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Couverture de la série Jeanne d'Arc - De Domrémy au bûcher
Jeanne d'Arc - De Domrémy au bûcher

Sur un sujet assez rebattu – et presque iconique – de l’Histoire de France, on a là un album qui se situe dans une très honnête moyenne. Il se propose de suivre Jeanne sur une quinzaine de lieux de son « trajet », de Domrémy au bûcher de Rouen. Chacune de ces étapes est traitée en 5/6 pages de BD le plus souvent, accompagnées ensuite de deux pages documentaires, proposant des reproductions de documents, des petites mises au point historiques sur des lieux, des personnages, des événements, et des photos actuelles de ce qui reste des lieux évoqués. Le ton employé dans ces documentaires, la volonté de donner en bas des pages BD pas mal de traductions des termes employés, tout ceci me fait dire que, si l’album s’adresse à un public très large, il vise sans doute en priorité les jeunes ados. La narration est fluide, comme le dessin, vraiment agréable – la colorisation est elle aussi plutôt réussie : c’est une lecture agréable donc. Qui n’apprend rien aux amateurs du sujet, qui suit les « lieux communs » du sujet sans trop se lancer dans des hypothèses historiques pointues (comme j’ai pu le lire récemment dans le très beau travail de l’historienne Claude Gauvard, « Jeanne d’Arc, héroïne diffamée et martyre », consacré à son procès, mais qui balaye très bien ce qui l’a précédé). Un album à l’ambition mesurée peut-être, mais qui est très bien fichu, qui peut prendre place dans un CDI de collège, et qui peux plaire à de jeunes lecteurs amateurs de cette période charnière de la fin du moyen-âge.

08/12/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5
Couverture de la série Cyberpunk 2077 - Ta voix
Cyberpunk 2077 - Ta voix

Une lecture rapide et un peu décevante. Un monde dystopique de type cyberpunk inspiré du jeu vidéo Cyberpunk 2077. L'action se déroule dans la mégalopole Night City en Californie où l'usage de la technologie s'est démocratisée sous l'influence prédominante de mégacorporations. Celles-ci ayant pris le pas sur les gouvernements. Un tableau vite brossé dans lequel va se dérouler ce récit. C'est la quatrième déclinaison de cette franchise en BD. C'est le simple nom de Danijel Zezelj qui a attiré mon attention, je ne savais pas que ce comics était tiré de l'univers d'un jeu vidéo (pas mon truc). J'adore ce mec, je le considère comme un des maîtres du noir et blanc. Bon, ben, ici, il va y avoir de la couleur et celle-ci met bien en valeur son trait épais, anguleux, dynamique et singulier dans des tons psychédéliques. Il reste cependant toujours ce côté sombre où le noir est omniprésent, ce qui apporte cette ambiance futuriste au récit qui me rappelle Starve. Les décors sont fabuleux et les personnages inquiétants. Superbe ! Je découvre les deux scénaristes, Marcin Blacha et Aleksandra Motyca [des polonais], ils ont travaillé tous les deux sur ce jeu vidéo et maintenant, ils le déclinent en BD. Une histoire sans surprises, même si la chute relève l'ensemble, où l'action a le beau rôle et les personnages sont stéréotypés. Ce n'est pas la lecture du mois, ni même de la semaine, mais elle reste recommandable pour les fans de Zezelj et de cyberpunk.

08/12/2023 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5
Couverture de la série Pill Hill
Pill Hill

Quel étrange album que voilà ! Si vous vous en tenez au résumé éditeur, vous serez certainement aussi décontenancé que moi. "Pill Hill" nous propose de suivre le quotidien douloureux d'un jeune père célibataire qui vit avec son fils après une séparation compliquée. Et c'est lors d'une promenade au parc avec son fils que Nic (notre protagoniste) va commencer à faire une fixette sur un phénomène étrange : dans une des parties reculées du parc, tous les arbres se retrouvent affublés d'un chewing-gum collé sur le tronc... Au début surpris, la chose va rapidement devenir une obsession et Nic va se lancer dans une "enquête" pour découvrir qui se cache derrière ça... Alors oui, en effet, au début on découvre le quotidien de Nic, cette découverte étrange des chewing-gums collés sur les arbres et sa détermination à trouver qui en est responsable. Mais au fil des pages et des mésaventures qu'il continue d'avoir avec son ex femme, toxico notoire incapable de s'occuper de ses enfants (elle a un autre fils dont Nic n'est pas le père), le récit se recentre sur la gestion de cette relation toxique et ses conséquences sur ses deux enfants. Pour le coup l'"enquête" devient secondaire pour quasi passer à la trappe, mais ce qui n'est pas plus mal, car c'est cette partie du récit qui m'a plu, la première étant un peu trop introspective à mon goût. Côté dessin, Nicholas Breutzman joue d'un trait simple, expressif coloré de nuances de bleu, alternant avec des planches sombres tout en crayonné charbonneux. Par contre, je ne suis pas très fan de ses cases tirées au cordeau et des textes très typographiés qui servent de voix off. Au final, voilà un album qui traite d'un sujet peu commun en BD (la lutte d'un père face à l'administration pour récupérer la garde d'un enfant), mais qui passe par des circonvolutions un peu hallucinées que n'aurait pas renié l'ex femme de Nic...

