Si chaque tome de cette série se révèle aussi gros que le premier, ce sera une sacrée somme de lecture au total ! Car j'ai pris pas moins de 4 grosses soirées de lecture pour lire le seul tome 1. Presqu'autant que si j'avais lu un roman complet. C'est une lecture très dense, avec beaucoup de texte par page, mais aussi beaucoup de dessins soignés et détaillés. Je ne sais pas combien de temps il a fallu à l'auteur pour l'achever mais ça a dû lui prendre un sacré bout de temps.
J'ai été un peu surpris de réaliser que, d'une certaine manière, ça pourrait être presque une suite directe de sa fameuse série Journal. En effet, le dernier tome de celle-ci s'arrêtait sur le récit de sa vie en 1996, tandis que celle du Dernier Sergent s'entame en 1998. Et dans les deux cas, il s'agit de raconter plus ou moins en détails la vie de l'auteur dans ces années là. La différence principale était que les albums de Journal étaient dessinées presque dans la foulée des évènements vécus par l'auteur et qu'il les livrait donc de manière assez crue, avec peu de recul. Alors que le Dernier Sergent a été dessiné une vingtaine d'années après les faits avec donc bien plus de maturité, de recul et de réflexion sur et autour des faits qu'il raconte. Le résultat est plus maîtrisé, plus réfléchi, mais aussi plus dense justement car l'auteur a davantage à en dire.
Cela faisait longtemps que j'avais lu Journal et en relisant mon avis écrit en 2005, je réalise que j'ai un avis relativement similaire à propos du Dernier Sergent.
A l'époque déjà je trouvais que Fabrice Neaud dessinait bien. Et je trouve qu'il a encore fait beaucoup de progrès depuis. Il ne fait aucun doute qu'il maîtrise les portraits et les dessins des corps humains (masculins en quasi totalité) mais je ne suis pas trop fan de cet exercice là à titre personnel. Par contre, j'admire vraiment ses décors et ses paysages. Certains de ces dessins sont épatants, et je pense notamment à celui d'un navire dans la tempête ou encore la dernière case du tome 1 qui apporte la lumière et l'espoir qu'on sent revenir dans la vie de son personnage à ce moment du récit.
Car dans la majorité des pages précédentes, c'est bien au contraire la solitude, la déprime et le mépris de soi qui affligent l'alter ego de l'auteur. Sa misère sexuelle est accablante (mais on en avait déjà un bon aperçu dans Journal), on le plaint de le voir s'enferrer dans une routine de drague malsaine dans sa petite ville où les chances de rencontrer l'amour sont bien trop maigres, et on s'inquiète de voir sa sensibilité exacerbée être si souvent mise à mal que ce soit sur le plan des relations humaines ou de son travail d'auteur.
Au travers de la revue de sa vie à cette époque, Fabrice Neaud aborde plusieurs thématiques.
La principale est l'homosexualité, et en particulier la difficulté de la vivre et de faire des rencontres dans une petite ville. Pour un hétéro comme moi, cela ouvre les yeux sur les difficultés à simplement trouver de l'affection et le mal-être que cela implique. Et d'ailleurs, Fabrice lui-même réalise à quel point la chose est encore plus compliquée pour les lesbiennes. Mais il aborde aussi de manière frontale le sujet de l'homophobie (dont il découvrait justement la notion dans ces années là) en particulier au cours d'un épisode particulièrement violent qui tranche avec la passivité physique du reste du récit.
L'histoire touche également à d'autres sujets tels que ses relations familiales, la mort de sa soeur et de son père, son étrange situation professionnelle, entre le travail qui lui sert de gagne-pain et sa vie d'auteur de BD indépendante et qui plus est homosexuelle qui lui attire à la fois respect des uns et rejets des autres.
Il aborde aussi dans une sorte de mise en abyme son œuvre elle-même, en particulier son ressenti à la découverte de la réaction agressive de certaines personnes à la publication du tome 3 de Journal qui sortait ces années là. L'autobiographie aussi brute et sincère que la sienne se révèle un exercice bien délicat quand elle est publiée presque dans la foulée des évènements qu'elle raconte et que les gens que l'on côtoie s'y reconnaissent.
Quant au fil rouge de l'ouvrage, il s'articule sur sa rencontre, sa fascination puis ce qui deviendra une assez saine amitié (du moins on l'espère pour la suite) avec un homme en particulier, sans doute le fameux Dernier Sergent.
