Les derniers avis (48991 avis)

Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série Billy the Kid et la Foire aux Monstres
Billy the Kid et la Foire aux Monstres

Billy the Kid n'est pas mort en 1881, à Fort Sumner dans le Nouveau Mexique. - Ce tome est le premier d'une série indépendante de toute autre. Il contient une histoire complète qui fait office de première saison. Il a été réédité avec les 2 saisons suivantes dans Billy the Kid's old timey oddities Omnibus (en VO). Ce premier tome contient les 4 épisodes de la minisérie parue en 2005, écrite par Eric Powell (le créateur de The Goon, voir par exemple Chinatown), dessinée et encrée par Kyle Hotz, avec une mise en couleurs d'Eric Powell. L'histoire, tout le monde la connaît. Dans la nuit du 14 au 15 juillet 1881, Pat Garrett attend Billy the Kid (William Henry McCarty de son vrai nom) dans la chambre de Pete Maxwell. Lorsqu'il pénètre dans la pièce plongée dans l'obscurité, il l'abat froidement. En fait, non, les choses ne se sont pas passées comme ça, Billy the Kid s'en est sorti et a pu s'enfuir. Il mène une vie de vagabond itinérant. Lors d'un ces voyages, à bord d'un train, il est abordé par Fineas Sproule, directeur d'un cirque de monstres, qui le convainc de l'accompagner pour écouter son offre d'emploi. Il souhaite que le Kid intègre sa troupe de monstres pour aller récupérer une gemme précieuse, ayant servi à animer un golem, et désormais détenue par Viktor Frankenstein. Cette foire aux monstres compte en particulier Aldwin Callahan (l'homme alligator), Isadora Mavrites (recouverte de tatouages des pieds à la tête), Wild Man (un indigène d'Afrique s'exprimant par borborygmes et cris), Jeffrey Tinsle (un jeune adolescent lilliputien), Hector Delgado (à la pilosité tellement abondante qu'il ressemble à un chien) et madame Tinsle (la mère de Jeffrey, voyante). Après tout pourquoi pas ? Pourquoi ne pas donner sa chance à cette histoire réalisée par un scénariste connu pour son humour noir et moqueur (et qui aime le cirque et ses artistes mis au ban de la société, voir Chimichanga, la fillette à barbe) ? Pourquoi bouder les dessins de Kyle Hotz, même s'ils sont dérivatifs de ceux de Kelley Jones (eux-mêmes dérivatifs de ceux de Bernie Wrightson) ? Certes le point de départ est lui-même dérivatif, avec un Billy the Kid qui aurait survécu aux circonstances de sa mort, des monstres de foire plus archétypaux qu'originaux, et une quête mélangeant allègrement le folklore juif (le golem), avec le roman de May Shelley. D'un autre côté, avec le résumé, le lecteur sait qu'il met les pieds dans un récit où sa suspension consentie d'incrédulité sera mise à contribution, avec certainement une dimension parodique. de fait, Eric Powell déroule une intrigue linéaire, assez classique dans laquelle Fineas Sproule et son équipe doivent se rendre en Europe, jusqu'à la demeure reculée du baron Frankenstein, à l'écart d'un petit village d'individus aux morphologies vraiment bizarres. le bon docteur continue ses expériences sur les êtres humains, et les aventuriers ne sont pas bien accueillis par la populace locale. Malgré tout, comme le scénariste écrit son intrigue au premier degré, le lecteur se laisse porter par ces péripéties un rien prévisibles. Les dessins de Kye Hotz sont un peu lourds en encrage, ce qui leur donne un relief particulier qui attire l'œil, en donnant l'impression de petites zones d'ombre dans chaque case, comme si la réalité était légèrement grignotée par une noirceur provenant de toute part, des individus, comme des objets ou des vêtements eux-mêmes. Ce dessinateur prend également un malin plaisir à déformer légèrement la morphologie des individus (un peu plus allongés ici, un peu trop musculeux là), ainsi que leurs visages (un peu caoutchouteux, un peu trop marqués). Alors que le lecteur pourrait craindre que la composante horrifique (les déformations) et la composante caricaturale (les mêmes déformations) aient des effets qui s'annulent, il n'en est rien. Hotz réussit à trouver un point d'équilibre tel que ces personnages sont à la fois horribles, et empreints d'une forme d'humour noir. Il est à la fois possible de les prendre en pitié, et