Les derniers avis (48391 avis)

Par Spooky
Note: 3/5
Couverture de la série Les Rôlistes
Les Rôlistes

Cette série a réveillé en moi quelques lointains échos de parties de jeux de rôles. Sur des canevas relativement diversifiés, Bruno Falba (oui, le même qui fait des celtiqueries chez Soleil) nous propose des gags ma foi assez divertissants, mettant en scène des rôlistes, de chaque côté du décor (ou de l'écran de MJ). Alors bien sûr, il y a quelques gags inspirés de la légendaire rivalité entre Elfes et Nains, , le côté crétin des gobelins... Rien de révolutionnaire, mais sympa tout de même. Sans être hilarants, ces gags sont agréables, grâce également au talent de Fabien Laouer, dont le style semi-réaliste et très expressif correspond bien à l'esprit de la série. Sympathique, donc.

29/05/2011 (MAJ le 02/12/2023) (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
Couverture de la série Les Mots nous manquent
Les Mots nous manquent

Dans la bande dessinée parlant des réfugiés, qu'ils soient syriens ou autres, l'accent est souvent mis sur les difficultés du cheminement, les brimades, les morts en mer, les raisons du départ. Un départ qui, rappelons-le, n'est pas volontaire, enfin du moins ne se fait pas par plaisir. La plupart des réfugiés partent parce que leur mode de vie, voire leur vie tout court, est menacé(e) par une situation de guerre larvée ou ouverte dans leur pays d'origine. Ici ces prémices sont précisés en avant-propos par Jean-Pierre Filiu (historien spécialiste du Moyen-Orient). La BD en elle-même se concentre sur l'arrivée, l'installation et la vie de ces réfugiés à Autun, petite ville de Province, dans laquelle Thibault Mouginot est chargé de développement social local au sein de l'OPAC du département. Il s'agit donc de récits courts, essentiellement axés sur les difficultés des Syriens pour se faire comprendre dans le cadre du travail, des relations de voisinage, le commerce, etc. Heureusement cette petite communauté peut compter sur l'un d'entre eux arrivés quelques années plus tôt pour jouer les interprètes, et sur la bienveillance des acteurs sociaux et d'un grand nombre de personnes. Les rejets sont peu nombreux ou peu montrés, ce qui place la BD dans un esprit "feel good". La BD est d'ailleurs mise en abyme, puisqu'elle fait l'objet d'une poignée de planches où les auteurs se mettent en scène en train de prendre contact avec les Syriens, mais aussi, en fin de parcours, lorsque l'album est envoyé au pays, auprès d'un cousin de l'un des enfants. Yas Munasinghe, lui-même réfugié sri-lankais vivant en France depuis longtemps, a ainsi pu faire un parallèle entre son histoire et celle de Khaled et sa famille en écoutant leurs témoignages, pour donner plus de sens et d'âme à son dessin. Celui-ci est très épuré lorsqu'il est axé sur les dialogues, mais il propose tout de même quelques jolies vues de la ville d'Autun, éclairées par un traitement en bichromie de sa mise en scène sage mais intéressante. J'aurai plaisir à le voir évoluer dans d'autres projets de bandes dessinées. C'est positif, c'est "frais", et bienveillant, et c'est tout ce dont les réfugiés (et non "migrants", je vais y revenir) ont besoin pour qu'on parle d'eux. Le sujet est donc le langage, le poids des mots, si important quand on débarque dans un pays dont on ne parle pas la langue. Différents intervenants (les auteurs, l'éditeur, un professeur de sociologie, de langue - Français Langue Etrangère, comédien) indiquent l'importance des mots, mais aussi leur valeur suivant la personne qui les utilise. En effet un terme n'est pas neutre, si on utilise par exemple "migrants" au lieu de "réfugiés", d'autant plus dans une acceptation qui sous-entend la stigmatisation, la catégorisation, la diabolisation... Très éclairant donc, pour comprendre certains enjeux de cette crise des réfugiés syriens, qui dure depuis une décennie...

