Les derniers avis (48389 avis)

Par Bruno :)
Note: 3/5
Couverture de la série Wolverine - Jungle Saga
Wolverine - Jungle Saga

Léger, léger... Mignola reste très joli à regarder, comme toujours ; et permet d'aller au bout de cette historiette au scénario/prétexte à étoffer le background (un peu à l'éclairer aussi, peut-être ; mais, dans ce cas-là, c'est franchement raté ?!) d' Apocalypse, le super-méchant tout-puissant plusieurs fois millénaire créé par Simonson comme antagoniste principal de l'équipe de mutants X-Factor ; série qu'il orchestre mensuellement. Et, oui : c'est bien du Simonson ! Rapide, punchy et absolument dénué de subtilité et de profondeur : les personnages ne font que réagir et il ne faut pas espérer la moindre trace d'hésitation -ou même de jugement- de leur part. C'est trop court ou pas assez serré, c'est selon (!) ; et l'affrontement final n'a que peu d'intérêt. M'enfin, Wolvie aura tout de même eu le temps de semer sa petite graine -malheureusement très mal cultivée par les auteurs qui s'empareront de sa destinée, par la suite !

03/12/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Abyss Azure
Abyss Azure

Une sorte de relecture moderne de la petite sirène quoique cette fois-ci il y a deux héroïnes sirènes et non pas une ou plutôt on a divisé le rôle d'Ariel en deux personnages. La lecture des deux premiers tomes est sympathique sans que cela soit une œuvre exceptionnelle. Akihito Tomi possède un très beau trait qu'il maitrise bien. Il s'est particulièrement bien dessiner les femmes et il le montre bien car le lecteur masculin aura plusieurs occasions d'admirer les belles formes des personnages féminins. Le scénario est moins bon. C'est pas mauvais, mais cela prends tout de même un peu de temps avant qu'il y ait enfin de l'action. Je penserais que le deuxième tome me passionnerais plus que le premier tome qui est surtout introductif, mais j'ai trouvé que, si c'était divertissant, les personnages et les situations étaient souvent un peu trop basique pour faire sortir le manga du lot des centaines de titres qui sont publiés chaque année rien qu'en français. Il y a des nouveaux détails qui arrivent à la fin qui donne bien envie de lire le troisième et dernier tome, mais je doute que le dernier tiers va être exceptionnel. Divertissant, mais sans plus.

03/12/2023 (modifier)
Par Benjie
Note: 3/5
Couverture de la série Venezia
Venezia

Un avis partagé sur cette série. Le côté tonique des rebondissements, des dialogues et du dessin m’a vraiment plu mais le comique de situation répétitif m’a vite lassé. Monté comme une pièce de boulevard avec les portes qui claquent, sur fond de décor vénitien, de palais et de gondoles, le scénario prend un bon départ. Jouant à cache-cache dans les méandres de la Venise du XVIe siècle, les deux personnages se poursuivent, se piègent, se délivrent et se re-poursuivent. C’est sans fin. Une chose est sûre c’est que dessin, le caractère des personnages et les décors sont d’une cohérence quasi parfaite. Une série sympa qui rappelle pas mal de héros romanesques croisés au fil de nos lectures.

03/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Le Cordon infernal
Le Cordon infernal

Bretécher est une auteure avec laquelle j’ai beaucoup de mal. Ses albums m’ont le plus souvent déçu, laissé froid, avec un humour très daté. Ce recueil d’histoire courtes n’a pas déclenché de fous rires, loin de là. Mais c’est sans doute un des rares qui m’ait paru satisfaisant. En effet, plusieurs histoires sont intéressantes. Ma préférée est sans doute celle où un gamin cherche à en savoir plus sur la façon dont sont conçus les bébés, avec les inévitables questions déplacées au moment du repas. La dernière, qui donne son titre au recueil, est, elle aussi, intéressante : quasi muette, elle développe de façon allégorique les entraves que la société impose aux individus. Comme à l’habitude, le dessin est assez minimaliste, fait l’impasse sur les décors, mais il est suffisamment expressif (comme pouvait l’être celui de Reiser dans un genre proche) et lisible pour rendre la lecture fluide.

03/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Myrkos
Myrkos

Un univers fantasy mêlant des décors et autres détails de la Grèce antique avec d’autres proches du monde aztèque. C’est relativement original, le dessin est agréable et dynamique. Les jeux de mots sur les noms, qu’ils fassent référence à des personnages célèbres (Jésus) ou qu’ils ajoutent un peu d’humour, sont un peu lourdingues au bout d’un moment, on aurait facilement pu s’en passer je pense. L’intrigue se déroule dans une théocratie intransigeante et vaguement iconoclaste, en tout cas qui ne tolère pas d’innovation dans le domaine pictural. Le héros est justement un artiste, qui prend des libertés avec les normes, et est en passe d’inventer la perspective. On a là le grain de sable habituel, qui va s’opposer au mécanisme bien huilé de la dictature au pouvoir. L’histoire se laisse lire, c’est assez rythmé, sans être follement original. En tout cas, j’aurais bien aimé connaitre la suite, et l’abandon de la série, alors que l’intrigue connaissait un nouveau départ et un éloignement de la ville où tout s’était jusqu’à présent déroulé, nous frustre hélas d’une meilleure connaissance du monde dans lequel elle prenait place.

