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Couverture de la série Modigliani
Modigliani

J'ai été surpris et quelque peu dérouté par la lecture de cette série. Je connais assez mal la peinture du célèbre peintre italien et presque rien de sa vie. Ce n'est pas cette série qui me permettra de mieux connaître l'oeuvre de Modigliani. Les auteurs nous proposent les quelques mois de la fin de vie de l'artiste avec sa compagne Jeanne. Les auteurs en choisissant une expression très réaliste nous plonge dans un monde tourmenté presque irrespirable. Cette ambiance d'artiste maudit est amplifiée par le rappel des ravages des combats de la Grande Guerre qui se déroulaient à quelques kilomètres de l'atelier du peintre. Aucun rayon de soleil dans ce récit intimiste que je n'ai pas trouvé à la gloire du peintre. Cette ambiance lourde est très bien rendue par un graphisme très réaliste souvent proche de la photo. Les angles et les éclairages choisis accentuent la misère humaine qui perle du récit. Une lecture un peu déroutante et exigeante qui m'a mis parfois mal à l'aise.

01/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Le Plus beau jour de l’année
Le Plus beau jour de l’année

En matière de récits jeunesse, j’aime beaucoup ce que fait Jérôme Camil. Que ce soit au niveau de son dessin très cartoon, de son humour bon enfant et un brin irrévérencieux ou de ses morales toujours bien adaptées à son public, je trouve ses livres bien fichus. Le Plus beau jour de l’année est son nouvel opus et j’y ai retrouvé les mêmes qualités. Le scénario est léger et se résume à peu de choses, laissant la place aux gags et aux valeurs (amitié, tolérance, entraide). De plus, Jérôme Camil parvient à enrichir son récit grâce à deux planches placées en guise de pages de garde. Ces deux planches nous proposent une vision originale de l’histoire grâce à un tout autre angle d’approche. De quoi enrichir cette lecture en nous proposant finalement deux récits. La forme emprunte beaucoup aux livres d’illustration. Pourtant il s’agit bel et bien d’une bande dessinée avec découpage séquentiel et phylactères. C’est la preuve à mes yeux de l’énorme liberté dont dispose l’édition jeunesse, qui ne s’encombre pas de canevas définis et surfe ainsi aisément sur différents styles. Le livre alterne ainsi grandes illustrations en double page, illustration unique sur une page, pages découpées en deux ou trois cases ou dessins présentant différents personnages dans des lieus séparés mais dans la même temporalité (une très belle planche où les quatre garnements rentrent penauds chez leurs parents respectifs la mine déconfite). Objectivement, je trouve que Jérôme Camil a déjà fait mieux (je vous conseille son « Une Fin de loup ») mais « Le Plus beau jour de l’année » n’en demeure pas moins un chouette album bien illustré, drôle par moments et doté d’une belle morale. Un cadeau idéal à glisser sous le sapin et l’occasion de découvrir un auteur qui mérite de l’être.

01/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Lucky Luke - Les Indomptés
Lucky Luke - Les Indomptés

Dans cette collection de « Lucky Luke vu par… », c’est très clairement l’album qui m’a le plus convaincu jusqu’à présent. Blutch imagine un récit qui n’aurait pas dépareillé dans la série originale, du moins au niveau de son scénario. On y retrouve un Lucky Luke agile revolver en main mais nettement moins face à deux enfants turbulents et un cas de conscience. L’équilibre entre western et humour est joliment dosé, l’univers créé par Morris et Goscinny est parfaitement respecté, Jolly Jumper participe activement à l’histoire sans être omniprésent. Franchement, on s’y croirait et j’ai passé un très bon moment de détente avec cet album. Blutch modernise juste ce qu'il faut les thématiques pour ne pas tomber dans l'hommage nostalgique sans s'aventurer dans un univers trop éloigné de la série d'origine. Le dessin est plus personnel, Blutch ne cherchant pas à imiter Morris mais bien à s’approprier son univers. Le résultat est globalement convaincant (petit bémol sur les yeux de Jolly Jumper, ainsi que sur la manière très aérienne avec laquelle les chevaux galopent). La filiation avec le trait de Morris se fait cependant grâce à la colorisation. Au final, même si Blutch n’offre rien de vraiment neuf, son histoire Lucky Luke m’a bien plu. Le scénario est agréable à suivre, le personnage de Lucky Luke est fidèle à l’image que j’en ai et le dessin est globalement satisfaisant. Pas mal du tout.