02/12/2023 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Tube Story
Tube Story

C'est amusant de savoir comment sont nées certaines chansons que tout le monde (ou presque) connaît. C'est ainsi qu'un jour Astrid Cornet entend l'histoire surprenante qui a présidé à la création de God save the Queen (oui, l'hymne britannique) qu'elle s'est mise à en chercher d'autres, et à en faire de courtes BD qu'elle a publiées sur instagram. Quelques années plus tard, Tube Story était né. Du Requiem de Mozart (qu'il n'a pu achever, étant mort en le composant) à Papaoutai de Stromae en passant par Göttingen de Barbara ou encore Yesterday des Beatles (ou plutôt de Paul Mc Cartney seul), on découvre ainsi de drôles d'histoires, parfois très loin du romantisme qui accompagne habituellement la création musicale. Loin de se prendre les pieds dans le didactisme, Astrid Cornet joue la carte du décalage, de l'irrévérence, comme lorsque Beethoven se met à fredonner du Françoise Hardy lors de l'histoire concernant Lettre à Elise... J'ai trouvé ce positionnement assez salvateur pour un sujet qui peut vite devenir barbant. La plupart des histoires tiennent en deux pages, parfois un peu plus, et l'autrice a intercalé entre certaines d'entre elles des "stories" plus courtes, avec des anecdotes tenant en une case, jolie performance. L'autrice, dans son dessin, va à l'essentiel, met très peu de décors, et propose beaucoup d'aplats dans sa mise en couleurs d'une ligne claire très "raide". Pas forcément super "joli", mais l'essentiel est dans le propos, comme souvent avec des albums documentaires. Bref, c'est un album plutôt sympa, dans lequel on picore pour prendre les différentes anecdotes pour briller en société.

02/12/2023 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
Couverture de la série Viktor Frankl - Un héritage pour l'humanité
Viktor Frankl - Un héritage pour l'humanité

Je n'avais que vaguement entendu parler de Viktor Frankl, que j'associais plus facilement à la philosophie, une discipline que j'évite en général. Mais cette BD fut l'occasion de combler mes lacunes à son sujet. J'ai donc appris l'histoire d'un homme (extra)ordinaire, qui s'est passionné très jeune pour les neurosciences et la psychanalyse, qui a eu la chance de rencontrer Sigmund Freud, qui vivait à Vienne comme lui, et qui a su traverser la Shoah avec une pensée positive, avant de développer cette pensée positive sous le nom de logothérapie. La BD co-réalisée par Pascal Bresson et Jérôme Eho n'est pas une biographie classique, dans le sens où les tranches de vie qui nous sont proposées sont dans le désordre, un désordre visant à présentant la logothérapie dans ses prémices, dans les circonstances qui ont présidé à sa création. J'imagine que toutes les scènes ne sont pas "réelles", mais que certaines ont été imaginées par le scénaristes, pour servir son propos. L'entretien dans un parc avec un ecclésiastique, par exemple, me semble inventé. Mais cela n'a pas grande importance, au fil des pages se dessine le portrait d'un homme important du XXème siècle, qui a su faire preuve de résilience malgré les heures sombres qu'il a pu traverser. Le dessin de Jérôme Eho est assez plaisant, bien que la ligne claire trouve ici certaines limites, avec des visages parfois statiques ou des mises en couleurs pas vraiment réalistes. A lire cependant pour découvrir le personnage.

02/12/2023 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Emile et Margot
Emile et Margot

