’angoisses et d’apitoiement sur soi-même.
Jean-Christophe Chauzy ne s’attarde pas trop sur la spécificité de sa maladie ni sur la complexité des traitements. Il fait confiance au corps médical et se repose entièrement sur celui-ci. Ce livre raconte donc son expérience et se focalise surtout sur la manière dont il va traverser cette épreuve. Epreuve d’’autant plus particulière qu’il la traverse alors même que la COVID sévit en France (nouvelle source d’angoisse lorsqu’on est soi-même privé de ses défenses immunitaires).
Si l’auteur n’en sort pas grandi, il a le mérite de dresser un tableau de lui-même sans complaisance. Beaucoup d’apitoiement sur lui-même, énormément d’angoisses, il ressasse, ressasse et ressasse encore, bouffé par le stress et la culpabilité (de dépendre des autres ou de s’apitoyer sur lui-même). Ce livre lui sert autant d’exutoire qu’il lui permet de remercier celles et ceux (mais surtout celles, car il y a peu d’hommes dans cette histoire) qui l’auront soutenu dans cette terrible épreuve. En ma qualité de lecteur ‘extérieur’, je dois bien avouer ne pas avoir été spécialement touché par le récit. Sans doute est-il trop nombriliste (ce n’est pas un reproche mais juste un constat : tant que l’on n’a pas soi-même traversé ce genre d’épreuve, il me semblerait absurde et grossier de juger de la réaction d’une autre personne face à la maladie et rien ne dit que j’aurais agi avec plus d’altruisme ou de positivisme).
Au niveau du dessin, le travail est impressionnant et, là encore, sans concession. Chauzy s’y dévoile dans une crudité brutale. Le rouge sang est longtemps la seule couleur qui vient s’ajouter à la grisaille. Aussi, lorsque subitement la couleur fait son retour, elle est signe d’espoir et de fraicheur.
Si vous aimez ce genre de témoignage, celui-ci est très brut et sans complaisance pour le patient (et auteur du livre). Il a le mérite de l’honnêteté et montre bien l’état de dépendance dans lequel Jean-Christophe Chauzy s’est retrouvé durant cette période. Au vu du travail effectué, il m’est impossible de descendre en-dessous d’un 3/5 mais mon manque d’empathie pour l’auteur m’aura sans doute empêché d’apprécier cet album à sa juste valeur.
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Destination le Tchad
Après "Moi, Antibalaka", Florent Kassaï continue à nous exposer les malheurs de son pays dévasté par un conflit ethnique très violent. Comme dans son premier ouvrage, l'auteur renvoie les deux parties dos à dos. En effet, les "combattants" des deux camps sont emprisonnés dans leur haine et leurs intérêts. L'histoire de Zenabou est l'histoire de milliers de jeunes femmes qui cherchent refuge dans un inconnu dangereux. Florent Kassaï ne force pas trop la dose et propose même une issue de réconciliation entre les deux parties. Le récit est direct, simple et courageux. En effet un lecteur Centrafricain peut avoir du mal à comprendre les choix d'Aubino qui porte secours à Zenabou au détriment de sa famille. Le chemin de réconciliation n'est pas simple partout dans le monde. C'est pourquoi j'aime ce type d'ouvrage qui propose une vue de l'intérieur pour sortir de la spirale de haine.
Entre deux gares
J’aime bien les autobiographies, et je suis friand de récits nostalgiques parlant de l’enfance. Je ressors toutefois mitigé de ma lecture. C’est finalement l’auteur qui exprime parfaitement mon ressenti dans la postface : « A quoi bon se raconter, quand l’histoire vécue semble insignifiante ? ». Bon, sans être aussi dur et définitif, je trouve quand même que cette histoire est par moment très, voire trop personnelle. Certains passages m’ont interpelé et intéressé (le métier de gardien de passage à niveau, les conditions de vie de l’époque), d’autres, moins. Et j’ai trouvé ça un peu long (144 pages quand même). La mise en image est chouette, avec différents styles selon l’époque. Une lecture sympathique, mais un peu longuette, et pas vraiment marquante en ce qui me concerne. 3/5 de justesse.
Le Royal Fondement - L'Histoire vraie de la face cachée du Roi Soleil
C'est une histoire drôle et légère que nous proposent Philippe Charlot et Eric Hübsch avec lesquels c'est, pour l'un comme pour l'autre, ma première rencontre. Je sors charmé de cette lecture. Ca se lit très bien, les dialogues sont absolument truculents, tout comme le sujet. On sent que notre paire d'auteurs à bosser sa matière (fécale bien entendu), ce qui confère un background historique consistant à cette petite histoire brassée à la grande. La conclusion se pose comme une morale de La Fontaine, en gros : ne pas chercher à péter plus haut que son cul. En outre, quelques pages historiques en fin d'ouvrage proposent un appréciable supplément, notamment sur l'origine de l'hymne anglais qui était au départ intitulé "Dieu sauve le roi", puisque composé par Lully en l'honneur de Louis le quatorzième. Mais à ce sujet, il y a polémique outre-Manche... Sur les dernières pages, l'histoire se précipite et la conclusion arrive un peu brusquement à mon goût. Mais je tatillonne. Bonne BD, sans grande originalité, mais néanmoins exempte de faiblesse, avec même de l'humour drôle (je précise pour éviter les risques de confusion avec l'humour pas drôle), qui se lit bien.