C'est intéressant, c'est instructif, c'est bien dessiné... mais ma lecture fut aussi bien laborieuse. D'une part parce que je ne suis que moyennement amateur de telles biographies très intimes avec beaucoup de réflexions sur soi et sur le monde qui vous entoure, mais aussi parce que Fabrice Neaud y écrit dans un langage littéraire assez avancé. Je veux dire par là qu'il utilise des tournures de phrases littéraires et du vocabulaire que j'aurais plusieurs fois dû aller chercher dans le dictionnaire si j'en avais eu le courage. Il a fait des études de philosophie et c'est un très gros lecteur de livres et essais, ça se voit : il a une culture littéraire que je n'ai pas. Par exemple, lors de la discussion passionnée avec Denis Bajram qui est racontée dans cette BD, ils alignent les sujets de discussion sur des auteurs, des artistes, des notions philosophiques ou sociologiques auxquels je ne comprenais rien car je n'ai absolument pas cette culture. De même toutes ces pages où il analyse la musique de Gustav Mahler me sont restées hermétiques. Pour dire les choses simplement, plusieurs fois au cours de ma lecture, je me suis mis à sauter des passages trop verbeux ou avoir les yeux qui se croisaient de fatigue.
Je ne suis donc pas le meilleur public pour cet ouvrage qui s'intellectualise un peu trop à certains passages. Mais pour autant, il y a beaucoup d'autres passages que j'ai trouvés très bien, très bien dessinés et très intéressants dans ce qu'ils avaient à raconter sur l'auteur et sur la société.
Ça fait bien longtemps que je n’étais pas tombé sur du Bernard Werber, à l’époque j’avais adoré son cycle des fourmis, les thanatonautes etc avant de m’en désintéresser tout doucement.
Je découvre sa trilogie des chats avec cette adaptation bd (à ce jour 2 tomes parus sur les 3), j’ai retrouvé son style très accessible et divertissant mais, car il y a toujours un mais, il faut toujours savoir avaler quelques couleuvres au passage.
En fait, avec ses histoires je ne peux m’empêcher de penser au sketch de la chauve-souris de Bigard avec c’est « Bon admettons ».
La base de son histoire reste relativement plausible, les humains s’étant tellement foutus sur la gueule que la civilisation telle qu’on la connaît a (va) disparu (aitre) laissant toute latitude aux animaux pour trouver leur place dans ce nouveau monde. Why not ?
Là où je tique par contre, c’est sur toute l’histoire autour du 3eme œil (effet accentué avec le tome 2), un artifice facile qui va permette aux animaux d’ouvrir leurs connaissances et de pouvoir même communiquer avec les humains. Bon vous me direz que déjà dans les fourmis, on trouvait la même idée mais j’étais plus jeune et naïf ;) enfin ça permet de développer des thématiques intéressantes.
Par contre, une fois passé outre ce détail (qui m’empêche vraiment de m’emballer plus), la bd s’avère quand même agréable à suivre. Autant le chat Pythagore peut faire sourciller, autant (sa majesté ^^) Bastet est fort réussie.
Je n’ai rien à dire de méchants sur le travail d’adaptation des auteurs sur le médium. La réalisation suit, l’histoire est fluide et les quelques passages didactiques qui usent d’un trait différent sont forts sympathiques.
Du bon boulot.
Les amateurs de l’auteur ne seront pas déçus et je ne déconseille pas si vous cherchez un truc distrayant sans être trop regardant.
Franchement drôle et parfaitement bourrin, c'est le genre de séries B de la BD qui propose une trame assez classique (même si quelques rebondissements interviennent dans le dernier volume) et des situations types, sans fioritures.
Si vous êtes allergiques à ce genre de propositions, passez allègrement votre chemin ! On aura des méchants nazis dans le désert, des disparitions dans une petite ville, un shérif complètement con, une assistante sexy en talon qui en a dans la caboche, des retournements, des rednecks, des armes à feux et de la violence. Vous êtes prévenus !
La série a un rythme soutenu et heureusement puisqu'elle permet de ne pas trop se poser de questions sur le déroulé du scénario. Et on se laisse porter jusqu'à la fin ouverte qui appelle clairement une suite. Aucune idée si elle sera développée, mais je trouve que l'ensemble se tient déjà suffisamment tout seul et qu'une suite n'est pas obligatoire.
Voila, simple, efficace, bourrin et déjanté. On est assez proche d'un Il faut flinguer Ramirez pour l'idée générale, même si ce dernier est un cran au-dessus à mon gout. Je recommande comme lecture distrayante !
C'est avec Droit du sol que j'avais découvert Charles Masson, album que j'avais adoré. Il posait déjà en 2009 son regard sans concession sur l'île de Mayotte et ses problèmes ; on voit que rien n'a été réglé aujourd'hui...
Ici, avec "Sept vies à vivre", on est loin de son coup de crayon charbonneux, tout en noir et blanc épais qui faisait la marque de fabrique de Droit du sol, mais le parti pris graphique interpelle dès les premières pages. On est dans un graphisme très vintage qui fait très moitié XXe siècle, avec des couleurs surannées aux couleurs franches réhaussées de trames.