S'agissant de recueils de nombreuses histoires courtes à la trame similaire, je n'ai pas lu le totalité des albums de cette série. Il faut dire surtout qu'elles s'adressent avant tout à un jeune public. C'est en effet typiquement le genre de BD que je trouvais moi-même enfant dans les magazines J'aime Lire, avec une mise en scène et un humour rappelant par exemple Tom-Tom et Nana. Émile et Margot sont les enfants du roi et de la reine d'un petit château. Concrètement, ce contexte n'a rien d'essentiel, il suffit de savoir qu'ils ont de grands espaces pour s'amuser, une poignée de serviteurs, ainsi qu'une nourrice et un maître d'école qui leur sont dédiés. Et qu'ils ont pas mal de liberté. Celle-ci consiste la plupart du temps à rencontrer et vivre de courtes aventures avec de gentils monstres, eux-mêmes pourtant théoriquement interdits au château. C'est là ce qui fait le sel de cette série : la variété et l'originalité de chacun de ces petits monstres, avec en général un ou plusieurs nouveaux à chaque histoire pour de nouvelles péripéties. Celles-ci sont traitées sur un ton très enfantin, donc il est difficile pour un lecteur adulte de s'enthousiasmer, mais la diversité des idées est suffisante pour ne pas s'ennuyer. Et je suppose que ça a toutes les chances de bien plaire aux enfants.

02/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Fagin le Juif
Fagin le Juif

J’ai eu des expériences contrastées avec mes lectures d’Eisner, que beaucoup semblent porter aux nues – ici ou ailleurs. Disons que c’est encore le cas, je vais rester en retrait de la majorité des avis précédents. La faute à une narration, que j’ai parfois trouvée sans rythme, avec des longueurs – peut-être accentuées par le dessin et la mise en page, l’ajout de longs passages avec uniquement du texte. Mais, ceci étant dit, ça reste quand même une lecture fluide et relativement agréable (et le dessin d’Eisner est très lisible). Avec un sujet qui tient à cœur à Eisner, puisque le personnage principal subit toute sa vie sa condition de juif (et pas mal de malchance, de mauvaises rencontres et de mauvais timing !), et n’arrive pas à sortir des bas-fonds londoniens. Dans la seconde partie, le personnage d’Oliver Twist prend le relais (les deux destinées se croisent et s’assemblent). Pas enthousiasmé par la narration, mais ça se laisse lire. Une petite lecture sympathique. Sans plus, mais suffisamment pour que je ne regrette pas cet emprunt.

02/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Les Bogros
Les Bogros

Une série que j’ai découverte sur le tard, c’est dommage pour le ressenti. En effet, ça passe difficilement la barrière de l’âge (contrairement à certains albums des Schtroumpfs – qui jouent sur le même créneau). Par contre, c’est typiquement le genre d’albums qui peut plaire à un très jeune lectorat. En effet, c’est tout gentil, les personnages sont mignons, avec leurs gros pifs, ils sont tous craintifs, et envisagent toujours avec appréhension tout ce qui sort de la norme ou qui les pousse à prendre une initiative – même leur chef, préposé à ce genre de « prise de risque », est un grand velléitaire (voir dans le troisième tome les hésitations avant de s’attaquer à une dizaine à un champignon !). Le rythme est lent, il n’y a vraiment pas beaucoup d’action. C’est aussi ce qui fait qu’un adulte restera sur sa faim. Et il faut dire aussi que les intrigues ne sont pas forcément très fouillées. Mais, comme je l’ai dit, c’est destiné à un jeune public (je dirais 8-10 ans idéalement), et c’est pourquoi j’arrondis aux trois étoiles.

02/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Mimikaki - L'étrange volupté auriculaire
Mimikaki - L'étrange volupté auriculaire

Ce recueil de courts récits nous parle du plaisir orgasmique à se gratouiller l’oreille ou, encore mieux, à se faire gratouiller l’oreille par une experte. Yarô Abe, l’auteur de la Cantine de Minuit, nous propose ainsi de suivre quelques clients d’un établissement spécialisé tenu par une légende de la profession. Les histoires sont inégales et il est heureux qu’il n’y ait qu’un seul tome car je me serais vite lassé du concept. Certains chapitres sont vraiment pas mal à mes yeux, d’autres sont très dispensables. Les connotations sexuelles sont très fréquentes, ce qui pourrait choquer certains lecteurs (il n’est pas rare qu’un client éjacule dans son slip durant une séance de mimikaki). Au niveau du dessin, le style de Yarô Abe me sort de mes habitudes. Il est très épuré et dégage une certaine poésie. Ce n’est pas un chef-d’œuvre mais ce style change agréablement de mon ordinaire tout en restant facile à lire. Bon voilà, c’est un pur objet de curiosité qui vaut plus par son sujet (et la découverte de cette pratique qui semble courante au Japon) que par le destin des personnages présentés. Un petit pas mal pour ma part mais un manga fondamentalement dispensable.

