Un album honnête mais qui manque un petit peu de coffre.
La partie graphique passe mais ne m’a pas subjugué. Quant au récit, il a le principal mérite de recontextualiser le mythe de Midas.
Si son début ne m'était pas inconnu avec cette histoire de touché d’or, j’ignorais la suite de ses mésaventures avec les divinités.
Midas y apparaît bien plus benêt que dans mon souvenir (centré sur l’avarice, j’avais même en tête qu’il en mourrait, faute de pouvoir se substanter). Sur la dernière histoire, la morale paraît même un peu faible (comme le souligne Gaston), en gros faites pas chier les Dieux où il vous en cuira, ça peut paraître limite aujourd’hui si on interprète de façon plus large.
Au final un mythe relativement mineur, par contre et même si ça a fait un peu hors sujet, j’ai apprécié que les auteurs poussent un peu plus loin la relation Apollon/Hermès, et appuient toujours sur le côté harmonie/chaos cher à cette mythologie.
C'est une série que j'ai découverte un peu par hasard grâce à ma bibliothèque, et je me suis pris au jeu, lisant les neuf premiers tomes assez rapidement. Il ne s'agit pourtant pas d'un chef-d’œuvre, loin s'en faut, mais les personnages sont sympathiques, les valeurs véhiculées sont positives et le phénomène d'identification fonctionne en plein pour qui, comme moi, a des chats et les apprécie plus que de raison.
La série alterne courts chapitres chronologiques et "gags en une planches". Ces "gags" ne sont pas spécialement drôles (et ne cherchent pas toujours à l'être) mais jouent plus sur le caractère attendrissant du lien qui unit un humain à "son" chat. Les chapitres chronologiques permettent de suivre l'histoire du personnage principal. Celui-ci a adopté un chat en mémoire de son épouse récemment défunte, et l'irruption de ce chat va bouleverser son quotidien, le poussant à s'ouvrir aux autres. Au fil des tomes, le rôle de la musique (le héros est un ancien grand pianiste devenu professeur dans une petite école) ne cesse de croître, permettant à l'autrice de sortir de la simple relation de l'homme et son chat et d'introduire d'autres personnages et d'autres enjeux.
La série connait un certain succès dans son pays puisqu'elle a été adaptée en anime et qu'elle a été déclinée sous forme de jeu vidéo. Le manga étant assez fourre-tout, certains passages parlent justement de ces déclinaisons (ce qui n'a plus aucun rapport avec l'histoire centrale).
Pour moi, il s'agit clairement d'une lecture facile et un peu coupable mais ça fait du bien de lire de temps à autres une série centrée sur l'amitié, le respect, l'acceptation des qualités et défauts des autres... et sur les chats, leurs facéties et les liens qui les unissent aux humains.
J'avais déjà repéré les images de cette BD dont certaines ont été diffusées sur internet, puisqu'elles étaient publiées au préalable dans divers journaux. La lecture de l'intégrale est d'ailleurs à diluer dans le temps sous peine d'en prendre une trop forte dose d'un coup, mais à petite touche c'est une bonne BD humoristique.
Servi par un dessin minimaliste qui joue sur les pictogrammes et les ombres, les cases s'enchainent avec des trouvailles globalement tournées autour du livre et du monde de l'édition. Pas mal de gags tournent clairement autour des classiques avec quelques gags parfois bien trouvés et d'autres que je n'ai pas compris, sans doute par manque de référence. Il y a de nombreux gags sur le processus d'écriture et les critiques de l'édition, des lecteurs, des écrivains … C'est une BD qui joue habilement sur ces codes et plusieurs gags m'ont fait pouffer, parfois même lâcher un éclat de rire.
Maintenant, j'ai aussi eu l'impression que certains gags étaient parfois forcés, surtout lorsqu'on les lit tous en un seul bloc. Plusieurs d'entre eux m'ont parus des exagérations "faciles" des codes spécifiques de la littérature. Et de fait, je pense que c'est une BD qui est à lire par petit bout, sous peine d'être gavé et de remarquer trop facilement les défauts. Pour ma part j'ai aimé mais je ne le classerais pas dans les immanquables du genre ni les meilleurs de ma BDthèque.