01/12/2023 (modifier)
Par Cosme
Note: 3/5
Couverture de la série Le Voyage en Italie
Le Voyage en Italie

J’adore Cosey, du moins le peu que j’en ai lu, c’est à dire Jonathan qui est à mes yeux une série culte, découvert à l’adolescence sur les conseils de mon père, A la recherche de Peter Pan que j’ai adoré, et les deux albums de Mickey Minnie et le secret de Tante Miranda et Une mystérieuse mélodie ou comment Mickey rencontra Minnie qui m’ont plu mais sans plus. Cosey, j’en ai l’image de cet auteur très marqué par les années 60, 70, limite hippie, avec des albums très souvent contemplatifs, contenant un message et un engagement très humaniste. J’ai décidé de me lancer dans les albums que je n’avais pas lus de lui, en grande majorité dans la collection Aire Libre, et Le voyage en Italie, avec toutes les excellentes critiques qu’il a recueillis, me paraissait l’idéal. On suit donc deux anciens soldats de la guerre du Vietnam, en voyage en Italie, d’où le titre, réunis dans un triangle amoureux, et une histoire d’adoption. J’y retrouve Cosey, quelque chose d’assez contemplatif, des personnages avec leurs souffrances, de l’humanisme, un certain fatalisme dans l’histoire, une sensation de mélancolie palpable. Un discours pacifique en toile de fond, de l’amour bienveillant et dépourvu d’intérêt. Tout ce qui fait que j’ai adoré les deux premières séries que je vous ai citées. En niveau des dessins, et bien c’est du Cosey, c’est son style, bien reconnaissable, et bien marqué, c’est beau, même si au premier abord je n’ai jamais trouvé ses dessins attirants, vite je me prends dedans, et me laisse guider par les découpage particulier et bien mené (et au même titre que ces dessins, facilement reconnaissable), les couleurs marquées, l’ambiance qui s’en dégage. J’aime. Et pourtant, la mayonnaise n’a pas pris aussi bien que je l’aurais souhaité. Alors peut être que j’en attendais trop ? Au vu de l’estime que j’ai pour ce que j’ai lu de lui et au vu des critiques et récompenses que l’album et l’auteur en règle général ont reçus. Toujours est-il que j’ai été déçu, je m’attendais plus à un effet « Wouahou », et ça n’a pas été le cas. J’ai passé un bon moment, et j’ai retrouvé tout ce qui définit pour moi Cosey en tant qu’auteur, mais… je n’ai eu d’empathie pour aucun personnage, peu importe ce qui pouvait leur arriver, cela m’était bien égal. Je suis donc moins enthousiaste que la majorité des lecteurs de ce diptyque, même si je reconnais la qualité de l’album. Il m’a juste moins parlé, m’a moins fait écho que ce que j’espérais. Me reste à lire d’autre albums de lui de chez Aire Libre, en espérant y retrouver le même plaisir que lorsque j’ai découvert Jonathan (qui est pour l’instant à mes yeux, son chef d’œuvre).

01/12/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série A l'orée du monde
A l'orée du monde

2.5 Un one-shot qui m'a paru franchement moyen. Un ado qui a des problèmes avec ses parents qui vont divorcer s'enfuit de chez lui et rejoint une communauté d'enfants et d'ados qui ont fuit le monde des adultes. L'idée de départ est intéressante, mais plusieurs rebondissements sont un peu cousus de fil blanc et de plus la fin m'a déçu car trop ouverte à mon gout. Il y a des bons passages, mais le scénario en lui-même ne m'a pas trop captivé et il s'arrête subitement sans avoir vraiment décollé. Je pense que le problème est que comme cela parle du mal être des ados, cela risque de plus parler à ce public-cible qu'à un trentenaire comme moi. Pour ce qui est du dessin, je l'ai trouvé très bien. C'est la meilleure qualité de cet album qui ne m'a pas paru bien mémorable.