à la fois possible d'apprécier la dimension moqueuse et second degré. Cette narration donne une toute autre saveur à l'intrigue qui suit son cours linéaire, tout en dégageant un parfum de parodie. À partir de là, les personnages acquièrent une rare épaisseur grâce à leur apparence. Hector Delgado (l'homme chien) est à la fois repoussant avec son apparence de chien mouillé, mal toiletté, et à la fois comique dans ses mimiques forcées. Isadora Mavrites est à la fois une femme aux courbes séduisantes, et une femme tragique à cause des images se forment sur sa peau. Jeffrey Tinsle est à la fois un enfant que l'on a envie de protéger, et une source de comique à vouloir se débrouiller tout seul dans un monde d'adultes, trop grand pour lui. L'homme alligator est assez repoussant du fait de ce que le lecteur soupçonne être une maladie de peau aggravée, et touchant dans sa résignation à sa solitude forcée. Kyle Hotz ne s'économise pas sur les détails, ce qui participe beaucoup à immerger le lecteur dans un monde très palpable. La première apparition d'un humain amélioré par le docteur Frankenstein laisse une impression durable du fait de sa forme torturée, et de la texture de la peau, proche de la carapace d'un insecte. Il soigne également ses décors et ses personnages secondaires. Ainsi la première vision du cirque et de ses artistes occupe un dessin sur une double page, mariant à nouveau horreur physique, et parodie, le contraste entre les 2 lectures renforçant d'autant chacune interprétation. Il a également passé du temps pour représenter les roulottes, les tuiles en bois de leurs toits, et les roues en bois cerclées de fer. Le lecteur découvre avec amusement le château improbable du docteur Frankenstein calé au pied d'une montagne, au fond d'une vallée, avec les maisons en arc de cercle autour. Il y a à nouveau une dimension comique dans ce château à mi-chemin entre une vision de Walt Disney, et une réflexion sur la manière dont ses tours s'imbriquent dans le flanc rocheux de la montagne. Il y a aussi une forme de constat social dans la façon de l'urbanisme de la ville est entièrement dicté par l'emplacement du château. Enfin, Kyle Hotz représente la texture de la fumée ou des nuages en leur donnant une étrange consistance qui participe à une dimension gothique de l'ambiance. Le divertissement du lecteur est bien présent grâce à une narration visuelle riche personnelle, et humoristique. L'intrigue avance sans grande surprise. Par contre, le lecteur se rend compte qu'Eric Powell a un petit faible pour son personnage principal. Conformément à sa légende, Billy the Kid est un jeune adulte, mal poli, enclin à la violence et surtout soucieux de sa propre personne. le lecteur suit attentivement la tactique de Fineas Sproule pour retenir son attention et le convaincre de rejoindre son cirque. Il voit comment ce monsieur sait manipuler le Kid, en jouant sur son arrogance et son avenir bouché. Tout aussi inattendu, le scénariste s'amuse à rapprocher ce hors-la-loi qui a déjà tué et qui apprécie les plaisirs de la vie (femmes et alcool), du très jeune Jeffrey Tinsle, encore un enfant, encore innocent des choses de la vie. Bien sûr au début, il s'agit pour Billy d'épater cet auditoire facile et de se vanter de ses hauts faits. Mais Powell a introduit une dimension tragique dans le Kid, maltraité dans son enfance, traumatisé par son enfermement dans une malle, traumatisme qui a laissé des traces indélébiles. Si Jeffrey est encore assez innocent, il n'en est pas un idiot pour autant, ou une victime toute désignée. Avec une certaine rouerie, le scénariste rapproche ces deux individus de manière inattendue et organique. À l'issue de ce premier tome, le lecteur constate que le divertissement était au rendez-vous et que les auteurs utilisent une narration au travers de laquelle leurs personnalités transparaissent. L'amour des monstres d'Eric Powell est présent à chaque page, le penchant pour le grotesque d'Hotz imbibe chaque page. L'histoire en elle-même est aussi vite lue qu'oubliée, par contre les personnages restent en mémoire, ainsi qu'un franc sourire sur les lèvres du lecteur et l'envie de lire les 2 tomes suivants.