Gemma Bovery
2.5 Posy Simmonds aime bien les bandes dessinées qui mélangent l'art séquentiel et les longs textes. Encore une fois, cela donne une narration vraiment pas très entreprenante et il m'a fallut un jour et demi pour finir l'album. Malgré tout, j'ai tout de même mieux accroché qu'avec Tamara Drewe Il faut dire que l'idée de départ, transporté Madame Bovary dans le monde moderne avec un coté meta parce qu'on va comparer ce qui se passe dans cet BD avec l'action du roman. Il y a des bons moments, j'aime particulièrement les jugements de madame Bovery sur sa vie en France. Le texte est souvent savoureux, mais cela reste un peu laborieux à lire et il y a des longueurs. Ce n'est pas un album que je pense relire un jour.
Padovaland
Étrange album, qu’il ne faut pas lire pour se remonter le moral. En effet, Miguel Vila nous dresse ici le portrait très triste et quasi désespérant d’une jeunesse italienne (l’intrigue se situe en Vénétie). Les relations entre les différents protagonistes sont froides, pleines de non-dits et de rancœur. La plupart des personnages trainent un mal être qui s’exprime difficilement (parfois l’un d’entre eux pète les plombs, comme cette caissière qui gueule au micro du supermarché des horreurs sur ses collègues !). Les rumeurs, les réseaux sociaux forment un lien des plus fragiles et surtout des plus artificiels et vains. même l'amour - surtout l'amour! - ne parvient pas à prendre racine dans le marais d'ennui et de frustrations dans lequel Vila laissent se débattre ses personnages. Et le dessin, lui aussi très froid, renforce cette impression de malaise, ressenti à plusieurs reprises en suivant les personnages, qui tentent de surnager dans un océan de médiocrité et de solitude (la colorisation, assez terne, joue elle aussi dans le même registre). La mise en pages est par contre plus originale et dynamique, cassant les codes habituels.
Mémoires d'un Guerrier
Une lecture sympathique. Sans esbroufe, Marco développe un univers Fantasy simple mais intéressant, avec une narration qui use d’une trame classique : un vieil homme raconte à son petit-fils ses aventures (surtout deux d’entre-elles). C’est ainsi que nous le voyons, plus jeune, alors qu’il n’est qu’une sorte de mercenaire, avoir affaire à un géant (aventure dont il ne sort pas grandi – qu’on me pardonne ce jeu de mots), qu’il survit à la menace des Gobelins, et qu’il doit faire avec les pouvoirs de la magie. Le dessin, très moderne, est plutôt agréable, et le récit (qui aurait tout aussi bien pu donner lieu à des suites) est assez plaisant. Une lecture tout public.
Quentin Foloiseau
J'ai toujours du plaisir à découvrir des séries à l'ancienne. J'avais apprécié le travail de Jean-Yves Brouard dans son scénario de "Allan Mc Bride". Le personnage de Quentin Foloiseau est plus ancien mais on retrouve déjà les aspirations écologiques de l'auteur. Il faut souligner que Brouard et Hiettre débutaient sous la houlette de Jean-Claude Fournier dans son atelier de Rennes. On retrouve des thèmes importants comme l'identité des tribus et leur culture, le respect de l'environnement et la primauté du savoir partagé sur l'intérêt égoïste. Toutefois j'ai perçu quelques maladresses dans le déroulement du récit. Brouard introduit trop de rebondissements assez répétitifs dans le déroulé initial de l'histoire. Cela fait un récit qui traine un peu autour des sabotages successifs dont certains sont superflus. Ensuite dans sa volonté explicative scientifique, Brouard rend ses personnages très, voire, trop bavards. Enfin la charmante Askelle fait un peu jolie potiche avec son mini short et ses tennis en pleine jungle amazonienne. Enfin la conclusion retombe dans des schéma assez convenus (vilaine CIA) et une fin expéditive qui évite les explications poussées. C'est donc un gentil récit d'aventure dans un esprit Spirou des années 70 pour un public ado assez jeune. Cela reste agréable à lire même si j'ai trouvé certains passages un peu longs. Le graphisme de Jean-Luc Hiettre est une ligne claire semi réaliste très classique. Les personnages sont très détaillés. L'auteur apporte beaucoup de soin à ses décors extérieurs et aux dessins d'avions. Toutefois l'ambiance est un peu figée et on a du mal à se croire en pleine Amazonie tellement les déplacements semblent faciles. Une lecture plaisante mais un peu fade.