2.5
Je continue mon exploration de la collection Héritages d'Akata, une collection qui m'intéresse beaucoup parce qu'on propose des vieux mangas (principalement shojo, mais pas que) même si j'ai peur que certaines œuvres soient surtout intéressantes à titre historique. Ici, c'est un shojo datant des années 60 et c'est un classique du genre et un des mangas les plus connus d'Eiko Hanamura, une des premières femmes mangakas. C'est d'ailleurs la première publication en français de cette autrice.
Il y a des qualités dans cet album. J'ai bien aimé le dessin qui fait certes un peu vieillot, mais cela ne m'a pas dérangé parce que je ne suis pas allergique au rétro. Je trouve qu'il a une certaine élégance et surtout il est très lisible contrairement à des shojos modernes où les cases sont surchargées. C'est simple et efficace. De ce que j'ai compris, le ton de l'œuvre est mature pour un manga de cette période et c'est vrai que l'autrice aborde des thèmes graves avec intelligence.
Malheureusement, il y a des défauts. Il y a quelques facilités dans le scénario, même si j'ai vu pire dans d'autres mangas de cette même période (on est encore dans la mentalité que les mangas c'étaient uniquement pour les enfants), mais il y a tellement de coïncidences que je me suis demandé si le scénario avait été coécrit par Charles Dickens. De plus, il y a aussi le côté mélodramatique propre aux shojos qui finit par devenir irritant vu que les personnages, surtout féminins, passent leur temps à se lamenter sur la tragédie qui les frappent. J'ai rien contre le fait qu'il y ait quelques scènes de ce genre, mais il y en a juste trop et je trouvais que cela finissait pas se répéter un peu. Il y a aussi quelques longueurs.
Mais bon je prends conscience que je ne suis pas le public de base et dans le genre, c'est pas trop mal. Seulement je ne sais pas si des adolescentes auraient envie de lire une œuvre aussi vieille. Je pense que ça s'adresse surtout aux amateurs de vieux mangas et je conseillerais surtout un emprunt.
C’est un album à réserver aux amateurs du travail de Moebius – dont je fais partie ! En effet, la partie BD est réduite à la portion congrue : seulement deux histoires complètes (dont celle qui donne son titre à l’album), probablement inédite en album) d’une vingtaine de pages en tout, sont accompagnées de couvertures, de croquis, d’essais, de dessins promotionnels, etc.
Mais aussi – et c’est sans doute ce qui est le plus intéressant, de textes de Moebius (extraits d’entretiens, commentaires sur son œuvre) : la réflexion sur son art, sa production, éclaire le trajet d’un monstre du neuvième art. A cela s’ajoutent la préface de Manara, des textes de certains de ses compagnons de travail (Jodorowski bien sûr, mais aussi de ceux avec qui Moebius a collaboré au cinéma).
Une étude biographique intéressante donc. Pour ce qui est de la BD pure, les dessins regroupés ici montre l’immense talent au crayon de Moebius/Giraud. Les deux histoires sont inégales. Je n’ai pas trop accroché à la première, tandis que la seconde, Venise Céleste, au scénario aussi épuré que le dessin, possède une poésie qui la rend agréable à lire.
Album peu courant, à réserver à ceux qui connaissent déjà le travail de Moebius.
C’est un album inégal, mais qui propose une adaptation plutôt originale de l’œuvre de Shakespeare. La première histoire (de beaucoup la plus longue), qui donne son titre au recueil, présente une version classique d’« Hamlet », respectant le récit d’origine, même s’il a bien fallu faire des coupes pour traiter l’histoire en une quarantaine de pages.
C’est dans le domaine graphique par contre que De Luca se distingue clairement. En effet, sa colorisation – très marquée par les années 1970 – est originale. Mais, si son dessin est assez classique, la mise en page l’est beaucoup moins. Loin du gaufrier traditionnel, on a là une déconstruction des pages, avec parfois de grandes cases dans lesquelles une dizaine d’actions se déroulent successivement (nous suivons ainsi un ou plusieurs personnages représentés jusqu’à une dizaine de fois dans une seule case/page). C’est un peu déroutant au début, mais on s’y fait rapidement.