09/06/2024 (modifier)
Couverture de la série All You Need is Kill
All You Need is Kill

Je découvre ce manga sur le tard, ma lecture fut honnête mais je n’en ferai pas toute une montagne. Dans les points forts, on trouve notamment le dessin et surtout une série courte, chose suffisamment rare dans le genre pour le souligner. L’idée de base, une sorte d’un jour sans fin pendant une invasion d’Aliens, est excellente mais j’avoue que je l’ai bien plus appréciée sur grand écran avec le film Edge of tomorrow. Le manga lui même adapté d’un roman et dont le film s’inspire, se distinguera par une fin et un traitement des persos différents. J’avoue que pour le coup ça m’a moins convaincu, ça va vite et on ne s’attache pas vraiment à nos 2 héros. C’est plus froid à suivre, on ne développe pas d’empathie, du coup les révélations font un peu pchttt. Un peu dommage car la réalisation suit, seulement pas mal donc.

09/06/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 3/5
Couverture de la série Fausses pistes
Fausses pistes

Il est difficile de catégoriser le style de “Fausses Pistes”, et c’est tant mieux. Le héros, ayant passé tant de temps à incarner un marshall mythique de l’époque du Far West, en arrive à confondre son identité et rejoint un groupe de touristes en car dans l’Ouest américain. Difficile d’en dire plus sans divulgâcher l’intrigue, car elle part ensuite dans tous les sens. J’ai beaucoup apprécié la profondeur de ce personnage et son développement tout au long de la BD, mais j’ai trouvé le reste du groupe un peu trop cliché. Cela donne néanmoins prétexte à une série de péripéties rocambolesques et loufoques, mêlant critique sociale, humour et aventure. Le rythme est soutenu et l’ensemble demeure fluide, malgré un scénario en roue libre. J’ai beaucoup aimé le dessin, les couleurs sont correctes, mais le choix du papier glacé par l’éditeur n’est pas des plus heureux. Je ne suis pas fan de ce genre de papier pour les BD : il a un toucher plastique et crée des reflets gênants. Et dans ce contexte, il contraste vraiment mal avec l’ambiance poussiéreuse et brute de l’Ouest américain. Malgré ces quelques faiblesses, j’ai passé un bon moment de lecture, mais comme d’autres, je suis resté un peu sur ma faim.

09/06/2024 (modifier)
Couverture de la série Ergün l'errant
Ergün l'errant

Je n'ai lu que le tome du dieu vivant dans cette étrange série SF proposée par Didier Comès mais je ne suis pas attiré par la suite des aventures d'Ergün l'Errant. Evidemment j'ai été immédiatement intéressé par le nom de l'auteur qui m'a enchanté dans ses autres séries. Malgré mon appréciation moyenne il y a des points positifs dans ce récit. On retrouve une certaine poésie désenchantée propre à Comès dans cet univers de femmes-fleurs ou d'hommes-papillons. Le texte est assez ambitieux mais tombe assez vite dans une pesanteur verbale indigeste. Enfin il y a un érotisme très flower power bien attrayant. Malheureusement ces points positifs sont contrebalancés par des aspects moins brillants. J'ai déjà cité la narration souvent trop lourde, cela accompagne un scénario qui fait accumulation de clichés trop convenus : conquistadors qui débarquent et passent pour des dieux, tyrannie violente du nouveau maître, chevalier qui va délivrer sa belle dans le château, combat contre la Bête dans la fosse, ... C'est très daté avec des choix qui manquent de clarté dans la ligne directrice. Enfin impossible de parler de cette série sans évoquer la mise en couleur. C'est psychédélique à l'extrême. Cela convient bien à certains passages poétiques ou érotiques mais c'est moins convainquant aux passages des combats. Une lecture que je ne regrette pas mais je suis heureux que Comès ait réorienté son art dans une autre direction. Une curiosité sans plus 2.5