01/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Batman - One Bad Day - Bane
Batman - One Bad Day - Bane

6eme découverture dans cette collection. Cet album centré sur Bane (que je connais peu) m’intéressait, et même s’il ne m’a pas déplu, il ne m’a malheureusement pas non plus emballé plus que de raison malgré ses bonnes idées. En tout cas, ça se laisse lire tranquille et les auteurs ont le mérite de proposer quelque chose de bien différent qu’une confrontation classique avec Batman. Nous découvrirons un Bane vieillissant, retraité du crime et sevré du poison qu’il s’injectait. Il mène maintenant une vie honnête mais assez misérable, où il rejoue régulièrement au catch son fameux match contre Batman. Un parti pris plutôt original pour ce super vilain qui a déjà fait sa rédemption. Quand il apprendra que le poison qu’il pensait disparu, refait surface, il repartira pour une dernière croisade … Le reproche principal que j’ai pu faire à la plupart des autres albums de la collection, ne se fera pas trop ressentir ici. J’ai trouvé l’ensemble fluide et homogène pour le nombre de pages proposé. Le récit ménage quelques surprises. La mise en page est bien acceptable et correspond au personnage avec ce dessin musclé. Vraiment un album honnête et sympathique, ça manque juste d’un petit peu de force pour le rendre d’avantage mémorable.

30/11/2023 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Amelia Woods
Amelia Woods

Une série jeunesse mettant en scène une jeune héroïne dans l'Angleterre victorienne qui sera confrontée à la magie, à un secret familial et à une redoutable conspiration de sorciers. Si le premier tome prend l'allure d'une histoire mystérieuse à suspense, avec l'héroïne qui découvre les secrets d'un étrange manoir en même temps que ses propres pouvoirs, le second tome prend une tournure radicalement influencée par Harry Potter et l'univers de JK Rowling. Confrérie de sorciers, maîtresse du mal qui resurgit après avoir été exilée durant de nombreuses années, manœuvre politique pour prendre le pouvoir dans le monde des sorciers, et la jeune héroïne qui va devoir compter sur ses quelques pouvoirs, le soutien moral de sa mère décédée et l'aide d'une poignée d'amis sorciers pour essayer de survivre et de contrecarrer les plans des mauvais. Très forte impression de déjà vu en ce qui me concerne. La mise en scène reste agréable quoique très classique et parfois un peu plate tant elle est convenue. Le public visé est visiblement celui des jeunes adolescent(e)s. Le graphisme leur est adapté puisqu'il est de pur style manga avec un trait assez basique mais rehaussé de sympathiques couleurs. A noter d'ailleurs que c'est la dessinatrice qui prend la relève du scénario à partir du tome 2. L'histoire ne casse pas trois pattes à un canard mais elle est divertissante donc on ne passe pas un mauvais moment.

30/11/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Love (Brrémaud)
Love (Brrémaud)

Etonnant concept de BD que voila ! Chaque tome introduit un animal avec son biome et conte une petite histoire à chute, souvent surprenante d'ailleurs, tout en faisant étalage d'un dessin d'une qualité indéniable. Très étonnant ! C'est avant tout pour ce dessin que je recommande la lecture. Quelle claque ! Visuellement ça envoie du lourd, tout est fait pour donner l'impression d'un documentaire animalier : on passe par des environnements différents à chaque volume, ça déploie des trésors de compositions pour nous montrer toujours plus d'animaux à l'image sans pour autant faire catalogue d'exposition. C'est surtout une balade dans un environnement et la mise en situation de ces nombreuses espèces. L'ensemble est sans parole mais traite toujours de ce même sujet : l'amour, tel que rappelé au début de la BD. Un amour qui semble assez contradictoire avec ce qui nous est montré, mais je laisse au lecteur néophyte le plaisir de découvrir la citation d'ouverture et les chutes, avec cette complémentarité des deux. En soi, c'est une BD que je recommande à la lecture ne serait-ce que pour en prendre plein les mirettes. Quelle beauté des planches, quelle précision dans le dessin. On croirait que certaines cases vont s'animer, et je ne parle pas de la colorisation, incroyablement travaillée pour que tout soit clair. Le travail graphique est sublime. Par contre, les histoires sont certes intéressantes à lire mais je doute qu'elles soient intéressantes à relire. C'est pourquoi je laisse ma note à un 3, saluant le dessin qui vaut plus mais soulignant le côté un peu juste de l'ensemble. Posséder cette BD est avant tout un régal pour les yeux, mais le relira-t-on souvent ? J'en doute un peu. Quoi qu'il en soit, je recommande d'avoir gouté au moins une fois aux charmes de ces planches, elles en valent la peine.