Pour surprenant qu'il soit au début, il n'en reste pas moins complètement adapté au récit qui va nous mener du côté des Bauges pour nous raconter l'histoire de René. René n'est ni un héros ni un mauvais gars, il n'a rien vécu d'extraordinaire, pas voyagé partout... Rien... C'est juste sa vie dans cette contrée particulière. Seul survivant avec sa jeune sœur d'une fratrie de 9 enfants, nous le voyons traverser ce XXe siècle du haut de son massif alpin qu'il ne quittera que pour aller faire son service militaire au Maroc. Tout aussi jovial que bourru, cet homme simple nous devient rapidement attachant. Car Charles Masson a ce don pour nous parler de l'humain et de nous RACONTER en s'encrant dans le réel, qu'il soit historique ou territorial. On se laisse doucement embarquer dans le quotidien de ce René, de son adolescence insouciante à l'arrivée de la résistance puis des allemands pendant la seconde guerre mondiale, jusqu'à son âge plus avancé. C'est simple, mais d'une redoutable justesse.
(3.5/5)
2.5
Trondheim aime bien les canulars et ici il invente un super-héros italien très inspiré de Batman qui aurait soi-disant connu son heure de gloire dans les années 60. On a droit à des fausses publicités et du rédactionnel de l'époque et c'est bien fait.
Le trait de Keramidas est agréable et imite bien le style des dessinateurs humoristique italiens qu'on retrouve dans les vieux Mickey Parade. Malheureusement, le scénario est moins bien. Trondheim fait un pastiche des récits jeunesses et je pense qu'il y a que les jeunes qui risquent de trouver le récit amusant. Il y a des bonnes répliques, mais l'intrigue elle-même manque trop d'originalité pour me passionner.
Ayant apprécié Les amours de Zeus, je poursuis ma découverte de l’auteure avec ses versions condensées de la mythologie grecque.
Elle adapte cette fois les 2 « best seller » que sont, à mes yeux, L’Iliade et L’Odyssée. Pas de grosses surprises donc mais j’ai quand même appris un truc ou deux au passage.
J’ai une nette préférence pour son adaptation de la guerre de Troie (la 1ère histoire dans le bouquin), j’ai trouvé que c’était très bien résumé, en plus d’être plutôt complet et l’humour insufflé match relativement bien. Malheureusement ce dernier ne fonctionne pas autant lors des tribulations d’Ulysse, la version m’a semblé bien moins réussi du coup, c’est plus plan-plan surtout si on connait bien les faits.
Ça reste quand même une porte d’entrée agréable pour les néophytes ou ceux qui veulent réviser.
Un album qui m'a énormément appris sur cette période de l'Histoire.
A partir du journal de son grand-père, Vicente Jiménez-Bravo, Pau retrace le parcours de celui-ci, et cette fresque commence en France, en février 1939, lors de "la retirada" où 500 000 espagnols (soldats et civils) arrivent aux différents postes-frontières des Pyrénées. Les français vont les accueillir en leur confisquant leurs armes (chars et fusils) et en les parquant sur des plages dans des camps de concentration, c'est ainsi qu'on appelait ces camps en 1939, il serait plus juste aujourd'hui de dire camps d'internement.
Un récit non linéaire puisqu'il y a de nombreux retours sur le passé de Vicente pendant la guerre contre les Franquistes, une période où il combat sous le drapeau de la République dès ses dix-sept ans. Le reste de l'histoire se focalise sur les différents camps où Vicente va séjourner et les conditions de vie sont exécrables. La France n'en sort pas avec les honneurs !
Un récit réaliste, dur et richement documenté (pas assez sur la géopolitique), mais un peu trop rapide sur certains épisodes espagnols et il m'a manqué une touche d'émotion pour être totalement conquis.
Un dessin lisible avec une colorisation différente suivant l'espace temps, pour ne pas perdre le lecteur pendant les nombreux allers-retours entre les deux époques. Un graphisme très agréable, aux nombreux détails et très expressif.
Les personnages sont des animaux, c'est pas mon dada, et le choix de ceux-ci est plutôt réussi en fonction des personnalités.
Du bon boulot.
Un gros dossier historique très intéressant en fin d'album.
Je serai du voyage pour le second drapeau.
Un album que je ne peux que recommander pour son côté historique malgré mais quelques reproches.
Parue dans le magazine belge L'Explorateur, cette série de Tillieux est assez méconnue, car elle n'a jamais fait l'objet d'une édition en albums avant que les éditions de l'Elan s'en emparent en le publient une première fois en 2002 dans une édition noir et blanc de faible qualité, puis dans une réédition plus soignée et en couleurs 10 ans après.