03/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Bouncer
Bouncer

J'ai été bien dérouté par l'extrême violence que j'ai lue dans les premiers épisodes. Toutefois j'ai trouvé le scenario suffisamment bien construit pour continuer ma lecture sur de nombreux épisodes. Il faut reconnaître que Jodorowsky propose une image du Wild West bien crédible sur de nombreux points même si cela s'écarte des codes. Et que cela est poussé souvent jusqu'à l'insoutenable voire comme une délectation de la perversité ambiante. Le personnage de Bouncer est très bien travaillé avec ses côtés attractifs ou repoussants. On doit accepter la loi du genre où il se tire de situations extravagantes pour proposer paradoxalement des fins très morales malgré de nombreux rudes passages où les innocents sympathiques sont souvent victimes de la pire des injustices. C'est un des paradoxes de la série. Au bout de quelques cycles le schéma devient répétitif ce qui m'a détaché de la série. Le graphisme de Boucq est très abouti avec beaucoup de recherches sur les physionomies et les expressions des personnages. Les détails des décors (saloon, ville ou paysages sauvages) sont tous très réussis. Cela donne une ambiance qui convient à la dureté du récit. Une série très élaborée graphiquement mais qui porte une violence excessive voire malsaine à mon goût.

03/12/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 3/5
Couverture de la série La Brigade Chimérique
La Brigade Chimérique

Un cadeau, encore : merci Thom ! Comme quasiment toutes les BD (sauf les Comic-Strips) lues depuis que j'ai dépassé la quarantaine, l'immersion a été un poil laborieuse : j'ai malheureusement un peu perdu cette faculté à appréhender en même temps le texte et l'image, intérêt principal du médium, et qui permet au récit d'une histoire d'être transcendé via cette fusion véritablement magique quand cet art si pluridisciplinaire est maitrisé. Autant le dire tout de suite : le graphisme choisi (presque du croquis, tant sa réalisation paraît rapide et bâclée (?!)) échoue à soutenir le sujet -pas léger car historiquement très précis, lui !- ; et ce même malgré le contexte Super-Héroïque, pourtant traditionnellement plus propice à l'efficacité qu'à la qualité. De fait, une bonne partie de l'originalité intrinsèque des héros de cette Brigade Chimérique -magnifique trouvaille !- est perdue dans l'absence de réelle mise en valeur graphique des personnages, de leurs pouvoirs spécifiques... En fait, tout ce qui fait l'intérêt pictural du genre ! Un peu incompréhensible (et frustrant) pour le lecteur amateur de Comics ; et s'il est bien un écueil "Franco-Belge" manifeste à l'ouvrage dans sa démonstration, c'est manifestement ici qu'il se trouve. Le contexte Européen n'a rien à y voir : Jean-Yves Mitton y est très bien arrivé, lui. Peut-être l'artiste n'est-il pas un familier des Super-Héros -ni un fan. Vraiment dommage car les intervenants étaient vraiment intéressants et potentiellement très riches d'exploitation, de ce point de vue-là ; sans compter un réel effort de la part de la coloriste pour essayer d'embellir la chose ! L'histoire, quant à elle, se lit facilement et recèle assez de circonvolutions scénaristiques et d'idées originales pour maintenir l'intérêt jusqu'à sa conclusion -logique et inspirée et désespérément déprimante, étant donnée l'époque où elle se déroule. Je n'ai pas passé un "bon" moment (l'Histoire avec un grand H, pour utile qu'elle soit, m'est toujours d'un incommensurable ennui...) mais force est de constater l'investissement des deux scénaristes à vouloir offrir une vision décalée et distrayante -et même assez poétique !-des années parmi les plus moches du Vingtième siècle.

03/12/2023 (modifier)
Par pol
Note: 3/5
Couverture de la série Un polar à Barcelone (Je suis leur silence)
Un polar à Barcelone (Je suis leur silence)

