Les derniers avis (49005 avis)

Couverture de la série Les Abîmes du Temps (Dock 21)
Les Abîmes du Temps (Dock 21)

Avis mitigé au sortir de cette série (j’ai lu les 5 premiers albums, qui forment un cycle complet – et qui auraient d’ailleurs sans doute dû clore la série elle-même). J’arrondis aux trois étoiles (ressenti 2,5), parce que globalement ça se laisse lire facilement, agréablement, et que le dessin de Mounier, même s’il est inégal et qu’il a fait mieux ailleurs, est lui aussi agréable et fluide. Mais il y a quand même certaines choses qui m’ont fait tiquer au fur et à mesure que je poursuivais ma lecture. D’abord, globalement, Rodolphe n’est pas très original et, que ce soit pour cette histoire de réincarnation (à quoi se résume finalement l’intrigue), ou pour les ressors qui font du héros un type traqué par des méchants sa sn qu’il puisse faire appel à la police, on est clairement dans du déjà-vu. Mais il fait en sorte que ça soit une lecture fluide, donc ça passe. Forcément, le héros rencontre une bombasse dans chaque album, et forcément elle finit dans son lit, dans des scènes qui ne se justifient pas toujours (Lynn, son amoureuse du début semble d’ailleurs facilement « oubliée » !). Mais surtout Rodolphe use de facilité ou de raccourcis parfois un peu gros. Voir dans le premier tome comment le héros, Forster, se lie d’amitié et devient intime du docteur Boogie (rencontré par hasard quelques jours plus tôt et semble-t-il quitté rapidement !?). Boggie qui semble doué de grandes capacités proches de celles d’agents secrets, lorsqu’il s’agit d’aider Forster dans le cinquième tome ! Dernier tome dans lequel j’ai trouvé que Rodolphe bâclait la conclusion, avec « Forster » changeant brusquement d’avis et acceptant brutalement de de venir Hunter. Les pouvoirs télépathes d’Hunter dans le cinquième tome, les deux tueurs exterminant tous les méchants aux trousses de Forster/Hunter sont aussi des facilités un peu grossières. J’ajoute que certains passages, dans lesquels Rodolphe multiplie les allers-retours temporels, où le héros incarne différents personnages, ne sont pas toujours très clairs. Bref, une lecture pas désagréable, mais sur laquelle je ne reviendrai pas. Note réelle 2,5/5.

24/03/2024 (modifier)
Couverture de la série KZ Dora
KZ Dora

L’auteur tire ses informations et son inspiration de l’histoire familiale (l’un des personnages principaux est son grand-père, et ce sont ses notes qui ont nourri le récit). Cela lui permet d’être complet et précis dans sa description de l’univers concentrationnaire, à Buchenwald, et surtout pour les Kommandos de prisonniers condamnés à travailler jusqu’à la mort dans les chantiers des V1 et V2 sensés permettre aux Nazis de remporter la guerre, alors que tout s’effondre, et que les usines, bombardées, se tapissent sous terre. Jusqu’à ce que presque tous les protagonistes se retrouvent – des deux côtés des barbelés du Lager – c’est un récit choral, où nous apprenons à connaitre quelques prisonniers français, des scientifiques allemands, des officiers SS. C’est intéressant de prendre le temps de poser les décors, de donner un visage aux bourreaux comme aux victimes. Mais justement, les visages sont souvent difficiles à reconnaitre, à distinguer. Surtout que pendant pas mal de temps on multiplie les aller-retours entre différents protagonistes, ce qui hache un peu le récit. Et à plusieurs reprises j’ai dû faire des efforts pour reconnaitre les personnages. Ces détails mis à part, ça reste quand même lisible, et toujours intéressant. J’ai lu l’intégrale d’une traite. Elle est complétée par les notes et croquis de Pierre Walter, qui ont servi à son petit-fils pour bâtir son récit.