08/12/2023 (modifier)
Par Cleck
Note: 3/5
Couverture de la série La Femme à l'étoile
La Femme à l'étoile

Western & huis-clos décrivant la rencontre de deux fugitifs et la traque s'organisant pour les capturer. Pastor dresse le portrait d'un jeune homme et d'une jeune femme à la fois bourreaux et victimes du patriarcat, des coupables dont les circonstances atténuantes sont méprisées par la justice expéditive d'alors. Ces deux personnages se réfugient dans une ville fantôme enneigée et y apprennent à s'aimer, à accepter leur honte. La réussite de ce huis-clos tient dans cette manière de décrire froidement la survie en milieu très hostile (la montagne enneigée, le froid pénétrant ces habitations délabrées, le manque de nourriture, la culpabilité rongeant les esprits, la solitude) et d'habilement gérer via un faux-rythme la tension inhérente à l'attente de l'inévitable règlement de compte sanglant à venir. Les personnages forts et habités sont présentés dans leur mystère, les informations les présentant sont disséminés progressivement et au compte-gouttes. L'essentiel est plutôt visuel et retranscrit en une élégante bichromie à l'aquarelle. Parce qu'il s'agit d'un western, genre en BD moins apprécié, et que les illustrations certes belles me touchent moins que celles pourtant similaires d'un Bonneau, ma note demeure relativement basse pour cette œuvre au demeurant réussie.

08/12/2023 (modifier)
Par grogro
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sibylla
Sibylla

Sibylla figure dans la sélection Angoulême 2024, raison pour laquelle je me suis penché sur cette BD dont les quelques planches consultables sur le site de l'éditeur m'ont fait forte impression. Je parlerai donc du dessin de Max Baitinger, auteur inconnu au bataillon. Et c'est ravissant. Son trait léger virevolte sur les pages comme la plume de Sibylla, notre poétesse. L'auteur a une force d'abstraction tout à fait remarquable, au point qu'une ligne unique tisse l'horizon comme les contour d'un paysage, comme au bon vieux temps du fameux télécran. Il agrémente ce trait noir d'un soupçon d'aquarelle aux tons sépias/marrons la plupart du temps, ce qui confère une unité, ainsi qu'une ambiance très médiévale. Des trouvailles graphiques parsèment l'ouvrage, et l'on peut s'amuser à relever quelques discrètes citations bien senties, comme cette Nature morte au citron de Maerten Boelema De Stomme on-ne-peut-plus a propos, au sujet de laquelle je me permets d'incérer cette citation de F. Bouré, trouvée sur le net : "On donne le nom de vanité à une catégorie particulière de la nature morte, laquelle associe des symboles du temps, de la brièveté de la vie, de la mort, aux objets de l’activité humaine. Dans "Nature morte au citron", les plaisirs éphémères de la vie sont évoqués par le sel du coquillage souvent associé à l’âme, perle secrète de l’homme ; le sucré du vin, qui rappelle le calice et le sang versé du Christ ; la noix est la chair tendre de Jésus sur le bois de la croix. L’homme est mortel et fragile comme l’écorce du citron que l’on pèle." CQFD L'esprit de cette BD colle ainsi parfaitement à son sujet. Mais j'aime également la manière dont Max Baitinger croise le récit de son héroïne avec celui de l'élaboration de son livre. C'est très bien foutu. Il y a un humour finaud, de la poésie (donc), et beaucoup de tendresse. Mais finalement, le gros intérêt de Sibylla, outre son dessin qui est l'élégance même, c'est son sujet, à savoir Sibylla Schwarz (1621-1638). En effet, je découvre totalement cette jeune poétesse qui a si peu vécu mais tellement écrit. Et une chose est certaine : je vais de ce pas tâcher de me procurer une édition d'un recueil de ses poèmes, apparemment très avant-gardistes. On estime par exemple que son poème « Une chanson contre l’envie » est probablement le premier poème sans compromis féministe de la littérature mondiale. Pendant près de deux siècles, Sibylla Schwarz fût ainsi considérée comme une figure littéraire de premier ordre avant de tomber dans l’oubli. Alors pourquoi une telle note face à tant d'enthousiasme ? Parce que je ressors assez déçu de la manière dont Baitinger construit son récit. D'abord, il y a un passage d'une dizaine de pages illustrée dans un style graphique et des tonalités (rouges) tout à fait différentes qui m'ont fait perdre un peu le fil, d'autant que le style en question est nettement moins original. La raison est sans doute à trouver dans le contenu même des poèmes de l'autrice, mais de cela je ne peux encore juger. Et puis il y des passages un peu planplan, notamment celui où l'on voit danser les muses. C'est un peu "tarte à la crème" au milieu de l'originalité frappante de cette magnifique édition. Globalement, l'histoire manque d'unité narrative, et les passages entre les différents registres (de narration) sont parfois abrupts et m'ont laissé à la traine. Je me suis souvent dit : "ah ok ! on part sur un autre truc", ou bien "houla ! j'ai dû raté une marche" avant de reprendre quelques pages en arrière. Tout cela est vraiment dommage. Mais le style graphique génial, ainsi que le sujet inédit, font que cette BD vaut tout de même largement son petit coup de cœur. Allez, je m'en vais regarder de plus près ce qu'à écrit Sibylla, et aussi les autres BD de Max Baitinger !

