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Couverture de la série Sang neuf
Sang neuf

Toute expérience est bonne à prendre… mais on se passerait facilement de certaines. En 2020, Jean-Christophe Chauzy apprend qu’il est atteint d’une myélofibrose. Ses seules chances de survie résident dans un don de moëlle osseuse et dans son malheur, il a la chance que sa sœur soit compatible à 100% (sang pour sang, comme il le dit lui-même très justement). Commence alors un long combat semé d’espoirs et de rechutes, d’angoisses et d’apitoiement sur soi-même. Jean-Christophe Chauzy ne s’attarde pas trop sur la spécificité de sa maladie ni sur la complexité des traitements. Il fait confiance au corps médical et se repose entièrement sur celui-ci. Ce livre raconte donc son expérience et se focalise surtout sur la manière dont il va traverser cette épreuve. Epreuve d’’autant plus particulière qu’il la traverse alors même que la COVID sévit en France (nouvelle source d’angoisse lorsqu’on est soi-même privé de ses défenses immunitaires). Si l’auteur n’en sort pas grandi, il a le mérite de dresser un tableau de lui-même sans complaisance. Beaucoup d’apitoiement sur lui-même, énormément d’angoisses, il ressasse, ressasse et ressasse encore, bouffé par le stress et la culpabilité (de dépendre des autres ou de s’apitoyer sur lui-même). Ce livre lui sert autant d’exutoire qu’il lui permet de remercier celles et ceux (mais surtout celles, car il y a peu d’hommes dans cette histoire) qui l’auront soutenu dans cette terrible épreuve. En ma qualité de lecteur ‘extérieur’, je dois bien avouer ne pas avoir été spécialement touché par le récit. Sans doute est-il trop nombriliste (ce n’est pas un reproche mais juste un constat : tant que l’on n’a pas soi-même traversé ce genre d’épreuve, il me semblerait absurde et grossier de juger de la réaction d’une autre personne face à la maladie et rien ne dit que j’aurais agi avec plus d’altruisme ou de positivisme). Au niveau du dessin, le travail est impressionnant et, là encore, sans concession. Chauzy s’y dévoile dans une crudité brutale. Le rouge sang est longtemps la seule couleur qui vient s’ajouter à la grisaille. Aussi, lorsque subitement la couleur fait son retour, elle est signe d’espoir et de fraicheur. Si vous aimez ce genre de témoignage, celui-ci est très brut et sans complaisance pour le patient (et auteur du livre). Il a le mérite de l’honnêteté et montre bien l’état de dépendance dans lequel Jean-Christophe Chauzy s’est retrouvé durant cette période. Au vu du travail effectué, il m’est impossible de descendre en-dessous d’un 3/5 mais mon manque d’empathie pour l’auteur m’aura sans doute empêché d’apprécier cet album à sa juste valeur.

18/03/2024 (modifier)
Par karibou79
Note: 3/5
Couverture de la série Les Dinosaures de l'Apocalypse
Les Dinosaures de l'Apocalypse

Le pitch: dans un univers fluo, des chats humanoïdes se font tracer par des dinosaures par esprit de défi. Oui, ça paraît con-con et ça l'est. Mais c'est fluide et hyper fun en diable. Comment refuser l'achat à son gamin et d'obtenir une dédicace de ce Danois super sympa faisant la ronde des festivals BD. Ça ne marquera pas les annales de la BD, c'est très vite lu et de fait assez cher mais ce livre, qui s'apparente à un story-board, offre un très bon moment de lecture animée. Le fiston et ses copains l'approuvent tous en bloc. Du même auteur, les plus grands pencheront sans doute pour La Sorcière en haut de la montagne.

18/03/2024 (modifier)
Par karibou79
Note: 3/5
Couverture de la série La Sorcière en haut de la montagne
La Sorcière en haut de la montagne

Merci à l'auteur d'avoir fait la tournée des salons BD de France, cela a permis à un large public de découvrir ses chouettes aventures muettes et bi-colorées (avec au choix des couvertures hyper fluorées ou sobres et mystérieuses). La mise en place est rapide et reconnaissable comme un Indiana Jones ou Lara Croft. Et cela permet à l'auteur de passer la seconde avec une course-poursuite débridée qui ne laisse pas de temps morts. Il n'y a pas vraiement de finalité, l'histoire n'est finalement que prétexte à un exercice de style. Lecture rapide mais qui donne une envie de relecture. Et cela ravira tous les grands enfants de passage.