09/06/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série Wolverine - Evolution
Wolverine - Evolution

Sabretooth contre Wolverine : il n'en restera qu'un. - Ce tome regroupe les épisodes 50 à 55 de la série mensuelle, parus en 2007. Depuis House of M, Wolverine a recouvré sa mémoire. Mais il lui reste encore beaucoup de travail à faire pour mettre de l'ordre dans ses souvenirs et distinguer le vrai du faux. Pour ce faire, il a eu droit à une série en 50 épisodes consacrées à la mise en cohérence de son historique : Wolverine Origins, à commencer par Born in blood (en VO). Dans cette série sœur, Logan a appris que derrière ses différentes épreuves se cache un personnage très mystérieux dénommé Romulus. Dans le présent tome, Logan est la proie de cauchemars mettant en scène 2 représentants d'une race lupine (mi-homme, mi-loup), l'un blond et l'autre brun, dont les destins semblent indissolublement liés à travers les âges. Pendant ses périodes d'activité normale (pour Wolverine), il a appris que Victor Creed (Sabretooth) avait été recruté par les X-Men. À l'issue du premier affrontement, Logan se retrouve enchaîné sur un Blackbird piloté par Creed et filant à toute vitesse vers le Wakanda. À l'issue du deuxième affrontement, Logan est empoisonné, d'autres superhéros avec des poils partout viennent à sa recherche (Wolfsbane, Sasquatch, Thornn et Feral). Black Panther et Storm sont bien contents de voir toute cette meute partir à la poursuite de Creed loin de leur pays. Tout ce beau monde se retrouve sur le site du programme Weapon X, avec l'arrivée d'un autre être à l'ascendance lupine marquée (Wild Child, aussi connu sous le nom de Kyle Gibney). Tout ça se termine au Canada, près de la cabane où vécurent Logan et Silverfox, avec l'épée Muramasa. Soit vous êtes un fan pur et dur de Wolverine et vous avez lu tous les épisodes le concernant depuis sa première apparition dans Hulk 180 et 181 en 1974. Dans ce cas, il y a fort à parier que vous avez abandonné depuis longtemps l'espoir que les différentes couches de souvenirs (vrais et faux) finissent par aboutir à une histoire claire, cohérente et intéressante. Ce tome ne vous fera pas changer d'avis. Soit vous aimez bien le personnage et ce tome vous permettra de voir le mutant griffu s'énerver et charcuter à loisir au milieu de références absconses et nébuleuses. J'ai bien apprécié cette poursuite rythmée par les affrontements entre les 2 personnages principaux Wolverine et Sabretooth, même si je dois bien avouer que beaucoup de passages m'ont laissé perplexe. Est-ce que quelqu'un se souviendra encore de cette race mi-homme, mi-loup dans 10 ans ? Aura-t-elle un impact durable dans la mythologie de Wolverine ou sera-t-elle effacée dans un grand mouvement de continuité rétroactive dans 5 ans ? Que viennent faire Sasquatch et les autres dans cette histoire, à part apparaître aussi vite qu'ils disparaissent ? Et puis faut-il vraiment croire en la réincarnation de Creed et Logan en guerriers à jamais ennemis ? Quel pouvoir se cache vraiment derrière cette lame dite Muramasa ? Enfin que faut-il retirer de toutes ces séquences de faux souvenirs ? Par contre, j'ai trouvé que Jeph Loeb écrivait un Wolverine crédible, doté d'une vraie personnalité, ou tout au moins assez épaisse pour servir cette chasse à l'homme sanglante. Et puis j'aime beaucoup les illustrations de Simone Bianchi qui ont la particularité d'être rehaussées par des lavis (technique de peinture consistant à n'utiliser qu'une seule couleur, ici à l'encre de Chine, qui est diluée pour obtenir différentes intensités de couleur). Ses planches ne sont pas aussi magnifiques et abouties que dans Thor - Au nom d'Asgard ou Astonishing X-Men - Ghost box (en VO, de Warren Ellis), mais elles sont déjà largement au dessus de l'ordinaire des comics. le passage au Wakanda lui permet de briller de mille feux en créant des décors somptueux. le combat contre le tigre de Sibérie dans l'arène romaine dégage une fureur aussi palpable que ce face à face relève de la vue de l'esprit. La violence et la sauvagerie des combats sautent aux yeux, ainsi que l'épanchement de fluides vitaux en tous genres. L'animalité de Sabretooth n'a jamais été aussi bien rendue graphiquement. Par contre, Bianchi est moins à l'aise pour le rendu des décors naturels et pour les représentants de la race lupine. Alors j'ai dû mal à dire que je n'ai pas aimé cette histoire. En fait je l'ai lue comme un divertissement parfois déconcertant et avec une pérennité toute relative quant à la continuité. À ce niveau là de lecture, les illustrations transportent le lecteur dans un affrontement sans merci entre 2 ennemis à la fois liés et séparés par un lourd passif. Et pour une fois, Logan est crédible en tant que personnage.