Il n'y a pas grand-chose à dire sur cette œuvre de jeunesse, qui n'est guère plus que cela. Les amateurs de bande dessinée à l'ancienne y trouveront leur plaisir, les autres feront mieux de passer leur chemin.
On a là le charme désuet des vieilles bandes : l'humour est en dents de scie, et le dessin encore parfois approximatif, mais on sent s'affirmer le style narratif de Tillieux au fur et à mesure du récit. Ainsi, il est intéressant de voir Tillieux mettre en scène des acrobaties aériennes dans la première histoire pour une scène particulièrement loufoque, tandis que la seconde histoire contient elle aussi une séquence d'acrobatie aérienne qui, cette fois, cherche beaucoup plus la tension et le spectaculaire. A cette image, le style de Tillieux passe du début à la fin d'une succession de (plus ou moins) bons mots à un récit davantage policier lorgnant purement vers l'aventure.
C'est ce qui rend Achille et Boule-de-gomme assez sympathique car après une première histoire peu mémorable, la deuxième nous offre une montée en puissance qui nous oriente davantage vers les réussites postérieures de l'auteur. Tout en restant bien conscient qu'on est ici en quelque sorte face à leur brouillon, et que, quoiqu'il soulève facilement notre sympathie, on n'a pas affaire ici à une œuvre majeure de Tillieux.
Voilà une lecture dynamique, très plaisante d’un bout à l’autre, mais dont on ne peut que sortir frustré, tant on reste sur sa faim. En effet, ça s’arrête brusquement, sans forcément conclure l’intrigue. Je ne sais qu’en penser. Une suite était prévue (ce qui est possible et probable) et l’éditeur ne l’a pas souhaité ?
En tout cas j’aurais bien vu se développer un petit peu plus l’histoire, et surtout j’attendais une fin digne de ce nom.
Bon, cela dit cette histoire de soldat « géant », recruté – enlevé plutôt – en Irlande, pour rejoindre un régiment d’élite du roi de Prusse est assez savoureuse.
D’abord parce que le dessin d’Olivier Tallec est agréable. Un trait moderne et dynamique, fluide, c’est enlevé et accompagne très bien ce récit pétillant, qui se nourrit de l’Histoire pour la pervertir quelque peu.
Car, si ce roi de Prusse était bien le « chef de caserne » que l’Histoire a retenu, et s’il a bien chercher à monter un régiment d’élite constitué de soldats « baraqués », la version qu’en donne ici Laurent Rivelaygue est très personnelle – mais savoureuse ! En effet, il en fait un tout petit bonhomme colérique, écorchant les noms de ses proches et subalternes – qu’il méprise et martyrise éhontément – tout en étant maladroit et velléitaire. C’est ici un personnage comique aux saillies absurdes et amusantes, aux gesticulations souvent vaines, alors qu’autour de lui officiers et ministres cherchent à satisfaire ses caprices en maintenant une façade de sérieux.
Au milieu de ce décor de farce, notre nouveau « Grand Soldat » irlandais est l’objet de complots et de jalousie, une enquête policière pimentant l’intrigue (avec l’ajout d’une touche de fantastique).
Bref, s’il n’y avait pas eu cette fin en queue de poisson, j’aurais mis sans hésiter une étoile supplémentaire.
Je découvre cet auteur avec ce recueil d’histoires courtes (publiées en revue entre 1968 et 1973).
Une certaine esthétique, et certains détails – comme l’évocation du développement du Shinkansen, datent un peu ces récits (voir aussi en particulier le rôle et la situation de la femme, ici très franchement soumise et inférieure), qui ont parfois quelque chose de naïf.
Le dessin est généralement bon, assez fin. Seule la première histoire, qui donne son titre au recueil (portant la moins ancienne de l’ensemble) m’est apparu pleine de défauts : les visages sont beaux, mais les corps, certaines proportions, et des perspectives lorsqu’il y a des mouvements ne sont pas heureux. C’est aussi l’histoire où les onomatopées, certains cris occupent trop de place dans les cases (ces défauts sont beaucoup moins visibles dans les autres histoires).
Si les histoires sont inégales, l’ensemble est intéressant et globalement réussi. Ça joue le plus souvent sur des atmosphères dérangeantes, plus que sur de l’horreur pure. Umezu utilise plusieurs fois le même genre de twist scénaristiques (inversion des personnages en cours d’intrigue), quasiment chaque histoire tournant autour d’une histoire d’amour (souvent malheureuse !).
En lisant ce recueil, j’ai eu l’impression de lire un précurseur de Junji Ito, tant Ito jouera plus tard sur certains ressors identiques (en accentuant l’horreur sans doute).
Une découverte plaisante en tout cas.