02/12/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5
Couverture de la série Alva
Alva

Du fantastique sur fond de polar et de road movie. Stockholm, Alva est une jeune fille qui a un don pour l'escalade et les pirouettes et qui vit de rapines, avec pour coéquipiers deux drôles de lascars : Morten et Mini. Et c'est lors d'un cambriolage qui va mal tourner, qu'ils vont libérer par mégarde une svartedal, une sorcière de la mythologie nordique, du nom de Sidsel et qui a la particularité de pouvoir cracher de l'or. Celle-ci va tuer Morten et marquer au visage Alva tout en lui donnant des informations sur ses origines. Ce n'est que le début de leurs ennuis, puisque le cambriolé n'est autre que le Tuyauteur, un membre des Artisans, un groupe, ou plutôt une sorte de secte de cinglés, dont le but est de traquer les svartedals et de nettoyer à la façon de Jean Réno dans Léon. Ils vont se mettre en chasse de la sorcière, mais aussi d'Alva et Mini qui eux sont sur les traces du passé de la demoiselle. Une belle tambouille qui n'est que la partie visible de l'iceberg. Je découvre les deux auteurs, Daniel Hansen est suédois, c'est sa première BD et Anksel Studsgarth est danois, il en a déjà trois au compteur. Un récit sombre sur la recherche d'identité, musclé et rythmé avec une pointe d'humour, une belle touche d'horreur et de mythologie nordique. Une narration qui manque un peu de maîtrise, les enchaînements ne se font pas toujours naturellement et il faut fermer les yeux sur certaines facilités scénaristiques. Malgré cela, ma lecture fût très plaisante, sûrement grâce aux très nombreux personnages qui ne laissent pas indifférent. Un final qui laisse place à une possible suite. J'aime beaucoup le dessin de Daniel Hansen, un noir et blanc crasseux qui mélange le comics et le manga où les visages sont proches de la caricature. Une mise en page dynamique et immersive avec les nombreuses planches sans texte. Quelle maestria dans la représentation des paysages hivernaux, qu'ils soient sauvages ou urbains. On ressent le froid mordant de l'hiver. Un style qui me plaît beaucoup. Un petit mot sur la superbe couverture, c'est elle qui avait attiré mon regard lors de sa sortie, la svartedal m'avait fait penser au film Mama avec Jessica Chastain. Mais c'est sa nomination récente au festival d'Angoulême qui a terminé de me convaincre. Au final, vraiment pas mal. Note réelle : 3,5.

01/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Modigliani
Modigliani

J'ai été surpris et quelque peu dérouté par la lecture de cette série. Je connais assez mal la peinture du célèbre peintre italien et presque rien de sa vie. Ce n'est pas cette série qui me permettra de mieux connaître l'oeuvre de Modigliani. Les auteurs nous proposent les quelques mois de la fin de vie de l'artiste avec sa compagne Jeanne. Les auteurs en choisissant une expression très réaliste nous plonge dans un monde tourmenté presque irrespirable. Cette ambiance d'artiste maudit est amplifiée par le rappel des ravages des combats de la Grande Guerre qui se déroulaient à quelques kilomètres de l'atelier du peintre. Aucun rayon de soleil dans ce récit intimiste que je n'ai pas trouvé à la gloire du peintre. Cette ambiance lourde est très bien rendue par un graphisme très réaliste souvent proche de la photo. Les angles et les éclairages choisis accentuent la misère humaine qui perle du récit. Une lecture un peu déroutante et exigeante qui m'a mis parfois mal à l'aise.

01/12/2023 (modifier)