08/06/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 3/5
Couverture de la série Le Sculpteur
Le Sculpteur

"Le Sculpteur" de Scott McCloud est une œuvre qui ne passe pas inaperçue, et pour cause : McCloud, auteur des célèbres ouvrages théoriques sur la bande dessinée comme L'Art Invisible, met ici en pratique tout ce qu’il prône sur les techniques narratives et visuelles du médium. Et cela se voit. L’aspect technique de cette BD est de très haut niveau (en tous cas pour un non expert comme moi :)). McCloud maîtrise parfaitement les compositions de planches, les enchaînements de cases, et les jeux de perspectives pour immerger le lecteur dans l’histoire. Mais… malgré cette maîtrise technique indéniable, j’ai trouvé que les œuvres du personnage principal, David Smith, manquent d’éclat. David, passe un pacte Faustien pour pouvoir sculpter tout ce qu’il veut avec ses mains, et produit des créations qui ne semblent pas justifier la réputation de génie que le récit lui accorde. Je rejoins complètement l’avis de Mac Arthur là dessus. Cela enlève une part significative de la magie et du mystère que l’on pourrait attendre d’un tel personnage, et laisse une impression de décalage entre ce qui est montré et ce qui est raconté. De plus, certains passages de la BD traînent en longueur. L’intrigue, bien que solide au départ, s’étire parfois avec des scènes qui semblent répétitives et j’avoue que ca m’a fait décrocher par moments. J’ai lu "Le Sculpteur" car il est difficile de passer à côté. Cependant, je suis resté mitigé au final. La technique est là, brillante, mais l’âme de l’histoire m’a laissé sur ma faim. Une œuvre à découvrir pour son apport technique et ses réflexions, mais qui aurait pu bénéficier d’un peu plus de magie et de dynamisme dans son récit.

08/06/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 3/5
Couverture de la série Maison Ronde
Maison Ronde

Écoutant Radio France tous les jours (Inter, Culture, FIP et France Info) depuis plus de 20 ans, j’avais forcément envie d’en savoir plus sur la fameuse Maison de la Radio. C’est toujours fascinant de plonger dans les coulisses d’une institution aussi emblématique. On y découvre les rouages, les anecdotes et les petites histoires qui font le quotidien de ce lieu mythique. Cependant, en avançant dans ma lecture, j’ai ressenti une certaine lassitude. Le style, bien que maîtrisé, manque d’originalité. Il rappelle fortement celui de Marion Montaigne ou de Mathieu Sapin. Ces auteurs ont certes marqué le genre avec leur humour et leur approche didactique, mais ici, la formule semble un peu usée. Les personnages et les situations sont bien rendus, mais sans véritable surprise. On sent une volonté de bien faire, de captiver le lecteur avec des détails amusants et des clins d’œil. Pourtant, cela ne suffit pas à maintenir mon intérêt constant sur la longueur. J’ai trouvé que le ton humoristique et léger, bien que plaisant au début, finit par devenir répétitif. L’album aurait gagné à apporter une touche de fraîcheur, une perspective nouvelle sur ce monde si particulier de la radio. Le récit manque de moments vraiment marquants, de ces petites étincelles qui font qu’une BD se démarque et reste en mémoire. C’est une lecture agréable, mais qui peine à se renouveler et à surprendre. En résumé, “Maison Ronde” est une BD informative et divertissante sur les coulisses de la Maison de la radio mais qui risque de lasser ceux qui cherchent un peu plus de créativité et de surprise. Vraie note 2,5/5