23/03/2024 (modifier)
Couverture de la série La Voiture d'Intisar
La Voiture d'Intisar

Ça ressemble à un documentaire, sans en être un véritablement. En effet, Intisar n’existe pas, comme le rappelle l’auteur en préface. Mais ce personnage a été créé à partir d’observations réalisées lors d’un long séjour au Yémen de l’auteur avec sa femme, et finalement, Intisar incarne bien certaines femmes yéménites. Même s’il faut quand même remarquer qu’elle fait partie de la bourgeoisie, et que la situation des femmes plus modestes doit être encore plus compliquée. En tout cas ce récit, durant lequel, au cours de petits chapitres délivrant leurs lots d’anecdotes, nous apprenons à connaître cette femme à la forte personnalité, qui ne s’en laisse pas compter, malgré la forte pression sociale – et paternelle ! – à laquelle elle cherche à échapper par diverses ruses. J’ai bien aimé en particulier les remarques concernant le port du niqab. Si celui-ci ne doit rien au coran (aucune obligation en ce domaine pour les femmes), c’est en fait une interprétation rigoriste venue d’Arabie saoudite qui l’a peu à peu imposé, mais aussi et surtout une pression sociale. Et en fait, comme le fait remarquer Intisar, ça sert aussi à certaines femmes à échapper au contrôle des hommes, puisqu’elles peuvent faire sans qu’on les reconnaisse des choses qui leur sont a priori interdite ou qui sont très mal vues pour une femme. C’est ainsi que le niqab permet à notre héroïne d’acheter des cigarettes, conduire, sans que ses proches ne le sachent. La narration est vivante, avec de l’humour et de l’auto-dérision, la lecture est agréable. Le dessin est assez minimaliste, mais il est efficace. Par contre, le rendu est un peu gâché par un encrage faible, c’est un peu terne et décevant de ce point de vue. Note réelle 3,5/5.

23/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Brancaccio - Chronique d'une mafia ordinaire
Brancaccio - Chronique d'une mafia ordinaire

Un énième album sur la mafia, mais qui ne joue pas sur un déjà-vu. En effet, il se démarque des autres productions sur le même thème en ne montrant quasiment pas les « mafieux », il n’y a pas de meurtres, on s’attache essentiellement aux gens ordinaires, ceux qui sont les victimes, souvent dans l’ombre sauf lorsqu’elle occupent les faire-part de décès. Et on s’attache en plus à un gamin, plein de vie, de rêve (des rêves d’ailleurs bien sûr), sa triste destinée renforçant la noirceur de ce roman graphique qu’il ne faut pas lire comme un récit de gangsters. L’intrigue est plus légère que le contexte, l’album est vite lu. On a droit à plusieurs points de vue successif, pour mieux comprendre ce que l’on a découvert dans le premier chapitre. Et on comprend bien à la fin comment la mafia tisse sa toile, et gangrène la société sicilienne (l’action se situe dans un quartier de Palerme, qui donne son titre au récit). Du simple racket au détournement de fonds qui empêche l’hôpital d’avoir des appareils en état de marche, il est difficile d’échapper à l’hydre mafieux, même en rêve – le jeune Nino va en faire les frais. Un récit intéressant.

22/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Jacky et Célestin
Jacky et Célestin

Cette ancienne série ravira les nostalgiques de l'époque des Spirou 60's. L'esprit et le graphisme correspondent aux séries comme Tif et Tondu, Sophie ou Benoît Brisefer. Les personnages secondaires et les décors extérieurs sont les mêmes. On retrouve les mêmes schémas scénaristiques autour de méchants qui font plus de rire que de mal, des inventions farfelues, un commissaire très bonhomme et des héros d'une moralité exemplaire. J'ai trouvé beaucoup de similitude surtout avec les aventures de Sophie mais avec un public visé plus garçon. Le graphisme est assuré par un Walthéry de 18/20 ans très appliqué à reproduire le style graphique de ses prestigieux collaborateurs et mentors. La mise en couleur de cette époque reste une sorte de madeleine de Proust pour ceux qui ont découvert la BD dans ces années 60/70. Je ne connaissais pas cette série que j'ai lu sans ennui mais sans trop d'émotion non plus. Un peu fade un petit 3

22/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Le Petit Guide de l'effondrement
Le Petit Guide de l'effondrement