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Le Dernier Sergent
Si chaque tome de cette série se révèle aussi gros que le premier, ce sera une sacrée somme de lecture au total ! Car j'ai pris pas moins de 4 grosses soirées de lecture pour lire le seul tome 1. Presqu'autant que si j'avais lu un roman complet. C'est une lecture très dense, avec beaucoup de texte par page, mais aussi beaucoup de dessins soignés et détaillés. Je ne sais pas combien de temps il a fallu à l'auteur pour l'achever mais ça a dû lui prendre un sacré bout de temps. J'ai été un peu surpris de réaliser que, d'une certaine manière, ça pourrait être presque une suite directe de sa fameuse série Journal. En effet, le dernier tome de celle-ci s'arrêtait sur le récit de sa vie en 1996, tandis que celle du Dernier Sergent s'entame en 1998. Et dans les deux cas, il s'agit de raconter plus ou moins en détails la vie de l'auteur dans ces années là. La différence principale était que les albums de Journal étaient dessinées presque dans la foulée des évènements vécus par l'auteur et qu'il les livrait donc de manière assez crue, avec peu de recul. Alors que le Dernier Sergent a été dessiné une vingtaine d'années après les faits avec donc bien plus de maturité, de recul et de réflexion sur et autour des faits qu'il raconte. Le résultat est plus maîtrisé, plus réfléchi, mais aussi plus dense justement car l'auteur a davantage à en dire. Cela faisait longtemps que j'avais lu Journal et en relisant mon avis écrit en 2005, je réalise que j'ai un avis relativement similaire à propos du Dernier Sergent. A l'époque déjà je trouvais que Fabrice Neaud dessinait bien. Et je trouve qu'il a encore fait beaucoup de progrès depuis. Il ne fait aucun doute qu'il maîtrise les portraits et les dessins des corps humains (masculins en quasi totalité) mais je ne suis pas trop fan de cet exercice là à titre personnel. Par contre, j'admire vraiment ses décors et ses paysages. Certains de ces dessins sont épatants, et je pense notamment à celui d'un navire dans la tempête ou encore la dernière case du tome 1 qui apporte la lumière et l'espoir qu'on sent revenir dans la vie de son personnage à ce moment du récit. Car dans la majorité des pages précédentes, c'est bien au contraire la solitude, la déprime et le mépris de soi qui affligent l'alter ego de l'auteur. Sa misère sexuelle est accablante (mais on en avait déjà un bon aperçu dans Journal), on le plaint de le voir s'enferrer dans une routine de drague malsaine dans sa petite ville où les chances de rencontrer l'amour sont bien trop maigres, et on s'inquiète de voir sa sensibilité exacerbée être si souvent mise à mal que ce soit sur le plan des relations humaines ou de son travail d'auteur. Au travers de la revue de sa vie à cette époque, Fabrice Neaud aborde plusieurs thématiques. La principale est l'homosexualité, et en particulier la difficulté de la vivre et de faire des rencontres dans une petite ville. Pour un hétéro comme moi, cela ouvre les yeux sur les difficultés à simplement trouver de l'affection et le mal-être que cela implique. Et d'ailleurs, Fabrice lui-même réalise à quel point la chose est encore plus compliquée pour les lesbiennes. Mais il aborde aussi de manière frontale le sujet de l'homophobie (dont il découvrait justement la notion dans ces années là) en particulier au cours d'un épisode particulièrement violent qui tranche avec la passivité physique du reste du récit. L'histoire touche également à d'autres sujets tels que ses relations familiales, la mort de sa soeur et de son père, son étrange situation professionnelle, entre le travail qui lui sert de gagne-pain et sa vie d'auteur de BD indépendante et qui plus est homosexuelle qui lui attire à la fois respect des uns et rejets des autres. Il aborde aussi dans une sorte de mise en abyme son œuvre elle-même, en particulier son ressenti à la découverte de la réaction agressive de certaines personnes à la publication du tome 3 de Journal qui sortait ces années là. L'autobiographie aussi brute et sincère que la sienne se révèle un exercice bien délicat quand elle est publiée presque dans la foulée des évènements qu'elle raconte et que les gens que l'on côtoie s'y reconnaissent. Quant au fil rouge de l'ouvrage, il s'articule sur sa rencontre, sa fascination puis ce qui deviendra une assez saine amitié (du moins on l'espère pour la suite) avec un homme en particulier, sans doute le fameux Dernier Sergent. C'est intéressant, c'est instructif, c'est bien dessiné... mais ma lecture fut aussi bien laborieuse. D'une part parce que je ne suis que moyennement amateur de telles biographies très intimes avec beaucoup de réflexions sur soi et sur le monde qui vous entoure, mais aussi parce que Fabrice Neaud y écrit dans un langage littéraire assez avancé. Je veux dire par là qu'il utilise des tournures de phrases littéraires et du vocabulaire que j'aurais plusieurs fois dû aller chercher dans le dictionnaire si j'en avais eu le courage. Il a fait des études de philosophie et c'est un très gros lecteur de livres et essais, ça se voit : il a une culture littéraire que je n'ai pas. Par exemple, lors de la discussion passionnée avec Denis Bajram qui est racontée dans cette BD, ils alignent les sujets de discussion sur des auteurs, des artistes, des notions philosophiques ou sociologiques auxquels je ne comprenais rien car je n'ai absolument pas cette culture. De même toutes ces pages où il analyse la musique de Gustav Mahler me sont restées hermétiques. Pour dire les choses simplement, plusieurs fois au cours de ma lecture, je me suis mis à sauter des passages trop verbeux ou avoir les yeux qui se croisaient de fatigue. Je ne suis donc pas le meilleur public pour cet ouvrage qui s'intellectualise un peu trop à certains passages. Mais pour autant, il y a beaucoup d'autres passages que j'ai trouvés très bien, très bien dessinés et très intéressants dans ce qu'ils avaient à raconter sur l'auteur et sur la société.