J’ai été moins convaincu par la seconde histoire, « La Tempête ». La mise en page est un peu moins novatrice. Mais l’histoire (dont je ne connaissais pas la trame, contrairement à Hamlet) est traitée en une petite quinzaine de pages, c’est trop court pour la développer correctement. Et l’aspect fantastique ne m’a pas convaincu non plus.
Au final, on a là un traitement graphique plutôt original, qui intéressera sans doute les amateurs de Shakespeare, même si l’album n’est pas forcément très courant.
Pour ma part, j’ai bien aimé cet album dont je n’attendais pas grand chose.
On est certes loin de l’humour trashouille de Dickie, Disney oblige, mais on retrouve cependant la patte de l’auteur dans son trait et narration.
En tout cas, ma lecture fut agréable avec ce récit muet mettant en scène Dingo en super-héros. J’ai apprécié les nombreux gags visuels proposés, à ne pas lire trop vite sous peine d’en louper certains, rien d’hilarant mais ça m’a bien fait sourire dans l’ensemble (Pat Hibulaire notamment), il en va de même pour les jeux et les strips de Donald qui jonchent l’album.
Je l’oublierai vite et n’en retiendrai pas grand chose mais sympathique œuvre.
Un album bien sympa que je place bien volontiers dans la moyenne haute de la collection.
Un récit fondateur de ce qui deviendra la mythologie Grecque, une chouette piqûre de rappel pour ma part.
Les premières pages sont assurées par Dim. D (Le seigneur d’ombre …), son style convient parfaitement à la genèse du monde : Gaïa, Ouranos, puis les Titans, cyclopes et cent-bras dans un premier temps.
Une fois Cronos au pouvoir, la partie graphique est confiée à un autre dessinateur au style plus classique mais solide. On s’attachera cette fois aux premiers pas de Zeus, partit défier son père, au programme : alliances, délivrance de ses frères et sœurs, victoire et règne pour l’harmonie du cosmos sur l’Olympe.
Mes souvenirs étant bien flous, j’ai vraiment aimé redécouvrir toute cette partie et replacer la chronologie des faits. Je trouve cette histoire assez passionnante, en plus ici c’est rendu de manière didactique et divertissante. Cronos qui mange ses enfants de peur d’être renverser comme il l’a fait avec son père, Zeus sauvé par sa mère et ses futures relations (charnelles ou non) etc …
Une histoire riche et bien remise en lumière dans le dossier final niveau enjeux. Ça m’a donné envie de me replonger sérieusement dans cette mythologie.
3,5
2 petits reproches cependant (mais rien de foncièrement méchant), le partage du pouvoir entre Zeus et ses frères est différent de celui aperçu dans l’intro de « Les guerres de Zeus », sans doute un problème de sources (les histoires peuvent varier légèrement selon l’auteur) ; l’autre point qui m’a un peu déçu, mais c’est parce que j’aurais voulu qu’il soit plus développé, c’est la relation entre Zeus et Métis, puis Thémis, ses premières compagnes avant Héra, complètement survolé ici.
Je ne connais pas l'ancien dessin animé du même nom. Je ne peux donc pas faire de comparaison.
Comme je suis fan du dessin très stylé de Fabrice Parme j'ai été séduit par cet univers décalé de l'île de la tortue version Pôle Emploi.
C'est très coloré et le graphisme de Parme est toujours un ravissement qui porte à merveille l'espièglerie de ses personnages principaux.
Ici j'y ai ressenti aussi beaucoup de tendresse pour les petits esclaves.
En effet le scénario aborde d'une façon délicate mais très intelligente des thèmes difficiles pour les enfants. J'ai beaucoup aimé le discours de la maman qui travaille sur l'idéal de liberté du pirate qui se fracasse sur la réalité de l'esclavagisme.