18/03/2024 (modifier)
Couverture de la série La Callas et Pasolini, un amour impossible
La Callas et Pasolini, un amour impossible

Honnêtement, je sors de cette lecture avec un sentiment plus positif que ce que les 10 premières pages m'avaient fait craindre... mais je ne suis tout de même pas séduit au point d'accorder autre chose qu'un simple "pas mal" à cette évocation de la liaison d'amour/amitié entre la Callas et Pasolini. Je partais de loin car si je connais la Callas de voix, le nom de Pasolini ne me disait rien du tout. De plus, les deux artistes évoluent au sein d'un milieu mondain très éloigné de mes propres préoccupations. Heureusement, après une première partie de récit dans laquelle on navigue entre soirées mondaines et évocation des relations amoureuses de ces personnages, la seconde partie nous emmène au Brésil, dans les favelas, où les deux personnages se cherchent et se dévoilent. La bande dessinée n'est pas désagréable à lire. la narration de Dufaux est fluide et le dessin de Briotti est facile d'accès. Il m'est apparu un peu raide par moments et pas exempt d'erreurs (LMG m'a fait remarquer la 'disparition' des tatouages d'un des personnages) mais j'ai apprécié le travail effectué notamment sur les scènes de foule et sur les décors. Deux jours après cette lecture, je ne peux m'empêcher de penser que ce qui est évoqué ici est quand même très anecdotique. Mais la mélancolie et le mal-être des personnages sont bien retranscrits, les éclairant sous un angle peut-être moins connu (mais comme je ne les connaissais que très mal, je ne peux pas le certifier). Pas mal, quoi, mais pas un indispensable et une lecture que je ne conseillerais qu'à des lecteurs intéressés par ces artistes et ce milieu.

18/03/2024 (modifier)
Couverture de la série La Cuisine des ogres
La Cuisine des ogres

Généralement, pour ma pomme, un achat impulsif dépend bien plus du nom du scénariste ou du sujet du livre que du nom du dessinateur. Il y a toutefois des exceptions, et le nom de Jean-Baptiste Andreae en est une fameuse ! Il suffit que je voie son nom écrit sur la couverture d'une bande dessinée... en fait, il suffit que je reconnaisse son trait sur ladite couverture pour que je m'empare de l'objet. Andreae, pour moi, c'est la promesse d'une poésie gothique et flamboyante, de lumières sombres, de noirceurs lumineuses, de bleus profonds, de rondeurs, d'horreurs magnifiques et de beautés difformes. Alors, quand le sujet du livre semble avoir été spécialement choisi pour laisser le champ libre à l'artiste et quand le scénariste m'a déjà séduit par ailleurs, je me rue sur l'objet. A la lecture, j'ai trouvé ce que j'espérais... même si j'aurais aimé en avoir encore un peu plus. L'univers proposé convient à merveille à Jean-Baptiste Andreae et on sent bien qu'il s'y éclate. Ses planches sont riches de détails, de noirceur et de beauté. La colorisation est fascinante et envoutante. Les personnages sont à la fois séduisants et difformes. C'est vraiment beau à voir et c'est un délice de se plonger dans ces planches pour en scruter les petits détails. Le conte imaginé par Fabien Vehlmann est plaisant. Il dégage la noirceur et l'humour de la même couleur que l'on est en droit d'attendre d'un conte destiné (aussi) aux adultes. Il propose une belle palette de personnages mémorables (et pas seulement les principaux). Il offre une histoire riche en événements et en péripéties. Enfin la fin de cet album n'est pas celle à laquelle je m'attendais. Et ça, j'aime beaucoup ! Ce récit peut se lire comme un one-shot mais son sous-titre nous laisse espérer une suite (ce que sa fin laisse elle aussi sous-entendre). Quoiqu'il en soit, c'est une lecture que je ne peux que conseiller aux amateurs de contes sombres (mais pas parodiques) et aux amateurs de beaux dessins. Un très chouette moment d'évasion à livre ouvert.

18/03/2024 (modifier)
Par Titanick
Note: 3/5
Couverture de la série Hector le Boucher
Hector le Boucher

Les péripéties plus que mouvementées d’un gamin, fils de boucher, qui se destine à suivre les pas de son père dans la profession. Je dois avouer que les évènements se succèdent rapidement et permettent qu’on ne s’ennuie pas. Mais justement, on ne s’attarde pas sur quelques uns de ces personnages qui auraient pu être plus présents. Le Hector en question réalisera bien son rêve, mais au prix de quelques désillusions sur son milieu professionnel. Une petite critique des abattoirs et de la bouffe industrielle est distillée dans l’album. Sinon, j’ai trouvé que l’histoire finissait quand même en queue de poisson (et pas de cochon, wharf). Un dessin dynamique et des touches d’humour dans les noms des personnages et parsemées dans les décors. Divertissant mais sans plus.