Les chats (Werber/PoG/Quin)
Ça fait bien longtemps que je n’étais pas tombé sur du Bernard Werber, à l’époque j’avais adoré son cycle des fourmis, les thanatonautes etc avant de m’en désintéresser tout doucement. Je découvre sa trilogie des chats avec cette adaptation bd (à ce jour 2 tomes parus sur les 3), j’ai retrouvé son style très accessible et divertissant mais, car il y a toujours un mais, il faut toujours savoir avaler quelques couleuvres au passage. En fait, avec ses histoires je ne peux m’empêcher de penser au sketch de la chauve-souris de Bigard avec c’est « Bon admettons ». La base de son histoire reste relativement plausible, les humains s’étant tellement foutus sur la gueule que la civilisation telle qu’on la connaît a (va) disparu (aitre) laissant toute latitude aux animaux pour trouver leur place dans ce nouveau monde. Why not ? Là où je tique par contre, c’est sur toute l’histoire autour du 3eme œil (effet accentué avec le tome 2), un artifice facile qui va permette aux animaux d’ouvrir leurs connaissances et de pouvoir même communiquer avec les humains. Bon vous me direz que déjà dans les fourmis, on trouvait la même idée mais j’étais plus jeune et naïf ;) enfin ça permet de développer des thématiques intéressantes. Par contre, une fois passé outre ce détail (qui m’empêche vraiment de m’emballer plus), la bd s’avère quand même agréable à suivre. Autant le chat Pythagore peut faire sourciller, autant (sa majesté ^^) Bastet est fort réussie. Je n’ai rien à dire de méchants sur le travail d’adaptation des auteurs sur le médium. La réalisation suit, l’histoire est fluide et les quelques passages didactiques qui usent d’un trait différent sont forts sympathiques. Du bon boulot. Les amateurs de l’auteur ne seront pas déçus et je ne déconseille pas si vous cherchez un truc distrayant sans être trop regardant.
Valhalla Hotel
Franchement drôle et parfaitement bourrin, c'est le genre de séries B de la BD qui propose une trame assez classique (même si quelques rebondissements interviennent dans le dernier volume) et des situations types, sans fioritures. Si vous êtes allergiques à ce genre de propositions, passez allègrement votre chemin ! On aura des méchants nazis dans le désert, des disparitions dans une petite ville, un shérif complètement con, une assistante sexy en talon qui en a dans la caboche, des retournements, des rednecks, des armes à feux et de la violence. Vous êtes prévenus ! La série a un rythme soutenu et heureusement puisqu'elle permet de ne pas trop se poser de questions sur le déroulé du scénario. Et on se laisse porter jusqu'à la fin ouverte qui appelle clairement une suite. Aucune idée si elle sera développée, mais je trouve que l'ensemble se tient déjà suffisamment tout seul et qu'une suite n'est pas obligatoire. Voila, simple, efficace, bourrin et déjanté. On est assez proche d'un Il faut flinguer Ramirez pour l'idée générale, même si ce dernier est un cran au-dessus à mon gout. Je recommande comme lecture distrayante !