Cela conduit aujourd'hui encore à réfléchir jusqu'où notre intérêt personnel même fondamental peut nous mener dans la mauvaise direction.
Les auteurs invitent les jeunes lecteurs à réfléchir via l'humour à un thème douloureux. C'est très bien.
Une lecture à la fois divertissante mais qui ouvre à un niveau pédagogique intéressant. Un bon 3
2.5
Je précise que j'ai lu la version omnibus.
Earth X est la première partie d'une trilogie orchestrée par Alex Ross qui montre ce qui se passe dans un univers parallèle à l'univers Marvel qu'on connait. Le résultat est sympathique, mais sans plus.
Comme c'est souvent le cas avec les histoires de super-héros qui mettent en vedette des dizaines et des dizaines de personnages, cela s'adresse surtout aux fans du genre qui connaissent déjà les personnages. Le lecteur novice risque de se perdre même s'il y a plein de scènes d'exposition qui expliquent ce qui est arrivé dans cet univers alternatif. C'est un des problèmes du scénario: cela parle un peu trop. Aussi, j'étais surtout intéressé lorsqu'on mettait en scène un personnage que j'aimais comme Spider-Man ou la Chose des Quatre Fantastiques. Il y a des bonnes scènes, mais au final le scénario ne sort pas du lot. C'est rigolo de voir comment sont devenus des personnages qu'on connait, mais le scénario est juste un autre combat entre le bien et le mal et la fin m'a semblé bâclée.
Il faut dire que le dessin est moyen. Ne pensez pas qu'Alex Ross a dessiné cette mini-série, il n'a fait que des dessins qu'on peut voir dans les appendices qu'on retrouve à chaque fin de chapitre. Le dessinateur est vraiment moyen, les scènes de combats ne sont pas très palpitantes et les couleurs fades n'aident pas trop. Le pire est que l'omnibus se termine avec une histoire courte et le dessin est beaucoup mieux, j'aurais sûrement mieux accroché si tout l'album avait été dessiné comme ça.
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Les Mésaventures du Roi Midas
Un album honnête mais qui manque un petit peu de coffre. La partie graphique passe mais ne m’a pas subjugué. Quant au récit, il a le principal mérite de recontextualiser le mythe de Midas. Si son début ne m'était pas inconnu avec cette histoire de touché d’or, j’ignorais la suite de ses mésaventures avec les divinités. Midas y apparaît bien plus benêt que dans mon souvenir (centré sur l’avarice, j’avais même en tête qu’il en mourrait, faute de pouvoir se substanter). Sur la dernière histoire, la morale paraît même un peu faible (comme le souligne Gaston), en gros faites pas chier les Dieux où il vous en cuira, ça peut paraître limite aujourd’hui si on interprète de façon plus large. Au final un mythe relativement mineur, par contre et même si ça a fait un peu hors sujet, j’ai apprécié que les auteurs poussent un peu plus loin la relation Apollon/Hermès, et appuient toujours sur le côté harmonie/chaos cher à cette mythologie.
Le Chat qui rendait l'homme heureux - et inversement
C'est une série que j'ai découverte un peu par hasard grâce à ma bibliothèque, et je me suis pris au jeu, lisant les neuf premiers tomes assez rapidement. Il ne s'agit pourtant pas d'un chef-d’œuvre, loin s'en faut, mais les personnages sont sympathiques, les valeurs véhiculées sont positives et le phénomène d'identification fonctionne en plein pour qui, comme moi, a des chats et les apprécie plus que de raison. La série alterne courts chapitres chronologiques et "gags en une planches". Ces "gags" ne sont pas spécialement drôles (et ne cherchent pas toujours à l'être) mais jouent plus sur le caractère attendrissant du lien qui unit un humain à "son" chat. Les chapitres chronologiques permettent de suivre l'histoire du personnage principal. Celui-ci a adopté un chat en mémoire de son épouse récemment défunte, et l'irruption de ce chat va bouleverser son quotidien, le poussant à s'ouvrir aux autres. Au fil des tomes, le rôle de la musique (le héros est un ancien grand pianiste devenu professeur dans une petite école) ne cesse de croître, permettant à l'autrice de sortir de la simple relation de l'homme et son chat et d'introduire d'autres personnages et d'autres enjeux. La série connait un certain succès dans son pays puisqu'elle a été adaptée en anime et qu'elle a été déclinée sous forme de jeu vidéo. Le manga étant assez fourre-tout, certains passages parlent justement de ces déclinaisons (ce qui n'a plus aucun rapport avec l'histoire centrale). Pour moi, il s'agit clairement d'une lecture facile et un peu coupable mais ça fait du bien de lire de temps à autres une série centrée sur l'amitié, le respect, l'acceptation des qualités et défauts des autres... et sur les chats, leurs facéties et les liens qui les unissent aux humains.