J’avais découvert ce duo d’auteurs avec leur série Paul Lamploix et les quatre Huberts, publiée chez le même éditeur et sur les mêmes principes. A savoir qu’il s’agit d’images de vieux comics, désormais libres de droits, que les auteurs ont détournées. En changeant un peu les formats si nécessaire, mais surtout en n’en utilisant que quelques images, remontées avec des dialogues de leur cru. Et c’est bien sûr là que réside l’intérêt. Car ces dialogues, parfois abscons, toujours fortement décalés par rapport au dessin et à la période supposée, ont un potentiel comique indéniable. Car si le procédé a déjà été utilisé par les Situationnistes à des fins politiques, il s’agit ici d’humour con et décalé, qui se moque dans un deuxième temps de certains thèmes actuels (le bio, la fin du monde, les changements climatiques). Puisant dans de vieux comics abandonnés, les auteurs ont donc au service de leurs délires des aventures de Davy Crockett, des romans graphiques basiques, une revisite de la geste christique, un peu de polar et de la BD édifiante, etc. Et, bien évidemment, on passe de l’un à l’autre sans trop de transition. Si, quand même, quelques fausses pubs, des illustrations éparses, permettent cette petite transition nécessaire. Comme pour « Paul Lamploix », j’ai trouvé intéressant le procédé, souvent amusant le résultat, mais c’est aussi lassant au bout d’un moment. Il faut dire que j’ai tout lu d’une traite dans l’intégrale (qui reprend avec des pages supplémentaires les deux albums parus peu avant). Il faut sans doute mieux lire cette intégrale par petites touches. Par contre, Bandes Détournées ne se moque pas de ses lecteurs et, avec l’argent économisé en ne payant pas les dessinateurs, ils nous proposent un album au papier épais, comme la couverture, un très bel objet éditorial en tout cas ! Pour amateurs du genre.

22/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Le Lien (Levesque/Nguyen)
Le Lien (Levesque/Nguyen)

J’ai hésité avant de classer cet album, qui joue beaucoup sur l’humour, tout en étant proche d’un documentaire. Mais aussi d’un roman graphique. Bref, le voilà en Inclassable… Dans une suite de « pastilles » d’une page, nous découvrons le quotidien du travail de l’auteure, professeur de Français dans un lycée de Seine Saint-Denis, et les liens qu’elle tisse tout au long de l’année avec ses élèves. Ses difficultés, ses surprises, ses petites victoires, jamais définitives – comme ses défaites. C’est souvent amusant, et cela va surtout à l’encontre de bien des clichés sur le métier d’enseignant, et sur les jeunes de ce département. Ayant enseigné une douzaine d’année en « zone sensible » (en collège pas en lycée par contre), je me retrouve dans pas mal de situations, et ce qui nous est ici présenté – tout parcellaire que cela soit – est assez réaliste. En tout cas c’est une lecture rapide, mais agréable.

22/03/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Les Âmes noires
Les Âmes noires