30/11/2023 (modifier)
Par Cleck
Note: 3/5
Couverture de la série Maltempo
Maltempo

Nouvelle BD d'Alfred agréable à lire, comme l'était Senso. Il s'agit d'une humble tranche de vie, celle de l'ado Mimmo, dans une ville du Sud reculé de l'Italie rongée par la Mafia et la précarité. On découvre ses simples rêves de musique et d'ailleurs, sa relation avec les filles, sa vision désenchantée du monde des adultes, le regard de ses copains sur la société. Comme dans les œuvres précédentes d'Alfred, on est à la fois enchanté par cette manière détournée d'évoquer les maux de l'Italie en arrière-plan d'une tendre tranche de vie, et au regret de voir de grandes thématiques si peu traitées. La légèreté de l'ensemble est autant un défaut qu'une qualité. Les activités louches de la mafia, la nauséeuse survivance d'une extrême droite nostalgique du Duce, le désœuvrement d'adultes précaires noyé dans l'alcool ou le racisme, la futilité des programmes TV endormant la population, l'absence de garde-fous face aux entreprises du tourisme, etc. ; tout cela est bien présent, mais sans qu'un point de vue soit véritablement posé dessus, ni un discours critique construit. Aucune censure, mais un trop apaisé constat, sans révolte ni cris. La société italienne évoquée n'est pas exactement belle, mais la tendresse et la gentillesse de l'auteur nous la rend bien peu amère. Le lecteur peut dormir tranquille, il ne sera pas bousculé par cette sympathique tranche de vie.

30/11/2023 (modifier)
Par grogro
Note: 3/5
Couverture de la série Rorbuer
Rorbuer

Le genre de truc qui est loin de faire l'unanimité, sans doute, parce que c'est exigeant, à vrai dire. Le dessin est tout bonnement splendide. Réalisé entièrement au feutre, il offre des planches d'une beauté immédiate. Le feutre est ici très bien exploité, or, tous autant que nous sommes, nous avons tous dessiné avec ces crayons indomptables qui laissent des marques de coloriages atroces, quand ils ne trouent pas tout simplement le papier. Pour ce qui est de l'histoire, on a affaire à quatre histoires inspirées par le folklore norvégien, à moins que ce ne soient quatre chapitres puisque l'on retrouve des personnages, je ne saurais dire, car je dois bien l'avouer, je n'ai pas compris grand-chose (:D). Est-ce de la maladresse ? Ou bien est-ce une réelle volonté de laisser une large part d’interprétation au lecteur qui doit trouver sa place autant dans les images silencieuses que dans les rites de ce pays où le mystère est omniprésent ? C'est certes un peu dommage, mais qu'importe finalement ! Rorbuer conserve sa part de mystère. C'est magnifique, et c'est bien ça l'essentiel de ma motivation de départ. De ce point de vue, j'ai été plus que comblé. Je l'ai d'ailleurs déjà lue deux fois, occasions de me faire un petit fond d’œil, et ne cracherai pas sur une troisième lecture, et qui sait ? Peut-être autant qu'il sera nécessaire ? Je me suis laissé complètement porter par ce dessin qui selon moi ne peut laisser insensible, peu importe comment. A noter : on trouve à la fin de l'ouvrage un petit lexique qui sans doute éclaire (un peu) le lecteur, sur les mots norvégiens que porte chacun des quatre chapitres (ou histoires...).

29/11/2023 (modifier)