En cuisine avec Kafka
J'avais déjà repéré les images de cette BD dont certaines ont été diffusées sur internet, puisqu'elles étaient publiées au préalable dans divers journaux. La lecture de l'intégrale est d'ailleurs à diluer dans le temps sous peine d'en prendre une trop forte dose d'un coup, mais à petite touche c'est une bonne BD humoristique. Servi par un dessin minimaliste qui joue sur les pictogrammes et les ombres, les cases s'enchainent avec des trouvailles globalement tournées autour du livre et du monde de l'édition. Pas mal de gags tournent clairement autour des classiques avec quelques gags parfois bien trouvés et d'autres que je n'ai pas compris, sans doute par manque de référence. Il y a de nombreux gags sur le processus d'écriture et les critiques de l'édition, des lecteurs, des écrivains … C'est une BD qui joue habilement sur ces codes et plusieurs gags m'ont fait pouffer, parfois même lâcher un éclat de rire. Maintenant, j'ai aussi eu l'impression que certains gags étaient parfois forcés, surtout lorsqu'on les lit tous en un seul bloc. Plusieurs d'entre eux m'ont parus des exagérations "faciles" des codes spécifiques de la littérature. Et de fait, je pense que c'est une BD qui est à lire par petit bout, sous peine d'être gavé et de remarquer trop facilement les défauts. Pour ma part j'ai aimé mais je ne le classerais pas dans les immanquables du genre ni les meilleurs de ma BDthèque.
Autant en emporte la brume
2.5 Je continue mon exploration de la collection Héritages d'Akata, une collection qui m'intéresse beaucoup parce qu'on propose des vieux mangas (principalement shojo, mais pas que) même si j'ai peur que certaines œuvres soient surtout intéressantes à titre historique. Ici, c'est un shojo datant des années 60 et c'est un classique du genre et un des mangas les plus connus d'Eiko Hanamura, une des premières femmes mangakas. C'est d'ailleurs la première publication en français de cette autrice. Il y a des qualités dans cet album. J'ai bien aimé le dessin qui fait certes un peu vieillot, mais cela ne m'a pas dérangé parce que je ne suis pas allergique au rétro. Je trouve qu'il a une certaine élégance et surtout il est très lisible contrairement à des shojos modernes où les cases sont surchargées. C'est simple et efficace. De ce que j'ai compris, le ton de l'œuvre est mature pour un manga de cette période et c'est vrai que l'autrice aborde des thèmes graves avec intelligence. Malheureusement, il y a des défauts. Il y a quelques facilités dans le scénario, même si j'ai vu pire dans d'autres mangas de cette même période (on est encore dans la mentalité que les mangas c'étaient uniquement pour les enfants), mais il y a tellement de coïncidences que je me suis demandé si le scénario avait été coécrit par Charles Dickens. De plus, il y a aussi le côté mélodramatique propre aux shojos qui finit par devenir irritant vu que les personnages, surtout féminins, passent leur temps à se lamenter sur la tragédie qui les frappent. J'ai rien contre le fait qu'il y ait quelques scènes de ce genre, mais il y en a juste trop et je trouvais que cela finissait pas se répéter un peu. Il y a aussi quelques longueurs. Mais bon je prends conscience que je ne suis pas le public de base et dans le genre, c'est pas trop mal. Seulement je ne sais pas si des adolescentes auraient envie de lire une œuvre aussi vieille. Je pense que ça s'adresse surtout aux amateurs de vieux mangas et je conseillerais surtout un emprunt.