08/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Guacamole Vaudou
Guacamole Vaudou

J’avais lu à sa sortie cet album, mais ne l’avais pas avisé, ne sachant pas si ça collait (Trop éloigné ou pas de la BD ?). Cet aspect ayant été tranché, je viens de le relire, mais mon ressenti n’a pas changé. C’est une déception relative. J’attendais sans doute autre chose et mieux du duo de scénaristes. Le comique décalé et loufoque de Judor, et surtout celui absurde et abscons de Fabcaro m’avaient fait saliver. Mais le résultat est en deçà de mes attentes. Certes, il y a quand même un certain nombre de passages, des dialogues, qui sont plutôt bien vus, amusants, par leur côté absurde et débile, et la lecture n’est pas désagréable. Les décors ultra kitsch, les pauvres perruques de nombre d’acteurs, les situations et dialogues improbables (voir les passages avec le gourou, ou lorsque Judor/Chabert est confronté à la drague de Véroni par exemple), il y a quand même un petit stock de conneries plus ou moins délectables. Mais il y a aussi des longueurs, et globalement, c’est moins régulièrement drôle et percutant que la plupart des derniers albums de Fabcaro sur ce registre, la greffe entre les deux auteurs/humours n’a que partiellement pris (et peut-être aussi que le format roman-photo n’est pas le plus approprié, je ne sais pas). Au final, un album sympathique, inégal, mais qui m’a un peu laissé sur ma faim.

07/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Nos Mondes perdus
Nos Mondes perdus

Indubitablement, Marion Montaigne est passée maîtresse dans l’art de la vulgarisation scientifique ! Et cet album, qui se consacre en grande partie à l’histoire de la paléontologie, en est une nouvelle preuve. Toutefois, cet album est aussi pour l’autrice une occasion de nous parler d’elle. Et malgré tout son humour, toute son autodérision, la psychanalyse à laquelle elle se livre m’aura plus que moyennement intéressé. A titre personnel, j’en ai beaucoup appris sur l’histoire de la paléontologie. Marion Montaigne truffe son documentaire d’anecdotes amusantes, joue régulièrement avec des anachronismes percutants et profite de l’occasion pour remettre en lumière le rôle de certaines femmes dans cette science. Comme dit plus haut, de ce point de vue, c’est un album vraiment bien foutu, instructif et distrayant. Seul petit reproche à ce niveau : l’autrice tombe parfois dans un humour un peu facile et vulgaire. Le dessin de Marion Montaigne, pour ceux qui ne la connaitraient pas encore, se rapproche de celui de Reiser. Très caricatural et très expressif, il permet de faire passer le message tout en apportant une légèreté et un second degré aux propos tenus. Clairement, ce n’est pas dans cet album que vous verrez de belles planches de dinosaures avec décors chiadé et ciel crépusculaire… mais pour faire passer une matière de prime abord abrupte, ça fait le taf ! Donc voilà, vraiment pas mal, avec un bémol sur l’aspect psychanalyse de l’autrice dont je n’avais finalement que faire.