08/06/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 3/5
Couverture de la série La Débauche
La Débauche

J’ai beaucoup lu de Pennac (ah la saga Malaussène !) et évidemment de Tardi, comme tout amateur de BD français. Les deux ensemble, c’est un peu comme le beurre et la confiture : ça marche toujours. Tardi illustre les romans de Pennac, donc forcément, il y a une complicité palpable. “La Débauche” est dans leur style habituel : des personnages hauts en couleurs, des femmes fortes comme la fée Carabine ou Adèle Blanc-Sec, des gars gentils mais paumés comme Brindavoine ou Malaussène, et bien sûr, les policiers incompétents qu’on adore détester. L’intrigue part dans tous les sens et Paris est toujours là, en toile de fond. C’est une critique sociale plutôt gentille et très “bobo” à la Pennac. On se demande s’il pourrait un jour défendre le libéralisme et les multinationales, juste pour le fun. La couverture suggère une balade avec une galerie de personnages un peu allumés, et c’est exactement ce qu’on a dans un mix entre polar et satire sociale. Ce n’est pas souvent qu’on voit de la couleur chez Tardi et j’avoue qu’après la surprise on s’y fait très bien et que je préfère même en couleurs. Le format ne permet pas le développement habituel des personnages dans les œuvres de Pennac, d’autant plus qu’il y a du monde. Le côté polar sert ici plutôt de prétexte au final. Au final cela donne un moment de lecture léger et drôle et c’est bien ce que j’étais venu chercher.

08/06/2024 (modifier)
Couverture de la série Les Innommables
Les Innommables

C’est une série que j’attendais de lire depuis longtemps, et dont j’attendais pas mal. Au final, j’en ressors avec un avis mitigé. Disons que j’ai apprécié globalement ma lecture, mais que je suis resté un peu sur ma faim (j’en espérais davantage). C’est de l’aventure pour de rire, Yann a souhaité bâtir une histoire pleine d’irrévérence, avec quelques petites pointes vaguement trash. Certains passages, certains dialogues, sont franchement jouissifs, avec des personnages à trognes (Conrad est un bon complice pour les scénarios de Yann). Le problème, c’est qu’il y a des longueurs, et l’ensemble est inégal. Des hauts et des bas, même si les 5 albums que j’ai lus – les 5 premiers – se laissent lire. Mac et son gros cigare, Tim (personnage improbable), et quelques autres, il y a clairement du potentiel pour partir dans le loufoque et attirer des dialogues parfois drôles et surprenants. Sans doute aurait-il fallu resserrer l’intrigue pour éviter les baisses de rythme et faire perdre la percussion de certains dialogues et situations. Moins satisfait que je ne l’espérais certes, mais c’est quand même une série où l’on peut piocher des moments sympathiques.