Venise céleste
C’est un album à réserver aux amateurs du travail de Moebius – dont je fais partie ! En effet, la partie BD est réduite à la portion congrue : seulement deux histoires complètes (dont celle qui donne son titre à l’album), probablement inédite en album) d’une vingtaine de pages en tout, sont accompagnées de couvertures, de croquis, d’essais, de dessins promotionnels, etc. Mais aussi – et c’est sans doute ce qui est le plus intéressant, de textes de Moebius (extraits d’entretiens, commentaires sur son œuvre) : la réflexion sur son art, sa production, éclaire le trajet d’un monstre du neuvième art. A cela s’ajoutent la préface de Manara, des textes de certains de ses compagnons de travail (Jodorowski bien sûr, mais aussi de ceux avec qui Moebius a collaboré au cinéma). Une étude biographique intéressante donc. Pour ce qui est de la BD pure, les dessins regroupés ici montre l’immense talent au crayon de Moebius/Giraud. Les deux histoires sont inégales. Je n’ai pas trop accroché à la première, tandis que la seconde, Venise Céleste, au scénario aussi épuré que le dessin, possède une poésie qui la rend agréable à lire. Album peu courant, à réserver à ceux qui connaissent déjà le travail de Moebius.
Hamlet
C’est un album inégal, mais qui propose une adaptation plutôt originale de l’œuvre de Shakespeare. La première histoire (de beaucoup la plus longue), qui donne son titre au recueil, présente une version classique d’« Hamlet », respectant le récit d’origine, même s’il a bien fallu faire des coupes pour traiter l’histoire en une quarantaine de pages. C’est dans le domaine graphique par contre que De Luca se distingue clairement. En effet, sa colorisation – très marquée par les années 1970 – est originale. Mais, si son dessin est assez classique, la mise en page l’est beaucoup moins. Loin du gaufrier traditionnel, on a là une déconstruction des pages, avec parfois de grandes cases dans lesquelles une dizaine d’actions se déroulent successivement (nous suivons ainsi un ou plusieurs personnages représentés jusqu’à une dizaine de fois dans une seule case/page). C’est un peu déroutant au début, mais on s’y fait rapidement. J’ai été moins convaincu par la seconde histoire, « La Tempête ». La mise en page est un peu moins novatrice. Mais l’histoire (dont je ne connaissais pas la trame, contrairement à Hamlet) est traitée en une petite quinzaine de pages, c’est trop court pour la développer correctement. Et l’aspect fantastique ne m’a pas convaincu non plus. Au final, on a là un traitement graphique plutôt original, qui intéressera sans doute les amateurs de Shakespeare, même si l’album n’est pas forcément très courant.
Super Mickey
Pour ma part, j’ai bien aimé cet album dont je n’attendais pas grand chose. On est certes loin de l’humour trashouille de Dickie, Disney oblige, mais on retrouve cependant la patte de l’auteur dans son trait et narration. En tout cas, ma lecture fut agréable avec ce récit muet mettant en scène Dingo en super-héros. J’ai apprécié les nombreux gags visuels proposés, à ne pas lire trop vite sous peine d’en louper certains, rien d’hilarant mais ça m’a bien fait sourire dans l’ensemble (Pat Hibulaire notamment), il en va de même pour les jeux et les strips de Donald qui jonchent l’album. Je l’oublierai vite et n’en retiendrai pas grand chose mais sympathique œuvre.