Aristée
Dans la mythologie grecque, Aristée est un dieu mineur, le dieu associé à l'activité pastorale et à l'agriculture. Un album qui permet de vagabonder sur notre jolie planète, de passer de la ville inquiétante à une nature mystérieuse. Pour fil conducteur, une forme humanoïde d'une blancheur fantomatique, elle semble observer. Vincent Vanoli propose une narration muette qui laissera aux lecteurs le choix d'interpréter la succession d'images. Peut-être l'âme de la Terre ou Aristée lui-même qui vient faire le tour de son propriétaire, un état des lieux... Un dessin somptueux dans un beau format à l'italienne. Une image par planche pour mieux déambuler et en apprécier tous les détails. Un noir et blanc charbonneux qui est pour beaucoup dans mon plaisir de lecture. Une BD contemplative. Coup de cœur graphique.
SinBad
Une trilogie bien sympathique, j’avais déjà pu l’apprécier lors de sa sortie dans Lanfeust Mag mais la récente relecture ne vient pas ternir mon souvenir. Le dessin d’Alary est en pleine maturité, fluide et dynamique. Ses personnages sont bien campés, leurs expressions sont réussies, comme les couvertures. Bref une partie graphique plutôt sympatoche. Mais tout ça n’est rien sans une bonne histoire, et si cette dernière se révèle sans grosses surprises, le duo de scénaristes a suffisamment de talent pour rendre aux lecteurs la lecture agréable. L’humour passe assez bien (pas toujours le cas dans les albums d’Arleston), des personnages bien trouvés (Azna, la sorcière …), il n’y a pas vraiment de moments creux, et surtout ça joue astucieusement avec l’univers fantastique de Bagdad, que tout le monde connaît (génie, tapis volant …), pour aboutir à un récit original. Une bonne série détente. 3,5
Sang neuf
Toute expérience est bonne à prendre… mais on se passerait facilement de certaines. En 2020, Jean-Christophe Chauzy apprend qu’il est atteint d’une myélofibrose. Ses seules chances de survie résident dans un don de moëlle osseuse et dans son malheur, il a la chance que sa sœur soit compatible à 100% (sang pour sang, comme il le dit lui-même très justement). Commence alors un long combat semé d’espoirs et de rechutes, d’angoisses et d’apitoiement sur soi-même. Jean-Christophe Chauzy ne s’attarde pas trop sur la spécificité de sa maladie ni sur la complexité des traitements. Il fait confiance au corps médical et se repose entièrement sur celui-ci. Ce livre raconte donc son expérience et se focalise surtout sur la manière dont il va traverser cette épreuve. Epreuve d’’autant plus particulière qu’il la traverse alors même que la COVID sévit en France (nouvelle source d’angoisse lorsqu’on est soi-même privé de ses défenses immunitaires). Si l’auteur n’en sort pas grandi, il a le mérite de dresser un tableau de lui-même sans complaisance. Beaucoup d’apitoiement sur lui-même, énormément d’angoisses, il ressasse, ressasse et ressasse encore, bouffé par le stress et la culpabilité (de dépendre des autres ou de s’apitoyer sur lui-même). Ce livre lui sert autant d’exutoire qu’il lui permet de remercier celles et ceux (mais surtout celles, car il y a peu d’hommes dans cette histoire) qui l’auront soutenu dans cette terrible épreuve. En ma qualité de lecteur ‘extérieur’, je dois bien avouer ne pas avoir été spécialement touché par le récit. Sans doute est-il trop nombriliste (ce n’est pas un reproche mais juste un constat : tant que l’on n’a pas soi-même traversé ce genre d’épreuve, il me semblerait absurde et grossier de juger de la réaction d’une autre personne face à la maladie et rien ne dit que j’aurais agi avec plus d’altruisme ou de positivisme). Au niveau du dessin, le travail est impressionnant et, là encore, sans concession. Chauzy s’y dévoile dans une crudité brutale. Le rouge sang est longtemps la seule couleur qui vient s’ajouter à la grisaille. Aussi, lorsque subitement la couleur fait son retour, elle est signe d’espoir et de fraicheur. Si vous aimez ce genre de témoignage, celui-ci est très brut et sans complaisance pour le patient (et auteur du livre). Il a le mérite de l’honnêteté et montre bien l’état de dépendance dans lequel Jean-Christophe Chauzy s’est retrouvé durant cette période. Au vu du travail effectué, il m’est impossible de descendre en-dessous d’un 3/5 mais mon manque d’empathie pour l’auteur m’aura sans doute empêché d’apprécier cet album à sa juste valeur.