Les derniers avis (48389 avis)

Couverture de la série Auto Bio
Auto Bio

Je suis beaucoup moins sévère que beaucoup d'aviseurs après la lecture de cette série. Il faut dire que je n'en attendais pas monts et merveilles. Dès le début de ma lecture cela m'a renvoyé aux épisodes de L'Atelier Mastodonte où Pedroso est gentiment moqué dans sa posture écolo. L'humour est soft, celui que j'aime, et ce n'est pas un précis d'écologie moralisateur. Je trouve au contraire que Pedroso met bien le doigt sur les limites et les contradictions des postures et discours écologiques en Occident. Pedroso se met en scène avec la plus grande autodérision possible. C'est assez courageux de sa part et j'ai bien apprécié plusieurs gags. Une lecture détente qui ne prend pas la tête portée par un graphisme agréable.

10/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Les Guerres de Zeus
Les Guerres de Zeus

Alors qu’il avait pas mal d’arguments pour me plaire, un album que j’ai trouvé assez moyen au final. Dans les bons points, j’étais tout d’abord ravi d’en apprendre plus sur les guerres menées par les dieux, ce n’est pas la partie que je maîtrise le plus dans la mythologie. Ensuite et pour une fois, je n’ai pas grand chose à reprocher à la direction artistique, une couverture toujours réussie de Fred Vigneaux mais surtout l’intérieur est très agréable à suivre et relève le niveau de la collection. Les protagonistes respirent bien plus de charisme que d’habitude. Bref je suis parti plutôt emballé. Le début est sympa, on assiste à la toute fin du combat contre les Titans, puis les dieux se partagent alors le pouvoir, enfin on assiste surtout pour Zeus, Poseïdon et Hadès, ça m’aurait bien plu de voir cette partie plus approfondie. Malheureusement la suite n’est pas du même acabit, le 2eme conflit mis en scène est celui contre les géants, il occupera la majeure partie du tome. C’est une suite de combats sans réels intérêts, Herakles aura un rôle important mais j’ai trouvé ça assez pauvre. Ça ne m’a pas passionné de voir certains géants ensevelis dans la terre et devenir des volcans. La dernière guerre sera contre Typhon (qui à l’instar des géants deviendra le mont Etna) et son déroulement est complètement expédié et massacré. Dommage je trouve qu’il y avait des choses à dire sur la couardise de la plupart des dieux. Un album didactique mais qui se disperse trop pour un one shot et le rendre vraiment marquant ou intéressant. Je ne retiendrai que l’enchaînement des faits (mais ici sacrifiés par le développement proposé), j’arrondis au supérieur pour le plaisir graphique. 2,5

10/12/2023 (modifier)
Couverture de la série La Revanche de Bakamé
La Revanche de Bakamé

C’est un album assez étonnant, dans lequel il est un peu difficile d’entrer, tant tout semble foutraque et foutoir. La remarque est valable pour l’intrigue comme pour le dessin. Le dessin, justement, tracé au trait très gras, avec une colorisation assez pétante et elle aussi brouillonne. Le rendu est très underground, avec aussi des petits airs de street-art tendance pochoir (avec l’impression d’un encrage inégal et « amateur » qui va avec). Ajoutons que les cases sont assez touffues parfois. Mais on s’y fait et ça passe au bout d’un moment. C’est un peu la même chose au niveau de l’histoire, assez foutraque. C’est une sorte de fable (des personnages à têtes d’animaux en côtoient d’autres à tête d’humains) assez joviale, qui flirte parfois avec un trash finalement retenu, et qui nous développe une histoire dans une Afrique centrale (Congo probablement si j’en crois certains dialogues, mais ça peut aussi se passer au Rwanda) animées, entre modernité et tradition (les sorciers). Certains dialogues sont difficiles à suivre, comme les péripéties (j’ai aussi eu du mal au début à différencier certains personnages). Après un temps d’acclimatation, là aussi ça se laisse lire. La rivalité entre la hyène et le lièvre a des côtés amusants. Le pathétique, le dérisoire de certaines situations, un peu d’humour noir, tout ça permet de dynamiser une intrigue pas toujours très claire, mais pleine de vie. Je suis étonné de voir que ce sont des auteurs néerlandais, et non africains, qui ont écrit cet album. Une lecture sympathique pleine de fraicheur, même si le foutoir peut désorienter certains lecteurs.

10/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Monster Musume
Monster Musume

C’est par cette série que j’ai découvert le genre harem, une plutôt bonne entrée en matière puisque j’y ai pris goût. J’éprouve donc énormément de sympathie pour les premiers tomes, j’ai trouvé ça bien con et drôle, en plus le dessin est sympa. Par contre, la suite peine définitivement à se renouveler, je n’ai pas pu aller au delà du tome 8. On retrouve systématiquement le même schéma que ça en devient gonflant, nouveaux personnages/situations mais pas d’évolution des personnages. La série devient une caricature du genre, c’était déjà pas bien profond mais malheureusement à la longue, ça tire sur du vide, défaut récurrent au genre quand ça n’avance pas.

