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Simplismus

Note: 3/5
(3/5 pour 3 avis)

Dans une ville prolétarienne, les aventures fantastiques de Simplismus, l'idiot du village.


Ciboulette

Dans la ville où vit Simplismus, les angoisses humaines sont évacuées par lavage de cerveau et absorbées par les cerveaux des nains. Mais le nain se fait rare, dont cher et les réserves de nains faits prisonniers durant la guerre baisse fortement. Simplismus lui travaille à la grande turbine qui fonctionne 24h sur 24. Simplismus est réputé pour être un peu benêt mais en fait d’absences, il s’évade dans un ailleurs plus beau… Jusqu’au jour où une rébellion éclate à son usine et qu’il se retrouve enfermé dans un cachot car on l’a retrouvé avec deux casses croûtes au chou dans son sac. Mais pour un tel acte il risque bien d’être empalé…

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Avril 1995
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Simplismus
Les notes (3)
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28/05/2003 | JBT900
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L'avatar du posteur Noirdésir

C’est une des premières publications de Vanoli à L’Association. Malgré un scénario peut-être moins abouti et poétique qu’ailleurs, on peut déjà y déceler le talent de l’auteur, et certains des traits récurrents de sa production. Le dessin tout d’abord, que j’aime toujours beaucoup chez cet auteur, qui joue d’un beau Noir et Blanc, avec des nuances de gris, un trait relativement gras. Des décors ondoyants, improbables, brinquebalants. Des personnages itou, avec des visages s’inspirant du Cri de Munch, de certains portraits de Picasso ou de Grosz, de certains masques africains : une ambiance expressionniste avec un rendu proche de la gravure parfois, laissant quelques morceaux de cases en friche, dans le flou. Pour ce qui est de l’histoire, on y trouve déjà un aspect poétique, pas mal d’absurde, quelques touches de loufoque. Cela se déroule au sein d’une société vaguement totalitaire, dans laquelle on tente d’échapper à ses soucis par des transferts avec des « nains » (sorte de sous-homme pourchassés, élevés pour cela), ou alors dans ses rêveries, comme le personnage principal, Simplismus. Personnage inadapté, sorte de fou du village, dans un monde où la folie semble dicter sa loi, qui traverse les épreuves comme protégé, Simplismus est attachant. Comme l’histoire, qui se laisse lire agréablement.

05/06/2019 (modifier)
Par Ems
Note: 3/5

Un bon 3,5/5 mérité pour ce one shot sortant des sentiers battus. C'est une des premières BD de Vanoli que je commence à découvrir. La lecture fut plaisante. Il est difficile de ne pas penser à Kafka, voir au film Brazil. Simplismus est en quelque sorte l'idiot du village. La vie est rythmée par un système qui broie les masses. Le monde décrit est absurde. Pour faire le vide, il y a plusieurs solutions, le transfert dans des nains où l'évasion par le rêve comme pour Simplismus. Le dessin est très particulier mais agréable. (voir la galerie) Une belle découverte, une ambiance onirique. Seule la fin m'a déçu. Elle manque de panache.

13/06/2009 (modifier)
Par JBT900
Note: 3/5

La première chose qui frappe à la lecture de ce récit onirique, c'est le dessin de Vanoli, très singulier, vraiment à part dans la production actuelle. Les dégradés de gris attestent d'une réelle maîtrise du noir et du blanc et d'une perspicacité peu commune pour traduire les profondeurs sur des planches parfois minuscules. Le trait de Vanoli m'a rappelé les peintres expressionnistes allemands dans la veine de Ludwig Meidner, au début du XX° siècle. En plus le décor choisi semblable à une ville minière nordiste (grise donc par analogie!) renforce encore cette fibre expressionniste germanique que l'on ressent. Autant dire de suite qu'on aime ou qu'on n'aime pas, perso j'ai trouvé ça très attirant, intrigant car peu commun en BD mais franchement réussi, bref en un mot comme en cent j'ai aimé! En fait le point faible que j'ai trouvé dans cet album concerne plutôt la fluidité du récit. Le début est vraiment bien rythmé, intéressant, avec l'idée du transfert d'angoisse (par lavage de cerveau des hommes, on retire leur angoisse et on les transfère à des nains) plus que prometteuse. En outre le colonel Whistler qui plante et cultive des pierres dans son jardin, voilà un personnage peu banal qui mérite l'attention. Mais Vanoli se perd un peu par la suite, tout devient très évanescent à l'image d'ailleurs du héros éponyme, le benêt du village: Simplismus. Ses décisions ou absences de décisions se suivent sans une réelle cohérence, qui est en partie due au petit format de cet album, et cette histoire aurait mérité d'être développé sur une dizaine de planches supplémentaires. Il faut également noter la fin très artificielle (en tous les cas artificielle par rapport à la dimension onirique qui accompagne tout l'album) qui casse une part de la magie qu'on ressent à la lecture de cet album. A côté de ça, quelques scènes sont somptueuses et la découverte de Vanoli reste pour moi une agréable surprise.

28/05/2003 (modifier)