07/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Les Incroyables Aventures de l'enfant plume
Les Incroyables Aventures de l'enfant plume

La lecture de ce triptyque d'aventures un peu fantastiques pour la jeunesse est une petite déception. Pourtant j'ai bien aimé la proposition du tome 1 de Jorge Corona. On y retrouve une ambiance d'enfants des rues débrouillards qui vivent à l'extérieur d'un ghetto de riches. L'apparition d'un enfant nocturne couvert de plumes et d'un étrange voleur d'enfants style Jack the Ripper, interroge sur le devenir du récit : fantastique ? Sociétal ? Thriller ? Aventure Je suis bien incapable d'y répondre à la fin du tome 3 car le scénario devient superficiel avec un dénouement expédié à la va vite sans que l'on sache d'où venait ce mystérieux bandit. Comme le découpage suit la version américaine, cela ne correspond pas vraiment au rythme des albums et propose une lecture hachée. Le graphisme est le point fort même si je ne suis pas très fan de ces figures aux angles marqués et à la gestuelle rigide. De plus j'ai trouvé la mise en couleur vraiment peu attrayante pour des enfants avec cette surabondance de bruns et de gris. Ma fille de dix ans a trouvé moyen, je valide. 2.5

07/12/2023 (modifier)
Par outaqua
Note: 3/5
Couverture de la série L'Ecole Abracadabra
L'Ecole Abracadabra

C'est clairement une BD pour enfant certaines planches font sourire mais pas plus quand j'ai découvert cette BD j'aimais beaucoup les gags des jumelles (Pic et Pik) qui jouaient des tours à la voisine et le récurent: -Edmont -Mais non

07/12/2023 (modifier)
Par Josq
Note: 3/5
Couverture de la série Prophet
Prophet

Voilà un récit ésotérique comme les affectionne tout particulièrement Dorison ! Même s'il n'officie que sur le premier tome, on reconnaît totalement sa patte dans ce récit empli de mystère et de mysticisme. Le premier tome pose des bases tout-à-fait fascinantes, en jouant sur une rupture narrative aussi brillante que déconcertante, qui sollicite immédiatement l'attention, même si elle fait craindre (au début) de ne plus rien comprendre à l'histoire. Dieu merci (même si l'expression n'est pas la plus adaptée concernant cet univers !), ça n'est pas le cas, et le reste de la saga se suit assez bien. Après le twist impressionnant du premier tome, donc, on arrive dans quelque chose de plus convenu, avec une atmosphère post-apocalyptique qui fonctionne bien, assaisonnée de quelques démons qui font leur effet. J'avoue regretter toutefois que la plupart du temps, les démons géants ne fassent figure que de toile de fond, j'aurais aimé les voir davantage en activité, car finalement, on n'a qu'un nombre limité d'antagonistes démoniaques dont on ressent vraiment l'impact. Cela dit, ces grandes figures figées au milieu des immeubles sont une idée narrative et visuelle folle, qui fonctionne admirablement. L'autre problème, c'est que, comme souvent quand on a un univers aussi fort, le récit a tendance à retomber sur la fin. Quand vient le moment de dénouer tous les fils, le scénario revient dans des sentiers assez balisés. Rien de dégradant, mais c'est un peu trop convenu pour tirer vraiment son épingle du jeu. Il manquait sans doute à l'histoire le côté archéologique et poisseux d'un Sanctuaire, par exemple, pour réussir à susciter mon enthousiasme. Il n'empêche qu'on a vécu de beaux moments, que l'univers est prenant et le récit captivant. Le dessin de Lauffray est beau mais je trouve qu'il manque parfois de finition, il y a un petit quelque chose qui est absent pour que ce soit vraiment parfait. Graphiquement, ça reste une belle bande dessinée, et un bon moment de lecture. En revanche, ce n'est pas forcément la lecture marquante que j'aurais voulu.

07/12/2023 (modifier)