La Naissance des Dieux
Un album bien sympa que je place bien volontiers dans la moyenne haute de la collection. Un récit fondateur de ce qui deviendra la mythologie Grecque, une chouette piqûre de rappel pour ma part. Les premières pages sont assurées par Dim. D (Le seigneur d’ombre …), son style convient parfaitement à la genèse du monde : Gaïa, Ouranos, puis les Titans, cyclopes et cent-bras dans un premier temps. Une fois Cronos au pouvoir, la partie graphique est confiée à un autre dessinateur au style plus classique mais solide. On s’attachera cette fois aux premiers pas de Zeus, partit défier son père, au programme : alliances, délivrance de ses frères et sœurs, victoire et règne pour l’harmonie du cosmos sur l’Olympe. Mes souvenirs étant bien flous, j’ai vraiment aimé redécouvrir toute cette partie et replacer la chronologie des faits. Je trouve cette histoire assez passionnante, en plus ici c’est rendu de manière didactique et divertissante. Cronos qui mange ses enfants de peur d’être renverser comme il l’a fait avec son père, Zeus sauvé par sa mère et ses futures relations (charnelles ou non) etc … Une histoire riche et bien remise en lumière dans le dossier final niveau enjeux. Ça m’a donné envie de me replonger sérieusement dans cette mythologie. 3,5 2 petits reproches cependant (mais rien de foncièrement méchant), le partage du pouvoir entre Zeus et ses frères est différent de celui aperçu dans l’intro de « Les guerres de Zeus », sans doute un problème de sources (les histoires peuvent varier légèrement selon l’auteur) ; l’autre point qui m’a un peu déçu, mais c’est parce que j’aurais voulu qu’il soit plus développé, c’est la relation entre Zeus et Métis, puis Thémis, ses premières compagnes avant Héra, complètement survolé ici.
Famille Pirate
Je ne connais pas l'ancien dessin animé du même nom. Je ne peux donc pas faire de comparaison. Comme je suis fan du dessin très stylé de Fabrice Parme j'ai été séduit par cet univers décalé de l'île de la tortue version Pôle Emploi. C'est très coloré et le graphisme de Parme est toujours un ravissement qui porte à merveille l'espièglerie de ses personnages principaux. Ici j'y ai ressenti aussi beaucoup de tendresse pour les petits esclaves. En effet le scénario aborde d'une façon délicate mais très intelligente des thèmes difficiles pour les enfants. J'ai beaucoup aimé le discours de la maman qui travaille sur l'idéal de liberté du pirate qui se fracasse sur la réalité de l'esclavagisme. Cela conduit aujourd'hui encore à réfléchir jusqu'où notre intérêt personnel même fondamental peut nous mener dans la mauvaise direction. Les auteurs invitent les jeunes lecteurs à réfléchir via l'humour à un thème douloureux. C'est très bien. Une lecture à la fois divertissante mais qui ouvre à un niveau pédagogique intéressant. Un bon 3
Earth X
2.5 Je précise que j'ai lu la version omnibus. Earth X est la première partie d'une trilogie orchestrée par Alex Ross qui montre ce qui se passe dans un univers parallèle à l'univers Marvel qu'on connait. Le résultat est sympathique, mais sans plus. Comme c'est souvent le cas avec les histoires de super-héros qui mettent en vedette des dizaines et des dizaines de personnages, cela s'adresse surtout aux fans du genre qui connaissent déjà les personnages. Le lecteur novice risque de se perdre même s'il y a plein de scènes d'exposition qui expliquent ce qui est arrivé dans cet univers alternatif. C'est un des problèmes du scénario: cela parle un peu trop. Aussi, j'étais surtout intéressé lorsqu'on mettait en scène un personnage que j'aimais comme Spider-Man ou la Chose des Quatre Fantastiques. Il y a des bonnes scènes, mais au final le scénario ne sort pas du lot. C'est rigolo de voir comment sont devenus des personnages qu'on connait, mais le scénario est juste un autre combat entre le bien et le mal et la fin m'a semblé bâclée. Il faut dire que le dessin est moyen. Ne pensez pas qu'Alex Ross a dessiné cette mini-série, il n'a fait que des dessins qu'on peut voir dans les appendices qu'on retrouve à chaque fin de chapitre. Le dessinateur est vraiment moyen, les scènes de combats ne sont pas très palpitantes et les couleurs fades n'aident pas trop. Le pire est que l'omnibus se termine avec une histoire courte et le dessin est beaucoup mieux, j'aurais sûrement mieux accroché si tout l'album avait été dessiné comme ça.