Sept vies à vivre
C'est avec Droit du sol que j'avais découvert Charles Masson, album que j'avais adoré. Il posait déjà en 2009 son regard sans concession sur l'île de Mayotte et ses problèmes ; on voit que rien n'a été réglé aujourd'hui... Ici, avec "Sept vies à vivre", on est loin de son coup de crayon charbonneux, tout en noir et blanc épais qui faisait la marque de fabrique de Droit du sol, mais le parti pris graphique interpelle dès les premières pages. On est dans un graphisme très vintage qui fait très moitié XXe siècle, avec des couleurs surannées aux couleurs franches réhaussées de trames. Pour surprenant qu'il soit au début, il n'en reste pas moins complètement adapté au récit qui va nous mener du côté des Bauges pour nous raconter l'histoire de René. René n'est ni un héros ni un mauvais gars, il n'a rien vécu d'extraordinaire, pas voyagé partout... Rien... C'est juste sa vie dans cette contrée particulière. Seul survivant avec sa jeune sœur d'une fratrie de 9 enfants, nous le voyons traverser ce XXe siècle du haut de son massif alpin qu'il ne quittera que pour aller faire son service militaire au Maroc. Tout aussi jovial que bourru, cet homme simple nous devient rapidement attachant. Car Charles Masson a ce don pour nous parler de l'humain et de nous RACONTER en s'encrant dans le réel, qu'il soit historique ou territorial. On se laisse doucement embarquer dans le quotidien de ce René, de son adolescence insouciante à l'arrivée de la résistance puis des allemands pendant la seconde guerre mondiale, jusqu'à son âge plus avancé. C'est simple, mais d'une redoutable justesse. (3.5/5)
Superino
2.5 Trondheim aime bien les canulars et ici il invente un super-héros italien très inspiré de Batman qui aurait soi-disant connu son heure de gloire dans les années 60. On a droit à des fausses publicités et du rédactionnel de l'époque et c'est bien fait. Le trait de Keramidas est agréable et imite bien le style des dessinateurs humoristique italiens qu'on retrouve dans les vieux Mickey Parade. Malheureusement, le scénario est moins bien. Trondheim fait un pastiche des récits jeunesses et je pense qu'il y a que les jeunes qui risquent de trouver le récit amusant. Il y a des bonnes répliques, mais l'intrigue elle-même manque trop d'originalité pour me passionner.
L'Iliade et l'Odyssée
Ayant apprécié Les amours de Zeus, je poursuis ma découverte de l’auteure avec ses versions condensées de la mythologie grecque. Elle adapte cette fois les 2 « best seller » que sont, à mes yeux, L’Iliade et L’Odyssée. Pas de grosses surprises donc mais j’ai quand même appris un truc ou deux au passage. J’ai une nette préférence pour son adaptation de la guerre de Troie (la 1ère histoire dans le bouquin), j’ai trouvé que c’était très bien résumé, en plus d’être plutôt complet et l’humour insufflé match relativement bien. Malheureusement ce dernier ne fonctionne pas autant lors des tribulations d’Ulysse, la version m’a semblé bien moins réussi du coup, c’est plus plan-plan surtout si on connait bien les faits. Ça reste quand même une porte d’entrée agréable pour les néophytes ou ceux qui veulent réviser.
Les 5 drapeaux
Un album qui m'a énormément appris sur cette période de l'Histoire. A partir du journal de son grand-père, Vicente Jiménez-Bravo, Pau retrace le parcours de celui-ci, et cette fresque commence en France, en février 1939, lors de "la retirada" où 500 000 espagnols (soldats et civils) arrivent aux différents postes-frontières des Pyrénées. Les français vont les accueillir en leur confisquant leurs armes (chars et fusils) et en les parquant sur des plages dans des camps de concentration, c'est ainsi qu'on appelait ces camps en 1939, il serait plus juste aujourd'hui de dire camps d'internement. Un récit non linéaire puisqu'il y a de nombreux retours sur le passé de Vicente pendant la guerre contre les Franquistes, une période où il combat sous le drapeau de la République dès ses dix-sept ans. Le reste de l'histoire se focalise sur les différents camps où Vicente va séjourner et les conditions de vie sont exécrables. La France n'en sort pas avec les honneurs ! Un récit réaliste, dur et richement documenté (pas assez sur la géopolitique), mais un peu trop rapide sur certains épisodes espagnols et il m'a manqué une touche d'émotion pour être totalement conquis. Un dessin lisible avec une colorisation différente suivant l'espace temps, pour ne pas perdre le lecteur pendant les nombreux allers-retours entre les deux époques. Un graphisme très agréable, aux nombreux détails et très expressif. Les personnages sont des animaux, c'est pas mon dada, et le choix de ceux-ci est plutôt réussi en fonction des personnalités. Du bon boulot. Un gros dossier historique très intéressant en fin d'album. Je serai du voyage pour le second drapeau. Un album que je ne peux que recommander pour son côté historique malgré mais quelques reproches.