09/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Frères d'armes
Frères d'armes

Cette série est intéressante à plusieurs niveaux. En premier lieu, les deux histoires "courtes" sont proposées par des auteurs indiens ce qui renforce la crédibilité des récits. Ensuite le fondamentalisme en Inde est un sujet peu visité dans les médias français malgré son potentiel explosif. Les problématiques exposées sont un peu différentes entre le Cachemire et l'Etat du Kerala. Le Cachemire est depuis longtemps une zone de guerre entre pays frontaliers. Les engagements des habitants musulmans répondent à une volonté de se détacher de l'Inde. Le scénario choisit un dialogue entre deux prisonniers et cela ralentit le rythme et hache le récit. Cela reste aisément compréhensible même pour un non spécialiste. Le graphisme manque aussi de fluidité mais reste dans cette ambiance de reportage. Le second récit est beaucoup plus structuré et propose une vraie montée dans l'intensité dramatique de l'action. De plus le dialogue entre les deux frères recèle de vrais arguments contre l'utilisation de la violence pour se faire reconnaître. Au Kerala la problématique n'est pas celle d'une indépendance vis à vis de l'état central mais plutôt la lutte d'une minorité pour se faire reconnaître. Bien sûr de fil en aiguille les auteurs montrent comment le fondamentalisme occupe le terrain et en vient à faire la guerre à sa propre communauté. Le graphisme est fluide et dynamique ce qui permet de bien rentrer dans l'histoire. Il est à noter que les deux récits se rejoignent dans leur conclusion en montrant la vanité de l'action violente. Une série toujours d'actualité pour les deux types de situations évoquées.

09/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Un tournage en enfer - Apocalypse Now
Un tournage en enfer - Apocalypse Now

Même si je comprends son aura, Apocalypse Now est loin d’être une œuvre culte pour moi. Je n’ai dû le voir que 2 fois en entier (et dans la douleur). De ce film, je ne retiens que certaines scènes cultes (les hélicos, le napalm …) mais l’ensemble me laisse assez froid. Je lui préfère grandement d’autres œuvres sur le sujet comme Full métal jacket, Voyage au bout de l’enfer ou même encore Rambo. Malgré ça, j’ai trouvé cet album plutôt intéressant. Le film a eu un tournage plus que chaotique, si quelques faits m’étaient connus : dépassement budget, météo capricieuse, drogue abondante … on apprend bien d’autres anecdotes sympathiques. J’avais un peu peur de l’effet making of, mais l’auteur trouve le bonne angle d’attaque pour narrer les déboires de cette production. On s’attache bien sûr au tournage et à la post-production du film mais ce que j’ai aimé, c’est la mise en contexte plus large de ce qu’est Hollywood à cette époque. On apercevra Spielberg, Lucas … qui modifieront le paysage cinématographique, on sent la fin d’un certain âge. Tout n’y est pas systématiquement intéressant, les tergiversations de Coppola pour la fin ont fini par me lasser (ainsi que sa mégalo) mais c’est noyé avec de nombreuses anecdotes savoureuses (l’armée des philippines, Brando, Keitel…). Donc voilà une œuvre bien sympathique qui allie 7 et 9eme arts, assez simple dans son dessin et sa mise en page mais intéressante et d’une belle fluidité. Je n’ai pas plus d’empathie pour le réalisateur mais ça m’a donné envie de redonner une chance à ce film.

09/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Le Père Goriot d'Honoré de Balzac
Le Père Goriot d'Honoré de Balzac

Une très belle adaptation du classique de Balzac! Autant vous le dire, j'ai du m'y reprendre à deux fois pour bien cerner qui sont les nombreux personnages qui prennent part à l'histoire du Père Goriot. Le scénario est riche, les dialogues denses et les personnages secondaires nombreux. Ce n'est donc pas le genre de BD que l'on ouvre un soir, fatigué après le travail, en se disant que l'on va lire ça rapidement, sans trop réfléchir... Ce diptyque reprend bien les principaux passages de l’œuvre de Balzac et traduit parfaitement l'hypocrisie, l'arrivisme et la vénalité de la noblesse de l'époque. Seule la détérioration de l'image du Père Goriot entre les 2-3 première pages et la suite qui se déroule six ans plus tard est un peu rapide et mal amenée selon moi. Pour le reste, c'est vraiment agréable à lire et la fin ponctue de très belle manière l'histoire. Au niveau du dessin et de la colorisation, rien d'original, mais les personnages sont bien croqués et très différents les uns des autres permettant de rendre plus claire la lecture. Une jolie BD à posséder selon moi et qui permettra à certains, réfractaires aux romans, de se plonger plus facilement dans la comédie humaine de Balzac. Originalité : 3/5 - Histoire : 4/5 Dessin : 3,5/5 - Mise en couleurs : 3/5 NOTE GLOBALE : 13,5/20