Une nouvelle fois Jordi Lafebre fait parler son talent de dessinateur. On reconnait son style dynamique, et comme d'habitude ses personnages expressifs sont une réussite. C'est une album bien agréable à lire et regarder. Coté scénario, l'auteur nous propose un vrai polar, avec meurtre et enquête, ce qui n'est pas pour me déplaire. Légère déception (anecdotique) par contre, le pitch annonce un polar à Barcelone... et hormis 2-3 planches max qui mettent en lumière la capitale catalane, cette histoire pourrait se dérouler dans n'importe quelle campagne. La narration de cette enquête est plutôt originale, un peu déroutante même. On ne suit pas un enquêteur qui avance dans ses investigations. Non, l'histoire est raconté au passé par une jeune femme à son psy, lors d'une séance de thérapie. Le récit alterne entre des séquences dans le cabinet, et d'autres qui prennent place sur les lieux de l'action. Cette narration astucieuse permet d'en apprendre beaucoup sur notre héroïne tout en faisant avancer l'histoire. Et il y a beaucoup à dire sur sa personnalité. Car elle est bipolaire et entend des voix. C'est à double tranchant, car si au début c'est efficace pour présenter le personnage, j'avoue m'être un peu lassé du système et avoir survolé certaines cases où ses tantes lui parle dans sa tête, quand ces discours ne faisait en rien avancer l'intrigue. L'enquête en elle même m'a plu et c'est avec curiosité que j'ai lu l'album d'une traite. Il y a un dernier aspect qui m'a titillé et m'empêche de mettre 4 étoiles. L'affaire tourne autour d'un héritage et de magouilles dans une société familiale. Eh bien j'ai trouvé ça un peu trop évident et trop simple à démêler pour notre jeune femme qui a un coup d'avance sur la police tout au long de l'histoire, alors qu'elle ne connait rien au sujet, ni personne la veille des faits. Certains personnages la déteste le mardi et se confient à elle le mercredi par exemple. Mis à part ces 2 petits bémols, c'est un album vraiment plaisant à lire.

03/12/2023 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
Couverture de la série Les Rôlistes
Les Rôlistes

Cette série a réveillé en moi quelques lointains échos de parties de jeux de rôles. Sur des canevas relativement diversifiés, Bruno Falba (oui, le même qui fait des celtiqueries chez Soleil) nous propose des gags ma foi assez divertissants, mettant en scène des rôlistes, de chaque côté du décor (ou de l'écran de MJ). Alors bien sûr, il y a quelques gags inspirés de la légendaire rivalité entre Elfes et Nains, , le côté crétin des gobelins... Rien de révolutionnaire, mais sympa tout de même. Sans être hilarants, ces gags sont agréables, grâce également au talent de Fabien Laouer, dont le style semi-réaliste et très expressif correspond bien à l'esprit de la série. Sympathique, donc.

29/05/2011 (MAJ le 02/12/2023) (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
Couverture de la série Les Mots nous manquent
Les Mots nous manquent

Dans la bande dessinée parlant des réfugiés, qu'ils soient syriens ou autres, l'accent est souvent mis sur les difficultés du cheminement, les brimades, les morts en mer, les raisons du départ. Un départ qui, rappelons-le, n'est pas volontaire, enfin du moins ne se fait pas par plaisir. La plupart des réfugiés partent parce que leur mode de vie, voire leur vie tout court, est menacé(e) par une situation de guerre larvée ou ouverte dans leur pays d'origine. Ici ces prémices sont précisés en avant-propos par Jean-Pierre Filiu (historien spécialiste du Moyen-Orient). La BD en elle-même se concentre sur l'arrivée, l'installation et la vie de ces réfugiés à Autun, petite ville de Province, dans laquelle Thibault Mouginot est chargé de développement social local au sein de l'OPAC du département. Il s'agit donc de récits courts, essentiellement axés sur les difficultés des Syriens pour se faire comprendre dans le cadre du travail, des relations de voisinage, le commerce, etc. Heureusement cette petite communauté peut compter sur l'un d'entre eux arrivés quelques années plus tôt pour jouer les interprètes, et sur la bienveillance des acteurs sociaux et d'un grand nombre de personnes. Les rejets sont peu nombreux ou peu montrés, ce qui place la BD dans un esprit "feel good". La BD est d'ailleurs mise en abyme, puisqu'elle fait l'objet d'une poignée de planches où les auteurs se mettent en scène en train de prendre contact avec les Syriens, mais aussi, en fin de parcours, lorsque l'album est envoyé au pays, auprès d'un cousin de l'un des enfants. Yas Munasinghe, lui-même réfugié sri-lankais vivant en France depuis longtemps, a ainsi pu faire un parallèle entre son histoire et celle de Khaled et sa famille en écoutant leurs témoignages, pour donner plus de sens et d'âme à son dessin. Celui-ci est très épuré lorsqu'il est axé sur les dialogues, mais il propose tout de même quelques jolies vues de la ville d'Autun, éclairées par un traitement en bichromie de sa mise en scène sage mais intéressante. J'aurai plaisir à le voir évoluer dans d'autres projets de bandes dessinées. C'est positif, c'est "frais", et bienveillant, et c'est tout ce dont les réfugiés (et non "migrants", je vais y revenir) ont besoin pour qu'on parle d'eux. Le sujet est donc le langage, le poids des mots, si important quand on débarque dans un pays dont on ne parle pas la langue. Différents intervenants (les auteurs, l'éditeur, un professeur de sociologie, de langue - Français Langue Etrangère, comédien) indiquent l'importance des mots, mais aussi leur valeur suivant la personne qui les utilise. En effet un terme n'est pas neutre, si on utilise par exemple "migrants" au lieu de "réfugiés", d'autant plus dans une acceptation qui sous-entend la stigmatisation, la catégorisation, la diabolisation... Très éclairant donc, pour comprendre certains enjeux de cette crise des réfugiés syriens, qui dure depuis une décennie...

02/12/2023 (modifier)