17/03/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Pépin et Olivia
Pépin et Olivia

Pépin est un gamin de probablement six ans et Olivia est sa soeur de huit ou neuf ans. A cet âge, on est plus ou moins complices, et surtout à même de faire pas mal de bêtises... en toute innocence. Par chance, ces deux là ont une mère très patiente et compréhensive, et un père tout aussi gentil... quoique lui même assez gaffeur en terme d'expériences culinaires. Camille Jourdin les met en scène dans des histoires courtes d'une vingtaine de pages entrecoupées de séquences de deux pages servant à faire le lien entre l'une et la suivante. Ce sont de pures scènes du quotidien et elles sont très réalistes. Je me rappelle en particulier avoir été agacé par le comportement très égocentrique de Pépin dans la première histoire, parce que c'était exactement le comportement d'un gamin de son âge "maman ! maman ! maman ! regarde ! maman ! je m'ennuie ! maman !". Il s'avère plus sage dans les récits suivants, heureusement. Du quotidien réaliste, donc pas toujours passionnant. Et en même temps, c'est très bien fait, et il pointe ici et là de vraies bouffées de mignonnerie, de moments tendres, voire un peu de cocooning à l'envie de vivre une jolie vie de famille comme celle de ces quatre personnages. Qui plus est, le graphisme de Camille Jourdy est formidable. Simple et réaliste lui aussi, il est soigné, détaillé et très doux, créant une belle atmosphère, très joliment rehaussé par sa colorisation. J'avoue être parfois un peu sorti de ma lecture, pas réellement par ennui mais par manque de passion, mais j'en retiens malgré tout une belle impression de douceur et de vie de famille heureuse.

17/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Les experts
Les experts

Rien d’extraordinaire dans cette série, mais sa lecture est quand même agréable. Avec une économie de moyens notable, et ses personnages animaliers habituels (et un dessin presque « enfantin » dans son rendu), Anouk Ricard réussit à développer de petites histoires amusantes. C’est un humour un peu con, bébête, avec un « donneur de leçons » sûr de lui, le chien Pipo, et un « fan »/élève/camarade, le canard Cano. Même si les relations sont moins déséquilibrées que pour le duo Léonard/disciple de De Groot, l’humour joue quand même pas mal sur l’inégalité entre les deux. L’ensemble est donc divisé en courts chapitres, chacun constituant une « leçon », donnée par Pipo. Les histoires et l’humour, mais aussi les décors simplifiés et les personnages animaliers et enfantins font de cette série une sympathique lecture tout public.

17/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Théodora - La Reine courtisane
Théodora - La Reine courtisane

Même si j’ai tendance à mettre systématiquement la même note aux séries de cette collection, notre reine courtisane s’avère une bonne surprise, en plus d’un bon cru. Théodora m’était jusqu’alors inconnue, bien content de la découvrir via le médium. Dans ce premier tome, elle est loin d’être encore au sommet, on va prendre le temps de s’attarder sur sa personnalité pleine de caractère. Je trouve cette entame bien trouvée, de cette manière on s’attachera bien plus à notre héroïne, en fait il y aura un côté plus fluide que chez ses consœurs. J’y ressens un peu plus de liberté alors que le cadre historique est toujours aussi didactique, en gros ça m’a fait penser à Murena. Bon, la qualité graphique ne sera pas la même mais la dessinatrice ne déméritera pas pour autant, c’est fluide, constant et détaillé. Notre héroïne est admirablement mise en avant, elle enterre tout le monde niveau charisme. Du chouette boulot de la part de auteurs, j’attends le dernier tome de pied ferme.

17/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Au bout du fleuve
Au bout du fleuve

Pendanx connait bien l’Afrique. En tout cas il s’y intéresse et y a situé plusieurs de ses séries. J’ai lu il n’y a pas longtemps Abdallahi. Ici, c’est une histoire originale, contemporaine, et qui se révèle prenante. D’abord parce que le dessin est vraiment chouette. Agréable, dynamique. Ensuite parce que l’histoire est elle aussi intéressante, autour de Kémi, un jeune ado qui vivote et qui, après la mort de son père, part à la recherche de son frère jumeau, bravant mille dangers – mais rencontrant aussi sur son chemin des êtres prêts à l’aider – en traversant plusieurs pays pour finir dans l’enfer nigérian. Le personnage de Kémi est attachant. A la fois courageux et naïf, droit, endurant, il ne renonce jamais malgré les obstacles. C’est une chouette lecture, pleine d’aventures – humaines entre autres. Note réelle 3,5/5.

17/03/2024 (modifier)