Yuan est chauffeur de camion quelque part dans le centre de la Chine. Travaillant à son compte, il surnage contre la misère en magouillant pour transporter des chargements plus ou moins légaux de charbon et en parcourant de grandes distances pour les vendre au plus offrant parmi les marchands du bord de la route. Dans cet univers compétitif où les uns et les autres se jalousent et se marchent sur les pieds pour s'en sortir un peu mieux, il est toujours sur la corde raide mais il pensait au moins pouvoir faire confiance à son associé chargé de trouver pour lui de futurs acheteurs et de marchander les prix. Grosse erreur... A l'image de son titre, c'est un récit très sombre, presque désespérant. Je ne sais pas où il se déroule exactement en Chine mais on est loin des fastes et des buildings de Shanghai. Tout le décor est gris, boueux, décharné. Et les locaux semblent y survivre à peine dans une ambiance oppressante, presque post-apocalyptique. Cette atmosphère est bien posée et le lecteur angoisse pour le héros car on sent qu'il peut tout perdre à tout moment et qu'il prend de gros risques à transporter seul son chargement et ce camion qui le fait vivre. Quant à savoir qui sont ces âmes noires, ce sont peut-être ces hommes qui ne vivent que par leurs chargements de charbon crasseux, ou alors ce sont les pourris qui écrasent les autres pour leur voler leurs moyens de subsistance. Le dessin de Fred Druart est très élégant. Son trait propre et son encrage épais rappelle l'esprit de ceux d'un Charles Burns, et la couverture intrigue d'emblée. On regrettera peut-être une uniformité de l'apparence globale du récit, toujours gris sale et couleur boue, mais c'est bien parce que l'intrigue ne permet justement pas aux protagonistes d'en sortir, si ce n'est cette échappatoire familiale sur le lac gelé avec la fille du héros. L'histoire est dure mais crédible et bien menée. J'ai apprécié cette découverte des conditions de vie sordide au cœur de l'Empire du Milieu, sans pour autant savoir si elle reflète une réalité concrète ou juste l'imaginaire des auteurs. La tension et l'atmosphère du récit sont bien posées et marquent le lecteur. Dommage toutefois que l'intrigue ne prenne pas davantage son envol : sa quête de réalisme empêche d'instaurer une véritable aventure et j'ai été un peu frustré par une fin certes satisfaisante mais sans que l'histoire ait vraiment décollé pour y aboutir. J'aurais aimé un peu plus de dépaysement, que le héros nous emmène voir davantage de son pays. Et puis je me suis aussi un peu interrogé sur comment le héros récupère ce qu'il récupère en fin d'album : avait-il toujours gardé les papiers qu'il fallait sur lui pour prouver qu'il était le propriétaire ? Cette conclusion parait soudain presque trop facile voire abrupte. Bref, beaucoup de bonnes choses dans cet album, tant sur le plan de l'histoire, du documentaire et de l'ambiance que du graphisme, mais une intrigue moins enthousiasmante que j'aurais espéré.

22/03/2024 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
Couverture de la série Le Cadavre vivant
Le Cadavre vivant

Hideshi Hino est l'un des pionniers du manga d'horreur au Japon. Il a inspiré par ses contes cauchemardesques des œuvres comme Spirale. Je ne sais pas où il puisait son inspiration, mais il fait preuve, avec cette histoire singulière, d'une imagination certaine, et d'un goût prononcé pour le morbide. Un homme étrange est affublé d'une malédiction unique, celle de pourrir, d'avoir perdu toutes ses fonctions vitales, mais il est toujours vivant : il parle, il marche, il réfléchit... La greffe d'une peau synthétique et différents subterfuges ne lui offrent qu'un court répit, alors que son corps continue de se décomposer. Le manga n'est qu'une suite d'errances vaines, de questionnements sans réponses. A l'instar de certains fantômes cependant, ce sursis terrestre n'est accordé à Yôsuke que parce qu'il s'est promis d'accomplir une dernière chose avant de mourir. L'ensemble est d'une grande noirceur, d'un désespoir presque absolu. Vieux d'une petite quarantaine d'année, ce récit accuse un peu son âge, il y a fort à parier qu'un auteur qui s'emparerait d'une telle histoire irait plus loin dans le crade, mais pas forcément dans le désespoir. Le style graphique de Hino est assez basique, mais il arrive à être très expressif grâce notamment à une mise en scène un peu cinématographique. Il utilise ainsi pas mal les grossissements de focales. Une vraie curiosité.

21/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Cul de sac
Cul de sac

Nombreux sont ceux qui comparent cette série à Calvin et Hobbes (et d’ailleurs Watterson se fend d’une préface pleine de compliments dans le premier tome). S’il y a bien quelques points communs entre les deux séries de strips, et si j’ai trouvé très agréable et plaisante ma lecture de « Cul de sac », je ne la place pas aussi haut que « Calvin et Hobbes ». C’est sans doute un chouia moins dynamique et profond, je ne sais pas. Mais bon, cela dit, ça reste quand même assez chouette, et ça peut plaire à un très large public (au niveau des goûts et de l’âge). Des personnages et des situations assez simples, ordinaires, des dialogues frais et vivants, rares sont les strips qui laissent de marbre. Les deux gamins qui sont au centre des récits sont attachants (Alice serait proche de Calvin avec son imagination débordante, Petey est un peu plus étrange). Les personnages secondaires (camarades, parents, cochon d’Inde, etc.) enrichissent les récits et permettent d’éviter la monotonie des situations. Une lecture sympathique.

21/03/2024 (modifier)