09/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Courtes Distances
Courtes Distances

Du pur roman graphique, où il ne se passe quasiment rien. Il ne faut donc pas être réfractaire à ce type d’ouvrage. Ça ne m’effraie pas a priori, mais je suis quand même passé à côté de cet album, au format atypique (une sorte de grand carré). C’est l’histoire de ce jeune homme qui se cherche (et cherche du boulot), qui est pris sous son aile par une vague connaissance familiale, ce dernier parlant, parlant, racontant sa vie, ses affaires, donnant son opinion sur tout, lui présentant son chien, etc. C’est un petit exploit de Winterhart de tenir aussi longtemps sur une base assez ténue. Mais il y a des longueurs, je me suis un peu ennuyé. Il n’y a pas de passages contemplatif, d’humour, ou je ne sais quoi pour « relever le plat ». Ainsi, si l’auteur sait construire une narration claire, et que son dessin – aussi précis pour les détails des visages qu’avare pour tout le reste (les décors sont ainsi souvent évacués) – est très lisible et plutôt agréable, je crois n’avoir jamais pu ou su entrer complètement dans cette histoire. J’arrondis aux trois étoiles, parce qu’il y a de réelles qualités, que d’autres ont visiblement davantage appréciées que moi, mais ça a quand même été une lecture laborieuse. Disons que ça n’est pas ma came. Note réelle 2,5/5.

09/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Wannsee
Wannsee

Voilà un sujet difficile. D’abord parce que l’on parle de la mise au point de l’assassinat de plusieurs millions de personnes. Ensuite parce que cet événement, qui est loin d’être un « détail » de l’Histoire – et de la seconde guerre mondiale, n’a pas laissé beaucoup de trace, et pour cause, les Nazis qui y ont participé ont clairement cherché à maintenir le secret. Mais je trouve que le pari est réussi. Le traitement, graphique et narratif, permet d’appréhender cette réunion, ses participants, et de mieux comprendre le fonctionnement du régime nazi. Le dessin joue sur le côté sombre, les protagonistes s’effacent derrière le rôle qu’ils endossent, derrière leur crime. Le Hénanff montre aussi très bien le panier de crabes, les rancœurs, la concurrence, qui opposent les différents services, voire les haines sous-jacentes, le mépris, tout ceci n’empêchant pas tous les participants de taire les quelques scrupules qui pouvaient les gêner, lorsqu’il s’est agit d’accepter d’avaliser la « solution finale ». Et le dossier final, qui donne une très courte biographie des personnages est aussi intéressant (il montre en particulier qu’un certain nombre d’entre eux ont pu finir leur vie tranquillement en RFA après la guerre !). Traiter ce sujet de façon froide, presque clinique peut sans doute gêner. Mais je ne pense pas que ce soit une faute. Au contraire, cela montre l’aspect monstrueux de cette réunion « ordinaire », administrative. Le dossier final redonne de la chair à ces hommes, et renforce l’horreur de leur comportement. En les réhumanisant, il les condamne. Une lecture que j’ai plutôt appréciée. Note réelle 3,5/5.

09/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Morgan (Pratt)
Morgan (Pratt)

Il y a dans cet album parfois quelques faux airs de Corto Maltese (le début de l’intrigue se passe autour de Malte, un personnage s’appelle Maltese…). Mais c’en est à peine le brouillon. C’est d’ailleurs mon ressenti, que cet album, publié tardivement, ressemble à un « fond de tiroir » mal dégrossi, avec les défauts et imperfections qui peuvent aller avec. En effet, le dessin est assez brouillon et pas toujours heureux (j’ai connu Pratt bien plus incisif et son trait a souvent été plus précis). Très épuré (décors quasi absents, détails des personnages eux-aussi plutôt minimalistes), ce dessin est quand même lisible (j’ai lu la version Noir et Blanc, qui de toute façon doit être meilleure que celle colorisée je pense). Concernant l’histoire, j’ai la même impression de brouillon. C’est de l’aventure pure et dure durant la seconde guerre mondiale (avec une localisation en Méditerranée et en Adriatique), comme d’autres ou même Pratt ont pu en faire pas mal. Mais le récit est assez peu consistant, les personnages sont esquissés, l’intrigue est plutôt sèche. Ça se laisse lire, mais il n’y a pas la poésie, le souffle de « Corto Maltese », ou même un certain lyrisme comme dans ses séries se déroulant dans les forêts nord-américaines. Disons que c’est une lecture d’emprunt qui n’est pas désagréable, mais qui se laisse oublier facilement, y compris par ceux qui, comme moi, sont a priori des amateurs de Pratt. Note réelle 2,5/5.

08/12/2023 (modifier)