08/06/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Pax Elfica
Pax Elfica

C'est ma copine qui m'a signalé cette BD chez le libraire, je ne l'aurais sans doute pas remarquée sinon. Et j'ai été assez surpris, que je vous explique : Pax Elfica est un jeu de rôle développé par Claude Guéant (un français, Cocorico !) qui a fait un crowfunding en 2020 pour le publier. Celui-ci a été un franc succès (plus de 70.000 € récoltés) et publiés dans les années suivantes. Je l'ai suivi de près et je l'avais acheté lors de cette fameuse campagne, et je n'ai pas été déçu ! C'est probablement une des meilleures campagnes de JDR qu'il m'ait été donné de voir, inventive, pleine d'intrigues et ouverte en tout sens. L'univers est cohérent, parfaitement établi, sans véritable "grand méchant", un vrai bac à sable pour les joueurs (je la fait jouer en ce moment d'ailleurs avec deux tables différentes). Bref, un succès éditorial bien mérité pour un jeu qui en valait le coup. Cette année, l'annonce a été faite d'un roman sorti dans cet univers. Rédigé par Pierre Grimbert et appelé "Le lanternier", il se déroule avant les évènements de la campagne et permettent à une personne voulant découvrir l'univers de se plonger dans ses intrigues, le tout en ayant tout de même une véritable histoire déconnecté du JDR. Et franchement, le livre est à mon avis très bon : mise en bouche de l'univers, personnages intéressants, intrigue prenante, utilisation pertinente de l'univers. Cette BD est donc arrivée après tout cela et confirme donc la qualité de l'univers qui se décline désormais en diverses œuvres. J'ai hâte de voir ce que ça va donner pour la suite ! Je précise tout de même que aucune info n'a été donné au personne soutenant la campagne quant à la sortie de la BD, alors que cela a été fait pour le livre. Sans doute parce que le livre, publié chez Mnemos, est édité en partie par Les XII singes, éditeur du JDR, alors que cette BD est exclusive à l'éditeur Le Lombard. Mais ça, c'est un domaine que je ne connais pas. Tout ceci étant dit, qu'en est-il de la BD en elle-même ? Eh bien, je suis un peu partagé mais assez confiant. Mon avis est globalement que si vous n'aimez pas le JDR et que la BD vous tente, foncez la lire ! Si vous faites du JDR, essayez plutôt de faire la campagne d'abord (on cherche encore un joueur sur Mulhouse ;) ). En effet, la BD dévoile beaucoup de choses des intrigues que les joueurs découvrent au fur et à mesure de la campagne. La BD est construite autour de l'histoire développée dans le JDR, contrairement au roman qui faisait préquel. C'est dommage pour ceux qui n'ont jamais joué à la campagne et la découvriront par ce moyen, puisque ce premier tome suffit à déjà éventer quelques gros mystères de la campagne. Maintenant, en considération purement BDphile, c'est un très bon démarrage. Ayant du lire tout ce qui composait l'univers pour bien meujeuter*, j'ai pu retrouver toutes les références et globalement je vois le trait scénaristique se profiler. Et j'en suis assez satisfait, l'univers est bien retranscrit, les différents personnages très vite caractérisés, les intrigues lancées et les différentes factions en présences assez vite cernées. Maintenant, je dois dire que tout n'est pas parfait : le rythme est rapide, presque effréné. Connaissant l'univers, je vois tout les pions installés en si peu de temps et je regrette que le premier volume n'ai pas plus pris le temps de développer l'univers. Quelques pages sur le fonctionnement habituel, par exemple. Le dessinateur signe ici son premier ouvrage, et je dois dire qu'il est plutôt bon. Sans être particulièrement remarquable, il est efficace et s'allie bien avec son sujet. Plusieurs personnages m'ont parus très bon (notamment Ulrich) dans le traitement qu'il utilise. En somme, une BD assez étonnante pour moi. N'étant pas une préquelle comme le livre, elle a ce désavantage de gâcher l'effet de surprise pour une des meilleures campagnes de JDR de ces dernières années. Mais si vous n'avez pas l'intention d'y jouer, c'est une BD qui vous présente un univers de fantasy franchement neuf, en tout cas au regard de ces dernières années de production. Les sujets de la campagne (question politique, écologique, d'avenir, de responsabilité etc ...) sont présents et je sens que cette BD n'est pas la dernière production prévue dans un tel univers. Et franchement, à mon avis il le mérite. Lecture recommandée donc ? Ben ... ça dépend pour qui ! *meujeuter : néologisme désignant l'action du maitre du jeu dans un jeu de rôle, consistant à raconter l'histoire que les autres joueurs vivent en tant que protagonistes (ou "personnage joueur", PJ)

08/06/2024 (modifier)