Achille et Boule-de-gomme
Parue dans le magazine belge L'Explorateur, cette série de Tillieux est assez méconnue, car elle n'a jamais fait l'objet d'une édition en albums avant que les éditions de l'Elan s'en emparent en le publient une première fois en 2002 dans une édition noir et blanc de faible qualité, puis dans une réédition plus soignée et en couleurs 10 ans après. Il n'y a pas grand-chose à dire sur cette œuvre de jeunesse, qui n'est guère plus que cela. Les amateurs de bande dessinée à l'ancienne y trouveront leur plaisir, les autres feront mieux de passer leur chemin. On a là le charme désuet des vieilles bandes : l'humour est en dents de scie, et le dessin encore parfois approximatif, mais on sent s'affirmer le style narratif de Tillieux au fur et à mesure du récit. Ainsi, il est intéressant de voir Tillieux mettre en scène des acrobaties aériennes dans la première histoire pour une scène particulièrement loufoque, tandis que la seconde histoire contient elle aussi une séquence d'acrobatie aérienne qui, cette fois, cherche beaucoup plus la tension et le spectaculaire. A cette image, le style de Tillieux passe du début à la fin d'une succession de (plus ou moins) bons mots à un récit davantage policier lorgnant purement vers l'aventure. C'est ce qui rend Achille et Boule-de-gomme assez sympathique car après une première histoire peu mémorable, la deuxième nous offre une montée en puissance qui nous oriente davantage vers les réussites postérieures de l'auteur. Tout en restant bien conscient qu'on est ici en quelque sorte face à leur brouillon, et que, quoiqu'il soulève facilement notre sympathie, on n'a pas affaire ici à une œuvre majeure de Tillieux.
Les Grands Soldats
Voilà une lecture dynamique, très plaisante d’un bout à l’autre, mais dont on ne peut que sortir frustré, tant on reste sur sa faim. En effet, ça s’arrête brusquement, sans forcément conclure l’intrigue. Je ne sais qu’en penser. Une suite était prévue (ce qui est possible et probable) et l’éditeur ne l’a pas souhaité ? En tout cas j’aurais bien vu se développer un petit peu plus l’histoire, et surtout j’attendais une fin digne de ce nom. Bon, cela dit cette histoire de soldat « géant », recruté – enlevé plutôt – en Irlande, pour rejoindre un régiment d’élite du roi de Prusse est assez savoureuse. D’abord parce que le dessin d’Olivier Tallec est agréable. Un trait moderne et dynamique, fluide, c’est enlevé et accompagne très bien ce récit pétillant, qui se nourrit de l’Histoire pour la pervertir quelque peu. Car, si ce roi de Prusse était bien le « chef de caserne » que l’Histoire a retenu, et s’il a bien chercher à monter un régiment d’élite constitué de soldats « baraqués », la version qu’en donne ici Laurent Rivelaygue est très personnelle – mais savoureuse ! En effet, il en fait un tout petit bonhomme colérique, écorchant les noms de ses proches et subalternes – qu’il méprise et martyrise éhontément – tout en étant maladroit et velléitaire. C’est ici un personnage comique aux saillies absurdes et amusantes, aux gesticulations souvent vaines, alors qu’autour de lui officiers et ministres cherchent à satisfaire ses caprices en maintenant une façade de sérieux. Au milieu de ce décor de farce, notre nouveau « Grand Soldat » irlandais est l’objet de complots et de jalousie, une enquête policière pimentant l’intrigue (avec l’ajout d’une touche de fantastique). Bref, s’il n’y avait pas eu cette fin en queue de poisson, j’aurais mis sans hésiter une étoile supplémentaire.
La Maison aux Insectes
Je découvre cet auteur avec ce recueil d’histoires courtes (publiées en revue entre 1968 et 1973). Une certaine esthétique, et certains détails – comme l’évocation du développement du Shinkansen, datent un peu ces récits (voir aussi en particulier le rôle et la situation de la femme, ici très franchement soumise et inférieure), qui ont parfois quelque chose de naïf. Le dessin est généralement bon, assez fin. Seule la première histoire, qui donne son titre au recueil (portant la moins ancienne de l’ensemble) m’est apparu pleine de défauts : les visages sont beaux, mais les corps, certaines proportions, et des perspectives lorsqu’il y a des mouvements ne sont pas heureux. C’est aussi l’histoire où les onomatopées, certains cris occupent trop de place dans les cases (ces défauts sont beaucoup moins visibles dans les autres histoires). Si les histoires sont inégales, l’ensemble est intéressant et globalement réussi. Ça joue le plus souvent sur des atmosphères dérangeantes, plus que sur de l’horreur pure. Umezu utilise plusieurs fois le même genre de twist scénaristiques (inversion des personnages en cours d’intrigue), quasiment chaque histoire tournant autour d’une histoire d’amour (souvent malheureuse !). En lisant ce recueil, j’ai eu l’impression de lire un précurseur de Junji Ito, tant Ito jouera plus tard sur certains ressors identiques (en accentuant l’horreur sans doute). Une découverte plaisante en tout cas.